Moscovici : l’absence de Cécila Sarkozy, « un scandale démocratique »

[Le Point – 22/01/2008]

La commission d’enquête parlementaire sur la libération des infirmières bulgares s’apprête à rendre son rapport. Pour les socialistes, le mystère sur le rôle joué par l’ancienne épouse du chef de l’État n’est toujours pas éclairci.

Une fois le rapport rendu, les députés de gauche devraient s’abstenir, mardi, lors du vote du rapport de la commission d’enquête parlementaire sur la libération des infirmières bulgares. Ces derniers entendent ainsi protester contre le refus de l’UMP d’entendre l’ex-épouse de Nicolas Sarkozy. « C’est un scandale démocratique car la commission a des pouvoirs et l’on ne peut pas lui mettre des bâtons dans les roues », a jugé mardi, sur RTL, le président de la commission, Pierre Moscovici. « Les parlementaires doivent apprendre à contrôler l’exécutif. »

L’Élysée s’était opposé à l’audition de Cécilia Sarkozy en invoquant « la séparation des pouvoirs », et l’UMP, majoritaire dans la commission, a repoussé les demandes réitérées de l’opposition socialiste en ce sens.

« Progrès démocratique considérable »

Pour le rapporteur UMP Axel Poniatowski, la présence de l’ex-épouse du chef de l’État n’était pas indispensable. « Convoquer Cécilia Sarkozy était une façon d’atteindre personnellement le président de la République dans ce qu’il a de plus intime, sa femme. Et nous n’avons pas voulu tomber dans ce jeu-là », explique ce dernier dans La Croix, mardi.

Pourtant, les différentes auditions soulignent un rôle crucial et inhabituel pour une « première dame ». Le secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant, a notamment révélé que c’est au terme d’un troisième entretien avec le colonel Kadhafi, le 23 juillet, que Cécilia Sarkozy a obtenu la libération des soignants.

Malgré tout, pour Pierre Moscovici, les travaux de la commission révèlent « un progrès démocratique considérable ». Il s’agit de « la première commission de la Ve République dans le domaine des affaires étrangères », s’est-il réjoui, sur RTL. « Il était temps que l’on sorte du grand secret. »

La commission avait pour mission d’éclaircir les circonstances de la libération, le 24 juillet, des six soignants bulgares détenus en Libye depuis huit ans. Le rapport comporte ainsi les témoignages des personnalités françaises clés dans ce dossier comme le secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant, le conseiller diplomatique Jean-David Levitte, le conseiller technique à l’Élysée, Boris Boillon, ou encore des industriels.

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