Vie privée


[Legalis.net - 24/7/2008]
Les connexions internet effectuées par un salarié depuis son poste et durant ses horaires de travail sont présumées avoir un caractère professionnel. La Cour de cassation, dans un arrêt du 9 juillet 2008, en déduit que l’employeur peut alors rechercher sur le disque dur de l’ordinateur du salarié, en son absence, des traces de ses connexions internet afin de les identifier sans que cela porte atteinte au respect de la vie privée de ce dernier.
Un salarié avait été licencié pour faute grave : un contrôle effectué par la direction de l’entreprise sur son poste informatique avait mis en évidence la consultation abusive, par cet employé, de sites internet à des fins personnelles. Cette inspection ayant eu lieu en son absence, il avait saisi la juridiction prud’homale pour atteinte au respect de l’intimité de sa vie privée. Il se fondait sur la jurisprudence issue de l’arrêt Nikon selon laquelle les salariés ont droit au respect de leur vie privée pendant leur temps et sur le lieu de travail.
Mais cette règle a été précisée, à plusieurs reprises, par la Cour de cassation. Ainsi, selon une décision du 18 octobre 2006, un employeur doit pouvoir accéder au poste informatique de ses employés en leur absence et consulter les dossiers qui s’y trouvent, en dehors de ceux expressément identifiés comme personnels. Quant à l’utilisation faite du poste informatique, il revient aux juges d’estimer ce qui relève ou non de la vie privée. Le 19 mai 2004, la Cour de cassation a exclu de cette sphère la consultation et l’animation d’un site pornographique.
Avec cet arrêt du 9 juillet 2008, la Cour de cassation précise un peu plus les contours de ce droit au respect de la vie privée des salariés en édictant une présomption selon laquelle toute connexion internet effectuée sur le lieu et le temps de travail revêt un caractère professionnel.

http://www.legalis.net/

Pour les amateurs d’histoire de flicage que nous sommes, les possibilités d’un troyen comme Turkoyan sont infinies… il suffirait d’obliger les FAI d’en inclure une variante dans la ROM de tous leurs modems ADSL et hop !

[Laurent Montserrat - AgoraVox - 23/07/2008]
Vous avez envie de surveiller vos petits camarades, savoir ce que l’ordinateur de votre petite copine contient sans qu’elle ne s’en rende compte, alors laissez-vous tenter par l’achat d’un Cheval de Troie proposé par les éditeurs Turkojan.

Plusieurs solutions s’offrent à vous, le Turkojan Bronze, Silver ou Gold Edition. Les capacités de vos chevaux de Troie varieront en fonction de la somme dépensée pour satisfaire votre névrose. En effet, la force de la petite bête qui vous permettra de prendre possession de l’ordinateur de vos amis, changera en fonction du prix. Inutile de vous préciser que vous ne pourrez pas observer vos camarades via leur webcam pour la modique somme de 99$. Il vous faudra débourser 249$ pour avoir le droit d’observer à son insu tous les faits et gestes de votre petite copine devant son écran.

Pour tous ceux qui craignent de ne pas pouvoir faire fonctionner Turkojan, ne vous en faites pas, car les programmeurs turcs ont pensé à réaliser un didactiel sous forme de vidéo vous expliquant comment envoyer à vos meilleurs amis un petit paquet cadeau contenant une délicate bestiole qui ouvrira leur ordinateur et vous permettra d’avoir accès à l’intégralité de leurs applications et dossiers.

On pourrait croire à une plaisanterie, mais malheureusement ces petits malins de l’informatique en provenance de Turquie entendent bien séduire aussi les entreprises en proposant un ensemble de services qui ne cesse de se développer. Même si le concept reste encore limité, la très sérieuse société Panda antivirus a dénoncé dans ses communiqués de presse, ces nouveaux éditeurs de programmes malveillants qui désormais ne se cachent plus.

D’ailleurs, même si le site Internet de Turkojan et la dance music turque qui tourne en boucle dans les vidéos, affichent encore un certain amateurisme, des entreprises plus sérieuses pourraient être tentées de profiter des vides juridiques de certains pays pour développer des applications malicieuses capables de faire cette fois de réels dégâts.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, nos éditeurs de Turkojan ont le culot d’indiquer que des poursuites judiciaires pourraient être engagées contre les personnes qui ne respecteraient pas les licences d’utilisation de leur logiciel. De plus, et vous ne rêvez pas, le Turkojan ne sera ni repris ni échangé si vos amis possèdent des ordinateurs équipés de Linux ou de Mac Os. Car le logiciel ne peut prendre possession des ordinateurs que s’ils sont équipés de Windows. Vous voilà prévenus !

Site internet de Turkojan

[LE PARISIEN -  jeudi 10 juillet 2008 ]

DOCTEUR EN DROIT, chargée de mission au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), Leila Bouachera, 48 ans, avait tenté, sans succès, de se présenter à l’élection présidentielle de 2007. Inconnue du grand public, cette juriste de formation installée à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) désignait à l’époque le candidat Nicolas Sarkozy comme « un réel danger pour la démocratie ». Ex-membre du RPR puis de l’UMP, elle a été cambriolée deux fois et se dit, comme Ségolène Royal, victime d’une opération « d’intimidation ».

En quoi votre cas ressemble-t-il à celui de Ségolène Royal ?

Leila Bouachera. Comme elle, mon domicile a été visité à deux reprises. Le 2 décembre 2006, seul le disque dur de mon ordinateur, qui comprenait 202 promesses de signatures, m’a été dérobé. La police n’a constaté aucune trace d’effraction. Ma porte blindée trois points n’a pas été dégradée. L’alarme laser a été désactivée. Le 23 mai dernier, le mode opératoire a été le même. C’est du travail de professionnels, pas de barbouzes. Je maintiens qu’il existe un cabinet noir à l’Elysée qui s’occupe d’intimider les gêneurs.

Pourquoi n’avoir pas déposé plainte ?

Ça ne servirait à rien. Tout le monde tourne en ridicule Ségolène Royal. Lorsqu’une femme s’exprime pour oser dénoncer la mainmise du clan Sarkozy, on la considère comme quasi folle… C’est scandaleux. Par contre, je déposerai plainte contre Nicolas Sarkozy pour détournements de fonds publics à l’époque où il était ministre de l’Intérieur. Je le ferai prochainement devant la doyenne des juges d’instruction du pôle financier du tribunal de Paris.

