juin 2008



[Tim Carr – IES News Service – 06/06/2008 – Trad. Grégoire Seither ]
Après sa rencontre avec le Président US, mercredi dernier, le Premier ministre israélien Ehud Olmert a déclaré que « la fin du programme nucléaire iranien est proche« .

Avec chaque jour qui passe nous nous approchons de la fin du programme nucléaire iranien. Des mesures conséquentes sont entreprises pour s’occuper de la menace iranienne d’une manière plus efficace que jusqu’à présent.

Olmert a ajouté que – suite à sa rencontre avec le Président G.W. Bush – il restait peu de questions ouvertes entre les deux pays alliés, concernant les moyens à mettre en oeuvre, le calendrier et le degré de détermination américaine pour prendre des mesures concrètes en vue de stopper le programme nucléaire iranien. . .

Dans la déclaration publiée à l’occasion de la visite d’Olmert, le Président Bush a déclaré que l’Iran était une « menace existentielle pour la paix » et que le monde devait affronter cette menace de manière conséquente. . .

La rencontre Olmert-Bush s’est tenue le lendemain du discours du Premier Ministre devant le lobby pro-israélien AIPAC (Comité israélo-américain des affaires publiques), à l’occasion de sa visite à Washington :  « La menace iranienne doit être stoppée par tous les moyens possibles« .

Au même moment, en Israël, le vice-Premier ministre, Shaoul Mofaz a déclaré : « Si l’Iran poursuit son programme d’armement nucléaire, nous l’attaquerons« . M. Mofaz, également ministre du Transport,  brigue la direction du parti Kadima dirigé par le Premier ministre Ehud Olmert, mis en cause dans une affaire de corruption.

Tout en notant qu’une telle opération ne pourrait avoir lieu sans le soutien américain, M. Mofaz, qui multiplie depuis plusieurs semaines les déclarations musclées sur tout une gamme de sujets, a enchaîné: « les autres options sont en train de disparaître. Les sanctions s’avèrent inopérantes. Nous n’aurons pas d’autre choix que d’attaquer l’Iran pour stopper son programme nucléaire« .


[AntiWar.com – 7/06/2008 – Trad. Grégoire Seither]

Si vous pensez que l’élection éventuelle de Barack Obama à la Maison Blanche va changer la donne au Moyen Orient, alors évitez de lire le journal ce matin. Suivant fidèlement la ligne dictée par son équipe de conseillers, Obama s’est rendu devant le lobby israélien AIPAC pour y présenter sa politique.

A la surprise de la presse, qui avait reçu le texte de son intervention avant le discours, Obama a soudain modifié ses propos et s’est aligné sur la propagande israélienne en déclarant : « Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour empécher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire. Tout ce qui est en mon pouvoir. Absolument tout. »

« Absolument tout » signifie bien sûr des opérations militaires qui tueraient des dizaines de miliers d’Iraniens, essentiellement des civils, qui pousseraient le prix du pétrole à plus de 300 dollars, détruisant au passage l’économie étatsunienne et précipiteraient le pays dans une nouvelle guerre qui fera passer la guerre en Irak pour une promenade de santé. Et tout cela pour arriver à quoi ?

L’ironie de la chose est que, comme les agences de renseignement U.S. ont encore récemment rappelé au Président, l’Iran est très loin d’obtenir l’arme nucléaire. Mais ce point de détail n’est pas important pour les néo-cons, dont les projets voient plus loin que le simple « domino » iranien. Comme l’a récemment mentionné le journal israélien Ha’aretz : « Olmert va tenter de convaincre Bush de mettre de côté le rapport d’analyse des services de renseignement sur l’Iran (National Intelligence Estimate on Iran’s nuclear program) et de se concentrer plutôt sur les informations présentées par Israël, afin d’orienter la politique de la Maison Blanche en conséquence. »

La prochaine guerre contre l’Iran n’a rien à voir avec de quelconques « armes de destruction massive » – pas plus que ce ne fut le motif de l’invasion de l’Irak. Son principal objectif est de préserver l’hégémonie israélienne (et donc U.S.) dans la région, en mettant au pas les Etats arabes récalcitrants.

Il y a fort à craindre que nous serons en guerre contre l’Iran avant même que le nouveau président des Etats-unis ait été inthronisé : maintenant que Obama a capitulé devant le lobby israélien, il n’y a guère que la providence divine qui peut empécher cette guerre.

90% DES CITOYENS DES ETATS-UNIS SONT EN DÉSACCORD AVEC OBAMA SUR L’IRAN

Selon un sondage récent mené par l’institut d’études politiques « Public Agenda », plus de 50% des personnes concernées par la question iranienne estiment que « l’usage de la diplomatie est la meilleure façon de gérer la crise iranienne » afin « d’établir de meilleures relations ». Seulement 5% des personnes interrogées estiment que la menace militaire est une bonne chose (ils étaient encore 9% à le penser à l’automne 2007). Enfin, 7% des interrogés soutient une action militaire contre l’Iran.

http://www.antiwar.com/justin/?articleid=12944


[Vive Le Goulag – 30/05/2008]
Ami, tu n’es sûrement pas sans savoir que 3 personnes ont été blessées par balle hier par des policiers qui n’était pas en civils mais bien ivres.

