Voilà une idée intéressante pour mettre du beurre dans les épinards de la police. Exiger un dédomagement de la part de chaque délinquant arrêté… l’ancien avocat Sarkozy va surement se pencher sur la question (Tim)

[Gregoire Seither – IES News Service – 22/08/2008]

En Juin 2007, à Shingle Springs (Californie), Eddie Mies, 34 ans et soufrant de schizophrénie a eu une crise de démence. Armé d’une carabine, il a abattu son père puis a tiré sur la police, blessant trois policiers avant d’être lui-même abattu.

Un an plus tard, deux des policiers blessés ont engagé des poursuites judiciaires contre la mère d’Eddie, veuve du père assassiné. Ils lui demandent 8 millions de dollars US en compensation de « la souffrance émotionnelle subie, des dépenses médicales engagées, de la perte de revenus occasionnée et pour dommages punitifs ».

Ils justifient leur plainte par le fait que la famille d’Eddie aurait mieux du contrôler leur fils schizophrène et que cette néglicence est la cause des dommages encourus, ainsi que « de l’anxieté et de l’humiliation subies par les officiers de police » en plus de leurs blessures physiques.

Les policiers, Jon Yaws et Greg Murphy, sont defendus par l’avocat Phillip Mastagni de Sacramento, un habitué des affaires juridiques impliquant la police. Mastagni veut profiter de ce procès pour mettre fin à « la règle des pompiers », une règle généralement admise qui fait rejeter les plaintes par des officiers de la force publique contre les personnes dont la négligence a causé la situation d’urgence. Si un pompier est blessé lors d’un incendie causé par votre négligence, seul le ministère public pourra se retourner contre vous, non pas le pompier en tant qu’individu.

Aux Etats-unis cette règle est de plus en plus battue en brèche, de nombreuses plaintes ayant été dépeosées à titre individuel par des pompiers, agents de police, infirmiers et autres secouristes.

La mère d’Eddie, Karen Mies, qui travaille dans une maison de retraite, est abassourdie par cette plainte : « Le 5 juin a été une journée tragique pour moi et pour ma famille, tout comme cela a été une journée tragique pour les policiers blessés. Nous avons tous été des victimes ce jour là. Mais aujourd’hui, avec cette plainte, ma famille est à nouveau attaquée. Qu’est ce qu’ils veulent ? Mon mari est mort, mon fils est mort. Qu’est ce qu’ils espèrent obtenir de moi ? Ils veulent me jeter à la rue ? M’obliger à vendre ma maison et ma vieille bagnole ? »