Intéressant article de Davis qui retrace les différentes campagnes en cours pour protester contre la politique israélienne dans les territoires… intéressant surtout par ses omissions et par le choix de son vocabulaire. Critiquer l’occupation illégale et la politique inhumaine d’Israël dans les territoires ne peut être qu’une « névrose », une pathologie maladive qui frappe ceux qui « se haissent eux-même »… ce n’est pas étonnant que le site Guyssen, la voix du mouvement des colons et de la droite dure en Israël, ait pris la peine de traduire ce papier.Davis se garde bien de citer les noms des personnes appelant au boycott, oublie de mentionner qu’une bonne part du mouvement juif libéral et progressiste britannique soutient le mouvement et surtout que ce mouvement a des relais dans la société israélienne. C’est probablement la raison pour laquelle Davis n’arrive à caser qu’une fois son article le mot fétiche qui est censé faire revenir les égarés dans le droit chemin : antisémitisme.

Heureusement, il y a « l’action musclée d’organisations juives américaines »… L’ADL avait tenté de le faire via une campagne d’affichage « Boycotter Israël c’est de l’antisémitisme » mais avait du faire marche arrière suite à une vive campagne d’opinion qui n’appréciait pas ce genre d’amalgame mensonger dont l’unique but est de museler le débat.

[Douglas Davis, traduit par Paul Leslie pour Guysen International News – Article paru le 30 juillet sur http://www.jjri.net/articles/113-United-Kingdom-The-Hate-Game.html%5D

L’hostilité qui vise Israël prend les allures d’une névrose nationale en Grande- Bretagne. Les Britanniques s’enorgueillissent de leur capacité de résister stoïquement et de se débrouiller. Quand les terroristes musulmans se font exploser – et même quand ils n’y arrivent pas – les Britanniques font appel à «l’esprit du Blitz» et persévèrent sur leur chemin. Pour faire comme si de rien n’était.

Mais le flegmatisme des Britanniques s’en va, rapidement, dès que la question d’Israël se pose. Maintenant que Tony Blair n’est plus là et que la majeure partie du venin qui s’était répandu au cours des débats provoqués par l’intervention en Irak s’est dissipée, Israël constitue la seule question qui obsède des groupes bien divers – que ce soit au cours des tables rondes radiodiffusées et télévisées, ou des conversations auxquelles participent les convives de soirées «bon chic bon genre» – ou bien lors de congrès syndicaux.

Plusieurs syndicats et organismes professionnels britanniques se sont laissé entraîner par la frénésie des boycotteurs – musiciens, ingénieurs, urbanistes, architectes… D’ailleurs, un des hommes marquants parmi ces derniers s’est hâté de sortir du groupe des architectes lorsqu’il a découvert que des clients new-yorkais se proposaient d’annuler un contrat d’un montant de $1,7 milliards – destiné à récompenser la conception architecturale qui fait partie de l’agrandissement, bénéficiant de fonds publics, du Centre de Congrès Jacob Javitz, situé dans les quartier de Manhatten, Far West Side). Même la revue British Medical Journal – oui, encore les médecins – a lancé un sondage d’opinion, posant à ses lecteurs la question: «Devrions-nous prendre en considération un boycott des institutions universitaires israéliennes ?»

L’Église anglicane a voulu placer son mot, en procédant à un vote, béni par le docteur Rowan Williams, archevêque de Canterbury, en faveur de l’annulation d’investissements placés dans les entreprises qui «retirent des bénéfices de l’occupation illégale». Qui plus est, un groupe d’écrivains et d’artistes s’est constitué pour déclarer un boycott culturel contre Israël. Le « National Union of Journalists » (syndicat national des journalistes) a adopté une résolution, qui préconise le boycott des produits israéliens – suivie immédiatement de celle de l’University and College Union, syndicat des maîtres de conférence universitaires. Dans tous les cas, ces résolutions ont été – ou sont en train d’être – révoquées ou neutralisées.

Vers le début de ce mois, cependant, les gros bataillons ont fait leur entrée. Deux des syndicats les plus grands de la Grande-Bretagne, Unison et le Transport and General Workers Union, ont voté en faveur d’un boycott total d’Israël. On aurait dit un inversement total de la logique. Les syndicats ont-ils oublié qu’Israël est la seule démocratie, le seul pays du Proche-Orient à avoir des syndicats libres; qu’Israël est le plus grand partenaire commercial, le plus grand interlocuteur unique de la région et qu’un boycott efficace mettrait au chômage des milliers de leurs propres membres ?

Et même s’ils étaient prêts à faire abstraction de leurs intérêts sectoriels, ont-ils jugé les fautes d’Israël plus flagrantes que les pratiques attentatoires aux Droits de l’homme et, dans certains cas, les tueries de masse constatées sous les régimes despotiques de la Corée du Nord, du Soudan, du Congo, du Zimbabwe, de l’Iran et d’une foule d’états proche-orientaux ?

