ABOU GHRAIB : L’ARMÉE US LAVE PLUS BLANC ET FAIT PORTER LE CHAPEAU AUX LAMPISTES

[The New York Times – 29/08/07 – Trad. Grégoire Seither]
Un jury du tribunal militaire de Fort Meade (Maryland), composé de neuf colonels et d’un brigadier général de la US Army, ont innoncenté le Lt. Col. Steven L. Jordan, 51 ans, de l’accusation d’avoir mal préparé les soldats aux interrogatoires de prisoniers et ensuite d’avoir sinon approuvé, du moins fermé les yeux et couvert les tortures et traitements dégradants qu’ont eu à subir les détenus de la prison d’Abou Ghraib, à Bagdad, après l’invasion US en 2003. Le tribunal militaire a estimé que ces charges ne pouvaient être retenues contre l’officier commandant et que les tortures étaient le fait « d’éléments incontrolés » dans l’armée.

Le Lt. Colonel Jordan était le seul officier supérieur poursuivi dans le scandale d’Abou Ghraib. Le verdict du tribunal signifie que, dans cette affaire, seuls les simples soldats et les sous-officiers seront punis.

Ainsi le Col. Thomas M. Pappas, chargé du renseignement militaire à Abou Ghraib et dirigeant les interrogatoires des prisonniers « préparés » par les soldats tortionnaires, a reçu un blâme administratif, pour avoir « utilisé de manière inappropriée » des chiens militaires afin d’effrayer les prisonniers.

Une seule exception à cette règle : la Brigadière Générale Janis Karpinski, (cf. revue de Web 06.07.2004 – http://www.libertes-internets.net/archives/20040706.html) qui commandait la police militaire à Abu Ghraib, n’avait au départ écopé que d’un simple avertissement. Mais quand elle s’est avisée de parler à la presse et de dénoncer les conditions qui régnaient à Abou Ghraib, et notamment le fait que les officiers des services de renseignement y faisaient ce qu’ils voulaient et que le Shin Beth israélien participait aux interrogatoires, elle a été dégradée et muté à un poste administratif.

http://www.nytimes.com/2007/08/29/world/middleeast/29abuse.html?ex=1346040000&en=285a2e54b3543e34&ei=5088&partner=rssnyt&emc=rss