Vous parlez de « cabinet noir », mais avez-vous la moindre preuve ?

Comment pourrais-je apporter des preuves face à des professionnels qui rentrent et sortent de chez vous sans laisser la moindre trace ? Ce sont des fantômes… mais je ne craquerai pas.

http://www.leparisien.fr/home/info/politique/articles/UN-CABINET-NOIR-A-L-ELYSEE_298618520

[Plumes de presse - Olivier Bonnet - 13/07/2008]

Que le domicile de la dirigeante socialiste ait été à trois reprises violé, dans un contexte où le leader de la CGT et celui de la LCR ont également été victimes d’espionnage, n’a pas l’air de préoccuper outre mesure nos médias, au premier rang desquels Libération qui se précipite pour lyncher Ségolène Royal, suivant la meute UMPiste dont la décomplexion se traduit de plus en plus par la propension à manier l’insulte. A l’heure où EDVIGE légalise le fichage des dirigeants politiques et syndicaux, il règne décidément une drôle d’atmosphère en Sarkozie.

Une première visite [au domicile de Ségolène Royal] avait déjà eu lieu en décembre 2006, rappelle Libération. Et une deuxième dans la nuit du 27 au 28 juillet 2007, au cours de laquelle un ordinateur avait été dérobé. La même nuit, un autre portable était dérobé au bureau d’un de ses proches. Par ailleurs, pendant la campagne présidentielle, deux autres ordinateurs avaient été dérobés dans son entourage politique : chez sa conseillère Sophie Bouchet-Petersen, en février 2007, et un mois plus tard chez son assistante.”

Avec la “mise à sac” du logement de la présidente de Poitou-Charentes du 27 juin 2008, ça fait trois. Ce qui commence à faire beaucoup.

Et soudain tombe à pic une dépêche AFP : “Une femme de 23 ans, originaire de l’ex-Yougoslavie, a été identifiée grâce à une empreinte par les services de police comme un possible auteur du cambriolage du domicile de Ségolène Royal le 16 août 2006, avait-t-on appris jeudi auprès du ministère de l’Intérieur. L’identification de cette empreinte n’avait rien donné auparavant de sorte que le dossier avait été classé sans suite en mars 2007. Un nouveau passage de cette empreinte dans le fichier policier a permis l’identification d’une suspecte. Un dossier classé sans suite peut être rouvert dès lors qu’un élément nouveau apparaît.”

Pour aussi incroyable que cela puisse paraître, le premier à avoir informé les médias de la ô combien opportune réouverture de l’enquête n’est autre que… Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, comme le révèle @rrêt sur images.

Reprenons : une dirigeante de l’opposition de premier plan fait l’objet de trois intrusions à son domicile. Après le dernier épisode en date, elle souligne la coïncidence entre ses violentes attaques contre “le clan Sarkozy” et la tentative d’intimidation que constitue l’effraction de son appartement, qui n’est pas un couv’ gaffitudecambriolage : rien n’a été dérobé et les policiers parlent d’une “mise en scène”, avec “le procès-verbal d’une plainte déposée à l’occasion d’une précédente effraction dans ce même domicile, déchiré et exhibé sur un meuble”, comme le narre Libération.

Laurent Joffrin, qui en est directeur de la rédaction, ferait mieux de lire son propre journal, ça lui éviterait de pondre des éditoriaux aussi indignes que celui dans lequel il aborde l’affaire, où il écrit : “L’ancienne candidate a bien été cambriolée, expérience toujours traumatisante d’autant qu’elle s’est répétée. Mais des millions de Français ont été cambriolés au fil des années. Rares sont ceux qui ont incriminé le président de la République…” D’où la couverture ci-contre, qui déshonore Libération, censément journal de gauche (autrefois).

Mais quand on cambriole, c’est pour voler. Quand on ne vole rien, c’est donc qu’il s’agit d’autre chose. Et la piste politique semble effectivement plausible - sans évidemment affirmer que le chef de l’Etat lui-même soit le commanditaire des opérations. Royal n’a du reste pas accusé Sarkozy formellement.

Et voilà que tout à coup, alors que l’enquête sur l’intrusion d’août 2006 était close, Guéant en personne, proche collaborateur du président, vient informer les médias que ça y est, on l’a réouverte et qu’on tient une piste. Et qu’il s’agit en l’occurrence d’une cambrioleuse de droit commun : rien de politique là-dedans, vous voyez !

On ne nous prendrait pas un peu pour des cons ? “C’est invraisemblable ! Pourquoi découvre-t-on maintenant l’existence de cette cambrioleuse ? Comme si on avait clôturé puis rouvert une enquête sans même en être informé“, s’étonne l’avocat de Royal, Jean-Pierre Mignard. Comme Jean-Louis Bianco, député socialiste proche de Royal, qui observe sur iTélé : ’’Il suffit qu’elle parle pour que brusquement on retrouve, alors que l’affaire de 2006 avait été classée, une hypothétique coupable. Dans quelle démocratie au monde aurait-on pris l’affaire aussi peu au sérieux ?

Et de fait, dans un contexte où ont été avérées ces derniers temps l’espionnage d’Olivier Besancenot, chef de file de la LCR et promoteur du lancement du Nouveau parti anticapitaliste, et de Bernard Thibault, leader du syndicat CGT, cette nouvelle affaire devrait interpeller. Surtout à l’heure où EDVIGE, officialisant le fichage des dirigeants politiques, syndicaux et religieux, met la France au niveau de la défunte République démocratique allemande et des pratiques de sa Stasi.

L’annonce de l’identification de la suspecte par Libération inclut enfin un exercice de foutage de gueule de très haute volée : “Sans vouloir entrer dans la polémique avec l’ex-candidate socialiste, qui a mis en cause « le clan Sarkozy » après ce troisième cambriolage, l’Elysée juge « grotesque » sa thèse.” Incroyable de tartufferie : si l’on ne veut pas “entrer dans la polémique”, on ne qualifie pas le rapprochement opéré par Royal d’un terme aussi dégradant que “grotesque” !

