On Line


[Gregoire Seither - IES News Service - 18/07/2008]

Le Telegraph Media Group (TMG) qui publie le quotidien britannique The Daily Telegraph va migrer ses 1 400 licences Microsoft Office vers la suite professionnelle d’applications en ligne Google Apps Premier Edition - également disponible en version gratuite (mais avec moins de fonctions) sur docs.google.com.

La décision a été prise au début de l’année, après avoir testé les applications en ligne auprès de 10% de l’équipe rédactionnelle. Elle a été déclenchée par le coût de renouvellement des licences Microsoft Office pour une période de trois ans ; “Nous avons fait les comptes, explique le porte parole du groupe, Paul Cheesbrough. “Sur trois ans, la différence d’investissement entre Google et Microsoft était 5 contre 1 en défaveur de Microsoft. De plus Microsoft ne nous fournit que les licences informatiques, mais pas le hardware ou encore le support technique qui est nécessaire pour un bon fonctionnement de leur suite logicielle.”

Mais TMG insiste sur le fait que la décision n’a pas été motivée uniquement par des aspects financiers. “Comme bon nombre d’analystes technologiques, nous avions des réserves vis à vis de l’idée de migrer notre plateforme logicielle vers un système collaboratif en ligne, cela a quelque chose d’immatériel. Mais aujourd’hui notre travail se fait de toute façon de plus en plus en ligne - tant pour le contenu que nous produisons que pour les informations que nous recevons, comme les fils de dépèches d’agences. Le fait de passer à Google Apps est aussi une manière pour TMG d’accélérer encore la refonte de notre mode de travail vers un système plus collaboratif, organisé en grappes d’ordinateurs plutot qu’un système lourd et centralisé.

TMG a également acheté des systèmes d’archivage et de sauvegarde en ligne auprès de Google, des services proposés depuis le rachat, en Septembre 2007, de la société Postini.

Pour avoir une idée à quel point les admins de Wikipedia se prennent au sérieux et jouent les Torquemada du Dimanche, je vous recommande la lecture du “Bulletin des admins de Wikipedia” à la date du Lundi 19 mai, sous la rubrique “Grandes Manoeuvres” - c’est navrant (et ça pue) :
http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Wikip%C3%A9dia%3ABulletin_des_administrateurs%2F2008%2FSemaine_21#Grandes_Man.C5.93uvres.2C_suite

Wikipédia tue et protège Philippe Manoeuvre

[ Guillaume Champeau - Numerama - 23 Mai 2008]

(…) Peut-on condamner un internaute qui diffuse sur Wikipédia une fausse nouvelle ? La justice semble le croire. Les autorités de police ont interpelé cette semaine un homme de 21 ans qui vit chez ses parents, et confisqué son matériel informatique avant de le placer en garde à vue. Il est suspecté d’être l’auteur d’une fausse information selon laquelle le journaliste et jury de La Nouvelle Star Philippe Manoeuvre serait mort le 18 avril 2008 au soir. La fausse nouvelle avait été ajoutée… la veille.

On n’en avait pas fait autant pour Jean-Pierre Elkabbach lorsqu’il a fait annoncer prématurément la mort de Pascal Sevran sur Europe 1. La famille de l’animateur s’était contentée d’un démenti.

Mais Philippe Manoeuvre, loin de trouver la mauvaise blague a son goût, a immédiatement déposé plainte contre X. Il faut dire que selon un administrateur de Wikipédia qui a eu le journaliste au téléphone, la mère de Philippe Manoeuvre aurait eu vent de la fausse nouvelle et aurait - bien sûr - éclaté en sanglots en apprenant que son fils était décédé.

“L’enquête ayant démarré le 5 mai dernier, il a donc fallu moins de quinze jours aux enquêteurs pour remonter jusqu’à l’origine de cette information”, indique Wikinews qui précise néanmoins que les services judiciaires se sont bien cassés les dents sur la qualification juridique de l’infraction. Car si l’article 27 de la loi du 29 juillet 1881 fait un délit pénal “la publication, la diffusion ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses”, il s’agit d’un délit de presse qui concerne… la presse. Wikipédia n’est pas concerné, et ses contributeurs encore moins. L’affaire pourrait toutefois être jugée au civil, sans doute sur le fondement du préjudice moral.

Intransigeant, Wikipedia veut en faire une affaire exemplaire pour préserver la réputation de l’encyclopédie. “Il est important que, désormais, les plaisantins sachent qu’ils risquent d’être inquiétés pour toute insertion diffamatoire, fausse ou volontairement biaisée dans un média tel que Wikipédia et que les plaintes aboutissent à une enquête qui mène à la garde à vue et la saisie du matériel, sans préjuger du résultat de l’éventuel procès”, se félicite Céréales Killer, l’administrateur de Wikipedia France qui a pris l’affaire en charge.

Wikipédia devrait sans doute plutôt se féliciter de la réactivité de sa communauté. Alors que la fausse annonce du décès de Philippe Manoeuvre avait été ajoutée le 17 avril à 08h49, un internaute l’a effacée moins d’une heure plus tard, à 09h28. (NdL&I : et pas de bol, c’est juste à cette heure là que la maman de Manoeuvre s’est connectée sur la page de Wikipedia et a éclaté en sanglots… il nous prend pour des demeurés Philippe Manoeuvre ou quoi ?)

Est-il bien opportun de dresser la menace judiciaire lorsque par nature, Wikipedia permet d’éliminer très rapidement les fausses nouvelles ?

En cherchant à protéger à tout prix sa réputation, y compris en exposant la responsabilité judiciaire de ses contributeurs, Wikipedia risque de tétaniser une communauté pour qui la place du curseur entre vraie et fausse information peut parfois, sur certains sujets tendancieux, sembler floue. De plus en ouvrant la porte aux fausses nouvelles, ce sont les procès en diffamation, violation des droits d’auteur ou des droits des marques qui risquent de s’engouffrer.

