Pas un mot sur le fait qu’Uribe avait affirmé que le cadavre exhibé était celui d’un dirigeant des FARC (alors qu’ils savaient que c’était faux). Pas un mot non plus sur les exécutions sommaires commises par les soldats colombiens, qui ont assassiné tous les blessés du camp…

[AFP – 24/03/2008]

La Colombie a reconnu, dimanche 23 mars, avoir provoqué la mort d’un ressortissant équatorien lors du raid mené le 1er mars contre un groupe des FARC stationné en territoire équatorien. Le président équatorien, Rafael Correa, avait prévenu, la veille, que les tensions diplomatiques s’aggraveraient s’il se révélait qu’un ressortissant de son pays figurait parmi les victimes de l’attaque.

Ce sont des membres de la famille de la victime qui avaient affirmé cette semaine que l’homme avait été tué dans le raid. M. Correa a alors ordonné une enquête, promettant que « ce crime ne resterait pas impuni ».
« Il était équatorien », a déclaré dimanche le ministre de la défense colombien, Juan Manuel Santos, à des journalistes, mettant fin aux rumeurs. Dans un communiqué, son ministère a émis l’hypothèse que l’homme était membre des FARC et qu’il aidait la guérilla à passer la frontière pour se réfugier en Equateur. « Je demande aux autorités équatoriennes de ne pas se laisser abuser par des criminels », a déclaré M. Santos.

L’Equateur a rompu ses liens diplomatiques avec Bogota après ce raid, qui a fait plus de vingt morts, dont le numéro deux des FARC, Raul Reyes. Le président colombien, Alvaro Uribe, a lui aussi diffusé un communiqué dimanche pour justifier l’attaque transfrontalière, nécessaire selon lui pour protéger son pays d’attaques « terroristes ».

Bogota a par ailleurs reconnu avoir bénéficié d’informations émanant des services de renseignement américains pour mener cette attaque. « On n’a pas utilisé de bombes ‘intelligentes’ mais on a bénéficié de renseignements que les Etats-Unis nous ont fournis », a indiqué un responsable du ministère de la défense colombien, qui a requis l’anonymat.