[Les Echos – 20/05/2008]
Trop tôt ou trop tard ? L’examen en Conseil des ministres du projet de loi Olivennes sur la lutte contre le piratage a été reporté à début juin. Les lois répressives n’ont pas la cote par ces temps d’impopularité. Près de six mois après l’accord du 23 novembre 2007 sur « l’offre culturelle en ligne », ardemment voulu par Nicolas Sarkozy, le système de la « riposte graduée » défendu par l’ex-PDG de la FNAC Denis Olivennes suscite encore des doutes.

De l’aveu des éditeurs qui soutiennent ce dispositif dissuasif inspiré du permis à points, la haute autorité chargée de superviser la lutte contre le piratage (Hadopi) ne verra pas le jour avant la fin de l’année.
Combat d’arrière-garde ? Il est trop tôt pour enterrer la riposte graduée. Mais le rapport Olivennes a au moins l’avantage de poser une question cruciale pour l’avenir des industries culturelles.

« Contrairement aux apparences, l’Internet non régulé, c’est la mort annoncée de la diversité », estime Denis Olivennes, qui s’est érigé en champion de la lutte contre la « mauvaise gratuité ». Selon une récente étude du cabinet britannique Enders Analysis, le piratage musical physique (copies illégales de CD) continue à se répandre comme une trainée de poudre parmi toutes les tranches d’âge de consommateurs, même si le téléchargement illégal reste surtout dominant chez les moins de 25 ans.»

[…] «Pour la Quadrature du Net, un site soutenu par l’Open Society Institute de George Soros, c’est même le signe que « la France est devenue un laboratoire pour lobbys obscurantistes ». A la veille de la présidence française de l’Union européenne, le Parlement européen a désavoué la « riposte graduée », le 10 avril, en se prononçant contre l’aspect répressif de la coupure de l’accès à Internet, « en contradiction avec les principes de proportionnalité, d’efficacité et de dissuasion ».

http://www.lesechos.fr/info/analyses/4726584.htm