Et l’on sait que certaines personnalités et certaines sociétés ont la gachette judiciaire facile dès que leur image est écornée, fusse-t-il en diffusant… de vraies informations.

http://www.numerama.com/magazine/9691-Wikipedia-tue-et-protege-Philippe-Manoeuvre.html

La direction du site Wikipedia France se félicite de cette arrestation ? S’il fallait encore une preuve que les “admins” et “modérateurs” de Wikipedia France sont des petits cons bouffis d’orgueil en quête de respectabilité… la voici.

Est-ce qu’on a vu la direction de Wikipedia France se précipiter pour livrer à la police les collaborateurs des députés UMP ou bien les marketeux  MONSANTO qui vandalisent les pages qui leur déplaisent (merci WikiScanner !) ? Non, bien sur, pas fous les mecs…

Livrer un plaisantin internaute à la police, c’est beaucoup moins risqué…

[Voici - 27/05/2008]

Philippe Manœuvre n’avait pas du tout apprécié que l’encyclopédie collaborative en lgne Wikipédia annonce son décès dans biographie le mois dernier. Et il avait raison vu qu’il n’était pas mort. Bref, le journaliste rock et accessoirement juré de La nouvelle star avait décidé de porter plainte contre X. Un jeune suspect de 21 ans a été placé en garde à vue et tout son matériel informatique a été confisqué par les autorités, d’après la magazine en ligne Numerama.
L’enquête ayant démarré le 5 mai dernier, il a donc fallu moins de quinze jours aux enquêteurs pour remonter jusqu’à l’origine de cette information“. De quoi inquiéter les petits malins qui s’amuseraient à dispenser de fausses informations sur Wikipédia. La direction du site se félicité de cette arrestation. Il est important que, désormais, les plaisantins sachent qu’ils risquent d’être inquiétés pour toute insertion diffamatoire, fausse ou volontairement biaisée dans un média tel que Wikipédia et que les plaintes aboutissent à une enquête qui mène à la garde à vue et la saisie du matériel, sans préjuger du résultat de l’éventuel procès“.

http://www.voici.fr/potins-people/les-potins-du-jour/philippe-manaeuvre-son-fossoyeur-arrete-219712

Cette info soulève des tas de questions : comment la police a-t’elle obtenue l’identité du posteur ? Sur la base de quel délit ? Annoncer par erreur la mort de quelqu’un n’est pas un crime, sinon Jean-Pierre Elkabbach serait déjà en prison… bien sûr, si l’internaute avait formulé l’annonce de la mort sous la forme d’une menace… mais cela ne semble pas être le cas.

Si la police se met à enfoncer les portes de toutes les personnes qui écrivent des conneries sur Wikipedia, elle n’aura plus le temps de s’occuper des ‘vrais’ criminels…

Il avait ”tue” Philippe Manoeuvre sur Wikipedia : interpelle, et ordinateur confisque
[Arrets Sur Images - 25/05/2008]
On ne plaisante plus avec Wikipedia ! Le 18 avril, un internaute avait modifié la fiche du journaliste Philippe Manoeuvre (juré de la Nouvelle Star) sur Wikipedia, en indiquant qu’il était mort.
Selon Manoeuvre, cité par un des administrateurs bénévoles de Wikipedia Wikimedia France qui a répondu aux questions d’@si, cet internaute a été interpellé, puis relâché. Son matériel informatique a été confisqué. « Le dossier a été transmis au Parquet de Paris », a confirmé à @si le commissariat du 17ème arrondissement, sans vouloir donner d’autres détails.
20 Minutes.fr et Le Nouvel Obs.com avaient démenti la mort de Manoeuvre dès le 18 avril. En revanche, il semble qu’aucun média, traditionnel ou en ligne, n’ait repris cette fausse information.»…

http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=764

[Les Echos - 20/05/2008]
Trop tôt ou trop tard ? L’examen en Conseil des ministres du projet de loi Olivennes sur la lutte contre le piratage a été reporté à début juin. Les lois répressives n’ont pas la cote par ces temps d’impopularité. Près de six mois après l’accord du 23 novembre 2007 sur « l’offre culturelle en ligne », ardemment voulu par Nicolas Sarkozy, le système de la « riposte graduée » défendu par l’ex-PDG de la FNAC Denis Olivennes suscite encore des doutes.

De l’aveu des éditeurs qui soutiennent ce dispositif dissuasif inspiré du permis à points, la haute autorité chargée de superviser la lutte contre le piratage (Hadopi) ne verra pas le jour avant la fin de l’année.
Combat d’arrière-garde ? Il est trop tôt pour enterrer la riposte graduée. Mais le rapport Olivennes a au moins l’avantage de poser une question cruciale pour l’avenir des industries culturelles.

« Contrairement aux apparences, l’Internet non régulé, c’est la mort annoncée de la diversité », estime Denis Olivennes, qui s’est érigé en champion de la lutte contre la « mauvaise gratuité ». Selon une récente étude du cabinet britannique Enders Analysis, le piratage musical physique (copies illégales de CD) continue à se répandre comme une trainée de poudre parmi toutes les tranches d’âge de consommateurs, même si le téléchargement illégal reste surtout dominant chez les moins de 25 ans.»

[...] «Pour la Quadrature du Net, un site soutenu par l’Open Society Institute de George Soros, c’est même le signe que « la France est devenue un laboratoire pour lobbys obscurantistes ». A la veille de la présidence française de l’Union européenne, le Parlement européen a désavoué la « riposte graduée », le 10 avril, en se prononçant contre l’aspect répressif de la coupure de l’accès à Internet, « en contradiction avec les principes de proportionnalité, d’efficacité et de dissuasion ».

http://www.lesechos.fr/info/analyses/4726584.htm

Rapport de la CNIL : les Français face à l’angoisse du fichage

[France Info - 16 mai 2008]

La Commission nationale informatique et libertés (CNIL) a rendu son rapport 2007. Elle constate que les plaintes augmentent de 25% et surtout que les demandes individuelles d’accès aux fichiers des forces de l’ordre, en particulier à celui des Renseignements généraux explosent de 67%. Il s’agirait d’une conséquence de l’affaire Bruno Rebelle.

