[Greg Palast – extrait de son livre « Armed Madhouse » (édition 2007) pages 343 à 350 – Traduction : Grégoire Seither ]

Le 1er janvier 2006, le Parti Républicain a gagné les élections présidentielles U.S. de 2008. Il l’a fait lors d’une petite cérémonie privée afin que le Parti Démocrate ne se rende pas compte que le « Grand Ole Party » (GOP, surnom du Parti Républicain) avait bourré les urnes deux ans avant les élections.

Mais avant de vous raconter comment ils s’y s’ont pris pour voler l’élection présidentielle, laissez moi d’abord vous raconter comment il ne s’y sont PAS pris.

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Le débat autour des ordinateurs de vote est une manoeuvre de diversion

Je sais qu’on va me clouer au pilori pour oser dire des choses pareilles. C’est de la pure hérésie,mais il faut bien que quelqu’un le dise : les Républicains ne vont pas truquer les élections 2008 en trafiquant les entrailles des ordinateurs de vote.

Est ce que je suis entrain de vous dire que les ordinateurs de vote sont fiables ? Bien sur que non, relisez le chapitre 4 de ce livre, bordel ! Il est évident qu’ils vont trafiquer les machines. Ils l’ont fait en 2006. Mais ce n’est pas comme cela qu’ils vont s’assurer de la victoire en 2008.

Il n’y a que peu de doutes sur le fait que l’élection 2000 ait été truquée. Tout comme l’élection 2004 d’ailleurs. [NdT. Greg Palast explique en détail et preuves à l’appui, les méthodes employées pour fausser le vote lors des deux dernières élections américaines, dans le livre ‘Armed Madhouse’ (en anglais) ainsi que dans son livre en français « Démocratie Business » (Ed. Timéli) et dans l’interview paru dans « Black List » (en français chez Editions des Arènes)].

 

Mais ce ne sont pas les ordinateurs de vote qui ont fait pencher la balance, ni en 2000, ni en 2004. Et en 2008 ce ne sera pas non plus le cas. C’est certain qu’ils vont truquer le résultat, mais avec des méthodes bien plus insidieuses, aux résultats bien plus fiables… d’ailleurs, ce n’est pas la peine de parler au futur conditionnel, ils l’ont déjà fait. Des millions de votes de citoyens américains ont déjà été volés.

En 2000, les votes ont été volés grâce au système secret de « révision des listes électorales », un « nettoyage » mené par la Secrétaire d’Etat de Floride, Katherine Harris, rejeton d’une vieille famille de l’oligarchie Républicaine et par son patron, le gouverneur de Floride Jeb Bush, grand frère du président. Leur « révision » a permis de rayer 94 000 personnes innocentes des listes électorales – essentiellement des hommes noirs et pauvres qui avaient le malheur de porter le même nom qu’un ‘felon’ (personne ayant un casier judiciaire) – permettant ainsi de faire pencher la balance électorale dans certains districts connus pour voter majoritairement Démocrate.

L’arnaque au « felon » a été dévoilée et a donné naissance à une flopée de livres sur le truquage des élections ainsi qu’à un vaste mouvement d’activistes qui se mobilisent pour lutter contre la perversion de nos valeurs démocratiques. C’est bien. Mais ce qui est moins bien c’est que bon nombre de militants dans cette armée de citoyens mobilisés sont entrain de mener le mouvement de défense des élections directement dans la gueule ouverte de Karl Rove.

Nous l’avons déjà vu en 2002, quand l’opinion s’est mobilisée pour la loi « Help America Vote » (HAVA), aboutissant à la création d’un « bulletin de vote provisoire » qui était censé permettre à une personne faussement rayée des listes de voter néanmoins de manière provisoire, en attendant qu’une commission électorale examine sa requête et décide d’accepter ou non son vote.

