Hamas



[Filippo Fortunato Pilato - terrasantalibera.org - Mondialisation.ca,  15 avril 2011]

La sentence de mort émise par le Mossad à l’encontre de Vittorio Arrigoni depuis « Plomb durci » a finalement été exécutée. Vittorio, à la différence d’autres militants britanniques, Français, ou autres, était le seul Italien témoin de « Plomb Durci » : il avait vu trop de choses, il était en train de témoigner de trop de choses, en italien. Ses chroniques étaient rapportées dans les journaux et revues, Internet et presse écrite.Mais surtout une condamnation à mort avait été émise contre lui par les milices sionistes, qui en avaient diffusé la communication en ligne dès le début de l’année 2009, assorties de menaces et proclamations sionistes folles.

Personne en effet ne nous enlèvera la conviction, même si nous n’avons pas actuellement de preuves, mais elles sortiront, que la mort de Vittorio est l’œuvre des services israéliens infiltrés dans l’inexistant « réseau fantôme » d’Al Qaeda : parce que, sachons-le, quand est écrit Al Qaeda, il faut lire Cia et prononcer Mossad.

Son corps sans vie a été trouvé aujourd’hui à l’aube, vendredi 15 avril, dans une maison abandonnée de la Bande de Gaza.

Trois hommes armés, du groupe jihadiste salafiste auto dénommé  « The Brigade of the Gallant Companion of the Prophet Mohammad Bin Muslima », avaient enlevé dans le centre de Gaza le militant pacifiste du Free Gaza Movement, membre aussi de l’International Solidarity Movement : les ravisseurs demandaient comme rançon au Hamas, qui est en charge du gouvernement à Gaza, la libération de certains salafistes détenus dans les prisons du Hamas (de l’administration carcérale du gouvernement élu, NdT), parmi lesquels aussi Cheikh Al Saidani (plus connu comme Abou Walid al Maqdisi), leader des groupes Tawid et Jihad, affiliés à Al Qaeda.

Hamas dans la Bande de Gaza a la main lourde avec les terroristes, les vrais, qui sentent à plein nez les « services israéliens », et dont les gestes inhumains sont exploités comme excuse pour les représailles sionistes aux dépens de la population de Gaza.

En cas de non acceptation des requêtes des ravisseurs, Vittorio aurait été tué avant 17h. (Heure locale) à Gaza.

Les groupes dirigés par Al Maqdisi/Al Saidani ont fait des dizaines de victimes dans des attaques contre des objectifs civils et Al Maqdisi/Al Saidani a été arrêté par les forces égyptiennes (voir rectification en fin de texte, NdT) il y a à peine plus d’un mois avec l’imputation de divers attentats terroristes, parmi lesquels celui contre un hôtel du Sinaï où une vingtaine de personnes avaient été tuées en 2006. (suite…)


Le rapport Chilcott, c’est encore une fois du n’importe-quoi… ce qui est incroyable c’est que la presse internationale aux ordres gobe ce genre de conneries. Mais c’est vrai que les morts sont des "islamistes", autrement dit, on peut leur faire ce que l’on veut. Imaginez un instant que l’armée chinoise ait pris d’assaut un bateau de tibétains… qu’est-ce qu’on aurait pas entendu !!!!
Pas de fusils ? Il s’agit probablement de terroristes (The Independent)
[Mark Steel - The Independent (5 août 2010) - Traduction Des Bassines et du Zèle -  repris par Le Grand Soire - 12/08/2010]

Texte original : Mark Steel : No guns ? They must be terrorists http://www.independent.co.uk/opinio…

(…) Un des faits qui ressort de cette enquête (de la commission d’enquête israélienne sur l’attaque meurtrière du Mavi Marmara par l’armée israélienne), c’est que les victimes, d’après le ""Sergent S" qui a tué six d’entre elles, étaient "sans aucun doute des terroristes". Car, d’après son témoignage, il "voyait la folie meurtrière dans leurs yeux".

Ceci correspond tout à fait à la définition d’un terroriste selon les lois internationales, à savoir quelqu’un qui a "de la folie meurtrière dans les yeux", et indique que le témoin principal dans un procès pour terrorisme n’est pas le médecin légiste, ni l’expert en explosifs mais l’ophtalmo. En examinant l’iris d’une personne, un bon ophtalmo peut diagnostiquer si elle est myope, presbyte, Hamas ou séparatiste basque.

Mais il y a mieux. D’après le Jerusalem Post, les Forces armées israéliennes ont déclaré à la commission que le groupe sur le bateau était constitué de "gens bien entrainés, probablement d’anciens soldats" parce que chaque équipe de mercenaires était équipée d’appareils de communication Motorola, de façon à faire circuler l’information. Ainsi, donc, ces pseudo-militants pour la paix étaient armés de téléphones portables ! C’est un miracle qu’ils n’aient pas mis tout le Moyen-Orient à feu et à sang. Et dire que Motorola et d’autres sinistres marchands d’armes comme Nokia et Orange se livrent ouvertement à un trafic d’armes létales !

Si les Forces armées israéliennes (l’IDF) étaient chargées de maintenir l’ordre dans un festival de rock, au moment où tout le monde se sert de son téléphone pour prendre des photos, elles tireraient dans la foule. Et, après avoir tué 3000 personnes, le Sergent S dirait : "Bravo, les gars, si nous ne nous étions pas méfiés, cela aurait pu vraiment mal tourner !"

Il aurait pu être éventuellement difficile de prouver les intentions meurtrières oculaires du groupe étant donné qu’aucun d’entre eux n’avait d’arme à feu. Mais l’IDF a expliqué que les "mercenaires" préféraient se servir de battes de baseball, de barres de métal et de couteaux, dans la mesure où, s’ils avaient tiré avec des armes à feu, il aurait été évident qu’il s’agissait de terroristes et non pas de pacifistes". Et donc, c’était encore une duplicité de la part de ces terroristes de cacher qu’ils étaient des terroristes en ne faisant rien de terroriste. Ca, c’est comme ma voisine, elle cache le fait qu’elle est terroriste en ayant 74 ans et en passant ses journées tranquillement à faire du jardinage sans jamais tirer sur qui que ce soit, cette horrible sorcière.

Encore plus flagrant, il a été dit à la commission d’enquête que le groupe avait bien des armes à bord, mais que "les mercenaires ont jeté leur armes par-dessus bord quand le commando a pris le contrôle du bateau" parce que, ça, cela fait partie de l’entrainement classique à la guérilla, être armé de fusils jusqu’au moment où arrive l’ennemi et s’en débarrasser aussitôt. C’est ce que font tous les grands stratèges militaires. C’est la raison pour laquelle Nelson a dit, lors de la bataille de Trafalgar : "Les gars, voilà les Français, alors nous, les Anglais, accomplissons notre devoir de soldat : jetons tous les fusils par dessus bord. Ca leur apprendra, à ces salauds de Français !".

Et tout le reste à l’avenant, avec le premier ministre Netanyahu qui approuve ouvertement, qualifiant lui-même les victimes de "mercenaires". Parce que ces mercenaires voulaient apporter des produits comme des médicaments dans une zone sous blocus, ce qui est tout à fait normal pour un mercenaire, sauf qu’au lieu d’être du trafic d’armes, c’était du trafic d’inhalateurs.

Mais petit à petit, l’Etat d’Israël découvre qu’il lui faut rendre des comptes publiquement, et que les sempiternelles excuses ne fonctionnent plus aussi facilement. A partir de maintenant, il va falloir que ses dirigeants mettent dans leurs couilles un peu plus de réflexion, cela, pour aller dans le bon sens.

http://www.legrandsoir.info/Pas-de-fusils-Il-s-agit-probablement-de-terroristes-The-Independent.html


Clémenceau disait déjà "Quand on veut enterrer un problème, on nomme une commission"… Israël va plus loin et nomme des commissions dont les conclusions sont connues d’avance, vu leur composition… Mais la presse service s’extasie sur "l’impartialité" des ces experts "indépendants"…

David Trimble qu’on nous vend comme un "homme de paix", est un fait un des pires faucons Neo-Cons. Et il ne s’en cache pas. Il n’y a que les journalistes pour ne pas (vouloir) le voir.

David Trimble, ami, juge et partie d’Israël

[Hichem Hamsa - Oumma.com - 16/06/2010]

Mascarade. David Trimble, l’observateur étranger désigné lundi par Tel Aviv pour enquêter sur le crime israélien de neuf citoyens turcs, est en réalité un fervent partisan de l’État d’Israël. Enquête et révélations sur une personnalité sous influence.

Tel Aviv assiégé par l’opprobre du monde. Pour affronter la critique internationale, c’est à l’unanimité que le gouvernement israélien a approuvé avant-hier la nomination des membres de la commission d’enquête chargée d’examiner le déroulement de l’assaut meurtrier, commis par l’armée, contre un convoi humanitaire à destination de Gaza. But officiel de l’opération : élucider les circonstances du raid militaire afin de démontrer sa conformité au regard du droit international. Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, se dit d’ores et déjà « convaincu que l’enquête prouvera qu’Israël a agi en respectant la loi ». Et peu importe le scepticisme affiché par la Turquie, État plaintif dans l’affaire, quant à la crédibilité de la commission nationale : l’ouverture d’une enquête était surtout destinée, selon le chef du gouvernement, à apporter une « réponse convaincante aux États responsables de la communauté internationale ». Aux yeux du Premier ministre , les nombreux détracteurs, à travers la planète, de ce simulacre d’investigation n‘ont aucune importance. Le secrétaire général de l’ONU aura beau se déclarer favorable à une véritable commission d’enquête, internationale et indépendante, Tel Aviv continuera de faire la sourde oreille. D’autant que Washington, Londres et Paris viennent de saluer ce qui est présenté comme une avancée, faisant fi de l’avis du Conseil de Sécurité qui avait pourtant formulé le même vœu que Ban Ki-Moon.

Outre le caractère national du comité chargé de l’enquête, d’autres aberrations ne manquent pas : ainsi, à l’exception du chef d’état-major, les militaires ayant directement participé à l’attaque ne pourront pas être interrogés et le rapport final devra être transmis au gouvernement avant sa publication. Qui sont les membres de cette commission déjà discréditée en raison de sa dépendance à l’égard du gouvernement ? Cinq hommes triés sur le volet : le président, Jacob Terkel, ancien juge à la Cour Suprême et sympathisant de la droite dure israélienne ; Shabtaï Rosen, professeur émérite de droit international qui a participé à l’organisation constitutionnelle de l’État d’Israël ; le général Amos Horev, figure héroïque de l’armée ; et deux observateurs étrangers, aux compétences réduites :le Canadien Ken Watkin, juriste militaire, et le Britannique David Trimble, prix Nobel de la Paix pour son action dans le règlement du conflit en Irlande du Nord.

Au casting de Tony Blair

La participation de ce membre, présenté par les autorités israéliennes comme impartial et indépendant, reflète à elle seule la farce que constitue cette commission d’enquête.

David Trimble, 65 ans, est d’abord une figure irlandaise historique, et controversée,au sein du Royaume-Uni. Ancien militant extrémiste de la mouvance protestante unioniste, alors violemment hostile aux catholiques indépendantistes de l’IRA, l’homme s’est peu à peu assagi avec le temps, au point d’avoir convaincu le parti qu’il dirigeait, l’UUP, à conclure un accord de paix avec la partie adverse, sous la houlette de l’ancien sénateur américain George Mitchell.

C’est cette victoire qui contribua à lui faire remettre, conjointement avec son co-signataire John Hume, le prix Nobel en 1998. Huit ans plus tard, il deviendra pair du Royaume-Uni, avec le titre de baron, avant de rejoindre par la suite le Parti conservateur. Un ralliement qui n’a pas porté ses fruits puisque David Trimble n’a décroché, contre toute attente, aucun poste ministériel à la suite de la victoire, aux dernières élections législatives, de David Cameron. Une déception qui n’aura duré que quelques semaines jusqu’à sa désignation officielle, ce lundi, par le gouvernement israélien, pour rejoindre la commission. La nomination du conservateur serait, selon le quotidien britannique The Guardian, la conséquence d’un lobbying exercé par Tony Blair, l’émissaire du Quartette (Europe, Usa, Russie, ONU) pour le Proche-Orient. L’ancien Premier ministre aurait soufflé son nom à Benjamin Netanyahu.

Une recommandation qui n’a pas dû être difficile à suivre : David Trimble est un ami de longue date de l’État d’Israël. Son dernier geste d’affection remonte au 31 mai : le jour même du crime de neuf Turcs par l’armée israélienne, le futur enquêteur-observateur était à Paris pour inaugurer l’association « L’initiative des amis d’Israël », organisation dont le but est de lutter contre la « délégitimation de l’État d’Israël ». Critère pour faire partie de ce club qui se targue d’être composé de non-Juifs tel l‘ancien Premier ministre espagnol José Maria Aznar : « être convaincu qu’ Israël fait partie intégrante de l’Occident et de son avenir » et s’inquiéter de « l’islamisme radical et d’un Iran nucléaire qui constituent des menaces affectant le monde entier ». (suite…)


Appel à la dissolution de l’Autorité Palestinienne et au jugement de ses responsables
[lundi 15 février 2010 - Walid Atallah]

La guerre menée par Israël contre la population de Gaza l’année dernière a laissé derrière elle plus de 7.000 victimes dont plus de 1.500 tués et plus de 5000 blessés et des dizaines de milliers de sans abris, qui s’ajoutent aux victimes du blocus international, égyptien et israélien, qui tue chaque jour du fait du manque de médicaments, d’hospitalisation et de nourriture.

Dans le reste de la Palestine historique, la colonisation israélienne et la chasse à la résistance continuent avec la collaboration des services de sécurité de l’autorité palestinienne. Les responsables de cette "autorité" ont récemment publiquement reconnu que les 16 ans de négociations étaient un échec. Ce qui ne les empêche pas de continuer à négocier, par l’intermédiaire des Etats-Unis.

A l’époque de Yasser Arafat, les Israéliens et les Américains, et d’autres, avaient déclaré qu’il constituait l’obstacle à la paix, car il ne « luttait pas » contre les « terroristes » qui empêchaient le « processus de paix d’aboutir ».

Après l’empoisonnement de Yasser Arafat en 2004, j’avais écrit, le 16 novembre, les lignes suivantes concernant son assassinat : « Au vu des déclarations américaines, israéliennes et autres, il est certain que la mort de Yasser Arafat sert directement les intérêts de ces derniers qui désirent trouver "une direction palestinien prête à négocier", c’est à dire à signer l’acte de capitulation face à l’impérialisme américain et au sionisme de l’Etat d’Israël. Cela révèle que ces derniers n’ont pas renoncé à mettre à genoux le peuple palestinien et le pire est peut être à venir. » (suite…)


[Solidarite Palestine - 09/01/2010]

Une source israélienne a révélé que la formation que l’IOF ( Forces Israéliennes d’occupation) se déroulant dans la région Néguev (sud de la bande de Gaza) vise à réaliser un plan militaire de grande envergure qui se retrouverait avec la réoccupation complète de la bande de Gaza.

Au début de cette semaine, les forces terrestres IOF, en coopération avec l’armée de l’air ont commencé leur formation, sous le nom de "guerre d’une semaine", ce qui signifie que l’objectif de l’IOF est de réoccuper la bande de Gaza en une seule semaine. IOF l’a appeler "Plomb Durci Number 2".

La nuit dernière, une importante source militaire, les forces d’occupation israélienne Channel 10 a déclaré que «la prochaine guerre contre Gaza ne va pas être comme la précédente, il sera plus difficile et plus large". Il a enfin souligné que ils ont appris les défaillances et les échecs pendant la guerre précédente.

La nuit dernière, les FOI ont bombardé plusieurs cibles (entre autres tunnels utilisés pour la contrebande de marchandises), tuant trois personnes, selon des médecins palestiniens. Palestiniens ont dit que le corps d’un jeune de 14 ans, garçon a été retrouvé dans un des tunnels.

Les raids aériens sont entrées après qu’Israël eut dit une douzaine d’obus de mortier et des roquettes ont été tirées depuis le territoire dirigée par le Hamas en Israël. Aucune victime n’a été signalé dans ces attentats.

Le jeudi 7, des avions israéliens ont largué des milliers de tracts sur le nord de Gaza et la ville de Gaza, mettant en garde un grand nombre des 1,5 millions d’habitants de se tenir loin de la frontière à forte densité conquis, après les mortiers et les roquettes ont été tirées sur Israël.

Les tracts, rédigés en arabe, avec un plan de la bande de Gaza, avertit que quiconque au sein de 300m de la frontière »sera en danger"

http://solidarity.palestinian.resistance.over-blog.com/article-l-operation-plomb-durci-number-2-a-deja-commencee-dans-la-bande-de-gaza–42605798.html


LE HAMAS : LA LOI, L’ORDRE ET UNE RELATIVE LIBERTE RELIGIEUSE

[Les doigts dans la crise - Luc Delval - 21/04/2009]

Je n’ai pas l’intention de chanter les louanges du Hamas, mais pour le moins il conviendrait de s’interroger sérieusement sur la diabolisation dont il fait unanimement l’objet – à égalité avec le président iranien – en Europe.

A cet égard, je vous invite une fois de plus avec insistance à lire la "Revue Internationale des Livres et des Idées" (RILI – en vente dans toutes les bonnes librairies), dans le dernier numéro de laquelle Henry Siegman, directeur du "U.S. Middle East Project" (New-York) et professeur à la "School of Oriental and African Studies" (Londres) met salutairement les points sur quelques "i" :

[...] On ne peut pas dire qu’Israël a lancé son attaque pour protéger ses citoyens contre les roquettes. Il l’a fait pour protéger son droit de pouirsuivre l’étranglement de la population de Gaza.

Tout le monde semble avoir oublié que le Hamas a déclaré une fin des attentats suicides et des tirs de roquettes lorsqu’il a pris la décision de rejoindre le processus politique palestinien, et qu’il s’y est largement tenu pendant plus d’un an. Bush avait publiquement fait bon accueil à cette décision, la citant comme un exemple de succès de sa campagne en faveur de la démocratie au Proche-Orient (il n’avait aucun autre succès à mettre en avant).

Lorsque le Hamas, d’une façon inattendue a gagné les élections, Israël et les Etats-Unis ont contesté la légitimité des résultats et pris le parti de Mahmoud Abbas, le dirigeant du Fatah. Jusque là, celui-ci n’avait pas été pris au sérieux par les dirigeants israéliens qui le tenaient pour un "poulet plumé". Ils ont armé et entraîné ses forces de sécurité afin de renverser le Hamas; et lorsque le Hamas a – brutalement, certes – prévenu cette tentative violente de renverser les résultats des premières élections démocratiques honnêtes du Proche-Orient moderne, Israël et l’administration Bush ont imposé le blocus.

Israël cherche à justifier ces faits indiscutables par l’affirmation qu’en retirant les colonies israéliennes de Gaza en 2005, Ariel Sharon avait donné au Hamas l’occasion de se mettre en route vers la création d’un Etat, une occasion qu’il a refusée de saisir; au lieu de quoi il aurait transformé Gaza en aire de lancement pour des tirs de missiles visant la population civile d’Israël. (suite…)


[Mohamed Bensalah - Oumma.com - jeudi 29 janvier 2009]
Instruments de rapprochement, selon l’étymologie du mot, les médias, sous la férule de dirigeants diaboliques, peuvent se transformer en matrice idéologique redoutable.Les perversions médiatiques de Timisoara, du Panama de Grenade et d’Irak font triste mine face aux outrances médiatiques actuelles américaines et israéliennes. Mensonges, bavures, rétention de l’information, manipulations éhontées, déformations et trucages de la réalité sont devenus choses courantes.

