Un truc idéal pour pirater les données de tous les smartphones de cadres qui utilisent les bornes de rechargement dans les aéroports… à mon avis les Chinois y ont déjà pensé
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[01 Net - 04/06/2013]
14 juin 2013
Un truc idéal pour pirater les données de tous les smartphones de cadres qui utilisent les bornes de rechargement dans les aéroports… à mon avis les Chinois y ont déjà pensé
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[01 Net - 04/06/2013]
13 juin 2013
7 juin 2013
[Le Monde 07/06/2013]
Vous utilisez Gmail, Facebook, Yahoo!, Hotmail, Skype, Youtube, ou des services Apple en ligne ? Les informations du Washington Post et The Guardian devraient vous intéresser. Elles révèlent qu’un programme secret, au nom de code "Prism", est en place depuis 2007 : il permet aux services de renseignement américains (le FBI et à la NSA) de se connecter aux serveurs de ses services, via un portail direct, pour consulter librement toutes les informations contenues sur les utilisateurs qui sont en dehors des Etats-Unis. Le tout sans avoir besoin d’une ordonnance de justice. La plupart des compagnies concernées ont démenti, mais l’affaire fait scandale aux Etats-Unis >> http://lemde.fr/15Gf6w1
Plus de détails en anglais sur le Washington Post : http://lemde.fr/15Gf7jM ; le Guardian : http://lemde.fr/15Gfdba ; et le New York Times : http://lemde.fr/15Gfcnq
25 janvier 2013
25 janvier 2013
Ce sont – bien évidemment – nos chers amis boutonneux et obsédés sexuels de 4chan qui ont découvert la faille
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Il y a des gens qui mettent des Webcam dans leur chambre à coucher ou bien dans leurs toilettes ??????
Ah… et au fait… pour espionner les gens, allez voir par ici : http://pastebin.com/fDkTWZGX :-)
[Zebulon - 24/01/2013]
La faille de sécurité touchant les systèmes de vidéosurveillance équipés de caméras de la marque TRENDnet n’est toujours pas résolue. Cette faille permet à n’importe quel internaute d’espionner des personnes via les caméras installées à leur domicile. Le blog Console CowBoys a pourtant signalé ce problème il y a un an. TRENDnet tente d’avertir tous les possesseurs de ces caméras victime de cette faille mais malheureusement, certaines personnes n’ont pas enregistré leur matériel sur le site de la société. Ils ne peuvent donc pas être informés de cette faille et ne peuvent pas non plus mettre à jour leur système.
Ces caméras de surveillance devraient normalement fonctionner en circuit fermé et non diffuser les flux sur le net. Plus grave encore, ces flux vidéo sont accessibles par n’importe qui. Des personnes mal attentionnées peuvent donc savoir si vous êtes à votre domicile ou pas. Certaines personnes ont installé ces caméras dans leur chambre à coucher et sont ainsi filmés puis diffusés sur le net pendant leurs ébats amoureux.
Cette semaine, c’est le site The Verge qui mentionne une nouvelle fois le problème. Suite à l’article publié par le blog CowBoys l’année dernière, TRENDnet propose une mise à jour du logiciel ainsi qu’un correctif bloquant l’accès aux images. Malheureusement, des internautes ont constaté que des personnes étaient toujours filmées à leur insu. Il n’y a pas que les particuliers qui sont filmés, des entreprises et des boutiques sont également espionnées.
http://www.zebulon.fr/actualites/10905-images-cameras-privees-trendnet-internet.html
17 octobre 2012
[L'Expansion - Ludwig Gallet - 17/10/2012]
L’Hadopi a publié ce mercredi son rapport d’activité pour 2012. Nouveauté, l’autorité y dévoile ses statistiques sur les abonnés arrivés au dernier stade de la riposte graduée. Quel est leur profil ? Combien sont-ils ? Réponse en chiffres.
On savait que l’Hadopi misait principalement sur la portée pédagogique de la riposte graduée pour lutter contre le téléchargement illégal et la récidive. Preuve en est, si plus d’un million de dossiers ont été ouverts depuis sa création, seule une poignée d’entre eux risque aujourd’hui de se retrouver devant la justice.
Combien sont-ils ? Peu nombreux. 682.525 premières recommandations ont été envoyées par mail entre le 1er juillet 2011 et le 30 juin 2012, sous la forme d’un simple avertissement établissant un défaut de sécurisation de l’accès à internet. Une mesure apparemment efficace puisque seuls 12% des internautes avertis une première fois reçoivent un deuxième avertissement. Soit 82.256 courriers envoyés.
Arrive ensuite la troisième phase, un tournant sur l’échelle de la riposte graduée. Le traitement des infractions perd en effet de son automaticité. L’Hadopi traite alors au cas par cas, pour décider si oui ou non, le dossier doit être transmis au procureur de la République. Soit seulement 340 internautes à ce stade, dont plus de 75% prennent contact avec l’Hadopi, contre seulement 8% au premier. Il faut dire qu’il seront de toutes façons systématiquement convoqués par l’autorité.
Reste que dans l’immense majorité des cas, les dossiers ne sont pas transmis au procureur. Au 1er octobre, en effet, seuls 18 abonnés ont basculé dans le volet judiciaire de la riposte graduée.
Quel est leur profil ? Sur 306 dossiers arrivés au troisième stade de la riposte graduée au 1er mai 2012, 89% ont utilisé un seul logiciel de partage. eMule est le plus répandu (49%), suivi de µTorrent (44%), bitTorrent (8%), Limewire (6%) et Azureus (4%). Les statistiques de l’Hadopi, qui ne concernent que des mises à disposition de fichiers et non des téléchargements, précisent que dans un tiers des cas, seule de la musique est échangée. Un autre tiers concerne uniquement des vidéos, et le tiers restant les deux types de contenus.
Seuls 2% des dossiers parvenus à ce stade concerne des accès Wi-Fi communautaires (lieux publics…). 14% des abonnés épinglés pour la troisième fois ont purement et simplement nié les faits. En revanche, 75% reconnaissent que leur connexion a été utilisée à des fins malveillantes (40% par l’abonné lui-même, 60% par un proche). A l’issue de la procédure, 45% des abonnés disent avoir supprimé le logiciel ayant permis le téléchargement. 37% des abonnés entrés en contact avec l’autorité assurent avoir cessé le téléchargement. La moitié d’entre eux assurent même avoir arrêté dès la première ou la deuxième recommandation. Ce sont eux qui prennent le temps de lire leurs mails. Car 36% des abonnés en 3e phase n’ont pas pris connaissance du premier avertissement.
Ces chiffres démontrent que la majorité des contrevenants sont des cas mineurs. Car si ces abonnés sont arrivés au troisième stade, c’est qu’ils ne connaissent pas le fonctionnement des logiciels de "peer to peer". Car il ne suffit pas d’arrêter de télécharger. Il faut aussi effacer les fichiers téléchargés ou même supprimer le logiciel. Sans quoi ils seront à nouveau épinglés par l’autorité, puisque les plateformes de peer to peer disposent d’une fonction de partage automatique. Parmi les informations les plus fréquemment communiquées aux abonnés, l’explication du partage automatique des logiciels de peer to peer arrive d’ailleurs en tête, dans plus de 86% des cas. (en savoir plus…)
25 septembre 2012
Le gouvernement saisit la CNIL du bug de Facebook
[Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 25.09.2012 ]
Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif, et Fleur Pellerin, la ministre déléguée chargée des petites et moyennes entreprise, ont demandé à la direction de Facebook de s’expliquer dès mardi auprès de la CNIL au sujet d’une possible défaillance survenue sur le réseau social lundi. Dans un communiqué diffusé dans la nuit de lundi à mardi, les deux ministres précisent qu’ils ont eu "plusieurs échanges avec la direction de Facebook France au sujet d’une possible défaillance technique survenue (…) au moins depuis la mi-journée".
Les deux ministres "souhaitent que des explications claires et transparentes soient apportées sans délais" aux Français. Ils souhaitent connaître la nature exacte du problème, à savoir : "s’agit-il d’une modification impromptue de la présentation des données qui a désarçonné les utilisateurs ? Ou y a-t-il eu rupture de confidentialité à travers la publication de messages privés ?"
Les deux ministres jugent que l’incident "souligne une fois de plus l’importance de la protection des données personnelles dans l’univers numérique et le manque de transparence quant au traitement de ces données par un acteur tel que Facebook". (en savoir plus…)
5 septembre 2012
[Le Monde Informatique - 04/09/2012]
12 millions d’identifiants iOS auraient été dérobés sur l’ordinateur d’un agent du FBI. C’est le groupe de hackers AntiSec qui déclare être parvenu à s’emparer de la banque de données grâce à une faille Java exploitée en mars dernier.
Le groupe de hackers, formé d’Anonymous et d’anciens membres de LulzSec, assure avoir dérobé près de 12 millions d’identifiants iOS au FBI. Opérant sous le nom AntiSec, le collectif a déjà fait parler de lui à de nombreuses reprises. Aujourd’hui, il assure être en possession de plus de 12 millions d’identifiants UDID (Unique Device Identifier) propres à chaque appareil iOS d’Apple. Les hackers reprochent ainsi au FBI d’être en possession d’une base de données enrichie d’informations personnelles très précises. (en savoir plus…)
20 février 2012
[Jacques Cheminat - Le Monde Informatique - 17/02/2012]
Selon le Wall Street Journal, Google et des sociétés de publicité ont installé un cookie dans le navigateur Safari utilisé par les iPhone, iPad et Mac pour connaître le comportement des utilisateurs à des fins publicitaires. Google a immédiatement cessé ce procédé et Apple promet de mettre à jour son navigateur. (en savoir plus…)
2 février 2012
Désormais, il est donc possible de confondre son chef harceleur ou cruel, en utilisant ce genre de petit appareil discret et pas cher (http://photo.twenga.fr/camera-espion-stylo.html) - la variété de l’offre en la matière vous donne une idée de la fréquence d’utilisation de ce genre d’appareil…
[LEGALIS - 02/02/2012]
Affaire Bettencourt : les enregistrements clandestins de conversations validés en cassation
Dans un arrêt du 31 janvier 2012, la chambre criminelle de la Cour de cassation a validé les enregistrements clandestins de conversations téléphoniques de Liliane Bettencourt avec ses interlocuteurs, dont des avocats, effectués par son maître d’hôtel, et produits en tant que preuve. La Cour dispose « qu’en se déterminant ainsi, la chambre de l’instruction a justifié sa décision, dès lors que les enregistrements contestés ne sont pas en eux-mêmes des actes ou des pièces de l’information, au sens de l’article 170 du code de procédure pénale, et comme tels, susceptibles d’être annulés, mais des moyens de preuve qui peuvent être discutés contradictoirement, et que la transcription de ces enregistrements, qui a pour seul objet d’en matérialiser le contenu, ne peut davantage donner lieu à annulation ". La cour suprême a donc admis comme moyen de preuve la transcription de conversations privées entre un avocat et sa cliente. Elle considère ainsi que les dispositions de l’article 66-5 de la loi de 1971, relatives au secret professionnel, ne sont pas applicables en l’espèce.
La Cour rappelle qu’un particulier peut se prévaloir d’une preuve susceptible d’être illicite, notamment de porter atteinte à la vie privée d’une personne, dans la mesure où elle peut être discutée de manière contradictoire pendant la procédure. Ces enregistrements effectués par un particulier et non par l’autorité publique à l’insu de la personne constituent des pièces à conviction. L’arrêt de la cour d’appel de Bordeaux qui avait validé ces enregistrements et la procédure qui en a résulté sont réguliers. Les enquêtes diligentées à Bordeaux peuvent donc se poursuivre.
http://www.legalis.net/spip.php?page=breves-article&id_article=3324
2 février 2012
Hadopi, Acta : les lois qui surveillent Internet se multiplient. Mode d’emploi à l’usage des non-geeks pour utiliser le Web sans laisser de traces.
[Martin Untersinger - Rue 89 - 02/02/2012]
Naviguer sur Internet, c’est comme sauter à pieds joints dans du béton frais : on laisse des traces (presque) indélébiles partout. C’est aussi ce que dit Bruce Schneier, expert en sécurité informatique :
« Si vous pensez que la technologie peut résoudre vos problèmes de sécurité, alors vous n’avez rien compris aux problèmes ni à la technologie. »
L’informatique, et plus particulièrement Internet, est un formidable moyen de liberté d’expression, mais aussi une machine à surveiller. Or, surfer anonymement peut être souhaitable pour des tas de raisons, et pas seulement pour les paranos. On peut être amené à vouloir être anonyme sur Internet à un moment de sa vie. Liste non exhaustive et non exclusive :
Renforcer son anonymat sur Internet, ce n’est pas « un truc de geek » : on dit souvent que la solution (ou le problème) se trouve entre la chaise et le clavier.
On peut agir, très simplement et toujours gratuitement, pour protéger sa vie privée et surfer anonymement sur Internet. Les solutions qui suivent ne sont pas à appliquer « en bloc », mais sont davantage un catalogue dans lequel piocher en fonction de ses besoins. (en savoir plus…)
8 novembre 2011
Procès du refus du fichage biologique (ADN): 4 Questions Prioritaires de Constitutionnalité qui pourraient bien abolir le fichage génétique en France…
[Les Desobeissants - 08/11/2011]
Le procès de Xavier Renou, des Désobéissants, pour refus de prélèvement ADN, se tenait ce lundi 7 novembre près de Paris, à Senlis. Coup de théâtre, à la demande de la Cour, l’audience a été reportée au 22 février 2012, le temps pour le procureur et le juge d’examiner soigneusement les quatre Questions Prioritaires de Constitutionnalité déposées par Maîtres Benoist Busson et Étienne Ambroselli, les avocats du désobéissant. Quatre Questions qui, si elles étaient retenues, pourraient bien contraindre le gouvernement à tout simplement renoncer au fichage génétique de la population française..