Cela partait d’une bonne idée, mais c’était trop facile à manipuler. Il suffisait que la commission électorale tarde à se réunir ou bien qu’elle décide tout simplement d’invalider « par manque de temps » (comme ce fut le cas dans l’Ohio en 2004) la totalité des bulletins provisoires. Ainsi, en 2004, les stratèges Républicains utilisèrent le « vote provisoire » pour écarter plus de 3 000 000 électeurs susceptibles de voter pour John Kerry. Ensuite, en toute légalité, un bulletin sur trois fut jeté à la poubelle. Le bulletin de vote provisoire a permis d’endormir la vigilance des militants des droits démocratiques, mais en réalité c’était un faux bulletin qui ne servait à rien.

Dans l’Ohio, en 2004, l’Etat qui a décidé de la défaite de Kerry, ce ne sont pas non plus les ordinateurs de vote qui sont en cause. Dans cet Etat, il n’y avait pas assez d’ordinateurs de vote installés pour pouvoir influencer l’élection. Seulement 14,6% des bureaux de vote étaient équipés d’ordinateurs de vote. En Ohio, le vote Kerry s’est perdu dans une tempête de bulletins mal perforées, ce qui n’est pas étonnant, vu que l’Ohio était l’Etat avec le plus fort taux de vieilles machines à perforation installées dans les bureaux de vote connus pour préférer les Démocrates aux Républicains.

On va sûrement me tirer dessus oser le dire, mais c’est un fait que le Secrétaire d’Etat de l’Ohio, Kenneth Blackwell, était trop content qu’un mouvement de citoyens blancs propres sur eux vienne manifester contre sa décision d’installer des ordinateurs de vote Diebold dans les bureaux du centre-ville et des quartiers pauvres. Cela lui a permis de laisser en place les vieilles machines à perforation, connues pour mal poinçonner les bulletins et donc invalider le vote. Ca tombe bien, les votes invalidés l’étaient dans des bureaux votant historiquement pour les Démocrates. C’est toujours autant de voix en moins pour Kerry.

Comme je l’ai déjà montré, preuves à l’appui, au chapitre 4, avant les élections 2004, Blackwell avait écrit une missive confidentielle aux responsables Républicains pour leur expliquer que le fait de laisser les anciennes machines à perforation en place dans des districts « sensibles » (connus pour voter Démocrate) permettrait d’y invalider des milliers de votes. Et c’est ce qui s’est produit. Deux ans après l’élection, une inspection physique de ces bulletins de vote – menée par une équipe sous les ordres de l’avocat Bob Fitrakis – a permis d’identifier 22 000 bulletins trafiqués, mal-perforés et donc rejetés. Tous provenaient de ce que les experts appellent des « districts à haut rendement pour le Parti Démocrate ». L’Ohio n’a pas eu besoin de haute technologie et de trafficotage d’ordinateurs pour voler l’élection présidentielle. C’était un hold-up extrèmement low-tech.

Et nous refaisons la même chose en 2008 ! Nous facilitons le travail des voleurs de votes aux prochaines élections présidentielles en focalisant notre attention et nos efforts militants sur un point de détail : sus aux ordinateurs de vote.

Et il n’y a pas de meilleur exemple que le cas du Nouveau-Mexique pour illustrer la manière dont le camp adverse s’appuie sur notre peur des ordinateurs de vote pour nous baiser. Dans cet Etat, les députés Républicains ont voté la proposition du Gouverneur Richardson exigeant un vote par bulletins papier… mais cette « victoire » des anti-ordinateur de vote s’est faite au prix de l’instauration de toute une série de mesures visant directement à empécher les pauvres et les gens de couleur de voter. La première de ces nouvelles mesures est l’obligation faite à l’électeur de présenter une carte d’identité d’électeur pour pouvoir voter.

Et ils n’ont pas perdu de temps. Juste avant les élections intermédiaires de mi-mandat, en 2006, le Secrétariat d’Etat du Nouveau-Mexique annonça qu’il avait envoyé les nouvelles cartes d’identité d’électeurs à tout le monde, mais que plus de 200 000 cartes étaient revenues sans avoir été réclamées ou bien parce que l’adresse du destinataire n’était pas correcte. Le gros des cartes ainsi retournées provenait de la région d’Albuquerque, c’est à dire une région votant historiquement pour le Parti Démocrate.

