[Gregor Seither – IES News Service – 26/03/2008]

Le journal San Francisco Chronicle a analysé les 33 000 accidents de ces dix dernières années impliquant des cyclistes  ainsi que les 2 000 accidents au cours desquels des cyclistes ont été grièvement bléssés, voire tués. Il a trouvé que dans 60 % des cas, ce sont les cyclistes qui sont en tort. A moins que cela ne soit un préjugé de la part des policiers…
« C’est une épreuve de force sur la route – la tension entre vélos et voitures est devenue si forte, que c’est devenu une guerre » explique le triathloniste et militant du vélo Marc Evans, à la tête d’une campagne pour le respect mutuel sur la route et qui veut mobiliser la communauté cycliste, motocycliste et automobile afin de réduire le nombre d’accidents meurtriers.

Une analyse depuis 1997, des 33 000 accidents de la circulation dans la région, ayant impliqué des vélos, montre que dans les accidents les plus graves, c’est le comportement de conduite des cyclistes qui est généralement tenu pour responsable de l’accident.

Les données collectées par la police routière (California Highway Patrol) indiquent que, dans les 2 000 accidents dans lesquels des cyclistes ont été tués ou grièvement blessés, les cyclistes sont tenus pour responsables dans 1,165 des cas (60%); les conducteurs n’étaient en tort que dans 520 cas (26 %). Dans les autres cas (14%), personne n’était directement en tort.

Mais attention : les avocats de la cause cycliste arguent que ces statistiques peuvent aussi être le fruit d’un préjugé de la part des officiers de police, qui ont tendance à prendre le parti du conducteur automobile et à « dire que c’est la faute de la victime »… d’autant que les cyclistes accidentés n’ont pas toujours le temps ou les moyens de donner leur point de vue, étant donné qu’on est entrain de les soigner ou de les emmener sur un brancard.

Pour Leah Shahum, directrice de la San Francisco Bicycle Coalition : « Il y a un point de vue largement partagé par la police dans cette ville et qui est que les vélos sont des jouets qui n’ont rien à faire sur la route. S’ils s’y risquent, c’est de leur faute s’il arrive quelque chose. »

Mais même les plus radicaux défenseurs du vélo (et il y en beaucoup en Californie) sont d’accord pour dire que le comportement d’une minorité (pas si minoritaire) de cyclistes donne une mauvaise réputation à l’ensemble des cyclistes – notamment en ce qui concerne le non respect du code de la route. « Quand je vois un vélo qui brule un feu rouge, je me crispe, » explique Shahum. « Non seulement il risque sa vie, mais en plus il contribue à faire passer les vélos pour une bande d’irresponsables. »

Dans la région de San Francisco (Bay Area) le nombre d’accidents graves entre un vélo et une voiture et dans lequel le cycliste est en tort s’est maintenu à environ une centaine par an depuis 1997. Par contre le nombre de cas où  c’est la voiture qui est en tort est en expansion constante – de 38 en 1997 à 61 en 2006.

Par ailleurs, le nombre d’accidents dans lesquels la voiture a percuté le cycliste avant de s’enfuir à explosé ces dernières années. Rien qu’en 2006, il y a eu 30 accidents graves (4 morts, 26 blessés graves) avec délit de fuite – près du double des années précédentes.