Aux termes du paragraphe 5 de l’article 706-54 du code de procédure pénale, «Les empreintes génétiques conservées dans ce fichier ne peuvent être réalisées qu’à partir de segments d’acide désoxyribonucléique non codants, à l’exception du segment correspondant au marqueur du sexe.» Or, comme le montre la généticienne Catherine Bourgain (INSERM), nous avons désormais la preuve du caractère codant des segments d’ADN prélevés sur 1,2 millions de Français à ce jour (chiffres CNIL 2010; lire Désobéir à Big Brother, Editions Le Passager Clandestin). (en savoir plus…)
4 avril 2011
Même pas besoin d’une commission rogatoire ! Le mouchard est activé en permanence grâce à votre opérateur téléphonique. Il suffit ensuite de se procurer les logs (soit légalement, soit par le biais d’une human backdoor) et le tour est joué. Et nos "amis" dans la maison UMP nous affirment que , chez Guéant et Sarkozy, on s’en sert déjà pour garder un oeil sur les petits copains de la majorité présidentielle…
Dès que l’heure de calcul informatique aura atteint un prix intéressant, les services de police pourront – en toute discrétion et d’un simple clic de souris – établir des profils de déplacements de centaines de milliers de personnes…
Et comme la sécurité des antennes-relais est rudimentaire, il est extrèmement simple d’intercepter les "logs" de chaque antenne – permettant, à l’aide d’un ordinateur, d’un script et de Google Maps, de savoir à tout instant qui se trouve dans le quartier, qui marche dans quelle rue, qui est dans quelle maison… ce que que font les petits malins de Aka-Aki à Berlin ou des flicages Bluetooth de Alex Van Es à Amsterdam…
Le téléphone portable, un truc dont la StaSi et le KGB avaient révé… La vie privée ? Un concept du passé qui n’a plus aucune validité aujourd’hui.
Dès demain, ceux qui éteindront leur portable ou n’en auront pas seront automatiquement suspects…
Pisté par son portable, un politicien allemand se rebelle
[François Krug | Eco89 | 31/03/2011]
En Allemagne, Malte Spitz, un responsable des Verts a poursuivi son opérateur téléphonique en justice pour obtenir toutes les données récoltées grâce à son portable. Le résultat ? Une carte interactive à la fois fascinante et effrayante, puisque les données ont permis de reconstituer une bonne partie de sa vie. La démonstration est encore plus frappante avec cette vidéo réalisée par le site Future Journalism Project. Elle ne porte que sur deux jours dans la vie de Malte Spitz, bien assez cependant pour démontrer qu’un portable permet de suivre toutes vos allées et venues.
Malte Spitz, 26 ans, est membre de l’exécutif des Verts allemands. Sa spécialité : dénoncer les atteintes à la vie privée. Et notamment, les risques liés aux données de localisation transmises automatiquement par les téléphones portables, et conservées ensuite par les opérateurs.
Comme il le raconte sur son blog, Malte Spitz a voulu tenter une expérience. Il a réclamé les données le concernant à T-Mobile, filiale du géant Deutsche Telekom. Refus catégorique. La justice lui a finalement donné raison en mars 2010 : l’opérateur a dû lui transmettre les données portant sur les six mois précédents.
Localisé plus de 35 000 fois en six mois
Sur le fichier Excel fourni par T-Mobile, Malte Spitz a découvert qu’il avait été localisé au total 35 831 fois entre août 2009 et février 2010. Il a ensuite confié ces données brutes au site de l’hebdomadaire Die Zeit, qui en a tiré une carte interactive impressionnante : on peut y suivre tous les déplacements de Malte Spitz, du moins tous ceux au cours desquels son portable était allumé (en savoir plus…)
31 janvier 2011
[Les Mots ont un sens - 07/01/2011]
Le 28 décembre 2010, deux chercheurs allemands bien inspirés ont démontré que quatre téléphones mobiles ordinaires couplés à un ordinateur portable et quelques logiciels open source suffisaient pour sniffer le réseau GSM… Intercepter les communications et pirater les téléphones mobiles pourrait bien rapidement devenir un jeu d’enfants…
Que la sécurité du réseau GSM soit aussi efficace qu’une passoire, on le savait. Mais jusqu’à présent, jouer les James Bond 2.0 nécessitait du matériel pointu, et onéreux. Dépenser de 30 à 40 000 euros pour se payer le luxe d’écouter sa voisine… c’est un peu cher (enfin, tout dépend de la voisine). Mais le 28 décembre dernier, les choses ont radicalement changé : lors du 27ème congrès du Chaos Computer Club (CCC), le rendez-vous annuel des hackers du monde entier, deux chercheurs allemands ont démontré en quelques minutes qu’un matériel rudimentaire à moins de 50€ (ordinateur portable non compris) pouvait suffire…
Première étape. Karsten Nohl et Sylvain Munaut ont découvert comment, en quelques clicks, localiser n’importe quel téléphone mobile à l’échelle d’une ville ou d’un pâté de maison, selon la densité des antennes relais de la zone. Une précision suffisante pour qu’une barbouze en herbe puisse se rendre sur place. Deuxième étape : par l’envoi d’un SMS silencieux, la clé de cryptage du téléphone est crackée en une vingtaine de secondes. Il ne reste plus alors qu’à "sniffer" le réseau et intercepter les communications téléphoniques et SMS échangés par ce téléphone. De la belle ouvrage…
Les chercheurs soulignent qu’une des clés de cryptage utilisées pour la communication entre le téléphone et l’opérateur est bien protégée, "parce qu’elle protège leurs intérêts monétaires". L’autre clé l’est bien moins, "car elle protège seulement votre vie privée". Ils ont aussi précisé que les vulnérabilités mises à jour pourraient rapidement être supprimées par les opérateurs… Mais est-ce que ça les intéresse vraiment ?
http://www.lesmotsontunsens.com/gsm-un-systeme-d-ecoute-illegal-a-moins-de-50-8845
15 décembre 2010
Ca ne devrait tarder… il suffit ensuite pour la société privée de récupérer le fichier du greffe (déjà disponible publiquement) ou de croiser avec les fichiers statistiques de la Caisse d’Assurance maladie (suffisamment mal anonymisés pour permettre de retrouver des gens nominativement) et vous verrez que le sociétés d’assurance vont vous faire payer plus cher votre assurance voiture parce que votre consommation d’alcool n’est pas dans la moyenne… Chez AXA et au GAN, ils sont prêts à payer des millions pour pouvoir mettre en places des "primes individuelles", étroitement ciblées sur les "comportements" de la personne assurée. Tu manges trop souvent chez MacDo ? Risque accru d’accident cardio-vasculaire ! Crac, ta prime d’assurance vie augmente…. Tu fumes ? Danger de cancer ! Crac, ta prime d’assurance maladie augmente ou bien tu te fais virer de ton contrat… Tu as tendance à te faire flasher en roulant trop vite ? Crac, ton malus augmente ou bien on ne veut plus t’assurer…
Quand l’Etat vend ses fichiers de carte grise… et nos coordonnées avec
[France Info 15/12/2010]
C’est une loi votée discrètement il y a quelques mois qui a ouvert la brèche : l’Etat a désormais le droit de céder à des sociétés privées, moyennant prix à débattre, tous les fichiers de carte grise, c’est-à-dire la mine d’informations livrées par les automobilistes quand ils immatriculent leur nouvelle voiture. Une information révélée par Le Parisien ce matin, alors que les députés examinent aujourd’hui un amendement qui prévoit une enquête préalable sur les acheteurs de ces fichiers.
Les entreprises intéressées par les données fournies par les automobilistes sont essentiellement les constructeurs automobiles. Les entreprises intéressées par les données fournies par les automobilistes sont essentiellement les constructeurs automobiles. C’est une gigantesque base de données que s’apprête donc à vendre l’Etat : à chaque immatriculation de véhicule, vous livrez en effet vos nom et prénom, votre adresse, date de naissance et des infos sur votre voiture (type, date de sa première mise en circulation et puissance). Des informations stratégiques pour opérer des campagnes de marketing.
De fait, cette loi, adoptée le 29 avril 2009, a trois objectifs : permettre aux constructeurs automobiles de procéder très vite à des campagnes de rappel quand la sécurité d’un modèle de voiture est en jeu, utiliser ces données également à des fins "statistiques, scientifiques ou historiques", et surtout les utiliser pour "enquêtes ou prospections commerciales". Quant au tarif pour s’offrir ces précieux fichiers, il est à négocier, mais doit rester "raisonnable". Aujourd’hui, cette loi n’est pas encore concrètement entrée en vigueur, mais ça ne saurait tarder.
Et le citoyen n’y pourra pas grand-chose. La loi n’oblige en rien l’administration à prévenir les usagers que leurs coordonnées ont été vendues. Seul garde-fou, cet amendement qui doit être débattu cet après-midi à l’Assemblée nationale, permettant à l’Etat d’enquêter sur la société acheteuse, pour s’assurer a minima de sa probité. (ha ha ha ! NdL&I)
17 novembre 2010
[Stan & Dam - repris par OWNI - 17/11/2010]
Facebook a annoncé hier soir sa nouvelle messagerie « sociale » qui a pour but d’agréger l’intégralité des échanges entre deux personnes, qu’ils soient issus d’un chat, de SMS ou de courriels. À ce titre, même si Facebook se défend de vouloir tuer l’e-mail (dont les poids lourds sont Hotmail et Yahoo aux États-Unis avec à eux deux presque autant de comptes que Facebook !), il est clair que la société du petit Mark essaye de réinventer un outil vieillissant mais toujours très utilisé.
Rendre service plutôt que de ré-inventer le courrier électronique
Il essaye surtout d’éviter l’écueil rencontré par Google et Wave : en clair, on vous rend d’abord service en agrégeant les conversations, et en vous donnant un outil intelligent vous permettant de trier entre messages importants (ses amis proches) et moins importants (les messages d’invitation à des groupes, des soirées, des contacts moins récurrents). Et seulement si vous le voulez, s’ouvrir sur sa messagerie actuelle en échangeant avec les personnes qui n’ont pas Facebook.
Facebook en veut toujours plus
C’est là que la mécanique virale de type « stratégie du dealer » entre en jeu : en se connectant à des personnes qui n’ont pas Facebook mais qui ont un courriel, Facebook les intègre dans sa base.
Outre grossir artificiellement le nombre d’utilisateurs potentiels, le réseau de Mark Zuckerberg va peu à peu devenir l’outil indispensable pour les deux parties (l’utilisateur de Facebook et celui de courriel), poussant l’utilisateur de courriel à aller vers Facebook car finalement « s’il était membre de cette communauté il pourrait avoir accès à bien plus sur ses amis » : photos, invitations, statuts, etc. Ce que ne manquera pas de lui faire remarquer son amis facebookien (je suis en train de faire cela avec ma petite sœur, c’est vous dire si je vois très bien la mécanique se mettre en place). (en savoir plus…)
13 novembre 2010
[Le Quotidien du Peuple - Edition française - 10/11/2010]
Plus d’un million d’utilisateurs chinois de téléphones portables ont à leur insu envoyé des messages spam, pour un cout quotidien estimé à deux millions de yuans (300 000 dollars), après que leurs téléphones eurent récemment été infectés par un logiciel malveillant.
Le logiciel zombie, dissimulé à l’intérieur d’un faux antivirus, envoie les informations de la carte SIM aux pirates, qui peuvent ensuite prendre à distance le contrôle du téléphone pour envoyer des adresses URL aux personnes présentes sur le carnet d’adresses de l’utilisateur.
Il s’agit le plus souvent de liens publicitaires générant de l’argent en fonction du nombre de clicks. Les destinataires du message qui cliquent sur le lien se retrouvent infectés à leur tour, contribuant à répandre ainsi rapidement le virus, a rapporté hier la Télévision centrale de Chine. Selon un rapport publié par le Centre technique national de mesures d’urgence pour les réseaux informatiques, ce virus a fait un million de victimes durant la première semaine de septembre.
Des virus semblables ont depuis fait leur apparition. Une entreprise de Beijing spécialisée dans la sécurité pour téléphones portables a notamment découvert depuis septembre dix autres logiciels malveillants similaires, dont certains sont capables de contourner les antivirus.»…
http://french.people.com.cn/VieSociale/7194155.html
27 octobre 2010
[François Arias - Ecrans.fr - Libération - 26/10/2010]
FireSheep : peur sur les réseaux Wifi
Une fois connecté à son réseau social préféré, est-on en sécurité, à l’abri des petits malins qui en veulent au sacrosaint couple login/mot de passe ? Eric Butler, un développeur indépendant de Seattle a prouvé le contraire grâce à une extension Firefox nommée FireSheep.
Cette extension permet de se connecter sur les comptes (Facebook, Google, Twitter, … rayez les mentions inutiles) utilisés par des personnes présentes sur le même réseau WiFi ouvert. En bref pour peu qu’on se connecte, n’importe qui utilisant Firesheep peut aussi se connecter. La quantité d’informations potentiellement accessibles dans un réseau public (café, bibliothèque, mairie …) est donc extrêmement importante. Les sites pris en charge sont nombreux : Amazon.com, Basecamp, bit.ly, Cisco, CNET, Dropbox, Enom, Evernote, Facebook, Flickr, Github, Google, HackerNews, Harvest, Windows Live, NY Times, Pivotal Tracker, Slicehost, tumblr, Twitter, WordPress, Yahoo et Yelp. Et il est même possible d’en ajouter d’autres avec quelques connaissances techniques.