La méthode porta ces fruits. Au cours de ces élections de mi-mandat 2006, la député Démocrate Patricia Madrid, faisant campagne dans l’épicentre du désastre des « cartes d’identité retournées à l’expéditeur », perdit son siège à cause d’une différence de 875 voix, sur un total de près de 250 000 votes. Un grand nombre d’électeurs s’était vu refuser l’accès aux urnes parce qu’il n’avait pas reçu la carte d’identité d’électeur, devenue obligatoire. Ici encore, les ordinateurs de vote ne jouèrent aucun rôle.

Le Parti Démocrate, ivre de sa victoire au niveau national, ne prit pas la peine de contester cette élection au Nouveau Mexique. Ils ne demandèrent même pas un recompte des voix. Trop occupés à trinquer avec leurs coupes de champagne, les Démocrates ne s’inquiètèrent pas du fait que, au niveau national, un demi-million de citoyens américains s’étaient vus privés de leur droit de vote à cause de l’extension de la règle du « Montrez-moi vos papiers si vous voulez voter ».

En laissant faire en 2006, les Démocrates risquent de découvrir que ce sont les magouilles à la carte d’identité qui décideront de l’issue des élections de 2008, et non les voix des électeurs américains.

Mais ces petites magouilles à la carte d’identité ne sont rien à côté de ce qui se trame par ailleurs. Suivez moi, vous n’avez encore rien vu.

 

Le 1er Janvier 2006, les Républicains ont gagné l’élection présidentielle 2008

En ce jour de l’An 2006, alors que la presse U.S. était occupée ailleurs, un nouvel amendement de la loi HAVA (Help America Vote Act) entra en vigueur. Ce petit codicile , ajouté en douce, accorde le pouvoir à chacun des cinquante Secrétaires d’Etat de rejeter des inscriptions sur les registres électoraux.

Dans les années précédentes, les Secrétaires d’Etat comme Katherine Harris en Floride ou Kenneth Blackwell dans l’Ohio, naviguaient souvent en marge de la loi quand ils disaient « vous n’avez pas le droit de voter » à plusieurs centaines de milliers de citoyens américains qui avaient le malheur d’être noir et de voter pour le Parti Démocrate. Mais à partir de 2006, ces actes illégaux ne se produirent plus, non pas parce que les autorités changèrent de comportement. Non, tout simplement parce que maintenant ils ne sont plus illégaux étant donné que les autorités ont changé la loi.

Depuis le 1er janvier 2006, les Secrétaires d’Etat ont le droit – ils ont même l‘obligation – de refuser toute inscription sur les registres électoraux d’un électeur dont le nom et le « numéro d’identité » (numéro de permis de conduire, numéro de sécurité sociale, numéro de passeport) ne coincident pas avec ceux figurant dans la « liste de vérification » compilée par l’administration de l’Etat.

Vous ne voyez pas où est le problème ? Si vous croyez que je m’excite pour pas grand chose, alors laissez moi vous énumérer quelques faits : quand la loi HAVA a octroyé ce droit aux Secrétaires d’Etat à travers le pays, les autorités ont rejeté une application sur trois. Un citoyen américain sur trois qui venait s’inscrire sur les listes électorales s’est vu dire « casse toi ». Les autorités locales se sont rué sur ce nouveau pouvoir et s’en sont servi avec entrain. Dans les premiers mois de 2006 par exemple, la Californie a rejeté plus de 40% des demandes d’inscriptions sur les listes électorales.

Est-ce que cela importe vraiment ? Oui, si vous considérez que chaque année environ 24,3 millions de citoyens américains viennent s’inscrire ou se réinscrire sur les listes électorales. Au rythme actuel des rejets d’inscription, il ne faudra pas longtemps pour purger ces listes des personnes indésirables – enfin, indésirables pour les Secrétaires d’Etat.

La question clé est, bien sûr : Qui est rejeté ? Dans la grande majorité, les personnes interdites de vote portent des noms comme Garcia-Marquez, Yao Ming ou bien Mohammed. C’est du moins la conclusion de l’étude menée par Justin Levitt, du Brennan Center for Justice, un département de la Faculté de Droit de l’Université de New-York. « La grande majorité des personnes rejetées porte un nom hors du commun » explique Justin. Enfin, « hors du commun » pour un fonctionnaire du Parti Républicain, bien sûr.

