Nicolas Sarkozy


[Marc Olmix sur Alterinfo - 18/07/2008]
(…) Toutsaufsarkozy.com nous ayant habitué à des méthodes passablement litigieuses… l’auteur de ces lignes peut en témoigner : un de ses articles, initialement publié il y a quelques mois sur alterinfo, intitulé “le songe d’Attali : un gouvernement mondial” s’étant retrouvé sur ledit site transformé en “le songe d’Attali (le juif Süss de Sarkozy): un gouvernement mondial”; ce qui ne correspondait, en l’occurrence, ni à l’intention du propos, ni à la mentalité du personnage, infiniment plus sinueuse dans ses velléités d’influence que le sieur Joseph Süss Oppenheimer.

Mais son origine douteuse n’implique pas pour autant l’inexactitude de son contenu. “Greg”, nous oriente dans son avertissement sur la piste d’Emmanuel Ratier, en raison de l’insistance judéophobique du texte et d’une certaine particularité typographique propre à l’éditeur de “Faits & Documents”. Et que cette conjecture soit vraisemblable ou non (aux dernières nouvelles, elle semble ne pas l’être), elle ne discrédite en rien la thèse proposée.

La réduire à une bonne petite lecture conspirationniste, comme si le complexe réseau mis en place par nos termites mondialistes se résumait à un aimable divertissement de librairie, relève d’une argumentation passible d’une invitation chez Guillaume Durand ou d’une place d’éditorialiste à Charlie-Hebdo. (NdL&I : ce à quoi le Greg en question répond “touché, M’sieu Olmix” et je paye ma tournée lors de la prochaine rencontre de L&I-ens).

Nous ne voyons pas non plus en quoi l’extrême-droitisme de Ratier devrait inciter à la “méfiance”. S’il n’avait pas été, voici plus d’une vingtaine d’années, en tant que continuateur d’Henry Coston, l’éditeur des ouvrages du journaliste (un des tout derniers, en France, digne de cette appellation) Yann Moncomble, nombre d’entre ceux qui prétendent à s’aventurer dans ce pénombral labyrinthe n’en aurait pas même aperçu l’entrée. Si Ratier est l’auteur de ce texte, on se fout pas mal de savoir s’il porte des caleçons à fleurs ou s’il préfère les strings léopard, la question est de savoir si ses informations sont crédibles et si sa petite théorie tient la route. Essayons donc d’en examiner la substance d’un peu plus plus près… (more…)

Note de L&I : cette version est celle récupérée sur le site du Réseau Voltaire. Elle est donc l’unique véritable. Toutes celles circulant sur les sites d’extrème droite comme TOUT SAUF SARKOZY, VOX NR ou sur les sites d’extrème gauche comme INDYMEDIA, OPERATIONSARKOZY etc. sont fausses et traffiquées pour nuire à Thierry Meyssan.
[Thierry Meyssan - Voltaire - 10/07/2008]
NOTE DU RÉSEAU VOLTAIRE : Les informations contenues dans cet article ont été présentées par Thierry Meyssan lors de la table ronde de clôture de l’Eurasian Media Forum (Kazakhstan, 25 avril 2008 ) consacrée à la peopolisation et au glamour en politique.

L’intérêt suscite par ces informations a conduit l’auteur à rédiger le présent article qui a été publié par Profile, le principal news magazine russe actuel.

Plusieurs versions et traductions non autorisées de cet article ont été diffusées alors que le site du Réseau Voltaire était hors service. Nous vous prions de considérer le présent article comme le seul valide.

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Nicolas Sarkozy doit être jugé à son action et non pas d’après sa personnalité. Mais lorsque son action surprend jusqu’à ses propres électeurs, il est légitime de se pencher en détail sur sa biographie et de s’interroger sur les alliances qui l’ont conduit au pouvoir. Thierry Meyssan a décidé d’écrire la vérité sur les origines du président de la République française. Toutes les informations contenues dans cet article sont vérifiables, à l’exception de deux imputations, signalées par l’auteur qui en assume seul la responsabilité.

Les Français, lassés des trop longues présidences de François Mitterrand et de Jacques Chirac, ont élu Nicolas Sarkozy en comptant sur son énergie pour revitaliser leur pays. Ils espéraient une rupture avec des années d’immobilisme et des idéologies surannées. Ils ont eu une rupture avec les principes qui fondent la nation française. Ils ont été stupéfaits par cet « hyper-président », se saisissant chaque jour d’un nouveau dossier, aspirant à lui la droite et la gauche, bousculant tous les repères jusqu’à créer une complète confusion.

Comme des enfants qui viennent de faire une grosse bêtise, les Français sont trop occupés à se trouver des excuses pour admettre l’ampleur des dégâts et leur naïveté. Ils refusent d’autant plus de voir qui est vraiment Nicolas Sarkozy, qu’ils auraient dû s’en rendre compte depuis longtemps.

C’est que l’homme est habile. Comme un illusionniste, il a détourné leur attention en offrant sa vie privée en spectacle et en posant dans les magazines people, jusqu’à leur faire oublier son parcours politique.

Que l’on comprenne bien le sens de cet article : il ne s’agit pas de reprocher à M. Sarkozy ses liens familiaux, amicaux et professionnels, mais de lui reprocher d’avoir caché ses attaches aux Français qui ont cru, à tort, élire un homme libre.

Pour comprendre comment un homme en qui tous s’accordent aujourd’hui à voir l’agent des États-Unis et d’Israël a pu devenir le chef du parti gaulliste, puis le président de la République française, il nous faut revenir en arrière. Très en arrière. Il nous faut emprunter une longue digression au cours de laquelle nous présenterons les protagonistes qui trouvent aujourd’hui leur revanche.

Secrets de famille

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les services secrets états-uniens s’appuient sur le parrain italo-US Lucky Luciano pour contrôler la sécurité des ports américains et pour préparer le débarquement allié en Sicile. Les contacts de Luciano avec les services US passent notamment par Frank Wisner Sr. puis, lorsque le « parrain » est libéré et s’exile en Italie, par son « ambassadeur » corse, Étienne Léandri.

En 1958, les États-Unis, inquiets d’une possible victoire du FLN en Algérie qui ouvrirait l’Afrique du Nord à l’influence soviétique, décident de susciter un coup d’État militaire en France. L’opération est organisée conjointement par la Direction de la planification de la CIA —théoriquement dirigée par Frank Wisner Sr.— et par l’OTAN. Mais Wisner a déjà sombré dans la démence de sorte que c’est son successeur, Allan Dulles, qui supervise le coup. Depuis Alger, des généraux français créent un Comité de salut public qui exerce une pression sur le pouvoir civil parisien et le contraint à voter les pleins pouvoirs au général De Gaulle sans avoir besoin de recourir la force .

