On peut compter sur Emmanuel Ratier pour faire honneur à son homonyme canin et aller chercher au fond des terriers jusqu’au plus petit détail de la biographie de Cécilia Maria Sara Isabel Ciganer y Albeniz y Sarkozy… et de se délecter à relever les inventions, enjolivures et mensonges des journalistes serviles ou ignares….

Un conseil, allez vous faire une bonne tasse de café et décrochez le téléphone, parce que ce que le style compact de Ratier et ses nombreux détours ne rendent pas toujours la lecture aisée. Mais surtout parce que ce qui suit est un destin familial passionant comme seule la bonne vieille Mitteleuropa d’avant 1940 pouvait en produire. C’est digne d’Eugène Sue ou de Panait Istrati…

Histoire de rendre la chose un peu plus facile à lire, on a ajouté des sauts de paragraphe, souligné les noms et mis entre crochets les parenthèses biographiques de certaines personnes citées. On a aussi ajouté des titres pour structurer un peu…

[Faits et Documents n° 243 et 244 – Septembre/Octobre 2007]
F&D ne cède pas aux paillettes de Gala mais il fallait bien s’interroger sur celle qui « a joué un rôle tout à fait déterminant » et a négocié « durant cinquante heures » la libération des infirmières bulgare, selon les propres mots de Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée. En effet, la fonction de « femme de président de la République » ne figure nulle part, ni dans la Constitution française, ni dans aucune loi ou décret. La femme du président n’existe pas selon les lois françaises.

Pourtant, bien plus que les épouses des présidents précédents, Cécilia Sarközy joue un rôle majeur auprès de son mari. Elle passe pour faire ou détruire les carrières, a été chef de cabinet de son mari lorsqu’il était ministre, et bien souvent passe pour l’influencer dans ses choix. Comme il le dit, « Cécilia n’est pas négociable. »

Se flattant de « n’avoir aucune goutte de sang français » (Libération, 8 juillet 2004), la Première Dame de France demeure pourtant une inconnue. Loin des articles de complaisance et des hagiographies sur papier glacé, voici son portrait détaillé.

« J’écris C. car encore aujourd’hui, près de vingt années après notre première rencontre, prononcer son nom m’émeut. » Nicolas Sarközy (Témoignage, éditions XO, 2006). « Je n’ai pas d’ambition. Je n’aspire pas à autre chose qu’à faire tourner la maison. » Cécilia Martin (Le Parisien, 16 avril 1987). »

Née à 23h55 le 12 novembre 1957 à Boulogne (Hauts-de-Seine) et épouse de Nicolas Sarközy depuis le 23 octobre 1996, Cécilia Maria Sara Isabel Ciganer Albeniz est la fille d’une famille de la grande bourgeoisie cosmopolite, étant d’origine juive russe par son père et espagnole par sa mère (tous deux décédés).

Elle est née le même jour que sa tante, Cécilia, décédée quelques années plus tôt dans un accident de voiture et reçut donc ce prénom. Par sa mère, Teresita Albeniz de Swert, qui se faisait appeler exclusivement Diane, elle est la petite-fille d’Alfonso Albeniz Jordana, diplomate espagnol qui fut notamment ambassadeur d’Espagne à la Société des Nations à Genève (et qui joua par ailleurs au Real Madrid vers 1902) et de Rosaline (Rosette) de Swert, d’Anvers (cette famille comprend toujours des membres du personnel diplomatique). Son père est décédé lorsqu’elle avait 12 ans et sa mère devint dépressive. Elle fut élevée par un tuteur à Madrid.

L’ARRIÈRE GRAND PÈRE ILLUSTRE

Elle est donc une arrière-petite-fille du célèbre compositeur espagnol Isaac Manuel Francisco Albeniz (né le 29 mai 1860 à Camprodin, décédé le 18 mai 1909 à Camboles- Bains), dit aussi Albeniz i Pascual, un enfant-prodige du piano auteur de multiples pièces d’une extrême complexité (notamment sa suite pour piano Iberia). [Parfois comparé à Mozart (il présenta son premier concert à 4 ans), il travailla plus particulièrement avec Franz Liszt et les compositeurs nationalistes (c’est-à-dire hostile au primat de l’Italie dans l’opéra) espagnols Felipe Pedrell et Enrique Granados. Installé à Paris à partir de 1893, il se rapprocha alors des Franckistes. Il épouse l’une de ses élèves, Rosita Jordan. Sa principale source d’inspiration fut la musique andalouse, héritée de l’occupation musulmane, avec des influences juives et gitanes. Afin de faire plaisir à son épouse, Nicolas Sarközy fera jouer l’un de ses morceaux, Asturias, lors de son intronisation à l’Elysée en mai dernier. Contrairement à ce qu’on a pu lire ici et là (sans doute en raison de son prénom), il n’était absolument pas d’origine juive, mais d’origine basco-catalane (cf. notamment Tribune juive, 8 juillet 1993, qui présente ses excuses à la famille Ciganer-Albeniz pour avoir qualifié Isaac Albeniz de « juif »). ]

CÔTÉ PATERNEL : DES ORIGINES MYTHIQUES ET ROMANESQUES

Du côté de son père, André Ciganer, les versions sont aussi multiples qu’erronées. Même sa date de naissance est discutée, l’intéressé ne disposant que d’un passeport d’« apatride » dont il avait lui-même fourni les renseignements sans vérification. Dans certains articles ou livres, il apparaît que la famille russe de Cécilia aurait été décimée par les bolcheviks (elle indique par exemple, « massacrés par les rouges », (dans Libération du 8 juillet 2004), voire qu’il était « russe blanc […] issu d’une famille de gros propriétaires terriens fuyant les Soviétiques » (Libération, 8 juillet 2004 repris par Wikipedia).

