Nicolas Sarkozy



[MEDIAPART - 03 mai 2013 | Par Karl Laske]

" Jamais je n’ai vu passer de financement libyen », a répété Claude Guéant, brièvement questionné par Mediapart, jeudi. L’ancien ministre de l’intérieur le clame partout : le virement de 500 000 euros qu’il a reçu en 2008, dévoilé cette semaine par le Canard enchaîné, n’a « rien à voir » avec la Libye. Ses explications confuses, et très vite démenties (lire ici et la), n’y changent rien. Qu’il parvienne ou pas à clarifier l’origine de ses fonds, l’ancien proche collaborateur de Nicolas Sarkozy est devenu, par la faute de l’intermédiaire Ziad Takieddine, l’un des premiers suspects dans l’enquête sur le financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

L’information judiciaire contre X… confiée le 19 avril aux juges Serge Tournaire et René Grouman pour « corruption active et passive » et « trafic d’influence » vise, entre autres, à vérifier si Claude Guéant a pu donner à Bachir Saleh, l’ex-directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi, « les indications bancaires nécessaires aux virements » destinés à la présidentielle, comme Takieddine l’a affirmé. « Les éléments existants sur le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy de 2007 » vont « au-delà de 50 millions d’euros » a déclaré l’intermédiaire jadis proche de Guéant, le 19 décembre dernier. Le document officiel libyen révélé par Mediapart, en avril 2012, faisait état du déblocage d’une somme de 50 millions en faveur de Sarkozy.

Les archives informatiques de l’intermédiaire – notes et courriers que Mediapart a popularisés en juillet et août 2011, dans la série des « documents Takieddine » – ont été résumées récemment dans un rapport des policiers de la Brigade centrale de lutte contre la corruption (BCLC). Claude Guéant et ses initiales « CG » y figurent partout. Une lecture attentive de ces notes nous offre l’histoire de la dérive d’un préfet, dont le train de vie actuel n’est que l’un des indices.

Comme directeur de cabinet du ministre de l’intérieur, puis secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant a progressivement, contre tous les usages, fait appel à un intermédiaire en armement – en la personne de Ziad Takieddine – pour gérer ses contacts en Arabie saoudite, en Libye, en Syrie et au Liban. Lui soumettant au passage des projets de courriers et de déclarations officielles pour en obtenir la validation. Offrant un coup de pouce à ses objectifs commerciaux : ici la surveillance des frontières, là la surveillance d’internet, ou encore un gisement gazier en Libye. L’intermédiaire a utilisé cette caution du ministère de l’intérieur, puis de l’Élysée, pour conclure des marchés d’armement et de sécurité, allant jusqu’à imaginer avec Claude Guéant le projet d’une société franco-libyenne dont le collaborateur du président élu en 2007 aurait supervisé l’activité. Ce que les notes de l’intermédiaire nous apprennent de Claude Guéant font de lui un maillon essentiel de l’affaire Kadhafi-Sarkozy. (en savoir plus…)


Ca vous surprend ? Le Pen a toujours été l’arbre qui cachait la forêt Sarkozy… en quoi Le Pen serait-il plus "fasciste" que Guéant ou Hortefeux ?

[Oumma.com - 12/09/2012]

Nommer Marine Le Pen à l’Intérieur pour s’assurer une réélection dans un fauteuil, il n’y aurait rien eu d’incohérent, ni même de renversant, quand on s’appelle Sarkozy et que l’on s’est évertué pendant cinq ans à faire sauter toutes les digues de la politique, même les plus dangereusement contre-nature qui soient !

L’ex-hyperprésident d’une oligarchie triomphante aura mis à rude épreuve les grandes valeurs républicaines tout au long d’un mandat qui a fait feu de tout bois. Adepte de la politique du casting et de l’ouverture à gauche, il n’a guère plastronné lorsqu’il a réalisé, un peu tard, que sa stratégie populiste débridée avait revigoré le FN, au point que la fille à papa, Marine Le Pen, réussissait à lui damer le pion et à lui dicter l’agenda idéologique.

Dans sa course effrénée pour torpiller l’ennemi et se maintenir sur son trône,  l’hypothèse d’un rapprochement avec la tornade blonde frontiste, et peut-être même de son entrée au gouvernement, et en poussant le bouchon encore plus loin, à l’Intérieur, aurait été envisagée par sa garde rapprochée.

Cet épisode, passé sous silence quand l’Elysée phosphorait sous les ordres de  Patrick Buisson, ex-cadre du FN et ancien directeur de Minute,  dont l’agence de communication a largement tiré profit de la frénésie sondagière qu’il a lui-même orchestrée, est révélé dans l’ouvrage d’Éric Mandonnet et de Ludovic Vigogne, « Ça m’emmerde ce truc !», qui retrace la campagne d’entre-deux-tours de l’ancien chef de l’Etat, à paraître le 17 octobre prochain chez Grasset. (en savoir plus…)


Pour ceux qui, comme nous, se délectent de cette lecture estivale…

[Impostures - Les dessous du quartier de la Défense - 23/06/2012]

Le Monarque, son fils, son fief: grille de lecture. A qui les personnages ressemblent-ils?

(Aux Editions du Moment, 237 p., 18,50€)

D’abord, les lieux:

le Vieux Pays: la France;

la Principauté: alternativement le département des Hauts-de-Seine et son Conseil Général;

Little Manhattan: alternativement le quartier d’affaires de La Défense et l’établissement public d’aménagement de ce quartier (l’EPAD).

Rockyville: Neuilly-sur-Seine, ville emblématique des Hauts-de-Seine dont Nicolas Sarkozy fut le maire pendant dix-neuf ans.

Les détails biographiques prodigués tout au long du roman permettent de rapprocher certains personnages de personnalités qui leur ressemblent fort:

Le Monarque / RockyNicolas Sarkozy, élu à la tête de la France, il est originaire des Hauts-de-Seine.

La première Première dameCécilia Sarkozy, épouse du Président, accompagna l’ascension de son mari et le quitta peu de temps après son élection.

La deuxième Première dameCarla Bruni-Sarkozy, épouse du Président, chanteuse et ex-top model. Elle l’épousa quelques mois après son divorce de Cécilia.

Préfet TigellinClaude Guéant, collaborateur le plus proche de Nicolas Sarkozy. Ses champs de prédilection sont les Affaires intérieures et la diplomatie parallèle. Ancien disciple de Charles Pasqua, il connaît bien les Hauts-de-Seine et continue à surveiller ce qui s’y passe.

Hareng SaurEric Cesari, homme de main de Claude Guéant.

Maître JourdainHenri Guaino, plume du Président. Disciple de Jules Michelet, il truffe les discours du Président de références historiques lyriques et approximatives.

Conseiller aux CultesPatrick Buisson, journaliste, politologue, est l’homme qui murmure à l’oreille du Président. Inspirateur de sa posture droitière, focalisée sur les questions d’immigration et d’identité nationale.

-Langue-de-VIPPierre Charon, bouffon du Président, roi des imitations et des potins en tout genre. Nommé responsable des chasses présidentielles en récompense des services rendus.

Langue-de-BoisFranck Louvrier, porte-parole du Président. Il fabrique les éléments de langage destinés à la presse et les distribue aux perroquets officiels chargés de relayer la bonne parole. Parmi eux:

La Pravda: le Figaro.

CheftaineEmmanuelle Mignon, conseillère atypique et inclassable du Président, connue pour son caractère de cochon et sa puissance de travail.

Sherpa MarlyJean-David Levitte, conseiller diplomatique du Président.

Muet d’OrsayBernard Kouchner, ministre des Affaires Etrangères.

Gazelle du SénégalRama Yade, ministre des Droits de l’homme puis du Sport.

Belle-AmieRachida Dati, garde des Sceaux.

@fdebeauceFrançois Fillon, discret et endurant Premier Ministre.

L’ArménienPatrick Devedjian, président du conseil général des Hauts-de-Seine, désigné par les élus UMP du département pour succéder à Nicolas Sarkozy après son élection au poste de Président de la République.

Baronne: Marie-Célie Guillaume, principale collaboratrice de Patrick Devedjian (son DirCab), dirige son équipe au conseil général des Haut-de-Seine. Accessoirement, auteur du livre.

Fée Clochette: Emmanuelle Guinaudeau, plus proche collaboratrice de Marie-Célie Guillaume.

Le DauphinJean Sarkozy, fils du Président, élu au conseil général des Hauts-de-Seine à vingt et un ans.

Don LeonardCharles Pasqua, figure tutélaire des Hauts-de-Seine, dont il fut le président du conseil général. Désormais en semi-retraite, il préside une université financée par le conseil général.

Les ThénardierIsabelle et Patrick Balkany, couple indissociable à la réputation sulfureuse. Meilleurs amis du Président. Patrick est député-maire, Isabelle est vice-présidente au conseil général, autoproclamée marraine politique de Jean Sarkozy.

Trépané du Local: Alain-Bernard Boulanger, maire de Villeneuve-la-Garenne et premier vice-président au conseil général des Hauts-de-Seine.

Cinglé PicrocholePhilippe Pemezec, maire de Le Plessis-Robinson et vice-président au conseil général. Ancien chef de cabinet de Devedjian, il est nommé secrétaire du Parti à l’instigation de Jean Sarkozy.

Culbuto du CentreHervé Marseille, maire de Meudon et vice-président au conseil général, il y représente la sensibilité centriste. Comme le chef de son parti, il est connu pour ses blagues et ses imitations.

L’Humoriste AttitréAndré Santini, connu pour ses blagues et ses imitations.

Lesieur HomaisJean-Jacques Guillet, député, quitte le conseil général à la faveur de son élection comme maire de Chaville. Ancien collaborateur de Charles Pasqua, il dirigea notamment pour lui sa politique de coopération africaine.

Le Doyen d’âgeCharles Ceccaldi-Raynaud, ancien maire de Puteaux supplanté par sa fille, ne siège plus qu’au conseil général.

ChihuahuaThierry Solère, vice-président au conseil général et ami de Jean Sarkozy.

GominetDavid Martinon, ancien conseiller diplomatique du Président, devenu porte-parole de l’Elysée par la grâce de Cécilia Sarkozy, sa protectrice. Il est parachuté à Neuilly-sur-Seine pour les municipales.

BraconnierJean-Christophe Fromantin, chef d’entreprise. Il se présente à la mairie de Neuilly-sur-Seine face à David Martinon, le candidat officiel.

RecaléArnaud Teullé, collaborateur du Président chargé du suivi de sa ville et de ses administrés. Le rêve de sa vie: devenir maire de Neuilly-sur-Seine.

DioraddictMarie-Cécile Ménard, amie de jeunesse de Nicolas Sarkozy. Elle lui succède comme représentante de Neuilly-sur-Seine au conseil général.

Duchesse Aquarel: Béatice Jérôme, journaliste au Monde.

Papillon Kabyle: Saïd Mahrane, journaliste au Point.

Le Chinois : ami et protecteur de Marie-Célie Guillaume, féru d’acupuncture et de médecines douces.

Madame de P.: Marie-Louise Fort, ancienne maire de Sens et  députée  de l’Yonne. (NdL&I: d’autres exégètes penchent plutot pour Marie-Josée Roig, maire d’Avignon)

Le Préfet: Patrick Strzoda, représentant de l’Etat au sein des Hauts-de-Seine.

Le Coach: Julie Ferrez, professeur de gymnastique du Président.

KaratékaChantal Jouanno.

Le TsarVladimir Poutine.

Le CosaqueMikhail Saakachvili.

http://impostures.over-blog.net/article-107316565.html


Comme le rappelait récemment un article du New York Times, aux Etats-Unis, la totalité des complots terroristes découverts par le FBI sont inspirés et fabriqués par des agents infiltrés du FBI. Et dans la mouvance "altermondialiste" et "black block" on a récemment découvert que le "noyau dur des activistes", ceux qui impulsaient les opérations et étaient moteurs de tous les combats, étaient tous des infiltrés de la police britannique et allemande. Mohammed Merah, gamin perdu des banlieues ne fait pas exception… un "patsy" comme on dit aux Etats-unis.

Mohamed Merah aurait découvert qu’il était manipulé par les services du renseignement français

[Le Monde 12/06/2012]

Mohamed Merah, "le tueur au scooter" qui a assassiné sept personnes en mars dans le sud de la France, aurait découvert juste avant sa mort qu’un de ses amis, qu’il pensait être un djihadiste, était un agent des services du renseignement français, affirme un quotidien algérien, qui aurait visionné des vidéos-testaments.

"Je suis innocent. Je découvre que mon meilleur ami Zouheir travaille pour les services secrets français", dirait Merah, 23 ans, dans cette vidéo-testament où il se filme lui-même peu avant d’être tué par la police, selon une traduction en arabe de ses propos publiée par le quotidien arabophone Echourouk et retraduite en français par l’AFP.

"VA EN ENFER ESPÈCE DE TRAÎTRE"

Zouheir, selon le même journal, faisait partie de l’équipe qui tentait alors de négocier sa reddition alors qu’il était enfermé dans son appartement, à Toulouse (sud-ouest de la France), assiégé par les forces de sécurité, après qu’il eut assassiné trois militaires français et quatre personnes, dont trois enfants, dans une école juive.

"Tu m’as envoyé en Irak, au Pakistan et en Syrie pour aider les musulmans. Et tu te révèles finalement un criminel et un capitaine des services français. J’aurais jamais cru ça", lance Merah à l’adresse de Zouheir. "Va en enfer espèce de traître", ajoute-t-il. "Vous allez me tuer sans aucune raison. C’est vous qui m’avez entraîné dans cette situation. Je ne te pardonnerai jamais." (en savoir plus…)


Gérard Longuet, l’ancien néo-nazi du Groupe "Occident", est mobilisé pour ramener les voix du Front National et au-delà, à Sarkozy. Il va encore falloir nous expliquer en quoi le vote pour Sarkozy le mondialiste bling bling, porte-flingue des néo-cons et des sionistes, agent d’influence de la CIA… etc. bref, en quoi voter pour ce personnage serait un vote "patriote" ?
Ou bien est-ce que "patriote" serait simplement synonyme de "anti-arabe", comme le pense "résistance laïque" ?

Et en matière de "fesse et fric", notre président Fouquet’s est un expert en la matière…  Alors, Gégé, arrête de prendre les électeurs pour des cons…

[Minute 03/05/2012]

ENTRETIEN AVEC GERARD LONGUET :  Gérard Longuet, ministre de la Défense, a quitté les théâtres d’opérations extérieures pour mener « la campagne de France » au service de Sarkozy. Sa mission : convaincre l’électorat patriote que le candidat de l’UMP vaut mieux que François Hollande. Pour les futures élections, et contrairement à ses collègues Chantal Jouanno et Nathalie Kosciusko-Morizet, le fondateur d’Occident estime impossible de voter par défaut au profit de la gauche socialo-communiste…  Extrait : "Entre la fesse et le fric, entre DSK et Guérini, la gauche n’a de leçon de morale à donner à personne !"

www.minute-hebdo.fr


Putain, c’est de plus en plus cher de faire du camping à Paris. 50 millions d’Euros pour planter sa tente dans les jardins du Crillon !

Sur les dessous de l’affaire Takieddine et le scandale Karachi, lire l’article de Mediapart, paru il y a quelque temps et opportunément passé sous silence par la presse aux ordres

[Le Monde - 28/04/2012]

Le journal en ligne Mediapart a publié, samedi 28 avril, un document qui prouverait que le colonel Kadhafi aurait donné son "accord de principe" pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Dans ce document, une note issue des services secrets libyens signée par son chef de l’époque, Moussa Koussa, et traduite de l’arabe par Mediapart, on peut lire que, dès 2006, le gouvernement libyen aurait décidé "d’appuyer la campagne électorale" de Nicolas Sarkozy pour un "montant de 50 millions d’euros". La note ne précise pas si un tel financement a effectivement eu lieu.

Moussa Koussa ajoute que cet accord est consécutif au "procès-verbal de la réunion tenue le 6/10/2006, à laquelle ont participé de notre côté le directeur des services de renseignements libyens (Abdallah Senoussi) et le président du Fonds Libyen des investissements africains (Bachir Saleh), et du côté français M. Brice Hortefeux et M. Ziad Takieddine". L’ex-ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, a déclaré n’avoir "jamais rencontré Moussa Koussa et Bachir Saleh", ancien homme clef du régime libyen et actuellement recherché par Interpol. Mediapart explique avoir obtenu cette note de la part "d’anciens hauts responsables du pays, aujourd’hui dans la clandestinité", qui l’ont communiquée "ces tout derniers jours".

TAKIEDDINE "PENSE QUE LE DOCUMENT EST CRÉDIBLE"

Interrogé par Mediapart, Ziad Takieddine, l’homme d’affaires qui a introduit dès 2005 en Libye les proches de l’actuel ministre de l’intérieur, notamment Claude Guéant, et Nicolas Sarkozy lui-même, a déclaré que "ce document prouve qu’on est en présence d’une affaire d’Etat, que ces 50 millions d’euros aient été versés ou non".

L’avocate de Ziad Takieddine, Me Samia Maktouf, a déclaré que son client "pense que le document est crédible". M. Takieddine a également assuré qu’il reconnaissait la signature de M. Koussaactuellement au Qatar.

"L’enquête sera difficile parce que beaucoup d’intervenants sont morts pendant la guerre en Libye, mais c’est déjà important de rendre public ce document", a ajouté M. Takkiedine, qui a ensuite expliqué à l’AFP le fonctionnement de la diplomatie libyenne de l’époque : "M. Moussa était effectivement un relais avec la France. Cela se passait en secret, avec Saleh. Les relations de la Libye avec la Franceétaient gérées par Senoussi lui-même, pour Kadhafi, mais il y avait des lignes parallèles entre les services de renseignements gérés par le ministre de l’intérieur de l’époque Sarkozy, à travers Claude Guéant et Moussa Koussa". (en savoir plus…)


[Emmanuel Ratier - Faits & Documents n°333- 15 Avril 2012]

Dans une dépêche de UPI, le journaliste belgoaméricain Arnaud de Borchgrave, considéré comme un « honorable correspondant » de la CIA, voire comme un agent, a révélé quelques secrets d’une très discrète réunion organisée par le Council on Foreign Relations (qui dicte la politique étrangère des États-Unis, quelle que soit la couleur politique du président) le 16 mars portant sur la perception extérieure des États-Unis.

À cette occasion, est intervenu pour la France le mondialiste Thierry de Montbrial, membre de la Commission trilatérale et président-fondateur de l’Institut français des relations internationales. Les avis de cet homme-clé du système mondialisé sont généralement au diapason du gouvernement américain.

Il a donc nettement laissé entendre que François Hollande serait élu et que cela changerait les relations de vassalité qui s’étaient établies avec Nicolas Sarközy. « Avec le président Hollande, je ne vois pas des interventions militaires avec un front uni associant (la France) avec le président Obama et le premier ministre Cameron. » Selon cet expert, à la lumière du chaos libyen, un gouvernement socialiste refusera de participer à une intervention militaire contre le régime syrien et ne cautionnera pas une attaque unilatérale contre l’Iran.

http://faitsetdocuments.com/


[Claire Guénaud - Le Monde des Livres - 23/01/2012]

N’exerce pas qui veut son mandat de président pendant une récession mondiale ! Que de fois depuis 2008 n’a-t-on entendu vanter, dans les cercles proches dupouvoir, les qualités de vaillant capitaine dans la tempête de Nicolas Sarkozy ! Et que de fois n’a-t-on vu la majorité expliquer les difficultés du pays par les turbulences de 2008-2009 et leurs prolongements actuels ! Le premier mérite du livre de Mélanie Delattre et Emmanuel Lévy, Un quinquennat à 500 milliards, est defaire le tri entre ce qui relève d’une très fâcheuse conjoncture et ce qui est dû aux errements, aux contradictions, voire aux erreurs d’une politique définie au plus haut niveau de l’Etat. En somme, de rendre à César ce qui lui appartient.