Eric Butler n’a pas créé cette application pour faciliter les activités répréhensibles (comme le détournement de compte Twitter ou Facebook, véritable fléau du monde du travail), mais pour mettre sous le feu des projecteurs les graves lacunes de sécurité qui touchent de nombreux sites. (en savoir plus…)
10 octobre 2010
Les romanichels ne sont pas sur Facebook ou sur Aka-Aki, ne font pas de Geotagging avec leurs Smartphone… alors faut bien créer un fichier si on veut surveiller ces voleurs de poules (et de câbles en cuivre…)
Roms : fichage ethnique et défense des libertés
[Editorial - Le Monde - 09/10/2010]
Quatre associations de défense des Roms, des Tsiganes et des gens du voyage viennent donc de déposer une plainte contre un "fichier ethnique, illégal et non déclaré", comme l’a révélé Le Monde jeudi 7 octobre.
Constitué par la gendarmerie, détenu par l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI), et baptisé MENS – "minorités ethniques non sédentarisées" -, ce fichier aurait permis, pendant des années, d’effectuer une "généalogie des familles tsiganes" et un répertoire des "groupes à risques", distinguant les unes et les autres selon leur pays d’origine, en Europe de l’Est.
L’existence de ce fichier a immédiatement suscité des réactions pour le moins embarrassées des responsables de la sécurité. Tout en précisant qu’il n’avait la tutelle de la gendarmerie que depuis 2009, le ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, a assuré qu’il n’avait pas connaissance de ce fichier et ordonné une enquête sur les bases de données utilisées par la gendarmerie nationale. Les responsables de celle-ci assurent, de leur côté, que ce fichier MENS n’existe pas et que le "fichier généalogique" de l’OCLDI a été supprimé à la fin de l’année 2007.
Cette affaire tombe au plus mauvais moment pour les pouvoirs publics. Deux mois après les mesures demandées par le président de la République et mises en oeuvre par le ministre de l’intérieur à l’encontre des Roms, elle risque fort de raviver le grave discrédit, national et international, que cette politique de stigmatisation a valu àla France.
Mais elle témoigne aussi, une nouvelle fois, de la confusion et de l’opacité inadmissibles qui entourent l’existence de très nombreux fichiers informatisés utilisés par les services de police et de sécurité. Deux enquêtes menées en 2006 et 2008 par un groupe de travail présidé par le criminologue Alain Bauer, proche du président de la République, ainsi qu’un rapport d’information parlementaire établi en 2009 par les députés Delphine Batho (PS) et Jacques-Alain Bénisti (UMP) l’ont, en effet, rappelé sans ménagement : les fichiers policiers sont une jungle dans laquelle il est urgent de mettre de l’ordre.
Sur la soixantaine de fichiers policiers répertoriés, le quart ont été créés sans aucune base légale et n’ont pas été déclarés à la Commission nationale de l’informatique et des libertés, comme la loi informatique et libertés de 1977 en fait obligation.
L’honneur d’une démocratie est de combattre la délinquance ; il est, tout autant, de protéger les droits de l’homme et les libertés individuelles. Donner aux services de sécurité les moyens, notamment informatiques, d’une action efficace est nécessaire et légitime. Mais, dès lors que cela risque de porter atteinte aux libertés, ces moyens d’action doivent être très sérieusement contrôlés. Y renoncer revient inévitablement à fermer les yeux sur des dérives d’autant plus inacceptables qu’elles conduiraient à un fichage – pour ne pas dire un flicage – ethniques ou racial. En dépit de toutes les mises en garde, ce n’est, hélas !, pas le cas.
4 octobre 2010
C’est MON ordi, MON entreprise, MON salarié… alors c’est MON droit de surveiller tout ce qu’il fait quand il travaille pour MOI… moi je veux bien qu’on m’interdise d’aller lire mes mails perso pendant les heures de boulot, mais dans ce cas là il faut aussi que la boite respecte mes heures de non-boulot et n’attende pas de moi que je fasse des semaines de 55 heures, payées 40 heures – c’est à dire que je fasse cadeau chaque semaine de l’équivalent de deux jours de travail à mon patron… c’est donnant donnant, si je dois donner ma vie à mon entreprise, il faut que l’entreprise accepte que ma vie privée rentre dans mon temps de présence dans l’entreprise.
Malheureusement, une entreprise "qui ne peut plus faire confiance à ses salariés" est une entreprise foutue d’avance. Si la base de la relation avec ses cadres est la méfiance et le flicage, les cadres innovants iront voir ailleurs, dans des boites où on ne les traite pas comme des gamins turbulents… il ne vous restera plus que les tire-au-flanc et les frileux, qui mèneront votre boite à l’obsolescence..
«L’employé qui n’a rien à se reprocher ne sera pas gêné par la présence de Surveillermonsalarié. »
[Astrid Girardeau - OWNI - 03/10/2010]
Surveillermonsalarie.com vend aux gérants d’entreprise une solution à 994,84 euros TTC par poste pour surveiller l’activité de leurs salariés : enregistrer les touches du clavier dont les mots de passe, faire des captures d’écran toutes les secondes, envoyer des alertes en cas d’utilisation de mots-clé “interdits”, etc.
Interrogé par 01net, David Damour, son co-fondateur, explique “qu’on ne peut plus faire confiance à ses salariés”. Selon ce dernier : “De toute façon, l’employé qui n’a rien à se reprocher ne sera pas gêné par la présence de Surveillermonsalarié“.
Cela n’est pas sans rappeler la sortie d’Eric Schmidt, patron de Google : “Si vous faites quelque chose et que vous ne voulez que personne ne le sache, peut-être devriez-vous déjà commencer par ne pas le faire.”
Si Surveillermonsalarie.com concerne l’usage d’un poste de travail dans le cadre d’une entreprise, cela ne veut pas pour autant dire que l’employeur est libre de surveiller toute l’activité de ses salariés. Pour la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) l’utilisation d’un PC à des fins autres que professionnelles y “est généralement tolérée” tant qu’elle reste “raisonnable”. L’employeur peut fixer des conditions et limites de l’utilisation d’Internet à partir du moment où il en informe les salariés, et dans le principe du respect du secret des correspondances privées.
En 2001, dans un arrêt dit “Nikon”, la Cour de cassation a affirmé qu’un employeur ne peut pas “prendre connaissance” de messages personnels d’un employé sans porter atteinte à sa vie privée et au secret des correspondances, et “ceci même au cas où l’employeur aurait interdit une utilisation non professionnelle de l’ordinateur”.
Depuis la jurisprudence a évolué, et la Cnil de souligner que le principe du secret des correspondances “connaît des limites dans la sphère professionnelle”, et qu’il peut au être levé dans le cadre d’une instruction pénale ou par décision de justice. Citant l’arrêt de la Cour de Cassation du 30 mai 2007, la Commission explique que tout mail envoyé ou reçu depuis un poste de travail mis à disposition par l’employeur revêt un caractère professionnel sauf s’il est identifié comme étant «personnel». Il en est de même pour les fichiers, sauf en présence du salarié ou “en cas de risque ou d’un événement particulier”. Sauf rares exceptions, un employeur ne peut donc pas ouvrir ou prendre connaissance d’un message ou fichier clairement identifié par le salarié (dans le nom de l’objet, du répertoire, etc.) comme revêtant un caractère personnel..
Un ensemble de règles que Surveillermonsalarie.com rappelle lui-même sur son site.
Pourtant on voit difficilement comment le logiciel tel qu’il est décrit — “une capture d’écran toutes les secondes”, etc. — peut faire la distinction entre les contenus professionnels et les contenus personnels. Et donc empêcher l’employeur de “prendre connaissance” de contenus pourtant clairement identifiés comme privés.
3 octobre 2010
Frenchelon: la DGSE est en “1ère division”
[Jean-Marc Manach - BugBrother - 02/10/2010]
Invité par l’Association des Réservistes du Chiffre et de la Sécurité de l’Information (Arcsi), Bernard Barbier, le “directeur technique” de la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE), a levé une partie du voile sur le fonctionnement des “grandes oreilles” de la “grande muette“.
Où l’on apprend que le “renseignement technique” (interception des télécommunications, géolocalisation, lutte informatique offensive) réprésente “80% à 90% du renseignement“, que les réseaux grand public sont la “cible” principale de la DGSE parce que, pour les terroristes, “l’internet est un moyen de se cacher“, qu’elle stocke “tous les mots de passe“, qu’elle s’est faite “engueulée” par les services de renseignement américain à cause de l’Hadopi, et que “l’internet, c’est le bordel“…
Lorsque, à la fin des années 1990, le Parlement européen commença à s’inquiéter de la toute-puissance du système anglo-saxon Echelon d’espionnage mondial des communications, les anglo-saxons répliquèrent en expliquant que la France disposait elle aussi d’untel système, qu’ils surnommèrent “Frenchelon” (voir Frenchelon: la carte des stations espion du renseignement français).
Les autorités françaises n’ont jamais nié l’existence de ce système (dont on ne connaît pas le nom officiel -s’il en a un), mais elles ne s’étaient jamais non plus particulièrement étendu à son sujet, à l’exception de quelques pages web sur l’ancienne version de defense.gouv.fr (elles ont depuis disparu).
Inaugurant la nouvelle académie du renseignement, chargée de former les cadres des six services de renseignement français, François Fillon déclarait, la semaine passée, qu’il fallait “faire en sorte que les Français connaissent mieux les services de renseignements, sachent mieux quelle est leur contribution à leur sécurité quotidienne, et soient plus nombreux à vouloir servir dans leurs rangs” :
“Vous le savez, nos services de renseignement ne jouissent pas encore d’une image aussi flatteuse que certains de leurs homologues étrangers. Je pense notamment aux Britanniques. Mais c’est en train de changer.
Et pour accélérer ce changement, il faut communiquer davantage (…). Les journalistes, les chercheurs, les historiens doivent pouvoir, plus que cela n’a été le cas, travailler sur le monde du renseignement. C’est utile pour la société française, c’est utile pour les services eux-mêmes.”
DGSEPour la seconde fois, en 6 mois, le directeur technique de la DGSE, le service de renseignement militaire extérieur français, est ainsi venu expliquer, devant un public composé de professionnels de la sécurité informatique, l’état de l’art de son métier : “je ne vais pas dévoiler de secret d’etat, mais je vais presenter ce que l’on fait, avec des infos grand public“.
Scientifique de haut niveau issu du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), Bernard Barbier est le directeur technique de la DGSE. Sa nomination, soulignait IntelligenceOnline, marquait la volonté de la DGSE “d’investir dans les nouvelles technologies“.
Son rôle : “rechercher et exploiter les renseignements d’origine technique“, et donc écouter les télécommunications, mais également mettre en oeuvre les satellites d’observation. Dit autrement, c’est le patron des “grandes oreilles“, et des “grands yeux“, de la “grande muette” :
“J’avais beaucoup hésité à m’exprimer publiquement, mais nous ne sommes pas des “barbouzes”, la DGSE a envie de s’ouvrir, notre directeur souhaite que l’on communique, et il est important que les citoyens français connaissent ce que l’on fait”. (…)
[La suite sur l'excellent site de JMM:]
http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2010/10/02/frenchelon-la-dgse-est-en-1ere-division/#xtor=RSS-32280322
31 août 2010
[BlueWin - 31/08/2010]
Le PDG de Google Eric Schmidt (…) a suggéré dernièrement que les jeunes devraient changer de nom à leur majorité pour effacer leurs erreurs de jeunesse face à des employeurs qui voudraient mieux les "connaître" en utilisant la barre de recherche Google et les réseaux sociaux. "Je ne crois pas que la société comprenne ce qu’il se passe quand tout est disponible, connaissable et enregistré par chacun à tout moment.", a-t-il expliqué samedi dernier au Wallstreet Journal
La question de l’immense masse d’informations privées collectée par Google est toujours une préoccupation pour les prochaines décennies. Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’Etat en France et chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique a lancé au mois d’avril dernier une consultation publique sur "le droit à l’oubli numérique".
Eric Schmidt, lui, ne semble pas prendre les choses sous le même angle. Il nuance clairement la protection de la vie privée et celle de l’anonymat. La première est pour lui un droit inaliénable tandis que l’anonymat n’est pas quelque chose qu’il souhaite promouvoir sur internet (voir la vidéo ci-dessous).
A propos du travail publicitaire de Google, il affirme: "Nous savons à peu près qui vous êtes, à peu près ce qui vous intéresse, à peu près qui sont vos amis". Et d’enfoncer le clou: "Je pense en réalité que la plupart des gens ne veulent pas que Google répondent à leurs questions. Ils veulent que Google leur dise ce qu’ils devraient faire ensuite." (NDL&I – voilà qui rappelle la phrase de Thomas Paine: la plupart des gens ont peur de la liberté, ils préferrent qu’on leur dise ce qu’ils doivent faire, c’est plus rassurant)
Ces déclarations rappellent la polémique née en 2004 en France à propos des propos de Patrick Le Lay alors directeur de TF1 qui disait vendre des minutes de cerveaux. Le PDG de la firme américaine, lui, croit fermement au marketing ciblé. Tellement qu’il a affirmé: "il sera difficile pour les gens de voir ou de consommer quelque chose qui n’a pas été quelque part ajusté pour eux."
http://www.bluewin.ch/fr/index.php/97,308107/Lavenir_selon_Eric_Schmidt/fr/multimedia/
2 août 2010
La majorité des photos grand public prises avec un appareil numérique et que l’on trouve aujourd’hui sur Internet contiennent des données de géolocalisation…. trop pratique pour les services de renseignement ! Et avec EXIF Viewer, c’est aussi simple qu’un clic-droit !