VSD (5 juin 2003) osera écrire : « Les révolutionnaires ont massacré sa famille devant lui ; ils ont fusillé sa mère, assassiné sur scène sa soeur, chanteuse d’opéra, tué à coups de couteau son frère et son père. » Le Nouvel observateur (30 juin 2005) ira jusqu’à parler d’« un aristocrate russe de Roumanie exilé en 1917 ».
Dans une autre version, c’est un officier allemand qui a tué la cantatrice sur scène au début de la Seconde Guerre mondiale…

La vérité sur les origines paternelles de Cécilia Sarközy est en réalité très différente, respectabilité oblige, comme a fini par le reconnaître l’épouse du président dans son autobiographie réalisée avec Valérie Domain (dans sa première version jamais publiée), Cécilia Sarközy, entre le coeur et la raison, où elle retrace l’odyssée de sa famille paternelle.

Son grand-père paternel, décédé en 1916, était en fait un certain Chouganov, un misérable nomade d’origine juive russe et tzigane roumaine, pratiquant le judaïsme, qui sillonna dans sa roulotte, la Transylvanie et les Carpathes. Ce nomade devenu sédentaire après avoir épousé contraint et forcé, la fille du maire d’une petite commune roumaine qu’il aurait « mise enceinte », aurait été assassiné dans un pogrom (il n’a donc pas été assassiné par des Bolcheviks…). On est loin de l’aristocratie tsariste.

Ce nomade eut onze enfants, dont le père de Cécilia, le futur André Cyganer. De lui, on ne connaît ni la date de naissance ni l’origine du changement de nom, sa seule identité ayant été établie à partir d’un passeport d’apatride rédigé sur déclaration, sans documents d’état-civil.

L’hypothèse la plus vraisemblable est qu’il s’agit d’Aaron Chouganov (ou Chouganof) né en 1898, sans autre précision, à Balti (également orthographié Belz et Betz), une ville à la frontière de l’Ukraine et de la Roumanie, où se trouvait « une communauté juive ultra-orthodoxe aujourd’hui essentiellement présente en Israël et aux Etats-Unis » (site geneanet.org). On a longtemps donné les dates 1908 et 1905, mais « il aurait même donné une fausse date de naissance, 1905, au lieu de 1898, peut-être pour combler un peu les trentecinq ans qui le séparent de sa belle » selon Le Nouvel observateur (2 août 2007),

La quasi-totalité des articles indiquent que c’est une « erreur de l’état-civil » qui aurait transformé le nom Chouganov en Ciganer (c’est-à-dire « Tzigane »). Ce qui est totalement impossible.

En réalité, ce nom, qui n’apparaît pas dans les deux volumes du Dictionnaire des changements de nom de l’Archiviste Jérôme, a d’évidence été transformé à l’arrivée en France de l’intéressé ou lors de sa naturalisation, ce dernier, sans doute par volonté de ne pas apparaître comme juif bien que manifestement d’origine orientale, « francisa » au maximum son nom comme il le fit pour son prénom. Ayant quitté sa famille, alors installée à Léouchny, il devait, alors quand il n’avait que 13 ans, franchir la frontière russo-roumaine et s’installer à Odessa de 1916 à 1918, année où l’Ukraine proclama son indépendance de la Russie bolchevique.

Disposant d’un passeport d’apatride, ce grand séducteur partit pour la France en 1920, s’installant, dans les années 1920, sur la côte d’Azur où il fut pris en charge par la communauté juive locale. Le nouveau André Ciganer devint rapidement fourreur, bénéficiant de l’appui d’un lointain cousin, le futur écrivain Joseph Kessel (dont Ciganer deviendra un ami proche). Il exerça ensuite à Vichy comme maroquinier.

Engagé dans l’armée française puis dans la résistance, il aurait appartenu au réseau Alger. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, il s’installa à Biarritz, y rencontrant sa future épouse, Teresita Albeniz de Swert. C’est le coup de foudre. « Il est juif, sans le sou, mais le ténébreux moustachu la transporte, il a traversé l’Europe à pied, (Le Nouvel observateur, 2 août 2007). » Elle a 18 ans, il en a 39.

Selon Le Nouvel observateur, « le mariage a lieu quinze jours plus tard », mais selon des sources historiques plus fiables, elle était mineure et le mariage n’aura lieu que deux ans plus tard, deux jours après sa majorité.

Cécilia, dernière de ses autres enfants, naît quand il a 54 ans. C’est Teresita Albeniz, par sa richesse et son entregent, qui fit dès lors la carrière de son mari, lequel devint le fourreur le plus réputé de Paris, ayant ouvert un somptueux magasin rue François Ier, puis place Beauvau, une place où l’on retrouvera par la suite un certain… Nicolas Sarközy, comme ministre de l’Intérieur.

Le couple avait pourtant failli se séparer auparavant, Diane Albéniz abandonnant son mari durant deux années (la révélation de ce « secret de famille » dans Le Nouvel observateur, 2 août 2007, aurait provoqué une vive colère de Cécilia Sarközy, selon le site Bakchich du 10 septembre 2007).

LA FAMILLE CIGANER-ALBENIZ

Cécilia Sarközy, qui a obtenu, par arrêt en 1979, de porter en France le nom double « Ciganer-Albéniz » (Un pouvoir nommé désir, Catherine Nay, Grasset, 2007), a trois frères.

  • Patrick Ciganer, devenu citoyen américain, cadre exécutif à l’Integrative Management Program de la NASA, l’agence spatiale américaine.
  • Le deuxième, Christian Ciganer-Albeniz est consultant privé en fusion-acquisitions pour de grands groupes français (Framatome, AXA, Lagardère, Crédit foncier, Accor, Aurel Conseil, etc.). Son nom est apparu lors de la vente de la Salle Pleyel où il était responsable de l’ingénierie financière (Le Monde, 30 mars 2007).
  • Le troisième frère, Yvan Antoine Ciganer-Albeniz est installé de longue date au Pérou où ce conseiller au Commerce extérieur préside la Chambre de commerce franco-péruvienne. Elève peu studieux, il débuta comme acteur dans la bande du Big Bazar de Michel Fugain, revenant ensuite à la spécialité familiale, la fourrure, apprenant le métier avec son père et un « maître en tannerie et un maître spirituel » Pierre Zelman.Ayant effectué une mission sur la tannerie en Chine pour le compte du département industriel de l’ONU, l’ONUDI, il fut engagé par cet organisme qui l’envoya au Bengladesh, en Afghanistan, au Chili, en Argentine, en Bolivie, au Japon et enfin au Pérou. Réinstallé à Paris, il développe le commerce de la peau d’alpaka mais la montée du dollar enlève toute sa compétitivité. Il fait faillite, avant de s’installer sur la Côte d’Azur, où, grâce au soutien de Maurice Arreckx, il lancera les « kiosques à orange » pour redonner du travail aux jeunes chômeurs (l’idée passera par la suite à SOS Racisme).Retour au Pérou où il oeuvre pour le futur président du Pérou, Allan Garcia, élu en 1985, comme conseiller en communication. Il est aujourd’hui directeur de MoviStar Perou et conseiller commercial.A la différence de sa soeur qui se présente comme catholique, il déclarait à Tribune juive (2 mai 1985) : « J’appartiens à un peuple d’émigrant. En bon juif et aussi en bon tzigane, je ne suis pas très attaché à la terre, je vais là où je veux. »

