LA VEILLE DE SA NOMINATION AU GOUVERNEMENT SARKOZY, FADELA AMARA PUBLIAIT ENCORE UNE CHRONIQUE APPELANT A « RETROUVER LA GAUCHE »

[Faits & Documents – n°239 – Juin 2007]

Fadela Amara a été nommée au gouvernement le 22 juin. La veille, Le Nouvel observateur publiait l’une de ses contributions: «Oui, la gauche doit réaffirmer ses valeurs, en France et à l’étranger! Où est donc passé le bel esprit internationaliste? […] Être de gauche aujourd’hui […] c’est au contraire affirmer les valeurs qui fondent notre République et s’engager pour de nouvelles conquêtes de liberté et de solidarité. La gauche […] est une philosophie politique libératrice et émancipatrice. Retrouvons-la!» On aura la cruauté de rappeler également qu’elle avait été à l’origine d’une campagne en faveur d’une amnistie pour les casseurs des émeutes d’octobre-novembre 2005 alors que Nicolas Sarközy était ministre de l’Intérieur…

Compagnon de la nouvelle secrétaire d’Etat à la Ville Fadela Amara, Mohamed Abdi (dont nous avions retracé les démêlés judiciaires dans F&D 214 et 215) est toujours militant socialiste. Il a participé à la campagne présidentielle de Ségolène Royal comme conseiller pour l’islam et les relations étrangères avec les pays musulmans. Il est également à l’origine d’une note condamnant tout programme nucléaire militaire et civil [iranien] que la candidate socialiste avait exposé durant les débats de la primaire socialiste avec Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius. Ayant pratiquement rejoint le camp des «néo-cons» français favorables à la politique atlantiste, il est l’un des cofondateurs de la revue française des «néocons » Le Meilleur des mondes, où il a signé en 2007 un article extrêmement favorable à la politique israélienne (« J’ai découvert Israël, ce pays que j’avais haï. A Tel-Aviv, j’ai su ce qu’était la diversité. J’en avais les larmes aux yeux. Pas la moindre pression raciste.»).

[NDR : Mohammed Abdi est come les intellectuels de gauche qui allaient s’extasier en URSS sous Staline et ne voyaient que ce qu’ils avaient envie de voir (et ce qu’on leur laissait voir). Il n’a pas du rencontrer beaucoup de personnalités de la gauche israélienne, ni souvent décliner son patronyme ou tenté de passer un checkpoint… ne pas voir le racisme de la société israélienne, c’est un peu comme Lucette Michaux-Chevry qui, se rendant en Nouvell-Calédonie en 1984, au plus fort des « évènements », avait vanté « la paix et l’harmonie » du pays, alors que les CRS étaient entrain de matraquer des centaines de manifestants pacifiques sur la Place des Cocotiers.]