[Read-Write-Web - 27 juillet 2010 par Fabrice Epelboin et Sarah Perez]
L’International Computer Science Institute (ICSI), une organisation sans but lucratif rattachée à l’université de Berkeley en Californie, devrait publier sous peu ses derniers travaux concernant le «cybercasing», un terme utilisé par les chercheurs pour désigner la façon dont les textes, photos et vidéos contenant des données de géolocalisation peuvent être utilisées à des fins criminelles.
En utilisant des sites tes que Craigslist, Twitter et Youtube, les chercheurs ont été en mesure de croiser des informations contenus dans des contenus accessibles à tous en ligne pour déterminer avec précision l’adresse postale de victimes potentielles, dont celles d’individus ayant publié leurs contenus de façon anonyme. L’expérience n’a pas duré des semaines, ni même quelques jours ou quelques heures, les adresses ont toutes été obtenues avec une précision redoutable en quelques minutes.
La première étude de l’ISCU, «Cybercasing the Joint: On the Privacy Implications of Geotagging», écrite par Gerald Friedland et Robin Sommer, a été publiée en mai dernier et sera présentée en aout au workshop de l’USNIX dans le cadre d’une thématique dédiée aux sujets brulants concernant la sécurité.
L’étude passe en revue la rapide popularisation des services en ligne utilisant la géolocalisation, liée à l’explosion du marché des smartphones. Les objets numériques nomades d’aujourd’hui font un usage intensif des systèmes GPS embarqués ou de la triangulation par WiFi pour ajouter des données de géolocalisation aux contenus qu’ils aident à produire et à diffuser, que ce soit un statut sur Twitter, une photo placée sur Flickr ou une vidéo envoyée sur YouTube.
Le problème central avec ce type d’application, selon les chercheurs, repose sur le fait que la plupart des utilisateurs ne sont pas conscients que de telles informations sont partagées, en particulier auprès d’un public aussi large, voir du monde entier. L’iPhone, par exemple, inclue une geolocalisation parfois supérieure en précision à ce qu’un GPS ordinaire est en mesure de faire, à toutes les photos qu’il prend, préviennent les scientifiques, une précision qui peut même être de l’ordre du mètre quand les conditions sont favorables, révélant ainsi l’adresse postale d’une photographie prise en intérieure.
Mais le fait de publier sur le web des données géolocalisées aussi précises dans des textes, des photos et des vidéos partagées n’est qu’une partie du problème. La disponibilité auprès du grand public d’outils de recherche dédiés à la géolocalisation est tout aussi troublant. Il est aisé pour quiconque désormais de lancer des recherches de façon automatisées pouvant mener à une fuite de données personnelles, et faisant planer un réel risque en matière de vie privée. Qui plus est, des services comme Google Street View et d’autres «cartes annotées» aident à simplifier le travail en permettant de croiser les données issues de différentes ressources.
A titre d’exemple, lors de l’enquête que nous avions effectué concernant les pseudo-islamistes sur Facebook, c’est à partir d’une vidéo publiée sur Youtube – et se voulant anonyme – du chef de l’un de ces groupes islamistes, que nous avions pu le localiser à Oakland, avec une précision telle que nous avions pu obtenir son adresse postale précise en utilisant Google Street View, et du coup, son identité à l’aide d’un simple annuaire, puis à travers d’autres outils, celle de son associée, de ses entreprises, ainsi qu’une multitude de détails sur sa vie privée nous permettant d’affirmer que son mode de vie était en telle contradiction avec l’islam radical qu’il prêchait qu’il ne pouvait s’agir que d’une opération d’intox, ce qui fut confirmé par la suite.
En d’autres termes, le fait que des données géolocalisées soient disponibles en ligne n’est que la partie émergée de l’iceberg, sous la surface, il existe une multitude d’outils qui permettent de les analyser avec une précision redoutable.
Pour démontrer à quel point il est facile de déterminer l’adresse postale d’un inconnu, Friedland et Sommer ont commencé par une visite sur Craigslist, un site de petites annonces très populaire aux Etats-Unis. Ils y ont trouvé des photos geotaggées qu’ils ont comparé à l’aide de Google Street View, ce qui leur a permit de déterminer l’adresse postale de celui qui avait publié l’annonce. Plus utile encore, dans le cas d’une utilisation criminelle de tels outils, la mention au sein de l’annonce d’horaires durant lesquels le vendeur préférait qu’on l’appelle, révélant les heures auxquelles sont domicile avait toutes les chances d’être inoccupé.
Dans d’autres démonstrations, les chercheurs sont partis de Twitter, qui permet à ceux qui l’utilisent depuis un mobile de geotagger leurs tweets. Des applications tierces utilisées couramment en conjonction avec Twitter, comme Twitpic, qui permet d’y publier des photos, publient également des données de géolocalisation. Un simple plugin Firefox appelé Exif Viewer permet en un clic droit sur l’image de révéler la localisation précise de l’endroit d’où a été emis le tweet, placé sur une carte (au cas où vous souhaiteriez vous y rendre).
Une troisième expérience, probablement la plus perturbante, a montré combien il était facile d’automatiser ce type d’atteinte à la vie privée. Alors que les expérimentations précédentes révèlent l’emplacement des utilisateurs en quelques minutes, la tâche reste manuelle. Pour Youtube, cependant, les chercheurs ont écrit un script très simple qui reconnait automatiquement les vidéos tournées à une certaine distance d’un emplacement initial, en l’occurrence, celle du domicile d’une victime potentielle. Une distance «de vacances», selon leur terminologie, a été fixée à 100km (pour la distinguer d’une distance de trajet domicile-lieu de travail). Le script a ainsi trouvé 106 correspondances révélant qui était en vacances dans une zone de test à Berkeley. En regardant de près les résultats affichés par le script, les chercheurs ont trouvé, entre autre, la vidéo d’une personne qui était clairement dans les Caraïbes avec sa famille, pointant ainsi un domicile inoccupé, cible idéale pour un cambriolage.
Pour aller au delà du « cybercasing », qui se focalise exclusivement sur les usages à des fins criminelles de la géolocalisation, il convient de pointer de potentiels usages qu’il serait bon d’appréhender au plus vite si l’on veut pouvoir les aborder avec un minimum de sérénité.
Dans un cadre familial, le téléphone mobile est déjà largement utilisé pour géolocaliser les enfants, et là encore, il s’agit pour l’instant (sauf dans le cas de certaines technologies dédiées et encore peu répandues), d’une procédure manuelle, reposant la plupart du temps sur l’appel d’un parent inquiet et le fait que l’adolescent, à l’autre bout du fil, ne mentira pas quant à son emplacement. Cela pourrait changer rapidement. Des logiciels espions permettent dès à présent de placer sur une téléphone mobile un pisteur, qui peut potentiellement rapporter en temps réel l’emplacement du téléphone (et par extension de son usager), ainsi que d’en stoker un historique à des fins de consultations ultérieures par des parents devenus surveillants.
Une atteinte à la vie privée des adolescents qui pourrait avoir des impacts non négligeables, la maitrise du mensonge étant – si l’on s’en réfère à Piaget -, une phase critique dans le développement de la personnalité. La panoptique virtuelle pourrait avoir des conséquences qu’il serait bon d’étudier avec sérieux auprès de spécialistes de la psychologie de l’enfant avant de se retrouver devant le fait accomplit.
Dans le monde du travail, où il est courant de voir les employeurs fournir à leurs salariés un équipement mobile de type smartphone, on pourrait également assister à de grave dérives, d’autant que la géolocalisation n’est pas ici une nouveauté, elle est utilisé dans les transports routiers, par exemple, depuis très longtemps, pour pister et surveiller, et optimiser le travail des employés. Mais la généralisation du géo-monitoring à une large part du salariat pourrait, là aussi, poser des problèmes qu’il serait bon de traiter de façon préventive, le corpus législatif n’étant pas forcément adapté a cette nouvelle donne technologique.
Le but de l’étude n’est pas de proposer des solutions à ce nouveau problème apporté par l’ère du numérique, mais de permettre au plus grand nombre de saisir l’ampleur du problème. A l’heure où le législateur se focalise sur Google Street View, il est bon d’apporter des éléments de réflexion qui pourraient permettre au moins obtus d’entre eux de réaliser que le problème va bien au delà de Google et que la mise au pilori systématique d’un bouc émissaire du numérique n’aura comme effet que de laisser le problème prospérer. Street View n’est que l’arbre qui cache la forêt, c’est un écosystème tout entier qui est en train de prendre place autour de la géolocalisation, un écosystème qui pourrait par ailleurs parfaitement se passer de Google si celui-ci était poussé à s’en retirer.
La régulation d’un écosystème aussi complexe ne sera pas chose aisée, mais elle s’avère indispensable, et demandera une étroite collaboration entre chercheurs, experts, et législateurs, faute de quoi elle sera inefficace, au mieux, et attentatoire aux libertés numériques, au pire.
L’obligation de faire mention et de permettre un opt-out lors de la transmission de données geolocalisées est une piste à étudier, ainsi que celle d’une possibilité laissée à l’utilisateur de maitriser la précision de la geolocalisation qu’il publie. Il y a, d’un point de vue technique, probablement beaucoup de choses à implémenter au niveau même des APIs, mais dans l’immédiat, la seule chose qu’il soit possible de faire est de sensibiliser le plus grand nombre à ces enjeux, en prenant soin de préciser qu’un mouvement conservateur consistant à interdire tout simplement la géolocalisation serait un frein considérable à l’économie numérique liée à l’internet mobile, dont la plupart des experts s’accordent à dire que son potentiel est plus grand encore que celui apporté par le web depuis une quinzaine d’années.
Dans l’immédiat, et à moins de maitriser l’outil technologique que vous avez dans les mains (ce que très peu de gens sont en mesure de faire et que beaucoup s’imaginent être en mesure d’effectuer), il est prudent de ne pas publier ses photos de vacances à partir de votre lieu de villégiature, et d’attendre patiemment votre retour pour les partager avec vos amis. L’alternative consiste à maitriser l’outil, mais si ce billet vous a appris quoi que ce soit que vous ignoriez jusqu’ici, c’est que vous en êtes loin.
2 juillet 2010
Et pour poursuivre cette excellente réflexion… "les petits cons parlent aux vieux cons"
Le problème, ce n’est pas la transparence, mais la surveillance
[JM Manach - BugBrother - 30/06/2010]
Réagissant à la diffusion de l’enregistrement pirate des conversations privées de Liliane Bettencourt, au fait que la jurisprudence actuelle considère que les informations acquises de manière illicites ont “valeur probante“, et à la banalisation des technologies de surveillance, qui ne sont plus l’apanage des seuls services secrets, l’avocat Daniel Soulèze Larivière publie dans Le Monde une tribune dénonçant le “dangereux mirage de la transparence à tout prix“, et dresse un parallèle avec le cauchemar des écoutes systématiques de la Stasi, en ex-RDA.
De même que les journalistes ne sont pas des espions, ou que le fait de bronzer les seins nus n’est pas un blanc-seing pour mettre la main sur les poitrines de ces dames, il me semble, a contrario, très important de faire le distingo entre ce qui relève de la transparence, et ce qui relève de la surveillance, entre ce qui relève de la liberté d’expression et ce qui rélève de l’atteinte à la vie privée. En démocratie, le problème, ce n’est pas la transparence, c’est la surveillance.
Daniel Soulèze Larivière propose de projeter “La vie des autres” dans toutes les écoles (”y compris de journalisme“), et rappelle que “ce qui est en cause, c’est la différence qui doit rester irréductible entre le public et le privé. La ” transparence ” n’est en aucun cas un concept vertueux susceptible de briser cette barrière. Une société qui n’accepte pas ce principe frustrant est perdue” :
Comment mettre un terme à cette dégringolade ? Il ne s’agit plus d’un mur à détruire à Berlin comme dans l’ex-République fédérale d’Allemagne (RFA), mais d’un mur à reconstruire dans l’esprit des médias, des juges, des avocats et des citoyens pour qu’on cesse de se noyer dans le mirage de la transparence. Que les difficultés majeures que connaît notre société facilitent de telles brèches ne justifie pas qu’on ne fasse rien pour freiner cette course au suicide collectif.
Personne n’est innocent. L’Inquisition le savait déjà, et chacun d’entre nous va le redécouvrir avec la démultiplication de moyens que permettent les nouvelles technologies. Peu de gens comprennent qu’il ne faut pas regarder par le trou de la serrure et fouiller les poches de ses proches, non plus qu’écouter aux portes. Jadis on l’apprenait aux enfants. C’est ce que les adultes ignorent aujourd’hui. Il faut se souvenir que la transparence absolue, c’est la mort, car il n’y a plus rien à voir, donc on voit tout ! La société transparente est la société de la mort, morte et mortifère.
On ne peut que souscrire à ce type d’appel à la protection de la sphère privée. A ceci près que le problème, ce n’est pas la transparence, mais la surveillance et que cette confusion est typique de ceux qui amalgament, à tort, la montée en puissance, et la banalisation, de la société de surveillance, avec la montée en puissance de l’internet et des technologies de l’information. Ce que j’ai tenté de démontrer lorsque le blog du modérateur m’a longuement interviewé à l’occasion de la publication de deux e-books, L’identité numérique en question, puis Identité numérique, enjeux et perspectives.