ENFANCE DE CECILIA

Souffrant de problèmes cardiaques à la naissance, Cécilia Sarközy fut opérée à coeur ouvert par le Pr Charles Dubost quand elle avait 13 ans. Elle étudia le piano quotidiennement (premier prix au Conservatoire de musique de Paris à 12 ans) sous la pression d’un ami de la famille, le guitariste Alexandre La Goya.

Elle a effectué toutes ses études, de 5 à 18 ans, à l’Institut de l’Assomption, une institution catholique huppée tenue par les Soeurs de Lübeck (elle a été élevée dans la religion catholique comme ses trois frères confiera-t-elle à Libération en 2004) dont la devise est : « Apprendre, Développer, Servir ».

Ses parents détenaient un immeuble cossu rue Marbeuf (Paris VIIIe) et allaient le week-end dans leur maison de campagne, La Bergerie, un temple protestant réaménage dans les années 1950 à Montchauvet (Yvelines). C’est là que sera partiellement tourné L’OEil du malin de Claude Chabrol. Elle y apparaît un bref instant avec ses frères, poursuivant un ballon.

Elle passe aussi ses vacances à Saint-Jean-de-Luz et Biarritz, où la famille de sa grand-mère détient une villa. On la voit « dans les rallyes, les soirées chics, au Polo Club de Deauville » (Le Nouvel observateur, 2 août 2007).

A dix-sept ans, elle fera une fugue de six mois avec le fils du patron du Fouquet’s, avant de s’éprendre d’un photographe de mode de vingt ans son aîné, part pour la Barbade et New York, avant de finalement rompre trois semaines avant le mariage prévu à l’abbaye de Royaumont.

Titulaire d’un baccalauréat B (mention bien), elle rejoignit la faculté d’Assas pour y étudier le droit. En parallèle, elle effectua de « petits boulots » dans les relations publiques, la communication, ou en étant notamment mannequin cabine pour le couturier Serge Lepage (Schiaparelli), défilera une fois place Vendôme à la fin des années 1970, ou sera à l’occasion modèle pour la version américaine de Vogue. Elle tourne même dans le téléfilm L’Orange amère de Roger Hanin, un autre ami de la famille Ciganer.

Sans avoir obtenu de diplôme, elle abandonna ses études, ayant été recrutée par le sénateur de centre-gauche de l’Indre René Touzet, un ami de son frère aîné Patrick, pour devenir son assistante parlementaire. [Conseiller général d’Argenton-sur- Creuse et maire de Chasseneuil, ce membre de la Gauche démocratique a siégé au Palais du Luxembourg de 1971 à 1982, année de son décès.]

PREMIER MARIAGE AVEC JACQUES MARTIN

Après avoir fait sa connaissance au restaurant de La Maison du caviar, un restaurant parisien huppé proche des Champs-Elysées, Cécilia Ciganer-Albeniz devait épouser le 10 août 1984 le célèbre journaliste Jacques Martin, décédé le 13 septembre 2007, présentateur notamment de Dimanche Martin et de L’Ecole des fans, de vingt ans son aîné.

Selon une rumeur persistante rapportée sur Internet, elle aurait appartenu aux « Coco Girls » (comme « remplaçante » ce qui fait qu’elle ne serait jamais passée à la télévision), mais cet épisode de la vie de Cécilia paraît totalement erroné, d’autant que certains précisent « en 1987 » alors qu’elle était mariée depuis trois ans et mère de famille…

Son témoin de mariage fut Conrada de La Brosse, épouse d’origine espagnole du publicitaire François de La Brosse (que Cécilia Sarközy imposera, plus de 20 ans après, au sein de la cellule communication de son mari durant la campagne présidentielle de 2007). Comme cela est bien connu, ce fut Nicolas Sarközy qui maria le couple.

(…) [Jacques Martin] raconté sa vie avec Cécilia, avec autant de violence que d’approximations, à Tribune juive (17 juin 1993) : « Cette femme dont j’ai divorcé était une juive honteuse. Son père était un homme de génie, un Russe auquel appartenait la terre, un copain de Kessel, un de ces baroudeurs majuscules. Sa mère était espagnole, apparentée de près à la famille Franco ! Dès que ses filles sont nées, elles ont été bardées de croix et de grisgris.

Quand j’ai connu ma femme, et que je lui ai offert dans une bijouterie à Tahiti l’étoile de David, elle n’osait pas la porter de peur que sa mère ne la tue, et pourtant elle était d’origine juive par le père !

Elle n’était plus juive, mais tout de même, son père se disait : “Suis-je si peu de chose pour qu’on ait lavé mes enfants ?” Dans cette famille, on ne parle du père juif que lorsque ça arrange. Ma femme a fait du rapt à la naissance de mes filles en les faisant baptiser avant que je ne le sache. Or, si je l’avais su, j’aurais refusé […]

Et si mes filles avaient été juives au sens de la halacha (NDA : loi juive), je les aurais élevées scrupuleusement dans cette religion. » Des propos particulièrement violents qui entraîneront une protestation de la famille Ciganer.

Selon Le Nouvel observateur (2 août 2007), « l’animateur sans compter aide ses parents. La boutique de la Place Beauvau a fermé, les droits d’auteur d’Isaac Albéniz sont tombés dans le domaine public, le vieil André a fait de mauvais placements immobiliers, les Ciganer sont sur la paille. “Cécilia qui n’avait jamais manqué de rien a été traumatisée, souffle un proche. Elle a gardé de ces années-là un rapport compliqué à l’argent.” Avec Jacques, Cécilia ne manque de rien. ».