Or, Charles De Gaulle n’est pas le pion que les Anglo-Saxons croient pouvoir manipuler. Dans un premier temps, il tente de sortir de la contradiction coloniale en accordant une large autonomie aux territoires d’outre-mer au sein d’une Union française. Mais il est déjà trop tard pour sauver l’Empire français car les peuples colonisés ne croient plus aux promesses de la métropole et exigent leur indépendance. Après avoir conduit victorieusement de féroces campagnes de répression contre les indépendantistes, De Gaulle se rend à l’évidence. Faisant preuve d’une rare sagesse politique, il décide d’accorder à chaque colonie son indépendance.

Cette volte-face est vécue comme une trahison par la plupart de ceux qui l’ont porté au pouvoir. La CIA et l’OTAN soutiennent alors toutes sortes de complots pour l’éliminer, dont un putsch manqué et une quarantaine de tentatives d’assassinat . Toutefois, certains de ses partisans approuvent son évolution politique. Autour de Charles Pasqua, ils créent le SAC, une milice pour le protéger.

(more…)

[LE PARISIEN -  jeudi 10 juillet 2008 ]

DOCTEUR EN DROIT, chargée de mission au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), Leila Bouachera, 48 ans, avait tenté, sans succès, de se présenter à l’élection présidentielle de 2007. Inconnue du grand public, cette juriste de formation installée à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) désignait à l’époque le candidat Nicolas Sarkozy comme « un réel danger pour la démocratie ». Ex-membre du RPR puis de l’UMP, elle a été cambriolée deux fois et se dit, comme Ségolène Royal, victime d’une opération « d’intimidation ».

En quoi votre cas ressemble-t-il à celui de Ségolène Royal ?

Leila Bouachera. Comme elle, mon domicile a été visité à deux reprises. Le 2 décembre 2006, seul le disque dur de mon ordinateur, qui comprenait 202 promesses de signatures, m’a été dérobé. La police n’a constaté aucune trace d’effraction. Ma porte blindée trois points n’a pas été dégradée. L’alarme laser a été désactivée. Le 23 mai dernier, le mode opératoire a été le même. C’est du travail de professionnels, pas de barbouzes. Je maintiens qu’il existe un cabinet noir à l’Elysée qui s’occupe d’intimider les gêneurs.

Pourquoi n’avoir pas déposé plainte ?

Ça ne servirait à rien. Tout le monde tourne en ridicule Ségolène Royal. Lorsqu’une femme s’exprime pour oser dénoncer la mainmise du clan Sarkozy, on la considère comme quasi folle… C’est scandaleux. Par contre, je déposerai plainte contre Nicolas Sarkozy pour détournements de fonds publics à l’époque où il était ministre de l’Intérieur. Je le ferai prochainement devant la doyenne des juges d’instruction du pôle financier du tribunal de Paris.

Vous parlez de « cabinet noir », mais avez-vous la moindre preuve ?

Comment pourrais-je apporter des preuves face à des professionnels qui rentrent et sortent de chez vous sans laisser la moindre trace ? Ce sont des fantômes… mais je ne craquerai pas.

http://www.leparisien.fr/home/info/politique/articles/UN-CABINET-NOIR-A-L-ELYSEE_298618520

[Plumes de presse - Olivier Bonnet - 13/07/2008]

Que le domicile de la dirigeante socialiste ait été à trois reprises violé, dans un contexte où le leader de la CGT et celui de la LCR ont également été victimes d’espionnage, n’a pas l’air de préoccuper outre mesure nos médias, au premier rang desquels Libération qui se précipite pour lyncher Ségolène Royal, suivant la meute UMPiste dont la décomplexion se traduit de plus en plus par la propension à manier l’insulte. A l’heure où EDVIGE légalise le fichage des dirigeants politiques et syndicaux, il règne décidément une drôle d’atmosphère en Sarkozie.

Une première visite [au domicile de Ségolène Royal] avait déjà eu lieu en décembre 2006, rappelle Libération. Et une deuxième dans la nuit du 27 au 28 juillet 2007, au cours de laquelle un ordinateur avait été dérobé. La même nuit, un autre portable était dérobé au bureau d’un de ses proches. Par ailleurs, pendant la campagne présidentielle, deux autres ordinateurs avaient été dérobés dans son entourage politique : chez sa conseillère Sophie Bouchet-Petersen, en février 2007, et un mois plus tard chez son assistante.”

Avec la “mise à sac” du logement de la présidente de Poitou-Charentes du 27 juin 2008, ça fait trois. Ce qui commence à faire beaucoup.

Et soudain tombe à pic une dépêche AFP : “Une femme de 23 ans, originaire de l’ex-Yougoslavie, a été identifiée grâce à une empreinte par les services de police comme un possible auteur du cambriolage du domicile de Ségolène Royal le 16 août 2006, avait-t-on appris jeudi auprès du ministère de l’Intérieur. L’identification de cette empreinte n’avait rien donné auparavant de sorte que le dossier avait été classé sans suite en mars 2007. Un nouveau passage de cette empreinte dans le fichier policier a permis l’identification d’une suspecte. Un dossier classé sans suite peut être rouvert dès lors qu’un élément nouveau apparaît.”

Pour aussi incroyable que cela puisse paraître, le premier à avoir informé les médias de la ô combien opportune réouverture de l’enquête n’est autre que… Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, comme le révèle @rrêt sur images.

Reprenons : une dirigeante de l’opposition de premier plan fait l’objet de trois intrusions à son domicile. Après le dernier épisode en date, elle souligne la coïncidence entre ses violentes attaques contre “le clan Sarkozy” et la tentative d’intimidation que constitue l’effraction de son appartement, qui n’est pas un couv’ gaffitudecambriolage : rien n’a été dérobé et les policiers parlent d’une “mise en scène”, avec “le procès-verbal d’une plainte déposée à l’occasion d’une précédente effraction dans ce même domicile, déchiré et exhibé sur un meuble”, comme le narre Libération.

Laurent Joffrin, qui en est directeur de la rédaction, ferait mieux de lire son propre journal, ça lui éviterait de pondre des éditoriaux aussi indignes que celui dans lequel il aborde l’affaire, où il écrit : “L’ancienne candidate a bien été cambriolée, expérience toujours traumatisante d’autant qu’elle s’est répétée. Mais des millions de Français ont été cambriolés au fil des années. Rares sont ceux qui ont incriminé le président de la République…” D’où la couverture ci-contre, qui déshonore Libération, censément journal de gauche (autrefois).

