Les lecteurs de L&I m’en ont envoyé plein d’autres

[Gregor Seither – IES News Service – 26/03/2008]

« La route vers la tyrannie, ne l’oublions jamais, commence avec la destruction de la vérité » — Bill Clinton, Octobre1995

La psychiatrie nous apprend qu’une des méthodes pour repérer un mythomane pathologique est sa tendance à mentir même sur des choses insignifiantes. Si c’est vrai, alors Hillary Clinton a un sérieux problème.

1. Il ne s’est rien passé à Sarajevo

Lors d’un meeting électoral, début mars, la prétendante US à l’investiture démocrate, Hillary Clinton a cité, comme exemple de sa longue expérience dans le domaine international, le voyage qu’elle a fait en mars 1996, en Bosnie. Ce voyage où elle était accompagnée de sa fille et de plusieurs personnalités se voulait une visite aux soldats US sur place.

Dans son intervention, Mme Clinton a affirmé que l’avion s’était posé dans des conditions dangereuses, sous la menace du feu ennemi, qu’on lui avait demandé de venir s’assoir à l’avant de l’avion afin d’être protégée par le blindage et qu’ils avaient débarqué sous le tirs des snipers, la cérémonie de bienvenue ayant été bouclée à la hâte par peur des coups de feu.

Mais si on se reporte aux articles de journaux écrits à l’époque et qu’on interroge les autres participants à ce voyage, il apparait que rien de tout cela n’est vrai. Personne ne se souvient du moindre coup de feu et la visite de Clinton en Bosnie s’était déroulée normalement. Des archives de CBS, déterrées pour l’occasion, relaient une cérémonie d’accueil sereine.

Le 24 mars 2008, interrogée par la presse sur ces contre-vérités, Hillary a préféré jouer la carte « humaine » : « Je me suis mal exprimée l’autre jour. La campagne a été très longue, de temps en temps, je suis un être humain comme tout le monde ».

Malheureusement, ce n’est pas la première fois que Mme Clinton nous raconte des carabistouilles… (lire la suite)

http://news.yahoo.com/s/ap/20080317/ap_on_el_pr/clinton_fact_check_

2. Hillary n’a rien fait pour la paix en Irlande du Nord

La semaine dernière, Hillary Clinton a également voulu souligner son « expérience diplomatique » en affirmant qu’elle avait joué un « rôle clé » dans les négociations de paix en Irlande du Nord : « Je n’étais pas assise à la table des négociations, mais le rôle que j’ai joué était un rôle clé pour le succès de ces pourparlers. »

Mais, si on se réfère aux plannings de la Maison Blanche pour les journées des 9 et 10 avril 1998, rien ne vient corroborer ces affirmations.

En effet, le 9 avril, tandis que les Catholiques et les Protestants étaient réunis en séance-marathon pour se mettre d’accord sur un accord de partage des pouvoirs à Belfast, Hillary Clinton faisait la fête à quelques kilomètres de là. Ce jour là avait lieu, au National Press Club de Washington, une réception en hommage à la député Bella Abzug, récemment décédée.

Et le lendemain, alors que le président Bill Clinton était suspendu au téléphone pour convaincre les principaux acteurs de signer l’accord, Mme Clinton était en réunion au Service des Parcs avec Elie Wiesel. Et au moment même où l’accord de paix nord-irlandais a finalement été signé, Mme Clinton prenait le thé avec la femme du président des Philippines, Amelita Ramos dans un autre salon de la Maison Blanche.

http://blogs.abcnews.com/theblotter/

3. Hillary n’a jamais lu le moindre livre d’école Palestinien

En 2001, Hillary Clinton avait écrit une lettre au President Bush, lui demandant de faire pression sur Yassir Arafat afin qu’il mette un terme à « l’éducation à la à la haine des juifs et d’Israël ». Affirmant avoir « étudié en profondeur » les livres de classe utilisés par les écoliers Palestiniens, elle avait cité comme exemple le livre Our Country Palestine (classe de CE1), qui contenait des phrases telles que « Il n’y a pas d’alternative à la destruction d’Israël« .

La lettre se terminait par : « Si les Palestiniens éduquent leurs enfants à la haine d’Israël, comment peut on croire aux serments de paix de leur part ? »

Etait à nouveau démontrée la perfidie bien connue des Arabes, qui ne veulent pas la paix et manipulent leurs enfants afin de perpétuer la violence. La clé du conflit réside donc chez les Palestiniens, et non chez les Israéliens, qui ne font que se défendre. (…)

Mais Hillary a menti. Comme le démontre la chercheuse Diane Mason, Hillary n’a rien étudié du tout et s’est contenté de répéter des informations fournies par le Committee for Monitoring the Impact of Peace, un organisme de propagande israélienne dirigé par un lobbyiste d’extrème droite, Itamar Marcus.

