Dans les années 1980, le pape Jean-Paul II avait interdit à Ernesto Cardenal d’être ministre au gouvernement sandiniste du Nicaragua. Le Saint Office a depuis rappelé à de nombreuses reprises qu’un prêtre n’a pas à avoir de mandats politiques….  alors ?

Que fait le mouvement LGBT ? Comment peut-il accepter qu’un facho homophobe déclaré comme Bolufer puisse être au ministère ? Que fout Ras-le-front ?

Que fait Pro-Choix ? Est-ce qu’on a entendu Fiammetta Venner et Caroline Fourest s’indigner de la présence d’une militante engagée des commandos anti-avortement au sein du ministère ? Ou bien nos deux converties à la cause néo-con n’osent pas critiquer leur ami Sarkozy ?

Et Fadela ? Qu’est ce qu’elle fout avec ces gens là ? La soupe est bonne au ministère, au moins ?

[Le Monde jeudi 5 juillet 2007]
Le fait est « sans précédent », croit savoir la Conférence des évêques de France. C’est un choix « original », concède-t-on au cabinet de la ministre. La nomination d’un prêtre dans un cabinet ministériel aurait pu semer le trouble chez les tenants d’une pointilleuse laïcité. Christine Boutin, ministre du logement et de la ville, n’a pas hésité à appeler à ses côtés le Père Jean-Marie Petitclerc, acteur social reconnu à Argenteuil (Val-d’Oise) et à Lyon, où il continue de diriger une association d’aide aux jeunes en difficulté. « Il a été recruté pour ses compétences, souligne l’entourage de la ministre. Il se trouve qu’il est prêtre, il n’est pas pour autant l’aumônier du ministère ! »

Proche de personnalités de gauche, le nouveau chargé de mission pour les relations avec les acteurs locaux « se réjouit d’appartenir à un pays où les convictions religieuses n’empêchent pas d’exercer un certain nombre de responsabilités », rapporte La Croix du 25 juin. Le mélange des genres demeure toutefois exceptionnel. Au XXe siècle, les exemples les plus connus restent ceux de l’abbé Pierre, député de Meurthe-et-Moselle de 1945 à 1951, et du chanoine Félix Kir, maire de Dijon, député de Côte-d’Or de 1945 à 1967. En acceptant d’entrer en politique auprès de Mme Boutin, le prêtre salésien de Don Bosco, également polytechnicien, rejoint une équipe marquée par une coloration chrétienne inédite.

À sa tête, la ministre aux convictions catholiques revendiquées a conservé son titre de « consulteur » auprès du Conseil pontifical pour la famille. Cette instance vaticane, notamment chargée de promouvoir les « initiatives de défense de la vie humaine de la conception à la mort naturelle », compte 39 consulteurs à travers le monde. Cette fonction, que Mme Boutin occupe depuis 1996, lui vaut d’être « consultée pour son expertise sur la politique familiale ». « Elle n’est allée au Vatican qu’une ou deux fois, insiste son cabinet. Il n’y a aucun lien de subordination et aucune incompatibilité avec ses nouvelles fonctions. » Un avis partagé par la nonciature apostolique à Paris.

Au-delà de ses propres engagements, Mme Boutin s’est entourée de personnalités connues pour leur proximité avec des mouvements catholiques conservateurs. C’est le cas de son directeur de cabinet, le préfet Jean-Paul Bolufer, issu de la droite catholique dure et militante, réputé pour ses prises de position contre l’avortement ou l’homosexualité.

C’est également le cas de Christine de Chefdebien, sa conseillère technique chargée de la politique de la ville et des relations avec les acteurs locaux. En 1992, elle avait été condamnée à quatre mois de prison avec sursis et 3 000 francs d’amende – une peine ramenée en appel à 5 000 francs – pour avoir participé à un commando antiavortement dans le service gynécologique du centre hospitalier de Pau.