“Un très proche collaborateur du président de la République [Claude Guéant, donc] rappelle que lorsque ce dernier était ministre de l’Intérieur, il a fait légiférer sur le contrôle des officines dont, affirme-t-il, il a toujours trouvé les méthodes déplorables. Vacciné, à l’en croire, par les affaires d’officines ayant sévi sous de Gaulle, Giscard, Mitterrand et Chirac, le même ajoute que cette époque est révolue : « Et si on avait des envies d’officines, on saurait se souvenir du passé. » canard enchaîné

On se pince ! Renvoyons ceux qui ont la mémoire courte à un billet du 2 février 2007 : “Ainsi donc, les Renseignements généraux espionnent tout le monde ! Bruno Rebelle, collaborateur de Ségolène Royal, Antoine Royal, le frère de la candidate, ils enquêtent aussi sur le patrimoine du couple Royal - Hollande… Toutes ces révélations étant assénées, semaine après semaine, par Le canard enchaîné. Le journal suisse Le matin, quant à lui, affirme même que seraient menées des investigations sur la vie privée des “rédacteurs un peu trop à gauche”, pour les inciter à se montrer plus conciliants envers le petit César ! Et voilà que Le Nouvel Observateur s’y met à son tour, dévoilant la façon dont les mêmes RG fichent les riverains du QG de campagne de Nicolas Sarkozy.”

On voit dès lors que les dénégations de Guéant, sur l’air de “pensez-vous, pas nous, on ne mange pas de ce pain-là” sont… comment dit-il, déjà ? Ah oui : grotesques !

http://www.plumedepresse.com/spip.php?article527

[Internet Actu - 20/06/2008]

Au Hacker Space Festival, parfois, on rigole moins : journaliste allemande, Anne Roth narra ainsi ce que cela fait d’être la femme d’un terroriste. Son mari, Andrej Holm, un sociologue allemand, a été arrêté l’an passé et accusé de participation à une organisation terroriste.

Les policiers n’avaient aucune preuve. Mais après les avoir placé sous surveillance, pendant un an, ils estimèrent avoir réuni suffisamment d’éléments indiquant des “intentions conspirationnistes” : il avait en effet effectué des requêtes sur des moteurs de recherche, et écrit des textes comportant certains “mots-clefs” suspicieux. Il avait également accès, “en tant que collaborateur d’un institut de recherche, à des bibliothèques qu’il (pouvait) utiliser en toute discrétion pour mener les recherches nécessaires à la rédaction des textes” du groupe terroriste recherché… et son bagage intellectuel et ses réseaux militants laissaient supposer qu’il pouvait en être l’auteur.

De plus, son email n’était pas de la forme prenom.nom@, et il lui arrivait de ne pas préciser (au téléphone) la raison pour laquelle il donnait rendez-vous à ses amis. Pire : il lui arrivait aussi de ne pas prendre son téléphone portable avec lui. C’est donc qu’il avait des choses à se reprocher. Libéré en novembre dernier, après près de quatre mois de détention, Andrej Holm n’a toujours pas été jugé.

http://www.internetactu.net/2008/06/20/hackers-et-sans-complexe/

[Bruno Kerouanton - 15/05/2008]

Le souci lorsque l’on se déplace hors des frontières, c’est qu’il faut parfois prendre quelques précautions lorsque l’on embarque son matériel électronique. [Dans] certains pays réputés un peu tatillons, on peut se voir saisir son ordinateur portable pendant la durée du passage aux douanes. Dans les pays les plus indélicats, on risque même de ne pas le récupérer du tout. Dans d’autres, on le récupérera au bout d’un temps plus ou moins long… le temps pour les autorités locales d’en dupliquer les données.

Tout cela, on le savait déjà, du moins je l’espère pour ceux et celles qui voyagent. Là où cela devient plus ennuyeux, c’est que les Etats-Unis se sont mis procéder de la sorte. L’Angleterre et d’autres honnêtes pays aussi, ne soyons pas toujours contre les mêmes !

Pour preuve, un plaidoyer rédigé par ni plus ni moins que Bruce Schneier dans le quotidien The Guardian ce matin.

Dans son article, il indique que les agents de douane américains ont obtenu l’autorisation depuis un mois de “conserver” les ordinateurs mais également tout appareil électronique susceptible de contenir des données, pour en permettre “la fouille”, donc plus précisément la copie des informations Il leur est même permis de confisquer pour plusieurs jours le tout, téléphones portables, agendas électroniques etc… Pas de très bonne augure, n’est-il pas ?

Bruce Schneier a réagi en envoyant une lettre au Congrès afin de leur suggérer une enquête visant à limiter ces pratiques dignes des barbouzeries de la guerre froide.

Quoi qu’il en soit, il est nécessaire de trouver une solution. Lors du passage en douane, l’agent va vous demander d’allumer votre ordinateur, puis si il ou elle constate que celui-ci refuse de démarrer, vous serez certainement obligé-e de saisir le mot de passe de démarrage. Et je suppose qu’ensuite, vous n’aurez qu’à
laisser votre cher ordinateur sur place, je vous laisse deviner la suite.

L’histoire a démontré récemment que cela n’arrive pas que pour les ordinateurs portables… L’un des contributeurs du projet Gnu Radio qui cherchait à se rendre à une conférence sécurité pour y présenter ses dernières trouvailles en matière de cassage de chiffrement GSM à l’aide de FPGA et de rainbow-tables s’est tout bonnement vu confisquer sa carte SIM et son matériel électronique (mais pas son ordinateur !!!) par les agents de douane à l’aéroport d’Heathrow près de Londres. Il a pu récupérer le tout quelques jours après. (more…)

Il y a déjà des cas de divorce motivés par des e-mail ou des SMS que l’un des conjoints a découvert sur l’appareil de l’autre… à quand le divorce suite aux découvertes faites dans l’Historique Web ou l’Historique de recherches Google ? Et que va t’il se passer le jour où la justice exigera d’avoir accès à ces informations dans le cas d’une affaire criminelle ?

Et qu’est ce qui empécherait Google de vendre ces données à des sociétés d’assurance qui les utiliseraient pour profiler leurs clients… si tu fais des recherches sur “diabète” alors que tu as déclaré être en bonne santé, c’est donc que tu as menti peut-être… et hop, on t’augmente ton tarif.