L’objectif du CMIP, tout comme les autres officines de propagande israélienne telles que MEMRI, CAMERA, Debka, est d’alimenter la machine médiatique avec des articles qui démontrent la perfidie et le caractère nocif du monde arabe ainsi que de la religion musulmane. La plupart des articles se basent sur des traductions biaisées, sorties de leur contexte et manipulées de manière à prouver que l’islam est le nouveau nazisme et que toute personne qui ose mettre en doute la validité des initiatives politico-militaires israéliennes est soit un barbu infiltré ou bien un naïf mal informé.

Dans le cas présent, les « recherches » ménées par CMIP et les conclusions qu’il en tire sont totalement fausses. Les livres mentionnés existent en effet, mais il s’agit en fait d’anciens livres Jordaniens et Egyptiens qui ont été remplacés depuis belle lurette par des livres produits (avec beaucoup de difficultés à cause des blocages israéliens) par l’Autorité Palestinienne. Les nouveaux livres ne contiennent aucun des éléments cités par CMIP et repris par Mme Clinton. Le CMIP l’a d’ailleurs reconnu dans un interview donné à Diane Mason, publié sur son site. Les nouveaux livres de classe Palestiniens n’incitent pas à la haine des juifs ni à la destruction d’Israël.

Comme le dit Richard Silverstein : « Clinton est dotée d’une équipe d’assistants de premier ordre. Il aurait été très facile pour elle de vérifier les informations, avant de les utiliser comme argument de campagne pour se faire bien voir du lobby communautariste d’extrème droite. Mais elle ne l’a pas fait. Cela en dit long sur son attitude vis à vis de la vérité »( . . .)

http://www.richardsilverstein.com/tikun_olam

4. Hillary a menti à ses électeurs au comité national du Parti Démocrate

Sur les ondres de la radio publique NPR, la Sénatrice Clinton a reconnu avoir menti au Comité National du Parti Démocrate (DNC) et avoir trahi l’engagement qu’elle avait pris devant les militants. L’an dernier, au départ de la campagne des primaires, chacun des candidats s’était engagé à respecter le calendrier de campagne défini par le DNC et à ne pas mener de pré-campagnes personnelles qui fausseraient l’équité du processus de désignation. Ceci pour empécher les dérapages et les guerres internes qui favoriseraient le candidat le plus fortuné et à même de financer des campagnes multiples.

Mme Clinton avait, devant les militants, pris l’engagement suivant (oral et écrit) : « EN CONSEQUENCE, moi, Hillary Clinton, candidate à l’investiture présidentielle Démocrate, conformément aux règles du DNC, m’engage sur l’honneur à mener une pré-campagne dans les Etats approuvés à l’avance par le DNC, à savoir Iowa, Nevada, New Hampshire et South Carolina. Je fais serment de ne pas participer à la moindre campagne ou processus électoral dans un Etat non autorisé par le DNC et à ne pas mener campagne pour ma candidature avant la date du 5 février 2008 (date d’ouverture officielle, fixée par le DNC). »

Mais Mme Clinton n’a pas caché qu’elle n’avait aucune intention de respecter les règles du DNC : « Nous avions le choix de participer ou non à ce qui allait être une primaire. Et la plupart des autres ont décidé de se retirer, de ne pas se présenter, mais moi non. Et je pense que c’était une décision sage, car le Michigan est la clé de notre victoire cet automne. »

C’était peut être une décision « sage », mais c’était aussi une violation de son serment.

5. Hillary ment sur son C.V.

Sur le site Web de campagne d’Hillary Clinton on peut lire que, en tant que Première Dame, elle a activement travaillé à la préparation de la loi sur les congés maternité et parentaux (FMLA – Family and Medical Leave Act). A la lire, on pourrait croire que la brillante avocate Clinton a contribué de manière importante à rédiger et mettre en oeuvre cette loi.

Mais c’est totalement faux, et c’est encore une fois le calendrier qui en apporte la preuve. . . Bill Clinton a pris ses fonctions présidentielles le 20 janvier 1993 et la loi FMLA, qui était en préparation depuis l’ancienne Administration, a été signé quinze jours plus tard, le 5 février 1993. . .

Et des comme ça, on en a des tonnes…

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