Observons donc ce que nous raconte à ce propos le police-matin libération de ce matin ?

«Ce sont des policiers chevronnés. L’un des deux est un des plus anciens du service», affirme une source proche de la Préfecture de police.

On remarquera la qualité de l’enquête réalisée par les journalistes : il se sont courageusement plongés dans une investigation difficile (de recopie de communiqué de la police). Remarquons aussi (pour plus tard) la qualification des policiers : ils sont «chevronnés».

«L’enquête devra déterminer si la suite des événements procède du guet-apens de la part des jeunes ou de la provocation de part et d’autre».

Attention, hein, la possibilité que l’agression soit venue de la police est complètement inimaginable (et inimaginée). Les jeunes sont coupables par définition. Et ce bien que «les fonctionnaires ont bu plus que raison, selon une source policière».

Un des deux policiers se serait alors fait dérober son arme de service, selon une source proche du ministère de l’Intérieur. Son collègue, blessé à la mâchoire, aurait alors effectué trois tirs de sommation en l’air avant d’ouvrir le feu à trois reprises sur le groupe de jeunes.

D’ailleurs, l’enquête de longue haleine se poursuit avec le copié/collé d’une «source du ministère de l’intérieur» (forcément neutre et objective) : les policiers ont été agressés et menacés d’une arme. Ils ont réagit raisonnablement et averti cette bande de criminels jeunes, avant de faire, comme on dit, l’usage de la force (bien contre leur volonté, hein !). (où l’on constate à quel point ces policiers sont chevronnés : se faire dérober son arme de service n’est pas à la portée du premier débutant venu.)

L’un d’entre eux est atteint aux reins, son pronostic était hier soir réservé. Deux autres jeunes auraient été plus légèrement blessés à la cheville et au bas du dos.

Remarquons en passant que au moins 2 des 3 blessés ont été atteints dans le dos, ce qui montre à quel point ils étaient menaçants.

La Préfecture de police affirmait hier soir que ces jeunes gens, originaires du Xe arrondissement et de banlieue, «étaient bien connus des services de police», notamment pour des faits de vols et d’escroquerie.

Et hop, en fait c’étaient des délinquants comme les policiers étaient chevronnés. Finalement la police nous a débarrassé d’affreux criminels.

Donc pour résumer : une bande de jeunes délinquants a sauvagement agressé deux policiers rentrant tranquillement chez eux après une petite fête. Ces derniers ont bien essayé de les raisonner mais rien n’y a fait et nos braves policiers ont été contraints de faire usage de leur arme de service alors que les délinquants les menaçaient de leur dos. Un peu comme Zyed et Bouna, qui après avoir commis un cambriolage, ont décidé de se répartir le butin dans un transformateur d’EDF. Maintenant les rues sont plus sûres et les gens mieux informés.

Pour la prochaine fois, rappelle-toi ami : un journaliste, un flic.

http://vive-le-goulag.blogspot.com/


Bien sûr, une pareille forme de contrôle est purement commerciale, elle ne servira jamais à censurer des contenus…. quelle idée ! Il ne viendrait à l’esprit de personne de créer un marqueur de diffusion qui n’autoriserait que le visionnement de certains programmes, dument autorisés…

[Gregoire Seither – IES News Service – 22/05/2008]

Si vous avez décidé de mettre Microsoft au coeur de votre système multimédia de salon (« Home Theater »), alors vous devez accepter l’idée que désormais ce sera la société de Redmond qui aura le doigt sur votre télécommande. Au sens propre du terme.

En réponse à des plaintes d’abonnés à la télévision numérique, affirmant qu’ils ne pouvaient enregistrer sur leur systèmes multimédia les nouveaux épisodes de la série « Gladiators » sur NBC, Microsoft a publié un communiqué confirmant <http://news.cnet.com/8301-10784_3-9946780-7.html> que son système multimédia interdit en effet aux utilisateurs d’enregistrer ce signal.

Microsoft affirme agir à la demande de NBC, et être en conformité avec les directives de la Federal Communications Commission (FCC), qui permet d’insérer un « marqueur de diffusion » (broadcast flag) dans le signal transmis et qui provoque une interaction avec l’ordinateur qui le reçoit. Dans le cas précis, le marqueur désactive la commande d’enregistrement. Mais le marqueur pourrait tout aussi bien interdire le visionnement du programme, ou bien le limiter à un appareil bien précis.

La FCC ainsi que la plupart des grands groupes média US ont tenté à plusieurs reprises de faire voter une loi qui re rendre obligatoire la prise en compte du « marqueur de diffusion » par tous les systèmes d’enregistrement de signal vidéo et audio, mais la « Electronic Frontier Foundation » a réussi à bloquer la loi en portant l’affaire devant les tribunaux. La Cour d’Appel U.S. a estimé que la FCC outrepassait ses compétences et qu’une telle loi serait anticonstitutionelle.

Malgré ce jugement, Microsoft a apparemment décidé de collaborer directement avec les groupes média et d’implémenter le « broadcast », limitant de ce fait la manière dont vous regardez la télévision, contrôlant ce que vous pouvez regarder sur votre télévision et décideant si vous avez le droit d’enregistrer une émission ou non.