Bon, me direz vous, si on les a rejetés pour une raison valable, par exemple parce qu’ils ne sont pas des résidents légaux, alors on ne peut rien faire. Mais, dans l’Etat de New-York, une étude a été ménée qui a analysé cas-par-cas les demandes rejetées. Dans 71% des cas, la demande a été rejétée à cause d’une erreur d’entrée de l’agent administratif chargé de saisir les formulaires de demande.

Et c’est là que se situe le scandale. Il n’y a pas une once de preuve comme quoi des milliers de citoyens tenteraient de voter illégalement. Par contre, dans le cas de la Californie, la grande majorité des personnes rejetées était coupable du « délit de sale vote », c’est à dire qu’ils sont d’origine hispanique et que statistiquement les hispaniques votent pour le Parti Démocrate.

A Los Angeles, où le maire Démocrate est d’origine mexicaine, on n’a aucun intérêt à éliminer des électeurs chicanos, les fonctionnaires du comté reprirent donc les listes des 40% de demandes rejetées. Ils contactèrent les personnes rejetées et corrigèrent les erreurs de saisie faites par l’agent administratif du bureau des élections. En faisant cela, ils firent passer le taux de rejet d’application de 40% à presque zéro !

Je ne sais pas si vous saisissez ce que cela veut dire. Les milliers de personnes en Californie à qui on avait dit « vous n’avez pas le droit de voter » étaient en fait des électeurs légitimes, privés d’un droit constitutionnel et démocratique. Mais il n’y a qu’à Los Angeles qu’on a révisé les listes. Dans les autres contés, où l’administation est moins favorable aux basanés, la règle qui prévaut est « Va te faire voir Pedro ».

Vous me direz : « Pourquoi est-ce mal de demander aux électeurs de s’identifier par le biais d’une carte d’identité et de vérifier son identité en la comparant aux données d’une liste officielle compilée par les autorités ? » Ce n’est pas que c’est mal, c’est que cela ne marche pas ! De fait, le système est conçu dès le départ pour ne pas marcher.

Si vous êtes un électeur qui n’a pas (ou plus) de permis de conduire, si vous n’avez pas de passeport ou pas de permis bateau – ou, pour simplifier, si vous êtes un électeur Démocrate qui vit dans un quartier pauvre – le seul moyen de vous identifier est de donner votre numéro de Sécurité Sociale pour vous inscrire. Ca à l’air équitable, mais en fait cela ne l’est pas.

L’Administration de la Sécurité Sociale est incapable de confirmer les identités de 46% de ses affiliés au niveau national – essentiellement à cause d’erreurs de saisie et de transmission par les autorités locales au niveau de chaque Etat. Serions nous en présence d’un tsunami d’inscriptions frauduleuses ? Non, c’est simplement que les bases de données sont incapables de répondre à la demande de vérification.

Et certains hommes politiques sont ravis de cette incapacité. Dans l’Alabama, en 2006, le Parti Démocrate porta plainte contre les défauts flagrants de la « base de donnée de vérification d’identité d’électeurs » mise en place par l’administration Républicaine de l’Etat. Les erreurs dans cette base avaient permis d’interdire l’accès au vote à des milliers d’électeurs noirs. Plutôt que d’instruire la plainte, le Ministère de la Justice trouva une solution plus conciliante : il demanda à un juge de nommer un « expert » qui serait chargé de réviser les procédures de vérification d’identité. Qui fut l’expert désigné par le juge ? Le Gouverneur Bob Riley, élu du Parti Républicain.

L’exemple de Los Angeles montre que parfois les autorités se donnent du mal pour défendre le droit au vote de leurs administrés. Mais Los Angeles est une exception. Partout à travers le pays, des millions de citoyens se voient privés de leur droit de vote sans que la presse ne s’en émeuve. A la mauvaise vieille époque de la ségrégation et du « Jim Crow », quand des Noirs essayaient d’aller voter, on leur cassait la figure, voire pire.