C’est Nicolas Sarközy en personne qui célébra le mariage en tant que maire de Neuilly, le 10 août 1984.

Cécilia eut deux filles de Jacques Martin, Judith Martin, née le 22 août 1984 (elle était donc très près d’accoucher lorsqu’elle s’est mariée) et Jeanne-MarieMartin, née le 8 juin 1987. Elle apparaîtra dans de nombreux magazines, en particulier télévisuels, à chaque naissance. Selon Télé 7 Jours de l’époque, la marraine de sa seconde fille sera sa proche amie… Marie-Dominique Culioli-Sarközy.

RENCONTRE AVEC LE COUPLE SARKOZY-CULIOLI

Installé à Neuilly, le couple Martin devint rapidement intime avec les Sarközy, partant même au ski ensemble (The Independent, 24 juin 2007). Nicolas Sarközy était alors marié (mairie de Neuilly et église Saint-Pierre-de-Neuilly, 23 septembre 1982) à Marie-Dominique (appelée en général Marie) Culioli, ancienne déléguée universitaire du RPR à la Sorbonne, alors que son futur mari était délégué général à la jeunesse du RPR. […]

Dès l’année suivante, Cécilia Sarközy quittait son mari pour vivre secrètement avec Nicolas Sarközy, tombé fou amoureux d’elle le jour du mariage (mais en fait avant), alors qu’il était toujours marié.

L’histoire ou la légende (les sources varient) assurent que l’animateur bafoué vint, à la mairie de Neuilly, gifler, voire boxer, son rival.

Le Nouvel observateur (7 novembre 2002) indique : « Quand Nicolas rencontra Cécilia dans un dîner chez des amis, en 1984, il eut le coup de foudre. Et lorsqu’après une cour effrénée, le jeune maire de Neuilly réussit enfin à l’arracher aux bras de Jacques Martin, il lui dit : “Ensemble, nous monterons les marches de l’Assemblée nationale”. »

Le même hebdomadaire ajoutait (4 décembre 2003) : « Depuis 1988, ils sont unis par la même soif inextinguible de conquête, montant main dans la main les marches vers le sommet. »

Dès 1989, Cécilia Ciganer-Albeniz obtenait le divorce en quatre mois, tandis que le futur président de la République devait patienter jusqu’en 1996, son épouse refusant cette séparation.

[Le Telegraph de Londres reprend par contre le récit fait par Catherine Nay, autre biographe de Nicolas Sarkozy, qui veut que Marie-Dominique aurait demandé le divorce lors d’un séjour aux sports d’hiver, après avoir découvert un matin les traces de son mari dans la neige, menant droit vers la fenêtre de la chambre de Cécilia. [NdR : only the French !!!]]

Ce seront sept années de rencontres plus ou moins secrètes. Faut-il dater de cette époque l’épisode que relate la journaliste Françoise Giroud dans son Journal : un ministre présentait dans les dîners en ville une très proche amie comme sa femme, ce qui faisait jaser.

« On a vécu deux années d’enfer, se souvient Cécilia Sarközy pour Libération (8 juillet 2004). On en a pris plein la figure. Nous étions le sujet de conversation numéro un des dîners en ville. »

Peu amène, le quotidien indique : « Les bourgeoises de Neuilly trompent leur ennui en déblatérant sur “la pute du maire”. » Le mariage est célébré le 23 octobre 1996, deux jours après l’autorisation de divorce pour Nicolas Sarközy (selon L’Investigateur, 12 juin 2007).

MARIAGE AVEC NICOLAS SARKOZY

À leur mariage (célébré par le premier adjoint Louis-Charles Bary), le 23 octobre 1996, les témoins furent Bernard Arnault et Martin Bouygues, deux des principaux milliardaires français. Étaient notamment présents le Premier ministre Edouard Balladur, François Léotard, Didier Barbelivien.

Six mois plus tard, le 28 avril 1997, naissait leur fils, Louis Sarközy.

Dès lors, la vie du jeune maire de Neuilly change, « l’épouse égérie » (Le Nouvel observateur, 4 décembre 2003) lui ouvrant largement son carnet d’adresses. Elle organise de nombreux dîners où les invités sont soigneusement triés en fonction de leur influence.

« Il s’installe avec elle, rapporte Le Nouvel observateur (17 mai 2007). Il avoue alors avoir besoin de gagner « 100 000 francs par mois », somme rondelette pour l’époque. 100 000 francs pour tenir son rang avec Cécilia, 100 000 francs pour payer une pension alimentaire à sa première femme, qui élève leurs deux fils.

En ce début des années 1990, il se multiplie auprès de ses deux grands hommes de l’époque, Jacques Chirac et Edouard Balladur, tout en n’oubliant pas sa carrière d’avocat : il ne fait plus que du commercial. En 1987, il a en effet lancé son propre cabinet d’avocats avec deux amis, Michel Leibovici et Arnaud Claude (le président de la République a conservé ses parts dans une nouvelle société intitulée Cabinet Arnaud Claude – Nicolas Sarközy, qui compte une vingtaine d’avocats).

Le Nouvel observateur précise : « C’est à 40 ans, à Bercy, lorsqu’il est ministre du Budget, qu’il entre vraiment de plain-pied dans le monde de l’argent. Nicolas et Cécilia commencent à passer leurs weekends à Deauville, à l’hôtel Normandy, et leurs vacances à La Baule, à l’hôtel Ermitage. Deux fleurons du groupe Barrière, devenu depuis propriétaire du Fouquet’s, où Sarközy a invité ses amis pour fêter sa victoire du second tour.

Cette confidence d’Andrée Sarközy, la mère, au milieu des années 1990 : “Avant Cécilia, Nicolas ne fréquentait pas les palaces…” […] Au fil des années, il s’est souvent plaint devant les journalistes qu’un ministre important gagne beaucoup moins qu’un grand patron. »

Après la défaite de Balladur en 1995, il envisagera très fortement d’intégrer le groupe Bouygues. Puis, en 1999, après son échec personnel aux élections européennes. « À chaque fois, Cécilia le pousse à sauter le pas. À chaque fois, son obsession présidentielle est la plus forte » ajoute Le Nouvel observateur.

