[BAKCHICH TV – samedi 22 décembre 2007]

Les policiers qui enquêtent sur l’affaire Clearstream ont branché sur écoutes le journaliste Denis Robert, sa femme, ses enfants… Et aussi, par erreur, un abonné qui portait le même nom.

Les juges du pôle financier, Pons et D’Huy, sont en train de boucler leur enquête sur l’affaire Clearstream. Depuis trois ans, ils essayent de comprendre qui a fabriqué les faux listings bancaires accusant des personnalités françaises (dont Nicolas Sarkozy) de dissimuler leur argent chez Clearstream, la chambre de compensation luxembourgeoise. Une enquête pas banale, puisqu’elle devra répondre à la question de savoir si Dominique de Villepin a orchestré, ou pas, cette manipulation pour faire tomber Sarko, ainsi que ce dernier le soupçonne.

Pour trouver l’auteur de la dénonciation calomnieuse, les juges ont pendant trois ans interrogé, perquisitionné, requis des écoutes. Leurs cibles ? Les Villepin, Rondot, Gergorin, Lahoud, Michelle Alliot-Marie, qu’ils viennent encore de cuisiner, juste avant les fêtes, sur leur rôle présumé dans la manip’ Clearstream.

Ils ont interrogé aussi Denis Robert, le journaliste qui, depuis des années, enquête sur la maison Clearstream et sur l’opacité des circuits financiers. Le journaliste les intéresse, parce qu’il avait récupéré les listings bancaires de la société luxembourgeoise, autrement-dit, les documents authentiques, dont une partie ont été falsifiés pour mouiller, entre-autres, Sarkozy. Dans le bureau des magistrats, le 19 décembre, Denis Robert a pu lire le dossier judiciaire. Et il a découvert qu’en 2006, à chaque fois qu’il écrivait sur son ordinateur ou prononçait un mot au téléphone, les policiers français n’en rataient pas une miette. (cliquez)

Des mois durant, les policiers ont espionné les conversations et les emails du journaliste. Curieusement, avant de se brancher sur lui, ils ont d’abord mis sur écoute, par erreur, un homonyme. Un vrai Denis Robert… mais pas le bon. Bakchich l’a vérifié, ils sont six « Denis Robert » à s’être abonné au téléphone dans le département du vrai Denis Robert, c’est-à-dire en Moselle. Lequel des six fut écouté par erreur ? Les policiers aux grandes oreilles, seuls, le savent. D’ailleurs, on peut parier qu’ils savent pas mal de choses sur lui.

Car le plus drôle, c’est que nos policiers ont mis un peu de temps avant de s’apercevoir qu’ils écoutaient la mauvaise personne. Plusieurs semaines, entre mars et avril, avant de comprendre que leur client n’avait aucune conversation sur la finance luxembourgeoise, ou sur de faux listings bancaires impliquant les élites françaises. Du rapide.

Visitez le blog de Denis Robert : vous pourrez lire les fameux comptes bancaires de Clearstream qui ont tant excité Villepin, Sarkozy, et les juges.

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