La crise, trop souvent, a eu bon dos. Sur les 630 milliards d’euros de dette nouvelle contractée par la France entre 2007 et 2012, 110 milliards seulement sont imputables à la détérioration de la conjoncture. Nicolas Sarkozy, écrivent-ils, "est comptable du reste", parce qu’"il n’a pas réduit l’énorme déficit structurel dont il a hérité lors de son accession au pouvoir" et parce qu’"il a mené la totalité de ses réformes à crédit". A partir de ce diagnostic, solidement étayé par des chiffres officiels de la Cour des comptes, des commissions des finances des deux Assemblées ou de Bercy, les auteurs, journalistes économiques au Point et àMarianne, dressent avec bonheur ce qu’ils appellent "le vrai bilan de Sarkozy".

Tout y passe : le président des riches, le péché originel du paquet fiscal de l’été 2007, la fameuse loi en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat (TEPA), le "Poulidor" du pouvoir d’achat, "le maquis des Sarko-niches et des Sarko-taxes", la "schizophrénie budgétaire" de l’exécutif. Au fil des pages, le portrait esquissé au chapitre II d’un Sarkozy en "Janus de l’économie" se précise et s’affine. (en savoir plus…)


Les affiches du spectacle de Stéphane Guillon retirées du métro

[Eric Loret - Libération - 27/01/2012]

Scène de violence dans le métro parisien. Ce jeudi matin vers 9 heures, les affiches du prochain spectacle de l’humoriste Stéphane Guillon (et collaborateur de Libération) étaient posées sur les quais prévus, en 4 mètres par 3. Peu après, elles étaient décollées, mais pas par des individus cagoulés ni des racailles sauvageonnes. Par les mêmes qui les avaient installées.

Vers 15 heures, Stéphane Guillon twitte la nouvelle: «Mon affiche a été censurée dans le métro sans explication. Je suis triste pour tous les gens qui travaillent avec moi sur ce spectacle. Il s’agissait de 300 affiches sur quinze jours, une campagne qui s’annonçait magnifique. Nous n’avons aucune explication. Des affiches ont été posées puis arrachées. Il s’agit de l’affiche du spectacle, présente sur mon site.» (…)  

On se rappelle les tracasseries contre l’affiche du Gainsbourg de Sfar (enfumant la loi Evin) mais ici, le visuel ne semble contrevenir à aucun règlement (pas de clope, pas de sexe, pas de prosélytisme, pas de propagande politique, etc.). Metrobus avait cependant prévenu oralement Eve De Dommartin avant de décoller les affiches, indiquant que Gérard Unger, son PDG (et par ailleurs co-gérant de Libération Médias, notre régie publicitaire), aurait trouvé un problème «avec l’accroche», c’est-à-dire le texte. Gérard Unger n’a pas souhaité répondre à nos questions.

En début de soirée, la direction de la communication de Metrobus donnait à la presse (mais par coups de fil perso) sa version de l’affaire: 1) l’affiche n’a pas été soumise à leur direction juridique avant d’être livrée, ce qui explique qu’elle ait été posée puis recouverte ou décollée et 2) leur convention avec la RATP leur interdit tout message à caractère politique en période de campagne électorale.

Outre que la campagne n’a pas officiellement commencé, on attend avec impatience qu’un collège de sémiologues soit convoqué pour apprendre en quoi la phrase «En mai 2012, Stéphane Guillon s’en va aussi» est un message à caractère politique.

http://www.liberation.fr/culture/01012386017-les-affiches-du-spectacle-de-stephane-guillon-retirees-du-metro

 


Quand les esprits s’autocensurent tous seuls, pour ne pas froisser les puissants, alors on a atteint le degré ultime de soumission…

[Libération - 10/01/2012]

Reçu le 19 décembre dans l’émission de TV5 Monde l’Invité, Stéphane Guillon, comme c’est la coutume, laisse un paraphe sur le mur de la loge. Au-dessus de l’horloge, l’humoriste écrit: «Combien d’heures encore sous Nicolas Sarkozy ?» Rires en coulisses. Sauf que, dès le lendemain, une feuille de papier masque la dédicace. Mais jour après jour, des plaisantins l’arrachent. Depuis, c’est carrément l’horloge qui a été remontée afin qu’on ne voie pas l’outrage à Sarkozy.

La directrice de TV5 Monde, Marie-Christine Saragosse, aurait-elle fait du zèle pour ne pas froisser l’Elysée et son hôte si jamais il venait à être lui aussi invité de l’émission ? Interrogée par Libération, Saragosse dit tomber des nues. Selon elle, c’est la maquilleuse qui aurait pris l’initiative ! Laquelle, jointe par Libération, affirme : «On a déconné dans la loge, et puis j’ai cru qu’il fallait faire quelque chose, alors j’ai demandé à faire remonter l’horloge, c’était juste pour qu’il [Nicolas Sarkozy, ndlr] ne soit pas vexé, mais jamais Marie-Christine Saragosse ne m’a demandé de le faire.» Alors, maquilleuse trop zélée ou directrice prise la main dans l’horloge ? En tout cas, hier, Saragosse le jurait : «Dès demain, je fais redescendre la pendule

http://www.liberation.fr/medias/01012382366-tv5-monde-fait-une-pendule-de-guillon


Sofitel de New York : un journaliste américain soulève de nouvelles zones d’ombre

[Elise Barthet - Le Monde | 25.11.11 ]

L’affaire du Sofitel de New York est loin d’avoir livré tous ses secrets. Accusé d’agression sexuelle par une femme de chambre le 14 mai dernier à New York, Dominique Strauss-Kahn a admis une "faute morale" après avoir échappé à un procès au pénal. Mais l’affaire n’est pas close. Les questions inédites posées par Edward Epstein dans un long article de la New York Review of Books à paraître ce week-end, et auquel LeMonde.fr a eu accès, soulèvent de nouvelles zones d’ombre.

Qu’est-il advenu du BlackBerry disparu de l’ancien directeur du FMI ? Avait-il été piraté ? Que s’est-il passé dans la chambre 2820, située au même étage que la suite de DSK et où Nafissatou Diallo s’est rendue à plusieurs reprises avant et après sa rencontre avec l’ancien favori des sondages ? Le journaliste américain, qui a eu accès aux enregistrements réalisés par des caméras de surveillance du Sofitel et à certains relevés téléphoniques, revient, minute par minute, sur les événements troubles qui ont jalonné ce 14 mai.

Début de matinée

Dominique Strauss-Kahn découvre qu’il a "un sérieux problème avec un de ses téléphones BlackBerry". L’appareil, qu’il utilise pour envoyer et recevoir des messages personnels et professionnels, a vraisemblablement été hacké. Une amie de l’ancien directeur du FMI, qui travaille comme documentaliste au siège parisien de l’UMP, lui a envoyé un message dans la matinée pour le prévenir "qu’au moins un de ces e-mails privés récemment envoyés depuis son BlackBerry à son épouse, Anne Sinclair, avait été lu dans les bureaux de l’UMP à Paris."

10 h 07

Inquiet, Dominique Strauss-Kahn téléphone à sa femme depuis le BlackBerry en question. "Au cours d’une conversation qui dure moins de six minutes, il lui annonce qu’il a un gros problème" et insiste pour qu’elle contacte Stéphane Fouks. Patron de l’agence Euro RSCG, ce dernier pilote depuis quatre ans la stratégie de communication de DSK en vue de la présidentielle de 2012. L’ancien directeur du FMI demande à son épouse de prévenir cet "ami" pour qu’il puisse rapidement"faire examiner le BlackBerry et l’iPad par un expert", une fois que DSK sera rentré à Paris.

12 h 06 – 12 h 07

Nafissatou Diallo, qui travaille depuis trois ans comme femme de chambre au Sofitel, pénètre dans la suite présidentielle occupée par Dominique Strauss-Kahn. D’après les déclarations de l’ancien directeur du FMI, ses bagages sont "visibles"dans l’entrée. "En temps normal, rappelle le journaliste de la New York Review of Books, le personnel n’entre pas dans une chambre pour la nettoyer tant que le client s’y trouve".

Que se passe-t-il dans les six ou sept minutes qui suivent ? Edward Epstein s’en tient au rapport du procureur de New York qui évoque un "rapport sexuel hâtif". A 12 h 13, Dominique Strauss-Kahn téléphone à sa fille Camille avec laquelle il a rendez-vous pour déjeuner, pour la prévenir qu’il risque d’être en retard. (en savoir plus…)


Par contre les longs mois de prison de Julien Coupat sont bien réels, eux. Le message que la Sarkozye paniquée envoyait aux dissidents était clair: on a les moyens de vous faire chier grave, de vous foutre votre vie en l’air, même sur la base d’accusations fausses… alors tenez vous tranquilles.  Message compris 5/5 quand on voit comment la contestation, en cette période de guerre, de crise et de précarité, est retombée comme un flan.  Ce n’est pas pour rien que le virus "Indignés" a contourné la France, le flic Sarkozy a tout mis en place pour cela.

Vous croyez vraiment que cette plainte contre la machination politico-médiatique fabriquée par Michelle Alliot-Marie, sur une idée d’Alain Bauer et de Claude Guéant va aboutir ? Vous rêvez, on est en France, les juges ne crachent pas dans la gamelle dans laquelle ils mangent.

LE PV EST "BOURRÉ D’INVRAISEMBLANCES"

[Le Monde -11/11/2011]

"Faux et usage de faux en écriture publique" : voilà le motif pour lequel une information judiciaire a été ouverte, cette semaine à Nanterre, sur l’enquête des sabotages de TGV. Cette décision fait suite à la plainte du groupe Tarnac qui accuse la police antiterroriste d’avoir rédigé un procès-verbal mensonger pour lesmettre en cause, selon un de leurs avocats.

Les faits remontent à la nuit du 7 au 8 novembre 2008 : des dégradations sont commises sur une ligne TGV dans la Seine-et-Marne. Trois jours plus tard, dix personnes sont arrêtées. Parmi elles, Julien Coupat et sa compagne Yldune Levy. Ils sont alors mis en examen dans ce dossier, instruit à Paris, notamment pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

 A l’époque, la ministre de l’intérieur, Michèle Alliot-Marie, les avaient désignés comme "un groupe d’anarcho-autonomes", ce que réfute le groupe de Tarnac. Ils nient les accusations et leurs avocats ont toujours mis en cause la police, estimant que des soupçons de falsification pèsent sur certaines pièces importantes du dossier.

C’est dans ce contexte que l’enquête de police avait fait l’objet d’une vive controverse, une partie de la gauche, tout comme la défense, estimant qu’elle avait été fabriquée de toutes pièces pour accréditer l’idée qu’une menace violente existerait à l’ultragauche.

LE PV EST "BOURRÉ D’INVRAISEMBLANCES"

Selon les avocats du groupe de Tarnac, leur mise en cause repose notamment sur un PV de la sous-direction antiterroriste de la PJ française, faisant état d’une filature de Julien Coupat et Yldune Levy la nuit des faits, PV qui, selon eux, est un faux.

"C’est ce PV qui a permis les arrestations", explique Me Assous. "Or il est bourré d’invraisemblances qui rendent impossibles la présence de Julien Coupat et Yldune Levy à cet endroit-là et à ce moment-là", selon l’avocat qui souligne que le faux commis par un dépositaire de l’autorité publique relève de la cour d’assises. "Les enquêteurs ne cessent de clamer qu’ils avaient des éléments. Or après trois ans, il n’y a rien", affirme l’avocat convaincu que l’enquête de Nanterre conduira à la levée des mises en examen. (en savoir plus…)


Les barbouzes de Sarkozy lancent la campagne électorale…

[Entretien avec Stéphane Lomme et Gérard Davet - Libération Vidéo - 01/09/2011]
«Tout était prêt» pour nuire à DSK
Les auteurs de «Sarko m’a tuer» affirment qu’on leur a proposé des informations collectées par la police sur la vie privée de Strauss-Kahn.

Nouvelles révélations des journalistes Stéphane Lhomme et Gérard Davet. Leur enquête intitulée Sarko m’a tuer faisait déjà état d’un témoignage de la députée PS Aurélie Filipetti, qui accuse l’Elysée d’avoir organisé des fuites sur sa vie privée dans la presse.

Interrogés sur l’antenne de RMC, Lhomme et Davet expliquent ce jeudi qu’on leur a également proposé des éléments concernant la vie privée de Domique Strauss-Kahn afin de compromettre ce dernier, dans l’hypothèse où il se présenterait à l’élection présidentielle. Des informations que les journalistes expliquent avoir refusées.

«On nous a proposé récemment, avant l’interpellation de M. Stauss-Kahn à New York, des éléments relatif à sa vie privée, qui avaient été collectés par les services de police et qui étaient près à sortir au cas où», raconte ainsi Stéphane Lhomme. Selon lui, «tout était prêt» pour nuire à DSK.

http://www.liberation.fr/politiques/06014022-tout-etait-pret-pour-nuire-a-dsk-affirment-lhomme-et-davet?xtor=EPR-450206


[Edwy Plenel - Mediapart - jeudi 4 août 2011]

Les documents Takieddine, dont Mediapart a commencé la publication le 10 juillet, dévoilent la vérité de la présidence de Nicolas Sarkozy. Et cette vérité est sale. Ayant pour fil conducteur l’argent noir des ventes d’armes, cette documentation sans précédent dans l’histoire de la République met à nu un système dont l’intérêt financier est le seul mobile, au détriment des lois en vigueur et de la morale publique.

Ces pratiques ou ces tentations ont toujours existé, et les affaires politico-financières qui ont terni les présidences de François Mitterrand et de Jacques Chirac en témoignent abondamment. Mais jamais elles n’avaient été installées avec tant d’ampleur au coeur du pouvoir comme le démontrent nos révélations qui attestent la place centrale occupée par Ziad Takieddine dans le dispositif sarkozyste. Jamais elles ne s’étaient étendues à ce point jusqu’à contaminer le sommet de l’Etat, ses règles fonctionnelles et ses usages administratifs. Telle est la révélation des documents Takieddine : la promotion de la corruption au coeur du pouvoir exécutif.

N’ayant d’autres compétences que son rôle d’intermédiaire auprès de régimes autoritaires ou dictatoriaux qui échangent des marchés juteux contre une reconnaissance diplomatique, M. Takieddine n’a jamais cessé d’appartenir au premier cercle qui entoure Nicolas Sarkozy depuis qu’il fit ses premières armes, en 1994-1995, sur les contrats pakistanais qui sont au coeur de l’affaire Karachi. Ce Franco-Libanais n’est pas un simple intermédiaire, mais un conseiller occulte. Il fait des notes confidentielles, conçoit la stratégie secrète, participe aux réunions dans les palais de la République, donne son avis politique, transmet ses recommandations diplomatiques, prépare les rencontres avec des chefs d’Etat étrangers, organise les voyages préalables, s’occupe des contacts préliminaires, traduit de l’arabe les documents ou les conversations les plus sensibles, transmet officieusement des messages officiels, etc. (en savoir plus…)


[Faits & Documents N° 307 - 15 décembre 2010]

Rarement évoquée dans les médias, la complexe fratrie Sarközy ne manque pas d’intérêt. On y trouve en effet deux frères, Guillaume et François, mais aussi un demi-frère, Pierre-Olivier (dit Olivier) Sarközy, et une demi-soeur, Caroline Sarközy, épouse Fournier. Ils occupent, en général, des positions éminentes, voire d’exception. Voici l’étonnante saga d’une famille très cosmopolite.

À l’origine, il y a Pal Sarközy de Nagy-Bocsa (cf, avec plus de précisions, nos portraits de Nicolas Sarközy dans F&D et dans l’Encyclopédie politique française, tome II). Né le 5 mai 1928 à Budapest et déclaré comme protestant (mais sa mère était catholique), ce hobereau, issu d’une famille de petite noblesse (anoblissement le 10 septembre 1628) devait s’enfuir de Hongrie dans des circonstances mal connues. En 1948, il s’engagea dans la Légion étrangère à Baden-Baden, pour venir en France, et devait réussir à se faire rapidement exempter pour de fausses raisons médicales (grâce à un médecin hongrois, ami de son père).

Il épousa, en premières noces, Andrée (dite Dadu) Mallah, avocate au barreau de Nanterre, née à Paris, le 12 octobre 1925, civilement à Paris XVIIe, le 8 février 1950. Elle est la fille du chirurgien urologue Benedict Mallah, juif de Salonique converti au catholicisme peu avant son mariage, le 19 octobre 1917, avec Adèle Bouvier, infirmière catholique (mariée en premières noces avec un infirmier militaire, René Prost, mort pour la France le 2 mars 1916). Le mariage de Pal Sarközy et d’Andrée Mallah aurait été suivi d’un mariage religieux à St-François-de-Salles, mais il n’en a pas été retrouvé trace semble-t-il.

Pal Sarközy quitte le domicile conjugal en 1959 et le couple divorcera rapidement. Il se remariera, à une date non définie, avec Mélinda d’Eliassy, née à Budapest le 16 avril 1942 (semble-t-il), fille d’Ivan Eliassy et de Véronique Mallet (descendante des barons Mallet de Chalmassy), décédée le 15 décembre 2004. Le couple, qui n’aura pas d’enfant, divorcera également, et Pal Sarközy se remariera, en 1964 ou 1966 (les dates divergent) avec Christine de Ganay, fille de Philippe de Ganay et de Marie- Hélène Blanchy. Pal Sarközy divorcera à nouveau et se remariera une quatrième fois (il est maintenant marié avec la même femme depuis 40 ans). Après l’élection de son fils à l’Élysée, ce séducteur patenté a publié un ouvrage aussi graveleux que hâbleur sur son itinéraire, Tant de vie (Plon, 2010).

Pierre-Olivier Sarközy de Nagy-Bocsa, dit Olivier Sarközy (voire Oliver Sarközy, comme souvent écrit outre-Atlantique) est un demi-frère de Nicolas Sarközy. Né en 1969, il est le fils de Pal Sarközy de Nagy-Bocsa, le père de Nicolas Sarközy, et de sa troisième épouse, Christine de Ganay. Sept ans après la naissance de Pierre- Olivier, sa mère, qui avait rapidement divorcé de Pal Sarközy, se remariera, le 28 juin 1976, avec un important diplomate américain, Frank G. (George) Wisner, qui deviendra alors le beau-père de Pierre- Olivier Sarközy.

(NdL&I: sur les relations intéressantes liant le jeune Sarkozy, souvent en vacances chez son demi-frère et sa belle-mère Christine, dans la maison d’un ponte de la CIA, il est intéressant de lire l’analyse qu’en a fait Thierry Meyssan dans "OPÉRATION SARKOZY : LES RELATIONS ANCIENNES ET INTIMES DE NICOLAS SARKOZY AVEC LA CIA… ET AVEC LA MAFIA CORSE")

Né en 1938, Wisner fut plusieurs fois ambassadeur (Inde de 1994 à 1997, aux Philippines en 1991-1992, en Égypte de 1986 à 1991, en Zambie de 1979 à 1982), sous-secrétaire d’État à la Défense (1993-1994), membre du conseil d’administration d’Enron, du Council on Foreign Relations, de la Rand Corporation. Il était encore en poste durant les années 2000 puisqu’il fut alors le représentant spécial des États-Unis au Kosovo. Son père, Franck Wisner, fut l’un des fondateurs de l’OSS puis un haut responsable de la CIA en Europe durant la Guerre froide, qui participa notamment à la création des fameux réseaux « Stay Behind » (dont le Gladio italien fonctionna jusque dans les années 1980). (NdL&I: sa belle fille, Christine de Ganay, est d’ailleurs l’ancienne secrétaire d’Achille de Peretti, garde du corps de De-Gaulle, fondateur du SAC, homme de confiance du réseau Stay-Behind… et parrain de la mafia corse) (en savoir plus…)


Faut en vendre combien de stylos et de casquettes UMP pour réussir à récolter 10 millions d’Euros en liquide ?