LA FEMME MENTOR ET COACH

Comme l’écrit Serge Raffy dans La Guerre des trois (Fayard, 2006) : Comme lui, elle éprouve cette boulimie de reconnaissance de ceux qui n’habitent le triangle d’or Neuilly- Passy-Monceau que depuis une petite génération. Ce ghetto est un ghetto aux portes hermétiquement closes. Pour les vieilles familles installées depuis des siècles, ces nouveaux venus n’existent pas. Cette parenté qui les rapproche, ils la découvrent instantanément. »

Tous deux, comme cela sera souvent écrit, vont gravir ensemble les marches de l’ambition et du pouvoir. En 1997, il achète, dans des conditions controversées, un vaste appartement dans l’île de la Jatte (qui lui rapportera, à la vente, plus de deux millions d’euros, cf notamment Sarközy, une carrière pleine de ressources, L’Express, 25 janvier 2007), une oasis de verdure à un jet de pierre de Paris.

Ce n’est qu’en 2002, lorsqu’il devient ministre de l’Intérieur puis des Finances que son train de vie devient quasiment présidentiel. L’affaire des « écrans plasma » défraiera la chronique : Cécilia dote chaque pièce de leur appartement de fonction de télévisions dernier cri.

En parallèle, Cécilia Sarközy, comme elle le dira elle-même, accompagnera « Nicolas dans toutes ses campagnes – et je dis bien toutes ses campagnes – depuis quinze ans. Faire les marchés, il y a longtemps que je sais faire (Le Figaro Madame, 17 janvier 2004). Dès 1993, lorsqu’il devient ministre du Budget (il n’est pas encore divorcé), « elle se tient à côté de lui, jouant les sherpas, les intendants mais aussi les conseillers politiques. Elle est aussi son coach, veille sur son alimentation et sa ration de sommeil […] Elle lui concocte des programmes de footing, organise son emploi du temps à la seconde près et lui impose un couvre-feu. Avec Cécilia, Nicolas Sarközy se couche tôt : jamais après 22 heures (Serge Raffy, op. cit.). »

UN COUPLE TELLEMENT MODERNE, TELLEMENT PRIME TIME

Le couple fusionnel hypermédiatisé fait la « une » de très nombreux magazines (de Gala à VSD, du Figaro Madame à Paris Match), participe à de multiples émissions et Cécilia Sarközy fera même l’objet d’un portrait télévisuel (Envoyé spécial, France 2, 19 décembre 2002).

« Partenaire incontournable du Sarko-show, la voici sur orbite. La victoire de ce couple hors normes paraît inévitable. leur triomphe est programmé. Ils sont si modernes, tellement prime time! (Serge Raffy, op. cit). »

Place Beauvau, Cécilia travaille également aux côtés de son mari, sans occuper de poste officiel. Mais en fait celui de chef de cabinet. Son bureau se situe dans l’antichambre du bureau de son époux. Une porte communique. À la manière d’une Claude Chirac contrôlant strictement la communication de son père, elle devient une vraie professionnelle de l’image et de la communication.

En revanche, aux Finances, elle devient conseiller technique auprès de son époux (arrêté du 16 avril 2004, publié le 24 avril au Journal officiel). « Dans la « firme”, Cécilia avait une place à part […] On l’avait même vu exiger de relire toutes les notes destinées à son mari, y compris celles de Brice Hortefeux, ami de vingt-cinq ans (Le Monde, 20 juin 2006). » Certains se gausseront qu’elle ait rétabli les habits queuede- pie et les cordons pour les huissiers.

Le 23 mai 2002, Paris Match offre un portrait à la Kennedy des époux, le jeune Louis gambadant à quatre pattes sous le bureau de son père.

Dès 2002, on la voit remplacer Charles Pasqua comme député des Hauts-de-Seine, puis on la croit programmée pour la mairie de Neuilly en 2007. « Elle a mon nom et elle apporte quelque chose de nouveau » explique Nicolas Sarközy (L’Express, 2 octobre 2003). Début 2004, elle est souvent citée comme future candidate sur la liste régionale de l’UMP dans les Hauts-de- Seine. Aucune de ses opérations ne se fera finalement.

Elle lui conseille de demeurer à Bercy mais Sarközy préfère prendre le contrôle de l’UMP, ne pouvant cumuler les deux postes en raison de l’opposition de Jacques Chirac. « Elle se retrouve alors rue La Boétie, au siège du mouvement. Là, elle découvre le petit monde des apparatchiks gaullistes et a du mal à s’y adapter. D’autant qu’elle subit des vexations à répétition. On la boude. On l’évite. Ou tente de la contourner. On lui communique de faux horaires de réunion pour la maintenir en quarantaine. Elle vit cette situation comme un exil. De son côté, elle manque de diplomatie et de doigté. Trop sèche, trop cassante, trop autoritaire, trop “Madame la ministre”. Elle se sent rejetée (Serge Raffy, op. cit.).

Nicolas Sarközy est donc élu président de l’UMP au congrès du Bourget, en novembre 2004, Cécilia devenant son chef de cabinet.

« L’INCIDENT » RICHARD ATTIAS

Le grand ordonnancier est Richard Attias, PDG de Publicis Events. C’est lui qui a même eu l’idée de ce « Bonne chance, papa », lancé par Louis Sarközy sur écran géant, ce qui choquera les adeptes de la séparation entre vie privée et vie publique.

[Attias est l’homme qui organise depuis 1996 les grands shows internationaux comme le Forum économique mondial de Davos. Inconnu du grand public, il peut être considéré comme l’un des « maîtres du monde », fréquentant les plus hautes personnalités mondiales : numéro 3 de Publicis, ce natif de Marrakech (ce qui explique qu’il dispose de relais importants auprès de la famille royale du Maroc) est diplômé de l’INSAD (Toulouse), de mathématiques et de physique.