Comme disait l’artiste Susan Kay : “Même ta mère n’en sait pas autant sur toi que l’Historique Web de Google”

[01 Net - 04/06/2008]
La justice a donné tort à une internaute qui désirait effacer ses traces sur Internet. Elle exigeait que Google retire des informations, remontant à dix ans, stockées sur ses serveurs.

Qu’on se le tienne pour dit, il n’est guère facile d’effacer ses traces sur Internet. Le tribunal de grande instance de Paris a estimé que Google n’avait pas à effacer de ses serveurs les informations personnelles d’une internaute au motif que la loi française ne saurait s’appliquer à une société américaine.

Pour motiver sa demande, Bénédicte S. avait évoqué la loi Informatique et libertés de janvier 1978 dont l’article 7 stipule qu’un traitement de données à caractère personnel doit avoir reçu le consentement de la personne concernée (…). Un argument que n’a pas retenu le juge, comme le montre l’ordonnance du tribunal révelée par Legalis.net.»…

http://www.01net.com/editorial/381634/google-echappe-a-la-loi-informatique-et-libertes

La direction du site Wikipedia France se félicite de cette arrestation ? S’il fallait encore une preuve que les “admins” et “modérateurs” de Wikipedia France sont des petits cons bouffis d’orgueil en quête de respectabilité… la voici.

Est-ce qu’on a vu la direction de Wikipedia France se précipiter pour livrer à la police les collaborateurs des députés UMP ou bien les marketeux  MONSANTO qui vandalisent les pages qui leur déplaisent (merci WikiScanner !) ? Non, bien sur, pas fous les mecs…

Livrer un plaisantin internaute à la police, c’est beaucoup moins risqué…

[Voici - 27/05/2008]

Philippe Manœuvre n’avait pas du tout apprécié que l’encyclopédie collaborative en lgne Wikipédia annonce son décès dans biographie le mois dernier. Et il avait raison vu qu’il n’était pas mort. Bref, le journaliste rock et accessoirement juré de La nouvelle star avait décidé de porter plainte contre X. Un jeune suspect de 21 ans a été placé en garde à vue et tout son matériel informatique a été confisqué par les autorités, d’après la magazine en ligne Numerama.
L’enquête ayant démarré le 5 mai dernier, il a donc fallu moins de quinze jours aux enquêteurs pour remonter jusqu’à l’origine de cette information“. De quoi inquiéter les petits malins qui s’amuseraient à dispenser de fausses informations sur Wikipédia. La direction du site se félicité de cette arrestation. Il est important que, désormais, les plaisantins sachent qu’ils risquent d’être inquiétés pour toute insertion diffamatoire, fausse ou volontairement biaisée dans un média tel que Wikipédia et que les plaintes aboutissent à une enquête qui mène à la garde à vue et la saisie du matériel, sans préjuger du résultat de l’éventuel procès“.

http://www.voici.fr/potins-people/les-potins-du-jour/philippe-manaeuvre-son-fossoyeur-arrete-219712

Cette info soulève des tas de questions : comment la police a-t’elle obtenue l’identité du posteur ? Sur la base de quel délit ? Annoncer par erreur la mort de quelqu’un n’est pas un crime, sinon Jean-Pierre Elkabbach serait déjà en prison… bien sûr, si l’internaute avait formulé l’annonce de la mort sous la forme d’une menace… mais cela ne semble pas être le cas.

Si la police se met à enfoncer les portes de toutes les personnes qui écrivent des conneries sur Wikipedia, elle n’aura plus le temps de s’occuper des ‘vrais’ criminels…

Il avait ”tue” Philippe Manoeuvre sur Wikipedia : interpelle, et ordinateur confisque
[Arrets Sur Images - 25/05/2008]
On ne plaisante plus avec Wikipedia ! Le 18 avril, un internaute avait modifié la fiche du journaliste Philippe Manoeuvre (juré de la Nouvelle Star) sur Wikipedia, en indiquant qu’il était mort.
Selon Manoeuvre, cité par un des administrateurs bénévoles de Wikipedia Wikimedia France qui a répondu aux questions d’@si, cet internaute a été interpellé, puis relâché. Son matériel informatique a été confisqué. « Le dossier a été transmis au Parquet de Paris », a confirmé à @si le commissariat du 17ème arrondissement, sans vouloir donner d’autres détails.
20 Minutes.fr et Le Nouvel Obs.com avaient démenti la mort de Manoeuvre dès le 18 avril. En revanche, il semble qu’aucun média, traditionnel ou en ligne, n’ait repris cette fausse information.»…

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=764

Rapport de la CNIL : les Français face à l’angoisse du fichage

[France Info - 16 mai 2008]

La Commission nationale informatique et libertés (CNIL) a rendu son rapport 2007. Elle constate que les plaintes augmentent de 25% et surtout que les demandes individuelles d’accès aux fichiers des forces de l’ordre, en particulier à celui des Renseignements généraux explosent de 67%. Il s’agirait d’une conséquence de l’affaire Bruno Rebelle.

Nom : Rebelle Prénom : Bruno Date et lieu de naissance : 1 er décembre 1958 à Annecy (74).  Ainsi commence - comme des dizaines de milliers d’autres - la fiche constituée par les Renseignements généraux (RG) sur Bruno Rebelle, ancien président de Greenpeace France, devenu conseiller de Ségolène Royal lors de l’élection présidentielle. Suit un résumé de sa carrière. Rien de très compromettant.

Mais quand, en février 2007, l’intéressé a demandé à la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) d’avoir accès à cette fiche des RG suite à sa révélation par la presse, il semble avoir fait des émules.

C’est du moins ainsi qu’Alex Turk, président de la CNIL, analyse l’engouement sans précédant pour les “demandes d’accès indirect”. Immédiatement après l’affaire Bruno Rebelle, 500 demandes sont arrivées. “90% d’entre elles étaient inconnues”, indique la commission. La CNIL a du mal à faire face à l’afflux de demandes,

Autre enseignement du rapport 2007, qui va dans le même sens que l’augmentation des demandes d’accès aux fiches, l’explosion des plaintes liées aux atteintes à la vie privée et au croisement des fichiers : plus 25% en 2007, soit 4.445. Les plus visés sont les secteurs de la banque, du crédit, de la prospection commerciale, les lieux de travail et les télécommunications. Sur 164 missions de contrôle effectuées l’an dernier, la CNIL a dû sévir 115 fois, avec neuf sanctions financières de 5.000 à 50.000 euros à la clé.

