Une enquête du magazine communautaire Jewish Chronicle révèle que la majorité des leaders du mouvement anglais militant pour un boycott académique d’Israël est d’origine juive, voire détient la nationalité israélienne. Ils expliquent leur participation à ce ce mouvement par la volonté « de soutenir la lutte pour les droits des Palestiniens et obtenir la fin de l’occupation israélienne des Territoires palestiniens et la colonisation juive ».

Alors, de deux choses l’une : soit nous sommes ici en présence d’un phénomène flagrant de « haine de soi » soit l’initiative de boycott est véritablement efficace et fout tellement les boules au gouvernement israélien et à ses parrains néocons qu’ils mobilisent toutes leurs ressources pour le faire échouer : dans les deux cas, cela montre à quel point les innombrables accusations d’antisémitisme qui se multiplient dans les journaux sous influence (par ex, cette publicité récemment publiée par la tristement célèbre Anti-Defamation League [qui pratique un anti-racisme extrèmement sélectif et n’hésite pas à justifier voir à faire l’apologie des meurtres de civils innoncents, s’ils sont Palestiniens]) sont totalement fausses – comme le souligne si bien le Guardian de Londres.

L’argument anti-sémite, à force d’être employé à tort et à travers, est tellement dénaturé, à causé tellement de luttes fratricides au sein du camp progressiste (cf. la guéguerre entre le Grand Inquisiteur Daeninx et l’association Ras Le Front) qu’il laisse la porte grande ouverte aux vrais anti-sémites. A force de crier « Au Loup », il n’y aura plus personne quand le loup viendra vraiment.
Dans la même veine, un article de David Peterson sur l’incroyable campagne des lobbies pro-Israël aux Etats-Unis visant à faire renvoyer le Prof. Norman Finkelstein, universitaire juif qui ose critiquer la politique d’Israël, Mais la résistance s’organise, les étudiants du Prof. Finkelstein se mobilisent contre une censure qui ne dit pas son nom, organisant un sit-in devant l’université DePaul pour protester contre cette atteinte aux libertés et au droit d’expression.