Bel exemple de l’hypocrisie bien pensante et de la démocratie à sens unique : Le « rayonnement » des « valeurs humanistes et républicaines » de l’Université de Poitiers l’amène de toute évidence à exclure des personnes uniquement sur la base de leurs opinions…

… si Benoit Fleury avait été un ancien militant des FARC ou encore un ancien des Brigades Rouges italiennes, personne ne se serait ému de son agrégation… et si une université osait interdire l’accès à un ancien des Brigades Rouges, les « humanistes rayonants » de Poitiers auraient été les premiers à hurler à la persécution fasciste. Mais quand il s’agit des fascistes, alors là, la chasse est ouverte.

Si Fleury est amnistié et qu’il a cessé de propager des idéologiques racistes et violentes, de quel droit lui interdirait on de jouir des mêmes droits que tout autre diplomé de l’agrégation ?

Et si Fleury continue a professer son « idéologie nauséabonde », alors son cas relève de la loi, et non pas d’un tribunal populaire autoproclammé par quelques « bien-pensants » à la vision courte.

« Quand ils sont venus chercher les ordures néo-nazes, je n’ai rien dit, après tout, c’était des ordures néo-nazes et elles l’avaient bien mérité. Quand ensuite il sont venus me chercher, plus personne n’avait le courage de dire quoi que ce soit… »

La Démocratie, c’est pour tout le monde, ou alors c’est pour personne…

Mise à jour du 28/01/2008  : un ancien-GUDard qui signe des déclarations contre le racime et l’antisémitisme, c’est pas de la politique, c’est carrément le Chemin de Damas ! 

Benoît Fleury a déclaré jeudi avoir depuis longtemps renié son passé au GUD, en réponse à la mobilisation du conseil d’administration et des étudiants de l’université de Poitiers (Vienne) contre son affectation en tant que professeur. Dirigeant jusqu’en 2000 du groupe d’extrême droite universitaire, il a condamné dans un communiqué tous « actes et discours racistes, antisémites et négationnistes« . « « , ajoute-t-il. Il ajoute qu’il a « condamné et condamne sans ambiguïté« , les « actes et discours racistes, antisémites et négationnistes« , et qu’il a notamment « signé une déclaration d’universitaires dans ce sens le 24 février 2008« . (JDD du 28/01/2008)

L’ex-chef du GUD, agrégé de droit, trouble l’université

[Libération – 25/02/2008]

Jamais les résultats d’un concours de l’enseignement supérieur n’avaient provoqué un tel séisme. Le 9 février, Benoît Fleury, l’ex-chef du GUD, violent groupuscule d’extrême droite, a été reçu major de l’agrégation en histoire du droit, le propulsant dans le cénacle universitaire. Passé le choc, la mobilisation s’organise. Fait rare, dans une déclaration publique, douze professeurs de droit s’inquiètent pour «le rayonnement» de leur discipline, tandis qu’à Poitiers, où il devrait être nommé, des étudiants lancent une pétition contre sa venue.

Benoît Fleury, 31 ans, s’est fait connaître comme patron du GUD (Groupe union défense ou droit, selon les versions) de 1995 à 2000 à Assas, haut lieu de l’extrême droite universitaire à Paris. Créé en 1968 et dissout au début des années 2000, le GUD est un mouvement ouvertement raciste et antisémite redouté pour sa violence.

«Lord» – le surnom de Fleury – revendique alors haut et fort sa fibre «fasciste, au sens italien du terme» et son admiration pour le national-socialiste belge Léon Degrelle, dans l’Echo des Savanes en 1999. Surtout il aime la baston. Il est à plusieurs reprises exclu d’Assas pour agressions, injures racistes, manifestations antisémites, etc. En 1998, il écope de trois mois de prison pour avoir attaqué d’autres militants d’extrême droite.

Amnistiées. Mais depuis le début des années 2000, il semble s’être rangé, après une ultime bataille, perdue, pour obtenir une bourse et un poste à Assas. Il a fait une thèse sur L’abdication dans le droit public européen de l’époque moderne, sous la direction de Jean-Marie Carbasse, un universitaire respecté et classé à droite. Il est devenu chargé de travaux dirigés à Rouen, puis maître de conférences à Montpellier-I. Ses condamnations ont par ailleurs été amnistiées, lui permettant de présenter un casier judiciaire vierge à l’agrégation d’histoire du droit, un concours qui se déroule tous les deux ans.

Mais pour les étudiants de Poitiers, une université très engagée durant la lutte contre le contrat première embauche et, l’an dernier, contre la loi sur l’autonomie des universités, le passé pèse trop lourd. «Il incarne une droite extrême et nauséabonde», écrit la pétition qui circule sur le Net (www.poitiersditnon.fr), «l’Université de Poitiers et son UFR [ faculté, ndlr ] de droit, le plus vieux de France, tiennent à garder leur honneur et leurs valeurs humanistes et républicaines.»

Prudents, les douze professeurs d’université (1) qui ont signé une déclaration (voir Libération.fr) soulignent qu’ils ne remettent nullement en cause le jury du concours qui a décerné la première place à Fleury. Mais ils rappellent que la loi «réprime les actes et discours racistes, antisémites et négationnistes et que les enseignants d’une discipline à la fois historique et juridique doivent se sentir particulièrement responsables du respect des dispositions destinées à protéger la dignité humaine contre la haine et le mensonge». Ce qui inquiète le plus est le silence de Benoît Fleury, que Libération a cherché à joindre. Les sites d’extrême droite ont salué sa réussite à l’agrégation, comme s’il restait l’un des leurs. Lui-même ne s’est jamais dédit. En 2005, il contestait encore auprès du Conseil d’Etat – qui l’a débouté – le refus de la présidence d’Assas de lui décerner une allocation de recherches.

Veto. «Nous ne deviendrons pas un deuxième Lyon [Lyon-III fut un bastion universitaire du révisionnisme, ndlr] , assurent les étudiants de Poitiers. Lundi, la question doit être évoquée lors d’un conseil d’administration. Le représentant étudiant, Stéphane Séjourné, va demander au président de s’opposer à la nomination de Fleury. «La nouvelle loi nous donne bien un droit de veto, mais pas sur les postes des agrégés du supérieur comme lui», explique le président Jean-Pierre Gesson. «Nous aurions préféré qu’il aille ailleurs», poursuit-il, allusion au fait que Fleury avait d’abord songé à Nîmes, et aux tensions au sein de son université, «mais je ne peux rien faire si ce n’est rappeler que nous avons des règles et qu’en cas de dérapage, je recourrai au conseil de discipline». Fleury devrait être reçu jeudi par le doyen de la fac de droit, s’il ne s’est pas découragé d’ici là.

(1) P. Arabeyre, J-M. Augustin, M. Bouvet, C. Bruschi, D. Deroussin, N. Dockes, F. Garnier, E. Gasparini, J-L. Halperin, C. Lauranson-Rosaz, C. Leveleux-Teixeira, J. Poumarede

http://www.liberation.fr/actualite/societe/311776.FR.php

Publicités