Comme dit le gars de la CIA : «  »Ils sont vraiment à bout d’arguments si tout ce qu’ils ont trouvé pour rameuter du soutien populaire à leurs plans c’est de résusciter le vieil épouvantail Al Qaïda et tenter de faire un lien entre le 11 septembre et l’Irak »

[Jonathan S. Landay | McClatchy Newspapers – Washington – 30/06/07 – Trad. Grégoire Seither]
Confronté à l’érosion du soutien à sa politique irakienne, même au sein du Parti Républicain, le président Bush a lourdement insisté, dans un discours Jeudi dernier, sur la menace que représenterait Al-Qaïda en Irak, déclarant que le mouvement était « le principal ennemi que nous affrontons sur le terrain », une affirmation rejetée par la totalité des analystes et experts militaires de la Maison Blanche.

Lors d’un discours aux cadets de l’école navale militaire, Bush a mentionné 27 fois Al-Qaïda, tente de s’appuyer sur la colère de la population vis à vis des attaques terroristes du 11 septembre 2001 pour obtenir un soutien à la nouvelle vague d’opérations militaires en Irak, malgré tous les rapports des experts, y compris au sein de l’Administration Bush et du Pentagone, qui montrent que l’envoi de troupes supplémentaires n’a pas fait reculer la violence ni changé quoi que ce soit à la situation délétère du pays.

Le président Bush a déclaré : « Al Qaida est le principal ennemi, tant pour les Chiites, les Sunnites que les Kurdes. Al Qaïda s’est rendu coupable des pires massacres sur le sol irakien, tout comme Al Qaïda s’est rendu coupable des pires massacres sur le sol des Etats-unis. »

Les généraux et experts militaires en Irak rejettent cette analyse du Président Bush, expliquant que le groupe qui se nomme « Al Qaïda en Irak » ne représente qu’une minuscule fraction de la résistance armée à la présence des troupes américaines. De plus, le soi-disant « Al Qaïda en Irak » n’existait pas avant l’invasion de 2003 par les troupes étatsunienne et anglaises et ses membres n’ont prété allégeance à Ousama Ben Laden qu’à la fin 2004… et Ben Laden n’a aucun contact direct avec ce groupe.

La référence renouvelée à Al Qaïda par le président Bush (alors que, dans un interview en 2005 il déclarait « ne plus trop » se soucier de Ben Laden) survient quelques jours après que les sénateurs Républicains Richard Lugar (Indiana), qui préside le comité des affaires étrangères au Sénat des Etats-unis, et George Voinovich (Ohio) ont pris leur distances vis à vis de la politique irakienne de George Bush et ont appelé publiquement à un retrait des troupes.

« Ils sont vraiment à bout d’arguments si tous ce qu’ils ont trouvé pour rameuter du soutien populaire à leurs plans c’est de résusciter le vieil épouvantail Al Qaïda et tenter de faire un lien entre le 11 septembre et l’Irak, » commente Vincent Cannistraro, ancien directeur du Centre de Contre-Terrorisme de la CIA et auteur de nombreux articles très critiques des stratégies du gouvernement des Etats-unis.

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