Nom : Rebelle Prénom : Bruno Date et lieu de naissance : 1 er décembre 1958 à Annecy (74).  Ainsi commence - comme des dizaines de milliers d’autres - la fiche constituée par les Renseignements généraux (RG) sur Bruno Rebelle, ancien président de Greenpeace France, devenu conseiller de Ségolène Royal lors de l’élection présidentielle. Suit un résumé de sa carrière. Rien de très compromettant.

Mais quand, en février 2007, l’intéressé a demandé à la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) d’avoir accès à cette fiche des RG suite à sa révélation par la presse, il semble avoir fait des émules.

C’est du moins ainsi qu’Alex Turk, président de la CNIL, analyse l’engouement sans précédant pour les “demandes d’accès indirect”. Immédiatement après l’affaire Bruno Rebelle, 500 demandes sont arrivées. “90% d’entre elles étaient inconnues”, indique la commission. La CNIL a du mal à faire face à l’afflux de demandes,

Autre enseignement du rapport 2007, qui va dans le même sens que l’augmentation des demandes d’accès aux fiches, l’explosion des plaintes liées aux atteintes à la vie privée et au croisement des fichiers : plus 25% en 2007, soit 4.445. Les plus visés sont les secteurs de la banque, du crédit, de la prospection commerciale, les lieux de travail et les télécommunications. Sur 164 missions de contrôle effectuées l’an dernier, la CNIL a dû sévir 115 fois, avec neuf sanctions financières de 5.000 à 50.000 euros à la clé.

Alex Turk n’a pas caché son inquiétude face au développement des technologies intrusives qui permettent de croiser les données personnelles (biométrie, vidéosurveillance, cartes téléphoniques ou bancaires, réseaux sociaux et moteurs de recherche sur Internet). “au rythme où nous allons, nos enfants et nous-mêmes, dans quelques années, nous ne bénéficierons pas de la même liberté d’aller et venir que les générations qui nous ont précédé ou actuelles”, prédit-il. “Le traçage dans l’espace et dans le temps” des individus “met en cause les deux libertés les plus fondamentales”,celles du mouvement et d’expression. Il demande donc que le droit à la protection des données individuelles soit inscrit dans la constitution. Et plus précisément, il souhaite que le gouvernement révise le régime juridique de le télésurveillance, “juridiquement obsolette”, à l’heure où la ministre de l’Intérieur veut multiplier les caméras de vidéosurveillance.

Il demande aussi la création d’un pass navigo anonyme dans les transports parisiens. Et regrette l’adoption du passeport biométrique à huit empreintes digitales (les autre pays européens en prélèvent deux) par simple décret, sans même un débat au Parlement.

http://www.france-info.com/spip.php?article136328&theme=9&sous_theme=12

[LE MONDE | 17.05.08]

Les fondations de la première base de données biométriques, destinée à rassembler la majeure partie de la population française, auront été posées contre l’avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Son président, Alex Türk, l’a rappelé, vendredi 16 mai, lors de la présentation du rapport annuel de l’autorité indépendante.

Un décret, publié le 4 mai, instaure en effet la prochaine génération de passeports, dont la nouveauté est de reposer sur un fichier central.  Cette base de données contiendra les informations renfermées dans tous les nouveaux passeports (huit empreintes digitales et l’image faciale numérisée du porteur), ainsi que, à terme, celles concernant les titulaires de la future carte nationale d’identité. Or la CNIL avait rendu, le 11 décembre 2007, un avis défavorable au dispositif.

La commission a d’abord déploré l’usage de la voie réglementaire. “Nous pensons que l’importance de l’enjeu aurait justifié un passage devant le législateur, mais nous n’avons pas été entendus”, a expliqué M. Türk. La CNIL a également jugé disproportionné la création d’un fichier central et le prélèvement de huit empreintes. Ces caractéristiques vont au-delà des dispositions de la réglementation européenne, qui réclame le prélèvement de deux empreintes digitales seulement.

La loi informatique et libertés de 1978, révisée en 2004, dispose que l’avis de la CNIL doit être publié à côté du décret qui a fait l’objet de sa saisine. Bien que symbolique, cette prérogative de l’autorité n’a pas été respectée. M. Türk s’est ainsi ému de ce que l’avis défavorable de la CNIL n’ait été publié que le 10 mai, avec presque une semaine de retard.  Au ministère de l’intérieur, on rappelle que la portée du décret en question est très faible. En particulier, il ne permet pas que la base de données biométriques instituée puisse être pleinement utilisée et que soient menées des comparaisons “automatiques” d’empreintes. Permettre ce type d’opération, assure-t-on Place Beauvau, passera par le législateur, dans le cadre du projet de loi sur l’identité numérique. Celui-ci, qui comprendra le volet sur la future carte d’identité, doit être soumis cet été à la CNIL, pour avis.

[Nouvel Observateur - 5/05/2008]

Un pirate informatique dit avoir été recruté par News Corp SANTA ANA, Californie (Reuters) - Un pirate informatique a déclaré mercredi sous serment qu’une filiale du groupe News Corp l’avait recruté pour mettre au point un logiciel-espion mais a nié s’en être servi pour contourner les dispositifs de sécurité d’un bouquet de télévision par satellite.

Christopher Tarnovsky témoignait dans le procès intenté contre NDS, filiale de News Corp, par le réseau DISH Network Corp. et qui pourrait déboucher sur des dommages et intérêts chiffrés en centaines de millions de dollars.

Selon les plaignants, la mission de Tarnovsky était de s’introduire dans le système informatique du réseau de télévision par satellite de DISH pour dérober les codes de sécurité et inonder le marché de cartes piratées permettant un accès gratuit aux chaines payantes du bouquet.

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/medias/20080424.REU3341/un_pirate_informatique_dit_avoir_ete_recrute_par_news_c.html

[Internet Actu - Jean-Marc Manach le 08/04/08]

A qui profite la traçabilité ? Du point de vue industriel, les gains sont d’abord et avant tout d’ordre logistique. Mais qu’en est-il des consommateurs, et de la confiance qu’ils accordent (ou non) aux produits qui leur sont proposés, et donc à leurs fabricants, et distributeurs ?