Mais quand on cambriole, c’est pour voler. Quand on ne vole rien, c’est donc qu’il s’agit d’autre chose. Et la piste politique semble effectivement plausible - sans évidemment affirmer que le chef de l’Etat lui-même soit le commanditaire des opérations. Royal n’a du reste pas accusé Sarkozy formellement.

Et voilà que tout à coup, alors que l’enquête sur l’intrusion d’août 2006 était close, Guéant en personne, proche collaborateur du président, vient informer les médias que ça y est, on l’a réouverte et qu’on tient une piste. Et qu’il s’agit en l’occurrence d’une cambrioleuse de droit commun : rien de politique là-dedans, vous voyez !

On ne nous prendrait pas un peu pour des cons ? “C’est invraisemblable ! Pourquoi découvre-t-on maintenant l’existence de cette cambrioleuse ? Comme si on avait clôturé puis rouvert une enquête sans même en être informé“, s’étonne l’avocat de Royal, Jean-Pierre Mignard. Comme Jean-Louis Bianco, député socialiste proche de Royal, qui observe sur iTélé : ’’Il suffit qu’elle parle pour que brusquement on retrouve, alors que l’affaire de 2006 avait été classée, une hypothétique coupable. Dans quelle démocratie au monde aurait-on pris l’affaire aussi peu au sérieux ?

Et de fait, dans un contexte où ont été avérées ces derniers temps l’espionnage d’Olivier Besancenot, chef de file de la LCR et promoteur du lancement du Nouveau parti anticapitaliste, et de Bernard Thibault, leader du syndicat CGT, cette nouvelle affaire devrait interpeller. Surtout à l’heure où EDVIGE, officialisant le fichage des dirigeants politiques, syndicaux et religieux, met la France au niveau de la défunte République démocratique allemande et des pratiques de sa Stasi.

L’annonce de l’identification de la suspecte par Libération inclut enfin un exercice de foutage de gueule de très haute volée : “Sans vouloir entrer dans la polémique avec l’ex-candidate socialiste, qui a mis en cause « le clan Sarkozy » après ce troisième cambriolage, l’Elysée juge « grotesque » sa thèse.” Incroyable de tartufferie : si l’on ne veut pas “entrer dans la polémique”, on ne qualifie pas le rapprochement opéré par Royal d’un terme aussi dégradant que “grotesque” !

“Un très proche collaborateur du président de la République [Claude Guéant, donc] rappelle que lorsque ce dernier était ministre de l’Intérieur, il a fait légiférer sur le contrôle des officines dont, affirme-t-il, il a toujours trouvé les méthodes déplorables. Vacciné, à l’en croire, par les affaires d’officines ayant sévi sous de Gaulle, Giscard, Mitterrand et Chirac, le même ajoute que cette époque est révolue : « Et si on avait des envies d’officines, on saurait se souvenir du passé. » canard enchaîné

On se pince ! Renvoyons ceux qui ont la mémoire courte à un billet du 2 février 2007 : “Ainsi donc, les Renseignements généraux espionnent tout le monde ! Bruno Rebelle, collaborateur de Ségolène Royal, Antoine Royal, le frère de la candidate, ils enquêtent aussi sur le patrimoine du couple Royal - Hollande… Toutes ces révélations étant assénées, semaine après semaine, par Le canard enchaîné. Le journal suisse Le matin, quant à lui, affirme même que seraient menées des investigations sur la vie privée des “rédacteurs un peu trop à gauche”, pour les inciter à se montrer plus conciliants envers le petit César ! Et voilà que Le Nouvel Observateur s’y met à son tour, dévoilant la façon dont les mêmes RG fichent les riverains du QG de campagne de Nicolas Sarkozy.”

On voit dès lors que les dénégations de Guéant, sur l’air de “pensez-vous, pas nous, on ne mange pas de ce pain-là” sont… comment dit-il, déjà ? Ah oui : grotesques !

http://www.plumedepresse.com/spip.php?article527

Rapport de la CNIL : les Français face à l’angoisse du fichage

[France Info - 16 mai 2008]

La Commission nationale informatique et libertés (CNIL) a rendu son rapport 2007. Elle constate que les plaintes augmentent de 25% et surtout que les demandes individuelles d’accès aux fichiers des forces de l’ordre, en particulier à celui des Renseignements généraux explosent de 67%. Il s’agirait d’une conséquence de l’affaire Bruno Rebelle.

Nom : Rebelle Prénom : Bruno Date et lieu de naissance : 1 er décembre 1958 à Annecy (74).  Ainsi commence - comme des dizaines de milliers d’autres - la fiche constituée par les Renseignements généraux (RG) sur Bruno Rebelle, ancien président de Greenpeace France, devenu conseiller de Ségolène Royal lors de l’élection présidentielle. Suit un résumé de sa carrière. Rien de très compromettant.

Mais quand, en février 2007, l’intéressé a demandé à la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) d’avoir accès à cette fiche des RG suite à sa révélation par la presse, il semble avoir fait des émules.

C’est du moins ainsi qu’Alex Turk, président de la CNIL, analyse l’engouement sans précédant pour les “demandes d’accès indirect”. Immédiatement après l’affaire Bruno Rebelle, 500 demandes sont arrivées. “90% d’entre elles étaient inconnues”, indique la commission. La CNIL a du mal à faire face à l’afflux de demandes,

Autre enseignement du rapport 2007, qui va dans le même sens que l’augmentation des demandes d’accès aux fiches, l’explosion des plaintes liées aux atteintes à la vie privée et au croisement des fichiers : plus 25% en 2007, soit 4.445. Les plus visés sont les secteurs de la banque, du crédit, de la prospection commerciale, les lieux de travail et les télécommunications. Sur 164 missions de contrôle effectuées l’an dernier, la CNIL a dû sévir 115 fois, avec neuf sanctions financières de 5.000 à 50.000 euros à la clé.

Alex Turk n’a pas caché son inquiétude face au développement des technologies intrusives qui permettent de croiser les données personnelles (biométrie, vidéosurveillance, cartes téléphoniques ou bancaires, réseaux sociaux et moteurs de recherche sur Internet). “au rythme où nous allons, nos enfants et nous-mêmes, dans quelques années, nous ne bénéficierons pas de la même liberté d’aller et venir que les générations qui nous ont précédé ou actuelles”, prédit-il. “Le traçage dans l’espace et dans le temps” des individus “met en cause les deux libertés les plus fondamentales”,celles du mouvement et d’expression. Il demande donc que le droit à la protection des données individuelles soit inscrit dans la constitution. Et plus précisément, il souhaite que le gouvernement révise le régime juridique de le télésurveillance, “juridiquement obsolette”, à l’heure où la ministre de l’Intérieur veut multiplier les caméras de vidéosurveillance.

