Afghanistan : Une guerre brutale et inutile sur laquelle les medias restent silencieux

[Joshua Holland – Alternet – Traduit par Mondialisation.ca, le 19 mars 2008]

C’est facile d’oublier que la route pour Guantanamo a commencé dans des endroits comme Kandahar et Jalalabad.

On dit que les journalistes ont fourni la première version de l’histoire. Avec l’invasion de l’Afghanistan menée par les US, cette version a conduit à un consensus presque universel, au moins parmi les américains, que l’attaque était un acte d’auto défense justifié. L’action contre l’Afghanistan est de même communément perçue comme étant un conflit « propre » – une guerre menée avec un minimum de perte en vies humaines, et le type de guerre qui n’a pas provoqué un tollé internationale contre les US, comme la fait celle menée contre l’Irak un an plus tard.

Ces points de vue sont également ceux d’un grand nombre d’américains qui critiquent les excès de l’administration Bush concernant la « guerre contre le terrorisme ». Mais il y a là une coupure d’avec la réalité. Tout ce qui a suivi – emprisonnements secrets, torture, l’invasion de l’Irak, l’assaut mené contre les protestations sur la scène nationale – sont inévitablement la conséquence de l’échec à contester l’affirmation de Bush qu’un acte de terrorisme nécessite une réponse militaire. Les Etats-Unis ont une riche histoire en ce qui concerne l’abandon de leurs valeurs libérales en temps de guerre, et c’est notre acceptation de la façon dont Bush a présenté la guerre qui a conduit aux abus qui ont secoué le statut moral des US sur la scène mondiale.

Dans son livre The Guantanamo files, l’historien et journaliste Andy Worthington offre une correction particulièrement nécessaire à la vision du conflit en Afghanistan projetée dans les infos le soir devant la plupart des américains. Worthington est le premier à détailler les histoires de tous les 774 prisonniers qui sont passés par le « trou noir légal » de l’administration Bush à Guantanamo Bay, Cuba. M ais son livre démarre en Afghanistan et montre précisément que la route pour Guantanamo – sans mentionner Abu Graib – a commencé dans des endroits comme Kandahar.

Alternet a récemment demandé à Worthington comment se présentait ce parcours à son point d’origine. (…)

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