Le code à barres a 30 ansPeu connue du grand public, GS1 (Global Standard, “1 pour unique et universel) fédère quelque 30 000 entreprises en France (et un million dans le monde). Sa mission : accompagner “l’émergence de standards internationaux qui optimisent les échanges d’informations entre l’industrie et le commerce et simplifient la vie quotidienne des consommateurs“, et donc les codes-barres, étiquettes radiofréquence (RFiD) et autres EDI (Echange de données informatisé).

Dans une étude sur “la traçabilité perçue par les consommateurs des 5 continents” (France, Royaume-Uni, Etats-Unis, Australie, Afrique du Sud, Brésil, Chine et Russie), GS1 et l’éditeur de logiciels Trace One ont interrogé un échantillon représentatif de 4344 internautes, révélant les écarts de culture, et de perception, autour de cette notion de “traçabilité“. La différence entre aliment et médicament ? Le dosage…

Ainsi, Français, Russes et Brésiliens s’intéressent tout particulièrement à l’alimentation, et plébiscitent la traçabilité de la viande, des produits laitiers, de la mer, frais et surgelés. La traçabilité des OGM est elle aussi considérée comme prioritaire par 66% des Brésiliens, 59% des Français, 55% des Chinois, mais seulement 36% des Britanniques, et… 19% des Américains. (more…)

[CNIL - 07/05/2008]
Nombreux sont les adolescents qui ne voient aucun problème à exposer leur vie privée sur Internet sur les blogs, les réseaux sociaux, les forums de discussion ou les sites communautaires. Les jeunes doivent pourtant prendre conscience que cet espace de liberté n’est pas un espace de non droit et qu’Internet peut aussi porter atteinte à la vie privée.

Le sujet méritant débat, la CNIL propose, en partenariat avec Internet Sans Crainte, à l’occasion de la fête de l’Internet du 11 au 18 mai, un petit document avec quelques pistes pour lancer la discussion auprès des 12-17 ans.

À l’occasion de la Fête de l’Internet, 430 Espaces Publics Numériques de 250 communes se mobilisent pour sensibiliser les jeunes et leurs parents aux bons usages de l’Internet avec Internet Sans Crainte. L’opération est relayée au sein des écoles et collèges par le Ministère de l’Education Nationale.

  • Ça vous dirait que dans 10 ans votre futur employeur sache comment s’est passée votre dernière petit fête entre amis ?
  • Cela ne vous dérange pas d’être une cible publicitaire ?
  • Je peux publier ce que je veux ! Quand je veux ! Si je veux ! Sûr de çà ?
  • Peut-on me retrouver même si je ne laisse aucune info personnelle ?
  • Dans un combat contre un robot « aspirateur de mail », vous auriez le dessus ?
  • L’intimité est-elle encore d’actualité à l’heure du web collaboratif ?
  • Si ma liberté s’arrête là où commence celle des autres, où s’arrête ma liberté sur le web ?

http://www.cnil.fr/index.php?id=2429

[Small Brother - 11 mai 2008]
L’information a été publiée par différents blogs: une voiture surmontée par un impressionnant dispositif de prises de vues à 360° sillonne les rues de différentes villes françaises comme Lille ou Paris. L’opération est réalisée par Google qui alimente ainsi son nouveau système Street View associé à Google Earth et qui permet de visiter les lieux comme si on y était.

Après la cartographie et les vues satellites, il s’agit donc d’un raffinement qui franchit un pas parfois problématique. En effet, les rues ne sont pas photographiées vides et Google va devoir régler l’épineux problème du droit à l’image. Comment vont réagir les personnes qui vont se trouver ainsi exposées au yeux du monde entier, souvent sans même s’être rendues compte qu’elles étaient photographiées? Le plus simple, pour Google, est sans doute de flouter systématiquement les visages et les plaques d’immatriculation…

http://www.smallbrothers.org/actu_Google_photographie_rues_Paris_11_05_2008.htm

[Gregor Seither - IES News Service - 5/5/2008]

Lors d’une conférence sur le Web 2.0, à l’occasion du Westminster eForum à Londres, la semaine dernière,  Jim Cicconi, vice président de la société de réseaux télécoms AT&T a déclaré que, sans investissement massifs, l’infrastructure de réseaux actuelle qui forme Internet risquait d’atteindre ses limites d’ici à 2010. “Au rythme ou évoluent les habitudes de navigation et d’utilisation du Web, avec l’explosion de contenus multimédia générés par les usagers, le réseau ne pourra pas suivre et la bande passante risque de s’effondrer rapidement“.. . .

Cicconi a affirmé que, selon les estimations de AT&T, “l’échange de données en haut débit va être multiplié par 50 d’ici à 2015 “ et que AT&T allait investir 19 milliards de dollars dans la maintenance de son infrastructure et la remise à jour de son réseau backbone.

La demande croissante de vidéo haute-définition à la demande mobilise de plus en plus les infrastructures du réseau. Chaque minute qui passe YouTube reçoit l’équivalent de 8 heures de nouveaux contenus en téléchargement. Bientôt tout va basculer en norme HD, mais les contenus HD consomment entre 7 et 10 fois plus de bande passante que la vidéo standard utilisée aujourd’hui. En 2010 la vidéo représentera 80 % de tout le trafic Internet, contre 30 % aujourd’hui” a expliqué Cicconi.

Le vice-président d’AT&T a également fait remarquer que le phénomène Internet n’est rendu possible que parceque un groupe de sociétés, privées pour la plupart, fournissent l’infrastructure nécessaire à l’échange de données.  “Il n’y a rien de magique ou d’immatériel dans le phénomène Internet–ce n’est pas plus magique ou immatériel que la voirie et le système autoroutier. Internet n’est pas tombé du ciel, ce n’est pas un phénomène naturel… c’est un projet qui ne vit que parce que des entreprises privées, des investisseurs privés décident de mettre de l’argent dans la mise à jour, l’amélioration et la maintenance d’un réseau physique de connexion télécom. Aujourd’hui tout le monde doit prendre conscience que - si cet effort d’investissement et de rénovation du réseau n’est pas poursuivi, le réseau connaîtra de sérieux embouteillages dès 2010“.