Il demande aussi la création d’un pass navigo anonyme dans les transports parisiens. Et regrette l’adoption du passeport biométrique à huit empreintes digitales (les autre pays européens en prélèvent deux) par simple décret, sans même un débat au Parlement.

http://www.france-info.com/spip.php?article136328&theme=9&sous_theme=12

C’est justement PARCE QUE l’avis de la CNIL allait contre celui du gouvernement que celui-ci l’a ignoré. On va quand même pas se laisser emmerder par les défenseurs de la vie privée non ? On est en guerre contre des méchants terroristes qui veulent “venir, jusque dans nos bras, égorger nos fils et nos compagnes”, alors les libertés démocratiques, hein….

[ NOUVELOBS.COM | 17.05.2008 ]

Le décret instituant le nouveau passeport biométrique est paru au JO du 4 mai alors que l’avis de la Cnil est paru le 10 mai. La loi exige pourtant que les avis de la commission soient publiés “en même temps” que les actes réglementaires concernés.  Les premiers passeports biométriques seront mis en circulation en octobre 2008.

Le président de la Commission nationale de l’informatique et des libertés Alex Türk a jugé vendredi 16 mai “choquant” que l’avis de la Cnil émettant des réserves sur le nouveau passeport biométrique ait été publié après le décret instituant ce nouveau système. La loi exige que les avis de la Cnil, autorité indépendante chargée de veiller à la protection des données personnelles informatisées, soient publiés au Journal officiel (JO) “en même temps” que les actes réglementaires concernés, a rappelé Alex Türk en présentant le rapport annuel de la commission. Le décret instituant le nouveau passeport biométrique est paru au JO du 4 mai et l’avis rendu par la Cnil le 11 décembre 2007 est paru le 10 mai.

Pas de débat “Il y a eu un loupé administratif qui ne nous est pas imputable”, a affirmé le secrétaire général de la Cnil, Yann Padova. “Demandez au secrétariat général du gouvernement” chargé de la parution des textes réglementaires, a dit Alex Türk, qui a jugé cet épisode “choquant”.

L’avis de la Cnil émettait plusieurs réserves à propos du nouveau passeport, que le gouvernement a ignorées. La commission souhaitait qu’un débat ait lieu au Parlement dans le cadre d’une loi, ce que ne permet pas le passage par un décret. En outre, elle n’a pas estimé avoir les éléments justifiant la création d’une base de données centralisant les informations contenues dans le nouveau passeport (une photo numérisée et les empreintes digitales de huit doigts).

Empreinte de huit doigts Enfin, la Cnil a souligné que la France allait plus loin que le règlement européen, qui n’envisageait pas non plus le recueil de l’empreinte de huit doigts, mais de deux. “Nous n’avons pas été entendus, nous le regrettons très vivement”, a insisté Alex Türk tout en soulignant que la Cnil “n’abandonnait pas” l’espoir de faire valoir ses arguments, notamment lors du prochain débat parlementaire sur la carte d’identité numérique, prévu à l’automne. Le dossier sur cette future carte d’identité doit être soumis pour avis à la Cnil “la semaine prochaine”, a précisé Alex Türk.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20080516.OBS4180/la_cnil_choquee_que_son_rapport_ait_ete_publie_apres_le.html

[LE MONDE | 17.05.08]

Les fondations de la première base de données biométriques, destinée à rassembler la majeure partie de la population française, auront été posées contre l’avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Son président, Alex Türk, l’a rappelé, vendredi 16 mai, lors de la présentation du rapport annuel de l’autorité indépendante.

Un décret, publié le 4 mai, instaure en effet la prochaine génération de passeports, dont la nouveauté est de reposer sur un fichier central.  Cette base de données contiendra les informations renfermées dans tous les nouveaux passeports (huit empreintes digitales et l’image faciale numérisée du porteur), ainsi que, à terme, celles concernant les titulaires de la future carte nationale d’identité. Or la CNIL avait rendu, le 11 décembre 2007, un avis défavorable au dispositif.

La commission a d’abord déploré l’usage de la voie réglementaire. “Nous pensons que l’importance de l’enjeu aurait justifié un passage devant le législateur, mais nous n’avons pas été entendus”, a expliqué M. Türk. La CNIL a également jugé disproportionné la création d’un fichier central et le prélèvement de huit empreintes. Ces caractéristiques vont au-delà des dispositions de la réglementation européenne, qui réclame le prélèvement de deux empreintes digitales seulement.

La loi informatique et libertés de 1978, révisée en 2004, dispose que l’avis de la CNIL doit être publié à côté du décret qui a fait l’objet de sa saisine. Bien que symbolique, cette prérogative de l’autorité n’a pas été respectée. M. Türk s’est ainsi ému de ce que l’avis défavorable de la CNIL n’ait été publié que le 10 mai, avec presque une semaine de retard.  Au ministère de l’intérieur, on rappelle que la portée du décret en question est très faible. En particulier, il ne permet pas que la base de données biométriques instituée puisse être pleinement utilisée et que soient menées des comparaisons “automatiques” d’empreintes. Permettre ce type d’opération, assure-t-on Place Beauvau, passera par le législateur, dans le cadre du projet de loi sur l’identité numérique. Celui-ci, qui comprendra le volet sur la future carte d’identité, doit être soumis cet été à la CNIL, pour avis.

Alain Bauer et ses copains sécuritaires ont fait fortune en vendant ce genre de “recettes miracles” aux communes appeurées - flicons, flicons… mais cela n’a pas servi à grand chose, si ce n’est à faire croire qu’on agissait…

Le fiasco de la surveillance vidéo en Grande Bretagne

[France Info - 09/05/2008]

On compte une caméra pour 14 Britanniques. Dans les années 90, la Grande Bretagne a développé cette politique ultra sécuritaire de surveillance pour faire reculer la criminalité et la délinquance. Aujourd’hui, le modèle montre ses limites.

Les responsables de la police britannique parlent d’un véritable fiasco. Ils dénoncent des dépenses trop importantes au regard des résultats : “Des milliards de livres ont été dépensés dans le matériel mais on n’a pas réfléchi à la manière dont la police allait utiliser les images et comment elles seraient présentées au tribunal“, explique Mike Neville, responsable du bureau des images de Scotland Yard.

Selon lui, les images provenant des 65 000 caméras londoniennes n’ont permis d’élucider que 3% des vols commis sur la voie publique. Certains rapports estiment même que l’argent dépensé dans la vidéosurveillance aurait sensiblement permis de faire baisser la criminalité s’il avait servi à augmenter l’éclairage public. Et pourtant, dans les années 90, le ministère de l’Intérieur y avait consacré 80% du budget anti-criminalité, environ 630 millions d’euros entre 1994 et 2004.

