Des milliers de Palestiniens de la bande de Gaza ont pénétré, mercredi 23 janvier, en Egypte, après que des brèches ont été ouvertes grâce à des engins explosifs dans le mur séparant les deux territoires, au niveau de la ville de Rafah.

La veille, des échauffourées avaient suivi une manifestation organisée par le Hamas en faveur de la réouverture du point de passage de Rafah, fermé le plus clair du temps depuis la prise de contrôle de la bande de Gaza par le mouvement radical islamiste en juin, et totalement depuis qu’Israël a mis en place, le 17 janvier, un blocus en riposte aux tirs de roquette palestiniens. Soixante Palestiniens et dix Egyptiens avaient été blessés dans ces heurts.

Dans la nuit, des hommes armés et cagoulés ont fait exploser le mur frontalier en plusieurs points. Selon des habitants, des membres du Hamas et des Comités de résistance populaire faisaient partie de ce groupe. Sami Abou Zouhri, responsable du Hamas, a nié toute implication de son mouvement. Le Hamas a estimé dans un communiqué que « la destruction du mur frontalier reflète la situation catastrophique des Palestiniens de Gaza, en raison du blocus ».

Dans la matinée, des centaines, puis des milliers de Palestiniens, ont profité des brèches pour gagner l’Egypte, à pied, en voiture et à dos d’âne. Les forces de sécurité égyptiennes étaient débordées. « Bien que leur entrée soit illégale, on n’a pas encore décidé quoi faire avec eux », indiquait un de leurs représentants. Des habitants de la bande de Gaza revenaient chargés de nourriture, de bouteilles remplies de carburants et de cigarettes, difficiles à se procurer à Gaza ou plus chers en cette période de blocus. La police du Hamas tentait d’organiser le flux. Un Palestinien s’est ainsi vu confisquer sept pistolets. D’autres Palestiniens regagnaient Gaza en franchissant les clôtures métalliques à terre qui barraient auparavant la frontière.

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