>>LES ENFANTS DES LEADERS SIONISTES REJETTENT L’IDEOLOGIE DE LEURS PARENTS
[Richard Silverstein – Tikkun Olam – 09/06/07 – Trad. Grégoire Seither]
[En 1990 en Afrique du Sud, Ellen Malan, petite fille du fondateur de l’apartheid, D.F. Malan,  annonçait la fin imminente du système politique sud-africain : « Plus personne n’y croit, tout ce que nous voulons c’est vivre en paix dans un pays normal ». Quatre ans plus tard, Mandela gagnait les élections. Aujourd’hui, en Israël, il semblerait que la même chose soit entrain de se produire avec le Sionisme, autre vestige des idéologies racistes du siècle dernier. (…)]

Quand on voit non pas un ou deux mais carrément quatre enfants des pères fondateurs de l’extrême droite sioniste s’opposer ouvertement à l’héritage politique de leurs pères, on se dit que les choses sont entrain de bouger. Tout le monde sait que Yigal Arens, fils de l’ancien ministre Likud de la défense, Moshe Arens, est un militant engagé et virulent contre l’occupation israélienne. Ses nombreux critiques l’accusent couramment d’être un « Matzpeniste » – l’équivalent de « sale Bolchevik » (..)

Dana Olmert, la fille de Ehud a participé et pris la parole lors d’une manifestation contre la guerre au Liban et y a traité le ministre Dan Halutz de criminel de guerre. Son père, qui a nommé Halutz au gouvernement, n’a pas apprécié et les discussions autour du dîner familial ont du être animées. . .  Il ne reste plus à Dana qu’a poursuivre sa logique et pointer le doigt vers son propre père, commandant des armées d’Israël.

Depuis de nombreuses années, des militants pacifistes juifs et palestiniens se retrouvent chaque vendredi dans le village de Bilin, coupé en deux par le Mur de Séparation. Et chaque semaine la Police des frontières les charge violemment et cogne à tout va sur les manifestants pacifiques. Le quotidien Maariv relate cette semaine que parmi les manifestant les plus assidus ces deux dernières années, figure un autre descendant des Pères Fondateurs du pays : le propre petit-fils de Menachem Begin, ancien terroriste et idole de l’extrème droite israélienne. Selon le journal, Aminadav Begin est « un anarchiste anti-guerre qui refuse le concept de nations ou de frontière et  crache ouvertement sur l’oeuvre politique de son grand-père ». Les adorateurs du Grand-Israël, pour qui Menachem Begin est un dieu, risquent de ne pas trouver cela très drôle.

Pour finir, voici que Avraham Burg, ancien président de la Knesset, ancien directeur de l’Agence juive et poulain de Shimon Peres, qui avait déjà déclaré en 2003 que le sionisme était une idéologie morte, juste bonne pour les poubelles de l’histoire, vient de publier un nouveau livre « Vaincre Hitler ». Il a fait l’effet d’une bombe en Israël étant donné sa critique violente tant de la société israélienne moderne que son démontage de l’intégralité de l’idéologie et du projet politique sioniste. Avraham Burg a pour sa part renoncé à Israël et obtenu la nationalité française. Il rejette intégralement son héritage familial, ancré dans le sionisme. Son père, Yosef Burg, a été pendant des décennies président du Parti National Religieux. Son grand-père, issu de milieux aisés en Allemagne, fit don de sa fortune au Projet National Juif et émigra en Palestine où il prôna très tôt, le déplacement forcé de toutes les populations arabes « afin de faire la place pour le projet juif sioniste ». Tant le grand-père que le père Burg ont toujours milité à l’extrème droite du champ politique israélien.

[Dans un interview récent, le journal Ha’aretz  a demandé à Avraham Burg : « Etes vous inquiet d’une dérive fasciste en Israël ? ». Burg n’a pas hésité à répondre : « Je crois qu’elle est déjà là. »]

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