En tout cas, avec un peu de chance, voilà une casserole qui va lui sauter à la figure, à notre Hyperprésident. Cela justifie largement l’espionnage des journalistes de Mediapart, les calomnies contre la presse et les "cambriolages" dans les rédactions des journaux…

[Le Monde - 17/11/2010]

(…) L’information vient corroborer les conclusions d’un rapport effectué en 2002 par un ancien agent de la direction de la surveillance du territoire (DST), qui jugeait lui aussi que l’arrêt du versement de ces commissions avait conduit à l’attentat de Karachi. Or, les autorités françaises n’ont jamais divulgué les conclusions de ce rapport, avant qu’il ne soit révélé par Le Point en 2008. Durant toutes ces années, la piste suivie par les enquêteurs était celle d’un attentat commandité par Al-Qaida.

Un silence qui pourrait s’expliquer par l’autre volet, politique, de l’affaire : le soupçon selon lequel les intermédiaires aient reversé une partie de leurs commissions, notamment pour financer la campagne d’Edouard Balladur en 1995, codirigée par Nicolas Sarkozy. Un dépôt d’argent liquide de 10 millions de francs avait été effectué sur le compte de campagne du candidat à la présidentielle. Selon l’équipe d’Edouard Balladur, il s’agissait de sommes correspondant à la vente d’articles publicitaires en marge de la campagne. Une explication pour le moins vague.

Les comptes de campagne avaient pourtant été validés par le Conseil constitutionnel. La justice réclame de pouvoir examiner les délibérations des "sages" à cette époque. Mercredi 17 novembre, Jean-Louis Debré, actuel président du Conseil, a une nouvelle fois refusé de confier ces archives aux juges, arguant du "secret des délibérés".

UN CHANTAGE CONTRE NICOLAS SARKOZY EN 2007 ?

Mediapart révèle mercredi d’autres faits troublants : le versement des commissions aux deux intermédiaires lors de la vente des sous-marins avait donné lieu à la constitution par la DCN de sociétés-écran basées au Luxembourg. L’une d’elles, Heine, aurait été, selon un rapport de la police luxembourgeoise, supervisée "directement" par Nicolas Sarkozy, alors ministre du budget.

Le juge d’instruction Renaud Van Ruymbeke aurait, selon Mediapart, recueilli plusieurs témoignages d’anciens cadres de la DCN, qui accréditent l’idée d’un montage opaque, permettant de dégager d’importantes sommes d’argent frais. L’un des éléments de ce montage serait passé par Cedel, une société luxembourgeoise ensuite rebaptisée sous le nom de… Clearstream. (en savoir plus…)


C’est vrai que sur ce coup, ça peut faire très mal…Un petite fiche de rappel des faits et protagonistes…

[Mediapart - 13/08/2010]

Nicolas Sarkozy: Ministre du Budget dans le gouvernement Balladur (29 mars 1993-16 mai 1995), il tient, à ce titre, une place essentielle dans l’affaire. C’est lui qui a signé la «lettre de garantie» sans laquelle le contrat Agosta encadrant la vente en 1994 de trois sous-marins au Pakistan n’aurait pu être conclu. Lui qui, depuis Bercy, a donné son aval à la création de HEINE, une société luxembourgeoise utilisée par la direction des constructions navales (DCN) pour faire transiter les commissions suspectes. Le ministère du Budget? «C’est là qu’il faut chercher», confirme Charles Pasqua lorsqu’on l’interroge sur l’affaire de Karachi. Selon des notes manuscrites saisies par la police, Nicolas Sarkozy serait intervenu, juste avant la présidentielle de 2007, en octobre 2006, afin de dissuader Jean-Marie Boivin, «M. commissions» à la DCN, de révéler ses secrets. Autre élément embarrassant pour le chef de l’Etat: sa proximité avec le sulfureux intermédiaire Ziad Takieddine, suspecté d’avoir financé la campagne d’Edouard Balladur dont Nicolas Sarkozy était le directeur et le porte-parole.

http://www.mediapart.fr/documentaire/france/karachi-lautre-affaire-qui-affole-lelysee


Pendant ce temps là, les députés UMP tapent sur les parents qui "fraudent à l’allocation de rentrée scolaire"… C’est clair que ce sont toujours les salauds de pauvres qui fraudent… les délinquant en col blanc, eux, sont des gens parfaitement honorables !

Elle est impayable, l’oligarchie française !!!!

Quand Eric Woerth déclarait à sa banque vivre avec 112 euros par mois

[Mathilde Mathieu - Michaël Hajdenberg - Mediapart - 15/08/2010]

Lors d’un emprunt réalisé en 2008 pour sa campagne des municipales, Eric Woerth, obligé comme tout un chacun de transmettre l’état de sa situation financière à sa banque, n’a pas déclaré d’impôts sur le revenu, a certifié gagner seulement 3.000 euros par mois, et avoir comme revenu disponible à peine plus de 100 euros mensuels. Dans le contrat signé, il certifie pourtant ses comptes «complets, exacts, sincères et véritables».

http://www.mediapart.fr/journal/france/130810/quand-eric-woerth-declarait-sa-banque-vivre-avec-112-euros-par-mois

Eric Woerth et le Crédit agricole ont remis en cause l’exactitude des documents publiés par Mediapart, et qui montrent qu’en 2008, le ministre, candidat aux municipales, avait fait une fausse déclaration sur ses revenus et ses impôts lors d’un emprunt sollicité auprès de sa banque. Mediapart maintient ses affirmations, publie les documents qui font preuve et précise comment il les a obtenus.

http://www.mediapart.fr/journal/france/160810/woerth-et-le-credit-agricole-mediapart-persiste-et-prouve


[AFP - 30/06/2010]

Deux mille personnes, selon les syndicats de Radio-France, ont manifesté jeudi devant la Maison de la Radio, à Paris, pour dénoncer le licenciement des humoristes Didier Porte et Stéphane Guillon, ainsi que la suppression de plusieurs émissions sur France Inter.  Les manifestants étaient rassemblés à l’appel d’associations d’auditeurs et de l’intersyndicale (CFDT, CFTC, CGT, SNJ, Sud).  Stéphane Guillon (congédié par le patron de Radio France Jean-Luc Hees) et Didier Porte (renvoyé par Philippe Val à la tête de France Inter) étaient présents.

Plusieurs pancartes étaient brandies, dont: «Val, c’était mieux avant», avec une affiche de Charlie Hebdo, ou «Radio Elysée». De nombreux manifestants criaient:«Val Démission!» et «Hees démission».

100.000 mails reçus en quelques jours

«L’indépendance, ça ne se décrète pas en parole, ça se prouve, or c’est le contraire qui se passe», a commenté Marie-Hélène Elbaz (CGT), au nom de l’intersyndicale. «Nous disons stop. Guillon et Porte sont virés sans ménagement pour des raisons politiques», a-t-elle ajouté.

Stéphane Guillon s’est quant à lui livré à une imitation de Nicolas Sarkozy. En imitant le président de la République, il a dit «Hees est un ami. Val aide Carlita à écrire son nouvel album, il n’y a pas de collusion».  Plus sérieusement, il a fait état de 100.000 mails reçus en quelques jours. «En 2012, rendez-vous ici. Val et Hees repartiront avec des plumes et du goudron et nous, nous pourrons à nouveau écouter la différence», a-t-il ajouté.

Didier Porte s’est attaqué au «mépris, au cynisme et à la brutalité de Hees». «Il est temps de rendre Radio France à son seul actionnaire légitime, nous tous, n’en déplaise à Philippe Val», a-t-il ajouté.

http://www.liberation.fr/medias/0101644682-france-inter-manifestation-de-2-000-personnes-pour-soutenir-porte-et-guillon?xtor=EPR-450206


C’est ça le problème quand on cherche à tout bétonner… il y a toujours un truc qui vous échappe ! Après l’affaire Jean Sarkozy, la mise au pas des médias, les cadeaux faits à Lagardère, les menaces envvers le "Le Monde"… voici un nouvel exemple de la Sarkocratie en action.

Au fait… elle en est où la plainte que Mme Woerth devait déposer contre Montebourg ? Elle a fait "Pschiiit" ?

Affaire Bettencourt : Eric Woerth de plus en plus fragilisé

[Raphaelle Bacqué - Le Monde - 26/06/2010]

Le gouvernement cherche désespérément à éviter qu’Eric Woerth ne devienne un des plus spectaculaires cas de dommage collatéral de l’affaire Bettencourt. Car l’ancien ministre du budget, aujourd’hui ministre du travail et chargé de la difficile réforme des retraites, n’en finit pas de chercher à éloigner le soupçon d’avoir fermé les yeux sur l’évasion fiscale d’une partie de la fortune de la riche héritière de L’Oreal.

Le 16 juin, la publication, par le site Mediapart, d’écoutes téléphoniques illégales réalisées par un des employés de Liliane Bettencourt, avait laissé supposer qu’Eric Woerth pouvait avoir été au courant, par l’intermédiaire de son épouse Florence, que Liliane Bettencourt détenait des comptes en Suisse et une île aux Seychelles, non déclarés au fisc. Face au soupçon, Florence Woerth, chargée depuis la fin 2007 de placer les dividendes de L’Oréal alimentant la fortune de Mme Bettencourt, avait dû démissionner, le 21 juin, de ses fonctions afin d’apaiser la polémique.

Vendredi 25 juin, l’affaire a pourtant repris de la vigueur. L’hebdomadaire Marianne du 26 juin a affirmé que le parquet de Nanterre aurait omis d’alerter le fisc alors même qu’il détenait, depuis 2008, tous les éléments susceptibles de laisser présumer la fraude fiscale de Mme Bettencourt. Or le procureur de Nanterre n’est autre que Philippe Courroye. Ce dernier, qui a longtemps été un juge d’instruction emblématique et respecté, ne cesse, depuis qu’il a été nommé procureur, d’être accusé de soumission au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Notamment parce qu’en le décorant en 2007 de l’ordre national du mérite, le chef de l’Etat l’avait présenté comme son "ami". (en savoir plus…)


En pleine cacophonie de l’affaire Woerth, merci à Imhotep, sur Agoravox, de nous pointer dans la bonne direction… cela permet de comprendre pourquoi Mme Woerth n’a toujours pas porté plainte à l’heure qu’il est… surtout pas contre un fin limier financier comme Eva Joly !

Quel est donc ce chèque donné à Sarkozy par Madame Bettencourt ?

[Imhotep - Agoravox - 22/06/2010]

Ce petit billet ne sera pas long, mais il me paraît important que cette affaire dans l’affaire Bettencourt ne passe pas à la trappe, car c’est un énorme morceau difficile à avaler. Il sera court car l’information brute se suffit à elle-même.
Ce lundi 21 juin, jour de la fête de la musique, – celle)ci grince plutôt à nos oreilles – Mediapart a mis en ligne, audible par tous, une copie de l’enregistrement des fameuses conversations entre le chef d’orchestre financier de madame Bettencourt et madame. Cette conversation date du 4 mars 2010. La voici ci-dessous (Médiapart) :
En voici la transcription – on peut supposer sans grands risques de se tromper que madame Bettencourt signe des chèques (les prépare ?) en écoutant cet enregistrement et en tenant compte des paroles, des arrêts, des questions et des réponses -  : (en savoir plus…)

Rappelez vous que – depuis la suppression de la pub – RADIO FRANCE vous appartient, puisque c’est VOUS QUI LA PAYEZ… un petit rappel vis à vis du pouvoir serait opportun…

[Daniel Schneiderman - Arrêt sur Images - 23/06/2010]

Cette fois c’est fait, c’est clair, c’est net : virés ! Virés sans ménagements, les humoristes de France Inter, Stéphane Guillon et Didier Porte. Virés en étant traités de "petits tyrans" par leur désormais ex-patron, Jean-Luc Hees, nommé à la présidence de Radio France par le bon vouloir de Sarkozy. Mince consolation : ce double licenciement a été vécu en direct par les auditeurs.

Parce que cette journée du 23 juin, par sa brutalité, restera dans les annales de l’audiovisuel public et de la liberté d’expression, nous avons voulu que vous puissiez en voir et écouter les principaux moments. Regardez donc Stéphane Guillon dans sa dernière chronique matinale, traiter France Inter de "station de gauche qui licencie comme la pire entreprise de droite"; écoutez Didier Porte annoncer en direct au Fou du Ro i qu’il a reçu sa lettre de licenciement ; écoutez Stéphane Bern, sous le choc, prévenir qu’il prend ce vidage comme un "désaveu personnel", et annoncer qu’il en "tirera les conséquences"; écoutez enfin Jean-Luc Hees expliquer sa décision, et renvoyer Bern dans ses cordes, sur le mode "ça ne coûte pas cher de se déclarer solidaire trente secondes".

Notre enquête complète est ici.http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3111>  (1)


Quand les lèche-culs présidentiels Jean-Luc Hees et Philippe Val parlent de "petits tyrans",… de qui parlent ils ? Le seul à souffrir dans cette affaire, c’est l’auditeur de France Inter qui perd deux moments de rigolade irrévérencieuse.

La normalisation est en cours. La campagne de propagande pour l’élection 2010 peut commencer… Sarkozy tient les médias…

Aux USA, pays idolâtré par nos postillonneurs professionnels, un tel comportement de la part d’un président aurait soulevé des tempête d’indignation. En France… rien.

[AFP - 22/06/2010]

Dans un entretien au "Monde", le PDG de Radio France, Jean-Luc Hees, annonce le départ de l’humoriste Stéphane Guillon de la matinale de France Inter, jugeant que "l’humour ne doit pas être confisqué par de petits tyrans". Quand à Didier Porte il a confirmé à l’AFP, que le directeur de l’antenne, Philippe Val, ne renouvellera ni sa chronique dans la tranche info du matin ni sa participation au "Fou du roi".


Face à une presse et des médias complètemenent encerclés et réduits au silence service par la machine Sarkozy, les sites comme Mediapart ou Bakchich sont les dernières sources d’information encore quelque peu "poil à gratter"… avec les bandes Bettencourt, Mediapart se fait un joli coup de pub.

Le site Mediapart diffuse directement des extraits de conversation entre Patrice de Maistre et Liliane Bettencourt…

[20 Minutes - 21/06/2010]

Fort du constat qu’«Eric Woerth n’a pas démissionné du gouvernement» et qu’«aucun juge indépendant n’a encore été désigné», Mediapart a décidé de mettre en écoute directement sur son site des extraits des conversations entre Liliane Bettencourt et le gestionnaire de sa fortune, Patrice de Maistre.

Pour rappel, ces discussions auraient été enregistrées clandestinement entre mai 2009 et mai 2010 par le maître d’hôtel de la milliardaire au domicile de cette dernière. Elles ont ensuite été transmises à la police par l’unique fille de l’héritière de L’Oréal, Françoise Bettencourt-Meyers.

Le premier extrait, mis en ligne également sur Dailymotion et donc accessible gratuitement, date du 4 mars 2010. Il permet d’entendre Patrice de Maistre qui demande à Liliane Bettencourt de signer des chèques à signer à l’attention de Valérie Pécresse (candidate UMP pour les régionales en Ile-de-France), Eric Woerth (alors ministre du Budget et trésorier de l’UMP) et Nicolas Sarkozy. «Ce n’est pas cher, c’est le maximum légal, 7500», plaide-t-il, expliquant: «En ce moment, il faut qu’on ait des amis» La voix de Patrice de Maistre, qui parle lentement et distinctement, visiblement pour se faire comprendre, est parfaitement audible, tandis que les réponses de Liliane Bettencourt sont à peine intelligibles.

Les trois autres extraits sont accessibles uniquement pour les abonnés au site de Mediapart. Il y est question du rôle joué par l’Elysée dans la procédure judiciaire qui oppose la fille de Liliane Bettencourt au photographe François-Marie Banier, soupçonné d’avoir abusé des largesses de la milliardaire. Le premier date du 12 juin 2009, le deuxième du 21 juillet 2009 et le troisième du 23 avril 2010, soit quelques semaines avant l’ouverture du procès du photographe début juillet.

On y entend Patrice de Maistre citer à plusieurs reprises Patrick Ouart, le conseiller judiciaire de Nicolas Sarkozy, qui «l’aime beaucoup» et le convoque au moins deux fois au palais de l’Elysée pour lui faire part des avancées de l’affaire sur le plan judiciaire. Dans le 2e extrait, on apprend notamment que le procureur Courroye va annoncer le 3 septembre que la demande de Françoise Bettencourt-Meyers est irrecevable. Ce qui fut effectivement le cas. Dans le 3e extrait, Patrice de Maistre explique à l’héritière que Patrick Ouart lui a confié que «le Président [continuait] de suivre cette affaire de très près. En première instance, on [l'Elysée] ne peut rien faire de plus mais en cour d’appel, si vous perdez, on connaît très très bien ce procureur»…

http://www.20minutes.fr/article/579813/Politique-Affaire-Bettencourt-des-enregistrements-sonores-en-libre-ecoute.php


Pendant ce temps là, nos amis faux-culs de RSF hurlent contre le "dictateur" Chavez qui a osé porter plainte contre un journal qui appelait l’armée à faire un coup d’état contre lui… par contre, la mainmise totale de Sarkozy sur les grands médias français, l’asservissement de la presse à ses intérêts électoralistes, cela ne dérange aucun de nos grands "postilloneurs professionnels"…

[Jean-Luc Porquet - Le Canard Enchaîné - 16/06/2010]

Dans une démocratie irréprochable, jamais un président n’aurait osé faire ça. Et s’il l’avait fait, de toute part auraient jailli des cris indignés. Un président n’a pas à se mêler des affaires de presse. Il n’a pas à appeler au téléphone le directeur du quotidien dit « de référence », puis à le convoquer à l’ Elysée, pour le menacer sous prétexte de sauver son journal. C’est pourtant la fine manoeuvre à laquelle vient de se livrer Sarkozy avec «Le Monde ».

Ce journal existe depuis 1944. Il a longtemps été, et il l’est encore en partie, l’honneur de la presse française: il est – « Le Canard » mis à part -le seul dont la rédaction ait voix au chapitre. Par l’intermédiaire de la Société des rédacteurs associée aux sociétés de personnels, ses journalistes possèdent la minorité de blocage. Ils disposent d’un droit de regard sur la gestion de l’entreprise. Et d’un droit de veto sur le choix du directeur.

Mais « Le Monde» est aujourd’hui au bord du dépôt de bilan. On n’entrera pas ici dans les détails, on ne racontera pas la gestion calamiteuse qui, depuis vingt-cinq ans, ra mené au bord du gouffre, les crises à répétition, la dette qui gonfle, etc. Il suffit de savoir qu’il a perdu 2 millions d’euros par mois en 2009, qu’il a besoin de 10 millions d’euros immédiatement sous peine de cessation de paiement dès juillet. Et qu’il est couvert de dettes, 69rnillions d’ORA (obligations remboursables en actions) et 25 millions empruntés à la BNP. Du coup, il est à vendre, et vite.

Quatre acheteurs s’étaient mis sur les rangs: l’Italien Benedetti, qui édite« L’Espresso », s’est retiré, L’Espagnol Prisa, qui édite le quotidien de gauche « El Pais », se tâterait encore. Restent, pour l’instant, d’un côté Claude Perdriel avec son groupe « Le Nouvel Observateur»; de l’autre l’homme d’affaires Pierre Sergé, associé avec le banquier Matthieu Pigasse et Xavier Niel, le fondateur de Free. Mais voilà que mercredi 9 juin, en pleine discussion, surgit à la surprise générale un troisième larron, l’opérateur Orange, dont l’Etat est le premier actionnaire et que dirige aujourd’hui Stéphane Richard, ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, un obligé de Sarkozy,

Et comme c’est bizarre, le jour même, le même Sarkozy convoque à l’Elysée Eric Fottorino, le directeur du «Monde ». Dix jours auparavant. il lui avait déjà passé un coup de fil pour lui expliquer que le trio Bergé-Pigasse-Niel, il n’en veut absolument pas. Ce dernier n’at- il pas le toupet de financer deux sites Intemet antisarkozystes. Mediapart et Bakchich? Comme Xavier Niel a commencé à faire fortune avec le Minitel rose, le très délicat Sarkoly en parle à Fottorino comme de "homme du peep-show". C’est Bigard qui doit se marrer.

