[John Bowe – Randon House – 2007]
Le journaliste et auteur John Bowe plonge dans l’univers de l’esclavage moderne aux Etats-unis à travers des enquêtes en Floride, dans l’Oklahoma et le territoire US de l’île de Saipan, où des cas d’esclavage pur ont été portés devant la justice pas plus tard qu’au début de l’année 2007.

Bowe interroge les ouvriers agricoles de Immokalee, en Floride, où des clandestins latinos récoltent les tomates et les oranges pour des salaires de misère, sont parqués dans des logements insalubres et surveillés par des gardes violents afin qu’ils n’aillent pas raconter leur calvaire.

A Tulsa, dans l’Oklahoma, une usine de ferronerie avait fait venir des ouvriers d’Inde, qui devaient vivre dans des conditions inhumaines, dans un camp isolé sans contact avec l’extérieur et où on leur facturait des « frais de recrutement » et des « loyers », prélevés directement sur leurs salaires, dix fois inférieurs à ceux des ouvriers états-uniens.

Enfin, dans l’île de Saipan, présentée par la presse aux Etats-unis comme « un miracle du développement économique » et où le porte-parole Républicain Tom Delay a cru voir « un laboratoire du développement et du progrès apporté par la politique de libéralisation des marchés« , Bowe montre comment la culture locale, l’isolation de l’île et le capitalisme sauvage importé par les Etats-unis ont crée un univers d’exploitation pour des quasi-esclaves dans l’industrie du textile. Les politiciens locaux corrompus protègent et profitent de ce système, tout comme de l’industrie des jeux et de la prostitution qui fleurit à Saipan. C’est ici, dans les bars Karaoke et à strip-teaseuses que le lobbyste du Parti Républicain Jack Abramoff, aujourd’hui emprisonné, invitait ses « amis » et concluait ses affaires. La population de Saipan est la première victime de ce système bati sur l’exploitation, avec des taux de pauvreté dépassant les 35%.