La règle est simple (au vu des nombreux exemples) : si vous mettez vos données sur Facebook, elles sont publiques et visibles de toute personne qui voudra se donner la peine de les trouver… il faut le savoir. Si vous ne le voulez pas, alors fermez votre compte Facebook.

Et commencez d’ores-et-déjà à réfléchir à une stratégie à appliquer dans le cas où on vous “volerait” votre identité à des fin frauduleuses : posez la question à votre banque, surveillez votre compte ebay ou priceminister, changez régulièrement votre mot de passe webmail, etc. etc.

La BBC met à mal la confidentialité sur Facebook

[Le Monde 05.05.08]

Pour montrer que les données personnelles des utilisateurs du site de socialisation Facebook sont facilement accessibles à des tiers, des journalistes de la BBC ont créé”en moins de trois heures” une application “que n’importe quelle personne avec des connaissances de base en programmation” pourrait élaborer. Ce programme, qui peut indifféremment se présenter sous la forme d’un quizz ou d’un jeu, permet d’obtenir à l’insu de l’internaute son nom, son adresse, le nom de son employeur et sa date de naissance, ainsi que ceux de ses proches.

L’application, créée par les journalistes du programme télévisé Click, a été ajoutée aux comptes de quatre utilisateurs de Facebook. Pas la peine de l’avoir soi-même installée pour en être victime, il suffit d’avoir un de ses amis qui l’a fait. Les créateurs du programme”ont ainsi pu accéder aux données personnelles de ces quatre personnes et de leurs amis sur Facebook, même si beaucoup d’entre eux avaient pris soin de cacher ces données de leur profil public“, explique la BBC.

Ces lacunes dans la sécurité du site signifient que des personnes mal intentionnées pourraient recueillir ces données et procéder à des vols d’identité pour, par exemple, ouvrir un compte en banque avec les données d’une victime. “La seule façon complètement sûre d’empêcher le partage des données est de retirer toutes les applications et de ne pas les utiliser“, soulignent les auteurs du programme.

Facebook a indiqué à la BBC que le site “disposait d’une technologie sophistiquée et d’une équipe spécialisée pour s’attaquer aux activités non autorisées des applications“. Le site demande en outre aux créateurs d’applications de se conformer à “des conditions d’utilisation” qui leur interdisent notamment de recueillir les coordonnées des utilisateurs.

Dans les conditions générales d’utilisation, les usagers de Facebook sont également prévenus : “Vous publiez sur ce site des informations (…) à vos risques et périls. (…) Même si nous vous permettons de définir des options de confidentialité visant à limiter l’accès à vos données, soyez conscient qu’il n’existe aucun système de sécurité infaillible. (…) Nous ne pouvons donc en aucun cas garantir que le contenu que vous publiez sur ce site ne sera pas vu par des personnes non autorisées.

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2008/05/05/la-bbc-met-a-mal-la-confidentialite-sur-facebook_1041226_651865.html#ens_id=1025210

[Google Sightseing - 21/04/2008]

On est tous passés par là : l’objectif de la caméra se tourne vers nous et nous ressentons soudain l’envie irrespressible de faire quelque chose qui l’impressionera. Malheureusement, cela ne marche pas toujours.

Prenez par exemple le cas de ce jeune homme sur son vélo à Cleveland - il a repéré le Googlemobile dans sa rue et se dit que ce serait cool de se faire immortaliser sur Google Street View entrain de faire une acrobatie sur son vélo… le voilà donc parti!

Malheusement il rate son coup et se fait photographier entrain de se prendre une belle gamelle avec son biclou.

Alors que le Googlemobile poursuit sa route, l’appareil photo monté sur le toit immortalise les tentatives desespérées du jeune homme de se dégager de son vélo en tentant une roulade arrière.

Google Street View est un témoin cruel….

http://googlesightseeing.com/2008/04/21/worlds-greatest-cunning-stunt/

Excellent !

[Le Monde Informatique - 16/04/2008]
Près de quatre ans après l’adoption de la Loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN), le législateur devrait plancher sur une nouvelle norme qui prendrait en compte l’apparition des modèles posés par le Web 2.0. C’est du moins ce que prônent les députés Jean Dionis du Séjour (Nouveau centre, déjà rapporteur de la LCEN en 2004) et Corine Erhel (PS) dans un rapport, présenté ce 16 avril, censé faire le bilan de la LCEN.

Selon les rapporteurs, « la loi a été mise en oeuvre de manière assez exhaustive, même si certains décrets n’ont pas été faciles à prendre ». Au-delà des questions relatives au droit de réponse sur Internet ou à la prospection automatique par automate, les deux députés déplorent que l’article 55 - qui prévoyait l’élargissement des numéros verts sociaux aux téléphones mobiles - ait été implicitement abrogé par la loi Chatel cet automne.

Surtout, le document présenté aujourd’hui s’attarde sur la distinction entre les notions d’hébergeur et d’éditeur sur Internet, et sur la responsabilité afférente. La loi de 2004 est limpide : les hébergeurs ne sont pas responsables du contenu hébergé chez eux mais doivent agir promptement dès qu’ils ont le signalement d’un contenu manifestement illicite. Mais, précise Jean Dionis du Séjour, « on est frappés par le nombre de contentieux vis-à-vis d’une loi qu’on estime claire. La jurisprudence est variée, elle part dans tous les sens ».