A rebours du bruit médiatique ambiant, qui tend à amalgamer Facebook et les fichiers policiers, les réseaux sociaux et Big Brother, je pense que l’internet est plus du côté de la solution que du côté du problème, parce qu’on ne peut pas le censurer, mais qu’on peut, a contrario, apprendre à s’y protéger. Voir aussi, à ce titre, Comment contourner la cybersurveillance ?, mon Petit manuel de contre-espionnage informatique, ainsi que Gorge profonde, le mode d’emploi, qui explique comment garantir la confidentialité de ses sources, un devoir professionnel pour tout journaliste, avocat, médecin et autre professionnel tenu au secret professionnel. (en savoir plus…)
15 mai 2010
[Starwizz et Reuters - 15/05/2010]
Google a révélé hier que sa flotte de voitures Street View, qui photographie les rues et même plus (Entrez dans les boutiques avec Google Street view), a accumulé involontairement des informations personnelles envoyées par des individus via les réseaux sans fil, et ce pendant plusieurs années.
Le géant américain a ajouté qu’il était actuellement en contact avec les autorités de régulation de plusieurs pays, dont les États-Unis, la France, l’Allemagne et le le Brésil, sur les moyens de détruire ces données, qu’il dit n’avoir jamais exploitées.
“Il est désormais clair que nous avons recueilli par erreur des échantillons de données via des réseaux Wi-Fi ouverts“, a ainsi déclaré Alan Eustace, un des vice-présidents ingénierie de Google.
“Dès que nous avons eu connaissance du problème, nous avons immobilisé nos voitures Street View et isolé les données sur notre réseau, que nous avons alors déconnecté pour les rendre inaccessibles“, a ajouté Alan Eustace.
Alors que la protection des données personnelles est un sujet ultra sensible, notamment pour Facebook (Facebook renforce sa sécurité) , voilà une annonce qui risque de placer Google au centre de la polémique…
9 mai 2010
Quitter le monde des reseaux sociaux avec Suicide Machine
[Julian Pidoux - Le Matin - 23/01/2010]
Une application en ligne permet de disparaitre de réseaux sociaux, tels Facebook ou Twitter, en quelques minutes. Elle répond ainsi aux attentes de nombreux internautes qui trouvent leur alter ego virtuel beaucoup trop envahissant
Vous voulez disparaitre de Facebook, de MySpace, de LinkedIn ou de Twitter? C’est désormais possible grâce à la Web 2.0 Suicide Machine; une application grauite qui purge votre présence en ligne sur certains réseaux sociaux.
Depuis son lancement le 19 décembre dernier, la Suicide Machine a déjà assisté près de 1400 morts virtuelles, mettant fin à près de 95 000 amitiés sur Facebook et 280 000 tweets sur Twitter.
Rapide, facile et définitif: Une fois vos mot de passe et nom d’utilisateur entrés, il suffit de lancer la machine. Le programme éliminera alors la moindre information vous concernant, un peu comme si vous le faisiez manuellement. Mais si éliminer un par un mille amis sur Facebook prend exactement 9 heures et 35 minutes, avec Suicide Machine, l’opération ne dure que 52 minutes. Ne subsiste qu’un cybersquelette: un profil sans aucune donnée.
Et les internautes semblent adorer, comme en témoignent les nombreux messages postés sur le site mais aussi les files d’attente en ligne. Trop de requêtes «Nous avons tellement de succès que l’application n’arrive pas à traiter toutes les demandes à la fois, explique Walter Langelaar, directeur du projet. Nous travaillons donc pour tenter d’améliorer la capacité de traitement. Pour l’heure, c’est là notre priorité.»… (en savoir plus…)
9 mai 2010
[Bakchich - 09/10/2009]
Le programme européen Indect vise à développer un système de surveillance des informations d’internet. But avoué : détecter automatiquement les menaces, les comportements anormaux ou la violence.
Pas un jour ne passe sans que l’on apprenne l’existence, ici ou là, de projets bureaucratiques visant à contrôler Internet, cet espace de liberté qui provoque des poussées de fièvre aphteuse chez tous les tyrans et autres aspirants dictateurs de la planète.
La démarche, somme toute assez logique de la part des démocrates éclairés régnant par exemple en Birmanie, en Corée du Nord, en Chine, en Iran ou en Tchétchénie, est plus surprenante de la part des dirigeants australiens ; quoique…On oublie un peu vite que les prix Nobel de lancer de boomerang participent activement à un super Big Brother d’inspiration yankee, ayant pour objectif d’intercepter les communications téléphoniques mondiales, publiques et privées : le célèbre réseau « Echelon ». Outre les Australiens, participent à ce club très fermé de « grandes oreilles » le Canada, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande.
En Europe, creuset de la démocratie, pour ne pas dire de la civilisation que l’humanité nous envie, nos dirigeants ne caressent pas de si noirs desseins ; contrôler Internet ? Allons donc ! Et pourquoi pas des caméras de surveillance à chaque coin de rue pendant que vous y êtes ? Ou bien l’accès à votre dossier médical par votre employeur en cas d’arrêt de travail consécutif à une petite grippe H1N1 ? Non mais franchement. D’ailleurs Echelon n’a pas empêché la tragédie du 11 septembre, alors …
Alors, au nom de la sacro-sainte sécurité, le plus porteur des thèmes électoraux de l’ère moderne, nos dirigeants européens n’ont pas tardé à trouver une bien meilleure recette qui laisse craindre hélas, que la ‘Police de la Pensée’ Orwellienne ne soit plus très loin…
Détection automatique des menaces
Cette meilleure recette a pour nom « Indect » ; d’après ses concepteurs, il s’agit « d’un système intelligent d’information permettant l’observation, la recherche et la détection en vue d’assurer la sécurité des citoyens dans un environnement urbain ». Froid dans le dos rien qu’à lire l’étiquette sur l’emballage… (en savoir plus…)
9 mai 2010
Dans la même veine.. "je peux pucer mon chien, alors pourquoi ne pas pucer mon adolescent rebelle histoire de le retrouver s’il fugue ou s’il ne vas pas à l’école ?", "Je peux pucer mon chien, alors pourquoi ne pas pucer (discretos) ma femme/mon mari, histoire de savoir s’il est volage ?", "Je peux pucer mon chien, alors pourquoi ne pas pucer chaque nouveau né à la naissance histoire de pouvoir le localiser s’il est enlevé par les pédophiles, s’il se casse une jambe lors d’une randonnée, s’il se fait ensevelir par une avalance en faisant du hors-piste, s’il va chez les putes, s’il va dans un cinéma porno, s’il traîne dans les mauvais quartiers, s’il a des mauvaises fréquentations…"
Les possibilités sont infinies… et vous n’avez aucune raison valable de refuser cette surveillance (qui est faite pour votre bien) SI VOUS N’AVEZ RIEN A VOUS REPROCHER. C’est EXACTEMENT ce que me disait le conférencier recruteur de la STASI, qui venait nous parler de son métier, dans mon lycée, du temps de l’Allemagne de l’Est.
[Affordance Blog - 02/05/2010]
"WE SHOULD DOCUMENT THEM" – C’est ici le "them" qui a toute son importance. C’est aux Etats-Unis. C’est un candidat au congrès, républicain, médecin par ailleurs qui parle. Qui parle de "pucer" les immigrants clandestins pour les "documenter". Littéralement. "To document" : Verbe transitif. Documenter.
Traduction :
C’est à ma connaissance l’une des toutes premières fois (la première fois ?) où l’on emploie a dessein le terme de "documenter" pour décrire une ambition qui dépasse de très loin le seul "fichage" (déjà très avancé) des êtres humains. L’une des toutes premières fois où l’on parle de documenter des êtres humains, au sens premier, littéral du terme.
Au-delà de l’écoeurement, l’homme est donc bien un document comme les autres … Le pan-catalogue des individualités humaines** continue son inexorable avancée. Les clandestins seront-ils, en plus du reste, les premiers hommes de la zone grise, des hommes-documents doublement orphelins ?
La résistance à la redocumentarisation est décidément d’une brûlante actualité.
** Voir l’article de la revue Hermès dont le pitch est le suivant :
http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2010/05/we-should-document-them.html
9 mai 2010
[Web Obscur - Les Inrockuptibles - 19/04/2010]
Où sont mes données lorsque je les stocke en ligne sur Hotmail, Flickr ou Google Docs? J’avais abordé la question en février dernier, mais 2 affaires américaines sont venues souligner l’importance du problème.
Quand Google Docs mâche le travail du FBI
En août dernier, lors d’une enquête sur des spammeurs, le FBI a obtenu un mandat l’autorisant à exiger de Google de lui fournir tous les Google Docs d’un suspect (voir l’article de Wired). 10 jours après, Google leur a envoyé les documents, dont une feuille de calcul contenait plus de 3 millions d’adresses spammées. Sans le cloud computing, obtenir une telle pièce à conviction aurait pris des semaines, puisqu’il aurait fallu aller la chercher sur le disque dur du suspect. Et encore, il aurait pu tout avoir effacé.
Le mieux dans cette histoire: Le FBI n’avait même pas besoin de mandat. Une loi de 1986, le Stored Communications Act, autorise la police à accéder aux documents personnels stockés sur un serveur après un délai de 180 jours. Ce qui était sensé dans les années 1980 (lorsque les documents ne faisaient que transiter du serveur vers des ordinateurs distants) provoque un joli maelstrom à l’heure de l’informatique dans les nuages.
En utilisant cette loi surannée, un procureur général américain a voulu forcer Yahoo à transmettre des e-mails plus récents que 180 jours, sous prétexte que l’utilisateur les avait déjà lus (toujours chez Wired).
Cette demande a provoqué une levée de boucliers chez les défenseurs de la vie privée outre-Atlantique. Soutenu par Google et l’Electronic Frontier Foundation, Yahoo a tenu bon, empêchant ainsi les flics US de lire à loisir les e-mails d’une vaste majorité d’Américains.
Résultat, si vos données sont hébergées par un fournisseur basé aux Etats-Unis, ou même sur un serveur installé là-bas, la police n’a pas beaucoup d’obstacles à franchir pour y avoir accès.
En France, le règne du flou
En France, le statut des données stockées dans les nuages manque de clarté. La loi relative au secret des correspondances électroniques de 1991 dispose que la force publique ne peut mettre son nez dans vos mails que si la sécurité nationale est en cause (ou le grand banditisme, ou le terrorisme – le genre de choses qui a peu de chances de vous concerner) (en savoir plus…)
9 mai 2010
[Luca Sabatini - La Tribune de Genève - 26/04/2010]
Dans son célèbre roman 1984, George Orwell décrivait un état totalitaire où chaque citoyen était surveillé par l’œil omniprésent de Big Brother. En sommes-nous si éloignés? Obsédées par la sécurité, nos démocraties dites libérales enregistrent, contrôlent et archivent électroniquement nos moindres faits et gestes – la plupart du temps à notre insu ou dans la plus complète indifférence.
Des caméras nous filment dans les rues et les lieux publics. Les passeports biométriques conservent les traces de nos voyages à l’étranger. Les cartes de crédit ou de fidélité mémorisent nos achats. Et les réseaux sociaux du Web dévoilent nos secrets intimes. Mais au fond, pourquoi s’en inquiéter? Moins de sphère privée, n’est-ce pas un prix raisonnable à payer en échange d’une relative sécurité? Et puis ceux qui n’ont «rien à cacher» n’ont «rien à craindre», n’est-ce pas? A moins que…
«Quand on dit aux gens que leurs données personnelles sont accessibles par d’autres ou que des caméras les filment, ils ne s’en inquiètent pas, sous prétexte qu’ils n’ont «rien à cacher». Ça ne les dérange pas d’être observés. Cependant, peu de gens savent exactement comment ces données sont utilisées et par qui.» Et c’est là que réside le danger.
Directeur du Surveillance Studies Centre et professeur de sociologie à la Queen’s University de Kingston, au Canada. David Lyon a consacré de nombreux ouvrages aux questions liées à la surveillance et à la protection de la sphère intime. Invité la semaine dernière par le département de sociologie de l’Université de Genève, il en a profité, avec une conférence intitulée Rien à cacher, rien à craindre?, pour souligner «l’attitude complaisante du public» face aux assauts qui minent nos libertés,
En effet, les technologies actuelles permettent à ceux qui les maîtrisent de fouiller nos vies comme jamais auparavant, servant aussi bien les excès sécuritaires des gouvernements que l’appétit commercial des multinationales. «Nous sommes entrés dans l’ère de la globalisation de l’information personnelle», résume le professeur.
Comment expliquer l’obsession de notre époque pour la surveillance qui prend souvent des allures d’espionnage légal? «Les causes sont multiples. Les avancées technologiques, notamment, rendent désormais possible une surveillance à large échelle.» Depuis la fin du XXe siècle, remarque David Lyon, «on croit que les problèmes sociaux et politiques peuvent être résolus par la technologie». Alors même que «des indices évidents, parfois même catastrophiques, tendent à prouver le contraire». Les lois liberticides promulguées aux Etats-Unis après les attentats du 11 Septembre en sont un exemple flagrant.