Alex Turk n’a pas caché son inquiétude face au développement des technologies intrusives qui permettent de croiser les données personnelles (biométrie, vidéosurveillance, cartes téléphoniques ou bancaires, réseaux sociaux et moteurs de recherche sur Internet). “au rythme où nous allons, nos enfants et nous-mêmes, dans quelques années, nous ne bénéficierons pas de la même liberté d’aller et venir que les générations qui nous ont précédé ou actuelles”, prédit-il. “Le traçage dans l’espace et dans le temps” des individus “met en cause les deux libertés les plus fondamentales”,celles du mouvement et d’expression. Il demande donc que le droit à la protection des données individuelles soit inscrit dans la constitution. Et plus précisément, il souhaite que le gouvernement révise le régime juridique de le télésurveillance, “juridiquement obsolette”, à l’heure où la ministre de l’Intérieur veut multiplier les caméras de vidéosurveillance.

Il demande aussi la création d’un pass navigo anonyme dans les transports parisiens. Et regrette l’adoption du passeport biométrique à huit empreintes digitales (les autre pays européens en prélèvent deux) par simple décret, sans même un débat au Parlement.

http://www.france-info.com/spip.php?article136328&theme=9&sous_theme=12

C’est justement PARCE QUE l’avis de la CNIL allait contre celui du gouvernement que celui-ci l’a ignoré. On va quand même pas se laisser emmerder par les défenseurs de la vie privée non ? On est en guerre contre des méchants terroristes qui veulent “venir, jusque dans nos bras, égorger nos fils et nos compagnes”, alors les libertés démocratiques, hein….

[ NOUVELOBS.COM | 17.05.2008 ]

Le décret instituant le nouveau passeport biométrique est paru au JO du 4 mai alors que l’avis de la Cnil est paru le 10 mai. La loi exige pourtant que les avis de la commission soient publiés “en même temps” que les actes réglementaires concernés.  Les premiers passeports biométriques seront mis en circulation en octobre 2008.

Le président de la Commission nationale de l’informatique et des libertés Alex Türk a jugé vendredi 16 mai “choquant” que l’avis de la Cnil émettant des réserves sur le nouveau passeport biométrique ait été publié après le décret instituant ce nouveau système. La loi exige que les avis de la Cnil, autorité indépendante chargée de veiller à la protection des données personnelles informatisées, soient publiés au Journal officiel (JO) “en même temps” que les actes réglementaires concernés, a rappelé Alex Türk en présentant le rapport annuel de la commission. Le décret instituant le nouveau passeport biométrique est paru au JO du 4 mai et l’avis rendu par la Cnil le 11 décembre 2007 est paru le 10 mai.

Pas de débat “Il y a eu un loupé administratif qui ne nous est pas imputable”, a affirmé le secrétaire général de la Cnil, Yann Padova. “Demandez au secrétariat général du gouvernement” chargé de la parution des textes réglementaires, a dit Alex Türk, qui a jugé cet épisode “choquant”.

L’avis de la Cnil émettait plusieurs réserves à propos du nouveau passeport, que le gouvernement a ignorées. La commission souhaitait qu’un débat ait lieu au Parlement dans le cadre d’une loi, ce que ne permet pas le passage par un décret. En outre, elle n’a pas estimé avoir les éléments justifiant la création d’une base de données centralisant les informations contenues dans le nouveau passeport (une photo numérisée et les empreintes digitales de huit doigts).

Empreinte de huit doigts Enfin, la Cnil a souligné que la France allait plus loin que le règlement européen, qui n’envisageait pas non plus le recueil de l’empreinte de huit doigts, mais de deux. “Nous n’avons pas été entendus, nous le regrettons très vivement”, a insisté Alex Türk tout en soulignant que la Cnil “n’abandonnait pas” l’espoir de faire valoir ses arguments, notamment lors du prochain débat parlementaire sur la carte d’identité numérique, prévu à l’automne. Le dossier sur cette future carte d’identité doit être soumis pour avis à la Cnil “la semaine prochaine”, a précisé Alex Türk.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20080516.OBS4180/la_cnil_choquee_que_son_rapport_ait_ete_publie_apres_le.html

[LE MONDE | 17.05.08]

Les fondations de la première base de données biométriques, destinée à rassembler la majeure partie de la population française, auront été posées contre l’avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Son président, Alex Türk, l’a rappelé, vendredi 16 mai, lors de la présentation du rapport annuel de l’autorité indépendante.

Un décret, publié le 4 mai, instaure en effet la prochaine génération de passeports, dont la nouveauté est de reposer sur un fichier central.  Cette base de données contiendra les informations renfermées dans tous les nouveaux passeports (huit empreintes digitales et l’image faciale numérisée du porteur), ainsi que, à terme, celles concernant les titulaires de la future carte nationale d’identité. Or la CNIL avait rendu, le 11 décembre 2007, un avis défavorable au dispositif.

La commission a d’abord déploré l’usage de la voie réglementaire. “Nous pensons que l’importance de l’enjeu aurait justifié un passage devant le législateur, mais nous n’avons pas été entendus”, a expliqué M. Türk. La CNIL a également jugé disproportionné la création d’un fichier central et le prélèvement de huit empreintes. Ces caractéristiques vont au-delà des dispositions de la réglementation européenne, qui réclame le prélèvement de deux empreintes digitales seulement.

La loi informatique et libertés de 1978, révisée en 2004, dispose que l’avis de la CNIL doit être publié à côté du décret qui a fait l’objet de sa saisine. Bien que symbolique, cette prérogative de l’autorité n’a pas été respectée. M. Türk s’est ainsi ému de ce que l’avis défavorable de la CNIL n’ait été publié que le 10 mai, avec presque une semaine de retard.  Au ministère de l’intérieur, on rappelle que la portée du décret en question est très faible. En particulier, il ne permet pas que la base de données biométriques instituée puisse être pleinement utilisée et que soient menées des comparaisons “automatiques” d’empreintes. Permettre ce type d’opération, assure-t-on Place Beauvau, passera par le législateur, dans le cadre du projet de loi sur l’identité numérique. Celui-ci, qui comprendra le volet sur la future carte d’identité, doit être soumis cet été à la CNIL, pour avis.