Il a débuté comme ingénieur chez IBM en 1983 avant d’être directeur général d’Econom (une SSII vedette des années 1980), fondateur d’une société d’événementiel Naphtalie (du nom d’une tribu de bâtisseurs dans la Torah) qu’il revendra à Publicis.

PDG de Publicis Dialog, Attias contrôle Global Events Management, qui organisera notamment les accords du GATT de 1994 ou le lancement de l’euro en France. Klaus Schwab, le vrai patron de Davos, sera un temps associé dans sa société et Attias est, par ailleurs, directeur de Clubairways, dont le PDG est Hans Schwab et l’un des directeurs, Olivier Schwab, tous deux fils de Klaus. Il organise aussi divers colloques en vue de la paix au Moyen-Orient en Jordanie, où il possède une somptueuse villa.]

Richard Attias doit aussi conseiller Sarközy pour la future élection présidentielle. Mais l’opération ne se fera pas : Paris Match (25 août 2005) publie en première page une photo de Cécilia avec Richard Attias.

Entre-temps, selon L’Express (13 septembre 2007), elle dépose une demande de divorce, prenant pour avocat Me Georges Kiejman, ancien ministre socialiste et proche de François Mitterrand. Le 12 mai, chez Ariane Massenet, dans Petites confidences, Cécilia avoue qu’elle s’imagine parfaitement dans dix ans, « aux États-Unis, faisant un jogging dans Central Park ». Dans un entretien donné au même moment à Télé Star, elle avoue : « First Lady, ça me rase. Je ne suis pas politiquement correcte; je me balade en jean, en treillis, en santiags. Je ne rentre pas dans le moule. »

Le 22 mai, Nicolas Sarközy annule son passage au journal de 20 heures sur TF1, son entourage prétextant un « coup de fatigue ». En réalité, ce jour-là, Cécilia vient de lui annoncer qu’elle à l’intention de le quitter pour un autre homme.

Elle part pour Pétra au Forum de Pétra organisé par Attias. Elle y retrouve Bill Clinton, Richard Gere, le dalaï-lama, le roi Abdallah de Jordanie, etc. Le lendemain, lors d’un meeting à Poitiers, il déclare, voyant là une campagne de déstabilisation orchestrée par Matignon et l’Élysée : « La vie politique ne devrait pas tout autoriser. On devrait aussi, de temps en temps, respecter un certain nombre de valeurs. » La veille, sur RTL, il a lâché : « respectez ma famille. » Le 26 mai, dans un entretien télévisé en direct sur France 3, il reconnaît que son couple rencontre « des difficultés ». Il ajoute : « La vérité est simple. Comme des millions de familles, la mienne a connu des difficultés ; Ces difficultés, nous sommes en train de les surmonter. »

Avec une habileté exceptionnelle, il va médiatiser ses déboires conjugaux, en faisant une arme alors qu’ils auraient pu être son épée de Damoclès. Le 22 juin, le porte-parole de l’UMP annonce officiellement que « Mme Sarközy n’est plus chef de cabinet de M. Sarközy. »

Laurent Solly (qu’elle avait repéré et promu en 2004), ce qui nuira à la carrière de ce dernier lorsqu’elle reviendra, l’a remplacée comme chef de cabinet alors que Nicolas Sarközy retrouve son poste de ministre de l’Intérieur à la suite du remplacement de Jean- Pierre Raffarin par Dominique de Villepin.

Sarkozy a alors cette phrase étrange (qui rappelle les derniers développements de l’affaire Clearstream) : « Depuis huit mois, je suis la cible de coups bas et de menaces dignes de l’affaire Markovic, comme le dossier Clearstream, ou de rumeurs sur mon couple. J’ai été l’objet d’investigations de la DST, de services de l’État et d’officines privées pour me discréditer. Vous comprendrez donc que la meilleure situation pour y répondre, c’est d’être au ministère de l’Intérieur puisque je vais redevenir le patron de ceux qui ont fait des enquêtes sur moi. Je serai mieux défendu par 500 000 policiers, gendarmes et pompiers, place Beauvau, que par les 143 permanents de l’UMP. »

Suspecté d’avoir « colporté des rumeurs » sur le couple, le sous-préfet Gérard Dubois, chef du service de presse de la préfecture de Paris, est aussitôt limogé.

Durant tout l’été, Nicolas Sarközy va s’employer à reconquérir son épouse qui navigue entre Paris, La Baule, New-York et l’Espagne. En parallèle, il fait l’objet de plusieurs campagnes de presse (inspirées par Matignon?) quant à sa vie privée.

SARKOZY SE CONSOLE AVEC ANNE FULDA

Le quotidien suisse Le Matin (25 et 29 mai 2005) fournira le nom de plusieurs maîtresses supposées (il sera condamné à 1 euro d’amende). Plus sérieusement, on le voit en compagnie d’une journaliste du Figaro, Anne Fulda, avec laquelle il envisage d’emménager. Il la présente comme sa « future compagne » à sa mère, rencontre ses parents, lui fait rencontrer ses amis. Tout Paris bruit de rumeurs (Internet ne s’en prive pas) mais aucune photo officielle ne sera publiée même si les paparazzis s’en sont donné à coeur joie, les deux tourtereaux ne se cachant nullement (cf Scoop, révélations sur les secrets d’actualité de Bruno Mouron et Pascal Rostain, Flammarion, 2007).

Pourtant, à la surprise générale, c’est très médiatiquement que le retour de Cécilia Sarközy, effectif en fait dès février 2006, se fera à la Pentecôte 2006, VSD du 14 juin 2006 faisant sa « une » sur la réconciliation du couple. On verra ensuite le couple, qui avait assuré ne plus vouloir s’exposer aux médias, voguant sur une pirogue en Guyane.

CENSURE SUR ORDRE VENU D’EN HAUT

Du coup, le livre d’entretiens qu’elle avait préparé avec la journaliste Valérie Domain, Entre le coeur et la raison ne paraîtra pas dans sa version originale, le patron de First Édition, Vincent Barbare, ayant fait l’objet de très fortes pressions de la part de Nicolas Sarközy. 25 000 exemplaires partiront au pilon.
Il en sera de même par la suite de la partie qui lui était consacrée dans Paroles de femmes de Corinne Tannay.