Corollaire de cette dérive idéologico-technologique, la montée en puissance de la surveillance entraîne un détournement de «systèmes prévus à l’origine pour autre chose». Facebook, par exemple, s’est transformé en un «redoutable outil» de récolte de données et de surveillance à mesure qu’il gagnait en popularité en tant que réseau social. Pourtant, ses utilisateurs ne semblent pas trop s’en offusquer…
«Il est faux de croire que les gens ne se soucient pas de ce qui arrive à leurs données privées, assure le sociologue. Chacun à des attentes différentes en fonction du contexte. Ce que l’on publie sur Internet pour ses amis après une soirée n’est pas nécessairement ce qu’on veut que son employeur découvre le lendemain. En même temps, il ne faut pas oublier que notre culture est très expressive: le désir de se mettre en scène est aussi fort que celui de préserver son intimité.»
http://www.tdg.ch/actu/hi-tech/Facebook-sphere-privee-surveillance-2010-04-25
9 mai 2010
Joli coup de pub pour Google… et initiative louable si elle est sincère. Mais cela contrevient tellement à leur business model basé sur le profilage intégral, qu’on peut se permettre d’avoir des doutes. Et quand ils disent "nous ne conservons aucun document…", cela veut-il dire qu’ils effacent même les donnés se trouvant sur les sauvegardes ? Ou bien ils ne font pas de sauvegardes ?
[Anouch Seydtaghia - Le Temps - 19/04/2010]
Importer ses contacts au sein de Facebook, Gmail ou Hotmail, rien de plus facile. Avides de nouveaux utilisateurs, ces services font tout pour permettre à leurs utilisateurs d’en gagner de nouveaux. Idem pour le chargement de photos et de vidéos sur les sites de socialisation, pour qui davantage de contenu publié signifie plus de pages vues – et davantage de publicités affichées. Les choses se corsent lorsque l’internaute souhaite quitter ces services et emporter avec lui non seulement le contenu autrefois chargé, mais aussi créé en ligne. Ainsi, sur Facebook, il faut utiliser des applications tierces pour tenter d’arriver à ses fins. De plus en plus soucieux de soigner son image, Google tente, depuis septembre 2009, d’améliorer ses pratiques. La firme américaine a ainsi lancé son «Data Liberation Group», avec pour mission de faciliter la vie aux internautes. Rencontré la semaine passée à Zurich, son responsable, Brian Fitzpatrick, le reconnaît facilement: Google ne fait en aucun cas preuve d’angélisme.
Le Temps: Pourquoi avez-vous créé le Data Liberation Group?
Brian Fitzpatrick: Google ne cesse d’innover en lançant de nouveaux services et en les améliorant. C’est très bien. Mais ce n’est pas suffisant. Car il nous faut en parallèle renforcer la confiance que nous portent nos utilisateurs existants. Nous savons qu’ils sont prêts à passer à la concurrence si un meilleur service est lancé. Du coup, autant leur permettre de partir facilement. Nous aidons nos clients à quitter Google car nous voulons leur donner le contrôle sur leurs données. Si nos clients savent que c’est aisé de partir, ils seront enclins à rester longtemps… Et s’ils partent, ils savent qu’ils pourront revenir rapidement. Nous n’agissons ainsi pas par charité: Google sait qu’avec un Web très ouvert et libre, les internautes ont de fortes chances d’utiliser ses services. (en savoir plus…)
9 mai 2010
Génial… vu la sécurité totalement foireuse de ces box, vu la tendance des utilisateurs à choisir des mots de passe (quand ils en choisissent) totalement bidons… on va avoir droit à des séquences de "caméra cachée" involontaires sur Youtube. Et les flics se frottent les mains… un coup de hack et hop, surveillance sans mandat juridique !
[PCInpact - 26/04/2010]
Darty propose gratuitement la vidéo surveillance à ses clients. Et l’accès à distance en plus…
DartyBox, malgré un niveau de recrutement de nouveaux abonnés très faible comparé à ses concurrents, n’abandonne pas pour autant. De nouveaux services gratuits sont ainsi désormais proposés à ses clients, pour certains depuis quelques semaines :
Par exemple :
* Un service de vidéo-surveillance grâce à une caméra IP Wi-Fi branchée chez-vous. Il sera alors possible de visualiser ce que verra cette caméra que ce soit via un autre ordinateur ou votre smartphone, puisque Darty annonce qu’une application iPhone et iPod Touch sera mise à disposition (gratuitement) dans les prochaines semaines.
« La caméra possède une fonction de détection de mouvements couplée à un service gratuit et illimité d’alertes emails comprenant une capture photo de l’évènement ayant déclenché cette alerte » explique le FAI.
« Une fonction de sauvegarde de la séquence vidéo est également proposée. L’installation a été simplifiée grâce à l’utilisation du WiFi WPS permettant une connexion en WiFi en quelques minutes. »
http://www.pcinpact.com/actu/news/56450-dartybox-video-surveillance-acces-distance.htm
9 mai 2010
[Les Echos - 14/04/2010]
Maître de conférences en économie à l’université Paris-Sud et auteur de « L’ économie des données personnelles et de la vie privée » , Fabrice Rochelandet décrypte les risques d’internet pour les informations privées.
Les Echos : Internet, particulièrement les réseaux sociaux, se nourrit de plus en plus de données personnelles. Quelles sont les conséquences sur la vie privée ?
Fabrice Rochelandet : L’une des principales conséquences est la multiplication des modes de collecte de données, entre la géolocalisation, les puces RFID, la biométrie… Il y a également une tendance des individus à se dévoiler et publier à outrance leur vie privée sur internet, avec les réseaux sociaux. Il y a quelques années, on parlait de nos informations privées, mais elles restaient dans le cadre privé, familial ou amical. Désormais, ces données sont ouvertes et à la portée de n’importe quel individu.
Quels sont les risques qui en découlent ?
Il y a deux positions très tranchées sur la question : ceux qui souhaitent à tout prix protéger leurs données et les autres qui nient en grande partie tout risque. Je pense qu’il faut avoir une position intermédiaire, car il y a plusieurs degrés de risque. Certains sont quantifiables, comme les spammings, et donc mutualisables. D’autres risques sont moins visibles, tels que la discrimination par les prix, avec des internautes dont les données privées ont été collectées et qui payent des prix différents en fonction de leur métier, de leur salaire… Ca a été notamment le cas d’Amazon, qui faisait payer des prix plus élevés à ses clients fidèles !
Peut-on parler d’un «glissement» de la sphère privée avec internet ?
On peut parler d’une nouvelle définition. Surtout, il n’y a pas de norme sociale de la vie privée. Chacun a sa propre stratégie, et se comporte comme il veut. En raison de cette pluralité de comportements, il n’existe aucune norme et il est impossible de conseiller un comportement sur internet. Les frontières bougent car les gens ont tendance à devenir des personnages publics sur internet. Il est désormais connaître beaucoup de choses d’un individu qu’on ne connaît pratiquement pas, de ses préférences politiques jusqu’à ses attirances sexuelles. C’est assez insidieux puisque cela peut engendrer des changements de comportement. De même, les entreprises peuvent découvrir des informations sur leurs employés, leurs futurs employés et autres postulants. Il y a un décloisonnement des espaces, qui crée de nouvelles formes de relations sociales. Pour autant, je ne crois pas à la fin de la vie privée sur internet. Cette notion évolue, tout simplement, ce qui explique la difficulté actuelle à légiférer ce sujet.
Les gens sont conscients des risques, mais ils s’inscrivent de plus en plus sur les réseaux sociaux… N’y a-t-il pas un paradoxe ?
Ils sont conscients des risques, mais ceux-ci sont futurs, peu visibles et non quantifiables. Personne n’est dupe, mais le bénéfice et la satisfaction immédiats prévalent sur les risques à long terme, comme le fumeur préfère prendre du plaisir immédiatement avec sa cigarette. Ainsi, un adolescent ne prendra que très peu en compte les risques en termes d’emploi de ses publications sur Facebook. Et c’est en dévoilant des informations personnelles que l’on crée du lien.
C’est d’autant plus dommage qu’il existe des outils de cryptage, des solutions de protection et d’anonymation des données, très souvent gratuits. Mais ces solutions sont peu adoptées car installer de tels outils nécessite des compétences précises. En outre, elles signifieraient, pour beaucoup, se démarquer socialement des autres.
Est-ce possible de garder le contrôle de ses données sur le web ?
Oui si l’on n’a pas de portable, ni internet… Et encore, il y a la vidéosurveillance. A moins de «faire le Robinson», il est impossible de garder totalement le contrôle de ses données privées sur internet.
Pour autant, le droit à l’oubli est souvent avancé comme une possible solution…
Le droit à l’oubli permet, certes, de demander à un opérateur d’effacer des données privées. Encore faut-il qu’il le fasse réellement, sans conserver aucune trace. Mais le véritable problème est de retrouver et remonter toute la chaîne de traçabilité de ces données. Le droit à l’oubli est, à la limite, applicable pour un opérateur, mais impossible au-delà en raison de l’asymétrie d’informations. En tout cas, je n’y crois pas un instant.
En parallèle, on recherche des solutions, en s’appuyant sur d’anciennes normes. Auparavant, les échanges se faisaient entre personnes physiques. Désormais, le contexte est totalement différent par rapport aux années 1970, et l’exploitation des données personnelles s’est démultipliée…
Que préconisez-vous alors ?
Il y a deux pistes qui me semblent intéressantes. La première est la labellisation des sites, une pratique récente en France avec la crise mais plus avancée aux Etats-Unis. Outre-Atlantique, elle est réalisée par des filiales de grands groupes à but lucratif… Et certaines études assez sérieuses ont révélé que la probabilité de tricherie était plus importante pour les sites labellisés que les autres… En France, il faudrait une agence indépendante, voire une ONG totalement autonome ou une institution, qui se finance qu’avec les amendes qu’elle récolte pour être crédible.
L’autre solution est la prévention. La loi votée fin mars 2010 au Sénat comporte un volet censé amener les gens à avoir un comportement plus prudent. Mais le problème dans ce cas tient au canal de cette prévention : les professeurs. D’autant que, quand on crée un interdit, les plus jeunes ont tendance à l’outrepasser. Les parents ont été rajoutés par la loi mais ils sont bien souvent dépassés par ces technologies. Cette solution peut être intéressante si elle est mieux ciblée. Faire des campagnes de sensibilisation en utilisant internet et en alertant les internautes dès qu’ils envoient des données personnelles serait plus efficace. Ce peut être une solution. Mais, comme toutes les autres, elle ne peut exister et être respectée que s’il y a une collaboration et une réflexion de tous les spécialistes techniques, juridiques, pédagogiques, psychologiques…
7 mai 2010
[Gregor Seither - IES News Service - 07/05/2010]
Dans la ville de Falkirk, près d’Edinbourg (Ecosse), l’hôpital de Bellsdyke accueille une section pour malades mentaux sévères, l’unité Tryst Park, entourée de mesures drastiques de sécurité étant donné qu’un certain nombre de ces malades sont des délinquants violents – certains ayant fait parler d’eux dans les médias.
La semaine dernière, un jeune garçon de 12 ans découvre, sur le parking d’un supermarché voisin, une clé USB non cryptée et contenant les fiches individuelles des différents salariés travaillant à l’unité de Tryst Park mais surtout les dossiers médicaux des internes, leur dossier administratif et légal, le détail de leurs infractions, leurs rapports psy et fiches de suivi… bref, des morceaux de choix savoureux pour tout journaliste de tabloid.
La famille du garçon a restitué la clé à l’hôpital et l’employé qui a perdu la clé-USB (elle est tombée de ma poche quand je suis sorti de ma voiture) a été suspendu… Il n’a pas fourni d’explications sur les raisons pour lesquelles il se trimballait avec toutes ces données sur lui.
La semaine dernière, la commission britannique sur la vie privée a démontré que, en matière de pertes de données sensibles, l’hopital public britannique est le pire qui soit, suivi de près par les forces de police et l’armée.
C’est vraiment rassurant de savoir que les autorités médicales et judiciaires prennent soin de nos données et les gardent à l’abri des regards indiscrets… et dire qu’il y a des gens qui s’inquiètent de la politique de la vie privée de Facebook ou Google !
3 mai 2010
[Ligue ODEBI - 2/05=2010]
Les chiffres imaginaires de l’industrie culturelle mis à mal par la cour des comptes américaine
Les chiffres du piratage sont contrefaits et le calcul qui permet de les obtenir n’est basé sur aucune preuve. Ce n’est pas le premier pavé, certes, nombreuses sont les études qui démontrent l’illégitimité du système de calcul des organismes professionnels. (1). Mais cette fois, c’est la cour des comptes américaine qui s’en charge.
Stigmatisant les chiffres imaginaires utilisés par les industriels et relayés par les gouvernements (complices ?), le rapport du GAO montre ainsi que le plus grand danger n’est pas le piratage mais la manipulation organisée par les industriels du divertissement.
Le gouvernement français a repris tous les chiffres de ces industriels sans même penser à en vérifier le bien-fondé. Le rapport remis à la ministre de la culture Christine Albanel par deux sociétés d’études privées lui a servi à défendre le texte de l’hadopi devant l’assemblée nationale. C’est pourtant un texte partial comme le reconnaissent les auteurs d’ailleurs (2). Ils se sont servis des données disponibles, à savoir bien sûr celles que se sont empressés de fournir les ayants-droit et leurs lobbies.
Les études d’organismes indépendants ou d’universitaires ont tout simplement été oubliées dans la rédaction du rapport. Cet exemple démontre bien le parti pris du gouvernement français, notamment. C’est ce principe qui est inquiétant, si l’on veut bien comprendre qu’une industrie défende sa part du gâteau, il est inconcevable pour moi qu’un état prenne fait et cause pour elle, d’autant plus si c’est basé sur un prétexte fallacieux et au détriment des libertés individuelles. (en savoir plus…)
3 mai 2010
Et on ne vous parle même pas des questions de sécurité et de confidentialité ! On connait un paquet de dirigeants de PME qui ont stoqué leurs fichiers clients, catalogues de prix et documents commerciaux sensibles sur leur SmartPhone… "parce que c’est plus pratique"… et ensuite ils l’oublient sur une table de café où bien il glisse de leur poche dans un Taxi. Notre copine Angèle, qui bosse chez Sterling, nous dit qu’elle pourrait monter un commerce avec tous les téléphones qu’elle ramasses sous les sièges ou entre les coussins, à la fin d’un vol.