[ZD Net 15 mai 2008]
La future fonctionnalité de Google Maps suscite des interrogations en Europe.  Street View permet de visualiser des rues et des immeubles au niveau de l’oeil ; l’outil est agrémenté d’un système de vision à 360°, avec des photos panoramiques. Pour réaliser ce système, les ingénieurs de Google parcourent les rues à l’aide de voitures équipées qui prennent ces prises de vues.

Cette façon de procéder a attiré l’attention du contrôleur européen de la protection des données, Peter Hustinx (*). « Prendre des photos partout et en tout lieu va probablement créer des problèmes », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse, selon des propos rapportés par Reuters. Car le processus amène inévitablement à prendre des photos de passants.

Google veut rendre les visages flous

Le moteur de recherche a déjà été confronté à ce type de problème aux États-Unis : certaines personnes se sont plaintes d’avoir été photographiées à leur insu, puis d’apparaître dans Google Maps. Pour se défendre, Google a annoncé, cette semaine, qu’il allait tester un outil capable de rendre flou les visages pour les rendre méconnaissables.

C’est pourquoi Peter Hustinx, tout en faisant sa mise en garde, s’est dit confiant en la volonté de Google de respecter la législation européenne en matière de protection de la vie privée.

Street View est aussi dans le collimateur du Pentagone, aux Etats-Unis : il a demandé à toutes les bases militaires d’empêcher les équipes de réaliser des vues panoramiques de leurs installations.

(*) Il a pour rôle de contrôler l’application des régulations relatives à la protection des données au sein des institutions et des organes de l’Union européenne. Il travaille également en étroite coopération avec le Groupe Article 29, qui représente l’ensemble des autorités européennes en charge de la protection des données, comme la Cnil.

http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39381064,00.htm

[Le Point - 05/05/2008]

Notre opérateur stocke pendant un an nos données techniques (nom, prénom, numéro de téléphone, adresse, date, heure des appels, durée des appels et des textos, numéros de l’appelant et du destinataire, numéro de carte bancaire…). Le but est d’identifier les personnes recherchées par la police dans le cadre d’une enquête pénale.

Les textos émis ou reçus par notre mobile peuvent être transmis aux magistrats, officiers de police judiciaire et agents des douanes qui en font la demande par réquisition dans le cadre d’une enquête judiciaire.

Ecoutes judiciaires : Des écoutes judiciaires, justifiées par la répression d’infractions pénales punies d’une peine de prison supérieure à deux ans, permettent l’enregistrement des voix, la lecture des SMS et la géolocalisation des portables. En 2006, 20 000 écoutes judiciaires ont été requises. C’est le juge d’instruction, dans le cadre d’une commission rogatoire, ou le parquet, qui ordonne la mise en place d’écoutes des conversations téléphoniques.Techniquement, les opérateurs procèdent aux interceptions et transfèrent, sans y avoir accès, les contenus à l’officier de police judiciaire requérant, lequel dresse un procès-verbal qu’il met à disposition du juge.

Pour réguler le système et assurer la confidentialité du transport des données, la place Vendôme se dotera bientôt d’une “plate-forme nationale des interceptions judiciaires” (prévue pour 2009). L’objectif est de maitriser les frais de justice générés par les écoutes judiciaires, cette fonction étant assurée par la Délégation aux interceptions judiciaires placée au sein du secrétaire général du ministère de la Justice. La plate-forme servira de vecteur technique et d’authentification des réquisitions adressées par les officiers de police judiciaire aux opérateurs de communications électroniques et aux fournisseurs d’accès Internet.»…

http://www.lepoint.fr/actualites-societe/internet-et-telephone-comment-sommes-nous-traces/1597/0/240460

[Internet Actu - Jean-Marc Manach le 08/04/08]

A qui profite la traçabilité ? Du point de vue industriel, les gains sont d’abord et avant tout d’ordre logistique. Mais qu’en est-il des consommateurs, et de la confiance qu’ils accordent (ou non) aux produits qui leur sont proposés, et donc à leurs fabricants, et distributeurs ?

Le code à barres a 30 ansPeu connue du grand public, GS1 (Global Standard, “1 pour unique et universel) fédère quelque 30 000 entreprises en France (et un million dans le monde). Sa mission : accompagner “l’émergence de standards internationaux qui optimisent les échanges d’informations entre l’industrie et le commerce et simplifient la vie quotidienne des consommateurs“, et donc les codes-barres, étiquettes radiofréquence (RFiD) et autres EDI (Echange de données informatisé).

Dans une étude sur “la traçabilité perçue par les consommateurs des 5 continents” (France, Royaume-Uni, Etats-Unis, Australie, Afrique du Sud, Brésil, Chine et Russie), GS1 et l’éditeur de logiciels Trace One ont interrogé un échantillon représentatif de 4344 internautes, révélant les écarts de culture, et de perception, autour de cette notion de “traçabilité“. La différence entre aliment et médicament ? Le dosage…

Ainsi, Français, Russes et Brésiliens s’intéressent tout particulièrement à l’alimentation, et plébiscitent la traçabilité de la viande, des produits laitiers, de la mer, frais et surgelés. La traçabilité des OGM est elle aussi considérée comme prioritaire par 66% des Brésiliens, 59% des Français, 55% des Chinois, mais seulement 36% des Britanniques, et… 19% des Américains. (more…)

[La Presse Canadienne -  Jim Bronskill - 10/04/2008 ]
Les Canadiens ne devraient pas craindre le partage international de renseignements biométriques comme les empreintes digitales, croit le secrétaire américain à la Sécurité intérieure, Michael Chertoff.

Selon lui, les empreintes digitales sont comme les traces de pas: elles ne sont pas vraiment privées, parce qu’on peut les trouver sur différents articles partout à travers le monde.

Le Canada travaille en collaboration avec les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni à élaborer un échange systématique de données biométriques, soit des identifiants uniques comme les empreintes digitales, l’image faciale et le balayage de l’iris.