Ce mercredi-là, à l’Elysée, Sarkozy revient à la charge, déconseillant à Fottorino de vendre « Le Monde» à ce « drôle d’attelage ». Et de se livrer carrément à un chantage: si ce trio l’ emportait, alors l’Etat renoncerait à apparier, via la Caisse des dépôts et consignations, les 20 millions d’euros qu’il s’apprête à lâcher pour participer au sauvetage de l’imprimerie du « Monde» en pleine débâcle. Ça, c’est du brutal. Ça, c’est de « l’Etat irréprochable » : celui que nous a promis Sarkozy.

Dans cet Etat-là, on ne peut rien reprocher au Président. Il se croit tout permis. Il se permet tout. Personne ou presque ne moufte: silence ébouriffant des partis, des philosophes autoproclamés, des postillonneurs professionnels, des lanceurs de grands débats bidons. Sarkozy a déjà à sa botte les directions de TF1, du « Figaro », d’Europe 1, du « JDD », etc. Il a aidé à imposer le milliardaire Bernard Arnault à la tête des « Echos ». Il a fait en sorte, par l’entremise de son fidèle Guéant, que le moribond « France-Soir» atterrisse dans les mains d’un opaque oligarque russe. Il a nommé à la tête de Radio France deux joyeux zigues ennemis des humoristes qui ne rigolent pas dans le sens du poil. Il va bientôt désigner le patron de France Télévisions. Complétez la liste (avec « Le Parisien », peut-être ?) …

Bref, ça se voit comme le nez au milieu de la figure: Sarkozy prépare à sa manière le terrain pour sa réélection de 2012.

Pour lui, un bon média est un média aux ordres. Qu’en démocratie la presse soit un contre-pouvoir: impensable! Qu’une rédaction soit indépendante: intolérable ! Que les journalistes du « Monde », qui ont eu le toupet d’évincer en 2007 son bon ami Alain Minc, alors président du conseil de surveillance, décident aujourd’hui de choisir à qui ils vont confier leur journal: bolchevik!

Et pourtant, ceux-ci le savent, c’est la dernière fois qu’ils peuvent encore exercer cc pouvoir, puisqu’une fois le journal vendu la minorité de blocage leur échappera (ils ne seront plus actionnaires majoritaires).

Si Sarkozy voulait se les mettre à dos et les pousser à choisir le trio Bergé-Pigasse-Niel, il n’aurait pas agi autrement. S’il veut, en intervenant sur la désignation du repreneur du « Monde », réussir le même coup qu’avec France Inter, où désormais toutes les décisions de Val et Hees apparaissent comme téléguidées par le pouvoir, c’est bien parti. Et s’il rêve d’une rédaction aux ordres, il risque d’être déçu. Car si les entreprises de presse sont fragiles et tombent souvent sous le coup des puissances d’argent (ou du pouvoir politique), nombre de journalistes, eux, ont ceci de curieux : la liberté d’expression, ils n’y sont pas complètement indifférents …


[Pascale Robert-Diard - Le Monde - 09/04/2010]

Cette fois, ce n’est pas le justiciable Nicolas Sarkozy qui est en première ligne. Selon la terminologie officielle, la police judiciaire a été saisie par le parquet de Paris d’une enquête préliminaire suite à la plainte déposée par le groupe Lagardère pour « introduction frauduleuse de données dans un système informatique ». Bien.

Rappelons que le président Nicolas Sarkozy est très proche du principal actionnaire du Journal du dimanche, Arnaud Lagardère, qui n’avait déjà pas hésité à lui offrir la tête du rédacteur en chef de Paris-Match, Alain Genestar, après la publication d’un reportage photo sur son épouse de l’époque, Cécilia. Que le parquet est sous l’autorité directe du garde des sceaux et du président de la République et que le chef du parquet de Paris est Jean-Claude Marin, celui-là même qui a requis dans l’affaire Clearstream. Que la police est sous la tutelle ministérielle de l’un des plus proches amis du président de la République, Brice Hortefeux, et que la feuille de route des enquêteurs a été fixée par l’un des conseillers de l’Elysée, Pierre Charon, qui a déclaré : « Nous faisons de cette ignominie un casus belli ».

A ces nuances près, donc, le président ne demande pas justice lui-même pour les rumeurs sur sa vie conjugale. Il n’avait jusqu’à présent jamais hésité à le faire, rompant avec l’usage de ses prédécesseurs. Mais la justice lui a rarement donné satisfaction et la méthode lui a coûté cher. (en savoir plus…)


Il y a un corbeau qui, depuis des années, se répand en injures sur un de mes voisins… est-ce que le contre-espionnage enquête sur lui aussi ? Ou bien la police et les services secrets ont ils pour mission de faire taire les bruits qui pourraient nuire électoralement à l’UMP ?

[Raphaëlle Bacqué et Gérard Davet - Le Monde 09/04/2010]
Le contre-espionnage a été saisi par l’Elysée pour identifier l’origine des allégations autour du couple présidentiel

Une enquête a bien été menée par la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), le contre-espionnage français, sur ordre de l’Elysée pour remonter le fil de la rumeur qui, depuis près d’un mois, inquiète le pouvoir. Il s’agissait avant tout, assure-t-on à la DCRI, grâce aux moyens technologiques déployés, de retrouver les supports informatiques, en France et à l’étranger, ayant facilité la propagation de la rumeur qui circulait sur Nicolas Sarkozy et son épouse Carla Bruni-Sarkozy. Rien de plus, affirme la DCRI. La direction centrale nie avoir mis en oeuvre des écoutes téléphoniques administratives. Et encore moins ciblé Rachida Dati. Cette dernière, furieuse de se voir accusée d’avoir propagé une rumeur sur de supposées infidélités au sein du couple présidentiel, a mis en place sa défense. « Je suis mise en cause indirectement, je trouve ça scandaleux, nous sommes dans un Etat de droit, il faut que ça cesse », a-t-elle protesté, mercredi 7 avril sur RTL.

Le nom de l’ancienne garde des sceaux a été en effet vite prononcé devant les journalistes par l’entourage de M. Sarkozy. Conseiller proche du président, Pierre Charon, par ailleurs élu du Conseil de Paris, milite contre les ambitions municipales de l’ancienne ministre. Brice Hortefeux, ministre de l’intérieur, lui a déjà supprimé son escorte policière, sa voiture ministérielle. Rien, pourtant, jusqu’ici, ne vient étayer leurs soupçons que l’ancienne ministre serait à l’origine de la rumeur.

L’enquête judiciaire ordonnée le 2 avril par le parquet de Paris, pour « introduction frauduleuse de données dans un système informatique », après la plainte de la direction du Journal du dimanche, pourrait cependant permettre à la Brigade d’enquête sur les fraudes aux technologies de l’information (Befti), de remonter à la source des ragots.

Tout débute le 6 mars, alors que la rumeur sur le couple présidentiel a envahi le Web et Twitter depuis la mi-février. Mme Bruni-Sarkozy est interrogée par une journaliste britannique de Skynews qui évoque le chef de l’Etat et les rumeurs « lui prêtant de nombreuses liaisons ». Mme Bruni-Sarkozy, glaciale, répond : « Il ne peut être infidèle. Avez-vous déjà vu des photos prouvant le contraire ? » (NdL&I : elle veut vraiment nous faire croire ça ?)

Mais en terminant l’entretien, elle laisse éclater sa colère. Elle comprend que la rumeur paraît désormais crédible, au moins aux yeux de la presse étrangère. M. Sarkozy a d’abord balayé ces ragots. Mais Mme Bruni-Sarkozy, humiliée par son entretien télévisé, exige que l’on fasse taire ces bruits.

Pierre Charon qui gère une partie de la communication de Mme Sarkozy est appelé à la rescousse. L’affaire prend de l’importance. Franck Louvrier, patron de la communication de l’Elysée, reçoit lui aussi un nombre impressionnant d’appels de journalistes. Comme le ministre de l’intérieur. M. Sarkozy exige une enquête de police ; elle est donc confiée à la DCRI.

Le 9 mars, cependant, les choses prennent une tournure nouvelle. Vers 1 h 30 du matin, un jeune employé de Newsweb, la filiale de Lagardère active chargée de gérer le site Jdd.fr poste sur son blog ce qu’il entend partout dans ses dîners. Cet employé, âgé de 23 ans, a été embauché pour générer de l’audience sur les sites. Il décide donc d’en faire le thème d’un billet humoristique sur son blog. « Nous apprenons que l’Elysée est touché par un séisme d’une magnitude 9… », écrit-il. En quelques heures, le Web s’enflamme. La nouvelle est reprise par la presse étrangère qui, d’Inde ou de Chine, présente la nouvelle comme une information du Journal du dimanche, l’un des titres du groupe Lagardère. Avec la caution du JDD, la rumeur devient une information fiable. Or, en pleine campagne des élections régionales, ces supposées infidélités conjugales sont perçues comme une menace politique dangereuse. (NdL&I: en quoi est-ce que cela concerne la sécurité des Français ou du pays ? Ce n’est pas le boulot des flics de se soucier de la campagne de l’UMP…)

A plusieurs reprises, M. Charon ainsi que l’avocat de M. Sarkozy, Thierry Herzog, vont menacer d’une plainte des sites. Ainsi, ils obtiennent, après une mise en demeure, qu’un serveur basé aux Pays-Bas retire des informations jugées « insultantes » sur Mme Bruni-Sarkozy.

De son côté, Le Journal du dimanche a fermé son blog en quelques heures. Mais il ne sait pas encore d’où l’information est venue. Le président de la République exige du groupe Lagardère qu’il retrouve la source. Le 21 mars, Michael Amand, directeur des opérations du site Newsweb, explique que la chronique a été postée par l’un de ses employés, à partir de son domicile. Aussitôt l’intéréssé est licencié et Michael Amand démissionne.

Contrairement à ses habitudes en matière de diffamation, M. Sarkozy ne contre-attaque pas lui-même sur le plan judiciaire. Il laisse le soin au groupe Lagardère de déposer une plainte contre X, le 26 mars. « Soit l’employé qui a mis cette info sur le blog a agi de son propre chef, explique Me Christophe Bigot, l’avocat du JDD, soit il a été instrumentalisé ». Dans la foulée, le parquet de Paris ordonne donc une enquête confiée à la police judiciaire parisienne. Un responsable de Newsweb a été interrogé, vendredi 2 avril.

L’affaire aurait pu rester circonscrite si M. Charon n’avait confié qu’il soupçonnait Rachida Dati. Au Nouvel Observateur, il assure même que « la peur doit changer de camp », et évoque une « espèce de complot organisé ».

Au Monde, il précise que « la procédure judiciaire peut permettre de trouver les sources et les ramifications. Ce sont les auteurs anonymes qui doivent désormais avoir peur, et non plus leurs victimes ». Au risque de heurter un peu plus une opinion publique qui reproche déjà au président d’avoir désacralisé la fonction.

http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ARCHIVES/archives.cgi?ID=cd5e29c03263d17249ee783b7c8fd104a17ea8c7eb626a8e


Illustration parfaite de ce qu’est devenu le journalisme…

[24 Heures - 07/04/2010]

«Complot organisé», «machination», « casus belli ». Depuis deux jours, l’Elysée part en guerre contre ceux qui auraient lancé ou propagé la rumeur sur la vie privée du couple présidentiel.

Pierre Charon, conseiller de Nicolas Sarkozy, n’y va pas de main morte: «Le fait que ces rumeurs aient été relayées dans la presse en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Suisse peut être le signe d’un complot, alors que la France prendra en 2011 la présidence du G20.» Rien que ça. On se croirait presque revenu au plus mauvais temps de la paranoïa mitterrandienne, quand le président, pour protéger sa vie privée, traquait les journalistes «ennemis» et fabriquait des polices parallèles.

Les regrets du Journal du Dimanche
Rappelons les faits. Dans la nuit du 8 au 9 mars, le Journal du Dimanche (JDD) publiait sur son site ce post: «Des rumeurs persistantes annonceraient que le couple présidentiel serait sur le point de voler en éclats. En effet, Carla Bruni serait tombée sous le charme de Benjamin Biolay (…) et dans le même temps, Nicolas Sarkozy aurait trouvé réconfort auprès de notre nouvelle championne de France de karaté et secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Chantal Jouanno.»

L’auteur? On apprendra, plus tard, qu’il s’agit de Mickaël L., un jeune homme de 23 ans chargé par son employeur, Newsweb, sous-traitant du JDD, de diffuser des «infos» people sur le site. Il aurait vu passer, sur le réseau Twitter, cette histoire fumeuse qui courait depuis un mois. Il en a fait… une info.

Le lendemain, la presse britannique s’empare du «scoop», citant le «très sérieux» Journal du Dimanche. La rumeur fera le tour du monde, des Pays-Bas à l’Inde, en passant par la Suisse. Silence à l’Elysée. Les élections régionales obligent alors Nicolas Sarkozy à garder son calme. Mais dès le soir du second tour, branle-bas de combat.

Sous la pression, sans doute, de l’Elysée, le groupe Hachette, qui détient le JDD et Newsweb, fait le ménage. L’auteur du post et son chef sont priés de démissionner. Dans une lettre, la direction du journal formule des «regrets» au couple présidentiel.

Remonter à la source
Fin de l’histoire? Non, début de la deuxième phase: la contre-attaque. «Nous faisons de cette ignominie un casus belli, affirme le conseiller Pierre Charon. Nous voulons aller jusqu’au bout pour que cela ne se reproduise plus jamais. Comme on dit, la peur doit changer de camp.» Comme dans l’affaire Clearstream – mais cette fois sans grande légitimité – Sarkozy croit à la thèse du complot. Et réclame des têtes. (en savoir plus…)


Et pendant ce temps là, la presse ne parle plus des résultats des élections, de la côte de popularité ou des chiffres du chomage… c’est tout bénéf ! Voilà à quoi ça sert d’embaucher (euh, d’épouser) une top model dans son équipe de comm’

Quand ça va mal, donnez du cul au peuple, ça l’occupera…

[Brave Patrie - 05/04/2010]

La rédaction de Brave Patrie enquête et découvre, couvant sous le calme traditionnel du week-end pascal comme la poule sur l’œuf, un complot d’ampleur internationale mettant en danger l’État français comme jamais depuis l’affaire Dreyfus. Selon Pierre Charon, le conseiller en communication du président de la République, Nicolas Sarkozy serait la victime d’une campagne ourdie par des forces occultes, à mi-chemin entre la franc-maçonnerie et l’association de l’amicale des pétanquistes avignonnais.

Les multiples assauts dirigés contre le chef de l’État depuis le début du week-end ont pris racine il y a plusieurs semaines de cela autour de la machine à café de Warner Music.
Au détour d’une conversation sur la prothèse pénienne de Lady Gaga, Franck, un jeune stagiaire, croit bon de faire son intéressant : « Carla Bruni couche avec Benjamin Biolay », « Nicolas Sarkozy ne trouve pas le point G de Carla Bruni », « Chantal Jouanno porte un gode-ceinture », « On a aperçu Frédéric Mitterrand en grande forme sur Chatroulette », « Georges Tron ne touche pas un RMI, mais un RNPE (revenu normal pas excessif) »…
Autant de rumeurs (non vérifiées, NDLR) aussitôt relayées sur Internet puis par la presse internationale.

Une manœuvre ourdie par “le pédolobby islamo-sioniste”

Pierre Charon s’insurge : « Ces manœuvres qui ne visent qu’à affaiblir la fonction présidentielle sont manifestement ourdies par le pédolobby islamo-sioniste et font furieusement penser aux heures les plus sombres de l’Histoire. »
De fait, Nicolas Sarkozy se trouve déporté intellectuellement depuis quelques jours.
L’explosion récente de la christianophobie et la persécution dont font l’objet les catholiques font de plus craindre le pire pour le chanoine d’honneur de Saint-Jean-de-Latran, qui n’est pas à l’abri d’une accusation de pédophilie. « La seule chose qu’a enculé Nicolas Sarkozy, ce sont des mouches », rassure cependant Pierre Charon.

Afin de faire cesser ce scénario infamant, l’Élysée a immédiatement mobilisé ses meilleurs spécialistes en déstabilisation politique pour remonter à la source et démasquer les comploteurs.

On ne peut en effet permettre que leur vile entreprise perturbe plus longtemps les esprits de nos concitoyens, habitués à des rumeurs autrement plus soft telles que « Obama et moi on pense la même chose », « C’est un scrutin régional avec des conséquences régionales », « Le recul de l’âge de la retraite est inéluctable », etc.
Décidés à plonger dans les égouts d’Internet, ils sont actuellement à la recherche du formulaire d’enregistrement de Twitter. (en savoir plus…)


Carla Bruni a menti, Sarkozy a menti, Guéant a menti… il y a bien eu une "enquête de police sur des commérages"… Et Sarkozy profite de ses copains dans le monde des hébergeurs Internet pour court-circuiter les lois et faire fermer les blogs qui lui déplaisent… et virer les petits impudents qui ne lui cirent pas les pompes. Tout cela dans le silence assourdissant des confrères de la "presse française" … et on se permet de donner des leçons de démocratie à la Chine !!!!

La DCRI a enquêté sur les rumeurs visant le couple Sarkozy

[Le Point - 07/04/2010]

Le patron du contre-espionnage français Bernard Squarcini a confirmé qu’une enquête avait bien été menée pour déterminer l’origine de rumeurs d’infidélité dans le couple Sarkozy.

"J‘ai été saisi courant mars par le directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, afin d’essayer de déterminer si les rumeurs visant le couple présidentiel ne cachaient pas une éventuelle tentative de déstabilisation", a dit au site Mediapart Bernard Squarcini, patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

Dans la soirée, Carla Bruni, épouse du chef de l’Etat, avait nié l’existence d’une enquête "de police" lors d’un entretien sur Europe 1. "On ne fait pas une enquête sur des commérages (…) C’est inimaginable de dire une chose pareille", avait-elle dit.

Ces rumeurs, qui circulaient chez les journalistes, ont fait le tour de la presse internationale lorsque le site internet du Journal du dimanche a publié le 10 mars un article à ce sujet dans un blog. Ceci a été vu par les médias étrangers comme un élément crédibilisant les affirmations. La presse française n’a rien publié. (NdL&I: La Presse française c’est des moutons sans honneur)

Bernard Squarcini précise qu’ont été menées "des investigations techniques, notamment informatiques", mais assure qu’il n’y a pas eu d’écoutes téléphoniques et dit que l’enquête n’a pas concerné l’ex-ministre Rachida Dati. (en savoir plus…)


Avec tout ce que gagne Rachida Dati (et ça vaut aussi pour les autres personnalités politiques) elle n’a pas les moyens de se payer un abonnement mensuel au téléphone portable ? Elle a besoin que le Ministère de la Justice la Mairie de Paris 7é et l’UMP lui en payent chacun un ? Elle trimballe combien de téléphones dans son sac à main ?

Idem pour la voiture de fonction: si elle n’a pas envie de conduire dans Paris, elle ne peut pas se payer une voiture avec chauffeur privé avec ses 15 000 Euros mensuels de revenus cumulés (eurodéputé, maire, ancienne garde des sceaux…) ? Et elle fait quoi avec deux agents municipaux ? Elle gagne pas assez pour se payer une femme de ménage ?

On a l’impression que plus ça grimpe haut, plus ça devient rapiat…

[Journal du Dimanche - 04/04/2010]

Après la voiture et les gardes du corps, le chauffeur de l’administration pénitentiaire et les portables… Rachida Dati a écopé en quelques jours d’une série de mesures décidées à l’Elysée et destinées à la "rayer des écrans radar", selon l’expression d’un proche du couple présidentiel. Comme l’a raconté Le Canard enchaîné, l’ancienne garde des Sceaux a d’abord perdu sa 607 de fonction et son escorte le soir du premier tour des élections régionales. Le patron de la police, Frédéric Péchenard, recevant un ordre de l’Elysée, a prié ses fonctionnaires de cesser sur-le-champ la protection de Rachida Dati alors qu’elle était sur un plateau de télévision.