[Le Monde Informatique - 02/05/2010]
Les responsables informatiques ont de plus en plus de mal à gérer leurs parcs de terminaux mobiles et leur travail est en train de devenir cauchemardesque. Nombres d’utilisateurs possèdent aujourd’hui plusieurs types de téléphones tournant sous des systèmes d’exploitation différents et tous s’attendent à disposer pour chacun d’un accès à leur messagerie, à la vidéo conférence et à divers types d’applications professionnelles.
« Tout se passait à peu près simplement du temps où les responsables informatiques mettaient un ordinateur portable Dell Latitude ou un BlackBerry dans les mains de leurs salariés nomades en leur disant ‘vous êtes prêts à partir’ », explique Paul DeBeasi, analyste spécialisé dans les applications sans fil chez Gartner pendant une table ronde autour de la technologie sans fil et les mobiles qui s’est tenue lors de l’Interop de Las Vegas. « Mais maintenant, les téléphones ressemblent de plus en plus à de mini-ordinateurs, et pour compliquer les choses, ils tournent sous six plates-formes principales : BlackBerry, iPhone, Android, Palm, Windows Mobile et Symbian, » a déclaré Michael Miller, un auteur écrivant sur la technologie et vice-président en charge de la stratégie technologique chez Ziff Brothers Investments. « Tout à coup, vous vous trouvez avec le choix de six plates-formes mobiles et vous devez décider laquelle vous allez supporter, » a déclaré Michael Miller. Donner à chacun un accès à sa messagerie est relativement facile, mais les utilisateurs veulent avoir toutes sortes d’applications professionnelles à portée de main. « Ça devient une autre affaire de prendre les applications professionnelles et de les rendre exécutables d’un coup sur toutes ces plates-formes, » précise Michel Miller. « Nous sommes tous habitués à des applications qui s’exécutent sur des ordinateurs de bureau et des portables tournant sous Windows. Mais qu’advient-il dans un monde où chacun veut profiter de la connectivité à tout moment ? Vous ne pourrez pas faire tourner [un iPhone ou un BlackBerry] sous Windows 7, que vous le vouliez ou non.»
24 avril 2010
Même plus besoin de faire du Warchalking — Google s’en charge !
[Guillaume Champeau - Numérama - 23/04/2010]
Un réseau Wifi installé chez soi mais visible de l’extérieur relève-t-il du domaine public, ou du domaine privé ? En Allemagne, selon The Register, le Commissaire Fédéral de la Protection des Données Peter Shaar (l’équivalent du président de la CNIL) s’est dit "horrifié" de découvrir que les véhicules parcourant les rues pour Google Street View enregistraient au passage les réseaux WiFi qu’ils croisaient, et même les adresses MAC de leurs utilisateurs. Ces adresses sont uniques, et rattachées à chaque appareil qui se connecte à un réseau. Il estime que ces collectes sont illicites, et demande à la firme de Mountain View de supprimer toutes celles déjà enregistrées.
Le garant allemand de la protection de la vie privée est déjà en croisade contre Google Street View, qu’il juge trop intrusif de l’intimité des Allemands, même s’il ne photographie et met en ligne que ce que n’importe quel passant pourrait faire dans les rues du pays. C’est d’ailleurs l’argument clé de Google, qui estime qu’il n’y pas violation de la vie privée là où les données enregistrées étaient visibles de tous à l’endroit et au moment où elles ont été capturées. Une interprétation a minima des lois sur la protection des données, qui lui permet de ne pas avoir à recueillir au préalable d’autorisation, ni même de déclarer les collectes.
La firme de Mountain View a expliqué au Spiegel que "l’acquisition de données des réseaux WiFi n’est pas quelque chose de nouveau, ni quelque chose que fait seulement Google". "Ce type de données est collecté depuis des années par différentes sociétés, y compris allemandes". Le journal donne l’exemple du Fraunhofer Institute, qui a décidé début 2008 de quadriller les rues de Nuremberg pour établir une cartographie des réseaux WiFi disponibles. Il cite aussi Skyhook, qui scanne les réseaux WiFi et tours GSM pour faciliter la géolocalisation par triangulation. En comparant dans un lieu donné la puissance de réception de trois émetteurs sans fil alentours dont on connaît la localisation, il est possible de déterminer relativement précisément la position où l’on se trouve.
Pour Google, les noms des réseaux WiFi et même les adresses MAC, qui sont attachées à des objets et non des individus, ne sont pas des données privées. Mais il pourrait devoir le défendre en justice si la CNIL allemande décidait d’intenter des poursuites. S’il est vrai qu’elle n’a jamais inquiété les autres sociétés, le fait que Google puisse croiser ces données avec les adresses MAC collectées par ses services en ligne accroît les craintes.`
24 avril 2010
Si vous ne l’avez pas encore installé, GoogleSharing de Moxie Marlinspike est un outil indispensable si vous ne voulez pas renoncer aux services Google mais n’avez pas envie de vous faire disséquer par la société de Mountainview…
Quand au blocage opéré par GANDI, c’est assez symptomatique des pétoches préventives que la mentalité HADOPI a introduit dans les têtes. Quand on sait comment est né GANDI, héritier d’ALTERN et de Valentin Lacambre, c’est navrant…
[Guillaume Champeau - Numerama - 07/04/2010]
L’affaire aurait pu faire beaucoup de mal à l’image de marque de Gandi, le célèbre registrar français de noms de domaine, qui communique justement avec fierté sur le fait que la transparence est "plus qu’une marque de fabrique : une culture d’entreprise". Mais il a su en faire au contraire un exemple de bonne communication, à condition qu’elle soit suivie d’effets.
The Register rapportait en début de semaine que Gandi a révoqué sans préavis le certificat d’authenticité qu’il avait délivré à GoogleSharing, un service d’anonymat créé par le hackeur Moxie Marlinspike. Le service lancé en janvier dernier fonctionne par l’installation d’un plug-in Firefox, qui redirige tout le trafic lié à Google (sauf Gmail) vers un proxy, lequel supprime de la requête toutes les informations personnelles et les remplace aléatoirement par celles d’un autre utilisateur. L’idée est de mélanger toutes les informations personnelles de tous les utilisateurs pour rendre le profilage impossible de la part de Google. Il injecte également de fausses requêtes pour brouiller plus encore les cartes.
En révoquant le certificat SSL de GoogleSharing sans aucun préavis, Gandi a rendu le service inopérant pendant plusieurs jours. Il a fallu 24 heures au registrar pour que ses services envoient à Marlinspike un e-mail lui indiquant différentes raisons ayant abouti à cette décision. GoogleSharing aurait commis "de multiples atteintes sérieuses et délibérées" aux conditions contractuelles de Gandi, en ne remplissant pas correctement les informations identifiantes de la base Whois, en violant la marque Google dans son nom de domaine, et en se prêtant à des "activités frauduleuses".
En estimant que GoogleSharing viole le droit des marques de Google et que le service est de nature frauduleuse, Gandi s’est fait juge à la place du juge. Ce qui est contraire à l’esprit qu’il affiche, et à celui qui gouverne en principe les intermédiaires techniques.
Contacté par The Register, le directeur des opérations de Gandi Joe White a immédiatement reconnu l’excès de zèle de ses services juridiques, et la faute de Gandi à ne pas avoir prévenu son client de la révocation avant qu’elle ne soit effective. "La raison pour laquelle le certificat a été révoqué était que les informations communiquées pour la base de données Whois n’étaient pas correctes. Les certificats sont des sceaux de confiance, mais ils ne peuvent pas être basés sur des données whois falsifiées. Il était juste de révoquer le certificat pour cette raison, mais pas sans avoir contacté d’abord le client", concède M. White. "Les autres problèmes n’avaient rien à voir avec la révocation du certificat et nous sommes désolés pour la confusion que ça a pu causer".
"Nous avons appris de cette expérience et modifié nos processus, et nous espérons éviter ce genre de problèmes à l’avenir", conclue-t-il.
16 avril 2010
31 mars 2010
Et oui ! Seuls les naïfs croyaient que Google, Twitter et Facebook nous offraient tous ces outils gratuits par simple philanthropie. Il faut bien à un moment où un autre monétiser cette ressource… que vous soyez d’accord ou pas. Caveat Emptor !
Quand à la menace de se désinscrire du réseau social, elle fait doucement rigoler Facebook. Sur tous les autres réseaux, c’est partout pareil ! Et qui parmi les Facebookiens voudrait revenir à l’isolation sociale du temps d’avant ?
Nos données valent de l’argent, nous devons commencer à les négocier avec ceux qui nous offrent des services gratuits en échange. Et comme toute ressource qui nous appartient, nous devons en négocier les droits d’usage.
[01.Net - 31/03/2010]
Facebook prêt à céder des données personnelles sans accord préalable
Le réseau social envisage de mettre à la disposition des sociétés avec lesquelles il aura conclu un accord certaines informations générales sur ses membres. Ces derniers ne sont pas d’accord.
Facebook veut, une fois encore, modifier sa politique en matière de données personnelles. Le réseau social souhaiterait autoriser certaines sociétés à accéder aux informations de ses membres, sans que ceux-ci ait donné leur consentement. Cette idée est développée dans un billet publié sur le blog officiel de Facebook, afin que les membres puissent s’exprimer sur ce sujet.
Le réseau social souhaiterait « occasionnellement fournir des informations générales à propos de vous à des sites Web et à des applications pré-approuvées qui utilisent notre plate-forme avant même que vous ne vous y connectiez formellement ». Ce dispositif existe déjà dans le cadre de Facebook Connect, un service qui permet aux internautes d’accéder à divers sites et applications grâce à leurs identifiants Facebook, sans avoir à se créer un compte à chaque fois. C’est toutefois à l’utilisateur que revient le choix des services consultés.
Dans son nouveau projet, Facebook s’arroge le droit de confier les informations générales placées sous le statut « accessibles à tout le monde » (nom, photos de profil, sexe, identifiants d’utilisateur, contenus partagés, etc.) aux sociétés qu’il aura pré-approuvées. Ces données permettraient à ces partenaires de cibler services et publicités en fonction du profil du visiteur.
Déjà un pas en arrière ?
Dans la première version du billet, publié vendredi, Facebook prônait un mode qui équivaut à l’opt-out, dans lequel l’accord de l’internaute est considéré comme acquis par défaut. C’est à lui de faire la démarche de « supprimer tout site Web ou application pré- approuvés [... ] ou de bloquer tous les sites Web ou applications pré- approuvés de sorte qu’on n’accède pas à vos informations générales lorsque vous les visitez ». Ces informations ont été depuis retirées, mais restent consultables dans le projet des nouvelles conditions d’utilisation, dont il existe une version en français.
Voilà probablement un changement qui fait suite aux réactions des utilisateurs de Facebook. Comme le réseau les y invitait, ils sont nombreux à avoir déposé leurs commentaires sur le blog officiel. Et sur le millier de ceux qui sont actuellement visibles, la tendance générale est à l’adoption du mode de l’opt-in, dans lequel le consentement de l’internaute est demandé au préalable. Certains menacent même de se désinscrire du réseau.
29 mars 2010
Les policiers municipaux dans ma commune, je leur fais vachement confiance. L’idée qu’ils pourront – les soirs d’ennui – aller se balader sur les fiches du STIC pour le compte du politicard en campagne local, ça me rassure moyen. La tentation "calomnie Ali Soumaré" elle est loin d’être un cas unique, en France… Sans parler du fait que bon nombre de policiers municipaux sont recrutés par favoritisme politique local et n’auront donc pas de scrupules à ce servir de ces informations pour des opérations politiques… ou bien pour se faire un petit pécule.
Balkany inspire une circulaire qui permet aux policiers municipaux d’accéder au STIC
[ La Lettre du cadre - dimanche 21 mars 2010 - Geneviève Koubi ]
Circ. 25 févr. 2010. Communication aux services de police municipale d’informations contenues dans les traitements de données à caractère personnel
Une question posée au ministre de l’intérieur, repérée au 6 février 2010 par la Lettre du cadre, a reçu rapidement une réponse par un autre biais que la classique réponse ministérielle. Cette réponse se présente en une circulaire administrative, la circulaire du 25 février 2010 relative à la communication aux services de police municipale, pour les besoins de l’accomplissement de leurs missions, d’informations contenues dans les traitements de données à caractère personnel, du ministre de l’Intérieur, de l’outre mer et des collectivités territoriales [1]. (en savoir plus…)
29 mars 2010
[Jean-Marc Manach - Internet Actu - 05/02/2010]
“Paradoxalement, la situation était moins désespérée dans l’ancienne RDA dans la mesure où ses habitants connaissaient leur « big brother », à savoir la Staatssicherheit (STASI), et qu’ils disposaient du « droit à l’insurrection », alors que nous sommes aujourd’hui non seulement confrontés à une multitude de « petits brothers » impossibles à localiser, mais que, en outre, nous ignorons délibérément la menace que ces derniers font peser sur les libertés individuelles.”
Le propos d’Alex Türk, président de la CNIL, est quelque peu outrancier : le “droit à l’insurrection” existe aussi en démocratie. Il n’empêche : le parallèle à le mérite de la concision. Pour mieux apprécier la solennité du propos, on notera également qu’il fut tenu dans l’enceinte de l’Assemblée nationale, à l’occasion de l’audition [1] du président de la CNIL par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.