En faisant main basse sur tous les moyens d’information, les forces politiques, économiques et sociales, les groupes de pression, et plus particulièrement les trusts internationaux, ont une grande part de responsabilité dans ces dérives assassines. La couverture partielle et partiale de cette énième agression barbare perpétuée à Gaza (après Kafr Kassem, Deir Yassine, Sabra et Chatila, Cana, Beyrouth … ) suscite exaspération et révolte. Comment demeurer passif, face à cette médiatisation outrancière ? (suite…)


[Concerned Israeli Citizens 18 Janvier 2009]

En soutien à l’Appel de La Communauté Palestinienne des Droits Humains pour une Action Internationale

Comme si l’occupation, la brutale répression actuelle de la population palestinienne, la construction des colonies et le siège de Gaza n’étaient pas suffisant, maintenant arrive le bombardement de la population civile: hommes, femmes, personnes âgées et enfants. Des centaines de mort, des centaines de blessé, des hôpitaux surchargés et le dépôt principal de médicaments de Gaza bombardé. Le bateau DIGNITY du Free Gaza Movement, qui amenait de l’aide médicale d’urgence et des médecins a aussi été attaqué. Une nouvelle fois, Israël commet ouvertement des crimes de guerre, les pires depuis longtemps.

Les médias israéliens n’exposent pas leurs spectateurs aux horreurs et aux sévères critiques de ces crimes. L’histoire racontée est uniforme. Les dissidents israéliens sont dénoncés comme des traîtres. L’opinion publique, y compris celle de la gauche sioniste soutient la politique israélienne sans critique et sans réserve.

La politique criminelle et destructrice d’Israël ne cessera pas sans une intervention massive de la communauté internationale. De toute manière, à part quelques plutôt faibles condamnations officielles, la communauté internationale est peu disposée à intervenir. Les États-Unis supportent ouvertement la violence israélienne et l’Europe, bien qu’ayant exprimée quelques condamnations, ne veut pas vraiment considérer sérieusement le retrait du "cadeau" offert à Israël, le rehaussement de leurs relations.

Dans le passé, le monde savait comment combattre les politiques criminelles. Le boycott de l’Afrique du Sud a été efficace, mais Israël est traitée avec des gants: ses relations commerciales sont en plein essor, les coopérations académiques et culturelles se poursuivent et s’intensifient avec le soutien diplomatique.

Ce soutien international doit cesser. C’est la seule manière de mettre fin à l’insatiable soif de violence d’Israël. (suite…)


Les jeunes lecteurs du "Monde des Ados" auront surtout appris une chose : on ne critique pas Israël qui – quoi qu’il fasse – fait partie du camp des "bons", ceux qui sont avec nous, les civilisés… le rempart face à la horde basanée grouillante…

GAZA – MÉDIAS EN GUERRE (6) : LES EXPLICATIONS « PÉDAGOGIQUES » DU MONDE DES ADOS
[Jean Pérès - Acrimed - 5 février 2009 ]
Le journalisme politique à visée pédagogique est un exercice délicat. Expliquer à de jeunes adolescents le conflit de Gaza, dans un langage accessible mais sans excès de simplification, avec suffisamment d’objectivité pour éclairer les positions antagonistes sans y glisser sournoisement la sienne, cela ne va pas de soi. C’est pourtant l’ambition affichée du bimensuel Le Monde des ados publié par le groupe « La Vie – Le Monde » dans son numéro du 21 janvier quand il annonce en première de couverture : « GAZA : 5 questions pour comprendre ».

Le rédac’ chef donne le ton
« Le mot du rédac’ chef » qui fait office d’éditorial amorce cette entreprise pédagogique d’une manière pour le moins abrupte : « Il ne s’agit pas de décréter qui est coupable et victime dans le drame de Gaza. Il ne s’agit pas de savoir si cette guerre était inévitable ou non. De toute façon, elle ravage la région depuis plus de soixante ans. » On peut lire dans ces précautions liminaires une tentative de se refuser à prendre position sur le fond du conflit. Mais telles qu’elles sont formulées, elles justifient une forme de fatalisme (« de toute façon ») qui ignore délibérément les responsabilités et les causes de la guerre, et par là même ce qui aurait, peut-être, permis de l’éviter. Mais surtout ces précautions interdisent toute compréhension un tant soit peu rationnelle qui se trouve d’emblée fermement exclue (« Il ne s’agit pas » ).

S’il ne s’agit pas de comprendre, comme on aurait pu le croire au vu du titre du magazine (« 5 questions …pour comprendre »), de quoi s’agit-il alors ? C’est ce que nous apprend la suite. (suite…)


[Bougnoulosophe - 17/01/2008]
Il nous a été donné, hier, de lire une tribune dans Le Soir particulièrement ahurissante, intitulée : « Le pouvoir aux « barbus» ? Non merci ! ( http://www.lesoir.be/forum/cartes_blanches/carte-blanche-le-pouvoir-aux-2009-01-14-681417.shtml ) ».

On ne dira jamais assez les dégâts occasionnés par le mauvais livre de feu Samuel Huntington, Clash of civilisation, sur les esprits simples et tout à la fois pervers. Ainsi pendant que les Gazaouis se font bombarder par air, terre et mer. Tandis qu’ils subissent un déluge de feu par F-16, « Apache » ou drones. Tandis qu’on assiste à un massacre en direct d’enfants, femmes et vieillards. Tandis que les Gazaouis, tels des souris de laboratoire, servent à expérimenter de nouveaux armements (DIME)… un tierceron de laïcistes, émargeant tous les trois à la Communauté Française de Belgique, égaré dans une manifestation propalestienne, n’a rien trouvé de mieux à faire que de jouer à se faire peur.

L’objet de celle-ci : l’islam, esprit du temps et surtout esprit du laïcisme oblige. Angoisse déclinée sous toutes ses formes. Le seul point commun entre elles est une certaine dose de mauvaise foi.

On distingue par ordre d’apparition.

  • L’affabulation : « les slogans qui mettent de côté la démocratie » (sic).
  • La conspiration : « des groupes, apparemment bien pris en mains par les mosquées ».
  • Le stéréotype : « Des “barbus ”occupant le pavé fétiche de la gauche française, tandis que les femmes voilées attendent sagement à une rue de là… »
  • La calomnie : « des religieux réactionnaires et rejetant les principes élémentaires de la démocratie, du vivre ensemble ».
  • Le mépris : « des femmes enfoulardées d’un côté, hommes barbus hurlant Allahou Akhbar ! de l’autre ».
  • La diffamation : « la montée en puissance d’un cléricalisme musulman intolérant, impérialiste et antiprogressiste ».
  • La paranoïa : « Nul, parmi vous, ne l’ignore : les radicaux qui ont tenu le haut du pavé, dans les rues de Bruxelles, vous détestent. »

Soit une déclinaison de toutes les « passions tristes » qui génèrent ou sont générées par la peur – un cas d’école. Par laquelle on peut faire le portrait clinique de l’homme qui aime avoir peur.

Car le laïciste est un homme qui aime avoir peur par dessus tout.

Mais, par delà la psychologie, la peur diffuse, on le sait depuis le 11 septembre, est aussi une forme de gouvernance. Une forme d’une grande efficacité.

La rhétorique du « choc des civilisations », lorsqu’elle est intériorisée, permet la division entre un « nous » et « eux », elle permet la lecture du monde suivant le prisme du religieux, elle permet la désignation de l’ennemi… Et l’ennemi, ici, c’est le « barbu » et la « femme enfoulardée ».  Et il se fait que c’est le même ennemi que l’armée glorieuse d’Israël rencontre sur le terrain, à Gaza. Cela n’a rien de fortuit bien sûr.

Le ton était déjà pourtant donné dés la première phrase de la tribune à qui savait la lire attentivement, « la politique de destruction massive du gouvernement israélien contre le territoire palestinien de Gaza » pouvait-on lire.

Dans cette phrase introductive, s’il l’on parle de « destruction massive », il n’est fait nulle mention de Palestiniens, on y évoque un territoire… Un territoire où vivent sans doutes des kangourous ou des ornithorynques palestiniens scandaleusement bombardés ? Cette litote n’a rien d’anecdotique, elle est révélatrice, elle est la traduction inconsciente de « la fameuse terre sans peuple… », elle est, à notre sens, l’expression d’une épuration ethnique symbolique, ce qui en dit long sur le lieu d’où parle très exactement nos laïcistes humanistes autoproclamés.

De ce lieu, à l’évidence, l’on n’aime pas beaucoup voir le peuple, la vile multitude, ethniquement marquée, se manifester à sa manière, avec ses codes, ses signes « exotiques », non laïquement correct, on y trouve à redire, on trouve ça bien louche, on trouve ça du plus mauvais goût. On se voit perdre la main, aussi l’on a peur…

Voilà bien une singulière manière d’appréhender la démocratie, de se l’accaparer, de la confisquer, qui a comme d’étrange résonance avec la situation à Gaza… Peut-être que nos laïcistes, sionistes honteux, sionistes contrariés, pour ce qui est de Gaza comme pour Bruxelles, songent aux mêmes solutions « si le peuple pense mal, disait Brecht, changeons le peuple » !

http://bougnoulosophe.blogspot.com/2009/01/choc-effroi-et-dlire-du-lacisme.html


[Sahlom A'shav - La Paix Maintenant - Traduction d'un article de Amos Harel dans Ha'aretz - 20/03/2009]

Gaza : de jeunes conscrits parlent

Comme promis, voici la traduction du document qui fait parler. De jeunes conscrits s’expriment en toute liberté sur ce qu’ils ont vu ou vécu à Gaza. Il ne faut pas s’attendre à des récits de boucherie, mais plutôt à des descriptions de « petits meurtres ordinaires ». Ce qui frappe, au premier abord, c’est la franchise, pour ne pas dire la candeur, de ces jeunes soldats. Certains sont révoltés, d’autres ont un langage quasi désincarné et parlent technique militaire.

Ce qui frappe aussi : le décalage entre conscrits et réservistes, et le rôle pour le moins trouble que joue le rabbinat, qui fait passer chez les soldats un message proche du messianisme et de la guerre sainte. La naïveté de ces jeunes soldats, scandalisés qu’une famille palestinienne dont certains membres font partie du Hamas ait pu faire ami-ami avec eux en leur « mentant » (ils sauvaient leur peau, quand même !).

Et bien d’autres choses (chacun est libre de tirer ses propres conclusions à partir d’un texte brut comme celui-ci. L’impression qui se dégage est qu’à Gaza, tout était permis et que les supérieurs hiérarchiques ont laissé faire, au mieux.

Certains médias, juifs en particulier, préféreront parler des erreurs (réelles) de la presse, par exemple au sujet du vrai-faux bombardement de l’école de l’UNRWA. Mais l‘arbre cache la forêt. Peut-être serait-il temps de regarder les choses en face.

La guerre de Gaza a été de la sauvagerie (outre le fait que, sur le plan politique, elle a été inutile, mais c’est une autre histoire). Le discours final, consterné, de l’instructeur en chef de ces jeunes conscrits en dit long

Ha’aretz, 20 mars 2009

http://www.haaretz.com/hasen/spages…

Traduction : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

Moins d’un mois après l’opération militaire dans la bande de Gaza [Vendredi 13 février, Zamir avait invité des soldats et des officiers qui avaient suivi son programme pour un long débat sur leurs expériences à Gaza. Ils se sont exprimés ouvertement, mais avec une frustration considérable.

Ce qui suit est composé de longs extraits de la transcription de cette rencontre, publiée mercredi dans le bulletin du programme, Briza. Les noms des soldats ont été modifiés pour préserver leur anonymat. La rédaction de Briza a aussi choisi de ne pas publier certains des détails qui concernent l’identité d’une unité dont la conduite à Gaza s’est révélée problématique. (suite…)


Pour les médias occidentaux, ce sont toujours les Palestiniens les agresseurs… mais personne ne mentionne jamais l’enfermement, le harcèlement et les assassinats subis chaque jour depuis 60 ans par les habitants de la Bande de Gaza. Dès qu’une roquette est tirée, cela fait la une des journaux… par contre quand Tsahal assassine des civils sans défense, aucune ligne dans les journaux… Ces deux vidéos montrent bien le quotidien vécu par les Palestiniens, et le courage des militants pacifistes désarmés qui tentent de raisonner les soldats israéliens…

[Gregor Seither - International Solidarity Movement - 18/02/2009 ]

Comme vous pouvez le voir sur la vidéo ci-dessous, nous sommes un groupe de militants internationaux pour la défense de droits e l’homme. Nous accompagnons les agriculteurs palestiniens dans leurs champs pour les aider mais surtout pour les protéger et témoigner des attaques répétées de l’armée israélienne.  Aujourd’hui nous avons accompagné la famille Al-Bouraim, qui cultive des champs à Al-Faraheen, dans la bande de Gaza, à l’Est de Khan Younes. Les champs sont situés à proximité de la Ligne Verte, le grillage se situant à environ 500 mètres de là où nous travaillions.

Pendant deux heures nous avons récolté du persil et des épinards et béché le champ, sous la surveillance constante d’une patrouille israélienne de l’autre côté de la barrière. A AUCUN moment nous nous sommes approchés de la barrière.

Ce n’est qu’au moment où nous étions entrain de repartir, que les soldats se sont mis à tirer sur nous, touchant Mohammed Al-Bouraim, 20 ans, à la jambe. Nous avons utilisé des porte-voix pour dire aux soldats de cesser de tirer, que nous n’étions pas armés, mais les tirs ont continué, nous obligeant à nous abriter. Nous avons du nous retirer sous le sifflement des balles. Il n’y avait aucune présence de groupes armés de notre côté au moment des tirs et aucune roquette n’a jamais été tirée depuis ce village.

Nous avons évacué les agriculteurs par petits groupes, les entourant – nous portons des gilets de sécurité jaune fluo – pour clairement montrer aux snipers qu’ils ne constituent aucun danger "pour la sécurité d’Israël". Mais les tirs ont continué, dans nos dos.

Ce n’est pas la première fois que nous constatons que les patrouilles israéliennes ouvrent le feu, sans prévenir et sans raison, sur les agriculteurs travaillant dans leurs champs à proximité de la frontière. Le 27 janvier dernier, toujours à Al-Faraheen, les soldats israéliens ont tiré sur un groupe de récolteurs, assassinant un jeune père de famille de 24 ans.

Quelques jours plus tôt, à Abassan, Jedida :


Si vous n’avez pas encore lu le dernier livre de Thierry Meyssan, voici de quoi vous mettre l’eau à la bouche… une excellente enquête et synthèse… tout le reste du livre est à l’avenant.

[Thierry Meyssan - L'Effroyable Imposture n°2 - Manipulations et Désinformations]

Pendant les trente premières années de l’État d’Israël, les circonstances historiques ont distendu les liens que l’État juif entretenait avec ses créateurs, les chrétiens sionistes. Mais aucun ne pouvant vivre sans l’autre, ils ont noué de nouvelles collaborations, d’abord par le biais du régime d’apartheid d’Afrique du Sud, puis par la filière russe, jusqu’à aboutir à une synthèse : la théopolitique.

Durant la Guerre froide, les services de communication de Washington interprètent l’opposition Est/Ouest comme un combat eschatologique entre le pays de la liberté religieuse et celui du communisme athée. Un vaste effort de ré-évangélisation des institutions est entrepris. Le général George Marshall, successivement secrétaire d’État puis secrétaire à la Défense, supervise ce développement dans le corps diplomatique et les forces armées. Pour consolider le camp atlantique, il imagine une opération œcuménique où les sectes évangéliques cotoient les Églises anglicane et catholique.  Cela lui permet aussi de mettre en sourdine les revendications pro-israéliennes des extrémistes religieux auxquelles il est fermement opposé.

Marshall installe avec la CIA le Plan de réhabilitation de l’Europe qui porte son nom et qui lui vaudra le Prix Nobel de la paix. Il emmène avec lui dans ses déplacements les pasteurs Abraham Vereide et Harald Bredesen qui mettent en place un vaste réseau de dirigeants chrétiens anti-communistes . Ce dispositif est approuvé par le président Truman des États-Unis, le roi George VI d’Angleterre, la reine Wilhelmina des Pays-Bas et le général Tchang Kai-Chek de Taiwan. En 1952, un rassemblement international de parlementaires chrétiens est convoqué aux Pays-Bas autour du général Alfred Gruenther, qui dirige alors les travaux de préfiguration de l’OTAN. Cette structure, dénommée aujourd’hui Fellowship Foundation, organisera pendant quarante ans des réunions de prière et des congrès pour renforcer l’identité chrétienne du camp atlantique face au bloc soviétique .

(NdL&I : Hillary Clinton, qui avait attaqué Obama pour ses amitiés "radicales" via le pasteur Wright, a toujours été très discrète sur son appartenance de longue date à la Fellowship Foundation, qui a pourtant eu un accès direct au président Clinton pendant 8 ans, à travers l’organisation HEBDOMADAIRE de "petits-déjeuners de prière" à la Maison Blanche. Hillary Clinton est aujourd’hui Ministre des Affaires étrangères du gouvernement Obama.)

En 1954, le serment d’allégeance, que tout enfant récite le matin à l’école et que tout citoyen états-unien professe dans les occasions solennelles, est modifié comme suit : « Je jure fidélité au drapeau des États Unis d’Amérique et à la République qu’il incarne : une nation unie sous le commandement de Dieu, indivisible, avec la liberté et la justice pour tous » . En 1956, une résolution commune des deux chambres du Congrès choisit « En Dieu nous plaçons notre confiance » comme devise des États-Unis à la place de « Un pour tous ». Celle-ci est inscrite dès l’année suivante sur les billets de banque. L’identité chrétienne ne s’applique plus seulement à l’Alliance atlantique, mais aussi au système économique capitaliste .

La Fellowship Foundation installe son quartier général à proximité du Pentagone. Un bureau d’Information et d’Éducation des troupes est créé au département de la Défense et confié à la Fondation. Il édite des manuels et dispense des formations assimilant le service dans les forces armées états-uniennes à une croisade pour la liberté religieuse dans le monde.

Malgré le caractère œcuménique de ses débuts, la Fellowship Foundation se recentre progressivement autour des seules sectes évangéliques dont elle prend le contrôle en sous-main. Elle les enflamme dans un soutien exalté à l’impérialisme états-unien. Elle se heurte bientôt au Conseil œcuménique des Églises qui fédère à Genève les principales confessions protestantes classiques. La tension interne à la culture religieuse anglo-saxonne se réveille une fois de plus. Ce Conseil dénonce les discriminations en Israël et condamne la guerre du Vietnam. C’est pourquoi le Pentagone créé, en 1974, une structure rivale, le Comité de Lausanne. 4 000 pasteurs évangéliques se réunissent tous frais payés par le département de la Défense autour de leur nouvelle figure de proue, le révérend Billy Graham. Ce dernier sillone le monde comme une rock star, organisant des prédications-spectacles qui trouvent des auditoires toujours plus nombreux.

Par ailleurs, l’opinion publique internationale prend lentement conscience de l’anachronisme du régime sioniste. Alors que l’État d’Israël avait été présenté à la communauté internationale comme le fruit de la décolonisation britannique, il s’avère être un État colonial juif, conformément au projet formulé au XIXe siècle par Theodor Herzl. Ce particularisme le rapproche des deux autres États coloniaux.