La 607 "police" avait été mise à sa disposition en juin 2009 par la DGPN, la direction générale de la police nationale, ainsi que quatre policiers du service de protection des personnalités. Equipée d’un gyrophare et dotée d’une carte essence, cette 607 et les fonctionnaires faisaient de fréquents allers-retours à Strasbourg, siège du Parlement européen. "C’était une situation très limite que rien ne justifiait", admet-on au ministère de l’Intérieur, qui a également récupéré un téléphone portable dont se servait l’ancienne ministre de la Justice.

Pour expliquer cette mesure, prise à chaud le soir du débat du premier tour, le ministère de l’Intérieur a d’abord affirmé que l’ancienne garde des Sceaux avait fait les frais, ainsi que d’autres personnalités, d’une réorganisation au sein des équipes de protection.

"Rien de personnel"

Ainsi, Michel Charasse, Bruno Le Maire ou Christian Poncelet ont vu un "allégement" ou une suppression pure et simple de leur escorte. "Rien de personnel concernant Rachida Dati", assurait-on à l’Intérieur entre les deux tours des élections régionales. Sauf que, depuis, l’ancienne ministre a également dû se priver, en urgence, du chauffeur qui avait été mis à sa disposition par l’administration pénitentiaire…

Informé de cette mise à disposition, l’Elysée a prié le ministère de la Justice de mettre fin sur-le-champ à cet "autre avantage indu". "Effectivement, dès que le cabinet du garde des Sceaux a pris connaissance de cette mise à disposition, des instructions immédiates et fermes ont été prises pour y mettre fin", indiquait hier au JDD la chancellerie. Député européen et maire du 7e arrondissement de Paris, Rachida Dati dispose toujours de la voiture mise à sa disposition par la ville (elle avait le choix entre une Laguna et une Prius) et de deux agents municipaux. (en savoir plus…)


[Arrêt sur Images - 31/03/2010]

Comment appeler nos quatre invités de cette semaine ? Quatre rebelles ? Quatre résistants ? Quatre fortes têtes ? Tous quatre ont franchi la ligne jaune. Chacun à sa manière.

Le gendarme, et chercheur associé au CNRS, <http://www.cesdip.fr/spip.php?article329>  (1) Jean-Hugues Matelly s’est prononcé contre la réforme police-gendarmerie <http://www.rue89.com/2008/12/30/la-gendarmerie-enterree-a-tort-dans-lindifference-generale>  (2) : il est aujourd’hui radié de la gendarmerie, expulsé de son logement de fonction. Joseph Tual, journaliste à France 3, vient d’être entendu comme témoin par un juge d’instruction, après la diffusion d’un reportage mettant en cause des officiels marocains, à propos de l’affaire Ben Barka. Véronique Decker, directrice d’école, a refusé d’appliquer les nouvelles directives sur le soutien scolaire, et le fichier "Base élèves". Enfin, pour compléter le quatuor… un député UMP, Lionel Tardy (Haute-Savoie). Sa transgression est plus mince : il a "twitté" une réunion de parlementaires UMP <http://www.lioneltardy.org/archive/2010/03/23/b7e3287bc9561d3420cffb346ba6dec3.html>  (3), alors même qu’elle se déroulait. Plus mince, mais à l’échelle de l’UMP, c’est considérable.

Alors que se lèvent, dans l’Education Nationale, dans le parti au pouvoir, et jusque dans la gendarmerie, d’étranges vents d’insoumission et de désobéissance, il nous a semblé intéressant de confronter ces quatre-là, auxquels les médias dominants donnent si peu la parole. Quand ont-ils décidé de franchir la ligne sans retour ? Quel a été le déclic ? Au-delà des clivages politiques, des tempéraments qui se ressemblent. Décidément, toutes les lignes bougent, à grande vitesse. Voilà pourquoi j’ai voulu vous en prévenir dès aujourd’hui. Notre émission ligne j@une, qui n’a jamais si bien porté son nom, est ici <http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2883>  (4). Et ses meilleurs moments sont là. <http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#7668>  (5)


Et Sarkozy qui veut nous faire croire que c’est "la faute à pas de chance" ou bien la faute à des petits retraités inconscients qui ont construit leur maison là où il fallait pas… mais bien sûr !

AVANT LA TEMPËTE, UNE INONDATION DE PERMIS DE CONSTRUIRE

[Didier Hassoux - Le Canard Enchainé - 31/03/2010]
Un mois après "la catastrophe nationale" du 28 février, Sarko vient de recevoir le prérapport d’une enquête qui cherche à établir "les responsabilités"dans la mort de 53 personnes sur le littoral atlantique.  Réalisée par les services de l’Intérieur, de l’Environnement et des Finances, cette enquête est qualifiée d’"explosive"par un conseiller élyséen. Pour l’Etat comme pour les collectivités locales. La version définitive devrait parvenir dans la première quinzaine d’avril, et "finir sur le bureau d’un juge ", pronostique le même conseiller.  Il reviendra alors au magistrat d’établir si des intérêts financiers, touristiques ou électoraux ont prévalu sur la sécurité des personnes et des biens.

Le 8 octobre 2001, presque neuf ans avant le passage de la tempête Xynthia, Dominique Caillaud. député (UMP) de Vendée, adressait une belle lettre au préfet du département, un certain Jean-Paul Faugère (aujourd’hui directeur de cabinet de François Fillon). L’élu y plaidait en faveur de la municipalité de La Faute-sur-Mer (1 000 habitants l’hiver, 40 000 l’été) car l’État venait d’ordonner la fermeture du camping municipal, La Côte de lumière, installé illégalement sur le domaine maritime. Une décision "prise au motif que la zone concernée présenterait un risque d’inondation par rupture de digue". Or, écrivait le parlementaire, "il semblerait qu’aucun incident de ce type ne se soit jamais produit et que ce risque soit nul". En conséquence, le député "serait très heureux» si le préfet "reconsidérait sa décision».

Trois ans plus tard, le même Caillaud recevait l’audacieux soutien du sénateur (UMP) Jacques Oudin. Le 16 septembre 2004, ce dernier, président-fondateur de l’Association des élus du littoral, adressait un courrier à la sous-préfète des Sables d’Olonne pour lui recommander d’autoriser la municipalité à étendre son activité touristique sur le domaine public maritime. Et, en expert patenté des zones inondables, il ajoutait: "Actuellement, le camping de La Faute-sur-Mer se trouve parfaitement protégé de toute menace de submersion maritime."

Le 28 février dernier, le camping a été dévasté. (en savoir plus…)


On vit en Monarchie ! Un claquement de doigts du Prince suffit pour que le courtisan tombe en disgrâce et soit jeté dans le caniveau…

Sarkozy renoue avec les valeurs de droite et distribue les coups de latte aux Arabes !

Sarkozy et Dati, c’est fini

[Le Canard Enchainé - 31/03/2010]

Le drame s’est noué le 14 mars à l’Elysée, où le chef de l’Etat analysait avec quelques amis le résultat du premier tour des régionales. Soudain, Sarko bondit de son fauteuil. Il vient de voir Rachida Dati apparaître sur les écrans de France 2 et s’écrie: "Mais qu’est-ce qu’elle fait là, celle-là ? On ne l’a pas vue pendant la campagne, et la voici devant les caméras ! » Le Président prend illico son téléphone et ordonne à Frédéric Péchenard, son copain directeur général de la police nationale, de prendre des mesures de rétorsion. Ça tombe bien. La Cour des comptes vient de préconiser des mesures d’économies sur les voitures et le personnel de sécurité mis à la disposition des anciens ministres.

Sarko exige que Rachida soit privée « dans l’heure» de sa limousine – mise à sa disposition par le ministère de l’Intérieur – ainsi que de son chauffeur et de ses quatre flics.

Encore sur le plateau, l’ancienne garde des Sceaux apprend la décision par ses officiers de sécurité. "Désolé, Madame, on doit rentrer, ordre d’en haut. » Rachida appelle Péchenard et obtient de garder sa 607 et ses gardes du corps pour la soirée. Mais pas plus. Le lendemain, elle rend également son portable aimablement prêté par l’Intérieur.

Pourquoi tant de haine? Tout simplement parce que le chef de l’Etat soupçonne l’ancienne ministre de la Justice de colporter, voire même d’être à l’origine des rumeurs sur la vie intime de Carlita et de Chouchou. Elle ne doit pas être la seule, mais, sur ce sujet, l’Elysée ne rigole pas.

Rachida pourra toujours se consoler en utilisant désormais le yéhicule de fonction qui lui a été attribué en tant que maire du VIle arrondissement. Evidemment, ce n’est qu’une Prius hybride, moins chic qu’une 607.


[Gregor Seither - IES News Service - 29/03/2010 ]

Cela va faire un an depuis que Ian Tomlinson est mort après avoir été attaqué par un officier de police lors des manifestations du G20. Aucun action en justice n’a suivi cette mort, personne n’a été puni pour ce meurtre. Malgré 300 plaintes déposées par des citoyens britanniques vis-à-vis du comportement de la police lors des manifestations du 1er Avril 2009 – et malgré des centaines d’heures d’enregistrements vidéos et de photos, aucun policier n’a encouru ne serais-ce qu’un blâme pour les exactions et la violence aveugle exercée contre des manifestants pacifiques. Les policiers qui ont illégalement enlevé leurs badges avec leur matricule, qui ont matraqué de simples passants dans la rue puis ont menti sur ce qu’ils ont fait, de manière répétée… tous ces agents de la force publique qui ont commis des actes illégaux restent dans l’impunité, et ni la loi, ni leurs supérieurs ne leur demandent des comptes. La police n’a jamais contacté la famille de Ian Tomlinson, ne serais-ce que pour exprimer des condoléances.

Comparez cet état de fait à celui d’un cas dans le Nottinghamshire, en juin 2009. Un policier a causé deux morts et a immédiatement été mis à pied. Ses supérieurs ont contacté tout de suite la commission indépendante d’investigation (Independent Police Complaints Commission) et mené leur propre enquête. Le commissaire principal a déclaré “nous allons tirer les leçons de cette tragédie afin qu’elle ne puisse plus se reproduire. Cela a causé une immense tristesse et un très grand choc.” La presse a publié des photos montrant des officiers de police entrain de faire le salut militaire devant les bouquets de fleurs que des passants éplorés avaient déposé devant le commissariat de police. Personne n’a rien caché, personne n’a diffamé les victimes, personne n’a trafiqué la scène du crime pour masquer son forfait, personne n’a dit que les victimes étaient alcooliques et violentes ou qu’elles l’avaient bien cherché. L’agent de police responsable a été rapidement mis en examen et, malgré le fait que ces deux morts sont dus à une négligence de sa part et non pas à une attaque violente, il a néanmoins été condamné pour avoir provoqué la mort de ces deux victimes.

Il y a une différence significative entre les deux cas: dans le Nottinghamshire, les victimes étaient des chiens. L’officier de police avait laissé deux chiens policiers dans la voiture et les avait oubliés au soleil, tandis qu’il remplissait des papiers. Si on en juge par la réponse de la police vis à vis de ses deux tragédies, la vie de deux chiens est plus précieuse qu’une vie humaine, du moins dans les yeux de la Police .

La semaine dernière, en Grande-Bretagne, la "Association of Chief Police Officers" (ACPO) a publié un manuel de formation pour ses officiers afin de leur apprendre à réagir de manière appropriée lors de manifestations. On peut s’attendre à voir la police se répandre dans les médias pour nous dire que le tabassage et la violence contre les manifestants, c’est de l’histoire ancienne. Jusqu’à la prochaine bavure qui prouvera que ce ne sont que des mots.

L’an dernier déjà, une semaine avant le G20, le Comité Parlementaire sur les Droits Humain avait publié un rapport très sévère sur la manière dont la police britannique gère les manifestations. Le Comité mettait en garde: "Les pouvoirs exceptionnels accordés à la police dans le cadre de la lutte anti-terroriste ne doivent jamais être utilisés contre des manifestants pacifiques" et que "par principe, une manifestation pacifique et légale doit pouvoir se dérouler sans qu’il y ait intervention de l’autorité de l’Etat." A l’époque la direction de la police avait déclaré avec véhémence qu’ils prenaient les conclusions de ce rapport très au sérieux. Et une semaine plus tard la police de Londres faisait exactement ce que le rapport avait critiqué.

En novembre dernier, l’Inspecteur général de la police (chief inspector of constabulary) avait sévèrement condamné les méthodes employées pour réprimer les manifestations par la police. Il avait rappelé aux policiers que les manifestants ne sont pas des ennemis et qu’ils n’ont pas à être traités comme des insurgés dans une province conquise militairement. Il avait insisté sur le fait que le premier devoir de la police est de faire respecter les Droits humains et donc de faciliter le droit des citoyens à se réunir et de manifester de manière pacifique. Pour l’Inspecteur général, la gestion de manifestations publiques demande, de la part de la force publique, “autre chose que la simple mise en place d’un environnement répressif et une réponse légale virulente.” Six mois plus tard, absolument rien n’a changé..

Début Mars, la justice a relaxé un manifestant accusé d’avoir jeté un bâton en direction des forces de l’ordre lors d’une manifestation devant l’ambassade d’Israël. La police basait son accusation sur une séquence vidéo… et affirmait qu’il n’existait aucune autre séquence permettant de disculper M. Smith, le manifestant. Jake Smith avait pourtant fourni à la Cour des séquences trouvées sur YouTube et qui montraient que ce n’était pas lui qui avait lancé le bâton. Mais la Police refusait de tenir compte de ces séquences, affirmant qu’ils n’avaient aucune autre séquence vidéo prises par leurs caméras et corroborant la défense de Jake Smith. Sous la loi anti-terroriste, M. Smith risquait un an de prison au minimum.

Mais deux jours avant le procès, la police avait été obligée d’avouer qu’elle disposait en fait de SEPT HEURES ET DEMIE de vidéo supplémentaire, filmées lors de la manifestation et que, sur ces vidéos, on voyait clairement qu’un autre homme avait lancé le bâton sur la police avant de s’enfuir. L’unique crime commis par Jake Smith avait été de se rendre à une manifestation et de se faire passer à tabac par la police qui l’avait attrapé au hasard, dans la foule. Il fallait bien lui coller quelque chose sur le dos, histoire de justifier son tabassage. Alors la police avait prétendu qu’il avait lancé le bâton.

Tout comme les victimes civiles en Irak et en Afghanistan sont maquillées en terroristes  — des soldats US ayant encore récemment été vus entrain de placer des armes à côté des corps de civils abattus par erreur ou dans des maisons bombardées sans raison, afin de faire croire qu’il s’agissait d’insurgés — , en Europe des manifestants innocents sont victimes de violences policières et sont systématiquement accusés d’outrage à agent ou de  comportement violent afin de justifier leur arrestation, leur passage à tabac et les empêcher de porter plainte.

L’avocat de Jake Smith a soumis la vidéo présentée par la police anglaise à un expert en vidéo. Celui-ci a clairement démontré que la séquence avait été manipulée, éditée et remontée par la police, pour faire croire à la culpabilité de Jake Smith.

Pour l’ancien juge Peter Lorens,

le "scandale est immense, car c’est la Police de notre pays qui nous ment et qui nous traite comme si nous étions des ennemis. Exactement comme dans l’affaire Tomlinson, la police n’a pas peur de mentir et de trafiquer la vérité, d’envoyer un innocent en prison pendant des années, juste pour ne pas perdre la face et reconnaître qu’ils ses sont trompés de cible."

Et pour Andrea Tallioci, de la Commission indépendante des juristes sur le droits humains en Europe :

En France, des jeunes vivant de manière alternative (NdL&I: Julien Coupat et ses amis) ont passé six mois en prison, uniquement pour satisfaire les fantasmes sécuritaires de Monsieur Alain Bauer et de Madame Alliot-Marie. Quand la justice a souligné à quel point le dossier Coupart/Tarnac est vide, le ministère de l’intérieur a sorti de nouveaux mensonges…

La police et l’Etat détiennent un pouvoir immense par rapport au simple citoyen. Ils ont le droit de nous envoyer dans un endroit très désagréable, de détruire nos vies quotidiennes, de nous espionner… voire de nous abattre si nous faisons mine de résister. Tout cela au nom de la protection de l’ordre public. Ce pouvoir est immense et nous, en face, nous n’avons quasiment rien. Devant un tribunal, un mensonge de la part d’un policer aura toujours plus de poids que la vérité dite par un simple citoyen. La police ne se comporte plus en protecteur des civils, mais en pouvoir autonome qui nous considère, nous les civils, comme des des ennemis potentiels.

Quand la police patrouille dans les rues, quand elle surveille une manifestation ou une simple fête de voisinage, elle est dans le même état d’esprit que les soldats britanniques qui patrouillent en Iraq ou en Afghanistan. Les citoyens sont les "autres", vaguement menaçants, qu’il faut mater s’ils font mine de ne pas respecter notre autorité. Voilà ce qu’est devenue notre démocratie.

[Source: IES News Service - Lettre Hebdo 3 - Mars 2010]


Marie Dominique Culioli et ses fils, Pierre et Jean[Faits et Documents n°286 - Novembre 2009]

Surnommé « le dauphin », Jean Sarközy est le second fils du président de la République. Simple bachelier, il est devenu, en 2008, président du groupe UMP au conseil général des Hauts-de-Seine. Il aurait pris la présidence de l’Epad (l’établissement public de La Défense) si l’opinion publique ne s’y était opposée, l’obligeant à une retraite piteuse. On prête déjà à ce jeune homme très ambitieux de briguer la présidence du conseil général en 2011. Comme l’avait fielleusement déclaré Patrick Devedjian à son égard quand il brigua la présidence de l’Epad : « La valeur n’attend pas le nombre des années. » En témoigne une biographie à paraître prochainement intitulée Le Prince Jean.

« Il a le physique de Richard Gere, le mental de Tom Cruise, la tendresse de Johnny Depp et le côté BC-BG de Hugh Grant. » Jacques Séguéla (Télé-Loisirs, 2008).

« Il est exceptionnel. » Roger Karoutchi (Le Point, 21 février 2008).

« Jean, c’est un diamant brut. » Isabelle Balkany (Le Parisien, 17 février 2008).

« Dévoreur comme papa, pressé comme papa, détesté comme papa, traître comme papa, poignardeur de David Martinon comme papa avait planté Pasqua, puis Chirac… » Le Nouvel observateur (10 avril 2008). (en savoir plus…)


[Emmanuel Ratier - Faits et Documents - n° 280]

Nicolas Sarközy ne connaît pas l’austérité. Le 3 juillet, un Falcon 7X flambant neuf a été livré au ministère de la Défense à l’usage exclusif du président de la République. Véritable Rolls Royce des avions d’affaires, il a été facturé 50 millions d’euros, avec aménagements spécifiques (douche, bureau de travail, protection des télécommunications, etc.). Aucune publicité n’a été donnée à cette livraison, l’Elysée ne voulant pas prêter prise à critique en cette période de crise. Un second Falcon 7X sera livré en 2010.

http://www.faits-et-documents.com


[Mecanopolis - 18/06/2009]

L’attentat, qui avait fait 14 morts dont 11 ingénieurs français en 2002, ne serait pas lié à Al-Qaïda mais commis en représailles au non-versement de commissions de la France au Pakistan dans le cadre de la vente de sous-marins.

L’enquête sur l’attentat de Karachi en 2002 contre des salariés des arsenaux d’Etat DCN s’oriente non plus vers Al-Qaïda, mais vers une “affaire d’Etats” dans laquelle apparaissent les noms d’Edouard Balladur, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.
Selon l’avocat de sept familles de victimes, Me Olivier Morice, qui a rencontré jeudi 18 juin les juges antiterroristes Marc Trévidic et Yves Jannier, “la piste Al-Qaïda est totalement abandonnée. Le mobile de l’attentat apparaît lié à un arrêt des versements de commissions” de la France au Pakistan, dans le cadre de la vente de sous-marins Agosta, précise l’avocat.

