[Génération NT – 03/09/2007]
Des responsables du gouvernement allemand ont récemment défendu une proposition de mesure visant à autoriser l’utilisation de chevaux de Troie pour espionner les ordinateurs de coupables présumés – sur fond de terrorisme ambiant, soulevant de nouveau la question de la violation des libertés individuelles.

Wolfgang Schaeuble, Ministre de l’Intérieur, souhaite en effet inclure une loi de sécurité nationale qui est examinée par le gouvernement d’Angela Merkel. Lors d’un entretien télévisé diffusé vendredi dernier et relayé par AP, il a expliqué le procédé, mentionnant que le débat sur les libertés individuelles était  » complètement exagéré  » car il ne s’agirait  » que d’un petit nombre de cas isolés « , soumis à une autorisation préalable de la justice.

Véhiculé par des courriels en provenance des bureaux du gouvernement, l’application pourrait permettre aux autorités d’enquêter sur une utilisation suspecte d’Internet et d’espionner les données stockées sur les disques durs sans que les présumées personnes malveillantes ne soient au courant.

D’après Stefan Kaller, un porte-parole de Schaeuble, ces chevaux de Troie  » couvriront le sérieux et scandaleux manque d’informations qui s’est fait sentir suite à l’augmentation des techniques ces dernières années « . En effet, de plus en plus d’activités criminelles utilisent Internet et autres réseaux mobiles; une meilleure connaissance des informations échangées par ces moyens faciliterait donc la tâche des autorités policières. Mais est-ce pour autant une raison suffisante pour véroler l’ordinateur d’une personne ? Et de nombreuses questions de resurgir dans le cas où cette dernière serait innocente…

Selon Max Stadler, expert en sécurité du camp opposé, de telles pratiques nuiraient à la confiance que peut avoir le peuple en son gouvernement. «  Il s’agit là de mettre un pied dans la sphère privée « , a t-il déclaré à la chaîne ZDF.

Le gouvernement Merkel a d’ores et déjà apporté son soutien à cette proposition de loi mais s’attend à  » d’intensives et difficiles discussions avec les ministres, le parti, et les experts  » avant d’être voté. De nombreux doutes subsistent quant à l’efficacité réelle de cette mesure, notamment parce qu’il est probable que la plupart des suspects soient capables de reconnaître et de supprimer un cheval de Troie de leurs ordinateurs.

Le porte-parole du Ministre de l’Intérieur a déclaré que ce problème était urgent, suite à l’enregistrement d’une hausse récente des risques liés aux outils informatiques :  » Tout délai est synonyme de risque  » pour la sécurité du pays, a t-il déclaré. Affaire à suivre.

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