Le bac, le président ne l’a eu qu’au rattrapage !
[Le Parisien – lundi 11 juin 2007]

Avis aux 498 497 candidats qui passent aujourd’hui la philosophie, premier écrit du baccalauréat : Nicolas Sarkozy n’a obtenu que 9 à cette matière et a dû passer l’oral pour obtenir l’examen. De quoi affronter l’épreuve plus décontracté…

QUE LES BACHELIERS ne désespèrent pas. On peut ne pas être inspiré par le sujet de philo, avoir des résultats médiocres dans les autres matières et pourtant prétendre à de hautes destinées. Pour preuve, les notes du président de la République obtenues au baccalauréat.

Le lycéen Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa, élève au cours Saint-Louis de Monceau à Paris (XVIIe), a dû passer l’oral pour décrocher son bachot en juillet 1973. Jean-Bernard Gonzalez, professeur d’économie à la retraite, a sursauté ces dernières semaines quand il a entendu dans les médias que le président avait obtenu son diplôme avec mention très bien. On en est loin.

Méticuleux, l’enseignant s’est souvenu de son vieux cahier à spirales retrouvé il y a onze ans. En 1973, le jeune professeur d’économie corrige 190 copies du centre d’examen du lycée Molière (XVIe), à Paris. Sur celle qui porte le numéro 18917, il appose un 11/20. « C’était plutôt une bonne note », relève-t-il. Deux semaines plus tard, il retrouve ses collègues pour le relevé des notes. « De 8 à 9 heures, nous avons enlevé les caches des copies. » Les professeurs annoncent les notes. Pour éviter toute confusion, Jean-Bernard Gonzalez sort un cahier et inscrit ces informations. A côté du nom d’un anonyme, Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa, il recopie 11/20 en éco, 8/20 en mathématiques, 10/20 en anglais, 9/20 en philo, 7/20 à l’écrit en français et 12 à l’oral. Soit 142 points sur 300, pour le candidat Sarkozy. Non admis à l’écrit, il doit passer l’oral. Il lui manque huit points qu’il comblera.

Trente-quatre ans ont passé. L’ancien professeur, moustache poivre et sel, jette un regard critique et amusé sur ce bulletin de notes (lire ci-contre). L’histoire ne s’arrête pas là. Quinze ans plus tard, « en 1988 ou 1989 », il a corrigé la copie de Marine Le Pen. « Je lui ai mis 13/20. Je me souviens même de l’intitulé de la dissertation, la tertiarisation de l’économie française, car c’était un sujet un peu neuf pour l’époque. »