Y a pas à dire, le lobby productiviste fonctionne bien… aller jusqu’à porter plainte contre la diffusion du film d’Al Gore et pinailler sur des détails pour discréditer l’ensemble de la thèse, c’est pas mal.

Mise à jour du 16/10/2007 : Stewart Dimmock est un agent des lobbies industriels d’extrème droite – cf article de Ayad Singh, à Londres)

Je me demande ce qui se passerait si on portait plainte contre la diffusion officielle d’autres films de propagande dans les écoles, qui contiennent des ficelles encore plus grosses et des affirmations factuelles encore plus erronées… Je me souviens par exemple d’un documentaire sur le nucléaire que nous passait notre prof de physique/chimie ou d’un documentaire à la gloire du « laissez-faire », réalisé par l’OCDE, et qui passait en cours d’histoire/géo…

Mais ceci dit, c’est bien qu’on soumette la propagande d’Al Gore à une analyse factuelle. Ce serait juste intéressant d’entendre sa réponse aux critiques de la Haute Cour.

[IES News Service – 09/10/2007]
Le documentaire oscarisé d’Al Gore « Une vérité qui dérange » a été critiqué hier par un juge de la Haute Cour britannique qui a souligné que le film contient « neuf erreurs scientifiques ». Le juge Barton a reconnu que le film est « factuellement correct dans la plus grande partie de sa présentation » du changement climatique, il cite néanmoins neuf erreurs majeures dans l’argumentaire, « des erreurs provoquées par le contexte alarmiste et exagéré du film » en vue de souligner le point de vue de l’ancien Vice-président et Prix Nobel.

Le juge se prononçait suite à une plainte déposée par Stewart Dimmock, directeur d’école dans le Kent et membre d’un parti ultra-libéral, « The New Party », qui s’oppose au fait que le film d’Al Gore soit diffusé dans les écoles britanniques dans le cadre d’une mallette pédagogique sur le changement climatique, financée par le gouvernement.

La Haute Cour a autorisé cet usage mais réclame l’ajout de notes pédagogiques en réponse aux « arguments orientés » de Al Gore. La « vision apocalyptique » présentée dans le film « ne peut être considérée comme une analyse impartiale et scientifiquement fondée de la question du changement climatique« , a précisé le juge.

La Haute Cour estime que le Ministère de l’Education doit signaler aux enseignants que certaines des opinions exprimées par M. Gore ne sont pas celles du gouvernement britannique et qu’il existe « des avis opposés« .

La Haute Cour a vu le film et reconnaît qu’il s’agit d’un document « puissant, présenté de manière percutante et hautement professionnelle« , centrée sur la présence charismatique de M. Gore dont « l‘objectif est de persuader le monde des dangers du changement climatique« .

Les neufs points contestés sont :

– Le film affirme que des atolls du Pacifique sont « submergés à cause du réchauffement climatique induit par l’homme » – mais pour l’instant il n’y a aucune évacuation de ces atolls en cours

– Le film affirme que le réchauffement climatique risque de « mettre fin aux courants sous-marins atlantiques » – le processus qui fait que le Gulf Stream circule dans l’Atlantique Nord et réchauffe l’Europe occidentale. Le juge s’est référé aux conclusions du GIEC (également récompensé par le Prix Nobel) qui estime qu’il est « hautement improbable » que ces courants cesseraient de se produire même s’il est possible qu’ils ralentissent.

– M. Gore se moque à un moment des opposants au changement climatique en montrant deux graphiques, l’un montrant une augmentation du CO2 et l’autre une augmentation de la température sur une période de 650 000 ans et affirmant que « les deux courbes sont identiques ». Le jugement explique que, même si les scientifiques sont unanimes pour dire qu’il y a une connexion entre les deux facteurs « les graphiques présentés par M. Gore ne permettent pas d’avérer ces affirmations« .

– M. Gore affirme que la disparition des neiges du Kilimandjaro est directement liée au réchauffement climatique induit par l’homme. Le jugement note qu’il n’y a pas de consensus sur cette question.

– L’assèchement du lac Tchad est présenté comme une des conséquences du réchauffement climatique. Le juge note que: « Il semblerait que les causes généralement admises soient plutôt l’augmentation de la population, la surexploitation agricole et des variations du climat régional« .

– M. Gore affirme que l’ouragan Katrina est une conséquence du réchauffement climatique « mais il n’y a pas suffisamment de preuves pour affirmer cela« .

– M. Gore fait référence à une étude affirmant que des ours polaires ont été retrouvé noyés parcequ’ils « ont du nager sur des longues distances pour trouver de la glace« . Le jugement note que « la seule étude scientifique que nous avons été capables de trouver indique que quatre ours polaires ont récemment été trouvés noyés suite à une tempête. »

– Le film affirme que les récifs coralliens partout dans le monde sont entrain de mourir à cause du réchauffement climatique et autres facteurs. Pour le juge Barton il est difficile de séparer l’impact des changements climatiques de ceux d’autres causes comme la surexploitation de la pèche et la pollution.