En d’autres termes, c’est Microsoft qui tient la télécommande…


[Le Monde – 03/06/2008]

Quatre bibliothèques de la Ville de Paris ont dû débrancher leurs bornes Wi-Fi face aux inquiétudes du personnel. Dernière en date : la bibliothèque interuniversitaire Sainte-Geneviève, dans le 5e arrondissement. La direction a pris cette décision après qu’un employé eut décidé d’exercer son droit de retrait, en vertu d’un moratoire sur le Wi-Fi, adopté en octobre 2007 par le comité d’hygiène et de sécurité.

Magasinier depuis quatre ans dans cet établissement, Gabriel Fondet témoigne : « Les douleurs se sont installées progressivement. Entre les téléphones portables activés, les ordinateurs portables connectés au Wi-Fi, les lampes à fort rayonnement, les antennes-relais de téléphonie à proximité, nous sommes exposés en permanence. » D’autres témoignages lui ont permis de déterminer l’origine de ses troubles. Néanmoins, il reste prudent : « Les autres sources de pollution électromagnétiques sont à prendre aussi en compte. Le Wi-Fi seul n’est peut-être pas responsable de tous les maux », admet M. Fondet.

Le syndicat Supap-FSU et les associations Priartem, Agir pour l’environnement et Robin des toits soutiennent les employés. « Certains avancent que les douleurs seraient psychosomatiques. C’est un argument sans preuve ! Nous n’avons aucune prénotion sur le niveau d’exposition à partir duquel les gens souffrent », explique Stéphane Kerckhove, délégué général d’Agir pour l’environnement.

Janine Le Calvez, présidente de Priartem, fait le même constat : « Le Wi-Fi a été développé sans aucune étude d’impact sanitaire. Nous sommes passés du déni des effets à l’incertitude. »

Les responsables de l’Association française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) ne partagent pas cet avis. « Nous ne pouvons pas nous permettre d’éliminer d’autres causes, comme le stress, lié à la présence d’antenne de rayonnement. Scientifiquement, on ne peut accorder foi à la thèse des malaises dus au Wi-Fi. Il n’y a aucun trouble connu à court terme », estime Olivier Merckel, chef de l’unité agent physique.

Face à ces interrogations, la connexion filaire traditionnelle fait son retour comme à la Bibliothèque nationale de France et dans les écoles de Courbevoie (Hauts-de-Seine).

http://abonnes.lemonde.fr/technologies/article/2008/06/03/le-wi-fi-perturbe-les-bibliotheques_1053128_651865.html#ens_id=1053227


Attention ! Si vous comprenez l’anglais, cette vidéo va vous mettre très en colère. Le « Women?s Media Center » a compilé un florilège de séquences télévisées où des journalistes, commentateurs et hommes politiques balancent des remarques sur les femmes en politique en général et sur Hillary Clinton en particulier…

« Imaginon qu’on ait une femme dans le bureau ovale, elle sera l’homme (sic) le plus puissant du monde, quels seront les aspect négatifs selon vous ? » « Vous voulez dire, les aspects négatifs autres que le fait qu’elle aura ses ragnagnas, ses bouffées de chaleur et ses sautes d’humeur ? »

« Quand l’Amérique voit Obama, elle entend quelqu’un qui dit « En route vers de nouveaux horizons », quand l’Amérique voit Hillary, elle entend quelqu’un qui dit « T’as encore oublié de sortir les poubelles »…

« Quand j’étais un jeune avocate, je me suis mise à toujours porter des chapeaux, afin d’établir mon identité professionnelle. Parce que avant cela, quand j’allais à une réunion et que nous étions tous assis à la table, il y avait toujours un moment où quelqu’un se tournait vers moi et disait « Est-ce qu’on pourrait avoir du café ? »

[Gregoire Seither – IES News Service – 08/06/2008]

Maintenant qu’elle est à terre, les commentateurs n’ont même plus besoin de se retenir. La campagne médiatico-politique autour de la candidature d’Hillary Clinton a donné lieu – dans les médias de tous bords et chez des hommes politiques de droite comme de gauche – à des manifestations de sexisme et vulgarité dignes d’une chambrée de bidasses.

Quelques exemples récents : l’importante couverture médiatique (favorable) accordée à un groupe d’activistes politiques anti-Hillary et qui s’est donné le nom de « Citizens United Not Timid » (CUNT – foufoune en argot), un épisode de South Park dans lequel Hillary Clinton a un missile nucléaire planqué dans son vagin, le succès commercial (ici encore grâce à une forte promotion médiatique) d’un site Web qui vend des casse-noix en forme de Hillary Clinton, qui craque les noix (« nuts » en argot anglais signifie couilles) entre ses jambes dentées.

S’il n’est pas étonnant que des officines de propagande ordurière comme FOX News s’adonnent à ce genre de vannes, il est intéressant de noter que la presse « mainstream » ne s’est pas vraiment émue de ces attaques… notamment parce qu’elle y participe elle-même. Quand on entend Tucker Carlson – l’équivalent U.S. de PPDA – répéter à plusieurs occasions, à l’antenne : « Quand Hillary apparaît à la télévision, involontairement je croise les jambes« , et que tous ses collègues journalistes de CNN et MSBNC s’esclaffent, on se dit que la presse « de référence » vient d’exploser en plein vol. Quand on voit un commentateur politique réputé nous expliquer que, dans une campagne électorale, la question du rouge à lèvres et du décolleté sont primordiales, on se demande où est passée l’Amérique que nous avons connue.