En France, le modèle britannique et ses 4,2 millions de caméras, sert encore d’exemple au gouvernement. L’année dernière le secrétaire d’Etat à l’emploi, Laurent Wauquiez, (alors porte parole du gouvernement) faisait valoir que “le système de surveillance britannique permettait d’assurer mieux la sécurité du territoire “.

De son côté, la ministre d’Intérieur Michel Alliot-Marie compte tripler le nombre de caméras, pour porter le chiffre à 60.000 avant la fin de l’année 2009. Une politique qu’elle explique par la lutte contre le terrorisme. En 2005, la vidéosurveillance avait contribué à identifier les quatre poseurs de bombes des attentats de Londres, qui avaient fait 56 morts.

http://www.france-info.com/spip.php?article132075&theme=14&sous_theme=14

[La Domination du Monde - Blog de Denis Robert - 08/04/2008]

C’est sans doute mon livre le plus personnel, celui qui me ressemble le plus ». Ecrivain et journaliste inclassable, Denis Robert publie « Une Affaire personnelle » (Flammarion, 348 pages, 19,90 euros), livre lui aussi inclassable mélangeant souvenirs, réflexions et analyses (sur la monde, la finance, la justice, la presse…).

L’homme est notamment à l’origine de l’affaire Clearstream 1 (la mise en lumière d’une banque luxembourgeoise servant ce plaque tournante aux opérations bancaires du monde entier, pour résumer) et l’un des protagonistes de Clearstream 2 (la très embrouillée affaire de vrais-faux listings bancaires remontée jusqu’aux sommets de l’Etat), pour laquelle il a été mis en examen pour recel de vol et recel d’abus de confiance. Une accusation dont il se défend, affirmant être l’outil involontaire d’une gigantesque manipulation.

Cette mise en examen par les juges d’Huy et Pons (ce dernier en compagnie duquel, comme il le raconte dans le livre, il courut il y aune quinzaine d’années le marathon de New York…) est le sommet des ennuis judiciaires de Denis Robert, qui comptabilise aujourd’hui 18 procédures judiciaires à son encontre, dont une douzaine de plaintes en diffamation venant de Clearstream. «Une dérive totale du fonctionnement démocratique, estime-t-il dans une interview à Metrofrance.com. Qu’on me mette en examen pour ça, ça veut dire que ce n’est plus un coup de canif, c’est un coup de bazooka dans la liberté d’informer. » (more…)

[Le Figaro - 08/04/2008]
Le député UMP François Grosdidier ferraille contre le lobby pro-OGM à l’Assemblée. Il détaille pour lefigaro.fr les raisons de son combat, qui l’amène à s’opposer à des parlementaires de son parti.

François Grosdidier, député de Moselle, a fait adopter mardi soir avec Yves Cochet et le communiste André Chassaigne un amendement qui torpille celui de la Commission des affaires économiques de l’Assemblée, et va dans le sens de plus de transparence en matière d’information sur les OGM. Une indépendance qu’il estime justifiée par des considérations avant tout éthiques. Entretien.

Pourquoi vous placer en porte-à-faux avec une partie des parlementaires UMP ?

J’estime que les enjeux sont énormes et importants. Les amendements adoptés par le Sénat et repris par la Commission des affaires économiques sont en contradiction avec l’esprit du Grenelle de l’environnement et avec les attentes de la société française. Certains voudraient tout faire pour mettre en place un système verrouillé et opaque, dans le but de diffuser rapidement et massivement les cultures OGM. Ce groupe d’élu est en complet décalage culturel et générationnel. Pour moi, le texte qu’ils voulaient faire passer constitue une faute morale. L’humanisme implique à mon avis de faire passer les questions sanitaires et environnementales au-dessus des autres considérations.

http://www.lefigaro.fr/politique/2008/04/08/01002-20080408ARTFIG00446-ogm-un-depute-ump-denonce-les-pressions-des-lobbies.php

[Alain Gresh - Monde Diplomatique - 05/04/2008]

Le président Nicolas Sarkozy a donc annoncé l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan, cet « Etat défaillant », sans même qu’un débat réel se soit engagé en France, sans doute parce que la grande majorité de la population est opposée à cette escalade.

Le blog de Jean-Dominique Merchet, « Secret défense », nous donne « Les vrais chiffres : la France enverra plus d’un millier d’hommes en Afghanistan ». Aux 700 hommes annoncés, on doit en effet ajouter :

- « En août, la France doit prendre, pour la deuxième fois, la responsabilité de la RCC (Regional Command Capital), c’est à dire la région de Kaboul. C’est un commandement tournant entre trois pays : France, Italie et Turquie. Pour assumer cette responsabilité, un état-major ainsi que des moyens de soutien et de protection seront envoyés à Kaboul, en plus du bataillon français présent dans la capitale. Soit 300 hommes supplémentaires. Cette mission durera environ un an. »

- « Dans le cadre de son effort de soutien à l’armée nationale afghane, la France avait prévu d’envoyer une cinquième équipe d’OMLT (Operationnal Mentoring Liaison Team) dans la province d’Oruzgan, un secteur confié aux Hollandais. L’effectif de cette OMLT sera d’environ 80 hommes, issus pour l’essentiel du 2ème Régiment étranger d’infanterie (REI). »

Cette décision s’inscrit dans une volonté affirmée depuis longtemps par le président de la République de réintégrer les structures militaires intégrées de l’Alliance que le général de Gaulle avait quittées en 1966. Pour Nicolas Sarkozy, il faut que la France s’inscrive clairement dans « le camp occidental » (more…)

Vient de paraître mars 2008
La frénésie sécuritaire : Retour à l’ordre et nouveau contrôle social

Sous la direction de Laurent Mucchielli, avec des contributions de Bruno Aubusson de Cavarlay, Jean Danet, Éric Heilmann, Christine Lazerges, Philip Milburn, Christian Mouhanna, Pierre Piazza, Mathieu Rigouste et Serge Slama.

Les années 1997-2002 furent celles du “tournant sécuritaire”, marqué par la surenchère électorale sur ce thème de l’”insécurité”. Mais, depuis 2002, la France est engagée dans une véritable “frénésie sécuritaire”, qui n’a fait que s’aggraver depuis l’élection présidentielle de 2007.

Chasse aux étrangers sans-papiers, internement prolongé d’adultes et d’enfants en zones de rétention, multiplication des infractions et des sanctions, remise en cause de la justice des mineurs, atteinte à certaines libertés au nom de la lutte antiterroriste, pression croissante du pouvoir politique sur les magistrats, explosion de la population carcérale, mais aussi abandon de la police de proximité, recours croissant au fichage, à la vidéosurveillance et à la biométrie, montée en puissance des technologies et des doctrines d’origine militaire.

