[Tim Carr – IES News Service – 22/08/2008]

Une enquête du Pew Forum on Religion and Public Life en association avec le Pew Research Center for the People and the Press montre que de plus en plus de conservateurs s’inquiètent de la trop grande influence de la religion sur les affaires politiques.

Jusqu’à présent c’étaient avant tout les modérés et les « libéraux » (gauche social démocrate) aux Etats-Unis qui dénoncaient le mélange des genres quand des autorités religieuses prennent position ouvertement dans le débat politique ou utilisent leur position pour peser sur le processus électoral.

Mais l’enquête PEW montre que désormais plus de 50% des conservateurs interrogés estime que les églises et les lieux de culte ne devraient pas être utilisés pour des campagnes politiques et sociétales. Il y a encore quatre ans, seulement 30% des conservateurs interrogés était de cet avis. En 2004, la majorité des électeurs conservateurs estimait encore qu’il fallait être chrétien pratiquant pour pouvoir prétendre à la présidence US et 70% des personnes interrogées estimait qu’un leader moral et religieux comme Billy Graham pourrait faire un bon président des Etats-unis. Cela n’est plus le cas aujourd’hui.

Cette important changement d’opinion signale également un début de prise de conscience laique aux Etats-unis. Pour la première fois depuis le début de l’enquête Pew il y a 12 ans, une petite majorité de citoyens aux Etats-unis (52 %) estime que les églises ne devraient pas se méler de politique. Cela représente une augmentation de 8 points depuis 2004. La majorité des personnes interrogées affirme ressentir « un malaise » face aux prises de position de leaders religieux pour un candidat politique et estime que « la religion étant affaire de conscience » les églises et mouvements religieux « ne devraient pas dicter des choix politiques aux croyants ».

A la question par contre, si un non-chrétien pourrait devenir président, la majorité des électeurs conservateurs interrogés répond « Non » – contre 57% de « Oui » chez les libéraux. L’islamophobie est par contre unanime : plus de 80% des électeurs sondés, de gauche comme de droite, estime qu’un musulman est incompatible avec la fonction de président des Etats-unis.