Le montage du Women’s Media Center est hallucinant dans sa crudité et sa totale absence de retenue. Attention, il vous mettra très en colère.

On peut aussi noter l’incroyable impunité de ce sexisme. Si des commentaires similaires avaient été faits sur la négritude de Barack Obama, l’Amérique tout entière aurait été révulsée et les médias en auraient fait leurs choux gras… Idem, si lors de campagne de 2000, les commentateurs politiques avaient fait des remarques sur la judaité du candidat Lieberman, s’ils avaient ironisé sur son sens des affaires, fait des références à Shylock ou balancé quelques blagues juives… il est fort probable qu’ils auraient (à juste titre) été virés de leur poste.

Mais là, rien. Après tout, c’est de sa faute, hein ? Si elle voulait pas qu’on la viole, elle avait pas qu’à descendre dans l’arène.

En 1972, l’Amérique avait déjà eu un candidat noir, une candidate pour être précis. Il s’agit de Shirley Chisholm, première femme noire à avoir été élue au Congrès des USA. Lors de son discours de candidature, elle avait rappelé que « le processus de fabrication des stéréotypes émotionnels, sexuels et psychologiques qui vont mouler la femme dans le rôle que la société lui accorde, commence dès le moment où, à l’échographie, le médecin dit ‘C’est une fille« .


Sarkozy n’est que le canari dans le puits de mine. Sa revendication de l’inculture, sa culture fric et frime, sa brutalité « entreprenante »… pour nous, qui nous souvenons de la montée des années 80, l’installation en force de l’idéologie utilitariste des néo-con et de la grande folie de la fin des années 90, tout cela est familier…

[Pierre Assouline – La République des Livres – 16/04/2008]

Décidément, le Président a un un vrai problème avec elle. Entre eux, c’est du sérieux. Car il ne la lâche pas. Ce n’est plus de l’amour mais de la rage. Elle a dû lui résister dans sa jeunesse lycéenne et il ne lui a jamais pardonné, à la princesse de Clèves (1678). Car il vient de remettre ça.

On se souvient des deux premiers épisodes de ce feuilleton. La première fois, c’était le 23 février 2006, une méchanceté lâchée devant un parterre UMP rigolard à Lyon par le candidat Sarkozy. La deuxième fois, ce fut le 20 avril 2007. La troisième s’est donc inévitablement produite le 4 avril dernier à Bercy. Le Président y lisait une longue déclaration sur la modernisation des politiques publiques et la réforme de l’Etat devant des ministres, des parlementaires et des fonctionnaires des Finances. L’entame de l’ancien occupant des lieux donnait le ton (“J’ai vu que l’on s’était occupé du bâtiment sur la Seine. Ce truc vert que l’on a collé dessus, cela doit être de l’architecture. Chacun ses goûts”) quand soudain :

“… Les premières victimes de l’organisation actuelle, ce sont les fonctionnaires. Innombrables sont ceux qui m’ont dit : A quoi ça sert qu’on se donne du mal, on a l’impression que tout le monde s’en moque ! Et la qualité de vie d’un fonctionnaire, ça compte aussi. C’est tout ce que nous engageons (…) sur la mobilité, sur la reconnaissance du mérite, sur la valorisation de l’expérience, sur la possibilité pour quelqu’un d’assumer sa promotion professionnelle sans passer un concours ou faire réciter par coeur la Princesse de Clèves ! Ca compte aussi dans la qualité de vie d’un fonctionnaire…”

Dans la mesure où le recueil des discours du Président ne constitue pas ma lecture de chevet, en ce moment, j’avoue que cette nouvelle saillie m’avait échappé. Je dois donc à un fidèle lecteur d’avoir été voir du côté de Charlie-Hebdo où Philippe Val vient de consacrer un éditorial à la question Clèves. Il s’y dit accablé non seulement par cette attaque renouvelée contre Mme de La Fayette, mais encore par le silence des milieux littéraires et intellectuels.

Non qu’il faille se demander s’il faut mourir pour la Clèves comme autrefois pour Dantzig, mais tout de même, quelle léthargie : “Un tel silence, un tel désaveu, une telle injustice, résonnent comme une résignation à la médiocrité.” écrit-il. Pas de quoi en faire une affaire, mais bien assez pour secouer le cocotier des idées, ou ce qu’il en reste.

Juste pour dire que ce signe d’époque est mauvais signe. Qu’il y a quelque chose de vil et de bas dans cette manière si démagogique de susciter des rires gras sur le dos non d’un quelconque auteur controversé, mais sur ce que l’histoire littéraire française a de plus brillant, de plus éclatant et de plus enviable en la personne de Mme de La Fayette. Comme si, après plusieurs mois de sevrage bling-bling imposé par le très proche entourage et une vertigineuse chute de popularité dans les sondages, le naturel avait repris le dessus dans la relative intimité de son ancien bureau de Bercy face à ses anciens collaborateurs.