Ce 15 décembre 2009, Alex Türk voulait sensibiliser les députés à l’importance du “droit à l’oubli“, d’autant plus fondamental que “dans notre société numérique [2]“, il n’y a pas de liberté d’expression, non plus que de liberté d’aller et venir, sans vie privée ni droit à l’oubli.
Dans l’ex-RDA, on se méfiait de ses voisins, conjoints, amis ou membres de sa famille qui, tous, pouvaient être des informateurs de la Sécurité d’État (Staatssicherheit, dite Stasi). L’abolition de la vie privée permettait de contrôler, sinon les pensées, tout du moins leur expression. Aujourd’hui, note Alex Türk, les citoyens sont “soumis à un double traçage : un traçage physique à travers la vidéosurveillance ou encore la géolocalisation ; un traçage temporel à travers les réseaux sociaux et les moteurs de recherche“. (en savoir plus…)
28 mars 2010
[LE MONDE.FR | 06.01.10]
La police américaine, qui recherchait un jeune homme en fuite soupçonné de trafic de drogue, est parvenue à le retrouver grâce à sa passion pour un jeu vidéo en ligne. C’est le site spécialisé Massively qui a révélé l’affaire, à la fin de l’année 2009. Les autorités de Kokomo, dans l’Indiana, étaient à la recherche d’Alfred Hightower pour trafic présumé de marijuana lorsqu’elle a appris au cours de l’enquête qu’il s’était enfui au Canada.
Les enquêteurs ont interrogé ses relations et ont appris que le jeune homme était un passionné du jeu de rôle massivement multijoueur "World of Warcraft". "J’ai continué l’enquête et un jour j’ai eu l’information que ce type était un adepte régulier d’un populaire jeu de guerre en ligne", raconte à l’Agence France Presse le shérif adjoint, Matt Roberson.
La police a obtenu une procuration pour que la compagnie éditrice du jeu, Blizzard Entertainment, lui soumette les données d’accès du fugitif au jeu en ligne, y compris son adresse IP, nécessaire à tout ordinateur pour se connecter sur Internet. "Grâce à l’adresse IP, j’ai pu le localiser à Ottawa au Canada", souligne M. Roberson.
PLUSIEURS AFFAIRES RÉSOLUES GRÂCE À L’ADRESSE IP
Alfred Hightower a été arrêté par la police canadienne et renvoyé aux Etats-Unis où il devait se présenter au tribunal cette semaine à Kokomo. S’il est reconnu coupable, il risque jusqu’à dix ans de prison.
La police américaine a résolu récemment plusieurs affaires en suivant les traces d’une adresse IP ou le signal d’un téléphone cellulaire. Au mois de décembre, la police new-yorkaise a mis la main sur un stock d’objets électroniques volés après qu’"un petit garçon, dont la console Xbox avait été volée, s’est aperçu en ligne que quelqu’un jouait avec son système et l’a dit à ses parents", a par exemple rapporté le New York Post. Dans le Massachusetts l’année dernière, un officier de police a pour sa part retrouvé, en déchiffrant le signal d’un téléphone cellulaire, une fillette qui avait disparu avec sa grand-mère.
28 mars 2010
Comment la police américaine scrute les réseaux sociaux
[LEMONDE.FR | 17.03.10]
Recherché pour fraude bancaire aux Etats-Unis, un délinquant est retrouvé par la police, après s’être vanté sur Facebook de sa nouvelle vie au Mexique. Un cas isolé ? Ce n’est pas l’avis de l’Electronic Frontier Foundation (EFF), qui a mis en ligne, mardi 16 mars, un document sur l’utilisation des réseaux sociaux par les policiers fédéraux américains. Le groupe de défense des libertés individuelles a pu obtenir ce rapport, signé du département de la justice des Etats-Unis, en vertu de la loi sur l’accès à l’information.
Véritable guide pratique à destination des forces de police, le document rapporte une série de méthodes d’investigation peu communes. Afin de rechercher des suspects ou de collecter des éléments de preuve, les autorités fréquentent de plus en plus les réseaux sociaux comme Facebook, MySpace, Twitter, mais aussi le réseau professionnel LinkedIn.
Ces documents indiquent par exemple que les policiers échangent des messages avec les suspects, et épluchent les informations privées mises en ligne – comme des messages, des photos et des vidéos. Scruter les réseaux sociaux permet aussi d’accéder à l’ensemble des relations du suspect. A la lumière de ces données, plus ou moins publiques, les policiers peuvent aussi vérifier les alibis fournis par une personne mise en cause.
Le document détaille aussi les avantages et les inconvénients de chaque plate-forme pour un enquêteur. "La bonne nouvelle concernant Twitter est que la plupart du contenu est public ; la mauvaise, c’est qu’il n’y a aucun numéro de téléphone disponible", rapporte le texte. L’usage de LinkedIn "par les délinquants semble limité", même si le réseau professionnel peut servir à trouver des témoins de la défense. Les auteurs du texte sondent aussi le potentiel des usages de ces réseaux sur les terminaux mobiles. (en savoir plus…)
28 mars 2010
Les « centres de fusion » de Big Brother font partie de l’appareil de renseignement et de surveillance intérieur
Budget astronomique : 75 milliards, 200,000 employés
[ Tom Burghardt - Mondialisation.ca - 5 octobre 2009]
Les centres de fusion auront accès aux renseignements militaires classifiés
Lors d’une allocution le 15 septembre au Commonwealth Club de San Francisco, le directeur du renseignement national, l’amiral Dennis C. Blair, a révélé que l’actuel budget annuel pour la « communauté du renseignement » (CR)de 16 agences se chiffre 75 milliards de dollars et emploie 200 000 personnes à travers le monde, incluant des contractuels de l’entreprise privée.
En dévoilant une version non classifiée de la Stratégie de renseignement national (National Intelligence Strategy, NIS), M. Blair soutient qu’il cherche à abolir « cette vieille distinction entre le renseignement militaire et non militaire », en affirmant que la traditionnelle « ligne de faille » séparant les programmes militaires secrets de l’ensemble des activités de renseignement n’est plus pertinente.
Comme pour souligner la nature radicale des propos de M. Blair, Federal Computer Week rapportait le 17 septembre que « certains officiels non fédéraux ayant les autorisations requises et qui travaillent aux centres de fusions des données du renseignement partout au pays auront bientôt un accès limité à de l’information classifiée liée au terrorisme se trouvant dans le réseau d’information classifiée du département de la Défense » . Selon la publication :
Dans le cadre de ce programme, les officiels étatiques, locaux ou tribaux autorisés pourront accéder à des données pré-approuvées sur le Secret Internet Protocol Router Network. Ils n’auront pas la capacité de téléverser des données ou d’éditer du contenu existant, ont déclaré les officiels. Ils n’auront pas non plus accès à toutes les informations classifiées, mais seulement à celles que les officiels fédéraux mettront à leur diposition.
Les officiels non fédéraux auront accès par le Réseau de données de niveau secret du département de la Sécurité intérieure (Homeland Security, DHS). Selon le DHS, ce réseau est actuellement déployé dans 27 des plus de 70 centres de fusion partout au pays. Des officiels de divers niveaux du gouvernement partagent de l’information liée à la sécurité intérieure par le biais des centres de fusion. (Ben Bain, "DOD opens some classified information to non-federal officials," Federal Computer Week, 17 septembre 2009)
Depuis les attaques terroristes du 11 septembre 2001, le gouvernement fédéral a encouragé la croissance explosive des centres de fusion. Comme l’envisageaient les sécuritaristes, ces institutions hybrides ont élargi la collecte d’informations et les pratiques de partage à une grande variété de sources, incluant les bases de données commerciales, entre les autorités policières locales et étatiques, le secteur privé et les agences fédérales de sécurité, y compris le renseignement militaire.
Toutefois, les centres de fusion, à l’instar des fameuses « brigades rouges » des années 1960 et 1970, se sont rapidement métamorphosés en galeries marchandes de sécurité nationale, où les officiels surveillent non seulement les présumés terroristes, mais aussi les activistes de gauche et les militants écologistes, considérés comme une menace à l’ordre corporatif existant.
On ignore à ce jour le nombre d’analystes du renseignement militaire dans les centres de fusion, en quoi consiste leur rôle et s’ils se consacrent ou non à la surveillance intérieure. (en savoir plus…)
28 mars 2010
[AFP - 23/09/2009]
Une nouvelle application pour le téléphone portable d’Apple, l’iPhone, offre aux méfiants ou aux déçus des relations amoureuses de tout savoir sur leurs amants ou futurs partenaires. L’application baptisée "DateCheck" (Vérification de rendez-vous galant) a été conçue par l’entreprise américaine Intelius, spécialisée dans la collecte d’informations destinées aux personnes et entreprises, et présentée mardi lors du salon DEMO en Californie (ouest).
Avec un simple nom ou un numéro de téléphone, les utilisateurs de DateCheck peuvent fouiller la gigantesque base de données d’Intelius pour savoir si leur rendez-vous amoureux a oublié de mentionner son passé criminel ou son statut d’homme ou de femme marié(e) par exemple. La recherche de base est gratuite, mais les analyses plus poussées peuvent coûter jusqu’à 40 dollars.
"DateCheck est plus sévère avec mes soupirants que mon propre père ne l’était", a relevé une responsable d’Intelius, Katherine Herman, en présentant l’application.
DateCheck met en évidence les violences sexuelles, les arrestations liées aux stupéfiants ou encore les condamnations pour conduite en état d’ivresse, selon Intelius. Mais l’application peut aussi utiliser une adresse pour révéler si une personne vit seule et connaître la superficie et le prix de son domicile.
DateCheck passe également en revue les principaux sites de socialisation comme Facebook, MySpace ou Flickr, et créé un résumé de ce qu’y fait la personne scrutée, fournissant des liens vers ses pages personnelles.
10 mars 2010
[Dave Johnson - Bnet Blog - 08/03/2010 - Trad. Gregor Seither]
Effacez de manière permanente vos messages SMS sensibles. Est-ce que la justice peut vous obliger à révéler vos emails professionnels ? Absolument. C’est l’une des raisons pour lesquelles je vous conseille d’éviter autant que possible le courrier électronique dans vos activités professionnelles sensibles … Un mail est archivé sur les backups de votre entreprise, sur les serveurs de votre FAI, sur ceux des serveurs relais… bref, il ne disparaît jamais et les juges peuvent mettre la main dessus et l’utiliser dans le cas d’une procédure judiciaire/antitrust/etc. vous impliquant ou bien votre entreprise.
Mais qu’en est-il de vos SMS ? Oui, eux aussi sont concernés et ils sont archivés sur votre téléphone ainsi que sur les serveurs de votre opérateur.
Si vous cherchez un moyen de limiter les risques qu’un de vos SMS soit utilisé au cours d’une procédure légale, j’ai exactement l’application qu’il vous faut Tiger Text est un "app" qui vous permet d’envoyer des SMS, mais à la différence du service offert par votre opérateur, ces SMS ont une durée de vie limitée … c’est vous qui indiquez combien de temps le message doit être archivé sur votre téléphone et les serveurs de Tiger Text..
Ceci signifie que vous pouvez demander à Tiger Text de faire disparaître tous vos messages après un jour, voire une heure après leur envoi. Seul défaut, étant donné que Tiger n’utilise pas le servcie SMS de votre opérateur, tant l’expéditeur que le destinataire doivent passer par Tiger Text pour communiquer. L’app est disponible pour iPhone, une version pour Android et BlackBerry est dans les tuyaux. L’application est gratuite, ainsi que les 100 premiers SMS. Ensuite vous payez 99 cents US pour 250 messages ou bien un forfait de 1,99 USD pour un nombre illimité de SMS.
http://blogs.bnet.com/businesstips/?p=6627&tag=content;col1
20 février 2010
Ah ! Mais c’était pour protéger nos enfants des pédos-pornos ! Ca n’a pas le droit d’avoir une vie privée, un adolescent, on fait ça, c’est pour son bien…
[RTBF - 19/02/2010]
C’est une histoire assez étonnante que relaient plusieurs médias anglo-saxons ce vendredi : une école en Pennsylvanie espionnait ses étudiants via webcam. Une plainte a été déposée. Et tout ça, à cause d’une photo qui a été jugée "inapproprié"…
L’an dernier, un district d’une banlieue de Philadelphie décidait d’équiper tous les étudiants de ses écoles d’ordinateurs portables. Fournis par l’école, les "students" ne pouvaient installer de programmes à l’utilisation commerciale, illégale ou "inappropriée". Mais ce que les autorités n’avaient pas expliqué aux étudiants trop heureux de recevoir un ordinateur flambant neuf, c’est qu’il existait un petit programme indiscret. En cas de vol, un logiciel caché peut être activé à distance pour … photographier l’auteur du larcin. La Harriton High School a poussé le bouchon un peu plus loin…
Plainte collective
Et visiblement, l’école comptait utiliser ce logiciel pour punir les étudiants. Un certain Blake Robbins a été convoqué par l’assistant du directeur pour y être puni pour "comportement inapproprié", preuve à l’appui : une photo prise par la webcam de l’ordinateur… Ni une, ni deux, le jeune homme a porté plainte au nom de tous les étudiants qui avaient reçu un portable pour "violation de la vie privée". Les autorités de ce district de Pensylanie "prennent le chose très au sérieux", d’après le Philadelphia Inquirer. Le journal indique également que le programme espion a été désactivé ce jeudi 18 février.