Si Bucarest en Roumanie et Tian-an-Men à Pékin furent les « révolutions CNN » consacrant la télévision mondiale par satellite, ce qui se passe à Rangoun, en Birmanie, marque la puissance des médias alternatifs, diffusés par des plateformes collaboratives Web 2.0.

Gaz lacrymogène devant la pagode de Choué-Da-Gon (Shwedagon) à Rangoun (Yangun) en BirmanieLe TAGES-ANZEIGER (Suisse) note : « En faisant tirer la troupe sur les moines, les généraux birmans brisent un tabou qu’ils vont payer cher. Ils ont franchi le zénith du pouvoir dont ils se sont emparés brutalement il y a 45 ans et qu’ils défendent depuis avec violence. Pour la première fois dans ce pays hermétiquement fermé, le monde suit les événements quasiment en direct. Même si le pouvoir a réussi à bloquer un maximum de médias étrangers, il ne peut pas lutter contre les milliers de fuites qu’offrent les nouvelles technologies de communications. Le flot d’informations qui nous parvient de Birmanie est nourri par des vidéos et photos prises avec des téléphones portables, des petites vidéos floues et branlantes filmées par des opposants et téléchargés sur Youtube et Viméo, en contournant la censure du Net birman grâce à l’utilisation d’anonymiseurs, de proxys et de fichiers encryptés. Ces images sont ensuite reprises par tous les grands médias à travers le monde. »

DE VOLKSKRANT (Pays-Bas) relève également le rôle joué par les nouvelles technologies. « C’est surtout via Internet, que la censure draconienne n’arrive pas à verrouiller à 100%,  que le monde est au courant, dans l’heure, du moindre événement en Birmanie. Cela limite les possibilités du régime. »