En Afrique australe, les puritains néerlandais se sont affranchis de la tutelle britannique au XIXe siècle. Ils se sont enfoncés dans l’intérieur des terres lors du « Grand Trek » qu’ils ont comparé à l’Exode biblique. Ils sont sortis victorieux de l’affrontement avec les zoulous à la bataille de Blood River, après avoir invoqué leur Dieu et ont créé ce qui est devenu l’Afrique du Sud et qu’ils appellent eux aussi « le nouvel Israël ». Pendant la Seconde Guerre mondiale, ils soutiennent les nazis contre les Anglais, puis instaurent le régime d’apartheid. De leur côté, les Britanniques de Rhodésie, effrayés par la perspective de la décolonisation, se sont révoltés contre la Couronne et se sont constitués en État indépendant, en 1965.

Bien que les systèmes juridiques israélien, sud-africain et rhodésien soient assez différents, ils poursuivent tous trois les mêmes objectifs discriminatoires : réserver la terre et le pouvoir à une minorité ethnique. C’est donc bien logiquement que ces États, écartant les sujets qui fâchent comme le nazisme et l’antisémitisme, multiplient les contacts.

En 1953, l’Assemblée générale de l’ONU dénonce « l’alliance entre le racisme sud-africain et le sionisme » . Puis, en 1975, elle qualifie le sionisme de « forme de racisme et de discrimination raciale » . (suite…)


Nous avons reçu pas mal de réactions suite à la publication de la dépèche sur l’arrestation des frères Al-Jarrah au Liban, proches parents de Ziad Al-Jarrah, un des "pilotes du 11 Septembre", arrêtés par la police libanaise alors qu’ils faisaient entrer du matériel d’espionnage ultra-sophistiqué fourni par le Mossad et qui ont avoué être commandités pour espionner les partis politiques libanais.

La presse francophone ayant été très discrète sur cette affaire et n’ayant, à l’époque, fourni aucun compte-rendu sur le démantèlement en 2006, de cellules terroristes israéliennes opérant sur le territoire libanais, nous publions ici un extrait de l’enquête réalisée par Thierry Meyssan et Jürgen Cain Külbel sur ce réseau terroriste israélien… réseau qui pourrait fort bien être le vrai responsable de l’attentat ayant coûté la vie au Premier Ministre Hariri. Cela faisait longtemps que, dans la stratégie Néo-con et Grand-Israélienne, le Liban faisait partie des dominos à faire tomber. George W. Bush lui-même avait donné la liste en 2001 : Irak d’abord, puis le Liban, la Syrie et enfin l’Iran.

[Thierry Meyssan - L'Effroyable Imposture n°2 - détruire et contrôler le Moyen-Orient  ]

Le 14 juin 2006, le nouveau chef de la commission d’enquête onusienne sur l’assassinat du Premier Ministre libanais Rafic Hariri, Serge Brammertz, présente son rapport au Conseil de sécurité. Au vu du compte-rendu de séance, son intervention très factuelle et prudente contraste avec les scoops spectaculaires de son prédécesseur.

« La Commission est parvenue à un certain nombre de conclusions préliminaires, a indiqué M. Brammertz.  L’explosion qui s’est produite le 14 février 2005, à 12 heures 55 minutes 5 secondes, était une explosion en surface et non pas souterraine. Un explosif improvisé de taille importante placé dans un véhicule Mitsubishi a explosé alors que le convoi de Rafik Hariri passait à proximité.  L’explosif improvisé contenait au moins l’équivalent de 1 200 kilogrammes de TNT, et la détonation a été déclenchée, dans le cas le plus plausible, par quelqu’un qui se trouvait soit à l’intérieur, soit devant la camionnette de marque Mitsubishi.

La Commission ne pense pas que la responsabilité de l’attaque, qui a été revendiquée au moyen d’enregistrement vidéo transmis à l’agence Reuters et à la télévision Al Jazeera juste après l’attentat, soit vraie.  En fait, l’ADN résultant des restes humains recueillis sur les lieux de l’explosion, et qui a été analysée, montre que Ahmed Abou Adass, qui a revendiqué la responsabilité de l’attentat, ne peut être la personne qui a déclenché l’explosion qui a coûté la vie à Rafik Hariri et les 22 autres personnes, a dit M. Brammertz.

Le crime commis contre Rafik Hariri est un assassinat ciblé, a poursuivi M. Brammertz en indiquant que la quantité d’explosifs utilisée et l’amplitude de la détonation visaient à tuer l’ex-Premier ministre libanais même si son véhicule n’était pas atteint de plein fouet par l’explosion.

La Commission travaille sur deux hypothèses en ce qui concerne la manière dont l’attentat a été orchestré.  En premier, elle considère la possibilité que l’attaque ait été organisée et perpétrée de manière compartimentée.  Dans cette hypothèse, plusieurs personnes auraient été impliquées dans la planification, la reconnaissance du terrain, la préparation de la charge explosive, l’achat de la camionnette, le choix de l’individu chargé de faire exploser la charge et la fabrication de la vidéo revendiquant l’attentat.  Chacune de ces étapes de l’attentat aurait été confiée à des gens qui n’avaient aucun contact entre eux et qui ne se connaissaient sans doute pas.

La deuxième hypothèse, quant à elle, amène la Commission à envisager que tout le processus ayant abouti à la mort de Rafik Hariri ait été confié à un noyau dur, un seul petit groupe.

Concernant les commanditaires de l’attentat, la Commission a développé un certain nombre d’hypothèses et de scénarios, a dit M. Brammertz. (…) À cet égard, la Commission poursuit les interrogatoires qu’elle conduit avec des personnes qui pourraient l’aider à clarifier les cadres et structures formels et informels qui prévalaient au Liban et dans sa région au moment de l’assassinat.  La Commission interroge à cet effet des officiels libanais et syriens provenant de différentes organisations et agences.

Passant à la coopération de certains États Membres avec la Commission d’enquête, M. Brammertz a dit que le niveau d’assistance qui lui a été fourni par la Syrie au cours de la période dont parle le rapport a été globalement satisfaisant.  La Syrie a répondu à temps à toutes les requêtes, et sur certains points les réponses qu’elle a fournies étaient détaillées. (…)

Le nombre de requêtes pour assistance soumises à d’autres États Membres a également augmenté.  Depuis le 15 mars 2006, la Commission en a soumis 32 à 13 différents États Membres, ce qui montre le caractère international des procédures liées à l’enquête.  Les interactions avec le gouvernement du Liban sont excellentes à tous les niveaux et l’engagement et le soutien du Procureur général libanais et des juges d’enquêtes ont été cruciaux pour les progrès effectués par la Commission, a dit M. Brammertz. Le Gouvernement libanais, les forces armées, et les Forces de sécurité intérieures assurent à la Commission la sécurité dont elle a besoin pour s’acquitter pleinement de son mandat, a dit M. Brammertz.

Le Chef de la Commission d’enquête a ensuite indiqué que la Commission avait poursuivi l’assistance qu’elle fournit aux autorités libanaises concernant les 14 attaques survenues depuis le 1er octobre 2004.  La Commission s’efforce de faire avancer le statut de chacun de ces cas et de les intégrer de manière à établir des liens potentiels entre eux. (…) du point de vue analytique, les affaires peuvent être liées de manière diverse et sous des perspectives différentes, notamment par les similitudes de leur modus operandi et de leur intention »[Traduction de l'auteur, voir original dans les notes en fin d'article].

Pendant que M. Brammertz enquête sur les crimes passés, l’Histoire continue. Si Rafik Hariri a été assassiné au moment où il nouait le dialogue avec le Hezbollah, Hassan Nasrallah aurait dû être assassiné à son tour, un an plus tard. Mais les services secrets de l’armée libanaise déjouèrent le complot[voir Note 2 en fin d'article].

Au cours du premier week-end d’avril 2006, l’armée arrête neuf « membres bien entraînés d’un réseau », huit Libanais et un Palestinien, qui préparaient l’attentat. Ce « groupe d’individus organisés, tous professionnels et bien entraînés » devait l’exécuter lors de la séance du Dialogue national qui se déroulait alors entre les chefs des fractions politiques libanaises, avec la médiation ostentatoire de l’Égypte et de l’Arabie saoudite, et la discrète et efficace présence russe.

Le général de brigade Saleh Suleiman, porte-parole de l’armée, déclare que l’affaire en était « au stade de la préparation » et n’avait pas encore atteint le « stade de l’exécution ». La bande avait espionné depuis début mars tous les déplacements de Nasrallah et était équipée de roquettes anti-chars qui, le jour de l’attentat, devaient faire sauter le véhicule blindé du secrétaire général du Hezbollah. Les autorités mettent la main sur un important arsenal de lance-roquettes, grenades à main, fusils à pompe, fusils mitrailleurs, pistolets et silencieux ainsi que toute une batterie d’ordinateurs et de CD-ROM.

Selon le quotidien libanais As-Safir, il était prévu qu’un tir de roquettes de fabrication états-unienne fasse sauter Nasrallah et son véhicule blindé, le 28 avril à Beyrouth[iii]. Selon les interrogatoires des prévenus menés par le juge militaire Rashid Mizher, 90 personnes au moins étaient impliquées dans la préparation du crime. Certaines d’entre elles auraient épié le convoi de Nasrallah durant 40 jours, tandis que d’autres auraient transformé un garage en cache d’armes, où elles auraient dissimulé des roquettes états-uniennes, des fusils mitrailleurs russes et des grenades à main chinoises. Les organisateurs avaient aussi essayé de se procurer du C4 et d’autres explosifs, car ils projetaient d’autres assassinats de personnalités ainsi que des attentats à l’explosif, y compris contre des mosquées.

Les conjurés – qui avaient été arrêtés à proximité du quartier général du Hezbollah au Sud de Beyrouth, sont d’abord interrogés par des hommes appartenant aux services secrets militaires avant d’être remis aux mains du juge des affaires militaires. Les autorités poursuivent leur recherche d’autres complices et tentent de démasquer les commanditaires, c’est à dire « tout État ou parti qui financerait, entraînerait et équiperait le réseau ».

Commentant ces informations, Hassan Nasrallah met en garde ses concitoyens. Selon lui, ce complot, comme l’assassinat de Rafik Hariri et de plusieurs autres personnalités, participe d’un plan unique de sabotage du dialogue national et de relance de la guerre civile[iv].

Un ancien député, membre du Mouvement du Futur (le parti du clan Hariri) avait procuré aux conjurés des permis de port d’armes de différentes catégories. Cet homme, Salim Diyab, ancien directeur de campagne de Hariri junior, ancien ami intime de Hariri senior est considéré comme étant le « chef offensif de la branche politico-militaire » de son parti. Dès juillet 2005, il avait fait distribuer des armes à ses partisans. Un membre du Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt est également arrêté par la police.

L’anéantissement du réseau terroriste préserve le pays des troubles politiques internes. Selon des informations qui filtrent des milieux libanais du renseignement, le groupe terroriste comptait sur l’assassinat de Nasrallah pour provoquer dans le pays – à l’image de ce qui se passe en Irak – des tensions religieuses sectaires entre sunnites, chiites, alaouites, duzes, maronites, coptes, etc. (suite…)


Les gouvernements israéliens successifs sont déjà assis sur un gros paquet de résolutions de l’ONU, alors je doute qu’Israël en ait quelque chose à foutre d’une éventuelle "action judiciaire intentée par des organisations internationales". Et vu l’impunité dont bénéficie Israël en occident, vu la mainmise du lobby pro-israël sur la politique de Barack Obama et de l’Union Européenne, il y a fort à parier qu’il n’y aura jamais d’action judiciaire.

[Amos Harel - Ha’aretz, 15 février 2009 - Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant]
Les enquêtes internes effectuées l’armée à propos de l’offensive récente dans la bande de Gaza indiquent que l’armée pourrait faire face à d’importantes difficultés pour expliquer l’étendue des destructions de maisons de civils durant les combats. Une source militaire, partie prenante de ces enquêtes, a dit à Ha’aretz : "Pour nous, il est clair que, dans une partie des secteurs de combat, des dégâts incommensurables ont été infligés, très difficilement justifiables d’un point de vue juridique, en particulier si ces justifications sont apportées dans le cadre d’une action judiciaire intentée par des organisations internationales."

Au cours des combats, l’armée a détruit des centaines de maisons situées dans différents secteurs, et des sources palestiniennes estiment que plusieurs milliers de bâtiments ont subi des dégâts. Une partie d’entre été aux a été touchée par des frappes aériennes, d’autres au cours de combats terrestres dans des zones urbaines densément peuplées. D’autres bâtiments encore ont été endommagés pas des bulldozers ou par des explosions contrôlées, en conformité avec des ordres reçus de commandants de bataillons ou de brigades sur le terrain.

Des officiers supérieurs attachés aux unités qui ont opéré à Gaza le mois dernier affirment que les bulldozers de l’armée étaient très demandés pendant les combats. Des commandants de brigade sont souvent intervenus pour qu’on fournisse ces bulldozers à leur unité.

La semaine dernière, la chaîne 2 de télévision israélienne rapportait que, selon les estimations de l’échelon militaire, environ un tiers des morts pendant les combats étaient des « civils non concernés pas les combats », chiffre bien plus haut de source palestinienne. L’armée estime qu’il s’agit d’un chiffre raisonnable compte tenu de l’étendue des combats, relativement conforme aux chiffres des victimes des opérations américaines en Irak ou de celles de l’OTAN en Afghanistan.

Pour la plupart des procédures judicaires concernant les victimes civiles, l’armée compte arguer du fait qu’elles constituent un « dommage collatéral », c’est-à-dire des conséquences inévitables quand un ennemi se cache parmi une population civile, ou bien d’erreurs de direction de tirs, comme dans le cas très médiatisé de la mort de plusieurs membres de la famille du Dr  Abou al-Aish dans le camp de réfugiés de Jabalya (1).

Cependant, les destructions massives de maisons seront plus difficiles à expliquer d’un point de vue juridique. Les enquêtes révèlent que dans de nombreux cas, des officiers ont donné l’ordre de détruire des maisons qui obstruaient la « ligne de mire » d’une position israélienne, ou parce qu’ils considéraient que ces maisons étaient susceptibles d’être utilisées pour menacer leur propre sécurité. Dans d’autres cas, des maisons ont été détruites après des explosifs ou des Kalachnikov ont été découverts à l’intérieur, même quand il aurait été possible d’effectuer une explosion contrôlée qui aurait causé des dégâts limités.

Dans plusieurs dizaines de cas, des maisons ont été détruites à partir de soupçons (qui se sont révélés infondés) selon lesquels elles cachaient des tunnels souterrains de contrebande d’armes. Un représentant du département juridique de l’armée a dit qu’il serait extrêmement difficile de justifier de telles opérations. Dans plusieurs cas, il semble y avoir eu de gros écarts dans le volume des destructions entre différents secteurs de combat, écarts dus, semble-t-il, à des différences de méthodes de commandement des officiers supérieurs.

(1) Voir http://www.lapaixmaintenant.org/article1915

http://www.haaretz.com/hasen/spages/1064161.html


[Michel Collon - 14/01/2009]
Cher Monsieur Obama,
Vous avez déclaré à propos du conflit entre Israël et les Palestiniens : "Si quelqu’un tirait des roquettes sur ma maison où mes deux filles dorment chaque soir, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour faire cesser cela."

Protéger vos enfants ? Comme je vous comprends! Mais, pour être tout à fait correct envers vos filles, ne devriez-vous pas leur raconter l’histoire de cette maison ? Dire que vous l’avez volée à ses propriétaires ? Et aussi le jardin, et tous les champs autour ! Et que vous avez obligé l’ancien propriétaire à aller vivre dans la niche du chien ? Car c’est exactement ce qu’Israël a fait en volant leurs maisons et leurs terres aux Palestiniens, et en les forçant à vivre dans des camps de réfugiés (voir les livres d’historiens israéliens comme Benny Morris).

Dès lors, cher Monsieur Obama, pourriez-vous prétendre vivre dans cette maison tranquillement, comme si de rien n’était ?

Alors, juste une question : votre "changement" consistera-t-il à répéter ces vieux mensonges sur la maison, déjà ressassés par tous vos prédécesseurs ?

Recevez, cher Monsieur Obama, mes meilleurs sentiments. Et dites à vos amis que, sur cette terre de Palestine, il y a de la place pour tout le monde. A moins qu’une différence de religion ou de couleur de peau pose un problème à quelqu’un ?

Michel Collon
http://www.michelcollon.info


[Dov Lerner - IES Media Cooperative - 10/01/2009 - Trad. Gregoire Seither]
(…)Basé à Nazareth, le journaliste Jonathan Cook estime que l’attaque contre Gaza relève d’objectifs allant bien au delà de la simple riposte aux tirs de roquettes Qasam.

"Les politiques et les militaires israéliens avouent sans ambages que cette opération est préparée depuis des mois, voire depuis des années – ce qui démontre que les objectifs d’Israël sont bien plus vastes que ce que l’opinion publique le pense ou ce que les médias veulent nous faire croire. Israël a soigneusement choisi le moment de l’attaque – en période de fêtes, les appareils politiques occidentaux sont ralentis et aux US le changement d’administration freine toute réaction – car celle ci lui garantit la plus longue période de latitude pour mettre en œuvre son plan sans interférence diplomatique extérieure." (Cook, – "Objectives bigger than commonly assumed"-  The National, Janvier 7, 2009; http://www.thenational.ae/article/20090107/FOREIGN/679011682/1140)

Selon Cook, les objectifs d’Israël peuvent être atteints indépendamment du fait que Hamas est éliminé ou réussit à se maintenir. L’important est simplement d’écraser politiquement le mouvement palestinien.
Le journaliste israélien Avi Shlaim le rejoint dans cette analyse :

"Officiellement, le but de cette guerre est d’affaiblir le Hamas et d’intensifier la pression jusqu’à ce que les leaders de ce mouvement acceptent un cessez-le-feu aux conditions dictées par Israël. Mais les stratèges israéliens savent bien qu’un cessez le feu avec le Hamas ne garantit rien. Le véritable but est de convaincre le reste du monde que le problème des Palestiniens à Gaza est avant tout humanitaire et que leurs velléités d’indépendance ne sont pas viables. L’idée même d’une indépendance ou d’une citoyenneté Palestinienne sur Gaza doit être déraillée." (Shlaim, ‘How Israel brought Gaza to the brink of humanitarian catastrophe,’ The Guardian, Janvier 7, 2009; http://www.guardian.co.uk/world/2009/jan/07/gaza-israel-palestine)

Historiquement, les Etats-unis ont toujours soutenu financièrement, militairement et diplomatiquement Israël, tout en se targuant d’être une "force neutre de médiation". La guerre à Gaza a encore une fois prouvé que cette affirmation est un mensonge. La semaine dernière les US ont été le seul pays à refuser de signer la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU appelant à un cessez-le-feu immédiat. Comme le faisait remarquer la BBC "l’abstention US a affaibili l’impact de la résolution étant donné que le soutien de Washington aurait crée une véritable pression sur Israël pour cesser son offensive". (- Bombs hit Gaza as UN calls for truce,-  Janvier 9, 2009;  http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/middle_east/7819371.stm)

Mais c’est encore une fois Shlmo Shamir, dans le journal israélien Ha’aretz qui a fait le travail de fond en mettant au jour la véritable motivation politique des Etats-unis dans ce conflit – contrairement au reste des médias qui se contente de répéter ce que la machine de propagande lui sert.

