[The UK Telegraph 22/06/2007 – Trad. Grégoire Seither]

Une étude de la renommée Joseph Rowntree Foundation en Grande-Bretagne montre que le système scolaire britannique, en ne se préoccupant pas de l’écart croissant entre les performances scolaires des jeunes garçons blancs et ceux d’autres groupes ethniques (qui ont généralement de meilleurs résultats), est entrain de favoriser l’émergence d’une sous-classe de prolétaires inemployables.

Plus de 50% des enfants quittant le système scolaire à 16 ans, sans aucune forme de diplôme sont de jeunes garçon blancs nés en Grande-Bretagne. Leur nombre est deux fois plus important que celui des jeunes filles blanches. De plus, les études pédagogiques montrent que ces enfants, lors de leur sortie de l’école vers 14 ans, est très en retard en ce qui concerne la maîtrise de la lecture et de l’écriture

La Joseph Rowntree Foundation explique que l’échec des apprentissages basiques à l’école primaire (lire, écrire, s’exprimer, calculer) aliment une culture « anti-enseignement » chez les garçons, poussant bon nombre parmi eux vers les milieux criminels. « Des milliers d’enfants, tout particulièrement des garçons issus de milieux ouvriers blancs ainsi que des enfants nécessitant une attention particulière, sont laissés de côté par le système éducatif anglais. »

Pour le Prof Robert Cassen, un des auteurs du rapport, des milliers d’enfants arrivent au collège à l’âge de 11 ans avec des retards considérables, ne leur permettant pas d’avoir une scolarité fructueuse. « Il faut améliorer l’identification des enfants en retard et les aider dès la maternelle afin que ces problèmes ne s’enkystent pas plus tard. »

Dans les écoles britanniques, les trois quarts des élèves ayant des performances médiocres ou mauvaises sont des enfant blancs et nés en Grande-Bretagne, leurs résultats étant systématiquement plus mauvais que des enfants d’immigrés issus du même environnement social et économique. Les garçons forment la majorité des mauvais élèves.

L’étude montre que les garçons issus des Caraïbes ont les plus mauvais résultats de manière générale (8,5% quittent l’école sans diplôme) mais non seulement leurs résultats s’améliorent constamment mais en plus, si on tient compte de l’environnement socio-économique d’origine, les garçons des Caraïbes ont de meilleurs résultats que ceux des classes populaires blanches.

En comparaison, les élèves d’origine chinoise et indienne, sont généralement dans les groupes de tête. Les étudiant chinois ont trois fois plus de chances de se retrouver parmi les 10 premiers de leur classe à l’age de 16 ans que des garçons blancs du même age. Le fait de ne pas parler anglais à la maison n’est plus un handicap aussi marquant, étant donné que la plupart des enfants immigrés maîtrise l’anglais avant d’arriver au collège.

L’étude conclue que, « si l’école ne se préoccupe pas de ces besoins spéciaux, les garçons se réfugient dans une sorte de culture « anti-éducation », qui leur donne une identité alternative, où la valeur et le respect de ses pairs se mesure à partir d’autres facteurs que la réussite scolaire. Or, il y a un rapport direct entre l’absence d’éducation scolaire et les activités criminelles. Quand on n’a pas de diplôme, on a du mal à se vendre sur le marche de l’emploi. Il n’est donc pas surprenant de les retrouver au chômage et vulnérables tandis qu’un nombre important va devenir parent célibataire ou succomber à la drogue et à la vie criminelle« .

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