Une parfaite illustration de ce que l’on appelle désormais la « sous-veillance »… à tout moment j’indique volontairement où je suis et ce que je fais — et j’en apporte la preuve en me photographiant moi-même…

[Future Perfect – le blog de Jan Chipchase chez Nokia Design – 10/04/2008 – Trad. Grégoire Seither]

a selca moment

Une mode omniprésente parmi les jeunes de Seoul en Corée :  selca = self camera = le fait se prendre soi-même en photo avec son téléphone et d’envoyer automatiquement la photo pour publication sur sa page personnelle chez Cyworld .

La moindre visite à un café ou un restaurant comporte invariablement une séance d’auto-photographie par les membres de l’assemblée.

Et il ne s’agit pas de photos prises à la va-vite, les auteurs des photographies réfléchissent intensément à l’angle désiré de prise de vue, évaluent le résultat, refont la photo, retouchent leur coiffure, etc. etc. Le tout peut bien prendre une dizaine de minutes.

Cette mode est déjà assez intéressante à observer quand il ne s’agit que d’une seule personne, mais l’effet est magnifié quand toute une tablée s’adonne à cette activité auto-centrée… parfois même en réduisant au minimum les interactions humaines entre les divers convives.

Les vendeurs de téléphones dotés d’appareils photos intègrent même le selca dans leur publicité, vantant  la bonne prise en main de l’appareil et la facilité avec laquelle il permet de se prendre en photo. Certains modèles intègrent même des fonctions spécialement concues pour le selca : catalogue des portraits, filtres de retouche d’image ou d’ajout d’effets visuels.

Cette mode est tellement éloigné de ma réalité quotidienne que, quand j’y suis confronté, je me sens comme un extraterrestre.

Est-ce que les choses que nous vivons dans notre vie ne sauraient exister si elles ne sont pas enregistrées et diffusées via un media ? Est-ce que nous n’existons pas si nous ne sommes pas visbiles dans les photos de l’évènement ?

http://www.janchipchase.com