Des juges plus sévères avec les hébergeurs

Cette application variable du texte adopté il y a quatre ans découle, selon les rapporteurs, de l’apparition récente du Web 2.0 : « L’essentiel du contenu est désormais déposé par les internautes. Le choix des Unes ou de la mise en page est de plus en plus automatisé », expliquent les édiles. De fait, la qualité d’éditeur se raréfie et incite les juges à se montrer plus sévères avec les hébergeurs. En témoigne la récente affaire ayant conduit à la condamnation d’Eric Dupin, le concepteur de Fuzz.fr, pour un billet publié par un internaute.

http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-vers-une-lcen-2-pour-prendre-la-mesure-du-web-20-25873.html

[Lettre de Temps Réels n° 96 - 4 avril 2008]

Le gouvernement envisage de déposer au Sénat fin avril et en urgence le Projet de loi visant a permettre juridiquement la mise en place de la fameuse “riposte graduée”. Ce projet de loi (qui reprend les propositions formulées par le Rapport Olivennes) va profondément remanier la procédure de sanctions en matière de téléchargements dits illicites avec la menace de suspension de abonnement à Internet, après deux alertes. Il prévoit la création d’une Autorité administrative appelée Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (HADOPI).

Riposte graduée : les pirates recevront une lettre recommandée

Les insolents commentaires en vert de l’HADOPI

La riposte graduée préservera le chiffre d’affaires des FAI

Un acronyme qui rime, involontairement, avec DADVSI. Comme pour la DADVSI, le gouvernement entend le faire adopter en urgence. Comme pour la DADVSI, le débat risque de tourner mal.

(more…)

Une parfaite illustration de ce que l’on appelle désormais la “sous-veillance”… à tout moment j’indique volontairement où je suis et ce que je fais — et j’en apporte la preuve en me photographiant moi-même…

[Future Perfect - le blog de Jan Chipchase chez Nokia Design - 10/04/2008 - Trad. Grégoire Seither]

a selca moment

Une mode omniprésente parmi les jeunes de Seoul en Corée :  selca = self camera = le fait se prendre soi-même en photo avec son téléphone et d’envoyer automatiquement la photo pour publication sur sa page personnelle chez Cyworld .

La moindre visite à un café ou un restaurant comporte invariablement une séance d’auto-photographie par les membres de l’assemblée.

Et il ne s’agit pas de photos prises à la va-vite, les auteurs des photographies réfléchissent intensément à l’angle désiré de prise de vue, évaluent le résultat, refont la photo, retouchent leur coiffure, etc. etc. Le tout peut bien prendre une dizaine de minutes.

Cette mode est déjà assez intéressante à observer quand il ne s’agit que d’une seule personne, mais l’effet est magnifié quand toute une tablée s’adonne à cette activité auto-centrée… parfois même en réduisant au minimum les interactions humaines entre les divers convives.

Les vendeurs de téléphones dotés d’appareils photos intègrent même le selca dans leur publicité, vantant  la bonne prise en main de l’appareil et la facilité avec laquelle il permet de se prendre en photo. Certains modèles intègrent même des fonctions spécialement concues pour le selca : catalogue des portraits, filtres de retouche d’image ou d’ajout d’effets visuels.

Cette mode est tellement éloigné de ma réalité quotidienne que, quand j’y suis confronté, je me sens comme un extraterrestre.

Est-ce que les choses que nous vivons dans notre vie ne sauraient exister si elles ne sont pas enregistrées et diffusées via un media ? Est-ce que nous n’existons pas si nous ne sommes pas visbiles dans les photos de l’évènement ?

http://www.janchipchase.com

[Le Post - 10/04/2008]
Problèmes de sommeil, mauvaise alimentation, voire la mort… Les blogueurs courent après le clic parfois au péril de leur vie. “Dans ce monde de stress sans limite, les blogueurs écrivent jusqu’à ce que mort s’en suive” : lu dans Transnets, le blog de Francis Pisani spécialisé dans les nouvelles technologies.

Il évoque un article du New York Times sur les blogs. La course aux clics est dangereuse pour la santé. Ces derniers mois, 2 blogueurs sont morts d’une crise cardiaque. Le lien entre leurs blogs et leur décès n’est pas officiel, mais la question se pose.

“Les mieux lotis se plaignent de troubles du sommeil et autres pertes de poids. Un jeune (22 ans) qui travaille pour Gizmodo reconnaît s’endormir parfois sur son clavier. Moi aussi”, écrit Francis Pisani.

“Comme souvent, le secret c’ est le fric. Ces blogueurs sont, pour la plupart, payés au billet, quelques fois au trafic. Ils veulent être les premiers, les meilleurs, rêvent de scoops et de gloire”, poursuit-il.

Et d’enchaîner : “Je dois reconnaître que la crainte de voir le trafic trop chuter est souvent présente. Je crois aussi que je ressens comme un engagement face aux lecteurs d’être présent aussi régulièrement que possible. Et puis, et puis, je crois que j’aime ça, en tous cas c’est devenu une partie intégrante de ma vie. Quelque chose d’important, d’essentiel. Une habitude? Un besoin? grrrr ça sent pas bon ça…”

[L'Expansion - 09/04/2008]

Entretien avec Joe Tucci, le PDG du numéro un du stockage EMC, qui vient de boucler le rachat pour 213 millions de dollars de Iomega, le célèbre fabricant des disques ZIP.

(..)Pourquoi racheter Iomega ?
L’explication est très simple. Plus de 70% du contenu sur le Web est créé par les internautes. Que ce soit des photos, de la vidéo, de la musique, etc. Et dans quelques mois, chaque famille moyenne possédera un disque dur d’un téra-octet à la maison. C’est donc un marché en croissance rapide sur lequel nous voulons absolument être présent et qui sera important pour notre croissance future. Imaginez : depuis que je suis devenu le patron d’EMC (en 2000, NDLR), Iomega est ma première acquisition d’une entreprise qui fabrique du matériel. Toutes les autres, et il y en a eu plus d’une trentaine, étaient des sociétés de logiciel. C’est dire si c’est stratégique !

