LE FILS DE « BOBBY » KENNEDY DIT TOUT HAUT CE QU’AUCUN CANDIDAT DÉMOCRATE N’OSE DIRE – MÊME PAS AL GORE.
[Intervention de Robert F. Kennedy Junior – Concert Live Earth – 09.07.07 – Trad. Grégoire Seither]
Nous avons tous entendu les représentants des groupes pétroliers, et des groupes charbonniers ainsi que tous leurs fidèles serviteurs et vassaux dans le système politique. Tous sont venus nous dire aujourd’hui que la stabilité climatique globale est un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre. Ils nous disent que nous devons faire un choix : prospérité économique d’un côté, protection de l’environnement de l’autre. Mais ce choix est faux.

Dans 100% des situations, une bonne politique environnementale est identique à une bonne politique économique — à condition de mesurer notre prospérité économique, et c’est ainsi qu’elle devrait toujours être mesurée, en termes de combien d’emplois nous créons, et combien ces emplois permettent de vivre dignement, sur plusieurs générations, et combien nos politiques préservent de manière durable la valeur des ressources de nos communautés, et à quel point nos politiques permettent de nous protéger de la gigantesque catastrophe mondiale qu’est le réchauffement climatique.

C’est cela le choix que vous avez. L’autre option, celle que les politiciens à Washington voudraient vous voir choisir, est celle de considérer notre planète terre comme une entreprise en phase de liquidation. Si nous convertissons nos ressources naturelles en cash aussi vite que possible nous pouvons encore jouir de quelques années de productivité polluante, cela nous permettra de générer un cash flow immédiat et donner l’illusion d’une économie prospère. Mais nos enfants paieront la facture de cette prospérité sans lendemain, ils paieront notre confort avec des paysages dévastés, des problèmes de santé croissants, des coûts de dépollution énormes et un chaos climatique et social qui ira en grandissant au fil des ans, jusqu’à atteindre un point où plus personne n’aura les moyens de payer la facture.

Baser sa prospérité sur des activités prédatrices de l’environnement c’est l’équivalent d’une économie qui bâtit sa prospérité sur le creusement de ses déficits. Une telle politique permet de se soucier uniquement des résultats immédiats et de faire payer le coût de notre prospérité à nos enfants. Aujourd’hui plus personne ne peut nier que le changement climatique est là, qu’il est entrain de se produire. Son impact sur nos sociétés va être catastrophique, et nous en sommes la cause. La bonne nouvelle est que nous avons la capacité scientifique et technologique pour en diminuer les impacts les plus catastrophiques. Il nous faut simplement la volonté politique pour le faire.

Si nous obligeons les fabricants automobiles à augmenter l’efficacité de leurs moteurs de seulement un « mile’ (1,6 Km env.) par plein, nous économisons le double de la quantité des réserves pétrolières estimées dans la Parc National de l’Alaska, que Bush et les compagnies pétrolières veulent saccager au nom du « développement économique ». Si nous allons encore plus loin et obligeons les voitures à augmenter l’efficacité de leurs moteurs de seulement 7,6 miles (12 Km env.) par plein d’essence, nous économisons plus de pétrole que ce que nous importons à ce jour du Golfe Persique. Il suffirait que nos voitures soient plus économes pour que nous puissions totalement nous passer des importations de pétrole du Golfe Persique. Réfléchissez y !. . .

Aujourd’hui vous allez entendre plein de gens vous dire qu’il y a beaucoup de petits gestes que vous pouvez faire à votre niveau pour lutter contre le changement climatique, chez vous, dans votre maison, dans votre vie. Mais laissez moi vous dire ceci. Il y a plus important que d’acheter des ampoules électriques basse-consommation, il y a plus important que d’acheter une voiture économe en essence.

La chose la plus importante que vous pouvez faire, vous, à votre niveau, est de vous impliquer dans le processus politique et de contribuer à nous débarrasser de tous ces politicards pourris qui peuplent les bancs de notre parlement, à Washington D.C.. Ces politicards ne sont rien d’autre que des courroies de transmission des grosses industries, comme Exxon et Southern Company, ces multinationales égoïstes et avides, qui placent systématiquement leurs propres intérêts financiers avant l’intérêt général du pays, avant l’intérêt général de l’humanité. Faire cela, c’est trahir l’Amérique, trahir le peuple américain. Ces groupes industriels sont des traîtres, et nous devons commencer à les traiter comme tel.

Et ils ont leurs agences de relations publiques qui savent si bien manier les mots et nous vendre leurs messages. Et leurs think-tanks bidons à Washington, qui publient des rapports clinquants pour dire ce qu’ils ont envie d’entendre. Et ils ont leur armée de scientifiques corrompus qui viennent à la télévision jour après jour pour mentir à l’opinion publique. Et nous avons une presse, des médias qui ont totalement trahi la démocratie américaine. Ces médias nous gavent chaque jour avec Ana Nicole Smith et Paris Hilton afin de nous occuper la cervelle, au lieu de nous informer sur les questions que nous devons comprendre afin de pouvoir prendre des décisions rationnelles, comme c’est notre rôle dans une démocratie. Et le réchauffement climatique est une de ces questions. . .

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