Campagne présidentielle d’Edouard Balladur

Les rétro-commissions pourraient avoir participé au financement de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995, par le biais d’une société, Heine, créée avec le feu vert de Nicolas Sarkozy, alors ministre du budget.
”Ces commissions ont été arrêtées à l’arrivée de Jacques Chirac à la présidence de la République en 1995 afin que des rétrocommissions” destinées à financer la campagne d’Edouard Balladur, Premier ministre avant l’arrivée de Jacques Chirac à la présidence, “ne soient pas versées”, affirme Me Olivier Morice.
L’avocat pourrait demander dans les prochaines semaines les auditions d’Edouard Balladur et de Jacques Chirac. “On s’oriente nécessairement vers des actes de grande importance. Des personnalités politiques de premier plan vont être entendues”, a estimé Me Morice.
Selon ce scénario, l’attentat de Karachi aurait été commis en représailles au non-versement des commissions distribuées par l’actuel chef de l’Etat pakistanais, Asif Ali Zardari, alors Premier ministre, a ajouté Magali Drouet, fille d’un salarié de la DCN, défendue par Me Olivier Morice. “Il s’agit d’une affaire d’Etats impliquant la France, le Pakistan et l’Arabie Saoudite, bailleur de fonds du Pakistan”, a-t-elle ajouté. (en savoir plus…)


[Numerama - Guillaume Champeau - 20 Mai 2009]

"Le président de la République actuel a un plan". C’est la première phrase du livre de François Bayrou, Abus de Pouvoir, et l’on peut la vérifier au moins en ce qui concerne le contrôle du net. Depuis la loi DADVSI où il était président de l’UMP et ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy a déployé son plan pour contrôler le net. Il a commencé à l’appliquer avant-même la loi Hadopi, et prévoit de le parachever avec la Loppsi. Dans cet article exceptionnellement long, Numerama tente un décryptage du net selon Sarkozy.

Petit à petit, les pièces du puzzle s’assemblent et l’image se révèle sous nos yeux. Le projet de loi Création et Internet n’a pas encore été promulgué que déjà le morceau suivant s’apprête à faire son apparition. Projet de loi après projet de loi, décret après décret, nomination après nomination, Nicolas Sarkozy prépare méthodiquement les moyens pour le gouvernement de contrôler Internet… et les internautes.

Lundi, Le Monde a publié un excellent article sur la prochaine loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi, ou Lopsi 2), qui montre ce que prévoit le nouveau texte commandé par Nicolas Sarkozy : installation de mouchards électroniques sans vérification de leur légalité par les services de l’Etat, légalisation des chevaux de Troie comme mode d’écoute à distance, création d’un super-fichier "Périclès" regroupant de nombreuses données personnelles (numéros de carte grise, permis de conduire, numéros IMEI des téléphones mobiles, factures…), création d’un délit d’usurpation d’identité, pouvoir de géolocaliser les internautes, …

Sans cesse repoussée, la loi est attendue de pieds fermes par Nicolas Sarkozy. C’est d’ailleurs en partie elle qui a justifié l’obsession du Président à maintenir contre vents et marée la loi Hadopi. Car "le président de la République actuel a un plan". Pour le comprendre, il nous faut accumuler les pièces à conviction. Certaines relèvent très certainement de la paranoïa, d’autres sont véritablement réfléchies par le Président.

Mises bout à bout, elles laissent peu de doute sur la volonté de Nicolas Sarkozy de contrôler le net, aussi bien dans son contenu que dans son infrastructure. (en savoir plus…)


[Entretien réalisé par Thierry Meyssan - Voltaire - 27/05/2009]

Thierry Meyssan : Paul-Éric Blanrue, bonjour. Vous venez de publier Sarkozy, Israël et les juifs [1]. Dans votre préface, vous comparez votre travail pour la France au livre de John Mearsheimer et Stephen Walt, Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine [2]. Pourtant ces deux ouvrages ont une démarche différente : le leur cherche à préciser qui est ce lobby pro-israélien et quelle est son influence à Washington, tandis que le vôtre prend le sujet dans l’autre sens. Vous montrer comment Nicolas Sarkozy est au service d’un lobby que vous vous abstenez de désigner en détail. Pourquoi avoir choisi cet angle ?

Paul-Éric Blanrue : Bonjour, et merci de vos questions. Les deux ouvrages sont différents, en effet, mais leur ambition est au fond la même : montrer que les deux pays, qu’il s’agisse des États-Unis, pour Mearsheimer et Walt, ou de la France, dans mon cas, sont placés sous une forte influence pro-israélienne qui peut, à terme, s’avérer dangereuse pour eux. Seulement, en France, la situation n’est pas tout à fait identique à celle des États-Unis.

Là-bas, l’histoire de la formation du lobby pro-israélien est telle que sa présence est avalisée par une grande partie de l’opinion, au point que ce lobby est même analysé par de grands universitaires… même si tous ne sont pas d’accord sur l’influence qu’il joue : Chomsky dénie ainsi au lobby pro-israélien son pouvoir au motif que l’idéal sioniste est diffusé à parts égales dans tous les partis et dans tous les secteurs de la société ! Outre-Atlantique, en tout cas, l’alliance avec Israël est devenu un phénomène banal depuis l’après-Eisenhower. Le secrétaire d’État est obligatoirement sioniste, par tradition si l’on peut dire.

Chez nous, tout est (ou était !) différent. Je montre qu’il y a peu de temps encore, il n’y avait pas d’unanimité, au sein même des représentants de la communauté juive, sur la façon dont il convenait d’aborder Israël. Tous ne se rangeaient pas sous la bannière de l’État juif comme de bons petits soldats. Il y avait des résistances, y compris au plus haut niveau de leurs organisations. Souvenez-vous de Théo Klein : lorsqu’il était président du CRIF [3], dans les années 1980, il affichait une position assez modérée sur Israël, dont il annonçait qu’il ne voulait pas être considéré comme l’ambassadeur, à telle enseigne que certains de ses successeurs ont pu le désigner comme un « collabo » des Palestiniens !

Mais il y a bien davantage encore : en France, ceux que j’appelle les « réseaux pro-israéliens » se sont heurtés, jusqu’en 2007, à un gros problème : nous vivions jusqu’alors sous un régime « gaullien » (même si j’ai conscience de la rangée de guillemets qu’il faut placer pour employer ce terme si l’on songe aux circonstances de l’arrivée de François Mitterrand à l’Élysée, par exemple…) Il n’empêche : la résistance du pouvoir politique, à commencer par le Quai d’Orsay, aux revendications des réseaux sionistes était une réalité. Roland Dumas ou Hubert Védrine étaient de farouches partisans d’une position équilibrée au Proche et au Moyen-Orient. Que l’on se souvienne aussi qu’en 2003, le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, a refusé de rencontrer Dominique de Villepin, alors chef de la diplomatie française, parce que celui-ci avait fait savoir qu’il allait rendre visite à Yasser Arafat, à Ramallah !

Cette résistance est un souci que les réseaux sionistes ont réussi à surmonter depuis l’accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Seulement, à la différence des pratiques américaines, Sarkozy n’a pas été contraint de devenir « leur » homme, ni leur « valeur-refuge » : il ne s’est mis à leur service que parce qu’il en a décidé ainsi, par volonté et stratégie politiques délibérées.

Après la seconde Intifida, en 2000, il s’est aperçu de la puissance acquise par le lobby pro-israélien américain. Concevant la France comme une Amérique en devenir, il a cherché à s’en faire adouber, important ici les pratiques de là-bas. Il a aussi parié sur la peur du « péril banlieue », qui, pensait-il, pouvait associer dans l’esprit des Français (juifs ou non) les immigrés (musulmans, notamment) à des terroristes en puissance. C’est une des raisons pour laquelle il a invité des policiers israéliens en France à venir expliquer à leurs collègues comment mater les troubles dans les banlieues, comme si celles-ci étaient des « territoires occupés » !

Pour ce faire, dans sa stratégie d’accession au pouvoir, il a employé le vocabulaire et l’idéologie des représentants sionistes, pour lesquels, aujourd’hui, « pro-israélien » et « juif » sont deux synonymes. C’était une manière de galvaniser l’électorat juif, qui est en France l’un des plus importants au monde, ce qui a fait dire à l’UMP Christian Estrosi, que Sarkozy était « le candidat naturel des juifs ». Or, d’un point de vue objectif et historique, je rappelle que le judaïsme est une religion tandis que le sionisme est une idéologie politique. On peut être juif et opposé au sionisme, comme l’ont été et le sont encore de nombreux rabbins ou de nombreuses personnalités d’origine juive (il existe même un site Internet où les sionistes les dénoncent à la vindicte de leur coreligionnaires !), et on peut être sioniste et non-juif, ne songez qu’à Bush ! Bref, toutes ces différences expliquent que je n’ai pas traité le problème dans mon livre comme mes deux collègues américains.

Thierry Meyssan : Vous avez pris soin de vous en tenir à des informations connues, déjà publiées et non contestées ; de ne jamais vous baser sur des scoops qui pourraient être controversés, de sorte que les éléments de votre raisonnement ne soient pas discutables. Simultanément, vous avez pris soin de déminer un à un les mots ou expressions qui provoquent des réactions épidémiques mettant fin au débat. Cette méthode prudente suffit-elle à assurer une réception raisonnable de votre travail ?

Paul-Éric Blanrue : Pour commencer, j’estime qu’un livre doit par principe reposer sur des fondements solides, afin d’être inattaquable. C’est une constante chez moi, voyez ma bibliographie qui comporte une dizaine d’ouvrages. C’est aussi une politesse que je dois à mes lecteurs, qui me lisent parce qu’ils savent que je tiens à leur apporter des informations solides.

Fondateur, et président durant 10 ans, d’une association sceptique qui s’intitule le Cercle zététique (du grec zetein : chercher), j’ai mené de nombreuses enquêtes au cours desquelles j’ai toujours tenté de faire la part des choses entre les faits vérifiables et la rumeur, ou encore les mensonges.

Or j’ai pu constater, au cours de ma carrière, que de nombreux « scoops » non sourcés reposent souvent sur des on-dit et sont en réalité des « bidonnages » destinés à faire un best-seller à peu de frais : aussi, je m’en méfie d’instinct.

Ensuite, je ne cherche pas à déminer pour déminer. Si vous faites allusion, par exemple, au fait que je n’emploie pas l’expression « lobby juif » pour caractériser les modalités d’action des sionistes en France, c’est parce que, comme Mearscheimer et Walt, ou chez nous Pascal Boniface [4], je ne crois pas réellement à l’existence de ce prétendu lobby, qui est, selon moi, soit un abus de langage, soit un terme provocateur. Dans les deux cas, il faut l’éviter.

De plus, et c’est le plus grave pour moi, il associe juifs et sionistes, deux réalités distinctes comme je l’ai déjà précisé. Vous aurez noté également que je ne parle pas non plus de « lobby sioniste », car la réalité française est différente de l’américaine, même si cette différence tend à se réduire jour après jour. Je fais la recension des nombreuses organisations sionistes, j’indique leurs points communs, leurs différences et parfois leurs contradictions : c’est la raison pour laquelle je préfère parler de « réseaux » pro-israéliens ou sionistes, ces deux derniers termes étant équivalents pour moi. Quant à savoir comment sera reçu mon travail, je l’ignore, n’étant pas Élizabeth Teissier [5]… De mon côté, en tout cas, j’aurai fait tout mon possible pour que ce livre puisse être une base de discussion raisonnable entre deux camps que tout oppose. Il faut que la situation se débloque, sinon on va droit dans le mur.

Thierry Meyssan : Vous avez déjà fait preuve de courage en abordant un sujet tabou. Ne craignez-vous pas de vous griller définitivement en répondant à mes questions ?

Paul-Éric Blanrue : Je suis ainsi fait (mon éducation catholique, peut-être) que, depuis toujours, je réponds à qui m’interroge, sans chercher à sonder son cœur ni ses reins. Plus généralement, je me garde bien de juger les gens, à commencer par ceux qui luttent contre un système qui nous écrase. Pour ma part, comme vous le savez, je n’ai jamais été ce qu’on appelle un « complotiste », mais je revendique pour tous le droit à la libre recherche et à la libre publication. Il est possible que mon livre fasse l’objet d’un black-out général, comme l’a été l’un de mes précédents ouvrages, Le Monde contre soi – Anthologie des propos contre les juifs, le sionisme et le judaïsme [6], qui n’a pas bénéficié d’une seule ligne dans les grands journaux parisiens, mais qui, bien étrangement m’a valu d’être invité au salon des écrivains du B’naï Brith ! Il faudra bien que je tente cette fois de surmonter par tous les moyens la stratégie du silence de ceux qui s’opposent à sa diffusion pour de sombres motifs. On ne peut pas vivre sous la dictature de la pensée unique sans réagir, sinon on est bon pour l’esclavage. Il est temps de dépassionner le débat et surtout d’arrêter de diaboliser les contradicteurs !

Thierry Meyssan : Votre éditeur belge, Marco Pietteur, semble surpris par la réaction de réseaux de distribution qui refusent de placer votre livre dans les librairies en France. Pourtant ce mode de censure a commencé lors de la publication de mon livre sur le remodelage du Grande Moyen-Orient, L’Effroyable imposture 2 [7]. À l’époque, plusieurs grands éditeurs ont renoncé à le publier face aux menaces des distributeurs. En définitive, Jean-Paul Bertrand et Antoine Gallimard ont dû ruser pour contourner cet obstacle. À défaut de pouvoir interdire le contenu d’un ouvrage, on en empêche la présence en librairie. Le lobby pro-Israélien est intervenu pour dissuader les grands médias de mentionner l’existence de mon livre que ce soit dans des articles ou en acceptant des publicités payantes. Ce dispositif a-t-il été actionné de la même manière pour censurer votre travail ? Et avez-vous identifié les personnes et les groupes qui l’ont actionné ?

Paul-Éric Blanrue : Pour le moment je ne peux pas dire grand-chose, car je suis dans l’action, c’est-à-dire dans la promotion de mon livre, période peu propice aux enquêtes. Disons que j’ai déjà ma petite idée sur la question, qu’il faudra que je creuse. Le temps de la réflexion viendra et alors, croyez-moi, je dirai ce que je sais.

En attendant, remarquez, je vous prie, une chose étonnante : il y a un an et demi, j’écrivais avec mon ami Chris Laffaille, de Paris-Match, un livre sur le mariage de Nicolas Sarkozy avec Carla Bruni, qui s’intitulait Carla et Nicolas, Chronique d’une liaison dangereuse [8]. Déjà, je rendais compte d’un certain nombre de faits, bien que ce ne fût pas de manière frontale. Or ce livre a été classé dans les best-sellers de L’Express, a fait la une de Technikart et a été l’objet de traductions à l’étranger. À la FNAC des Ternes, pour prendre un magasin que je connais bien lorsque je suis à Paris, il faisait l’objet d’une exposition dans une vitrine entière, face à l’entrée.

Aujourd’hui, pour mon nouveau livre, j’ai dû être édité en Belgique et le diffuseur de mon éditeur Marco Pietteur est tellement effrayé qu’il refuse de le diffuser en France !

Le fait est remarquable et symptomatique de l’état d’esprit qui règne ici depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Les gens sont terrifiés. On peut les comprendre. Je note avec joie que certains commencent à réagir, puisque sur facebook, un groupe s’est créé, comprenant plusieurs centaines de membres, français ou non, qui réclament que mon livre soit vendu dans les librairies françaises. Son intitulé : « Sarkozy, Israël et les juifs : le livre qui fait peur aux diffuseurs ! » C’est assez bien vu. J’engage vos lecteurs à rejoindre ce groupe de francs-tireurs.

La France est-elle tombée si bas qu’on n’ose plus y diffuser un ouvrage qui sera disponible sans problème dans plusieurs pays étrangers, et qui est en voie d’être traduit dans trois langues ?

Thierry Meyssan : Vous livrez une synthèse très complète des liens unissant Nicolas Sarkozy à Israël, y compris les données biographiques et psychologiques. Cela ne vous empêche pas d’aborder ses liens avec les États-Unis. Vous avez alors choisi d’éluder ses liens familiaux avec la CIA et vous avez cité le faux courriel de la DGSE diffusé au sein des services de police l’accusant mensongèrement d’être agent du Mossad. Votre sujet d’étude ne déforme-t-il pas la réalité en se focalisant sur la subordination de Nicolas Sarkozy à l’agenda israélien et en laissant dans l’ombre les liens peut-être beaucoup plus forts encore qui le lient aux États-Unis ?

Paul-Éric Blanrue : Mon chapitre 3 s’intitule (je parle de Nicolas Sarkozy) « L’homme des réseaux américains »… Je pense donc avoir noté toute l’importance que revêtent pour lui les États-Unis. Ceci dit, vous avez raison, j’y traite essentiellement de son adoubement par le lobby pro-israélien américain, comme le American Jewish Commitee (AJC). Mais c’est le sujet de mon livre qui le veut. Un autre ouvrage serait à consacrer aux liens noués entre le président français et les États-Unis. Mais pour ma part, je voulais montrer en quoi la politique étrangère française avait changé vis-à-vis d’Israël.

Sur ce point, les États-Unis, comme la France de Sarkozy, se rangent de manière quasi inconditionnelle du côté israélien, malgré des réserves de circonstance destinées à ne pas chagriner l’opinion, soucieuse du sort des Palestiniens. Or Nicolas Sarkozy est passé par les États-Unis pour aller vers Israël, et non l’inverse. On voit bien qu’aujourd’hui, alors qu’il a perdu une partie de sa crédibilité auprès d’Obama, il est toujours autant pro-israélien que durant sa campagne électorale.

Lorsque, le 24 janvier 2009, la France a envoyé la frégate Germinal lutter contre les livraisons d’armes à la résistance palestinienne, à ma connaissance, les États-Unis n’ont pas joué de rôle direct : cette opération a été réalisée entre Israël, l’Égypte et la France.

Par ailleurs, Sarkozy n’a pas besoin des États-Unis pour se déclarer « partisan inconditionnel de la sécurité d’Israël », même s’il est évident que ce rapprochement participe d’une « atlantisation » plus générale (envoi de troupes en Afghanistan, retour dans l’OTAN, etc.). Pour résumer, mon livre n’est en effet qu’un chapitre d’une plus grande histoire à écrire, mais je crois qu’il se situe en plein cœur du problème : nous sommes face à un renversement total des principes sur lesquels notre République est assise. C’est pourquoi il m’a semblé urgent de l’écrire. Avant qu’il ne soit trop tard pour faire machine arrière.

Thierry Meyssan : Votre livre nous remémore quantité d’événements oubliés —une information en chassant une autre dans les journaux—. Malgré l’abondance de votre documentation, votre narration est toujours agréable à lire. Mais, cette qualité littéraire n’empêche-t-elle pas de hiérarchiser les choses. Par exemple, vous évoquez en passant un lien amical avec la banque Rothschild, mais rien sur l’activité d’avocat d’affaire de Nicolas Sarkozy, ni sur François Pérol, un associé-gérant de Rothschild devenu secrétaire général adjoint de l’Élysée puis président de Natixis dans des conditions douteuses. Comment avez-vous sélectionné les événements que vous relatez ?

Paul-Éric Blanrue : Merci, tout d’abord, du compliment. Mais hélas, on ne peut pas tout dire, surtout dans un ouvrage que je destine au grand public et que j’ai par conséquent voulu « lisible » alors que la question est complexe. Notez tout de même que pour 200 pages de texte, j’ai disposé un appareil critique de quelque 500 notes infrapaginales, ce qui n’est pas courant dans l’édition française actuelle.