Les quatre pays ont accepté d’échanger des données afin d’améliorer les contrôles frontaliers et d’immigration d’ici 2009. Ils espèrent trouver une façon de partager ces données à l’aide de programmes électroniques de correspondance d’ici 2010.

Dans le cadre d’une rencontre internationale le mois prochain, le FBI prévoit dévoiler les détails d’un projet baptisé «Server in the Sky» (serveur aérien), qui permettrait aux quatre pays de comparer les données biométriques de personnes coupables ou soupçonnées de terrorisme.

Ce concept inquiète, puisqu’il pourrait signaler la fin des méthodes traditionnelles d’utilisation et de partage des renseignements sur la sécurité, croit Roch Tassé, de la Coalition pour la surveillance internationale des libertés civiles.

M. Chertoff a pour sa part affirmé que le partage des empreintes digitales, qui peuvent difficilement être imitées, aide à protéger la vie privée, puisqu’il permet d’empêcher le vol d’identité. Selon lui, le partage des données ne constitue pas une menace, mais plutôt la meilleure protection possible de la vie privée.

http://www2.canoe.com/techno/nouvelles/archives/2008/04/20080410-082724.html

[CNIL - 07/05/2008]
Nombreux sont les adolescents qui ne voient aucun problème à exposer leur vie privée sur Internet sur les blogs, les réseaux sociaux, les forums de discussion ou les sites communautaires. Les jeunes doivent pourtant prendre conscience que cet espace de liberté n’est pas un espace de non droit et qu’Internet peut aussi porter atteinte à la vie privée.

Le sujet méritant débat, la CNIL propose, en partenariat avec Internet Sans Crainte, à l’occasion de la fête de l’Internet du 11 au 18 mai, un petit document avec quelques pistes pour lancer la discussion auprès des 12-17 ans.

À l’occasion de la Fête de l’Internet, 430 Espaces Publics Numériques de 250 communes se mobilisent pour sensibiliser les jeunes et leurs parents aux bons usages de l’Internet avec Internet Sans Crainte. L’opération est relayée au sein des écoles et collèges par le Ministère de l’Education Nationale.

  • Ça vous dirait que dans 10 ans votre futur employeur sache comment s’est passée votre dernière petit fête entre amis ?
  • Cela ne vous dérange pas d’être une cible publicitaire ?
  • Je peux publier ce que je veux ! Quand je veux ! Si je veux ! Sûr de çà ?
  • Peut-on me retrouver même si je ne laisse aucune info personnelle ?
  • Dans un combat contre un robot « aspirateur de mail », vous auriez le dessus ?
  • L’intimité est-elle encore d’actualité à l’heure du web collaboratif ?
  • Si ma liberté s’arrête là où commence celle des autres, où s’arrête ma liberté sur le web ?

http://www.cnil.fr/index.php?id=2429

[Small Brother - 11 mai 2008]
L’information a été publiée par différents blogs: une voiture surmontée par un impressionnant dispositif de prises de vues à 360° sillonne les rues de différentes villes françaises comme Lille ou Paris. L’opération est réalisée par Google qui alimente ainsi son nouveau système Street View associé à Google Earth et qui permet de visiter les lieux comme si on y était.

Après la cartographie et les vues satellites, il s’agit donc d’un raffinement qui franchit un pas parfois problématique. En effet, les rues ne sont pas photographiées vides et Google va devoir régler l’épineux problème du droit à l’image. Comment vont réagir les personnes qui vont se trouver ainsi exposées au yeux du monde entier, souvent sans même s’être rendues compte qu’elles étaient photographiées? Le plus simple, pour Google, est sans doute de flouter systématiquement les visages et les plaques d’immatriculation…

http://www.smallbrothers.org/actu_Google_photographie_rues_Paris_11_05_2008.htm

Alain Bauer et ses copains sécuritaires ont fait fortune en vendant ce genre de “recettes miracles” aux communes appeurées - flicons, flicons… mais cela n’a pas servi à grand chose, si ce n’est à faire croire qu’on agissait…

Le fiasco de la surveillance vidéo en Grande Bretagne

[France Info - 09/05/2008]

On compte une caméra pour 14 Britanniques. Dans les années 90, la Grande Bretagne a développé cette politique ultra sécuritaire de surveillance pour faire reculer la criminalité et la délinquance. Aujourd’hui, le modèle montre ses limites.

Les responsables de la police britannique parlent d’un véritable fiasco. Ils dénoncent des dépenses trop importantes au regard des résultats : “Des milliards de livres ont été dépensés dans le matériel mais on n’a pas réfléchi à la manière dont la police allait utiliser les images et comment elles seraient présentées au tribunal“, explique Mike Neville, responsable du bureau des images de Scotland Yard.

Selon lui, les images provenant des 65 000 caméras londoniennes n’ont permis d’élucider que 3% des vols commis sur la voie publique. Certains rapports estiment même que l’argent dépensé dans la vidéosurveillance aurait sensiblement permis de faire baisser la criminalité s’il avait servi à augmenter l’éclairage public. Et pourtant, dans les années 90, le ministère de l’Intérieur y avait consacré 80% du budget anti-criminalité, environ 630 millions d’euros entre 1994 et 2004.

En France, le modèle britannique et ses 4,2 millions de caméras, sert encore d’exemple au gouvernement. L’année dernière le secrétaire d’Etat à l’emploi, Laurent Wauquiez, (alors porte parole du gouvernement) faisait valoir que “le système de surveillance britannique permettait d’assurer mieux la sécurité du territoire “.

De son côté, la ministre d’Intérieur Michel Alliot-Marie compte tripler le nombre de caméras, pour porter le chiffre à 60.000 avant la fin de l’année 2009. Une politique qu’elle explique par la lutte contre le terrorisme. En 2005, la vidéosurveillance avait contribué à identifier les quatre poseurs de bombes des attentats de Londres, qui avaient fait 56 morts.

http://www.france-info.com/spip.php?article132075&theme=14&sous_theme=14

La règle est simple (au vu des nombreux exemples) : si vous mettez vos données sur Facebook, elles sont publiques et visibles de toute personne qui voudra se donner la peine de les trouver… il faut le savoir. Si vous ne le voulez pas, alors fermez votre compte Facebook.