Quel est donc son problème : l’exceptionnelle capacité de séduction de Monsieur de Nemours qui le rend fou de jalousie ? L’effacement du narrateur qui ne dit “je” qu’une seule fois, cinglant camouflet aux centaines de “je” qui ponctuent les discours sarkoziens ? l’esprit même de cet exquis traité sur l’art d’aimer et l’art de plaire dont les ressorts lui échappent manifestement ?

Insulter de cette manière répétée, lourde, insistante la Princesse de Clèves, nouvelle galante qui est soit dit en passant la matrice du roman français moderne, prend une résonance extra-littéraire, sans quoi ce serait anecdotique. C’est cracher sur la légèreté, le goût de la nuance en toutes choses, l’esprit de finesse, la grandeur d’une langue, une forme de sensibilité qui lui tragiquement étrangère. Au fond, sur une certaine idée de la France.

On avait déjà compris que le candidat Sarkozy ne la partageait pas. Au cas où l’on aurait eu des doutes, le Président Sarkozy tient absolument à nous rappeler que lui non plus ne la partage pas. Sur ce point au moins, il est cohérent. Navrant. Et dire que l’on se moque de Berlusconi…

Il va de soi que l’intime connaissance de La Princesse de Clèves n’est pas indispensable à la carrière de fonctionnaire, mais il ne s’agit évidemment pas de cela. De quoi alors ? La réponse se trouve du côté de chez De Gaulle (pardon, mais c’est ma période gauloise) : “La véritable école du commandement est la culture générale” (Le fil de l’épée) et “Pas un illustre capitaine qui n’eût le goût et le sentiment du patrimoine de l’esprit humain. Au fond des victoires d’Alexandre on retrouve toujours Aristote” (Vers l’armée de métier). Ce qui vaut pour les officiers vaut pour tous. Si on ne comprend pas ça, le débat est clos et le Président peut tranquillement faire de Mme de La Fayette sa tête de Turc.

“La magnificence et la galanterie n’ont jamais paru en France avec tant d’éclat que dans les dernières années du règne de Henri second. Ce prince était galant, bien fait et amoureux ; quoique sa passion pour Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois, eût commencé il y avait plus de vingt ans, elle n’en était pas moins violente, et il n’en donnait pas des témoignages moins éclatants…”. Ce sont les premiers mots de La Princesse de Clèves. De quoi se réconcilier avec l’humanité lorsqu’on l’a prise en grippe. Que l’on ne nous dise pas qu’il y a des choses plus importantes : il y en a toujours eu et il y en aura toujours.

A ceci près que ce qui est menacé de notre société, de notre culture, de notre langue à travers le crachat adressé à la Princesse de Clèves représente justement une bonne partie de ces si importantes choses. Lorsqu’il faut choisir son camp, je choisis celui-là.

http://passouline.blog.lemonde.fr/2008/04/16/le-president-veut-il-la-peau-de-la-princesse/


De la part de nos amis qui font l’excellent site « The Comic News« … (traduit par nos soins) Si, comme nous, vous lisez les journaux essentiellement à cause des caricatures politiques, alors ce site vous comblera.

La droite se déchaîne contre Obama, « coupable » d’avoir vécu dans un pays musulman…
Un candidat noir, un candidat femme… excellente occasion de ressortir les vieux poncifs…
L’ancien porte parole de la Maison Blanche publie un livre incendiaire contre l’équipe Bush… et dénonce la complicité tacite des médias.
Scott McClellan dénonce dans son livre « une guerre en Irak déclenchée sans fondement, sous de faux prétextes »
Scott McClellan insiste notamment sur le poids énorme de Dick Cheney dans les prises de décision à la Maison Blanche
Le pétrole devrait atteindre les 200 dollars d’ici 5 ans, prédit Goldmann-Sachs

Ce petit film est probablement le meilleur résumé de la question de la « Net Neutrality » et comment la question de l’investissement financier nécessaire pour faire fonctionner Internet risque de mettre en péril l’existence même du réseau. Ce n’est pas nouveau, comme Lawrence Lessig le démontre bien : au début de la presse d’imprimerie, le coût d’une presse était l’équivalent de 8 000 Euros d’aujourd’hui. 100 ans plus tard, pour imprimer un journal, il fallait déjà sortir 2 millions d’Euros. Cela réduisit déjà la possibilité pour les gens de s’exprimer… 100 ans plus tard la même chose se produisit avec la radio.

Aujourd’hui les opérateurs télécoms disent « les tuyeaux sont à nous, c’est nous qui décideons ce qui va circuler dedans »… mais contrairement à la télé ou la radio, ou la majorité des contenus sont fabriqués par les grands groupes, sur Internet plus de 60% des contenus sont fabriqués par les usagers eux mêmes. Pour les opérateurs, Internet doit devenir comme la télé…

Si vous êtes intéressé par traduire ce film en français, faites nous signe.

http://www.youtube.com/watch?v=JP_3WnJ42kw


[Bruno Kerouanton – 15/05/2008]

Le souci lorsque l’on se déplace hors des frontières, c’est qu’il faut parfois prendre quelques précautions lorsque l’on embarque son matériel électronique. [Dans] certains pays réputés un peu tatillons, on peut se voir saisir son ordinateur portable pendant la durée du passage aux douanes. Dans les pays les plus indélicats, on risque même de ne pas le récupérer du tout. Dans d’autres, on le récupérera au bout d’un temps plus ou moins long… le temps pour les autorités locales d’en dupliquer les données.