Se basant sur une source au sein de la délégation de l’ONU, Shlomo Hamir révèle que l’ambassadeur US à l’ONU, Zalmay Khalilzad, "a recu des instructions très claires de la part de ses supérieurs au Département d’Etat avec ordre de torpiller toute initiative du bloc Arabe qui aurait pour conséquence d’accorder au Conseil de Sécurité de l’ONU un quelconque rôle d’arbitre officiel ou un rôle dans le dénouement de la crise de Gaza" (Shlomo Shamir, – U.S. to foil any Arab bid to push Security Council resolution for Gaza cease-fire,-  Haaretz, Janvier 5, 2009; http://www.haaretz.com/hasen/spages/1052887.html)

A la base de toute politique israélienne il y a toujours eu un rejet de toute initiative ou consensus international pour une résolution pacifique des problèmes au Moyen Orient. Pourquoi ? Parce que chacune de ces initiatives implique des concessions et des compromis qu’Israël n’a pas envie d’accepter.

L’écrivain Amos Elon parle de la "panique et du malaise causé chez nos leaders politiques par les propositions de paix arabes, comme l’Accord de Genève ou l’initiative de paix de 2002. Pour le leadership politique israélien, les Palestiniens ne sont pas des partenaires de négociation, ils sont perçus comme des obstacles, un problème irritant qu’il faut éliminer. (Cité par, Noam Chomsky, – Fateful Triangle,-  Pluto Press, London, 1999, p.75)

Noam Chomsky justement, qui écrit: "Au cours des ans, Israël s’est traditionnellement efforcé d’écraser toute résistance a ses projets d’annexion des parties de la Palestine qu’elle convoite, tout en éliminant le moindre espoir pour la population indigène d’avoir un jour une existence décente ou de jouir de droits nationaux." (Chomsky on the US, Israel, and Gaza,-  Janvier 8, 2009; http://www.thecommentfactory.com/noam-chomsky-on-the-us-israel-and-gaza-1298)

Toujours selon Chomsky: "L’élément clé de l’occupation a toujours été l’humiliation : il ne faut pas qu’ils [les Palestiniens] puissent relever la tête. Le principe de base, souvent exprimé ouvertement, est que les Araboushim – un terme qui relève du même registre que négro ou youpin – doivent bien comprendre qui c’est qui dirige ce pays et qui doit y garder les yeux baissés." (Chomsky, – Fateful Triangle,-  op. cit., p.489)

Le titre complet du dernier livre Jonathan Cook résume à lui tout seul la base de la politique israélienne : "Disappearing Palestine: Israel’s experiments in human despair". Caché derrière "un masque de fausse légitimité", Israël "s’est efforcé de détruire l’identité Palestinienne en même temps que son espace vital et de s’approprier ses ressources et la terre par la force." (Cook, – Disappearing Palestine,-  p.70)

Pour Uri Avnery, militant de longue date pour la paix, le blocus de Gaza – poliment ignoré par les médias ces dernières années – "n’est rien d’autre qu’une expérience scientifique menée par Israël afin de déterminer combien de temps il faut enfermer et affamer une population, transformer sa vie en un enfer, avant que la volonté de cette population soit brisée." Pour Avnery "la guerre actuelle n’est que la poursuite de cet expérience par d’autres moyens." (Uri Avnery, – Molten Lead in Gaza,-  Counterpunch, Janvier 2-4, 2009; http://www.counterpunch.org/avnery01022009.html)

(…)Pour de nombreux Israéliens, le taux de naissance élevé chez les Palestiniens fait d’eux une "bombe à retardement démographique"; à plus forte raison la présence de 1,2 millions de Palestiniens sur le territoire israélien est une menace pour le caractère juif de l’Etat d’Israel.

En 2002, le général Eitan Ben Elyahu, ancien chef de l’armée de l’air israélienne a déclaré à la télévision "nous allons éventuellement devoir réduire le nombre de Palestiniens vivant dans les territoires" (Cook, op. cit., pp.134-135).

(…)Pour Jonathan Cook, l’ascension politique d’Avigdor Lieberman, un immigré de Moldavie qui dirige le parti d’extrême droite  raciste Israel Beitenu, est significatif de l’évolution de la société israélienne.

"Lieberman est le probable futur visage politique d’Israël. Il affirme ouvertement – et rencontre une audience grandissante dans la population – qu’il faut expulser la minorité Palestinienne d’Israël… rejoignant par là une politique formulée secrètement par un certain nombre de leaders politiques israéliens depuis un certain temps." (Ibid., pp.139-140)

Le premier dirigeant d’Israël, David Ben Gurion, se faisait déjà l’avocat d’un projet de nettoyage ethnique qui aurait terrorisé les Palestiniens afin de les forcer à fuir le pays.

Même des personnalités progressistes, comme l’historien Benny Morris, "ont fini par rejoindre le nombre grandissant d’Israéliens soutenant cette idée d’une expulsion générale des Palestiniens, ou plutôt leur transfert, comme on préfère appeler cela." (Ibid., p.141) Ironiquement, le terme de "transfert" était également utilisé par les Nazis pour légitimer la déportation des populations juives d’Europe vers les camps.

Selon Cook les politiques Israéliens sont tentés par une répétition du modèle politique d’Apartheid sud-africain (NdL&I : Israël a été un fidèle soutien et partenaire économique de l’Afrique du Sud sous l’Apartheid). L’idée serait de transformer les zones de peuplement palestiniennes, essentiellement quelques villes, en ‘Bantoustans’ entourés de territoires contrôlés par Israël. Les colons israéliens disposeraient de la plus grande partie des terres arabes et auraient la mainmise sur les ressources aquifères.
Mais Cook prévient :

"Le modèle d’Apartheid n’est qu’une solution temporaire… Il faudra tot ou tard appliquer la solution définitive : le transfert. Le public israélien est déjà entrain d’être préparé psychologiquement à cette solution, avec des ministres du gouvernement appelant ouvertement à sa mise en oeuvre. Les Palestiniens devront être encouragés à quitter leurs maisons et leurs terres. Et s’ils refusent, il faudra les y forcer." (Ibid., pp.149-150)

L’historien Ilan Pappé note que toutes les grandes figures du Sionisme ont toujours plaidé pour l’élimination des Arabes de la terre d’Israël. L’un deux, Yossef Weitz, écrivait déjà en 1940: "il est de notre droit de transférer les Arabes" et encore "Il faut se débarasser des Arabes, ils doivent partir !" (Pappé, – The Ethnic Cleansing of Palestine,-  OneWorld, Oxford, 2006, p.23)

En 1948, David Ben-Gurion argumentait déjà :

"Nous devons faire appel à la terreur, les assassinats, l’intimidation, la confiscation des terres et la privation de tous services sociaux, santé, éducation afin de débarrasser la Galilée de toute sa population arabe." (Edward S. Herman and Grace Kwinjeh, – Ethnic Cleansing: Constructive, Benign, and Nefarious – Kafka Era Studies, No. 1,-  ZNet, August 9, 2006; http://www.zmag.org/znet/viewArticle/3419)

50 ans plus tard, en 1998, Ariel Sharon disait la même chose :

"C’est le devoir de tout leader israélien d’expliquer à l’opinion publique, de manière claire et courageuse, un certain nombre de réalités qui ont été oubliées avec le temps. La première de ces réalités est qu’il n’est pas possibles d’avoir le Sionisme, la colonisation ou l’existence d’un Etat juif sans l’expulsion de tous les Arabes et l’expropriation de leurs terres." (Ibid.)

Le 24 mai 2006, Ehud Olmert, premier ministre israélien a déclaré devant le congrés "J’ai toujours été persuadé et je continue à le croire, que notre peuple dispose d’un droit éternel et historique sur l’intégralité de cette terre." (Ibid.)

Plus inquiétant est le fait que, dans les sondages, près de 60 % des juifs israéliens soutiennent des projets pour encourager ou forcer les Arabes à quitter non seulement Israël mais également les territoires occupés. (Cook, op. cit., p.141)

Dans leur ouvrage, Edward Herman et Grace Kwinjeh démontrent que, "si les guerres brutales menées par Israël contre le Liban en 1982 et en 2006, ont été présentées par les médias comme un acte d’auto-défense contre la menace des Palestiniens puis du Hezbollah, le projet original était d’annexer une importante partie du territoire libanais, sous prétexte d’établir une zone de sécurité afin d’empêcher de futures attaques contre Israël". (Herman and Kwinjeh, op. cit.)

Ce mouvement de "reprise de notre terre", pour utiliser le vocabulaire Sioniste, nécessite l’appropriation par la force de territoires qui appartiennent déjà à d’autres. En ce sens, font remarquer Herman et Kwinjeh, le "modèle Sioniste est un exemple classique d’expansion d’une entité géopolitique – le Grand Israël, la Grande Allemagne, la Grande Serbie. A noter que le projet de Milosevic de "reconquête de notre terre historique" afin de construire la "Grande Serbie" a été qualifié "d’opération criminelle" par le TPI et Milosevic a été condamné pour l’avoir mis en œuvre. Ce projet est pourtant semblable en tous points au projet Sioniste" (Ibid.)

L’attaque en cours sur Gaza est donc bien plus qu’une opération de restauration de la fierté militaire après les échecs au Liban en 2006, bien plus que la simple élimination des attaques de Qasam et la destruction politique du Hamas. L’objectif fondamental est la poursuite du plan stratégique d’Israël mis en œuvre depuis les premiers jours de Théodor Herzl: rendre la vie impossible aux Arabes afin de les obliger à partir et laisser le pays aux seuls juifs.


La mauvaise conscience occidentale, les tabous mentaux que nous nous imposons quand il s’agit d’Israël, la matraque de la peur d’être traité d’antisémite… tout cela facilite considérablement la tache du Service de Propagande de l’Etat d’Israël qui a mis en place, ces 20 dernières années, une infrastructure conséquente d’orientateurs de l’info. Il y a bien sûr des journalistes et commentateurs qui participent délibérément à cette opération de légitimation de la politique israélienne, mais la grande majorité n’a même pas conscience de régurgiter de la propagande et de se laisser filtrer son regard.

Malheureusement, les faits étant tétus et la meilleure propagande ne pouvant masquer complètement les crimes commis, peu à peu le vernis de "supériorité morale" qu’Israël veut nous imposer est entrain de se craqueler. Cela a commencé en 1982 avec l’invasion du Liban et Gaza n’en est qu’une nouvelle illustration.

GAZA : MÉDIAS EN GUERRE
[Acrimed - Yves Rebours - 6 janvier 2009]

Qu’ils le veuillent ou non, les médias sont toujours, volontairement ou pas, des acteurs des guerres qu’ils prétendent observer. Et force est de constater que la plupart des quotidiens nationaux (si l’on excepteL’Humanité) soutiennent explicitement la guerre israélienne que les médias de consensus (comme le sont les radios et les télévisions qui tentent de fédérer les publics les plus larges) soutiennent tacitement. Ce soutien peut être délibéré (même si cela ne va pas sans quelques contorsions) dans les éditoriaux de la presse écrite ; il est parfois plus ou moins involontaire quand l’information, sous couvert de neutralité, présente comme équivalents les adversaires en présence et, du même coup, privilégie le plus puissant d’entre eux.

Premier relevé du champ de bataille de l’information que des analyses plus précises viendront peu à peu étayer, préciser et, le cas échéant, modifier.

La plupart des médias ont commencé par présenter les bombardements israéliens contre Gaza comme des « représailles » contre la reprise des tirs de roquettes ou une riposte de « légitime défense » contre ces mêmes tirs. De l’aveu même des responsables israéliens (qui ont même fini par en convaincre quelques médias français), l’armée israélienne avait mis à profit la trêve pour préparer, non pas préventivement, mais offensivement les opérations militaires (tandis que le Hamas de son côté se préparait lui aussi à la rupture officielle de la trêve).

Variante : la plupart des médias ont présenté les bombardements comme une réponse à la rupture de la trêve par le Hamas. Or, de l’aveu même de quelques-uns de ces médias, la trêve n’a jamais vraiment eu lieu : non seulement les premières ruptures militaires sont venues de l’armée israélienne, mais le gouvernement israélien n’a jamais respecté les conditions de cette trêve, à commencer par la fin du blocus imposé à la population de Gaza.

Il n’empêche : épousant les premières déclarations du gouvernement israélien, la plupart des médias ont présenté les objectifs de l’offensive militaire israélienne comme une tentative de mettre un terme aux tirs de roquettes et, pour cela, de détruire l’infrastructure militaire du Hamas. Or, de l’aveu même de responsables du gouvernement israélien, c’est l’existence même du Hamas et de l’autorité qu’il exerce à Gaza qui est visée. Mais il fallut plusieurs jours de bombardements pour que quelques médias français finissent par s’en rendre compte.

Il n’empêche : épousant encore les déclarations du gouvernement israélien, la plupart des médias ont présenté les cibles les bombardements comme des cibles militaires, mais ils ont soigneusement gardé pour eux le fait que pour l’armée israélienne tous les membres et sympathisants du Hamas sont des militaires (qu’il s’agisse de ceux qui agissent comme tels, de la police ou plus simplement de sympathisants sans armes) et, que pour ces mêmes militaires, toutes les infrastructures administratives et civiles de Gaza sont des repères d’islamistes.

Il n’empêche : la plupart des médias, dès le début, ont affecté de croire que les bombardements israéliens n’ont fait qu’accidentellement des victimes civiles… Ainsi s’établirait – c’est un distinguo qu’affectionne le gouvernement israélien – la différence entre le terrorisme du Hamas et la guerre d’Israël. Or même si les victimes civiles ne sont pas intentionnellement visées, c’est intentionnellement que sont menées des opérations militaires qui les rendent inévitables. Un massacre n’est pas une « bavure » : la plupart des médias français peinent manifestement à l’admettre, même quand ils finissent par s’inquiéter des risques d’une « catastrophe humanitaire ».

De même, le blocus imposé à Gaza par le gouvernement et l’armée israéliens relève des actes (et même des actes de guerre) qui visent délibérément la population civile que l’on tente ainsi de désolidariser du Hamas. Le blocus, pendant 18 mois, a sans doute fait plus de victimes civiles (y compris de morts prématurées) que les tirs de roquettes. Dire cela, ce n’est en rien justifier la fin poursuivie et les moyens employés par le Hamas : c’est énoncer un simple fait.

Il n’empêche : Le Monde qui ajuste régulièrement le droit international à ses convictions, a pu, dans un éditorial, réserver aux effets des tirs du Hamas l’accusation de « crimes de guerre »… et réserver quelques larmes aux victimes palestiniennes. Et la plupart des médias français d’expliquer ou de laisser entendre qu’il fallait distinguer entre les victimes fâcheuses du blocus et des opérations de l’armée israélienne et les victimes innocentes des actions du Hamas. Quant à s’alarmer de la formidable différence du nombre des victimes, ce serait sans doute nuire à la clarté des distinctions juridiques ou morales !

Ainsi, avant même que ne commencent « les opérations terrestres »(comme on dit pour éviter d’avoir à parler d’une invasion) des informations étaient taillées à la mesure des commentaires. Or ceux-ci, dans la plupart des quotidiens nationaux ont déploré, pour reprendre le langage des plaidoiries diplomatiques, un « usage disproportionné de la force », en condamnant non seulement la politique du Hamas, mais aussi, comme ils l’ont toujours fait par le passé, toute résistance des Palestiniens, et en adressant au gouvernement israélien les admonestations morales et les conseils politiques dont il ne tient aucun compte depuis soixante ans.

Pourtant, Laurent Joffrin, dès le 29 décembre, était déjà inquiet d’une éventuelle dégradation de la « supériorité morale » d’Israël (sic) – Évoquant la dénonciation par Israël des tirs du Hamas sur les colonies situées à la frontière de Gaza, Laurent Joffrin écrit : « On a raison de dénoncer les attaques contre les populations ; mais on court le risque de perdre sa supériorité morale quand on recourt aux mêmes méthodes meurtrières ».

C’était avant l’invasion de Gaza…

A suivre, hélas.

Yves Rebours

http://www.acrimed.org/article3042.html


[Mecanopolis - Janvier 2009]

Boycott d’Israël

Le code barre sur la plupart des produits israéliens commence par : 729

Parmi les produits israéliens :

- Carmel (fruits et légumes)
- Jaffa (fruits et légumes)
- Kedem (avocats)
- Coral (Cerises)
- Top (fruits et légumes)
- Beigel (biscuits apéritifs)
- Hasat (agrumes)
- Sabra (repas complets)
- Osem (soupes, snacks, biscuits, repas complets préparés)
- Dagir (conserves de poissons)
- Holyland (miel, herbes)
- Amba (conserves)
- Green Valley (vin)
- Tivall (produits végétariens)
- Agrofresh (concombres)
- Jordan Valley (dattes)
- Dana (tomates cerises)
- Epilady (appareils d’épilation)
- Ahava (cosmétiques de la Mer morte)

Les produits des entreprises qui soutiennent l’Etat d’Israël (américaines ou européennes) (suite…)


Le futur Président des Etats-Unis n’a pas encore perdu sa peur d’Israël… pour se convaincre de l’influence du lobby pro Israël aux Etats-Unis, il suffit de regarder le silence géné du camp Obama face au massacre en cours à Gaza. Si volubile pendant la campagne, notre Barack est soudain devenu bien silencieux. Surtout ne pas mécontenter l’AIPAC et ses faucons Likudnik, défenseurs de la purification ethnique et du Grand Israël.

LE TEMPS EST VENU D’ARRÊTER D’AVOIR PEUR D’ISRAËL
[Sam Smith - Undernews - 08/01/2009 - Trad. Gregor Seither]

Chaque fois qu’Israël fait quelque chose de mauvais ou de stupide,  vous pouvez presque entendre le bruit des gens de gauche, humanistes et progressistes qui se précipitent vers un abri pour se cacher. Si vous écartez toute la rhétorique et les excuses, vous trouverez à la racine un fait très simple : les gens n’aiment pas qu’on les traite d’antisémite.

L’accusation d’antisémitisme est une matraque dont Israël a su si bien se servir que les USA ont, à ce jour, fait cadeau de plus de 100 miliards de dollars à Israël, juste pour faire plaisir à ce petit pays. En échange, Israël nous a gratifié d’une pléthore de conflits inutiles, nous a rendu extrèmement impopulaires dans le monde musulma, ce qui a contribué de manière significative aux attentats du 11 septembre et à la mise en place de cette folie qu’est la Guerre au Terrorisme, qui dévore nos budgets et nos libertés individuelles. Israël a, par ailleurs, mis sous tutelle une partie de la politique des Etats-Unis, n’hésitant pas à menacer directement des élus US s’ils ne se plient pas à ses oukazes… sans parler des nombreux espions israéliens implantés dans notre pays et dont on découvre régulièrement de nouvelles occurences. Quel autre pays au monde, favorisé à ce point là par notre pays, a été aussi réticent à nous rendre la faveur ?

Les attaques israéliennes sur Gaza, par exemple, sont non seulement brutales, inexcusables et une violation du droit international, elles constituent également une tentative directe de la part d’Israël de forcer la main de la politique étatsunienne, en créant une situation sur le terrain qui interdira toute lattitude d’action à la future administration Obama.

Et, comme par le passé, cette stratégie israélienne fonctionne à merveille parce que, même dans les milieux U.S. qui se disent informés et intelligents, dans les médias et groupes progressistes, tout le monde a peur de critiquer Israël.

