Entre les mercenaires de Blackwater qui tirent « pour le fun » sur les voitures et les passants dans la rue (cf. article du Monde) et les tireurs d’élite qui « appatent les cibles » pour se faire des cartons… c’est vraiment des Barbares, les occidentaux en Irak.Et dire qu’on se gargarise d’être « plus civilisés » que les jihadistes qui massacrent des civils… nous ne faisons pas mieux !

[Der Spiegel – 24/09/2007 – Trad. Gregoire Seither]
« C’était tout simple, nous déposions un objet dans la rue et nous attendions que quelqu’un passe. Si la personne ramassait l’objet et faisait mine de vouloir partir avec, nous considérions cela comme un preuve qu’elle faisait partie des terroristes et nous l’abattions. Ensuite c’était facile de dire qu’on avait descendu un terroriste, puisqu’il avait un objet incriminant dans les mains. Les « appats » étaient des détonateurs, des munitions ou des pains d’explosifs. »

Le Washington Post a publié hier le témoignage accablant du Capitaine Matthew P. Didier, qui dirigeait le premier bataillon de l’unité de tireurs d’élite du 501è Régiment d’infanterie en Irak. Encore plus accablant, cette « stratégie » leur avait été soufflée par des formateurs du Pentagone et approuvée par leurs supérieurs.

Ce programme secret d’assassinat de civils dans la rue est décrit dans un document utilisé par la défense dans un procès impliquant trois tireurs d’élite.

Didier a témoigné sous serment avoir recu, en Janvier dernier, la visite d’une équipe de formateurs du Pentagone qui lui avaient expliqué la stratégie et remis des caisses contenant les « appats ». Selon le Washington Post, près d’une vingtaine de membres de l’unité d’élite étaient au courant de ce programme.. tandis que de nombreux autres savait qu’il s’agissait d’appats mais n’étaient pas au courant qu’ils faisaient partie d’une campagne planifiée pour assassiner des civils irakiens.

SOURCE (en allemand) : http://www.spiegel.de/politik/ausland/0,1518,507529,00.html

Pour Ali Jaoubri, de IES News Service en Irak, ce programme est d’autant plus criminel que le fait de ramasser un pain d’explosif ou une boite de munitions dans la rue ne signifie pas qu’on est un terroriste. « On peut tout vendre au marché à Bagdad, et une boite de munitions ou un pain de semtex, ça vaut de l’argent. N’importe qui trouve ça dans la rue, il va bien évidemment le ramasser et partir avec pour faire un peu de fric avec. Les résistants n’ont pas besoin de ramasser des munitions dans la rue, ils se servent dans les milliers de dépots secrets que Saddam avait fait aménager dans tout le pays. »