Tout cela, on le savait déjà, du moins je l’espère pour ceux et celles qui voyagent. Là où cela devient plus ennuyeux, c’est que les Etats-Unis se sont mis procéder de la sorte. L’Angleterre et d’autres honnêtes pays aussi, ne soyons pas toujours contre les mêmes !

Pour preuve, un plaidoyer rédigé par ni plus ni moins que Bruce Schneier dans le quotidien The Guardian ce matin.

Dans son article, il indique que les agents de douane américains ont obtenu l’autorisation depuis un mois de “conserver” les ordinateurs mais également tout appareil électronique susceptible de contenir des données, pour en permettre “la fouille”, donc plus précisément la copie des informations Il leur est même permis de confisquer pour plusieurs jours le tout, téléphones portables, agendas électroniques etc… Pas de très bonne augure, n’est-il pas ?

Bruce Schneier a réagi en envoyant une lettre au Congrès afin de leur suggérer une enquête visant à limiter ces pratiques dignes des barbouzeries de la guerre froide.

Quoi qu’il en soit, il est nécessaire de trouver une solution. Lors du passage en douane, l’agent va vous demander d’allumer votre ordinateur, puis si il ou elle constate que celui-ci refuse de démarrer, vous serez certainement obligé-e de saisir le mot de passe de démarrage. Et je suppose qu’ensuite, vous n’aurez qu’à
laisser votre cher ordinateur sur place, je vous laisse deviner la suite.

L’histoire a démontré récemment que cela n’arrive pas que pour les ordinateurs portables… L’un des contributeurs du projet Gnu Radio qui cherchait à se rendre à une conférence sécurité pour y présenter ses dernières trouvailles en matière de cassage de chiffrement GSM à l’aide de FPGA et de rainbow-tables s’est tout bonnement vu confisquer sa carte SIM et son matériel électronique (mais pas son ordinateur !!!) par les agents de douane à l’aéroport d’Heathrow près de Londres. Il a pu récupérer le tout quelques jours après. (suite…)


[Bruno Kerouanton – 23/05/2008]

Ce billet est sans doute polémique. Je ne cherche pas à provoquer, mais il y a quand même des points sur lesquels j’ai des inquiétudes et qui méritent réflexion. Par coïncidence, la semaine dernière – une fois n’est pas coutume – je me suis retrouvé à regarder la télévision en pleine nuit, ne souhaitant pas dormir. Me voilà donc devant Arte à 1h30 du matin, face à une émission fort intéressante traitant avec force détails la raison pour laquelle peu de personnes même brillantes n’ont pas vu venir la seconde guerre mondiale, malgré ce que son instigateur avait pourtant marqué noir sur blanc. Tout était écrit… Mais vu que cet ouvrage est censuré dans de nombreux pays, difficile pour les historiens et les prospectivistes de faire correctement leur travail. De plus la veille j’avais vu l’excellent film La vie des autres, une histoire de la Stasi et de ses conséquences, ce qui a contribué à renforcer mon ressentiment.

La vision de ce documentaire ne m’a pas laissé indifférent, puisque je venais le soir même de prendre connaissance puis de lire en détail les différents appels d’offres de l’armée américaine concernant leur nouvel armageddon numérique, j’en parle plus loin. Je me risque en tout cas ici à faire un parallèle pouvant être discuté et critiqué : Le réarmement massif de Berlin en 1936 a laissé beaucoup de monde indifférent. Et pourtant de nombreux pays se réarment en ce moment – ce qui ne semble manifestement pas être le cas de la France, soit dit en passant. Tout comme la Chine qui connaît un accroissement phénoménal de ses forces armées depuis quelques années et qui inquiète sincèrement Washington depuis 2007, l’armée américaine continue à s’équiper en technologies de toutes nature.

Sur le plan qui m’intéresse plus particulièrement, à savoir la guerre numérique, les travaux de recherche et d’équipement vont bon train. Le Pentagone avait déjà créé en 2006 une branche de son armée de l’air spécialisée dans les combats numériques, le Cyber-Command, mais depuis peu les chantiers avancent à grand pas. Tiens, vous pouvez même directement aller zieuter leur site pour juger.

En tout cas, quatre évènement ont défrayé la chronique ces dernières semaines : La déclaration du secrétaire du Homeland Security Department au sujet du projet Cyber-Manhattan, un article paru dans la presse militaire faisant état du souhait de l’armée américaine de s’équiper d’un botnet militaire, un appel d’offres concernant l’étude et la mise en place d’une telle arme, et un second appel d’offres concernant la mise en place d’un simulateur de batailles numériques Internet. (suite…)


C’est pas nouveau… à Beyrouth déjà, il y a 20 ans, l’essentiel des articles des journalistes français s’écrivait au bord de la piscine du Khoury…

[Backchich – 04/06/2008]

Ainsi, plusieurs journalistes, correspondants à Bagdad ou à Beyrouth, racontent que l’ami Roger ne sortait pas de sa chambre s’abreuvant de dépêches pour assurer ses nombreux directs pour divers médias francophones. Lui même ne s’en cache pas. Lors d’un chat sur le site du Nouvel observateur, il racontait ainsi une journée type d’un correspondant multicarte : « Tôt le matin, je fais des papiers pour les radios françaises, suisses, belges et canadiennes, je regarde les chaînes de télévision arabes, les dépêches des agences, je me fais traduire les journaux irakiens. Ensuite, je fais mon footing le long du fleuve au milieu des roseaux, sous le soleil. Ensuite, des informateurs ou des responsables irakiens viennent me voir, prendre le café. Parfois, je sors dans Bagdad pour un Rdv précis mais toujours très bref car je pense que pour bouger dans Bagdad, les journalistes doivent désormais avoir une protection armée. Et le reste de la journée, je fais les plateaux, les directs pour les télévisions ». Seigneur de la presse, un métier.