Les liens ne seront pourtant pas coupés entre Cécilia et Richard Attias. Courant avril 2007, Paris-Match consacre un reportage à Cécilia Sarközy aux côtés de diverses personnalités lors d’une soirée des « ambassadeurs de bonne volonté » de l’Unesco. Ce que l’hebdomadaire ne précise pas, c’est que la soirée a été organisée par Richard Attias.

LE RETOUR AMBIGU DE CECILIA

Après son retour, elle bénéficie d’une immense liberté, n’apparaissant que lorsqu’elle le désire. Elle n’en joue pas moins un rôle important, ayant depuis longtemps ses têtes. C’est elle qui imposera la photo de campagne de Nicolas Sarközy et choisira le photographe pour le portrait officiel affiché dans les mairies : Philippe Warrin, un paparazzi spécialiste de la Star Academy et du Loft qui avait réalisé des photos d’elle pour le magazine féminin Questions de femmes (mars 2004).

Le Point (24 mai 2007) qualifie Philippe Warrin de « quadra sexy […] connu pour ses portraits sensuels des reines du petit écran ». Ayant sympathisé avec elle, il réalisera aussi un reportage sur le couple au Maroc, la photo de l’affiche Ensemble tout devient possible, les photos de la victoire, la soirée au Fouquet’s ou celles de l’emménagement de la famille Sarközy à l’Élysée.

Durant toute la campagne électorale, elle sera « discrète mais omniprésente. Cécilia est une des pièces maîtresses du dispositif (Le Nouvel observateur, 18 janvier 2007). » L’Express (15 juillet 2007) résume : « Elle a un avis sur tout mais n’est sur aucun organigramme. »

Elle est toutefois rarement présente au QG de campagne et fera une seule apparition officielle durant la campagne, le 14 janvier 2007, au congrès de la porte de Versailles, dont elle a réglé les moindres détails. Mais elle n’est volontairement assise qu’au huitième rang, entre les enfants du couple recomposé, pas à la tribune.

Le 29 avril, elle se défile au dernier moment pour le grand meeting de l’entredeux- tours à Bercy. Officiellement, elle a organisé un goûter d’anniversaire pour son fils qui a eu 10 ans la veille.

Juste avant la victoire de son époux, c’est elle qui détermine strictement la liste des invités au Fouquet’s, les autres étant systématiquement refoulés. « Si vous avez aimé Jackie Kennedy, vous allez aimer Cécilia Sarközy » avait déclaré à cette occasion le nouveau président (Le Monde, 20 juillet 2007).

Mais elle n’apparaîtra à la fête que vers 23 h. Et quelques jours plus tard, on apprendra qu’elle n’est pas allée voter à son domicile de Neuilly pour le second tour de l’élection présidentielle (nouvelle censurée dans Le Journal du dimanche mais rendue publique sur les blogs Internet).

On lui prête aussi d’avoir été pour beaucoup dans l’escapade postélectorale sur le somptueux yacht de Vincent Bolloré.

Le 2 novembre 2007, parait « La nuit du Fouquet’s », par Ariane Chemin et Judith Perrignon, 120 p, Fayard, 12€. qui publie le nouveau « Who is Who » de la Sarkozie : la liste d’invités établie par Cécilia Sarkozy :

  • Mathilde Agostinelli, responsable de la communication de Prada-France
  • Robert Agostinelli, fondateur du fonds d’investissement Rhône Capital, membre du Council on Foreign Office
  • Christine Albanel, ex-directrice du château de Versailles, future ministre
  • Bernard Arnault, président de LVMH, numéro un du luxe français, première fortune de France
  • Arthur, producteur et animateur de télévision
  • Patrick Balkany, député-maire de Levallois-Perret
  • Isabelle Balkany, premier adjoint de son mari, vice-présidente du Conseil général des Hauts-de-Seine
  • Nicolas Baverez, essayiste, chroniqueur au Point
  • Nicolas Bazire, secrétaire général de LVMH
  • Antoine Bernheim, banquier d’affaires, président de la compagnie d’assurances Generali
  • Nicolas Beytout, directeur de la rédaction du Figaro
  • Basile Boli, ancien joueur de l’OM, héros de la finale de coupe d’Europe des Clubs champions 1993
  • Vincent Bolloré, PDG d’Havas, sixième groupe de communication mondial
  • Zofia Borucka, top model, femme de Jean Reno
  • Martin Bouygues, PDG de Bouygues, premier actionnaire de TF1
  • Conrada de La Brosse, dirigeante de la maison de l’Esprit de Château
  • François de La Brosse, publicitaire
  • Denis Charvet, ex-rugbyman du Racing, actionnaire de casinos
  • Marie-Anne Chazel, comédienne
  • Christian Clavier, acteur de cinéma
  • Stéphane Courbit, ex-président d’Endemol France
  • Agnès Cromback, présidente de Tiffany France
  • Bruno Cromback, joaillier, PDG d’Augis 1880
  • Jean-Claude Darmon, ex-président de Sportfive, ancien grand argentier du football français
  • Serge Dassault, PDG de Dassault et du journal le Figaro
  • Rachida Dati, future ministre
  • Jean-Claude Decaux, PDG de JCDecaux, leader mondial de mobilier urbain
  • Paul Desmarais Sr, milliardaire canadien, PDG de Power Corporation, actionnaire de plusieurs groupes français
  • Dominique Desseigne, PDG du groupe Barrière
  • François Fillon, futur Premier ministre
  • Bernard Fixot, éditeur de best-sellers
  • Valérie-Anne Giscard d’Estaing, éditrice, épouse de Bernard Fixot
    Albert Frère, première fortune de Belgique
  • Hugues Gall, président de l’Institut de financement du cinéma et des industries culturelles
  • Pascal Gentil, triple vainqueur de la coupe du monde de taekwondo
  • Pierre Giacometti, directeur général d’Ipsos France
  • Henri Guaino, conseiller spécial et « plume » du Président
  • Claude Guéant, préfet, futur secrétaire général de l’Elysée
  • Johnny Hallyday, première vente de disques en France
  • Laeticia Hallyday, épouse de Johnny Hallyday
  • Roger Karoutchi, futur secrétaire d’Etat
  • Patrick Kron, PDG d’Alstom
  • Bernard Laporte, sélectionneur de l’équipe de France de rugby
  • David Martinon, futur porte-parole de l’Elysée
  • Alain Minc, président d’AM Conseil, conseil de grands dirigeants
  • Henri Proglio, PDG de Veolia, ex-Compagnie générale des eaux
  • Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre
  • Jean Reno, acteur de cinéma
  • Andrée Sarkozy, mère du Président
  • François Sarkozy, frère du Président, vice-président du conseil de surveillance du groupe Bio-Alliance Pharma
  • Guillaume Sarkozy, frère du Président, ancien vice-président Medef
  • Xavier et Sylvie de Sarrau, les meilleurs amis
  • Eric Vu-an, maître de ballet au Ballet national de Marseille
  • Richard Virenque, ancien coureur cycliste et maillot de jaune du tour de France
  • Philippe Warrin, unique photographe présent au Fouquet’s, agence SIPA

