[Mark Lavie (depuis Jérusalem) – The Independent, 07.09.2007 – traduit du grand-breton par Marcel Charbonnier]

Prononçant sa plus forte condamnation d’Israël depuis la guerre du Liban (été 2006), l’organisation Human Rights Watch [Observatoire des droits de l’Homme] a déclaré, hier, que la plupart des victimes civiles libanaises ont été provoquées par des « frappes aériennes israéliennes à l’aveuglette. »

L’organisation internationale de défense des droits humains a indiqué que l’allégation israélienne selon laquelle le grand nombre de victimes civiles libanaises aurait été dû au fait que les guérilleros du Hezbollah auraient utilisé des civils afin de se couvrir est dénuée de tout fondement. Israël, rappelons-le, avait en effet affirmé avoir attaqué des zones civiles parce que le Hezbollah aurait, à ses dires, installé des lanceurs de roquettes à l’intérieur de villages et de villes, au Liban.

Plus de mille Libanais ont été tués au cours du conflit (qui s’est poursuivi, jour et nuit, durant 34 journées), qui éclata après que le Hezbollah eut procédé à un raid armé transfrontalier, tuant trois soldats israéliens et en capturant deux autres.

L’aviation de guerre israélienne a pris pour cible l’ensemble de l’infrastructure [civile] libanaise, dont des ponts et l’aéroport de Beyrouth, causant des dégâts énormes dans une banlieue de Beyrouth connue pour être un fief du Hezbollah, et en attaquant des centres du Hezbollah dans des villages situés près de la frontière libano-israélienne. Le Hezbollah a tiré près de 4 000 roquettes sur le nord d’Israël, éliminant 119 soldats sionistes. Dans les combats, une quarantaine de civils sionistes [excusez cet oxymore… ndt] furent tués.

Kenneth Roth, directeur d’Human Rights Watch, a déclaré qu’il n’y a eu que de « rares » cas d’opérations du Hezbollah menées à partir de villages libanais.

« Au contraire, une fois la guerre déclarée, la plus grande partie des responsables militaires (et même beaucoup de responsables politiques) du Hezbollah ont quitté les villages », a-t-il indiqué. « Le plus gros de l’activité militaire du Hezbollah a été conduit à partir de positions préparées d’avance, à l’extérieur des villages libanais, c’est-à-dire sur les collines et les vallées environnantes. »

Mark Regev, porte-parole du ministère israélien de la politique Française [oups : Etrangère, s’cusez… ndt], a rejeté ces conclusions : « Le Hezbollah a adopté une stratégie délibérée, consistant à s’abriter derrière la population civile et transformant, de ce fait, les civils libanais en boucliers humains », a-t-il affirmé.

http://news.independent.co.uk/world/middle_east/article2938967.ece