Et pour écarter la concurrence, Roger Auque fait preuve d’une certaine détermination. Ainsi, en 2004, après une rixe à Bagdad avec Paul Moreira, alors journaliste à Canal +, il n’a pas hésité à contacter la direction de la chaîne pour dénoncer le comportement « scandaleux et dangereux » de leur journaliste ajoutant qu’ « au grand dam de l’ambassade de France à Bagdad, Paul Moreira et Véronique Robert ont gêné les négociations entreprises par la diplomatie française, et peut être mis en péril la vie des otages français (Chesnot et Malbrunot, ndlr), en essayant de rencontrer des membres de la guérilla irakienne. » Allégations que la justice a reconnu diffamatoires et pour lesquelles il a été condamné, fin 2007, à verser des dommages et intérêts aux deux journalistes. Indemnités que les huissiers ont le plus grand mal à recouvrer. Seigneur de la presse, plus qu’un métier, une vocation.


Il y a déjà des cas de divorce motivés par des e-mail ou des SMS que l’un des conjoints a découvert sur l’appareil de l’autre… à quand le divorce suite aux découvertes faites dans l’Historique Web ou l’Historique de recherches Google ? Et que va t’il se passer le jour où la justice exigera d’avoir accès à ces informations dans le cas d’une affaire criminelle ?

Et qu’est ce qui empécherait Google de vendre ces données à des sociétés d’assurance qui les utiliseraient pour profiler leurs clients… si tu fais des recherches sur « diabète » alors que tu as déclaré être en bonne santé, c’est donc que tu as menti peut-être… et hop, on t’augmente ton tarif.

Comme disait l’artiste Susan Kay : « Même ta mère n’en sait pas autant sur toi que l’Historique Web de Google »

[01 Net – 04/06/2008]
La justice a donné tort à une internaute qui désirait effacer ses traces sur Internet. Elle exigeait que Google retire des informations, remontant à dix ans, stockées sur ses serveurs.

Qu’on se le tienne pour dit, il n’est guère facile d’effacer ses traces sur Internet. Le tribunal de grande instance de Paris a estimé que Google n’avait pas à effacer de ses serveurs les informations personnelles d’une internaute au motif que la loi française ne saurait s’appliquer à une société américaine.

Pour motiver sa demande, Bénédicte S. avait évoqué la loi Informatique et libertés de janvier 1978 dont l’article 7 stipule qu’un traitement de données à caractère personnel doit avoir reçu le consentement de la personne concernée (…). Un argument que n’a pas retenu le juge, comme le montre l’ordonnance du tribunal révelée par Legalis.net.»…

http://www.01net.com/editorial/381634/google-echappe-a-la-loi-informatique-et-libertes


Ce n’est pas difficile pour un membre du Parti Démocrate de voter pour le candidat Républicain John McCain. Ces dernières années le Parti Démocrate s’est droitisé, talibanisé et chauvinisé au point de ne plus diverger avec le Parti Républicain que sur certains points.

Droits des femmes, droits des minorités, laicité, lutte contre la guerre, justice sociale, couverture maladie… tout ce qui avait fait la force du Parti (Social) Démocrate dans les années 1940-1960 n’existe plus aujourd’hui.

Et Barack Obama n’est pas beaucoup plus « à gauche » que Hillary Clinton. La seule candidature « de gauche » que nous ayons eu cette année a été celle de John Edwards, un homme politique que nous finirons par regretter un de ces jours…

Hillary Clinton ou Nancy Pelosi n’auraient aucun mal à être de très bonnes vice-présidentes d’un Président Républicain…

Alors ce n’est pas surprenant d’entendre les électeurs Démocrates dire qu’ils voteront John McCain plutôt que Barack Obama…

[Tim Carr – IES News Service Chicago – 04/056/2008]

Maintenant que la campagne se déplace des primaires vers les élections générales Obama aimerait pouvoir consacrer toute sa puissance de feu à barrer la route à son rival présumé, le Républicain John McCain. Mais le candidat « historique », premier Noir à gagner une investiture à la présidentielle U.S. doit d’abbord se consacrer à guérir les profondes divisions que sa candidature a crée au sein du Parti Démocrate.

Si Obama a clairement réussi à gagner les voix des « grands électeurs », il est indéniable qu’il est loin d’avoir fait le plein de voix auprès de « l’électorat populaire », comme les primaire l’ont montré. Tant à Porto-Rico que dans le Vermont, à New York ou en Californie, près d’un électeur Démocrate sur trois a affirmé qu’il ne voterait pas pour Obama s’il était investi.