CECILIA FAIT ET DÉFAIT LES CARRIÈRES DES COURTISANS… ON SE CROIRAIT A VERSAILLES

Lors de la formation du cabinet présidentiel et des cabinets ministériels, elle aurait également joué un grand rôle, écartant certains, faisant la carrière d’autres. « Côté cour, elle a veillé de près à la composition de l’équipe élyséenne autour de Claude Guéant (Marianne, 19 mai 2007). »

C’est ainsi que son amie Rachida Dati (qui appartient à « la race des seigneurs » selon Cécilia et qui l’appelait régulièrement durant sa période américaine) entra au gouvernement (et fut invitée sur le yacht maltais, à Brégançon et à Wolfeboro cet été) et qu’Alain Marleix dut attendre la formation du second gouvernement, le poste de secrétaire d’État aux Relations avec le Parlement ayant été attribué à Roger Karoutchi, qui avait su se montrer aimable avec elle durant la campagne (ils partageaient le même bureau).

On chuchote aussi qu’elle joua un rôle dans le fait que Brice Hortefeux, sans doute le plus proche ami de Nicolas Sarközy, n’a pas obtenu l’Intérieur qui lui paraissait pourtant promis de longue date.

« Le Mal (pour Cécilia), c’est Brice Hortefeux, le plus vieil ami du président, avec lequel elle règle des comptes à propos de la désignation de Dati comme porteparole du candidat : “Brice Hortefeux était fou de rage.” (L’Express, 13 septembre 2007). »

Le vieil ami de Cécilia, François de La Brosse, patron (dont l’épouse Conrada, mexicaine, est une amie d’enfance de Cécilia qui fut son témoin de mariage) de Zgroupe et de NSTV (la télévision de Sarközy durant la campagne présidentielle), fut nommé à l’Élysée bien que souvent moqué durant la campagne présidentielle au siège de l’UMP.

Mais l’efficace communiquant Pierre Charron, compagnon des mauvais jours de Nicolas Sarközy durant sa séparation, en fut exclu (et recasé par le président de la République au Conseil économique et social).

David Martinon a la cote : il s’est vu propulsé comme porte-parole de l’Élysée et futur maire de Neuilly. Cécilia devait être, il y a quelques jours, son témoin de mariage (finalement repoussé par risque de manifestation). Il en est de même de son adjoint, Pierre-Jérôme Hénin, ancien porte-parole de la très chiraquienne ministre Catherine Colonna… mais beau-frère de la meilleure amie de Cécilia, l’attachée de presse Mathilde Agostinelli. (NdR : on croit réver).

Tandis que le très ancien collaborateur de Nicolas Sarközy, Frédéric Lefebvre, spécialiste des questions parlementaires depuis 1993, qui avait déplu à l’épouse du président, a trouvé porte close à l’Élysée, devant se contenter d’être le suppléant d’André Santini (il est aujourd’hui député, ce dernier étant devenu secrétaire d’État).

Il en fut de même de Laurent Solly, chef de cabinet Place Beauvau, qui se voyait déjà secrétaire général adjoint de l’Élysée, finalement recasé par Nicolas Sarközy à TF1 (cf notamment Le Nouvel observateur, 2 août 2007).

Lors de l’intronisation de son mari, c’est elle et non son époux qui demandera à ce que soit joué un morceau de son grand-père, l’immense compositeur espagnol Isaac Albéniz.

Disposant d’un bureau à l’Élysée (un petit salon à côté des appartements privés), elle a composé une petite équipe non-officielle avec une attachée de presse, Carina Alfonso-Martin (attachée de presse à la direction institutionnelle d’Eurodisney), d’origine espagnole comme elle (officiellement, elle est rattachée à David Martinon), et du diplomate Nicolas de La Granville, jusqu’alors porte-parole de la représentation française à Bruxelles (officiellement rattaché à Jean-David Levitte).

Courant juillet, elle devra rendre la carte bancaire, directement prélevée sur les fonds publics, qui lui avait été attribuée, exaspérée qu’on puisse la soupçonner de malhonnêteté.

« UNE FACON LUMINEUSE DE RESTER DANS L’OMBRE »

Lors du G8 en Allemagne, elle fera une brève apparition le 6 juin, n’assistant même pas au dîner des épouses de chefs d’État, le lendemain, au motif de la fête de sa fille à Paris. Le 14 juillet, elle est présente à l’Élysée mais n’assiste pas au concert donné place de la Concorde alors même qu’elle a largement participé à sa préparation. Comme l’écrit Paris Match, qui s’en tire par une pirouette, « Cécilia invente une façon lumineuse de rester dans l’ombre ».

Courant juillet, elle sera à deux reprises « l’émissaire personnel » de son époux auprès du président Mohamar Kadhafi. Sa démarche sera sans doute efficace puisque les infirmières bulgares seront libérées le 24 juillet.

À Wolfeboro, une brusque angine blanche l’immobilisera un unique jour, celui où le couple présidentiel devait être reçu par les Bush pour un pique-nique familial. De même, elle ne s’est pas rendue en Bulgarie la semaine passée. Du coup, les rédactions parisiennes bruissaient de l’annonce d’une nouvelle séparation imminente. Le feuilleton continue!

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