Les auteurs de ce livre, spécialistes reconnus dans leurs domaines, décryptent les facettes de cette frénésie, ses origines idéologiques et sa mise en scène médiatique. À partir de leurs recherches, études et enquêtes, ils montrent qu’elle ne répond pas à la demande de sécurité des populations et alertent sur l’avènement possible d’une nouvelle “société sécuritaire”.

Laurent Mucchielli, sociologue, directeur de recherches au CNRS (CESDIP), est l’auteur de nombreux travaux sur les délinquances, leur traitement pénal et le débat public sur la sécurité. Il a notamment dirigé Les Bandes de jeunes (La Découverte, 2007, avec M. Mohammed) et Gendarmes et voleurs (L’Harmattan, 2007).

http://www.cesdip.org/spip.php?article323

8 avril 2008: Journée d’études :

Le Centre de Paris de l’Université de Chicago et le Centre de Recherches Sociologiques sur le Droit et les Institutions Pénales (CESDIP) organisent une journée d’études sur le thème : ” La frénésie sécuritaire : retour à l’ordre et nouveau contrôle social” au Centre de Paris de l’Université de Chicago, 6 rue Thomas Mann, 75013 Paris (Métro : Bibliothèque François Mitterrand - Ligne 14, RER C)

le mardi 8 avril 2008, de 9 h 30 à 17 h 30 - Entrée libre sur invitation

Programme :

  • - Contextes et enjeux de la frénésie sécuritaire : Laurent MUCCHIELLI (CNRS-CESDIP)
  • - Cinq ans de frénésie pénale : Jean DANET (Université de Nantes)
  • - Un populisme pénal contre la protection des mineurs : Christine LAZERGES (Université Paris 1)
  • - La justice sous pression : Philip MILBURN (Université Versailles Saint-Quentin)
  • - La nouvelle inflation carcérale : Bruno AUBUSSON DE CAVARLAY (CNRS-CESDIP)
  • - Politique d’immigration : un laboratoire de la frénésie sécuritaire : Serge SLAMA (Université d’Evry-Val-d’Essonne)
  • - Police : de la proximité au maintien de l’ordre généralisé ? : Christian MOUHANNA (CNRS-CESDIP)
  • - La guerre à l’intérieur : la militarisation du contrôle des quartiers populaires : Mathieu RIGOUSTE (Université Paris 8-Saint-Denis)
  • - La vidéosurveillance, un mirage technologique et politique : Eric HEILMANN (Université Louis Pasteur de Strasbourg)
  • - La biométrie : usages policiers et fantasmes technologiques : Pierre PIAZZA (Université de Cergy-Pontoise)
  • La journée sera animée par Bernard HARCOURT (professeur à l’Université de Chicago)

Merci de confirmer votre présence à Murielle POLIDORI (polidori@cesdip.com - Tél. : 01.34.52.17.00 - Fax : 01.34.52.17.17)

http://www.cesdip.org/spip.php?article323

À propos de l’Affaire Bruno Guigue et de la non-affaire Goasguen 
[Oumma.com - 26/03/2008]
Deux poids deux mesures : la suite de la suite de la suite…
Imaginons maintenant la situation inverse :
- Un sous-préfet qui, dans un article, s’en serait pris avec virulence aux attentats palestiniens : se serait-on inquiété de son manquement au devoir de réserve, et l’aurait-on limogé pour cela ?

- Un député, par ailleurs avocat à la Cour d’Appel de Paris, qui aurait publiquement qualifié le peuple israélien de « peuple de sauvages, d’abominables tueurs d’écolières » : les médias, les associations antiracistes, l’opposition de gauche, ses autorités de tutelle, ses amis politiques, même, l’auraient-ils laissé à ce point tranquille ?

(…)

Il faudrait aussi vérifier si, par le passé, on a déjà été aussi regardant quant aux « manquements au devoir de réserve » de la part de sous-préfets, et le cas échéant, si les autres sous-préfets fautifs ont été sanctionnés aussi durement.

Et il faudrait en tout état de cause souligner une nouvelle manifestation, particulièrement écoeurante, d’un « Deux poids deux mesures » que tout le monde peut observer, mais qu’il est difficile de dénoncer sans se faire accuser de paranoïa ou de complotisme. Car, quand bien même l’article de Bruno Guigue pourrait sans abus de langage être qualifié de manquement au devoir de réserve, et quand bien même le sous-préfet pourrait sans abus de pouvoir être limogé pour ce manquement, il reste que la provocation à la haine raciale est un délit autrement plus grave, et que Claude Goasguen, comme bien d’autres palestinophobes, arabophobes, islamophobes ou négrophobes (Philippe de Villiers, Philipe Val, Sylvie Noachovich, Claude Imbert, Alain Finkielkraut, Oriana Fallacci, Michel Houellebecq, Maurice Dantec…), bénéficie pour ce délit d’une totale impunité.

Il est même invité, comme si de rien n’était, à commenter l’actualité politique, ce dimanche 23 mars sur France 5, à l’émission Ripostes. Tant pis pour les Palestiniens.

http://oumma.com/A-propos-de-l-Affaire-Bruno-Guigue

[Amnistia.net - Bernard Jouanneau, avocat à la Cour - 20/03/2008]

Le désistement de Nicolas Sarkozy ne règle pas le sort des poursuites pénales pour faux et usage de faux engagées par le parquet, à la suite de la plainte déposée par le président de la République. Par l’effet de cette plainte, le ministère public s’est trouvé dans l’obligation d’exercer l’action publique….

Aujourd’hui c’est Carla qui a porté un coup fatal à la poursuite pour faux et usage de faux en écrivant dans Le Monde “Le problème n’est pas non plus l’existence elle-même du SMS”. Le problème pour elle c’est “La Calomnie”.

La calomnie… c’est la diffamation par essence. C’est elle que le Président aurait choisie comme avocate, en même temps qu’il l’épousait.

A l’entendre plaider, son mari, “ne s’en prend pas à la liberté de la presse, en attaquant le site du Nouvel Observateur… c’est la liberté de chacun qu’il protège”. Sauf que celle du journaliste c’était d’écrire, en conscience, ce qu’il croyait vrai et qu’il disait avoir vérifié de source sûre, et de se défendre devant le tribunal dans le cadre d’un débat de presse, sans être contraint d’écrire sur ordre une lettre d’excuse.

S’il y en a bien un qui est diffamé par la première Dame de France c’est bien M. Airy Routier!!

http://www.amnistia.net/news/articles/multdoss/sms-cecilia/sms-cecilia_202.htm

Dénoncez à l’Elysée vos amis anti-sarkozystes et gagnez le Corbeau d’Or du Web!