Il n’y a guère lieu de se laisser rassurer du fait que quelques-unes des premières résolutions ont été révoquées et que, selon toute probabilité, d’autres ne vont pas être efficaces. Les contempteurs d’Israël n’ont pas humblement plié leurs tentes pour s’éloigner à pas de loup. Ils seront de retour. Entre-temps, le phénomène des boycotts comporte des éléments qui ne laissent présager rien de bon pour l’avenir.

Premio, le mouvement anti-israélien a maintenant franchi les confins du monde hermétique de la politique, descendant de ses hautes sphères pour prendre son essor chez les militants de la base. Secundo, les succès relatifs que représentent les résolutions en faveur de boycotts, produisant des conséquences bien réelles, vont encourager les radicaux islamiques, tout en étant susceptibles d’alimenter leurs appétits. Tertio, les syndicats britanniques ont créé un cadre stratégique qui servira de modèle à imiter pour leurs camarades d’autres pays européens – et au-delà – où les sentiments anti-israéliens sont encore plus accentués. Quartio, le mouvement promoteur de boycotts a des relents d’antisémitisme sur lequel il est impossible de se méprendre. Quintio, ce n’est pas principalement l’intervention de voix timides britanniques qui a entravé la propagation des passions qui ont été générées mais celle, musclée, des organisations juives américaines.

L’Anti-Defamation League (Ligue contre la Diffamation), qui a son siège à Washington, a été la première à intervenir et à acheter des encarts publicitaires, occupant une page entière, dans des journaux majeurs de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis pour remettre le boycott en cause. Cette intervention a été suivie de l’action d’Alan Dershowitz, professeur de droit – Université de Harvard – on ne peut plus visible dans les médias – qui a déclaré qu’il allait rassembler 100 avocats, des deux côtés de l’Atlantique, pour «dévaster et mettre en faillite» toute personne qui prendrait des mesures contre les universités israéliennes. Ensuite, plus de 2.000 universitaires américains, y compris une poignée de récipiendaires de Prix Nobel, s’engagent à ne pas assister aux événements dont les Israéliens seront exclus.

Au cours de la semaine passée, aux Etats-Unis, des chefs de syndicats majeurs ont quitté les rangs, se désolidarisant de leurs homologues britanniques en signant une pétition qui condamne «les démarches simplistes et non constructives, prenant la forme de résolutions malavisées ou bien celle d’autres déclarations, au sujet du conflit tragique entre Israël et les Palestiniens».

Et, pour faire bonne mesure, la House of Representatives (Chambre des Députés américaine) a fait condamner le boycott universitaire «insensé», qui «contribue à faire délégitimer et à diaboliser l’Etat d’Israël».

Les Américains comprennent aussi qu’il n’y a rien de plus éloquent que l’argent comptant. La Fondation Goldhirsh – $150 millions – qui subventionne les recherches médicales, a annulé des projets destinés à fournir des occasions aux scientifiques britanniques de demander des bourses. En même temps, un groupe de fondations juives américaines, qui ont à leur disposition un total de $300 milliards, a lancé un fonds nouveau, afin de payer des programmes d’échange d’étudiants qui établiraient des liens entre des universités de nombreux pays, un peu partout dans le monde, et des universités israéliennes qui pourraient être ciblées par le boycott britannique.

Ce n’est qu’après la démonstration, de la part des Américains, de leur détermination à s’opposer aux boycotteurs que les leaders du judaïsme britannique – d’une indolence molle, – se sont activés. Le mouvement promoteur de boycotts n’en est qu’à ses débuts, mais il a déjà réussi à faire ressortir l’écart entre les perceptions de la «puissance juive» et la réalité que constituent le dysfonctionnement et la faiblesse de celle-ci. Chaque critique d’Israël se plaint de l’influence du «lobby juif», qui imposerait le silence à ses adversaires, qui serait impitoyable dans son traitement de ceux qui «entrent en dissidence» et qui exercerait des pressions irrésistibles sur ces belles âmes courageuses qui oseraient s’exprimer publiquement contre Israël.

Où étaient-ils donc, les chefs du judaïsme britannique, toujours soucieux d’éviter d’indisposer et d’offenser qui que ce soit, au moment où a émergé une menace palpable, visant Israël et les Juifs? Il y a bien eu quelques murmures, exprimés de façon circonspecte, nuancés – une pétition «en ligne» et, sans doute, un peu de «diplomatie silencieuse». Un peu tardivement, une campagne a été lancée la semaine dernière pour constituer un trésor de guerre, afin de lutter contre le boycott. Trop peu, trop tard, trop pusillanime.
http://www.guysen.com/articles.php?sid=6392