Une vision des Arabes qui n'a pas varié depuis 100 ans : mal rasés, pue-la-sueur, fourbes, lâches, maniant le couteau... et bien sur porteurs de turban !

[Gregoire Seither – IES News Service – 19/07/2008]

Une étude menée en Australie et publiée par le  » Journal of Experimental Social Psychology » a montré que le port d’un turban est perçu comme une menace par la majorité des Australiens, même chez des personnes qui affirment ne pas avoir de préjugés raciaux.

Des chercheurs de l’Université du New-South-Wales ont fait jouer des personnes à un jeu vidéo dans lequel un soldat patrouille dans une ville et doit tuer les « personnages suspects ». L’étude du comportement des joueurs a permis de révéler un préjugé très fort contre toute personne « de type Musulman »

« C’est l’effet turban » explique le Prof. Denson. « Si un personnage dans le jeu porte un turban ou un hijab, alors il se fait généralement tirer dessus par le joueur, même s’il ne présente aucune menace concrète. Les joueurs ont expliqué qu’ils interprètent le code vestimentaire comme étant un signe qu’il s’agit d’un ‘méchant’ et qu’ils doivent l’abattre, car sinon il risque de se retourner contre eux »

A noter aussi que – porteurs de turban ou non – les personnages masculins du jeu et ayant une couleur de peau marron fonçé étaient systématiquement pris pour cible par les joueurs. Les femmes non-blanches mais ne portant pas de hijab étaient épargnées.

Cette tendance a été constatée tant chez les joueurs de sexe masculin que féminin.

Autre découverte intéressante : des joueurs de mauvaise humeur ou ayant un comportement agressif ont tendance à tirer plus fréquemment, sans faire de différence, par contre des joueurs de bonne humeur ont tendance à être plus sélectifs dans leurs cibles et à tuer plus de « personnages de type Musulman » que les joueurs agressifs ou neutres.

Pour les organisateurs de l’étude, ceci est du au fait que des personnes de bonne humeur ont tendance à s’appuyer plus fortement sur des idées préconcues dans leur jugement. « Les études ont montré que si vous êtes satisfait de vous et de votre vie, vous avez tendance à moins vous poser de questions et à baser votre jugement sur un ensemble de stéréotypes immédiatement disponibles. » explique le chercheur en psychologie, Prof. Dr Tom Denson.

« Les stéréotypes sont des valeurs culturelles que l’on acquiert de ses parents, ses proches, son éducation mais surtout via les média,” ajoute Denson. « Or si vous regardez la manière dont les médias, tant d’actualité que fictionnels nous présentent la société musulmane, il est évident que vous ne pouvez qu’éprouver des préjugés négatifs – même dans une société d’immigrés basée sur la tolérance mutuelle, comme l’Australie. »

Une autre étude menée auprès d’enfants du primaire, en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Canada — trois pays qui n’ont jamais été affectés par des actes de terrorisme islamiste — avait demandé aux enfants de « dessiner un terroriste ». Dans la majorité des cas les enfants ont dessiné un homme à la peau sombre, tenant un fusil… et portant un turban ou un keffieh.

Pour Martha Delanis, du Centre Australien de Lutte contre le Racisme : « Ces enfants n’ont pas encore 10 ans mais ils sont déjà conditionnés à avoir peur du basané et à considérer les musulmans comme une menace. Pour eux, désormais, un homme de type méditerranéen ou une femme portant le hijab, sont quelque chose d’étranger, d’inquiétant, quelque chose qu’il faut éloigner, voire éliminer physiquement. »

Prof. Dr. Tom Denson :
http://www.psy.unsw.edu.au/profiles/tdenson.html

Autre article : http://www.livenews.com.au/articles/2008/07/16/Happy_Australians_shoot_Muslims_research_finds