[Marianne - 19/03/2008]

L’Elysée vient de nommer un «monsieur Internet» chargé de surveiller le web pour y dénicher toute «désinformation» concernant le Président. Autant dire qu’il a du pain sur la planche. Pour l’aider Marianne2 lance un jeu concours: vous aussi, devenez délateur d’Internet !

Inquiet de la multiplication des caméras sur son passage, Nicolas Sarkozy souhaite pouvoir «contre-attaquer» en cas de nouveau «casse-toi pauv’con»-gate. Du coup, il a créé à l’Elysée, au sein du nouveau «pôle politique» de Catherine Pégard, une cellule de veille du buzz dirigée par Nicolas Princen, 24 ans, normalien et diplômé d’HEC.

Cependant, soyons réalistes quelques instants : tout bardé de diplômes qu’il est, et malgré son expérience sur Sarkozy.fr (voir la vidéo ci-dessous), Nicolas Princen ne pourra jamais couvrir seul toute l’étendue du web francophone! Blogosphère, sites de partage de vidéos, commentaires sur les sites des grands médias… Comment lire ces encyclopédies de critiques quotidiennement écrites sur le président de la République? A moins de faire comme les autorités chinoises, qui emploient 30 000 personnes rien que pour surveiller le Net, on voit difficilement comment l’Elysée peut mener à bien cette mission d’espionnage. Seulement voilà: «Il faut réduire les effectifs», a dit le Président, pas les gonfler encore comme le premier socialiste venu - fut-il chinois.
(more…)

Pour en savoir plus sur le journalisme “particulier” d’Airy Routier, lire ce qu’en disent ses petits copains de chez Backchich….

[L'Express - 19/03/2008]

Airy Routier persiste et signe. Le journaliste du Nouvel Observateur dément s’être excusé auprès de Carla Sarkozy d’avoir publié l’information sur le supposé SMS envoyé par Nicolas Sarkozy à son ex-femme Cécilia. Surtout, il maintient sa version des faits.

Dans une tribune intitulée “Halte à la calomnie” et publiée dans le Monde daté du 19 mars, Carla Sarkozy explique pourtant que “l’affaire du faux SMS est close” et que son “mari vient de retirer sa plainte contre le Nouvel observateur après réception de la lettre d’excuses qu’Airy Routier m’a adressée.”

Le 2 février, Airy Routier avait publié sur le site Nouvelobs.com un article dans lequel il affirmait que Nicolas Sarkozy, à huit jours de son mariage avec Carla Bruni, aurait envoyé à son ex-femme Cécilia ce SMS: “Si tu reviens, j’annule tout.”

Airy Routier reconnait avoir adressé une lettre à Carla Sarkozy, le mercredi 12 mars. “ Mais j’y ai simplement écrit que ‘je m’excusais à titre personnel de l’avoir blessée’. Sur le fond, je maintiens toute l’information et ne m’excuse en rien d’avoir publié ce SMS“, précise-t-il.

Alors, pourquoi le couple Sarkozy retire-t-il sa plainte? Parce que, à en croire Airy Routier, “cette plainte était une plainte d’intimidation: elle n’avait aucune chance d’aboutir et Nicolas Sarkozy le sait. Devant un tribunal, c’était la relaxe immédiate. On ne peut nier l’existence de quelque chose et poursuivre en même temps quelqu’un pour ‘faux, usage de faux et recel’ si l’objet en question n’existe pas! Ils cherchaient à retirer cette plainte et ils ont pris pour prétexte la lettre que j’ai envoyée, avec cette ambiguité sur le terme ‘excuse’.”

Pour le reste, Airy Routier ne semble pas mécontent des derniers événements. “Si c’était à refaire, je ne suis pas sûr que je le referais, admet-il. Pas pour des questions déontologiques, mais pour son côté petit sujet /grosses emmerdes…”

http://www.lexpress.fr/info/quotidien/actu.asp?id=468546&xtor=RSS-96

Est-ce que quelqu’un connaît le bloc IP depuis lequel “L’Oeil” se connecte ? Ca nous permettrait de savoir s’il est passé chez nous…

[Nouvel Observateur - 19/03/2008]
Nicolas Princen pourrait bien rapidement devenir la personne la plus détestée du web. Dans un monde où les big brothers sont plutôt mal vus, ce jeune politicien de 24 ans, diplômé de Siences po, d’HEC et normalien, vient en effet d’être chargé par l’Elysée de “surveiller” internet pour repérer toutes les informations, “buzz”, rumeurs concernant Nicolas Sarkozy.

Autant dire que le jeune homme risque d’avoir du travail. Sa nomination n’est en tous cas pas passée inaperçue. Avec son physique de jeune cadre dynamique tout droit sorti des années 80, Nicolas Princen avait déjà été remarqué par de nombreux internautes pour son travail sur NSTV, la web-TV de campagne de Nicolas Sarkozy.
L’idée d’avoir désormais une sorte de “surveillant générale” semble pourtant plutôt amuser les internautes qui pour l’instant s’en donnent à coeur joie et s’amusent déjà à trouver des surnoms à Nicolas Princen : “l’oeil“, “la taupe“,…¦ “Cher Nicolas Princen, je te souhaite bien du courage”, écrit ainsi Luc Mandret du blog “Ma vie en Narcissse”, “. Et je souhaite donc savoir si tu mérites bien ta place. J’ai donc décidé d’écrire cet article. Ce serait super aimable de ta part de me laisser un petit commentaire. Pour te faciliter la tâche, hop là, un mot clé :”Nicolas Sarkozy”.“»…

Un tract UMP en page 2 du « Monde »

[Le Blog des rédacteurs de Politis - 15/03/2008]

Dans l’édition du quotidien Le Monde de ce jour (daté du 15 mars), Patrick Jarreau s’inquiète de la possibilité de voir le Parti socialiste diriger, lundi, « un nombre écrasant d’exécutifs locaux ». Dans sa chronique politique, ce rédacteur en chef se demande si l’électeur « mesure » bien « que, après les élections municipales et cantonales, la France des territoires va vivre dans un régime - osons le mot - de parti unique » (sic). Pour oser le ridicule d’une telle outrance, il n’y avait jusqu’ici que Jean-Pierre Elkabbach…

Mais le plus croustillant, si l’on peut dire, est dans le tableau du cauchemar auquel nous condamnerait ce régime de « parti unique » :

« L’administré est cerné par le boboïsme gestionnaire, l’usager est condamné à ne connaître qu’un seul prestataire de services, le contribuable est livré à la voracité fiscale du socialisme municipal, départemental et régional ! »

Un tel digest de pensée Umpiste sous la plume d’un chantre de la probité et de la neutralité journalistique laisse pantois, à la veille d’un scrutin embarrassant pour Nicolas Sarkozy. Même Le Figaro n’oserait pas concentrer de façon aussi caricaturale son credo libéral conservateur : la stigmatisation de la gauche bobo - la seule que connaisse le chroniqueur faute d’avoir constaté qu’il existe une vie au-delà du périphérique -, la revendication d’une libéralisation des services publics, et la dénonciation du fiscalisme [Une propagande mensongère

Car le dernier point soulevé, qui ne doit vraisemblablement rien au hasard, est précisément l’axe de riposte choisi par François Fillon et Patrick Devedjian, cette semaine, pour tenter désespéremment d’enrayer la perte de nombreuses collectivités locales. Le Premier ministre, à Tarbes mercredi, a accusé le PS d’avoir augmenté en trois ans les impôts dans les régions « de plus de 38% ». Le même jour, le secrétaire général de l’UMP interpellait le PS, dans Le Figaro sur « l’explosion de la fiscalité locale ».

