Ce qui me dérange dans cette argumentation récurrente, c’est le concept de « droit du peuple juif à avoir son état » :

  • Faut il en déduire qu’un juif français n’est pas vraiment français mais forcément israélien – même s’il ne le veut pas ?
  • Qu’on peut fonder un Etat sur une appartenance religieuse ou « ethnique » ? Mais dans ce cas là, pourquoi avons nous bombardé la Serbie ? Pourquoi ne pas avoir soutenu les Hutu Power au Rwanda ?
  • Et si on admet que Israël est un état ethnique, c’est pour une « ethnie juive » ? Ca existe ça  ?
  • Que se battre pour un état démocratique, laïque et accueillant tant les juifs que les palestiniens c’est être antisémite ?
  • Soutenir les Palestiniens c’est être antisémite ?

Pas si précise que ça ta définition Michel…

[Michel Wieviorka – Proche Orient Info 12.05.04]

Enfin, la globalisation de l’antisémitisme possède un centre, le Proche-Orient et, plus précisément, le conflit israélo-palestinien ; elle s’organise à partir de la mise en cause de l’Etat d’Israël. Ce qui place au cœur du phénomène une dimension récente à l’échelle de l’histoire, l’existence et le fonctionnement de cet État fondé en 1948, et oblige à une définition précise des frontières qui peuvent séparer antisionisme et antisémitisme.

La délimitation, ici, délicate : dire, par exemple, que le peuple juif n’a pas droit à un État est antisémite ; dire, sans commentaire sur sa personne même, que la politique d’Ariel Sharon est exécrable ne l’est pas. Entre ces deux types de propos, s’étend une zone floue relativement large.

La globalisation, lorsqu’elle met aux prises l’islamisme et la modernité occidentale, fait de la haine des Juifs un phénomène qui continue, certes, à se polariser sur l’existence de l’État d’Israël, mais qui s’inscrit dans un combat mondial. Ce combat va au-delà de toute considération nationale et peut fort bien devenir polycentrique, se construire dans diverses régions du monde. C’est pourquoi il existe une grande distance entre Al-Qaïda, pour qui la cause palestinienne n’est pas une priorité, et le Hamas palestinien, qui demeure profondément nationaliste.
http://www.proche-orient.info/xjournal_pdv.php3?id_article=24681