Si par contre, vous êtes d’avis que le fait de tolérer, voire de soutenir par votre silence, une guerre cruelle et inutile est plus grave que le fait de se faire traîter d’antisémite, alors il est temps d’être aussi courageux vis à vis des accusations de l’extrème droite pro-Israël que nous le sommes habituellement vis à vis de celles de la droite néolibérale comme Ann Coulter ou Rush Limbaugh. Après tout, les arguments dont se servent les défenseurs sans nuances d’Israël relèvent généralement de la même logique de débat : on balance des accusations indéfendables et maximalistes afin de noyer le débat et obliger l’autre à se justifier sur un point qui n’a rien à voir. Dans le cas des Pro-Israël on utilisera ainsi l’évocation constante de la Shoah et on instrumentalisera de manière honteuse les victimes du passé pour légitimer des actions néfastes et balayer d’un revers de la main les victimes de crimes commis aujourd’hui. "Comment osez vous nous critiquer, après tout ce que nous avons souffert…".

Mais il suffit de faire le pas libérateur en vous disant qu’après tout, vous n’en avez rien à faire de ce que Abe Foxman* raconte sur vous, pour que soudain toute la problématique du Moyen-Orient se présente de manière totalement différente. (NdL&I : Abe Foxman est le très médiatique et très manipulateur président de la Anti-Defamation League, connu pour terroriser les médias et les politiques en lançant des accusation d’antisémitimse à tout va. A force, face à la débilité croissante de bon nombre de ces accusations, Foxman a fini par lasser…. )

Et soudain vous êtes libre de vous poser des questions jusque là réprimées par peur d’être mal vu : ainsi vous découvrez que des gens tout à fait respectables évoquent ouvertement la possibilité de mettre en place un boycott d’Israël afin de faire pression de manière non-violente sur ce pays. Ainsi, le président de l’Assemblée Générale de l’ONU, par exemple, Miguel D’Escoto Brockman a déclaré il y a 15 jours  "Il y a plus de vingt ans, nous, au sein des Nations Unies, avons pris la suite du leadership de la société civile lorsque nous avons reconnu que les sanctions étaient nécessaires, comme moyen non-violents pour faire pression sur l’Afrique du Sud afin qu’elle cesse ses violations. Aujourd’hui, nous, les Nations Unies, devons suivre le mouvement de la nouvelle génération de la société civile qui demande des campagnes non violentes de boycott similaires, de désinvestissement et de sanctions afin de pousser Israël à cesser les violations." D’autres personnalités lui ont emboité le pas… nonobstant le fait que Foxman et l’ADL multiplient les campagnes médiatiques pour nous dire que "Boycott d’Israël égale antisémitisme".

Ce boycott pourrait ainsi frapper un certain nombre de sociétés bien connues : AOL Time Warner, Coca-Cola, Disney, Estee Lauder, IBM, Johnson & Johnson, L’Oreal, Nokia, Revlon, Sara Lee, Home Depot, Starbucks, Timberland, ou encore McDonald’s. Il pourrait aussi se concentrer sur une ou deux enseignes visibles, pour des questions d’impact médiatique et de facilité d’organisation.

Une autre approche pourraît être une campagne politique pour réduire l’aide accordée à Israël. Commençons par une modeste réduction de 10%  – soit 300 millions US$ – qui enverrait un premier signal aux autorités israéliennes et les ferait peut-être réfléchir.

Si vous n’arrivez pas à vous résoudre à être aussi dur vis à vis d’Israël que l’a été le Congrés des Etats-Unis vis à vis des ouvriers de l’industrie automobile (NdL&I : le congrès a refusé de voter l’aide financière pour sauver l’industrie automobile), il existe bon nombre d’autres méthodes pour manifester votre mécontentement vis à vis de la politique d’Israël. Vous pouvez par exemple soutenir des groupes comme le  New Israel Fund  <http://www.nif.org/&gt; qui tentent de poser un exemple de ce à quoi pourrait ressembler un Etat d’Israël progressiste.

Mais quelle que soit l’approche choisie, nous devrions tous prendre comme résolution de nouvelle année le fait de ne plus nous laisser intimider par les extrémistes pro Israël.  Ce sont des brutes de bac à sable et il est grand temps que nous les traitions comme il se doit pour ce genre de matamore.


Avec sa connerie habituelle, Dershovitz a déjà réagi à cette déclaration : "Brockman est un prêtre catholique, l’Eglise catholique a toujours été antisémite"… C’est si simple, la vision du monde sioniste. Si t’es pas avec nous 100%, t’es forcément antisémite…

Brockman_24_novembre
De sa tribune officielle, le président de l’Assemblée Générale appelle les Nations au Boycott d’Israël, pays Apartheid

[Malka Marcovic - 24/11/2008]

En 2001, lors de la Conférence mondiale contre le racisme à Durban, le document des ONG appelait les Nations à considérer Israël comme un pays d’Apartheid et à appliquer les mêmes sanctions que celle utilisées jadis contre le régime Sud Africain. Il aura fallu 7 ans pour que -  de textes en rapports, de résolutions en réunions – le processus fasse son chemin et que le Président de l’Assemblée Générale, le prètre sandinistre Miguel d’Escoto Brockman lance cet appel le 24 novembre depuis la tribune de l’Assemblée Générale de l’ONU.

"J’ai parlé ce matin de l’Apartheid et de la manière dont les politiques israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés sont similaires à l’Apartheid à une époque plus ancienne sur un autre continent.

Je pense qu’il est important que nous utilisions ce terme ici aux Nations Unies. Nous ne devons pas avoir peur d’appeler les choses pour ce qu’elles sont. Ce sont les Nations Unies après tout qui ont adopté la Convention internationale contre le crime d’Apartheid, posant ainsi clairement à la face du monde que ce type de pratiques officielle de discrimination doit être considéré comme illégal où qu’elles se déroulent.

Il y a plus de vingt ans, nous, au sein des Nations Unies, avons pris la suite du leadership de la société civile lorsque nous avons reconnu que les sanctions étaient nécessaires, comme moyen non-violents pour faire pression sur l’Afrique du Sud afin qu’elle cesse ses violations.

Aujourd’hui, nous, les Nations Unies, devons suivre le mouvement de la nouvelle génération de la société civile qui demande des campagnes non violentes de boycott similaires, de désinvestissement et de sanctions afin de pousser Israël à cesser les violations.

J’ai assisté à un grand nombre de réunions sur les droits du peuple Palestinien. Je suis surpris que certains continuent d’insister et demandent patience alors que nos frères et sœurs sont crucifiés.

La patience est une vertu en laquelle je crois. Mais il n’y a rien de vertueux à être patient avec la souffrance d’autrui. (…)

J’ai beaucoup d’amour pour le peuple Juif, et cela a été vrai toute ma vie. Je n’ai jamais hésité à condamner les crimes de l’holocauste ou tout autre des nombreux abus commis contre nos frères et sœurs juifs.

Pourtant, cela ne les autorise à en abuser contre autrui, en particulier contre ceux qui ont eut historiquement des relations exemplaires avec le peuple Juif. "


[Thierry Meyssan - Mondialisation.ca - 05/01/2008]

Cet article a été publié en arabe par "New Orient News". Il n’a pas pu être diffusé sur le Réseau Voltaire, saboté depuis plusieurs semaines.

L’attaque israélienne contre Gaza, est une option préparée de longue date. La décision de l’activer a été prise en réponse aux nominations de l’administration Obama. Les changements stratégiques à Washington sont défavorables aux visées expansionnistes de Tel-Aviv. Israël a donc cherché à forcer la main de la nouvelle présidence états-unienne en la plaçant devant le fait accompli. Mais pour organiser son opération militaire, Israël a dû s’appuyer sur de nouveaux partenaires militaires, l’Arabie saoudite et l’Égype, qui constituent désormais un paradoxal axe sioniste musulman. Riyad finance les opérations, révèle Thierry Meyssan, tandis que Le Caire organise des paramilitaires.

Depuis le samedi 27 décembre 2008, à 11h30 (heure locale), les forces armées israéliennes ont lancé une offensive contre la bande de Gaza, d’abord aérienne, puis aussi terrestre à partir du 3 janvier 2009, 18h30 (heure locale).

Les autorités israéliennes déclarent viser exclusivement des sites du Hamas et prendre le maximum de précautions pour épargner les vies des civils. Dans la pratique, viser « des sites du Hamas » signifie détruire non pas seulement les sites de ce parti politique, mais aussi les logements de ses cadres et, surtout, tous les bâtiments officiels. En d’autres termes, l’opération actuelle vise à anéantir toute forme d’administration dans la bande de Gaza. Le général Dan Harel, chef d’état-major adjoint, a précisé: « Cette opération est différente des précédentes. Nous avons mis la barre très haut et nous allons dans cette direction. Nous ne frappons pas uniquement les terroristes et les lance-roquettes, mais aussi l’ensemble du gouvernement du Hamas. Nous visons des édifices officiels, les forces de sécurité, et nous faisons porter la responsabilité de tout ce qui se passe sur le Hamas et ne faisons aucune distinction entre ses différentes ramifications. ».

Par ailleurs, « faire son possible pour épargner les vies des civils » ressort de la pure rhétorique et n’a aucune concrétisation possible : Avec environ 3 900 habitants au kilomètre carré la bande de Gaza est un des territoires à plus forte densité de population au monde. Il est matériellement impossible d’atteindre les cibles choisies sans détruire en même temps les habitations voisines.

Les autorités israéliennes affirment agir en légitime défense. Selon elles, des tirs de roquette ont repris contre l’État juif depuis la rupture unilatérale du cessez-le-feu par le Hamas, le 19 décembre 2008.

Or, le Hamas n’a pas rompu de trêve. Une trêve de six mois avait été conclue entre Israël et le Hamas par l’intermédiaire de l’Égypte. Israël s’était engagé à interrompre le blocus de la bande de Gaza ; l’Égypte s’était engagée à rouvrir le point de passage de Rafah ; et le Hamas s’était engagé à stopper les tirs de roquette contre Israël. Cependant, Israël et l’Égypte ne remplirent jamais leurs engagements. Le Hamas interrompit les tirs de roquettes durant des mois. Il les reprit en novembre à la suite d’une incursion israélienne meurtrière. Tirant le bilan de la duplicité de ses interlocuteurs, le Hamas a jugé inutile de renouveller un accord à sens unique. (suite…)


[Editorial - Riposte Laïque - n° 70 - 06/01/2008]

Il y a plusieurs années, j’avais été intéressé par une réunion publique organisée, en banlieue parisienne, par la Ligue des Droits de l’Homme. Le thème était : Paix au Proche-Orient, quelles solutions ? Espérant apprendre des choses, j’étais dans le public, au milieu de 500 personnes. A la tribune, entre autres, siégeaient l’animateur de ce débat, Daniel Mermet, le président de l’époque de la LDH, Michel Tubiana, Leila Shahid, représentante de l’autorité palestinienne en France, Bernard Ravenel, représentant des Comités Palestine, et un représentant de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP), qui s’exprimait avec un fort accent anglais.

La tribune eut la parole pendant deux heures et demie. Je fus stupéfait de l’unicité de tous les discours. Israël était le méchant agresseur, et les Palestiniens les innocentes victimes. Daniel Mermet en rajoutait, à chaque transition, dans cette vision manichéenne. Il s’excusa, après la dernière intervention, auprès de la salle, et expliqua qu’il restait très peu de temps pour le débat, donc demanda aux éventuels intervenants de faire très bref. Je bondis sur le micro, et demandai cinq minutes.

Agacé, Mermet m’en accorda trois. Un peu ému, je commencai en disant que ce conflit était attisé par deux extrémismes, l’extrême droite religieuse juive, et l’extrême droite religieuse islamiste. J’expliquai que les uns voulaient un grand Israël, débarrassé des Palestiniens, et que les autres voulaient rayer l’Etat d’Israël de la carte du monde. Je fis donc part de ma surprise devant le fait qu’on n’ait pas encore prononcé une seule fois le nom du Hamas. Je dis rapidement ce qu’était réellement le Hamas, et la ligne politique qu’il défendait. A la tribune, cela commençait à se trémousser nerveusement, et Mermet tenta de m’interrompre. Je lui arrachai une minute pour conclure.

J’ajoutai que j’avais apprécié qu’en France, juifs et arabes aient pu travailler ensemble contre le Front national, au sein de SOS Racisme, et que la solution, au Proche-Orient, ne pourrait voir le jour que si chaque camp isolait ses extrémistes religieux et défendait une société laïque. Je terminai en disant que je souhaitais des réunions plus équilibrées, de la part de la LDH, pour une plus grande crédibilité de l’objectif annoncé : la paix. Un grand silence accompagna toute mon intervention et lui succéda quelques longues secondes où on aurait pu entendre voler une mouche.

Visiblement irrité par mes propos, Mermet passa la parole à Tubiana. Celui-ci commença à dire que la montée de l’islamophobie et du racisme en France était grave. Je l’interrompis de la salle en lui disant que je n’avais pas prononcé le mot islamophobie, et que je le priais de répondre à ce que j’avais dit. Alors que Mermet avait annoncé que la réunion devait se terminer dans le quart d’heure qui suivait, les différents intervenants prirent encore la parole une heure pour me répondre, souvent laborieusement, et justifier leur silence sur le Hamas.

Pourquoi commencer ce premier édito de l’année par cette anecdote déjà ancienne ? Parce qu’elle illustre la dérive de toute une partie de la gauche, politique, associative et syndicale, sur la question palestinienne. Pour avoir publié, dans le numéro 69, la charte du Hamas (1), et l’avoir qualifiée de raciste, de sexiste et de totalitaire, et pour ne pas avoir épousé le discours compassionnel politiquement correct, notre journal (lire l’abondant courrier des lecteurs) a été l’objet de réactions extrêmement vives, et parfois d’injures, de la part de quelques contradicteurs.

Selon certains, nous serions des monstres indifférents devant la souffrance de la population de Gaza, et serions indulgents devant les massacres de l’Etat d’Israël, colonialiste, raciste, fasciste, qui veut exterminer les Palestiniens comme Hitler a voulu en finir avec les Juifs (pour faire court). (suite…)


Israéliens et Palestiniens engagent la bataille du web

[François Meurisse - Libération - 02/01/2008]

Vidéos, chats, blogs… Depuis le début de l’offensive sur Gaza, l’armée et les autorités israéliennes ne négligent aucun moyen pour faire passer leurs messages. Mais dans le territoire palestinien, on tente de briser le silence.

L’image est instable, en noir et blanc et il n’y a pas de son. Vendredi après-midi, cette vidéo avait pourtant été vue plus de 200.000 fois sur la Toile. D’une durée d’un peu moins de trois minutes, elle présente plusieurs hommes transférant d’un véhicule à un autre ce qui semble être des roquettes. Soudain, l’image se brouille, on distingue une explosion. L’armée israélienne vient de frapper. C’est elle qui a mis en ligne la vidéo sur son propre compte YouTube, créé le 29 décembre, et elle assure que les hommes filmés – et sans doute tués – sont des activistes du Hamas.

21 autres vidéos sont disponibles, certaines d’entre elles filmées par des drones (avions sans pilote), d’autres proviennent directement des caméras embarquées sur les missiles de l’armée. Il est ainsi possible de suivre le déroulement de l’offensive militaire israélienne – ou plutôt ce que les militaires acceptent d’en montrer, les journalistes internationaux étant toujours interdits d’accès à la bande de Gaza. (suite…)


Comme toujours, Mona Chollet voit clair, parle juste et réussit à capter et formuler ce qui nous bouillonne tellement dans le coeur, que cela n’arrive pas à sortir… Merci Mona !!!!  "L’shanah  haba’ah bifalastin" ?

Des « barbares » bombardés à Gaza

Construire l’ennemi
[Périphéries - Mona Chollet - Thomas Lemahieu - 1er janvier 2009]

Qu’elle était naïve, décidément, cette idée selon laquelle, avec l’expansion des moyens de communication, il ne serait plus possible de commettre une exaction sans que l’opinion internationale, aussitôt alertée, réagisse par une protestation unanime… Alors que, pour compenser ce rétrécissement spectaculaire de la planète, il suffisait d’intensifier en proportion les efforts de propagande. Les bombardements israéliens sur Gaza en offrent la démonstration la plus achevée.

Vous croyez voir une population prise au piège, privée de tout par un blocus inhumain, se faire massacrer par un Etat qui, soutenu par la première puissance mondiale et assuré, quels que soient ses forfaits, de ne jamais être inquiété, occupe illégalement des territoires et opprime un peuple depuis quarante ans, en violant sans cesse ses engagements ? Abracadabra !

Mais non : vous voyez un pauvre petit Etat merveilleusement démocratique se défendre contre les méchants islamistes qui veulent sa perte. Et le pauvre petit Etat est vraiment désolé de devoir au passage réduire en charpie quelques gamins – les seuls Palestiniens que l’on daigne considérer comme « innocents », ce sont les enfants ; et encore… – pour parvenir à atteindre les fourbes activistes méritant mille fois la mort qui se cachent lâchement parmi eux.

« A partir du moment où l’autre est l’ennemi, il n’y a plus de problème. » On avait déjà eu l’occasion de citer ici cette phrase par laquelle, dans le roman de Stéphanie Benson Cavalier seul, un personnage explique comment on peut justifier les pires crimes. Croit-on vraiment qu’un seul massacre ait pu se commettre sans que ses auteurs se persuadent et persuadent les autres qu’ils y étaient obligés par le danger que représentaient leurs victimes ?

Dans son livre La peur des barbares (Robert Laffont, 2008), Tzvetan Todorov rappelle : « Quand on demande aux policiers et aux militaires sud-africains pourquoi, au temps de l’apartheid, ils ont tué ou infligé des souffrances indicibles, ils répondent : pour nous protéger de la menace que les Noirs (et les communistes) faisaient peser sur notre communauté. "Nous n’avons pris aucun plaisir à faire cela, nous n’en avions aucune envie, mais il fallait les empêcher de tuer des femmes et des enfants innocents (1)." »

Transformer le faible en fort et le fort en faible

Ainsi, le sort fait aujourd’hui aux Gazaouis a été permis par une longue et obstinée construction de l’ennemi. Depuis le mensonge fondateur d’Ehud Barak sur la prétendue « offre généreuse » qu’il aurait faite en 2000 à Camp David, et que les Palestiniens auraient refusée, les politiciens et les communicants israéliens s’y emploient avec zèle ; et, ces jours-ci, ils intensifient leurs efforts (lire par exemple « Internet, l’autre zone de guerre d’Israël », Le Figaro, 31 décembre 2008).

Mais le 11 septembre 2001, en poussant l’Occident à la frilosité grégaire et au repli identitaire, leur a offert un terrain favorable en leur permettant de jouer sur la nécessaire solidarité des « civilisés » face aux « barbares » : innocence inconditionnelle pour les premiers, culpabilité tout aussi inconditionnelle pour les seconds. Dans son éditorial de Libération du 29 décembre, Laurent Joffrin met ingénument en garde Israël contre le risque de perdre sa « supériorité morale » : en effet, on frémit à cette hypothèse. Quant à Gilad Shalit, il n’est pas le soldat d’une armée d’occupation capturé par l’ennemi, ce qui fait quand même partie des risques du métier, mais un « otage » (2).