Après ses déménagements successifs, l’ancien quotidien de la rue des Italiens aurait-il décidé de s’installer au 55 rue de la Boétie ?

http://www.pour-politis.org/spip.php?article515

[Fluctuat.net - 16/03/2008]

Artiste franco-colombienne, invitée du festival Vidéoformes à Clermont-Ferrand, Triny Prada a fait les frais, le 12 mars dernier du zèle de policiers clermontois.
La scène, malheureusement trop banale depuis plusieurs mois, est relatée en détails par Loiez Deniel, président du festival, et la version de Gabriel Soucheyre, présent sur les lieux, apparaît elle aussi dans les commentaires de l’article. Plus important que tout, le témoignage vidéo de Triny Prada vient d’être mis en ligne.
A la lecture et à l’écoute de ces récits détaillés, on se souviendra bien sûr des grands shows médiatico-démocrates où le candidat Sarkozy, alors Ministre de l’Intérieur, répondait sèchement à un jeune homme accusant les forces de police de violences. A l’époque, les propos du ministre étaient sans ambiguïté, et condamnaient avec fermeté ces comportements, promettant même de s’occuper de ces affaires personnellement… si les faits étaient vérifiés. [Le compte-rendu de l'émission par un militant UMP sur ce site en faisait d'ailleurs largement mention.]

A-t-on entendu, depuis, à quelles enquêtes ces plaintes publiques ont mené ? Bien sûr que non. Attaquer frontalement une présumée victime, pour enfin ne pas donner suite à ces promesses de justice avait (et a eu) un seul objectif simple, médiatiquement parlant : changer le témoignage en “on dit” et le témoin en menteur.

Aujourd’hui pourtant, avec l’affaire Triny Prada, qui survient à peine une semaine après un autre incident du même genre, les victimes ne sont plus de simples “racailles de banlieue” molestées et humiliées, mais des artistes d’un côté, et des étudiants de l’autre. Mauvaise pioche pour les policiers zélés mis en cause, puisqu’une plainte sera en effet déposée auprès du procureur de la République à Clermont.

On pourrait se rejouir de ces démarches, tout en souhaitant que la justice autorise encore des recours contre des forces de l’ordre indélicates, mais comme on vient de le dire, il s’agit là d’artistes, intégrés à la vie de leur cité et de leur pays, socialement fréquentables et dignes de confiance a priori.
Mais qu’en est-il des autres ? De tous ceux qui sont victimes des mêmes abus mais ne possèdent pas la stature sociale suffisante pour leur permettre d’être de bonne foi a priori ?
Outre la constatation que ces débordements scandaleux continuent de se multiplier en France, c’est bien la principale question qui serait à débattre aujourd’hui.

Chaque jour en France, des personnes basanées ou à l’accent étranger subisent l’arbitraire et l’humiliation aux mains de la police, se font casser et voler le contenu de leurs poches par des fonctionnaires de service imbus de leur pouvoir, subissent insultes racistes et “humour” douteux… assurés de leur impunité grâce à leur uniforme et la protection de Sarkozy.

Et quand ils demandent à exercer leur simple droit de citoyen en portant plainte, la Police leur rit au nez ou fabrique des faux témoignages pour se disculper. Dans une démocratie, la Police est soumise à la loi, dans une dictature, c’est la Police qui est la loi (Vaclav Havel)

Ca se passe chaque jour en France, mais comme les victimes sont des bougnouls anonymes et sans voix, personne n’en parle. Ici c’est différent, il s’agit d’une jeune femme blanche et membre de la bonne société, alors cela fait un peu plus de bruit…

Enfin… on va dire “un tout petit peu plus de bruit”, car sur Google Actualités, Triny Prada est encore presque aussi anonyme que le jeune de banlieue.

[La Montagne - 14/03/2008]
Stupeur et consternation, aussi bien à Vidéoformes qu’à la mairie de Clermont, après l’interpellation pour le moins houleuse d’une artiste franco-colombienne exposant dans le cadre du 23e Festival international.

Hier, à l’issue d’un vernissage au Petit Vélo, Gabriel Soucheyre, directeur de Vidéoformes et des artistes participants à la manifestation, dont la vidéaste colombienne Triny Prada, prennent un dernier verre au Bar du Commerce, place Gaillard.Voyant le barman importuné par trois consommateurs, un client prévient la police. L’employé précise que le client avait « décrit sans ambiguité les trouble-fête et que l’équipe de Vidéoformes n’était nullement concernée. »« Un profond sentiment d’injustice »Deux policiers en uniforme avec un chien suivis par plusieurs autres en civil, font irruption dans le bar : « Ils ont hurlé : “Tout le monde dehors” et nous avons été extirpés du bar sans ménagement », affirme Gabriel Soucheyre.

« C’est traumatisant, ils étaient très agressifs et m’ont arraché mon appareil photo. Lorsque j’ai exigé qu’on me le restitue, un policier l’a jeté à terre en lançant : “Vous voulez votre appareil ? Le voilà !” », raconte Triny Prada, atterrée. « On éprouve alors un profond sentiment d’injustice… »

Menottée et conduite en cellule de dégrisement, elle demande combien de temps elle va rester : « Vous sortirez avant Ingrid Betancourt… », lui rétorque un fonctionnaire. « C’était glacial, ils m’ont laissée en tee-shirt après en avoir coupé la ceinture avec des ciseaux sous prétexte qu’ils ne parvenaient à l’enlever. Plus tard, un policier a quand même eu pitié de moi et m’a rendu mon blouson. Au matin, ils ont refusé d’enregistrer ma plainte. »

Sur les conseils de Gérard Quenot, directeur de la Mission internationale de Clermont, venu l’attendre, Triny Prada entend bien déposer plainte. Son appareil de 1.200 ? est hors d’usage et la c