(..)
Le disque dur est à la base de pratiquement tous les matériels que vend EMC et Iomega. N’envisagez vous pas aussi de racheter un fabriquant de disques durs ?
Il y a une dynamique intéressante qui est en train de se passer et qui, je crois, va changer radicalement le marché du stockage. Nous commercialisons déjà aux entreprises des systèmes utilisant des disques durs Flash. Ils sont beaucoup plus rapides et consomment beaucoup moins d’énergie que les disques durs magnétiques traditionnels. Et cette tendance va s’accélérer à mesure que les prix plongent. Je pense que l’on aura encore besoin de disques durs magnétiques mais la tendance va vers la Flash.

Les services de stockage font-il aussi parti de votre stratégie pour le consommateur ?
Absolument. Nous avons racheté le service de stockage en ligne Mozy en octobre dernier (pour 76 millions de dollars, NDLR). Et nous comptons déjà plus de 500.000 utilisateurs enregistrés. Or, plus il se crée de contenus, plus le besoin de copies de sauvegarde est important. Notre vision est que cette copie « master » sera à terme stockée sur Internet. A nous de proposer un service suffisamment simple et transparent pour que n’importe qui puisse sauvegarde son tera-octet de données en ligne. Mais, ne croyez pas que ce service sera uniquement destiné au grand public. La version Pro de Mozy vise aussi les entreprises, comme le propose Amazon.

Comptez-vous vraiment concurrencer les services Web d’Amazon ?
Oui. Nous voulons aussi attirer les PME et les start-ups grâce à des outils de stockage en ligne et à un service de puissance de calcul. Mais notre modèle sera différent. Comme Amazon et plus récemment Google, nous distribuerons ces services sous notre propre marque. Mais nous allons aussi aider les opérateurs télécoms, les banques ou les services financiers à créer leur propre infrastructure pour qu’ils puissent, eux aussi, en proposer de similaires.

http://www.lexpansion.com/economie/actualite-high-tech/a-terme-tout-sera-sauvegarde-sur-internet_150468.html?xtor=ES-112

Rejet de la riposte graduée par le Parlement européen: le gouvernement doit retirer le projet de loi Olivennes

[Communiqué Odebi 11-04-2008]

En votant l’amendement 22bis au rapport de la commission CULT sur les industries culturelles lors de la séance plénière du 10 avril dernier, les députés européens ont clairement rejeté l’idée du désabonnement des internautes soupçonnés de téléchargement.

Odebi avait déjà dénoncé cette mesure disproportionnée, privant complètement d’accès à la société de l’information des familles entières, et ce, sans intervention d’un juge indépendant et impartial.

En rejetant ce type de mesure, le Parlement européen a affirmé que la “lutte contre le piratage” ne peut pas se faire à n’importe quel prix dans une démocratie, d’une part.  Mais il a aussi d’autre part protégé les créateurs, ainsi que tous les acteurs économiques de l’internet: une répression de masse basée sur le désabonnement ne peut que nuire aux intérêts économiques de ces acteurs, et encore plus aux industries culturelles qui n’auraient rien à y gagner, si ce n’est de perdre définitivement des clients.

La Ligue Odebi invite le gouvernement français à ne pas s’isoler, et à suivre la position réaliste et équilibrée des eurodéputés. Le ministère de la culture doit retirer le projet de loi Olivennes qui devait être déposé le mois prochain: le coeur même de ce projet étant basé sur le désabonnement des internautes, la nécessaire prise en compte de la décision des représentants élus par un demi-milliard de citoyens européens ne peut que le vider de sa substance.

Par ailleurs, l’amendement Heaton Harris à ce même rapport Bono ayant été rejeté, alors qu’il préconisait le désabonnement des internautes et le filtrage du réseau, le gouvernement doit aussi faire cesser les expérimentations de filtrage prévus par les accords Olivennes.  Le déploiement à grande échelle de systèmes de filtrage sur le réseau français serait dangereux pour la démocratie, comme cela est clairement illustré par l’actualité sino-tibétaine.

[Hubert Guillaud - Internet Actu - 07/04/2008]

Jan Chipchase a trouvé une bonne image pour nous dire que nous passons d’une société de surveillance à une société de sousveillance (1) en opposant le concept de “Big Brother” à celui de “Little Sister”. Où comment la persuasion amicale de notre entourage ou la pression sociale, peuvent faire plus de dégâts à notre intimité que la surveillance :

“Quand on parle de surveillance, la plupart des gens pensent à Big Brother, alors que c’est de plus en plus de votre petite soeur (Little Sister) qu’il est question, une petite soeur friande d’innovations, compétente en technologie, toute équipée de capteurs. A cause d’elle, faire usage du droit de ne pas adopter la technologie (opt out) revient à se mettre en marge de la société.”

facebookchercherdanslesmails.jpgSur un sujet proche, Leisa Reichelt, spécialiste de la conception orientée utilisateur, appelait, il y a quelques mois, les sites sociaux à plus de responsabilité dans leurs pratiques d’interopérabilité, et plus d’éthique dans leur conception.

Elle décrit comment les pratiques de Little Sister des sites sociaux, sous couvert de commodité pour l’utilisateur, se muent en Big Brother, en nous demandant nos identifiants et nos mots de passe pour mettre en place des passerelles entre nos comptes mails et leurs services (notamment pour trouver de nouveaux amis). Une démarche certes commode, mais qui donne au site un niveau de connaissance de notre vie sociale dont nous devrions prendre conscience.

“Mais est-ce qu’on réalise vraiment ce que nous faisons quand nous donnons cette information ? Réalisons-nous à quel point nous faisons confiance à Facebook par exemple, pour jouer convenablement avec cette information ? (…)

Bien sûr, ils “disent” qu’ils ne vont pas stocker ou utiliser cette information… Mais êtes-vous vraiment prêts à les prendre au mot ?” La présentation de cette information fait doucement pression pour nous suggérer que si on n’y répond pas, nous aurons un service “inférieur” :

“Nous sommes habitués à penser que la remise de nos informations personnelles est la seule chose à faire. (…) Pourtant, si l’éthique joue un rôle dans la façon dont vous concevez une application ou un site, alors ces pratiques devraient vous faire vous dresser les cheveux sur la tête !”