La focalisation hypnotique, obsessionnelle, sur l’« intégrisme musulman », relayée avec zèle par d’innombrables éditorialistes et tâcherons médiatiques, tous ces « meilleurs spécialistes de l’islam de tout leur immeuble » qui, conformément au désormais bien connu « théorème de Finkielkraut » (moins tu en sais sur le sujet dont tu causes, plus on t’écoute), y ont trouvé un fonds de commerce providentiel et l’occasion d’une gloire facile, est parvenue à persuader l’opinion occidentale que celui-ci représentait aujourd’hui le plus grand danger menaçant le monde.

« Pour ma part, je soutiens Israël et les Etats-Unis. La menace islamiste est, à mes yeux, beaucoup plus terrifiante », ânonne ainsi un intervenant sur un forum – les forums constituant un témoignage accablant de l’ampleur et de la réussite du lavage de cerveau. Bassiner jour après jour des citoyens occidentaux désorientés par l’évolution du monde et peu sûrs d’eux-mêmes avec la « menace islamiste » a eu pour effet de faire disparaître tout le reste, et en particulier de gommer comme par magie tout rapport de forces objectif.

Le résultat, c’est qu’un type qui insulte une femme voilée dans le métro parisien n’a pas l’impression de s’en prendre à plus faible que lui, mais de poser un acte de résistance héroïque (« M’agresser est quasiment vécu par l’agresseur comme de la légitime défense », observe Malika Latrèche dans Les filles voilées parlent). Et qu’Israël passe non pas pour l’agresseur, mais pour la victime : « Les Israéliens ont toute ma sympathie dans cette épreuve », lit-on sur les forums du Nouvel Observateur, alors que les Gazaouis pataugent dans le sang et les gravats.

Massacrer les Palestiniens pour libérer leurs femmes

Le matraquage sur l’« islamisme » a été si efficace que l’occupation israélienne, qui constitue pourtant la donnée première de la situation au Proche-Orient, a tout simplement disparu des radars. Au mieux, quand on reste un peu sensible au malheur palestinien, on fait comme s’il était symétrique au malheur israélien – toujours cette « fausse symétrie » que pointaient Denis Sieffert et Joss Dray dans La guerre israélienne de l’information. Si d’aventure l’opinion occidentale est quand même prise d’un doute passager, « euh, vous êtes sûrs que vous n’y allez pas un peu fort, là, quand même ? », elle est aussitôt invitée à se rappeler que, de toute façon, ces gens-là ne sont que des bêtes malfaisantes qui détestent les juifs par pure méchanceté d’âme (eh bien oui, pour quelle autre raison cela pourrait-il bien être ?) et qui oppriment leurs femmes – on espère que les femmes palestiniennes seront au moins reconnaissantes à Israël de les débarrasser de tels monstres en tuant leurs maris, leurs pères, leurs frères, leurs fils. Faut-il en déduire que le machisme mérite la peine de mort ? Dans ce cas, suggérons que la sanction soit aussi appliquée en Occident : je sens qu’on va rigoler. (suite…)


Gaza : de quelques fausses hypothèses Tom Segev

[Ha’aretz -  29 décembre 2008 - Trad : Gérard pour La Paix Maintenant]
La 1e chaîne (israélienne) de télévision a diffusé samedi matin un mélange intéressant : les correspondants parlaient depuis Sderot et Ashkelon, mais les images venaient de la bande de Gaza. Ainsi, le reportage émettait, involontairement, le message adéquat : un enfant de Sderot est comme un enfant de Gaza, et quiconque fait du mal à l’un ou à l’autre incarne le mal.

Mais l’assaut sur Gaza exige moins une condamnation morale que quelques rappels historiques. La justification qui en a été donnée, aussi bien que les cibles choisies, constituent une reprise des mêmes hypothèses fondamentales qui se sont révélées fausses, de tout temps. Ce qui n’empêche pas Israël de les sortir du chapeau, encore et toujours, guerre après guerre.

Israël frappe les Palestiniens pour leur "donner une leçon". Il s’agit là d’une conception qui accompagne l’entreprise sioniste depuis ses origines : nous sommes les représentants du progrès et des Lumières, de la rationalité et de la morale, alors que les Arabes ne sont que des foules primitives et violentes, des enfants ignorants qu’il faut éduquer et à qui il faut enseigner la sagesse, par la méthode de la carotte et du bâton, bien sûr, comme le conducteur de bestiaux le fait avec son âne.

Le bombardement de Gaza est aussi censé « liquider le régime du Hamas », ce qui correspond à une autre des hypothèses de base du mouvement sioniste : il est possible d’imposer aux Palestiniens un leadership "modéré" prêt à renoncer à leurs aspirations nationales.

Corollaire : Israël a toujours cru que les souffrances infligées aux civils palestiniens les retourneraient contre leurs dirigeants. Cette hypothèse s’est révélée fausse, à chaque fois.

Toutes les guerres d’Israël ont eu pour fondement une autre hypothèse encore : nous ne faisons que nous défendre. "Un demi million d’Israéliens sous le feu", hurlait le titre qui barrait la une du Yediot Aharonot de dimanche. Comme si la bande de Gaza n’avait pas été soumise à un siège de longue durée qui a détruit les chances d’une génération tout entière de vivre une vie qui vaille la peine d’être vécue.

Bien entendu, il est impossible vivre sous des tirs quotidiens de missiles. Mais le Hamas n’est pas une organisation terroriste qui retient les Gazaouis en otages. C’est un mouvement religieux nationaliste, et une majorité d’habitants croit en la voie qu’il a choisie (1). On  peut certainement l’attaquer, et les élections pour la Knesset à l’horizon, cette attaque pourrait même avoir pour effet un cessez-le-feu, d’une manière ou d’une autre. Mais il existe une autre vérité historique qui vaut la peine d’être rappelée dans ces circonstances : depuis l’aube de la présence sioniste sur la terre d’Israël, aucune opération militaire n’a jamais fait avancer le dialogue avec les Palestiniens.

Le cliché le plus dangereux de tous est qu’il n’y a personne à qui parler. Cela n’a jamais été vrai. Il existe même des manières de parler avec le Hamas, et Israël a quelque chose à lui offrir. Mettre fin au siège et permettre la liberté de circulation entre Gaza et la Cisjordanie pourrait remettre sur pied la vie dans la bande de Gaza.

Dans le même temps, il serait bon de dépoussiérer les vieux plans préparés après la guerre des Six Jours, qui prévoyaient le déplacement de plusieurs milliers de familles de Gaza vers la Cisjordanie. Ces plans n’ont jamais été mis en oeuvre parce que la Cisjordanie était destinée à la colonisation juive. Ce qui fut l’hypothèse la plus nuisible de toutes.

(1) Ceci reste à démontrer, les différents sondages indiquant plutôt le contraire, mais encore faudrait-il que les Gazaouis aient l’occasion de voter, et il semble que, compte tenu du régime en vigueur à Gaza, ce ne soit pas demian la veille (ndt).


[Centre Palestinien des Droits de l'Homme - 12/04/2008 - Trad. Hichem Benabli]

Rapport hebdomadaire sur les violations des droits de l’homme par Israël dans les territoires occupés – semaine du 3 au 9 avril 2008 :

- 8 Palestiniens, dont un enfant et un agriculteur dans son champ, ont été abattus par Tsahal dans la bande de Gaza.

- 5 de ces victimes, dont un enfant et son oncle, ont été abattues lors d’un raid de cinq heures mené par Tsahal dans l’Est de Gaza.

- Un enfant Palestinien a été écrasé par une voiture conduite par un colon israélien.

- 25 Palestiniens, dont 5 enfants, ont été grièvement blessés par les raids de Tsahal en Cisjordanie et à Gaza.

- Tsahal a mené 30 attaques militaires contre des villes en Cisjordanie et 7 raids contre Gazas.

- En Cisjordanie, Tsahal a arrêté 65 civils Palestiniens, dont 7 enfants et une jeune fille, tandis que, à Gaza, l’armée israëlienne a arrêté 10 autres civils, dont 3 enfants

- Tshal a arraché des oliviers et saccagé au moins 125 donums [31 hectares] de terres agricoles.

- Tsahal a endommagé plusieurs batiments et centres vitaux civils dans le nord de la ville de Gaza.

- Tsahal a mené des attaques contre les locaux d’ONG et d’organisations caritatives à Ramallah et à al-Bireh.

- Tsahal a fouillé et saccagé des locaux d’ONG, des mosquées et des magasins à Qalqilya, et fermé les locaux et entrepôts de 4 organisations caritatives.

- La crise énergétique à Gaza s’aggrave.

- 6 civils palestiniens ont été arrêtés par des soldats israéliens sur des check-point en Cisjordanie.

- 2 colons israéliens ont attaqué et menacé de mort une famille palestinienne à Nablus.

Résumé : Les violations des droits de l’homme et du droit humanitaire par Israël ont connu une importante escalade durant cette période, surtout dans les territoires occupés, notamment Gaza.  (3 – 9 April 2008):

http://www.reliefweb.int/rw/rwb.nsf/db900SID/ASAZ-7DKHQM?OpenDocument


Voilà qui montre encore une fois que le "désengagement" israélien est totalement bidon. Comment peut on parler d’autorité palestinienne quand c’est l’armée israélienne qui détient les clés des portes et des fenêtres du Ghetto ?

[Hichem Benabli - IES News Service - 17/4/2008]

L’ancien président Jimmy Carter, en voyage au Moyen-Orient, s’est vu refuser l’accès à Gaza par les autorités israéliennes, qui bloquent tous les passages frontière vers ce territoire, techniquement sous contrôle Palestinien. Le passage de Rafah, aus Sud, est contrôlé par l’Egypte qui en a également fermé l’accès.  L’ancien président US est boycotté par Israël à cause de son intention de rencontrer le chef du Hamas, Khaled Meshaal, à Dams, ce vendredi.  Il est la cible d’une violente campagne de dénigrement par le Lobby-Pro-Israël au Etats-unis et en Europe pour avoir affirmé, dans un ouvrage paru en 2006, que les territoires palestiniens occupés vivaient un "régime d’apartheid" et critiquant le mur qu’érige Israël sur des terres palestiniennes en Cisjordanie.


[20 Minutes - 10/04/2008]

Une rencontre entre un ancien président américain et le Hamas? Le quotidien «Washington Post» a repris jeudi, disant la confirmer, une information du journal arabophone «Al-Hayat» sur une rencontre, le mois prochain à Damas, entre Jimmy Carter et Khaled Mechaal, le chef du Hamas en exil en Syrie.

Si l’intéressé n’a pas confirmé, il n’a pas infirmé non plus. Et son ancien conseiller à la sécurité nationale, Zbigniew Brzezinski, a affirmé que rencontrer le Hamas – reconnu comme organisation terroriste par les Etats-Unis et l’Union européenne – était «une bonne idée».

Jimmy Carter, auteur l’année dernière d’un ouvrage très critique sur Israël, est l’artisan des accords de Camp David de 1978 entre l’Egypte et Israël. L’hypothèse de cette rencontre a provoqué une levée de mise en garde aux Etats-Unis. Le département d’Etat s’est ainsi dit défavorable à ce rendez-vous. «S’il se rend effectivement en Syrie, nous lui fournirons le soutien dû à un ancien président», a souligné le porte-parole du département d’Etat, Sean McCormack. Mais «le département d’Etat ne prendra pas part à l’organisation ni à la planification des rendez-vous avec les responsables du Hamas à Damas», a-t-il relevé. «Nous pensons que ce n’est pas dans l’intérêt de notre politique ni dans l’intérêt de la paix d’organiser un tel rendez-vous.»

http://www.20minutes.fr/article/224705/Monde-Jimmy-Carter-pourrait-rencontrer-personnellement-le-chef-du-Hamas.php


[Alain Gresh - Le Monde Diplomatique - 05/04/2008]

Lors d’un long entretien avec le quotidien palestinien Al-Ayyam publié à Ramallah le 3 avril, Khaled Meshaal, chef du bureau politique du Hamas a expliqué que son mouvement était favorable à une trêve avec Israël, à la condition que celle-ci soit globale et non limitée à la seule région de Gaza.

Par ailleurs, il a déclaré qu’il approuvait la position arabe concernant la création d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967. « La plupart des factions palestiniennes ont accepté le document signé en 2006 entre le Fatah et le Hamas affirmant qu’un Etat palestinien devait être établi dans les frontières de 1967, y compris Jérusalem ; cet Etat devrait disposer d’une souveraineté totale et le droit au retour devrait être reconnu. C’est la position palestinienne. C’est aussi la position arabe officielle avec des différences de détail. Israël doit donner son accord à une telle solution. »

Mais, lui demande-t-on, les Européens et les Américains disent que le Hamas veut la destruction de l’Etat d’Israël. Que répondez-vous ?

« Nous sommes un mouvement qui se tient au programme politique sur lequel nous nous sommes mis d’accord avec les autres factions palestiniennes, un programme qui est appuyé par le monde arabe. Donc les Américains et les Européens et les autres parties internationales devraient accepter cette réalité politique et nous juger en fonction de celle-ci. On ne juge pas les gens par ce que vous croyez qu’ils ont dans la tête, mais par ce sur quoi ils se sont engagés par écrit. Le défi principal auxquels les Américains et d’autres membres de la communauté internationale sont confrontés est de savoir comment forcer Israël à accepter ce que nous avons offert. C’est cela la solution. Après cela, que l’un veuille ou non reconnaître Israël c’est son affaire. »

Notons que Politis de cette semaine (N° 996, 3 avril) publie un entretien avec Ahmed Youssef, principal conseiller d’Ismaïl Haniyeh, « La division interpalestinienne ne sert qu’Israël », ainsi qu’un reportage d’Eugénie Rébillard sur Gaza, « Nous n’avons devant nous que des solutions extrêmes ».

http://blog.mondediplo.net/2008-04-05-Nicolas-Sarkozy-l-Afghanistan-et-l-universalisme#Ce-que-dit-le-Hamas


La hantise d’un "mouvement des droits civiques", dans lequel les  Palestiniens se mettraient soudain à scander "One Man, One Vote" fait depuis longtemps peur aux politiques en Israël. Ils savent que si les Arabes abandonnaient la violence pour réclammer l’égalité, Israël perdrait l’unique justification de sa politique militariste et expansioniste… et perdrait également le soutien d’une bonne partie de la gauche juive aux Etats-unis…

C’est pour cela que Israël encourage toujours les mouvements les plus radicaux (comme le Hamas, une fabrication israélienne pour saper Arafat) et s’arrange pour maintenir toujours une certaine tension sur le terrain, afin d’encourager la violence dont elle a besoin pour justifier son existence…

Ali Abunimah ne dit rien d’autre dans "Israël a besoin de la fiction d’un Etat Palestinien pour continuer à exister"

[Miko Peled - The Electronic Intifada - 29/03/2008 - Trad. JPP]
Maintenant que le Kosovo est un Etat indépendant, émergeant des ruines de l’ex-Yougoslavie, des parallèles sont tirés entre les Balkans et le Moyen-Orient. L’une des réactions à cet évènement émane de la ministre des Affaires étrangères d’Israël, Tzipi Livni. Cela ne la dérange pas si les Palestiniens suivent l’exemple des Kosovars et proclament un Etat ; ce qui l’inquiète, c’est que les Palestiniens réclament les mêmes droits que les Israéliens.

Ajoutant à la crainte des Israéliens de voir surgir une demande pour des droits égaux, Ahmad Khalidi écrit, dans un article récent dans The Gardian, qu’on n’a jamais proposé, comme actuellement, un Etat aussi peu attractif aux Palestiniens et que ceux-ci pourraient faire le choix qui est le « pire cauchemar d’Olmert » : appeler à un « véritable partenariat pour le partage du territoire ». Livni et Olmert ont dit que l’éventualité d’une telle égalité les empêchait de dormir, et ils ont de bonnes raisons pour cela.Une fois que le discours passe de « l’autodétermination » à « la liberté et à la démocratie », comme Ahmed Khalidi le fait remarquer, la marque sioniste de l’apartheid n’a plus qu’à s’effacer et à laisser la place à une démocratie laïque naissante.

Trois arguments vont être avancés ici en faveur de la transformation de l’Etat de ségrégation raciale qu’est Israël en un Etat de démocratie laïque sur l’ensemble de la Palestine/Israël historique :

1 – Pour parvenir à un règlement durable au conflit israélo-palestinien, il faut mettre un terme à la domination d’Israël sur la terre, les personnes et le discours, les deux côtés doivent négocier à égalité. Dans le même temps, toute recherche de solution doit prendre en compte le fait qu’Israël n’acceptera pas de bon gré une telle parité et s’emploiera de toutes ses forces à maintenir sa domination.

2 – Aussi longtemps que l’essentiel des efforts pour solutionner le conflit se concentrera sur la partition de la Palestine/Israël historique, il n’y aura aucune solution au conflit. L’idée de partition a aujourd’hui fait faillite et la défendre ne fait que permettre à Israël de dominer le discours et d’assurer son contrôle violent sur les Palestiniens et sur leur terre.

3 – La solution connue pour un seul Etat n’est plus une option avancée par quelques-uns, elle est maintenant devenue réalité ; les actes et les débats doivent maintenant se concentrer sur la transformation d’un système raciste, ségrégationniste aujourd’hui en place, en un système démocratique laïc de gouvernement. Le règlement du conflit ne consiste pas partager la terre avec toujours plus de ségrégation, mais à couper les institutions gouvernementales de leur identité unique, pour les deux côtés. L’Etat doit être au service de tous, représenter chaque Israélien et chaque Palestinien vivant entre le fleuve du Jourdain et la mer Méditerranée.

http://mcpalestine.canalblog.com/archives/2008/03/30/8528513.html 


Action internationale en solidarité avec Gaza 31 mars – 1er avril 2008
[ISM France - 29/03/2008]

En finir avec le siège de Gaza ! En finir avec la complicité du monde sur l’occupation et les crimes israéliens contre le peuple palestinien !

Un groupe de participants internationaux a décidé d’agir contre la complicité de nos pays dans le siège inhumain et dévastateur de la Bande de Gaza.

Une délégation constituée de participants d’Autriche, d’Ecosse, d’Espagne, de France, de Grèce, de Jordanie, d’Inde, d’Italie, de Norvège, des Pays-Bas, du Pays Basque, de Palestine, de Turquie, envisagent d’essayer d’atteindre le côté égyptien de la frontière avec Gaza pour livrer un camion de nourriture et de médicaments, et en protestation contre le siège inhumain imposé au peuple de Gaza, avec la complicité de nos propres gouvernements. (suite…)


Bruno Guigue a été limogé de son poste de préfet pour avoir écrit que les snipers israéliens abattaient des enfants. Dire des choses pareilles serait être "anti-israélien". Or c’est la vérité, comme le montre l’article du Guardian ci-dessous, écrit en 2005.

Snipers avec des enfants dans leurs lignes de mire
[The Guardian - UK - Chris McGreal chris.mcgreal@guardian.co.uk  - 29/06/2005  - Trad. ISM]

Ce fut le tir sur Asma Mughayar qui a balayé tous les derniers doutes que j’avais sur la façon dont les soldats israéliens tuaient tant d’enfants et de civils palestiniens.
Asma, 16 ans, et son plus jeune frère, Ahmad, ramassaient le linge sur le toit de leur maison au sud de la bande de Gaza au mois de mai l’an dernier quand ils ont été abattus par un sniper de l’armée israélienne.
Ni l’un ni l’autre enfant n’était armé ou ne menaçait le soldat, qui a tiré, invisible, par un trou percé dans le mur d’un bloc d’appartements voisins.