Vous avez raison, bien sûr, de dire que les informations sont oubliées par l’opinion, et que l’accumulation de celles-ci dans les journaux, loin d’alimenter les cerveaux de nos contemporains, contribue à tasser les données dans les couches sédimentaires inférieures. Mieux encore : l’abondance d’informations (avec la prime données aux faits divers) fait oublier le sens général de l’histoire qui se déroule devant nous. J’ai donc voulu procéder à un « rafraichissement de la mémoire » de l’opinion publique, tout en organisant mon plan de manière à donner un sens à l’actualité la plus brûlante. Mon point de départ est Sarkozy, l’homme par qui la fracture arrive. Je tente ensuite d’expliquer pourquoi il en est arrivé là et pourquoi la France est dans une impasse dont il faudra bien un jour qu’elle s’extraie.

Thierry Meyssan :
Dans votre dernier chapitre, vous élargissez votre sujet aux milieux culturels. Mais une trentaine de pages, c’est à la fois beaucoup pour éveiller la curiosité et trop peu pour donner une vue d’ensemble du phénomène. Pour faire vite, vous êtes obligé de traiter rapidement certaines personnalités, comme Tariq Ramadan, parce que cela nécessiterait des développements contextuels. Comme vous laissez vous lecteurs sur leur faim, avez vous l’intention d’approfondir cette question dans un autre volume ?

Paul-Éric Blanrue : J’évoque le cas de Tariq Ramadan, lors de sa confrontation télévisée avec Nicolas Sarkozy, afin de montrer comment ce dernier a intégré dans son discours la rhétorique sioniste actuelle, ce dogme bourré de dynamite qui veut que « juif = pro-israélien ». Pour le reste, je me consacre à l’essentiel : la description des réseaux sionistes français et la façon dont l’actuelle présidence répond à leurs attentes, voire les devance. Je passe en revue des cas connus et moins connus : quel est le parcours du patron de la LICRA ? Qui sont les principaux « poissons-pilotes » d’Israël en France ? Quelles associations intentent systématiquement des procès aux chercheurs indépendants qui critiquent Israël ? En quoi la loi Gayssot est-elle la clé de voûte de la dictature de la pensée unique actuelle ? Pour répondre précisément à votre question : oui, je prépare actuellement, non pas un, mais deux autres livres, qui approfondiront de manière notable ce que j’ai dit dans celui-ci. Je pense qu’ils surprendront vos lecteurs. Ce n’est qu’un début !

Thierry Meyssan : Terminons par une question plus personnelle. Au cours de cet entretien, vous avez répondu à mes questions en évoquant avec fierté votre travail antérieur. Vos premiers livres traitaient de l’histoire de la famille de France et étaient publiés par des éditeurs traditionalistes. Puis, vous vous êtes passionné pour l’étude des superstitions et vous avez créé le Cercle zététique. Enfin, vous vous êtes tourné vers des sujets d’actualité, Carla Bruni et Jérôme Kerviel. Quelle était votre démarche personnelle au long de ce parcours ? Qu’est ce qui vous motive aujourd’hui ?

Paul-Éric Blanrue : Ce qui m’intéresse, en premier lieu, c’est de pouvoir publier le résultat de mes recherches. Pour moi, tout éditeur, du moment qu’il est légal, qu’il fait correctement son travail de promotion et qu’il rémunère convenablement ses auteurs, est respectable. Comme je suis un homme nuancé et ouvert, ses idées politiques ou philosophiques ne m’intéressent pas, du moment qu’il me permet de publier ce que j’entends, sans me censurer. Vous connaissez l’adage : « publish or perish »… Un auteur n’existe qu’à travers son travail publié, lu, assimilé et commenté par d’autres.

L’éditeur « tradi » auquel vous faites allusion m’a ainsi permis, il y a bien longtemps, d’éditer mes découvertes étonnantes sur le comte de Chambord (fruit d’un mémoire universitaire en histoire), ce que d’autres maisons plus classiques avaient refusé de faire pour des motifs idéologiques. Il a en revanche été incapable, à son tour pour des raisons idéologiques, de publier mes conclusions sur l’histoire du suaire de Turin, qui m’a donc été édité, d’abord, par une maison communiste en coédition avec des cathos de gauche, puis, dans une autre version, par une maison du groupe Flammarion, Pygmalion.

Mon livre d’anthologie sur les propos contre les juifs a été publié, lui, par un éditeur connu pour ses collections érotiques…

Mon opus sur Kerviel est paru dans une maison spécialisée dans le rock, ce qui ne m’a pas empêché d’annoncer le crise financière de septembre 2008 six mois avant les « experts » du Monde ! Bref, toute ma vie éditoriale est ainsi faite ! Je trouve tout cela amusant. On a tendance à me ranger dans la catégorie des « inclassables », à quoi je dis préférer le terme « d’irrécupérable », qui ne permet, précisément, aucune sorte de « rangement ». Bref, mes maisons d’édition varient en fonction de leur capacité à publier mes livres, c’est-à-dire en fonction de leurs propres normes idéologiques, et non des miennes. Maintenant, vous voyez, je suis contraint d’aller faire éditer en Belgique un livre qui traite de la politique française… Je suis le « Juif errant » de l’édition ! Ce n’est pas par hasard si je passe une partie de ma vie à Venise, la ville du premier ghetto, qui est aussi la cité des labyrinthes, des masques, des reflets et des miroirs cachés.

Quant à mes sujets de prédilection, malgré une évolution de surface, ils ont tous un point commun : la traque des mystifications, des mensonges, des erreurs de tous ordres, abondamment diffusées dans le grand public. La véritable histoire est toujours à chercher sous le vernis de la propagande, je ne vous apprends rien. Je ne cesse donc de m’intéresser aux impostures, quelles qu’elles soient, historiques, scientifiques, politiques, idéologiques, religieuses.

Pourquoi ? Parce nous vivons dedans ! Nous naissons et mourons entourés de vessies que nous ne cessons de prendre pour des lanternes.

Certaines impostures sont innocentes, d’autres moins, parce qu’elles orientent nos vies et celles de nos contemporains. Avec le temps, je me suis concentré sur les affaires qui me paraissent les plus graves.

Tout au long de mon existence, j’ai tenté de situer ma démarche dans les pas des Lumières : Voltaire, Diderot, d’Holbach (et le grand Casanova ! ) ont été capables d’écrire sur tous les sujets, petits ou grands, religieux ou mondains, avec le même esprit critique. Voilà ce ce que je tente, contre vents et marées, de faire à ma façon. Il est difficile de vous cacher que j’espère que les conséquences de mes livres seront comparables à celles qu’ont suscité les oeuvres des grands esprits dont je me réclame. Chaque auteur est un peu « mégalo », n’est-ce pas ? Mais s’il ne croit pas à son pouvoir de transformer les mentalités, qui le croira ?

C’est en tout cas la raison pour laquelle le dernier chapitre de « Sarkozy, Israël et les juifs » s’intitule : « Pour une nouvelle nuit du 4 août », en référence à l’abolition des priviléges de la noblesse par la noblesse, en 1789. Comme Max Gallo, Dominique de Villepin ou François Bayrou, je pense que nous sommes dans une situation pré-révolutionnaire. La France va bientôt trembler. Mon livre est préventif : ceux qu’il critique sont aussi ceux qui devraient s’en inspirer. À moins qu’ils ne soient prêts à affronter un nouveau 1793 ? Mais autant l’éviter, n’est-ce pas ?

Thierry Meyssan
Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban).

http://www.voltairenet.org/article160311.html

[1] Sarkozy, Israël et les juifs, éditions Marco Pietteur, collection « Oser dire » (mai 2009), 205 pp.

[2] Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, par John Mearsheimer et Stephen Walt, La Découverte, 2007, 500 pp.

[3] CRIF : Conseil représentatif des institutions juives de France.

[4] Voir Est-il permis de critiquer Israël ?, par Pascal Boniface, éd. Robert Laffont (2003), 239 pp.

[5] Élizabeth Teissier est une célèbre astrologue française qui fut proche de François Mitterrand.

[6] Le Monde contre soi – Anthologie des propos contre les juifs, le sionisme et le judaïsme, par Paul-Éric Blanrue, préface de Yann Moix, Éditons Blanche, 2007, 318 pp.

[7] L’Effroyable imposture 2, par Thierry Meyssan, éd Alphée-Jean-Paul Bertrand (2007), 400 pp.

[8] Carla et Nicolas, Chronique d’une liaison dangereuse, par Paul-Éric Blanrue et Chris Lafaille, Éditions Scali, 2008, 155 pp.


Plenel qui se souvient de jeunesse gauchiste ! Ca ne manque pas de sel, pour quelqu’un qui a défendu le marché capitaliste de toutes ses forces ces 20 dernières années :-) Et c’est amusant de le voir recevoir la monnaie de sa pièce sous forme de harcèlement judiciaire : quand c’était Denis Robert qui se faisait écraser par le rouleau compresseur de la justice partisante, aux ordres des lobbies, Edwy Plenel n’a pas bougé le petit doigt, au contraire, il a enfoncé Denis Robert….

Mais bon, cela n’excuse en rien les manoeuvres du clan Sarko et ses courtisans pour museler toute critique…

[Julien Gester - Les Inrockuptibles - 07/05/2009]

Edwy Plenel : "Nous ferons le procès du capitalisme financier"

Attaqué en diffamation de toutes parts pour la révélation de mécanismes qui ont accouché de la crise financière, Mediapart accuse l’Elysée d’"acharnement" et "de menaces sur le pluralisme de la presse". Edwy Plenel, son créateur, décrypte pour nous les enjeux de l’affaire, défend sa position et esquisse un horizon pour la presse indépendante en ligne.

Mediapart, et donc vous indirectement, faîtes l’objet de onze plaintes. Pouvez-vous revenir sur ce qui vous a menés à cette situation ?

Lorsque nous avons créé Mediapart, nous avons voulu que ce soit un lieu indépendant qui enquête au cœur de l’opacité la plus grave, la plus lourde pour nos sociétés. Qui n’est pas forcément l’opacité étatique, les secrets d’Etat, mais plutôt celle du monde de la finance, du monde économique. C’était début 2008.

Notre première enquête, symbolique de tout cela, a été une vaste investigation sous la plume de Laurent Mauduit, autour des caisses d’épargne. Tout ce que cette enquête a révélé a été confirmé par la suite et montre les mécanismes qui ont été au cœur de la crise financière qui s’est développée depuis. L’enrichissement indu des dirigeants, la fuite dans la spéculation financière, la bulle immobilière… Les mirages de toute cette époque.

Nous avions donné l’alerte grâce à cette enquête, qui montrait comment à partir d’un établissement lié à l’épargne populaire, qui devrait normalement profiter au logement social, on en est passé à confier cet argent à des dirigeants oubliant leur mission, s’enrichissant de manière excessive, et finalement courant à la catastrophe.

Tout ce qui s’est passé depuis était annoncé dans nos articles : le trou des caisses d’épargne, la faillite de Natixis, le départ des dirigeants sous la contrainte des autres représentants des caisses régionales d’épargne, et finalement, l’ultime épisode : la prise en main de cet établissement qui devient le deuxième établissement bancaire français, Banque Populaire-Caisse d’épargne, par l’Elysée directement, avec Nicolas Sarkozy qui impose son homme c’est-à-dire le secrétaire général adjoint de l’Elysée. Et cela a été notre dernière révélation, montrant que ce haut fonctionnaire (et nous n’avons rien contre lui personnellement) s’est occupé au Ministère des Finances de ce dossier, s’en est occupé ensuite comme banquier privé chez Rothschild, et s’en est à nouveau occupé au nom de l’Etat.

Et c’est une règle déontologique élémentaire de la fonction publique, il ne peut pas être juge et parti et ne pouvait pas se retrouver ensuite à la tête de cette banque.

Tout cela a alimenté le débat public et été repris par les parlementaires de l’opposition, le centre compris. Et échange de quoi, au lieu d’avoir des interlocuteurs qui répondent à nos questions, qui suscitent des débats contradictoires, qui proposent même des droits de réponse qui rectifient s’ils pensent que nous sommes excessifs dans nos commentaires, nous avons reçu une cascade de plaintes, qui visent à nous écraser.

Comment cela ?

Lorsque l’on fait une plainte, c’est à la loyale, mais lorsque l’on en fait onze ! Cela vise tout ce que nous avons écrit – car c’est une enquête très longue, composée d’une dizaine d’articles. Et cela, alors que les faits sont établis. (en savoir plus…)


Albanel jurait hier, sur France Info, que ce n’était pas elle… et c’est plausible. Sarkozy a tellement réussi à terroriser les rédactions — avec ses oukazes et ses amitiés bien placées parmi les patrons de presse — qu’on y fait de l’épuration préventive. Mieux vaut virer quelqu’un qui pourrait déplaire au Chateau que de risquer une remontrance (voire pire) de la part des chiens de garde de l’Elysée.

En seulement deux ans, on s’est retrouvé au 18è siècle, au temps de Versailles et des courtisans.

On sait comment cela a fini…

[Isabelle Roberts, Raphaël Garrigos - Libération - 07/05/2009]

Un cadre de TF1 hostile à la loi Hadopi a écrit à sa députée, Françoise de Panafieu. Qui a fait suivre à la ministre de la Culture. Qui a transmis à la chaîne. Qui l’a licencié.

C’est le premier martyr d’Hadopi. Cet homme de 31 ans, Jérôme Bourreau-Guggenheim, respon­sable du pôle innovation web de TF1, a été, selon nos informations, licencié pour avoir critiqué le projet de loi Création et Internet (Hadopi). Allons bon. Mais il y a mieux : si Jérôme Bourreau a été viré par la Une, c’est suite à une dénonciation du… ministère de la Culture dont l’hôte, Christine Albanel, est l’artisan de la fameuse loi qui doit réprimer le téléchargement illégal. Et la chaîne qui a abouti au licenciement ne serait pas complète sans mentionner la députée UMP de Paris Françoise de Panafieu  : c’est auprès d’elle que Jérôme Bourreau s’est ouvert de ses critiques envers Hadopi. Critiques transmises au ministère de la Culture qui les a transmises à TF1. Résultat : à la porte.

L’histoire commence le 19 février. Ce jour là, Jérôme Bourreau, qui habite le XVIIe arrondissement de Paris, décide d’écrire à sa députée, Françoise de Panafieu. Le sujet : Hadopi. « Je suivais ça avec beaucoup d’attention, raconte Jérôme Bourreau à Libération, j’avais beaucoup lu sur la question, c’est un sujet qui me touche, d’abord parce que c’est mon métier, et puis parce que je suis passionné par le Web. » Le nouveau et rutilant site de TF1, c’est lui. Pourquoi Panafieu ? « Mes parents m’ont toujours appris que quand on n’est pas d’accord, plutôt que de critiquer, il faut agir. » Alors il écrit, par mail, à Françoise de Panafieu, tout le mal qu’il pense de Hadopi. Ce mail, il l’envoie de son adresse personnelle, chez Gmail. D’abord, il se présente : études à Dauphine (où, badine-t-il, il a rencontré le neveu de Panafieu), « diverses responsabilités dans le secteur des nouveaux médias » et aujourd’hui « responsable du pôle innovation web » de TF1. Puis il déroule en termes mesurés son argumentaire anti-Hadopi. Qu’il conclut ainsi : « Madame la députée, je compte sur ­votre clairvoyance pour porter ma voix. »

Mais sa voix va porter beaucoup plus loin. Le 4 mars, il est convoqué par Arnaud Bosom, président de eTF1 qui s’occupe des activités numériques de la Une. « Et là, raconte Jérôme Bourreau, il me lit le mail mot à mot  ! Et me dit qu’il ne peut pas laisser passer ça, que je n’ai pas le droit d’avoir cette opinion. Mais moi, je ne me suis pas écrasé, mon opinion est libre, et surtout je l’avais exprimée à titre privé dans une correspondance privée  ! » Comment le mail envoyé à Panafieu atterrit-il sur le bureau de Bosom ? Il lui explique que c’est le ministère de la Culture qui l’a transmis. A Jean-Michel Counillon, directeur juridique de TF1, même si aujourd’hui, officiellement, la Une dit n’en rien savoir. En avril, Bourreau est ­convoqué à un entretien préalable à une sanction pouvant aller jusqu’au licenciement. Et c’est jusqu’au licenciement que TF1 va.

Le 16 avril, Jérôme Bourreau reçoit sa lettre de « licenciement pour divergence forte avec la stratégie » de TF1. Etonnante lettre, dont Libération a eu copie  : le groupe y reproche à son salarié son mail à Panafieu « par lequel [il] fais[ait] valoir, en tant que salarié du groupe, [son] hostilité au projet de loi Création et Internet ». Et TF1 l’écrit noir sur blanc  : « Cette correspondance nous est parvenue via le cabinet du ministre de la Culture qui l’a adressée le jour même à la société TF1. »

Mais le meilleur est à venir : « Nous considérons cette prise de position comme un acte d’opposition à la stratégie du groupe TF1 [pour qui] l’adoption de ce projet de loi est un enjeu fort », écrit la DRH. Avant de reprocher à Bourreau d’avoir « mis [le] groupe en difficulté, [sa] position faisant apparaître le défaut d’alignement d’un responsable “web” avec la position officielle défendue par la direction. » On résume  : en plus de la délation, on apprend que Hadopi est un enjeu fort de la stratégie de TF1, qui défend officiellement la loi. Ce qui laisse songeur quand on voit, sur le sujet, le manque d’objectivité des JT de la Une. Interrogé par Libération, un porte-parole de TF1 tente de se rattraper aux branches et évoque des « prises de position anti-Hadopi publiques de Jérôme Bourreau à l’intérieur de l’entreprise ». Ce qui n’est pourtant pas mentionné dans la lettre de licenciement.

Jérôme Bourreau lui est « dégoûté » : « La stratégie de TF1, ironise t-il, c’est de gagner de l’argent, pas de soutenir une loi. » Son avocat, Me Emmanuel Noirot, est en train de saisir les prud’hommes : « Pour licenciement injustifié dans la mesure où l’opinion de mon client est une opinion privée politique mais aussi technique sur Hadopi et que, selon le code du travail, un employé ne peut pas être discriminé en fonction de ses opinion politiques. » Me Noirot saisit également la Halde : « C’est une discrimination, un délit d’opinion, c’est purement scandaleux », assène-t-il.

Chez Françoise de Panafieu, où l’on se souvient du mail, on « tombe du platane » : « J’ai trouvé le mail intéressant, explique Marie-Christine Méchet, son attachée parlementaire, je l’ai transféré au cabinet du ministère pour obtenir un argumentaire. » Méchet, à qui Libération a appris le licenciement de Jérôme Bourreau, se dit « hallucinée : c’est extrêmement grave ». Au ministère de la ­Culture, on ne cache pas son embarras : « Nous sommes extrêmement surpris. » Et si on se souvient du mail, on ne sait pas comment il a atterri à TF1. Evidemment  : quand apparaissent au grand jour les liaisons dangereuses entre le ministère de la Culture de Nicolas Sarkozy et la chaîne privée détenue par son meilleur ami Martin Bouygues, ça fait désordre.

http://www.ecrans.fr/Denonce-par-Albanel-vire-par-TF1,7137.html?xtor=EPR-450206



Le jeu est biaisé au seul profit des Américains. Lesquels tirent avantage de leur puissance, mais aussi de l’absence de doctrine claire de l’OTAN pour imposer leur vision du monde à leurs alliés. Les périmètres et les objectifs de l’Alliance sont si confus qu’ils autorisent tout et n’importe quoi. En fidèle agent de la CIA, Sarkozy réussit là son premier coup commandité par ses maîtres à Washington.

