En 2002, la compagnie pétrolière TOTAL, accusée par des anciens prisoniers politiques birmans de faire travailler des bagnards sur son chantier de pipeline en Birmanie, avait demandé à Bernard Kouchner de rédiger un rapport pour la dédouaner. Kouchner avait vendu sa réputation pour la maigre somme de 25 000 Euros et avait affirmé n’avoir rien vu en Birmanie… (cf article de Maxime Vivas plus bas)

Notre ministre guerrier est donc l’homme qu’il faut pour aller négocier avec la junte de Rangoun… ou bien leur vendre une centrale nucléaire et des flash-ball.

A Rangoun, la répression militaire s’accentue
[Le Monde 26/09/2007]
Alors que le couvre-feu a été décrété pour la nuit dernière par la junte militaire birmane, des centaines de policiers et soldats ont été déployés près des temples et monastères de Rangoun. Des policiers, qui ont dressé des barbelés et fermé l’accès à la pagode Shwedagon, ont chargé des manifestants, composés d’étudiants et de moines. Plus tôt, Zaganar, le plus célèbre des acteurs du pays, et Win Naing, politicien modéré, ont été arrêtés chez eux. Tandis qu’Amnesty International a demandé l’envoi « immédiat » d’une mission du Conseil de sécurité de l’ONU, Bush, qui a appelé à cesser le « règne de la peur », a annoncé de nouvelles sanctions économiques contre le régime militaire.

Pour mémoire :
Birmanie : Kouchner n’a pas vu d’esclaves mais Total les indemnise quand même
[ Maxime Vivas – 30 Novembre 2005 – Le Grand Soir]

Afin d’éviter un procès, la société Total accepte de verser 10 000 euros à chacun des sept Birmans qui l’accusent d’avoir été contraints de travailler gratuitement pour elle sous la menace de l’armée birmane en 1995. Ces exactions ont eu lieu en 1992-1998 sur le chantier du gazoduc Yadana, construit par Total et une compagnie américaine pour relier un gisement maritime birman à la Thaïlande. Total accepte aussi de consacrer 5,2 millions d’euros à l’indemnisation d’autres personnes qui pourraient justifier d’un emploi comme travailleur forcé et à des « actions humanitaires collectives pour l’habitat, la santé et l’éducation ».

En 2002, Total avait fait appel à Bernard Kouchner pour la cautionner. Dans un rapport payé 25 000 euros, Kouchner avait affirmé que la compagnie pétrolière, contrairement à ce que certains esprits « mal informés » ont pu supputer, avait en réalité lutté contre le travail forcé en Birmanie

Cette volte-face du pétrolier ne surprendra pas ceux qui ont lu ce que j’écrivais il y a presque deux ans. Au contraire, ils trouveront que bien des informations sont toujours occultées par la presse et que le rôle de Kouchner est singulièrement édulcoré au moment même où les colonnes dégoulinent de ses dernières déclarations : « Je suis prêt pour les présidentielles de 2007 ».

http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=2950