Dingue ça ! Un homme public, accro à la vie publique et aux médias depuis des années, vient soudain pleurer que « plus rien ne soit privé » !!! Patriiiiiiickkkkk, à priori, si t’es dans la rue et qu’il y a une caméra de télé qui te filme, t’es pas dans le privé là, coco !

Sur son blog, Devedjian s’inquiète du «totalitarisme» d’Internet

[ Samuel Laurent (lefigaro.fr). Publié le 02 juillet 2007 ]

Le responsable UMP, qui a traité une élue de «salope», juge préoccupant que «plus rien ne soit privé».*

«Totalitaire», c’est le qualificatif retenu par Patrick Devedjian pour évoquer le rôle d’Internet dans la diffusion de ses peu gracieux propos  à l’égard d’Anne-Marie Comparini. Sur son blog, le secrétaire général délégué de l’UMP est revenu, samedi, sur cette affaire. Il s’excuse une nouvelle fois d’avoir traité la centriste de «salope», une «grossièreté détestable».

Mais, précise-t-il, «la façon dont mes propos ont été diffusés et visionnés par des millions d’internautes pose quand même un vrai problème : si plus rien n’est privé, si tout doit être totalement transparent, le totalitarisme n’est pas loin et la liberté individuelle vraiment menacée».

Pourtant, la caméra de TLM qui a filmé la conversation de Patrick Devedjian n’était pas cachée. L’argument de «totalitarisme» semble donc tenir plus à la diffusion massive de la vidéo via le site Dailymotion. Sans Internet, elle serait restée limitée à la région lyonnaise où émet TLM.

L’écho de «l’affaire Duhamel»*

La réaction de l’élu et les termes qu’il emploie pour décrire Internet ne sont toutefois pas sans rappeler un autre cas presque similaire. C’était en févier dernier. L’éditorialiste Alain Duhamel était mis sur la touche, cette fois encore par une vidéo diffusée sur Internet. On l’y voyait expliquant à des étudiants de Sciences-Po qu’il appréciait François Bayrou, pour lequel il comptait voter à la présidentielle.

L’affaire avait fait grand bruit, et provoqué la «suspension» de Duhamel, privé d’antenne à RTL et France Télévisions le temps de la campagne. Celui-ci avait alors expliqué au micro de RTL  qu’Internet avait un double effet, à la fois «émancipateur», facteur de débat, et «totalitaire». Car, expliquait-il, sur le web, «dès qu’il se passe quelque chose, il y a un espèce d’effet de choc gigantesque, artificiel, souvent, mais qui donne l’impression que tout le monde est emporté par un raz-de-marée. Tout ça est artificiel, subjectif, irrationnel».