Retour dans l’Otan : tropisme atlantiste et choc des civilisations

[ARTICLE XI - Autour du contre-sommet de l’Otan / 2 - 02/04/2009]

Notre président a beau jurer le contraire, se perdre en dénégations virulentes, l’affaire est entendue : la politique étrangère française ne saurait être guidée par d’autres impératifs que la défense contre le "danger islamique". Un alignement stratégique aux forts relents de "guerre des civilisations" et qui promet de belles croisades en compagnie des autres alliés de la famille occidentale. L’axe du bien peut compter sur nous…

Il s’en défend : "Certains me disent (…) que la France s’engagerait dans une ’guerre des civilisations’, rien que cela, contre les Musulmans. (…) Mensonges ! Mensonges ! Contre- vérités ! On n’informe pas une grande nation démocratique par des mensonges." Et encore, toujours lors de ce colloque de la Fondation pour la recherche stratégique du 11 mars dernier : "Quant à l’Alliance atlantique, elle ne fait pas la ’guerre des civilisations’", promet Nicolas Sarkozy, assurant du même élan que "c’est l’OTAN qui défend le peuple afghan contre le retour des Talibans et d’Al Qaïda".

"Mensonges" ? "Contre-vérités" ? Le président pourra multiplier les dénégations indignées, il ne saurait convaincre. Tant il n’est au fond qu’une réelle motivation à la réintégration de la France au sein du commandement militaire intégré de l’Otan : la peur des enturbannés, la chocotte des basanés, la crainte des musulmans… bref, la conviction que face au "danger islamique", il convient de nous rapprocher au maximum de nos alliés naturels : les occidentaux.

Cette bonne vieille famille occidentale

C’est classique : Nicolas Sarkozy n’hésite pas à se contredire. Tenez : il s’attaque, lors de ce discours, à ces menteurs prétendant que sa vision du monde est fortement influencée par la simpliste théorie du "choc des civilisations". Puis donne des cartouches à ces mêmes persifleurs en affirmant : "La France sait, aussi, qui sont ses alliés et qui sont ses amis : et je n’ai pas peur de dire que nos alliés et nos amis, c’est d’abord la famille occidentale." Comprendre : nous serons toujours plus proches d’une Amérique qui mène des guerres indignes en Irak et en Afghanistan ou d’un État d’Israël qui pilonne sans relâche une population terrifiée que de n’importe quel pays musulman, fût-il en paix et amical. Que voulez-vous ? C’est "la famille"…

Je sais : il n’y a là rien de neuf sous le soleil. C’est même devenu tristement banal. En août 2007, Sarkozy s’exprimait devant les ambassadeurs français, énonçant les grands axes de sa politique étrangère à venir : il expliquait notamment, bête plagiat des thèses des néo-conservateurs américains, que la menace essentielle pesant sur le monde est celle d’une "confrontation entre l’Islam et l’Occident". Une conception largement partagée par les membres de son gouvernement, qu’il s’agisse d’un François Fillon affirmant que le conflit israélo-arabe relève de "l’opposition entre le monde musulman et une grande partie du reste de la planète." Ou de ce brave Bernard Kouchner déclarant en août 2007 à propos de l’Iran, droit debout sur le pointe de ses souliers vernis : "Mais Monsieur, c’est la guerre !" Ou encore de ce grand benêt d’Hervé Morin laissant entendre que c’est en prévision du conflit contre l’Iran que la France se devait de retrouver pleine et entière place dans l’OTAN. (en savoir plus…)


Ca date de l’an dernier, mais cela n’enlève rien à l’intérêt de ce qui est dit… Et cela permet de constater encore une fois que – dans le système pavlovien qu’est la presse française – les médias répètent tout et n’importe quoi sur Meyssan sans même prendre la peine d’aller vérifier… en ce sens, ils n’ont pas évolué depuis les Intellectuels Staliniens des années 30.

[ReOpen 911 - 17/08/2008]

La parole de M. Thierry Meyssan est rare, non qu’il refuse systématiquement les interviews… Mais simplement les médias français ne donnent jamais la parole à cet analyste politique aux propos pourtant toujours mesurés, malgré ses convictions personnelles très marquées en faveur des droits humains et contre les menées géopolitiques de l’Empire états-unien. La réflexion affûtée et pertinente de cet intellectuel français semble extraordinairement atypique dans le brouhaha de la propagande ambiante.

ReOpen911 est fière de mettre en ligne une longue interview de « celui par qui le scandale du 11-Septembre est arrivé » (à son insu). Mais les questions des membres de l’association pour la réouverture de l’enquête sur les attentats terroristes aux Etats-Unis n’abordent pas ce seul sujet : nos membres, citoyens curieux et ouverts, s’intéressent à tous les sujets d’actualité et M. Meyssan répond en toute franchise et indépendance d’esprit à leurs questions. Une interview passionnante, très loin des fantasmes de certains pour qui les relations entre ReOpen911 et Meyssan seraient celles des adeptes d’une secte face à leur gourou !

Retour en arrière sur la « polémique », les accusations d’antisémitisme à son égard (dont on a vu que la récente « affaire Siné » avait peut-être marqué l’essoufflement de cette scandaleuse stratégie de bâillonnement de toute critique de la politique d’Israël), le travail mené avec le Réseau Voltaire qu’il continue à présider depuis sa fondation, les menaces pesant sur sa vie, les dérives liberticides et les atteintes aux droits de l’homme, la politique des États-Unis envers l’Union européenne, et leurs relations avec le nouveau pouvoir en France, les intérêts d’al-Qaïda et même les récents événements en Géorgie : discussion à bâtons rompus au cours de laquelle M. Meyssan n’a jamais recours à la langue de bois.


ReOpen911 : Suite à la parution de L’Effroyable Imposture, « on » (Gérard Miller, Pascal Bruckner, Pierre Marcelle, Alain Finkelkraut, Caroline Fourest, liste non exhaustive…) vous a souvent présenté comme un « révisionniste », vous comparant même à M. Faurisson ; outre que cela permet à moindres frais d’éviter de répondre aux questions et aux points pertinents que soulèvent vos analyses, cela a ancré, par amalgame, dans les esprits d’un grand nombre de nos concitoyens l’idée fausse que vous seriez antisémite.
1

Vous avez pendant longtemps préféré ne pas vous expliquer sur des injures aussi odieuses qu’infondées et autres calomnies (quiconque peut le constater par soi-même en lisant vos livres ou en consultant le site du Réseau Voltaire de fond en comble : il n’y a pas le moindre propos antisémite1, évidemment). Cependant, ne pas y répondre, c’est aussi laisser le champ libre à vos détracteurs ; baisser la garde, n’est-ce pas faire le jeu de ces « salauds », pour reprendre l’élégante formule que M. Fabrice Nicolino (Politis du 11 avril 2002) avait eu à votre égard ?

Thierry Meyssan : Mes détracteurs jouent sur les mots. Comme l’a noté Pierre Vidal-Naquet, le terme "révisionniste" s’applique à tout historien qui fait son travail, celui de réviser les préjugés. Aussi refusa-t-il d’utiliser ce mot pour qualifier ceux qui nient le massacre des juifs d’Europe et lui préféra-t-il celui de "négationnistes". Cependant mes détracteurs créent une confusion dans l’esprit du public en me traitant de "révisionniste" et en faisant allusion simultanément au professeur Faurisson, condamné maintes fois pour antisémitisme. Ainsi, sans l’avoir dit, ils suggèrent que je suis antisémite.

Je suis humaniste et j’ai lutté —bien plus que ceux qui m’insultent— contre toutes les formes de racisme, y compris l’antisémitisme. En qualité de président du Projet Ornicar, j’ai même reçu les félicitations du Mémorial Yad Vashem, la plus haute autorité morale en la matière. En qualité de président du Réseau Voltaire, j’ai animé le Comité national de vigilance contre l’extrême droite, qui a réuni chaque semaine pendant plusieurs années les 45 plus importantes organisations de gauche (partis politiques, syndicats, associations, loges maçonniques).

Lors de la campagne médiatique organisée contre moi, en 2002, j’ai porté plainte pour diffamation contre une douzaine de journaux qui avaient suggéré que j’étais antisémite. J’étais défendu par Me Bernard Jouanneau, qui est précisément l’avocat à l’origine de la jurisprudence contre les "négationnistes". Globalement, pour des propos quasi-identiques, j’ai gagné les procès à Versailles et perdu ceux à Paris. La Cour d’appel de Paris a reconnu que j’avais été diffamé, mais a considéré que je l’avais bien cherché et qu’il n’y avait pas matière à appliquer la loi et à condamner mes adversaires.

Un pas a été franchi par Pierre Rigoulot. Le co-auteur du Livre noir du communisme a écrit dans son livre sur l’Antiaméricanisme que je niais qu’il y ait eu un attentat contre le Pentagone. Et il m’a attribué entre guillemets une citation antisémite avec référence en bas de page. Il a été condamné pour cela. Depuis, personne ne s’est avisé d’inventer d’autres citations de ce type. (en savoir plus…)


E & R est le site d’Alain Soral… caveat emptor. Mais c’est sympa d’avoir – par ce biais – des nouvelles de Thierry et de constater qu’il n’a rien perdu de sa lucidité analytique.

[Egalité et Réconciliation - 5/04/2009]

Thierry Meyssan, on ne vous voit plus en France, que devenez-vous ?

Je vis actuellement au Liban. Après l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, j’ai été directement menacé par de hauts fonctionnaires français. Des amis au ministère de la Défense, m’ont informé que les États-Unis me considèrent comme un danger pour leur sécurité nationale. Dans le cadre de l’OTAN, ils ont demandé aux services alliés de me neutraliser et certains Français semblaient vouloir faire du zèle. J’ai donc pris la décision non seulement de quitter la France, mais la zone OTAN. Après avoir erré de Caracas à Damas en passant par Moscou, je me suis fixé à Beyrouth où je me suis placé au service de la Résistance.

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

Je travaille actuellement à un livre d’analyse sur l’administration Obama, ses origines, sa composition, ses projets etc. Une première édition, limitée à quelques exemplaires, sera adressée à des quelques leaders le mois prochain. Puis une édition grand public sera publiée dans diverses langues à l’automne. Je vis exclusivement de ma plume et je collabore à des journaux ou magazines dans le domaine de la politique internationale, au Proche-Orient et en Russie.

Quelle analyse faite vous de l’évolution de la politique américaine ?

Aujourd’hui se dégage un relatif consensus sur le constat d’échec de la politique Bush, le surdéploiement militaire, les conséquences néfastes de l’unilatéralisme sur les relations avec les alliés et la perte de leadership. A partir de 2006, James Baker et Lee Hamilton, qui présidaient une commission créée par le Congrès pour évaluer la stratégie en Irak, ont milité en faveur d’un retour à une position plus sage. Ils ont préconisé un retrait d’Irak et un prudent rapprochement avec les pays riverains (Syrie, Iran) indispensable pour éviter que le départ des GI’s ne tourne à la débâcle, comme au Vietnam. Ils ont fait tomber la tête de Donald Rumsfeld, et ont imposé un membre de leur commission, Robert Gates, pour lui succéder. Mais s’ils ont gelé la politique de « remodelage du Grand Moyen-Orient », ils ne sont pas parvenus à y faire renoncer George Bush et Dick Cheney; raison pour laquelle il a fallu organiser une rupture avec Barack Obama.

En réalité Obama avait été lancé dans la course au Sénat fédéral et à la présidence dès 2004. Il a fait son entrée en scène lors de la convention démocrate pour l’investiture de John Kerry. Il n’était alors qu’un obscur parlementaire de l’Assemblée de l’Illinois, mais il était déjà encadré et entrainé par Abner Mikva et ses hommes (Jews for Obama) et soutenu par la finance anglo-saxonne (Goldman Sachs, JP Morgan, Excelon…). Les multinationales inquiètes de perdre des parts de marché au fur et à mesure de la montée de l’anti-impérialisme (Business for Diplomatic Action), les partisans de la Commission Baker-Hamilton, les généraux en révolte contre les aventures erratiques des néo-conservateurs, et d’autres encore, se sont progressivement ralliés à lui. (en savoir plus…)


Une petite piqure de rappel grand public, ça ne fait pas de mal… Merci à l’équipe de Linux Manua pour ce travail de vulgarisation indispensable !

[Linux Manua - 17/03/2009]
En ces temps obscurs de surveillance généralisée et de répression, être anonyme sur le Net devient essentiel – Alors voilà la méthode pour avoir temporairement une adresse IP du Canada, de Russie, des Seychelles et même de Chine (un comble) puis, par exemple :

  • dénoncer les lois liberticides visant à surveiller le Web et réprimer les internautes,
  • critiquer les puissants sans retenue et sans risquer la répression,
  • riposter aux satrapes qui traitent les internautes de terroristes ou de criminels
  • télécharger des fichiers interdits par des législations locales dictées par des lobbys mercantiles,

Bien entendu, ces fictions invraisemblables ne concernent pas la France, pays de la Liberté. Mes propos se veulent aussi universels et apolitiques. Plus modestement, vous pouvez avoir envie d’écrire à votre apparatchik local, en donnant le lien vers mon Blog, afin de lui expliquer que tous les efforts ringards pour limiter la Liberté sont vains car les antidotes sont déjà en place : (en savoir plus…)


Résidents des villes visitées par le Roi Nain, préparez vos banderolles !!!!

[Faits et Documents n°272 - Avril 2009]

Hervé Eon. Ce demandeur d’emploi a été condamné, pour « offense au chef de l’Etat », à seulement… trente euros d’amende avec sursis (alors que le parquet avait réclamé 1 000 euros d’amende) pour avoir brandi un panneau avec l’inscription « casse-toi, pov’ con » au passage du président de la République à Laval en août dernier. Il semble que le tribunal ait été nettement sensible au fait que la phrase avait été utilisée précédemment par Nicolas Sarközy


[Faits et Documents - n° 273 - Avril 2009]
Le transfert de Florence Cassez, une Française condamnée à soixante ans de prison au Mexique pour complicité d’enlèvement, a été au coeur du voyage de Nicolas Sarközy dans ce pays. Une affaire nettement moins claire que la version présentée par la presse française, qui la compare à une nouvelle Jeanne d’Arc.

Cristina Rios Valladares et son fils ont toujours assuré que la Française était partie prenante de leur séquestration. Dans un courrier largement repris par la presse mexicaine, elle déclare :

J’ai été victime d’une prise d’otage, aux côtés de mon époux Raul et de mon fils qui avait 11 ans. Depuis ce jour, notre vie a totalement changé… Ma famille est détruite. Ce que mon fils et moi avons vécu, du 19 octobre 2005 au 9 décembre de la même année indescriptible : 52 jours de captivité pendant lesquels je fus victime d’abus sexuels et, avec mon enfant, de tortures psychologiques. Depuis notre libération, ma famille et moi nous vivons à l’étranger. Nous ne pouvons revenir à cause de la peur, car le reste de la bande n’a pas été arrêté…

Nous avons appris la nouvelle de la peine de prison que Florence Cassez méritait, cette femme dont j’avais écouté la voix à de maintes reprises pendant ma captivité… Une voix d’origine française qui bourdonne encore aujourd’hui dans mes oreilles. Une voix que mon fils reconnaît comme celle de la femme qui lui avait pris du sang pour l’envoyer à mon époux avec une oreille qui lui ferait penser qu’elle appartenait à son fils.

Maintenant, j’apprends que Florence réclame justice et clame son innocence. Et moi, j’entends dans ces cris la voix de la femme qui, jalouse et furieuse, hurlait sur Israel Vallarta, son petit ami et chef de la bande, que, s’il recommençait à s’approcher de moi, elle se vengerait sur ma personne. Florence raconte le “calvaire” de la prison, mais elle voit sa famille dans le pénitencier, elle émet des appels téléphoniques, elle réalise des interviews pour la presse et elle ne craint pas chaque seconde pour sa vie.

Un témoignage poignant, rapporté par le site Internet sedcontra d’Hugues Kéraly, qu’il n’y a aucune raison de mettre en doute et qui donne une étrange idée de la partialité de la presse française dans sa totalité.


Lécher le cul de Sarkozy, c’est payant ! Se faire payer des stages de leadership par la French American Foundation, c’est payant ! Maintenant au moins, Val ne pourra plus se faire passer pour un rebelle… La "normalisation néo-con" de la France est en marche…

Philippe Val pressenti pour diriger France Inter

[AFP - 03/04/2008]

Selon «Le Nouvel Obs», l’Elysée aurait adoubé le patron de «Charlie Hebdo»… Jean-Luc Hees à peine nommé, les premières rumeurs bruissent déjà sur les changements qu’il pourrait amener. Ainsi le patron de «Charlie Hebdo», Philippe Val, serait pressenti pour diriger France Inter. Il aurait été directement choisi par Nicolas Sarkozy, croit savoir le site du «Nouvel Obs».

«Le choix ne manque pas d’une certaine logique: Hees et Val sont de vieux amis et Philippe Val est aussi un ami de Carla Bruni…», souligne le site. Mais rien est encore fait et Philippe Val préfère garder la tête froide: «Ca m’intéresse, oui, mais ce n’est pas d’actualité! Ce sera à Jean-Luc Hees de décider qui sera le patron de France Inter», a-t-il déclaré, réagissant à cette nouvelle.


On l’avait pas vu passer, celle là, en janvier 2008, hein ? Que le gouvernement protège le ".gouv.fr" contre les éventuelles arnaques, passe encore… mais qu’il étende cette conception à l’interdiction des sites parodiques, critiques ou tout simplement homonymiques de politiques – et qu’il ait les moyens de faire fermer les sites qui lui déplaisent sans même vous en notifier, c’est carrément un abus de la liberté d’expression.

Encore une bonne leçon apprise : la plus petite liberté que vous laisserez échapper sera tôt ou tard retournée contre vous au profit de l’autorité en place. Vous leur accordez le petit doigt, ils finissent par vous arracher le bras. Ce n’est pas étonnant que Sarkozy et Hu-Jintao aient pu évoquer "des valeurs communes" au G20. En matière de flicage Internet, la France n’a pas de lecons à donner à la Chine.

Le site parodique Delation-gouv.fr supprimé « suite à réclamation »
[Astrid Girardeau -Ecrans.fr - 02/04/2009]
Début janvier 2008, on rapportait que le régime juridique des noms de domaine en .fr était changé en tout discrétion. La cour d’appel de Paris décidait de faire application d’un décret du 6 février 2007 qui établit des règles de protection de l’Etat et des collectivités, des élus, des titulaires de marques, et des personnes physiques. Et le site parodique delation-gouv.fr, pourtant en ligne depuis près de deux ans, en a visiblement fait les frais la semaine dernière.

Le texte stipule que pour les noms de la République française, des institutions nationales, des services publics, des collectivités territoriales, ou du titulaire d’un mandat électoral ne peuvent être enregistrés comme nom de domaine que par les concernés.

Ceci prend en compte l’homonymie (si par exemple vous vous appelez Nadine Morano), mais aussi, plus largement, tout qui touche au parodique ou à la critique. « Par exemple, je ne peux pas enregistrer Ne-votez-pas-pour-Bertrand-Delanoe.fr », nous précisait alors Cédric Manara, professeur de droit à l’EDHEC. Surtout, avec ce décret, les institutions, personnes ou marques n’ont plus d’action en justice à lancer, elle peuvent faire supprimer un nom de domaine sans n’avoir rien à démontrer.

C’est ce qui semble être arrivé, la semaine dernière, au « Ministère du Civisme et de la Délation », site du jour préféré des lecteurs d’Ecrans.fr en 2007. « Nous n’avons pas été prévenus d’aucune manière que ce soit, nous raconte l’un de ses auteurs. Je me suis connecté par hasard et j’ai constaté les dégâts. »

Il poursuit : « On a ouvert un billet chez notre registrar, OVH, pour savoir ce qu’il se passait. Ils sont restés muets pendant plusieurs jours puis nous on a retourné un laconique : “L’AFNIC [responsable de la gestion des noms de domaines en France ndlr] a bloqué le domaine suite à réclamation”. Depuis aucun complément information. On en a déduit que ça venait de cette mesure. Je pense que si ça provenait d’une plainte, on aurait été informés par la Justice. »

Après une semaine de coupure, le site a été réinstallé sur : www.delation-gouv.com

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