Avec tout ce système, on se demande comment il peut encore y avoir des criminels en liberté aux Etats-Unis. En tout cas, si vous envisagez une cavale là-bas, éteignez votre téléphone portable !!!!

[Wired – 20/08/07 – Trad. Grégoire Seither]
Dans la plus grande discrétion, le FBI a construit un système de surveillance dont la sophistication rivalise avec la simplicité d’utilisation. Le système permet, d’un simple clic, de procéder à des « écoutes administratives » sur quasiment n’importe quel moyen de communication. C’est ce qui ressort de la lecture d’un rapport de plus de 1 000 pages, récemment déclassifié dans le cadre du Freedom of Information Act. Ce système de surveillance, du nom de DCSNet (Digital Collection System Network), connecte les centres d’écoutes téléphoniques du FBI directement aux centres commutateurs des opérateurs téléphoniques, des fournisseurs d’accès Internet et aux opérateurs de téléphonie mobile. DCSNet est bien plus étroitement imbriqué dans l’infrastructure des télécoms aux Etats-unis que les observateurs extérieurs ne soupçonnaient jusqu’ici.

Pour Steven Bellovin, professeur en informatique à la Columbia University et expert réputé pour les questions de surveillance, DCSNet est « un système complet d’écoutes téléphoniques et d’espionnage des communications qui peut intercepter simultanément les appels téléphoniques filaires, les portables, les SMS et les messageries sur Internet ».

DCSNet est en fait une collection de logiciels qui permet la collecte, le tri et l’enregistrement de données comme les numéros de téléphone, les appels téléphoniques et les messages SMS. Il interconnecte tous les centres d’écoutes du FBI et est directement branché sur les réseaux des opérateurs télécoms du pays. Ce système permet au FBI d’écouter et de rembobiner des messages en temps réel (comme TiVo) et d’enregistrer les communications, mais aussi de localiser avec précision une personne à l’aide du maillage des réseaux cellulaires et même envoyer les données interceptées en temps réel vers des camionettes de surveillance mobile.

Les centres d’écoute du FBI sont installés dans des lieux secrets et sous de fausses identités, réparties à travers le pays. Ils sont interconnectés par un backbone privé et crypté qui n’est pas connecté à Internet. C’est l’opérateur SPRINT qui gère ce backbone secret pour le gouvernement.

Le réseau permet à un agent à New-York de mettre en place, à distance, une écoute téléphonique sur un téléphone portable à Sacramento (Californie) et de savoir immédiatement où se trouve le téléphone écouté, d’en capter les conversations, les SMS et les mots de passe des serveurs vocaux. En deux clics, toujours depuis New York, l’agent peut transmettre, en temps réel, une copie du flux capté à un spécialiste du langage, pour traduction immédiate.

http://www.wired.com/politics/security/news/2007/08/wiretap