Et commencez d’ores-et-déjà à réfléchir à une stratégie à appliquer dans le cas où on vous “volerait” votre identité à des fin frauduleuses : posez la question à votre banque, surveillez votre compte ebay ou priceminister, changez régulièrement votre mot de passe webmail, etc. etc.

La BBC met à mal la confidentialité sur Facebook

[Le Monde 05.05.08]

Pour montrer que les données personnelles des utilisateurs du site de socialisation Facebook sont facilement accessibles à des tiers, des journalistes de la BBC ont créé”en moins de trois heures” une application “que n’importe quelle personne avec des connaissances de base en programmation” pourrait élaborer. Ce programme, qui peut indifféremment se présenter sous la forme d’un quizz ou d’un jeu, permet d’obtenir à l’insu de l’internaute son nom, son adresse, le nom de son employeur et sa date de naissance, ainsi que ceux de ses proches.

L’application, créée par les journalistes du programme télévisé Click, a été ajoutée aux comptes de quatre utilisateurs de Facebook. Pas la peine de l’avoir soi-même installée pour en être victime, il suffit d’avoir un de ses amis qui l’a fait. Les créateurs du programme”ont ainsi pu accéder aux données personnelles de ces quatre personnes et de leurs amis sur Facebook, même si beaucoup d’entre eux avaient pris soin de cacher ces données de leur profil public“, explique la BBC.

Ces lacunes dans la sécurité du site signifient que des personnes mal intentionnées pourraient recueillir ces données et procéder à des vols d’identité pour, par exemple, ouvrir un compte en banque avec les données d’une victime. “La seule façon complètement sûre d’empêcher le partage des données est de retirer toutes les applications et de ne pas les utiliser“, soulignent les auteurs du programme.

Facebook a indiqué à la BBC que le site “disposait d’une technologie sophistiquée et d’une équipe spécialisée pour s’attaquer aux activités non autorisées des applications“. Le site demande en outre aux créateurs d’applications de se conformer à “des conditions d’utilisation” qui leur interdisent notamment de recueillir les coordonnées des utilisateurs.

Dans les conditions générales d’utilisation, les usagers de Facebook sont également prévenus : “Vous publiez sur ce site des informations (…) à vos risques et périls. (…) Même si nous vous permettons de définir des options de confidentialité visant à limiter l’accès à vos données, soyez conscient qu’il n’existe aucun système de sécurité infaillible. (…) Nous ne pouvons donc en aucun cas garantir que le contenu que vous publiez sur ce site ne sera pas vu par des personnes non autorisées.

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2008/05/05/la-bbc-met-a-mal-la-confidentialite-sur-facebook_1041226_651865.html#ens_id=1025210

C’est vieux comme le monde que la police fabrique la menace pour faire peur … déjà sous les Romains, le préfet Crassus avait fait croire aux braves bourgeois que leurs esclaves étaient à deux doigts de les égorger et qu’il fallait absolument qu’on lui vote les pleins pouvoirs…

Le FBI a maintenant plus de 100 “Task-Forces” dédiées uniquement à la lutte anti-terroriste. Mais le gouvernement Bush fabrique t’il des fantômes?

Article publié dans le journal Rolling-Stone le 7 février 2008. Traduit par Géantvert.

“Bon alors, tu veux faire quoi? demande son ami.

“La cible ?” répond le “candidat djihadiste. “Je veux un truc genre hall de mairie, un bâtiment officiel”

C’était fin Novembre 2006, le jeune Derrick Shareef (22 ans) et son ami Jameel trainaient à Rockford Illinois, et rêvaient d’organiser une attaque terroriste contre l’Amérique. Les deux hommes n’étaient pas surs du genre d’attaque à réaliser. Tout ce que savait Shareef c’est qu’il voulait causer le maximum de dégâts, et se venger contre ce pays qu’il rendait responsable de l’oppression des musulmans dans le monde. “Trouer un juge”, disait Shareef. “Peut-être mettre une bombe dans un bâtiment officiel”.

Mais même si Shareef développait ses rêves de violence, il ne représentait pas un risque sérieux comme djihadiste. Né aux USA et converti à l’islam, il n’avait aucun entrainement militaire et aucune arme. Il avait moins de 100$ en banque et occupait un poste sans avenir, comme surveillant dans un magasin de jeux-vidéo. Pas de véhicule. Sa situation financière était déplorable, pas même un endroit pour vivre. Puis un jour, Jameel, un brave musulman, était apparu à EB Games et lui avait proposé de l’héberger.

Quelques heures après la rencontre avec son nouveau “frère” Shareef avait déjà emménagé chez Jameel, ses 3 femmes et ses 9 enfants. Lors de cette cohabitation, les deux compères fantasmèrent sur des cibles à Rockford, une ville du Midwest de 150.000 habitants, avec une minuscule communauté musulmane, et connue seulement pour avoir été la ville de Cheap Trick.

Le fait que Shareef soit un “loser” sans aucun moyen de passer de l’imagination à l’action, n’empêcha pas son ami de l’encourager dans ses rêves de “grandeur”. Au contraire, Jameel stimula continuellement Shareef dans ses plans: “quand vas-tu le faire?” demandait-il à Shareef, à propos de son projet contre un bâtiment officiel. “Il nous faut des plans précis et des dates “ (more…)

[Google Sightseing - 21/04/2008]

On est tous passés par là : l’objectif de la caméra se tourne vers nous et nous ressentons soudain l’envie irrespressible de faire quelque chose qui l’impressionera. Malheureusement, cela ne marche pas toujours.

Prenez par exemple le cas de ce jeune homme sur son vélo à Cleveland - il a repéré le Googlemobile dans sa rue et se dit que ce serait cool de se faire immortaliser sur Google Street View entrain de faire une acrobatie sur son vélo… le voilà donc parti!

Malheusement il rate son coup et se fait photographier entrain de se prendre une belle gamelle avec son biclou.

Alors que le Googlemobile poursuit sa route, l’appareil photo monté sur le toit immortalise les tentatives desespérées du jeune homme de se dégager de son vélo en tentant une roulade arrière.

Google Street View est un témoin cruel….

http://googlesightseeing.com/2008/04/21/worlds-greatest-cunning-stunt/

[Le Monde Informatique - 23/04/2008