L’armée a dit qu’ils avaient sauté tous les deux sur une bombe palestinienne plantée dans le sol pour tuer des soldats. Les cadavres racontent une histoire différente.

A la morgue de Rafah, Asma était étendue avec un seul trou de balle dans la tempe; son frère 13 ans avait un seul impact de balle au front. Il n’y avait aucune autre blessure, certainement pas de conséquence à une explosion.

Confronté à cela, l’armée a changé son rapport et a prétendu qu’ils avaient été tués tous les deux par un tireur Palestinien, et ce malgré les preuves qui pointaient le repaire du sniper israélien.

Ce que les militaires n’ont pas fait, c’était de demander à ses soldats pourquoi ils ont donné un faux rapport des décès ou de parler aux parents des enfants ou aux autres témoins.

Quand les journalistes ont fait pression sur la question, l’armée a promis une enquête complète, mais quelques semaines plus tard elle a été tranquillement abandonnée. C’est devenu la norme dans une armée qui semble estimer qu’il vaut mieux se protéger de toute responsabilité que de vivre selon son affirmation d’être "l’armée la plus morale au monde".

Comme l’ont fait remarqué les parents de Tom Hurndall hier après la condamnation d’un sergent israélien pour l’homicide involontaire de leur fils, le soldat a été jugé seulement parce que la famille britannique a eu les ressources pour mettre assez de pression.

Mais il n’y a eu aucune justice pour les parents des centaines d’enfants palestiniens tués par des soldats israéliens. (suite…)


[London Review of Books - 06/03/2008 - Trad. CSCPP et Grégoire Seither]

Yonatan Mendel, est un  journaliste israélien de l’agence des nouvelles israélienne Walla et prépare un doctorat au Queens College de Cambridge qui analyse le vocabulaire employé en Israël pour parler du monde arabe)

Il y a un an j’ai postulé à un emploi de correspondant dans les territoires occupés pour le journal israélien Ma’ariv. Je parle couramment l’arabe, ai enseigné dans des écoles palestiniennes et ai participé à de nombreux projets israélo-palestiniens. Lors de l’entretien d’embauche, le patron m’a dit que je ne pouvais pas être objectif, étant donné que j’avais passé trop de temps avec les Palestiniens. J’allais certainement avoir des préjugés favorables vis à vis des arabes et cela se ressentirait dans mes papiers. Je n’ai donc pas eu le poste. J’ai ensuite postulé chez Walla, le site d’informations le plus populaire d’Israël et suis devenu leur correspondant pour le Moyen-Orient. J’ai rapidement compris ce que voulait dire Tamar Liebes, la directrice du Smart Institute of Communication à l’Université hébraique quand elle disait : "Les journalistes et les éditeurs se considèrent comme des acteurs au sein du mouvement sioniste et non comme des observateurs critiques et extérieurs."

Ceci ne veut pas dire que le journalisme israélien n’est pas professionnel. La corruption, la fracture sociale et la malhonnèteté sont dénoncés et analysés sans complaisance par la presse écrite et les médias radio-TV. Le fait que les israéliens aient su exactement ce que le President Katsav a fait ou n’a pas fait avec ses secrétaires prouve que les médias remplissent leur rôle de chien de garde, même si cela doit être embarassant pour le pays, tant au niveau national qu’international. Les affaires immobilières louches d’Ehud Olmert, l’étrange île grecque d’Ariel Sharon, l’affaire de coeur secrète de Binyamin Netanyahu, le compte en banque américain clandestin de Yitzhak Rabin : tous ces sujets sont abordés librement par les médias israéliens.

Mais quand on en vient à parler de la ‘sécurité’, alors la liberté disparait. On en revient à la mentalité du "nous" contre "eux",  "nos soldats" contre "les ennemis". Le seul discours autorisé est celui de l’armée et il élimine tous les autres. Le point de vue militaire primera sur n’importe quel autre témoignage. Ce n’est pas une conspiration, personne n’a donné d’ordres précis aux journalistes israéliens, il n’y a pas de synarchie secrète qui dicte la ligne… non, c’est simplement que les journalistes sont convaincus que "nos gars" ne peuvent rien faire de mal.

(extraits) :

Israël ne kidnappe jamais : elle arrête.

L’armée israélienne ne tue jamais quiconque intentionnellement, et il s’agit encore moins de meurtre – un état de choses que tout autre organisation armée envierait. Même quand une bombe d’une tonne tombe sur une zone résidentielle densément peuplée à Gaza, tuant un homme armé et 14 civils innocents, dont neuf enfants, ce n’est toujours pas un meurtre ou une tuerie intentionnels : il s’agit d’un assassinat ciblé.

Un journaliste israélien peut dire que les soldats des FDI ont frappé des Palestiniens, ou les ont tués, ou les ont tués par erreur, et que des Palestiniens ont été touchés, ou ont été tués ou ont même trouvé la mort (comme s’ils l’avaient recherché), mais le meurtre est hors de question. (la suite…)

(suite…)


Les USA ont tenté d’évincer le Hamas déclenchant la crise interpalestinienne
[AFP - Le Monde - 04/03/2008]
L’administration Bush a secrètement tenté d’évincer le Hamas après les élections de 2006 remportées par le mouvement islamiste, déclenchant une crise interpalestinienne sanglante, affirme mardi le magazine américain Vanity Fair.Le journal assure avoir obtenu des documents confidentiels, et la confirmation de sources palestiniennes et américaines, indiquant que le président américain George W. Bush et la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice avaient tenté d’armer une force palestinienne menée par des partisans du Fatah, le mouvement du président palestinien Mahmoud Abbas, pour évincer le Hamas du pouvoir.

"Mais le plan secret a échoué, provoquant un nouveau revers pour la politique étrangère américaine sous Bush", affirme Vanity Fair.

"Au lieu de chasser leurs ennemis du pouvoir, les combattants du Fatah soutenus par les Américains ont permis par inadvertance au Hamas de prendre totalement le contrôle de (la bande de) Gaza", ajoute le magazine.

(suite…)


[Editorial - Le Monde - 04/03/2008]

Trois mois après la réunion internationale organisée par les Etats-Unis à Annapolis, le 27 novembre 2007, peut-on encore parler de processus de paix israélo-palestinien ? Après sept ans de sous-traitance du dossier palestinien aux autorités israéliennes, avec le succès que l’on sait, George Bush, soutenu par les Européens, avait imaginé un réengagement de la dernière heure, pour sauver une politique régionale naufragée en Irak.

if ( undefined !== MIA.Pub.OAS.events ) { MIA.Pub.OAS.events["pubOAS_middle"] = "pubOAS_middle"; } Profitant de la rupture sanglante entre les islamistes du Hamas, seuls maîtres de Gaza, et le Fatah du président Mahmoud Abbas, Washington avait imaginé le plan suivant : privilégier la Cisjordanie, contrôlée par le Fatah, en faire le laboratoire d’un Etat à venir irrigué par les dons glanés lors de la conférence de Paris, en décembre 2007, pour que le Hamas, isolé à Gaza, concentre sur lui la colère et la frustration et que l’opinion publique palestinienne s’en détourne.Pour que ce plan réussisse, il aurait cependant fallu que la bande de Gaza, assiégée par l’armée israélienne depuis son retrait unilatéral en septembre 2005, disparaisse dans un oubli entretenu par les perfusions onusiennes. Il n’en a rien été, du fait des tirs de roquettes palestiniens, qui ont spectaculairement renversé l’échelle de la dissuasion au cours des deux dernières années d’une deuxième Intifada trop rapidement considérée comme une indiscutable victoire militaire israélienne. Par deux fois en quelques semaines, les tentatives israéliennes pour mettre un terme à ces tirs, qui touchent en premier lieu des civils, même s’ils sont moins meurtriers que les attentats de groupes armés palestiniens de 2001 à 2004, ont tourné à leur désavantage.

Le blocus souhaité par le ministre de la défense, le travailliste Ehoud Barak, a tout d’abord entraîné, en janvier, le dynamitage de la partie de frontière gardée par l’armée égyptienne, très méfiante vis-à-vis du Hamas, épigone des Frères musulmans que le régime de Hosni Moubarak ne cesse d’embastiller. Le retour des blindés israéliens dans les venelles du camp de réfugiés de Jabaliya, les 1er et 2 mars, n’a pas été plus fructueux que les tentatives précédentes, décimant une population civile palestinienne prise au piège sans que les tirs de roquettes cessent. De ce point de vue, le bilan s’avère même catastrophique puisque la ville israélienne d’Ashkelon, à dix kilomètres au nord de Gaza, se trouve désormais sous le feu d’un armement palestinien plus sophistiqué que par le passé et, selon Jérusalem, acquis grâce au soutien de l’Iran.

Le plan "Cisjordanie d’abord" a donc abouti à ce qu’il devait permettre précisément d’éviter : installer le Hamas au centre du jeu. A tel point que la pertinence du boycottage d’une organisation radicale, mais également capable de pragmatisme, par Israël, les Etats-Unis et les Européens, est plus que jamais sujette à interrogation.

 http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2008/03/04/incontournable-hamas_1018544_3218.html


LA BOMBE DE GAZA

[Vanity Fair - Avril 2008 - Trad. Grégoire Seither]
N’ayant pas vu venir la victoire du Hamas lors des élections de 2006 en Palestine, les "experts" de la Maison Blanche ont réussi à bidouiller une autre opération secrète qui leur a pété entre les mains au Moyen-Orient – à mi chemin entre le scandale Iran-Contra de l’époque Reagan et le foirage sanglant de la Baie des Cochons sous Kennedy.

En s’appuyant sur des documents confidentiels communiqués par des officiels U.S. dégoutés ainsi que des témoignages d’anciens membres des services secrets, notre journaliste d’investigation David Rose montre comment le Président Bush, Condoleezza Rice, ainsi que le conseiller adjoint à la sécurité nationale (NDL&I : et membre éminent du Likud israélien, mais c’est surement un hasard) Elliott Abrams ont équipé et armé une milice dirigée par le chef militaire du Fatah, Muhammad Dahlan et dont les exactions dans la bande de Gaza ont directement conduit à la guerre civile sanglante qui a vu la victoire du Hamas.

Le soutien appuyé des Etats-unis à Dahlan et à sa bande de miliciens corrompus et brutaux a joué un rôle clé dans l’ascension politique du Hamas. Même les Palestiniens modérés ont fini par rejoindre le camp des islamistes, écoeurés par la corruption et la violence du Fatah.

http://www.vanityfair.com/politics/features/2008/04/gaza200804


Des milliers de Palestiniens de la bande de Gaza ont pénétré, mercredi 23 janvier, en Egypte, après que des brèches ont été ouvertes grâce à des engins explosifs dans le mur séparant les deux territoires, au niveau de la ville de Rafah.

La veille, des échauffourées avaient suivi une manifestation organisée par le Hamas en faveur de la réouverture du point de passage de Rafah, fermé le plus clair du temps depuis la prise de contrôle de la bande de Gaza par le mouvement radical islamiste en juin, et totalement depuis qu’Israël a mis en place, le 17 janvier, un blocus en riposte aux tirs de roquette palestiniens. Soixante Palestiniens et dix Egyptiens avaient été blessés dans ces heurts.

Dans la nuit, des hommes armés et cagoulés ont fait exploser le mur frontalier en plusieurs points. Selon des habitants, des membres du Hamas et des Comités de résistance populaire faisaient partie de ce groupe. Sami Abou Zouhri, responsable du Hamas, a nié toute implication de son mouvement. Le Hamas a estimé dans un communiqué que "la destruction du mur frontalier reflète la situation catastrophique des Palestiniens de Gaza, en raison du blocus".

Dans la matinée, des centaines, puis des milliers de Palestiniens, ont profité des brèches pour gagner l’Egypte, à pied, en voiture et à dos d’âne. Les forces de sécurité égyptiennes étaient débordées. "Bien que leur entrée soit illégale, on n’a pas encore décidé quoi faire avec eux", indiquait un de leurs représentants. Des habitants de la bande de Gaza revenaient chargés de nourriture, de bouteilles remplies de carburants et de cigarettes, difficiles à se procurer à Gaza ou plus chers en cette période de blocus. La police du Hamas tentait d’organiser le flux. Un Palestinien s’est ainsi vu confisquer sept pistolets. D’autres Palestiniens regagnaient Gaza en franchissant les clôtures métalliques à terre qui barraient auparavant la frontière.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-823448,36-1002480,0.html 


Sur la vision déformée qu’a le public israélien de l’enchaînement des événements, à Gaza en particulier. Ainsi, écrit Strasler, par la faute de médias défaillants, "se forme une opinion publique extrémiste". Ainsi, l’histoire devient simple : des Arabes, méchants et irrationnels, tirent sur nous sans raison.

 

[Ha'aretz, 19 décembre 2007 - Nehemia Strasler Traduction : Gérard pour La Paix Maintenant]

Il y a une vieille histoire juive qui raconte qu’une mère aimante prodiguait ses derniers conseils à son fils avant son départ pour la guerre : « Tue un Turc, puis repose-toi. » Le fils : « Et si c’était le Turc qui essayait de me tuer ? » La mère écarquille les yeux : « Pourquoi voudrait-il te tuer ? Qu’est-ce que tu lui as fait ? »

 

Voilà exactement le genre de bonne conscience qui accompagne notre attitude à l’égard des Palestiniens. Cela saute aux yeux avec les reportages de la télévision, la radio et les journaux, qui ne rendent qu’une image partiale du conflit. Car quand l’emportent les considérations d’Audimat, ou de pure lâcheté, l’information à laquelle le public a droit est biaisée. C’est ainsi que se forme une opinion publique extrémiste, qui pense que la justice est de notre seul côté, car après tout, « qu’est-ce qu’on leur a fait ? »

 

(suite…)


Ce qui me dérange dans cette argumentation récurrente, c’est le concept de "droit du peuple juif à avoir son état" :

  • Faut il en déduire qu’un juif français n’est pas vraiment français mais forcément israélien – même s’il ne le veut pas ?
  • Qu’on peut fonder un Etat sur une appartenance religieuse ou "ethnique" ? Mais dans ce cas là, pourquoi avons nous bombardé la Serbie ? Pourquoi ne pas avoir soutenu les Hutu Power au Rwanda ?
  • Et si on admet que Israël est un état ethnique, c’est pour une "ethnie juive" ? Ca existe ça  ?
  • Que se battre pour un état démocratique, laïque et accueillant tant les juifs que les palestiniens c’est être antisémite ?
  • Soutenir les Palestiniens c’est être antisémite ?

Pas si précise que ça ta définition Michel…

[Michel Wieviorka - Proche Orient Info 12.05.04]

Enfin, la globalisation de l’antisémitisme possède un centre, le Proche-Orient et, plus précisément, le conflit israélo-palestinien ; elle s’organise à partir de la mise en cause de l’Etat d’Israël. Ce qui place au cœur du phénomène une dimension récente à l’échelle de l’histoire, l’existence et le fonctionnement de cet État fondé en 1948, et oblige à une définition précise des frontières qui peuvent séparer antisionisme et antisémitisme.

La délimitation, ici, délicate : dire, par exemple, que le peuple juif n’a pas droit à un État est antisémite ; dire, sans commentaire sur sa personne même, que la politique d’Ariel Sharon est exécrable ne l’est pas. Entre ces deux types de propos, s’étend une zone floue relativement large.

La globalisation, lorsqu’elle met aux prises l’islamisme et la modernité occidentale, fait de la haine des Juifs un phénomène qui continue, certes, à se polariser sur l’existence de l’État d’Israël, mais qui s’inscrit dans un combat mondial. Ce combat va au-delà de toute considération nationale et peut fort bien devenir polycentrique, se construire dans diverses régions du monde. C’est pourquoi il existe une grande distance entre Al-Qaïda, pour qui la cause palestinienne n’est pas une priorité, et le Hamas palestinien, qui demeure profondément nationaliste.
http://www.proche-orient.info/xjournal_pdv.php3?id_article=24681


COMMENTAIRE DE JEFF BLANKFORT : J’attire votre attention sur ce reportage, exemplaire de par sa déontologie journalistique, tellement rare dans les médias américains. Time va non seulement recevoir des milliers de courriers de protestation des lobbyistes juifs, menaçant de se désabonner au cas où ils ne l’auraient pas déjà fait, lâchant les chiens des officines sionistes de chasse aux sorcières antisionistes comme Camera et Honesteporting et, très vraisemblablement, organisant des visites en chair et en os de certains des censeurs les plus puissants du Lobby, tel Abe Foxman de l’Anti-Defamation League ou le président tout aussi odieux, bien que moins vociférant, de l’American Jewish Congress, David Harris. Heureusement, le parlement est en vacances, sinon nous aurions assisté à l’adoption d’une résolution contre Time pour avoir apporté « assistance et réconfort à un ennemi d’Israël »… Aussi Time a-t-il besoin de vos courriers d’encouragement et de vos abonnements, si cela vous dit. Andrew lee Butters, ce journaliste qui n’a pas froid aux yeux, a besoin de notre soutien.

PS : l’adresse mél de Time est letters@time.com et son numéro de fax est le 1-212-522-8949. Vous pouvez aussi envoyer votre lettre d’encouragement à cette adresse :
TIME Magazine Letters,
Time & Life Building, Rockefeller Center,
New York, N.Y. 10020
votre lettre devra comporter votre nom complet, votre adresse et votre numéro de téléphone. Soyez bref ! ]

UNE PAIX RELATIVE A GAZA
[Andrew Lee Butters, depuis (la ville de) Gaza - Time Magazine, 2 août 2007 - Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier]

Patrouillant le quartier de Shijaiyah, le plus dur de la ville de Gaza, le lieutenant Naim Ashraf Mushtaha, trente-et-un ans, officier de la Force Exécutive du Hamas, débusque un homme en civil, portant un fusil d’assaut M-16, en train de marcher entre les étals encombrant la rue, en plein jour. Ses officiers encerclent prestement le suspect, lui demandent de décliner son identité, et de leur remettre son arme. L’homme s’avère un membre d’un des clans les plus puissants du voisinage – il refuse de remettre son flingue. « Comment que je m’appelle, déjà, les mecs ?», crie-t-il à la foule des badauds curieux, qui commence à s’étoffer. « Mohassi Abbas ! » répondent-ils tous en chœur. « Alors, vous voyez bien : tout le monde sait qui je suis ! », dit l’homme au fusil. « Je me moque de qui tu peux bien être », dit calmement Mushtaha, sans élever ni la voix, ni son arme. « Les lois sont pour tout le monde ».

L’état de droit est de retour, à Gaza. Voici encore seulement deux mois, cette languette côtière de dunes sablonneuses et de jungles de béton, abritant environ un million et demi de Palestiniens, était un des endroits les plus dangereux sur notre planète. En juin, après quelques jours de guerre intestine, le Hamas, une formation palestinienne combattante, a pris le contrôle de Gaza sur son rival, le Fatah. Depuis lors, Gaza est en état de siège. Pratiquement tous les chargements, à l’exception des fournitures humanitaires de première nécessité, sont interdits d’entrée, et presque aucune marchandise ne peut sortir. Ce blocus s’inscrit dans une stratégie israélo-américaine visant à isoler le Hamas, dans l’espoir que les Palestiniens se détourneront de ses dirigeants islamistes, qui n’ont jamais reconnu Israël, au profit du Fatah, qui est pris d’un prurit de processus de paix. Jusqu’ici, ce plan de marche pas. Ayant les coudées franches pour gouverner comme il l’entend, le Hamas conquiert le soutien populaire et acquiert une capacité militaire qui survivra très vraisemblablement au blocus international.
(suite…)


VAINCRE LA CONSPIRATION CONTRE LA PALESTINE
[Ali Abunimah, The Electronic Intifada, 18 juillet 2007 - Trad. Grégoire Seither / IES News Service]
Lettre de Dahlan à Mofaz

Photo: Copie de la lettre de Mohammed Dahlan, adressée le 13 juillet 2003 au Ministre de la Défense israélien de l’époque, Shaul Mofaz.

