Le Wall Street Journal, bible des néo-cons, anti-Etat, anti-Impots, fanatique de la privatisation, du risque, de la « Main Invisible » découvre soudain les bons côtés du « Socialisme Honnète »…

Chers __tribuables, on vous prend vraiment pour des cons…

[Le Monde – 14/07/2008]

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Après l’intervention de la Fed, en mars, destinée à empêcher la banqueroute de la banque d’affaires Bear Stearns, et les décisions annoncées dimanche par le Trésor américain concernant Fannie et Freddie, un débat s’engage maintenant aux Etats-Unis sur une réévaluation du rôle de l’Etat dans l’économie. Dès vendredi soir, Jan Hatzius, économiste en chef de Goldman Sachs, laissait entendre qu’une nationalisation en dernier recours n’aurait rien d’effrayant.

Samedi, dans un éditorial très remarqué et inhabituel, le quotidien new-yorkais des affaires The Wall Street Journal appelait lui aussi l’Etat à injecter des fonds et se porter au secours de Fannie Mae et Freddie Mac. Ces organismes se trouvent depuis longtemps au centre de vives critiques de la part des médias américains et des parlementaires. Pour l’opacité de leur gestion, d’abord. Pour, aussi, les relations très proches qu’ils entretiennent avec les plus hautes sphères de l’Etat, républicains et démocrates confondus, dont ils ont embauché régulièrement nombre de figures. Ainsi Frederic Malek, un ami de longue date de la famille Bush et ancien partenaire en affaires de l’actuel président, est-il membre du conseil d’administration de Fannie Mae.

« Nous ne sommes pas devenus socialistes, écrivait le quotidien financier. Mais le contribuable doit comprendre que Fannie et Freddie pratiquent déjà le socialisme, et le plus malhonnête qui soit. Leurs profits sont privatisés et leurs risques socialisés. Nous proposons une forme plus honnête de socialisme, avec une perspective de réforme de long terme. »

http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/07/14/washington-vole-au-secours-du-systeme-financier_1073067_0.html