Rachida Dati avait déjà fait expulser les caméras lors d’un précédent meeting, à Meaux afin d’éviter des manifestations anti-Sarko…

DATI EXPULSE LA TELE LIBRE
[La Télé Libre – 06/03/2008]
VIDEO: http://latelelibre.fr/index.php/2008/03/dati-expulse-la-tele-libre/

Dans le VIIème arrondissement, on empêche la presse de filmer et on la sort de force, mais on reste chics. Alors que La Télé Libre couvrait une réunion de campagne publique de Rachida Dati dans une école élémentaire, les jeunes militants UMP du VIIème ont décidé que nous ne filmerions pas, et nous ont fait expulser.

Mercredi 5 mars, réunion publique de Rachida Dati, candidate à la Mairie du VIIème, dans une école élémentaire de l’arrondissement. La salle est comble, des manteaux de fourrure, des sacs Vuitton, et La Télé Libre.

« Jeunes populaires »
D’autres caméramans sont présents, sympathisants UMP ou bloggeurs, et nous filmons depuis plus d’une heure, quand quatre jeunes militants commencent à entourer le caméraman de La Télé Libre, Adrien Rappoport, et à lui boucher délibérément l’objectif. Il s’écarte, cherche un autre endroit pour filmer, mais les « jeunes populaires du VIIème » (sic) reviennent devant lui, et donnent de petits coups dans la caméra, de sorte qu’aucun plan ne soit exploitable. Interrogés sur leur comportement, ils nous disent de nous taire, et d’arrêter de perturber la réunion.

« Elle veut pas »
Nous tentons péniblement de trouver un autre emplacement sans faire de vagues, pour ne pas justifier une expulsion, quand un garde du corps se place à son tour devant la caméra, un grand sourire aux lèvres. « Elle veut pas », nous murmure-t-il. Pas d’autre explication, mais un « On en parlera tout à l’heure » plein de promesses.

Quand la ministre parle, on se tait et on ne filme pas
Comprenant bien qu’ils nous rendront le tournage impossible, nous faisons le choix, à tort peut-être, de ne pas crier au scandale. Nous voulons filmer, coûte que coûte, puisqu’ils ont décidé de nous en empêcher. Dans la salle bondée, constamment entourés par les jeunes militants UMP et bousculés par le garde du corps, nous cherchons en vain un coin tranquille. Le colosse nous bouscule, toujours avec le sourire, et nous ordonne de nous taire. « On ne vous a jamais appris qu’il fallait se taire quand la ministre parle ? »

Expulsion
Pris à témoins, plusieurs personnes nous répondent que nous sommes les fauteurs de trouble. Rachida Dati jette vers nous un regard inquiet. Mais les jeunes populaires ont bien fait leur travail : la salle nous regarde comme des perturbateurs, et personne ne sourcille quand nous sommes expulsés par des agents. Huit personnes, dont on ne sait s’ils sont de la police ou de la sécurité, à l’exception d’un seul qui sort une carte de police. Ils nous laissent le choix entre la fuite ou le poste de police. Aucune raison à notre expulsion ne sera donnée.

Peur de la « petite phrase » ?
Pourquoi nous a-t-on empêché de filmer ? La peur de la « petite phrase » est certainement grande à l’UMP depuis que les dérapages de Rama Yade, Françoise de Panafieu, Jean Marie Cavada, et Nicolas Sarkozy se sont retrouvés joués en boucle sur Internet et les chaînes d’information. Mais mercredi soir, aucune autre caméra que la notre n’a été bousculée. Nous filmions pourtant exactement comme les autres. La seule différence, c’était l’autocollant Télé Libre.