Une affiche de Courrier international sur Sarkozy refusée par la régie pub de la RATP

[AFP 22/02/2008]
Métrobus, régie publicitaire de la RATP, a refusé une affiche du dernier numéro de Courrier international, où figure le titre « Vue de Madrid : Sarkozy, ce grand malade », a indiqué vendredi à l’AFP le directeur du magazine, confirmant une information du site Rue89, en évoquant des raisons « politiques ».

Contactée par l’AFP, la direction de Métrobus a confirmé avoir refusé cette affiche, invoquant un devoir de neutralité lié à sa mission de service public.

« A la RATP, nous avons des règles spécifiques liées à notre mission de service public. En tant que tel nous devons respecter une stricte neutralité sous peine de poursuites, et nous sommes soumis à une certaine prudence », a expliqué Gérard Unger, le président de Métrobus.

« Nous ne pouvions pas nous permettre de diffuser des propos polémiques comme ceux qui figuraient sur cette affiche, et c’est uniquement pour cela que nous avons été amenés à prendre cette décision », a-t-il ajouté.

L’affiche proposée reproduisait la une du numéro de l’hebdomadaire publié jeudi sur laquelle on pouvait lire en bandeau : « Vue de Madrid : Sarkozy, ce grand malade ». Il s’agissait en fait de la traduction d’un titre du journal espagnol El Pais, le magazine Courrier international étant spécialisé dans la traduction d’articles de la presse étrangère.

Selon le directeur du magazine Philippe Thureau-Dangin, l’affiche n’avait pas été soumise à un contrôle préalable, car le magazine n’y voyait « pas malice ».

M. Thureau-Dangin précise qu’il a proposé « des changements » après avoir essuyé un premier refus, proposant notamment de remplacer « grand malade » par « malade de l’ego ».

« Il y a eu un blocage total, parce que, visiblement, tout le monde était prévenu à Métrobus. Métrobus estimait qu’en tant qu’afficheur, il risquait d’être accusé de diffamation », a expliqué le directeur de Courrier International.

« Mes nouvelles propositions, qui n’étaient absolument pas diffamatoires, ont été rejetées par Métrobus comme partisanes », a-t-il ajouté, estimant qu' »à ce moment-là, on était plus proche de la censure que du respect des usagers ».

« On est dans l’ordre de la censure politique si on ne peut plus critiquer le gouvernement », a encore souligné Philippe Thureau-Dangin, pour qui il n’y aurait eu aucun problème si l’affiche avait porté les mots « Bush, ce grand malade ».