Que Sarkozy n’aime pas les contre-manifestants, on le savait. Mais qu’il continue à bénéficier d’une garde rapprochée pléthorique payée par le contribuable alors qu’il n’exerce plus aucune fonction au gouvernement n’est pas normal. Ségo et Bayrou aussi sont des anciens ministres. Bové aussi suscite la controverse. Pourquoi alors seul les déplacements électoraux de Sarkozy bénéficient de mobilisations policières aussi importantes ? Pourquoi seuls les opposants à Sarkozy sont ciblés par la police et mis à l’écart sous des prétextes fallacieux (contrôle d’identité qui dure le temps du meeting, arrestations préventives de militants connus, entrave à la liberté d’expression par l’arrestation de personnes distribuant des autocollants anti-sarko…)

De : claude.attia@no-log.org
A : collectif25@no-log.org

Madame, Monsieur,

Nous vous transmettons un communiqué de presse suite à un incident survenu à Châteauneuf-du-pape (Vaucluse) lors de la venue du candidat à la présidentielle Nicolas Sarkozy. Dans une campagne hypermédiatisée, il serait bon de jouer la transparence, aussi nous vous demandons de diffuser ce communiqué fort instructif pour les millions d’électeurs qui vont se prononcer ce dimanche 22 avril 2007.

L’EFFET SARKOZY OU LE NETTOYAGE TECHNIQUE

Hier les gens de la police et les gendarmes fleurissaient sur les pavés de Châteauneuf-du-Pape, (…) un candidat en campagne et pas n’importe lequel : Nicolas Sarkozy. Il était 16h, sa venue était fixée dans une demi-heure et la petite place du village était déjà pleine. (…)
Sur les centaines de personnes présentes, il y avait donc la présence  » massive  » de douze personnes venus crier le mécontentement de la politique du « Berlusco-Bush » sans banderoles ni signes distinctifs. Et pourtant les quelques autocollants que l’on avait en main ont suffit à avertir le MIL (service d’ordre de Sarkozy) et les RG disséminés dans toute la foule.

Dix minutes après notre arrivée, il y avait pour chacun de nous deux gardes du corps un peu trop attentionnés, nous suivant partout et nous incitant finalement à ne pas faire de bêtises. Un ami qui vous veut du bien comme dirait l’autre. A tel point qu’ils se sont apparemment sentis obligé de nous dénoncer pour éviter les  » bêtises « , nous n’avons pas compris tout de suite pourquoi tout d’un coup une dizaine de policiers nous sont tombés dessus sans que l’on est rien fait et obligé de les suivre pour un  » contrôle d’identité  » sous les quolibets de la foule ( » racailles « ,  » en prison  » etc..), nous avons été rejoint par un autre groupe d’opposants arrêtés pour « port de tee-shirts suspect « .

Rapidement la police municipale nous met entre les mains des gendarmes qui nous invitent à monter dans leur fourgon en nous promettant qu’il s’agit simplement d’un contrôle de 5 minutes, en réalité on est emmené dans le local des services techniques de la mairie où l’on découvre 5 ou 6 cars de gendarmes mobiles. Nous sommes donc détenus par une unité de l’armée, sans motifs et ce pendant 1h30, on sera bientôt rejoint par deux autres personnes arrêtées également, le premier dans un bar alors qu’il avait été auparavant molesté par le MIL car il distribuait des autocollants « anti-sarkosy » à des jeunes, le second alors qu’il était tranquillement en train d’écouter Sarkozy.

En tout il y aura huit personnes encadrés par des militaires en tenus anti-émeutes durant toute la tenue du meeting, tandis que pendant ce temps là Sarkozy appelle «  les électeurs en Vaucluse à ne pas se faire confisquer le débat  » (France Info  » flash info  » du 14 avril 2007) ! Sans commentaire !

Les 5 minutes ont depuis longtemps été multipliées quand on nous annonce qu’un problème technique est survenu et qu’il faut attendre car les gendarmes ne peuvent enregistrer pour le moment nos identités. Comme par hasard, le problème de transmission informatique se terminera en même temps que le meeting et quand le mot « avocat » sera abordé par un des détenus.

Qu’est ce que cela signifie ? Bien sûr c’est un accident mineur, sans conséquence mais qui pose quand même de nombreuses questions :

1) POURQUOI ET COMMENT EST-IL POSSIBLE EN DEMOCRATIE DE SE RETROUVER EN GARDE A VUE A L’OCCASION D’UN MEETING PUBLIC EN EXTERIEUR SANS AVOIR EN RIEN TROUBLE L’ORDRE PUBLIC ?

2) POURQUOI SEUL UN CANDIDAT DEPLOIT QUANTITE DE FORCES DE L’ORDRE QUAND IL NE S’AGIT MEME PAS D’UN MEETING PRESIDENTIEL ?

3) COMMENT EST-IL POSSIBLE QUE LA GENDARMERIE NATIONALE SOIT AUX ORDRES D’UNCANDIDAT EN CAMPAGNE ELECTORALE, ALORS QUE, ENCORE UNE FOIS, AUCUN TROUBLE A L’ORDRE PUBLIC N’A EU LIEU ???

4) L’ARMEE EST-ELLE AUTORISEE A INTERVENIR DANS CE GENRE DE SITUATION ?

5) QUEL PEUT ETRE LE ROLE DES RG DANS DE TELLES ARRESTATIONS ET EXISTE-T-IL UNE COLLUSION ENTRE MIL, RG, POLICE ET GENDARME ?

Un premier éléments de réponse s’impose : le candidat Bové n’a pas eu le loisir de profiter le soir même à Avignon du moindre gendarme (que Sarkozy avait dépêché exprès de Gap) ou d’un seul policier, POURQUOI ?

Où sommes-nous en démocratie ou en monarchie, quel est ce déni de démocratie permanent quand rien n’autorise d’empêcher des gens d’assister à un meeting ?

Nous irions bien adresser ces questions au local de l’U.M.P. à Avignon mais leur réponse est annoncé dans la rue où il se trouve: Rue Thiers. Thiers ? Le massacreur de la Commune parisienne, l’auteur de la semaine sanglante où 30 000 communards, poètes, intellectuels, ouvriers et artisans périrent dans ce qui fut la page la plus sombre de la répression du peuple par son gouvernement.

Les 8 « mis au secret » à Châteauneuf-du-Pape.
Avignon, le 16 avril 2007.
Contact presse : 06 89 30 74 90