"Soyez assuré que les jours de Yasser Arafat sont comptés, mais laissez nous en finir avec lui par nos propres moyens, pas par les vôtres. Et soyez également assuré que (…) je donnerais ma vie pour tenir les promesses que j’ai faites devant le Président Bush." Ces mots ont été écrits par Mohammed Dahlan, chef de guerre du Fatah, dont les troupes soutenues par les USA et Israël ont été écrasées le mois dernier à Gaza par les forces du Hamas, dans un courrier envoyé le 13 juillet 2003 au ministre israélien de la défense de l’époque, Shaul Mofaz, et publiée par le Hamas sur son site Web le 4 juillet dernier.

Dahlan, qui reste – malgré son échec à Gaza – un des principaux conseillers du Président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, y décrit sa conspiration pour renverser Arafat, détruire les institutions Palestiniennes et les remplacer par un gouvernement collaborationniste entièrement contrôlé par Israël. Dans sa lettre, Dahlan décrit sa crainte de voir Arafat convoquer le conseil législatif Palestinien et d’exiger qu’il retire sa confiance au Premier Ministre Mahmoud Abbas, nommé un peu plus tôt en 2003 à la demande expresse de Bush afin de contrecarrer l’influence d’Arafat. Toujours dans le même courrier, Dahlan écrit qu’il est vital que "tout le monde coopère de manière coordonnée" afin d’éviter cela mais aussi de "soumettre [Arafat] à une pression de tous côtés afin qu’il ne puisse entreprendre cette action". Dahlan révèle que "nous avons déjà entrepris des mesures d’intimidation et de corruption pour influencer l’avis de nombreux membres du conseil afin qu’ils votent avec notre camp et non avec celui d’Arafat".

Dahlan termine sa lettre à Mofaz en écrivant, "Il ne me reste plus qu’à vous remercier, vous, et le premier ministre [Ariel Sharon] pour la confiance permanente que vous nous accordez, et de vous transmettre mes respects."

Cette lettre est une petite mais flagrante preuve à verser au volumineux dossier prouvant la conspiration dans laquelle est impliquée l’administration Abbas. Depuis la nomination, le mois derniers, par Abbas, d’un "gouvernement d’urgence" sous Salam Fayad (…) des dirigeants historiques du Fatah, comme Farouq Qaddumi et Hani al-Hassan ont clairement fait connaître leur opposition à Abbas, rejetant notamment catégoriquement l’idée d’un désarmement des résistants palestiniens, alors que la colonisation et l’occupation militaire israélienne se poursuit de plus belle.

Cette preuve montre que la fracture palestinienne ne passe pas entre "militants du Fatah" et "militants du Hamas", ni entre "extrémistes" et "modérés" ou "islamistes" et "laïcs", mais entre une minorité soumise à l’ennemi qui a fait le choix de la collaboration et ceux qui défendent le droit et le devoir de résister à l’injustice.

Les dirigeants israéliens, de leur côté, sont très clairs dans leurs exigences vis-à-vis de leurs vassaux Palestiniens. Dans un article dans Ha’aretz, Ephraim Sneh, jusqu’à peu encore Ministre adjoint israélien de la défense, résume parfaitement le point de vue de l’establishment israélien :

"A l’heure qu’il est, pour Israël, la mission la plus urgente et la plus importante est de prévenir une prise de contrôle de la Cisjordanie par le Hamas. Il est possible de le faire en affaiblissant le Hamas à travers des progrès diplomatiques tangibles; en aidant au fonctionnement efficace et performant du gouvernement du Premier Ministre palestinien Salam Fayad et enfin en créant les conditions d’un échec total du régime Hamas dans la Bande de Gaza" (Cité dans "How to stop Hamas," Haaretz, 17 July 2007).

Sneh explique ensuite que "si l’on veut remporter la victoire, les campagnes militaires et les arrestations ne suffisent pas — il est impératif de faire échouer de manière publique le Hamas afin de favoriser une autre élément Palestinien." Cet autre élément, c’est le Fatah. Sneh détaille un certain nombre de mesures pour parvenir a ce résultat, y compris délivrer plus de permis de travail pour des Palestiniens dans les emplois subalternes en Israël, libérer des prisonniers du Fatah et restituer aux Palestiniens l’argent des taxes d’importation accaparé par Israël. Par contre il ne mentionne aucunement l’arrêt de la construction de colonies juives, la fin de l’occupation militaire et l’abrogation des lois et pratiques racistes. Cultivant le flou caractéristique des déclarations israéliennes, il explique qu’il "est nécessaire d’engager une discussion avec le Président Palestinien afin de poser les bases d’un accord permanent sur nos statuts respectifs". Quatorze ans après Oslo, ce genre de propos ne risque pas de convaincre grand monde parmi les sceptiques.
(…)
Depuis la signature des accords d’Oslo, Israël a fait tout son possible pour saper le concept d’un Etat Palestinien, humiliant constamment l’Autorité Palestinienne. D’où vient alors cette soudaine sollicitude pour la présidence Abbas ? Pourquoi soudain remettre cette Autorité Palestinienne en selle ? Pourquoi ne pas laisser l’appareil politique palestinien s’effondrer pour de bon et se proclamer vainqueur ?

Les leaders israéliens savent que le soutien de l’opinion internationale au concept "d’État Juif" dépend de sa capacité à occulter le fait que les juifs ne sont plus majoritaires, ni en Israël, ni en Cisjordanie, ni dans la Bande de Gaza. Israël a besoin de la feuille de vigne d’un État Palestinien souverain pour se purger ses statistiques de millions de Palestiniens – tout comme le régime d’apartheid en Afrique du Sud avait tenté de faire croire au mythe des "Homelands noirs indépendants", les Bantoustans, pour prolonger le pouvoir blanc et lui donner un vernis légitime. Si l’Autorité Palestinienne s’effondre, le Fatah, qui a perdu son soutien populaire, s’effondrera avec elle.

(…)
Paradoxalement, le Hamas glisse lentement vers l’acceptation de la solution à deux États, au moment ou même les défenseurs les plus acharnés du processus de paix d’Oslo réalisent que la solution à deux États – seule capable de sauver l’existence d’Israël en tant qu’enclave privilégiée réservée aux juifs – est entrain de devenir de moins en moins plausible.

Pour Aaron David Miller, vétéran de 25 ans au Département d’État US et délégué principal de l’administration Clinton au Sommet de Camp David, "la solution à deux États est de moins en moins probable. Chez les Palestiniens, on parle de plus en plus d’une solution à un seul État – ce qui bien sûr n’est pas une solution du tout car elle implique la disparition d’Israël en tant qu’État Juif". (Cité dans l’article "Is peace out of reach?," The Los Angeles Times, 15 July 2007).

L’éditorialiste de Haaretz Danny Rubinstein prédit que "tôt ou tard le Hamas échouera dans sa guerre contre Israël. Mais ce n’est pas pour autant que nous reviendrons à l’époque d’Oslo et de sa vision de deux États pour deux peuples." Au contraire, Rubinstein craint de voir émerger "une demande de plus en plus forte de la part des Arabes Palestiniens, qui représentent plus de la moitié des habitants de ce pays, et qui diront : dans les conditions actuelles, nous ne pouvons pas parvenir à créer notre propre État, nous devons donc exiger d’obtenir des droits civiques dans ce pays qui est notre patrie. Ils rejoindront les revendications des Arabes citoyens israéliens, qui demandent l’égalité citoyenne et une définition d’Israël comme étant un État pour tous ses citoyens, sans discrimination entre juifs et non-juifs." (dans l’article "Nothing to sell the Palestinians," 16 July 2007).

Nous voyons donc que Abbas est devenu le dernier espoir d’Israël dans sa lutte contre la démocratie. Une coalition aussi pathétique ne peut pas se mettre en travers du chemin menant à la libération.

http://electronicintifada.net/v2/article7116.shtml


[ Nahal Chahal -CCIPPP- mardi 3 juillet 2007]

 

La colère, la colère SEULEMENT, est à la mesure de la tristesse que nous ressentons tous ! Il est encore plus insupportable que tout de contempler l’étonnement feint de tous ces hypocrites qui « déplorent » la situation en Palestine et vont même jusqu’à s’inquiéter du sort des civils ! Et de montrer leur bonne volonté en débloquant les transferts d’aides humanitaires, comme si les Palestiniens étaient des sous humains dont les droits essentiels seraient de pouvoir manger !

http://www.protection-palestine.org/spip.php?article5190


Le gros mot – par Uri Avnery

[Gush Shalom - 01/07/07 - Mondialisation.ca]

IL N’Y A JAMAIS eu de rencontre au sommet sur le Moyen-Orient aussi sinistre. La plus sinistre possible.

Les quatre dirigeants à Sharm-el-Sheikh ne se trouvaient pas ensemble à une table ronde conviviale. Chacun était assis à une énorme table individuelle. Cela assurait une nette séparation entre eux. Les quatre longues tables se touchaient à peine. Chaque dirigeant, ses assistants derrière lui, était comme une île solitaire dans une vaste mer.

Les quatre – Hosni Moubarak, le roi Abdallah de Jordanie, Ehoud Olmert et Mahmoud Abbas – affichaient un air grave. Tout au long de la partie officielle de la conférence, on n’a pas vu un seul sourire.

L’un après l’autre, tous les quatre ont déballé un monologue. Exercice visiblement hypocrite, de tromperie vide de sens. Aucun d’eux ne s’est élevé au-dessus d’un marais de phrases sentencieuses.

Court monologue de Moubarak. Court monologue d’Abdallah. Monologue moyennement long d’Abbas. Monologue interminable d’Olmert : discours typiquement israélien, dominateur, donnant des leçons au monde entier, comme un sermon dégoulinant de moralité. Prononcé, bien sûr, en hébreu, dans le but évident de s’adresser au public israélien.

Le discours comprenait tout ce qu’il fallait : notre âme aspire à la paix, la conception des deux Etats, nous ne voulons pas diriger un autre peuple, pour le bien des générations à venir, bla-bla-bla. Le tout dans le plus pur style colonial : Olmert parlait toujours de "Judée et Samarie", utilisant la terminologie officielle de l’occupation.

Mais, pour "renforcer" Abbas, Olmert s’adressait à lui en l’appelant "President" et non  "chairman" (ce terme anglais ne désigne jamais un chef d’Etat – ndt), qui était le titre de rigueur (en français dans le texte – ndt) utilisé par tous les représentants israéliens depuis l’établissement de l’Autorité palestinienne. (Les sages d’Oslo ont contourné cette difficulté en donnant – dans les trois langues – au chef de l’Autorité le titre arabe de Ra’is, qui signifie à la fois President et chairman.)

Et quel est le mot que l’on n’a pas entendu tout au long de ce long monologue ?

"Occupation".

OCCUPATION ? Quelle occupation ? Où l’occupation ? Quelqu’un a-t-il vu une occupation ?

L’occupation n’était pas à l’ordre du jour de ce sinistre sommet. Même dans leurs rêves les plus fous, les participants arabes ne pouvaient pas imaginer quelque chose de plus merveilleux que "l’allègement des restrictions". Rendre la vie un peu moins difficile pour la population en détresse. Rendre aux Palestiniens leurs taxes douanières (ce qui veut dire qu’Israël peut rendre une partie de l’argent qu’il a empoché). Déplacer quelques-uns des barrages routiers qui empêchent les gens d’aller d’un village à l’autre (cela a déjà été promis de nombreuses fois et ne sera pas plus réalisé cette fois-ci, parce que l’armée et le Shin-Bet s’y opposent. Olmert a déjà annoncé que c’est impossible pour des "raisons de sécurité".)…

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=AVN20070701&articleId=6208 


Quand les Israéliens découvrent la compassion pour les habitants de Gaza. A condition que leurs souffrances soient le fait du Hamas. Encore une fois (1), B. Mikhael est dans son rôle de poil à gratter de la bonne conscience israélienne

Profondément choqués
[B. Mikhael - Yediot Aharonot, 22 juin 2007 - Traduit de l'hébreu par Yaël Shneerson]

Qui l’eût cru et qui l’eût dit ? Il s’avère que derrière le regard détourné de nos commentateurs, derrière le visage apathique de nos concitoyens et derrière la façade indifférente de la politique israélienne, se cachent un cœur d’or, une âme sensible débordant de pitié et de miséricorde pour leur prochain.

Subitement, nous avons tous découvert la souffrance des Palestiniens. Nous sommes tous très profondément et photogéniquement choqués par les souffrances inouïes infligées à la population occupée de Gaza, écrasée sous les bottes de l’occupant hamassique. Devant ces images terribles, notre colère, notre indignation, notre frustration ne connaissent plus de bornes. En somme, il n’y a là rien d’étonnant. Qui, sinon les Juifs, pourrait s’identifier aussi pleinement à des personnes pourchassées par des bandits criminels ?

Et soudain les blessés ont un nom, les tués ont un âge, les souffrants ont un visage. Ahuri, j’ai entendu de mes propres oreilles des présentateurs de télévision parler, le visage sombre, de "crimes de guerre" commis à Gaza. "Crimes de guerre", oui, ils l’ont dit clairement. C’était après que des hommes eurent été massacrés au couteau, et d’autres fusillés, vêtus uniquement de leurs culottes.

Des crimes de guerre, oui, des actes terribles, sans aucun doute. Si ces militants du Hamas s’étaient conduit en personnes civilisées, ils auraient renoncé à bousiller leurs ennemis de la sorte, parce qu’un couteau ça salit le tapis et ça éclabousse de sang les bourreaux. Ils auraient pu utiliser, par exemple, un avion sans pilote, ou un chasseur bombardier ou quelque système téléguidé sophistiqué. Ainsi auraient-ils évité qu’on les taxe de "criminels" et auraient-ils épargné à nos journalistes indignés des images aussi choquantes.

(suite…)


[Ali Abunimah - The New York Times - 21/06/07 - Trad. Grégoire Seither]
Il est très intéressant de noter que ce matin les quotidiens The Washington Post et The New York Times ont chacun de leur côté publié une tribune d’Ahmed Yousef, une des principaux conseillers politiques d’Ismail Haniyeh, le premier ministre démocratiquement élu de l’Autorité Palestinienne et qui a été limogé de manière unilatérale par Mahmoud Abbas pour être remplacé par un "gouvernement d’urgence" mandaté et soutenu par les Etats-unis et Israël.

Chaque tribune développe un point de vue particulier et chacune doit être lue avec attention par toute personne curieuse de connaître les stratégies et les intentions du Hamas. Il faut aussi se souvenir d’une autre tribune, écrite l’an dernier par M. Youssef, dans laquelle il affirme que "le Hamas est intéressé par une trève durable et à long terme, un état de "non-guerre" qui permettrait de dégager l’espace nécessaire pour que les peuples israéliens et palestiniens se mettent d’accord sur une paix durable." En arabe, ce type de trève, qui ne met pas fin au conflit mais le suspend dans l’attente d’une résolution, est appelé "houdna".

Yousef ajoute, "Un tel concept – une période de non-guerre lors de laquelle le conflit n’est pas résolu – paraît étragne aux occidentaux et a été accueilli avec beaucoup de suspicion dans les milieux diplomatiques européens et états-uniens. Pour bon nombre de mes interlocuteurs occidentaux, il semble impossible de suspendre la violence sans mettre fin au conflit.

(suite…)


[Voltaire 23/06/07]
L’armée libanaise a vaincu les mercenaires du Fatah al-Islam retranchés depuis un mois dans le camp palestinien de Nahr el-Bred. Leur reddition est une victoire pour le président Lahoud, tandis que la mort de leur chef est un soulagement pour le clan Hariri qui les avait indirectement engagés pour combattre le Hezbollah et avait été contraint d’interrompre le versement de leurs soldes à la demande du roi d’Arabie saoudite. Thierry Meyssan revient sur cette opération secrète qui a mal tourné. http://www.voltairenet.org/article149408.html


>>PALESTINE : CE SONT LES OCCIDENTAUX QUI ONT FAIT LE COUP D’ÉTAT
[The Guardian - 20.06.07 - Trad. Grégoire Seither]
Aujourd’hui, après des mois d’embargo financier du gouvernement Hamas par les Etats-unis et l’Europe, après la remise en selle financière et politique du président fourni par le Fatah, Mahmoud Abbas, après l’écrasement lent et méthodique de la société palestinienne qui a abouti à la désintégration sociale d’aujourd’hui, après tout cela… quelle est la situation ? Un guerre civile ) Gaza, la polarisation de la société palestinienne, un gouvernement élu démocratiquement dissout par décret unilatéral et un nouveau premier ministre palestinien, Salam Fayyad, nommé sur instruction expresses des Etats-unis.

(suite…)


Quotidien INFORMATION (Copenhage – Danemark) :
"Le paradoxe de cette situation est que, aujourd’hui, à Washington, à Londres ou à Paris, on se voit conforté dans sa ligne politique : Israël, les USA et les Union Européenne ont réussi à contenir les islamistes et les terroristes dans les limites de Gaza, ce qui permet aujourd’hui de rouvrir le dossier des aides financières au gouvernement de Mahmoud Abbas, retranché en Cisjordanie. Sous la coupe de Abbas et de son gouvernement de technocrates, la Cisjordanie pourrait devenir un exemple pour la région. Les autres pays doivent comprendre la leçon : Celui qui obéit aux dictats de l’Occident et de son allié israélien sera récompensé. Celui qui refuse d’obéir se voit puni par des sanctions et isolé par la force militaire.
Cette politique autoritaire est non seulement vexante mais aussi totalement contre-productive. Elle est scandaleuse pour la population, animée d’un fort sens nationaliste. Elle ne pourra jamais être la base d’une paix durable."

Quotidien DER STANDARD (Vienne – Autriche) :
"L’équation est simpliste : le diable vit à Gaza tandis que les anges sont en Cisjordanie et peuvent donc se réjouir de l’attention et des cadeaux que l’Occident compassionnel va y déverser. Alors que Israël, les USA et l’Union Européenne ont laissé mourir de faim Mahmoud Abbas, le tenant à bout de bras pendant des années, voilà que soudain on se précipite pour le réanimer et le remettre sur pied. On souhaite à Mahmoud Abbas de ne pas avoir envie de vomir.

Quotidien EL PAÍS (Madrid – Espagne) :
"La partition de la Palestine est consommée. il y a maintenant deux Autorités palestiniennes, se partageant toutes deux une fiction d’autonomie. En Cisjordanie règle le président élu Abbas tandis qu’à Gaza le mouvement radical islamiste Hamas prépara l’avènement d’une république islamiste ‘Hamstan’. Le Premier Ministre Olmert se félicite de cet affaiblissement de ses ennemis et compte bien pérenniser cette partition en coupant hermétiquement Gaza de la Cisjordanie. L’Union Européenne a déclaré vouloir reprendre les paiements d’aides au gouvernement Abbas. L’objectif est de soutenir Abbas afin de lui permettre d’acheter la population de Cisjordanie et l’éloigner du Hamas, plus présent sur le terrain social."

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