Dans des sondages publiés ce jour,  dans le Dakota et le Montana, environ un tiers des sympathisants de Hillary Clinton ont affirmé que, le jour de l’élection présidentielle, ils s’abstiendront ou alors voteront pour John Mc Cain. Plus de la moitié des supporters d’Hillary Clinton a indiqué ne pas se satisfaire d’une nomination d’Obama. 87% des sympathisants de Hillary Clinton répond « Non » à la question de savoir si Brack Obama a la carrure nécessaire pour être président. A la question « Barack Obama est il honnête, peut on lui faire confiance », plus de 50% des sympathisants de Clinton répondent « Non ».


… Vous pouvez déjà vous préparer à une présidence John McCain. Avec tout ce que cela implique.

Harriet Christian, membre du Parti Démocrate et supportrice de Hillary Clinton quitte en colère la réunion du Comité de Réglementation de son parti, qui vient de décider de n’accorder qu’une demie-voix aux délégués de Floride et du Michigan. Ces deux Etats – penchant fortement pour la candidature Clinton – ont été sanctionnés pour ne pas avoir respecté les dates des primaires fixées par le parti. En faisant cela, les trente membres du Comité national démocrate font pencher la balance en faveur de Barack Obama.

Je suis fière d’être une femme blanche d’un certain âge. Je suis fière de soutenir Hillary Clinton, la meilleure candidate, celle qui peut nous faire gagner, une candidate que le Comité vient de jeter à la poubelle, nous garantissant ainsi une défaite en Novembre prochain.

J’en ai assez d’être une citoyenne de seconde classe. Aujourd’hui encore une fois on a poussé de côté une candidate parce qu’elle était femme et blanche, au profit d’un candidat noir. Ce candidat n’existe que parce qu’il y a eu une candidature d’une femme blanche, il ne se serait pas présenté si cela avait été un homme. Toute ma vie j’ai été poussée de côté, parce que je suis une femme et parce que je suis blanche.

Ils se moquent de nous là dedans, ils ne veulent pas nous écouter ni tenir compte de nos votes. Ils décident tout seuls, dans leur petit coin, parce qu’ils croient que nous serons disciplinés et que nous n’irons pas voter pour McCain.

Et bien laissez moi vous dire une chose : John McCain est le prochain président des Etats-unis !

http://www.youtube.com/watch?v=KACQuZVAE3s


L’analyse de X6tenZ est révélatrice de la dérive mentale chez certains progressistes… Le Protocole serait  un faux certes, mais ce n’est pas pour autant que ce qu’il écrit n’est pas vrai. En somme Joly aurait eu la révélation du complot mais ce serait trompé de cible, l’imputant à l’état répressif plutot qu’aux « cosmopolites juifs ».

Un faux-vrai Protocole en somme…

[Mecanopolis – 19/05/2008 par X6tenZ ]

Au début du siècle dernier paraît à Moscou un extraordinaire pamphlet, qui allait bientôt devenir un best-seller, et être le livre le plus vendu au monde après la Bible : Les Protocoles des Sages de Sion.

L’origine de ce pamphlet est aujourd’hui connue : c’est la falsification du Dialogue aux Enfers de Maurice Joly, selon un procédé que les situationnistes français appelleront plus tard une « maspérisation » (du nom d’un éditeur parisien qui s’était rendu fameux dans cet art). Ce procédé, qui consiste à s’emparer d’un texte important, à en changer certains mots, à supprimer quelques phrases, à en intercaler d’autres, permet de conserver la structure d’une analyse politique, mais d’en modifier la cible et d’entraîner ainsi un courant d’opposition, qui risquerait de devenir dangereux, vers des action inoffensives ou mêmes utiles aux manipulateurs. Il permet de capter les esprit pour les égarer ensuite, il illustre précisément le procédé exposé dans le Dialogue aux Enfers : parler toutes les langues afin d’en détourner le fleuve.

Maurice Joly à donc été victime de cette manœuvre qu’il avait dénoncée. Dans les Protocoles des Sages de Sion, on conserve l’analyse du Dialogue aux Enfers, le réquisitoire contre le complot totalitaire occulte, l’exposé précis de ses moyens convergents, financiers, politiques, policiers et médiatiques. Mais le complot étatique pour le maintien de l’ordre est remplacé par un prétendu complot juif visant à s’emparer du pouvoir mondial. Le texte falsifié se présente comme le procès-verbal d’une réunion utlra-secrète des chefs de la conspiration juive.

Qualifier, comme on l’a fait depuis, une tel procédé de « plagiat » laisse entendre q’il s’agirait en quelque sorte d’une vague escroquerie littéraire au dépend d’un malheureux auteur. Ajouter qu’il s’agit d’un « faux » et d’une « mystification » permet d’innocenter, et avec soulagement, la malignité juive, et de conclure en somme qu’il n’y a pas de complot, si ce n’est, peut-être, contre les seuls juifs. En vérité cette falsification d’un texte d’un texte effectivement important n’est que l’aspect superficiel d’une manœuvre bien plus générale qui est au cœur de la contre-révolution mondiale du XXème siècle. Les conditions de fabrication et de diffusion des Protocoles permettent de suivre les grands mouvements de cette histoire.

http://mecanopolis.wordpress.com/2008/05/19/a-propos-des-protocoles-des-sages-de-sion/

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