Aujourd’hui on est plus subtils. On leur prend leur formulaire de demande d’inscription électorale, on leur fait un grand sourire… et on jette la demande à la poubelle. Le résultat est le même.

Parfois les caves se rebiffent. Ainsi le Brennan Center for Justice et une coalitition de syndicats et de groupes de défense des droits civiques unirent leur forces pour attaquer en justice l’Etat de Washington qui avait rejeté presque une demande d’inscription sur trois dans les quartiers urbains de Seattle. Ce qui avait attiré l’attention des militants était le fait que la majorité des victimes de ces rejets portait des noms philipins ou chinois. Dans leurs cas, le taux de rejet d’application était deux fois plus élevé que chez les résidents des banlieues cossues et des zones rurales de l’Etat, où vivent majoritairement les électeurs blancs et Républicains.

Par contre l’Etat de l’Ohio a réussi à ce jour à tenir les chiens de garde de nos droits civiques à distance. Et ce par une méthode très simple : en entretenant un savant flou et un épais brouillard autour des méthodes et procédures appliquées pour l’inscription sur les listes électorales. Il est difficile de porter plainte contre une procédure inconnue et dans notre cas, celui qui maniait la machine à brouillard était le Secrétaire d’Etat Kenneth Blackwell. Jusqu’aux élections de mi-mandat 2006, le Républicain Blackwell refusait systématiquement de révéler les critères appliquées par l’Etat de l’Ohio pour rejeter une demande d’inscription électorale. Pas un mot sur la méthode de vérification. Il refusait même de dire combien d’applications avaient été rejetées sur la base de la loi HAVA.

Il faut dire que Blackwell n’est pas un novice dans l’industrie du rejet d’électeurs suspects de voter pour l’autre camp. Dans la préparation de la campagne présidentielle Bush-Kerry, en 2004, Blackwell avait déjà tenté de rejeter des dizaines de milliers de demandes d’inscriptions électorales en se basant sur l’argument que le formulaire de demande n’était pas – selon lui – imprimé sur du papier ayant l’épaisseur requise. Quand l’opposition et les groupes citoyens dénoncèrent ce petit jeu, il fit marche arrière. Mais il réussit néanmoins à éliminer 36 251 inscriptions électorales avant les élections de 2004.

Les méthodes de Blackwell portèrent leurs fruits en 2006. Dans le 2è et 15è district de l’Ohio, les Républicains sauvèrent leurs sièges avec une marge de moins de 1% des voix, alors que, partout ailleurs dans l’Etat, la tendance était à un raz de marée Démocrate et anti-Républicain.

Blackwell fut un des premiers à exploiter à fond les nouveaux pouvoirs que lui accorde la loi HAVA. Mais il est loin d’être le seul. Enfoui tout au fond du rapport annuel du gouvernement sur les élections 2004 (National Voting Rights Act report) se trouve un chiffre qui devrait nous faire grimacer : à travers le pays, dans les deux années qui ont précédé l’élection présidentielle de 2004, près de 4 millions de demandes d’inscription sur les listes électorales ont été jetées à la poubelle pour des raisons techniques. Nous avons vu à Los Angeles que des erreurs techniques de saisie sur les formulaires peuvent être facilement corrigèes – si les autorités ont pour objectif de permettre aux gens d’exercer leur droit démocratique au vote. Mais de toute évidence les autorités ne veulent pas que les gens exercent ce droit.

Aujourd’hui, avec les nouveaux pouvoirs accordés par HAVA aux Secrétaires d’Etat, il n’y a plus de limite au nombre de demandes qui pourront être rejetées. De fait, les nouvelles réformes fédérales du code électoral sont devenues un moyen pour rendre les listes électorales aussi select et restreintes que l’adhésion à un Country Club dans le Vieux Sud.

(la suite au prochain numéro) : U.S.A. : COMMENT EMPÉCHER LES ÉLECTEURS DU PARTI DÉMOCRATE DE VOTER ?

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