(1) La sousveillance, également appelée surveillance inverse est un terme proposé par Steve Mann pour décrire l’enregistrement d’une activité du point de vue d’une personne qui y est impliquée, souvent réalisée par un objet enregistreur portable.

http://www.internetactu.net/2008/04/07/de-big-brother-a-little-sister/

[ Les Echos 04/04/08]
Les 27 autorités européennes en charge de la protection des données imposent aux moteurs de recherche de ne pas conserver des données personnelles au-delà de six mois.

Les moteurs de recherche vont devoir revoir leur politique. L’ensemble des 27 autorités européennes en charge de la protection des données et regroupées au sein du G29 viennent d’adopter à l’unanimité un texte pour leur imposer de nouvelles règles. Dans un avis de 25 pages, ces autorités estiment que la régulation en matière de protection des données personnelles s’applique désormais aux moteurs de recherche en Europe.

Point central du texte : ces entreprises ne pourront conserver des informations sur les internautes au-delà de six mois. ” Les sociétés américaines disposant d’établissements au sein de la communauté ou ayant des moyens de traitement des informations électroniques doivent également se plier à ces règles “, explique aux ” Echos ” Alex Türk, président du G29.

Ainsi, Yahoo !, Google ou le service MSN de Microsoft peuvent exploiter des données personnelles mais uniquement ” pour une finalité légitime et non-excessive “. Ils doivent donc effacer ou rendre anonyme les données des internautes le plus rapidement possible dans un délai maximal de 6 mois. Au-delà, ils devront se justifier. L’Allemagne souhaiterait même abaisser cette durée à 90 jours. Aujourd’hui, AOL et Yahoo ! conservent ces données 13 mois, contre 18 mois pour Google et Microsoft. L’historique des requêtes, lui, n’est pratiquement jamais détruit.

Les données personnelles d’un internaute sont constituées des requêtes liées à son adresse Internet (IP), ou ses cookies (fichiers marqueurs qui s’installent sur le PC). Cette mine d’information permet aujourd’hui d’afficher des bandeaux publicitaires ou des liens sponsorisés très ciblés, donc vendus plus chers. Ils représentent la principale, voire l’unique, source de revenus des grands moteurs de recherche.

Si les moteurs souhaitent enrichir les profils des internautes avec d’autres données extérieures, ils devront au préalable demander le consentement aux personnes concernées “, précise Alex Türk. Concrètement, Google, par exemple, ne pourra consolider les informations de son moteur de recherche avec celles de ses filiales (YouTube, Orkut, Blogger, etc…) sans demander l’autorisation des internautes. Enfin, tous les moteurs devront donner un accès facile à ces derniers sur le traitement qu’ils font de leurs données.

http://www.lesechos.fr/info/comm/300255092.htm

Vers l’Internet a tout faire

[Le Monde - 05/04/2008]
Vous avez fait partie des premiers concepteurs d’Internet. Quel regard portez-vous sur l’évolution du Réseau mondial ?

Vinton Cerf : Beaucoup plus de personnes tentent aujourd’hui d’innover sur Internet. Pour décrire son mode d’évolution actuel, j’utilise souvent le modèle de la fourmilière. Si vous observez deux ou trois fourmis pendant toute une journée, il est probable que peu de choses intéressantes se produiront. Mais il y en a des millions. Et, chaque jour, une ou deux fourmis font une découverte dont profite la fourmilière. Internet fonctionne ainsi. Avec près de 1,3 milliard d’utilisateurs, soit seulement 20 % de la population mondiale, de nouvelles expériences sont tentées quotidiennement. Je suis toujours un peu fébrile lorsque je lis les pages business de la presse, car j’y découvre souvent que quelqu’un a inventé un nouvel usage d’Internet, et qu’il va falloir encore nous adapter…

Qu’apporte le Web 2.0 en matière de nouvelles utilisations du Réseau (blogs, chats, échanges de fichiers) ?

A mes yeux, le terme Web 2.0 relève largement du slogan marketing. Il laisse entendre qu’une nouvelle génération du Web apparaît. Je pense plutôt qu’Internet se transforme selon un phénomène de coévolution : il interagit avec tout ce qui l’entoure, et s’adapte. Les nouvelles applications poussent le Réseau jusqu’à ses limites et contraignent à créer de nouvelles solutions techniques.»…

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2008/04/05/vers-l-internet-a-tout-faire_1031349_651865.html#ens_id=1031484

Le fournisseur d’accès BT espionne ses clients pour mieux les cibler

[CNET France - 07/04/2008]

The Register vient de révéler que British Telecom aurait installé un spyware chez 18 000 de ses clients Internet afin de mieux cibler leurs habitudes de consommation et augmenter ainsi le prix de la publicité facturée aux annonceurs.

L’affaire remonte à 2006 et concernerait 18 000 clients à l’Internet haut débit de l’opérateur historique britannique. Celui-ci aurait installé un spyware mis au point par la société Phorm, afin d’épier leurs habitude sur Internet et de mieux cibler leurs sujets d’intérêts. Des données personnelles qui auraient permis à British Telecom (BT) de vendre plus cher la publicité à certains annonceurs en leur promettant un ciblage tout particulier. Mais obtenue sans le consentement des intéressés, cette manoeuvre est illégale en droit britannique.

BT se défend en argumentant sur le fait que ces données personnelles n’ont pas été conservées ni associées à des adresses physiques ou à des noms d’abonnés. Du côté de Phorm, on va même plus loin, en indiquant au site The Register, qui a révélé l’affaire, que « leur technologie améliore la confidentialité en ligne ». Virgin Media et Carphone Warehouse, deux autres FAI britanniques, ont eux aussi des partenariats avec Phorm.

En France, le projet de loi gouvernemental de lutte contre la cybercriminalité, dévoilé en février dernier, contient certaines dispositions permettant à la police d’effectuer des « cyberperquisitions » via un logiciel de prise de contrôle à distance ou d’utiliser des spywares pour surveiller certains ordinateurs, à la manière des célèbres écoutes téléphoniques.

http://www.cnetfrance.fr/news/internet/le-fournisseur-d-acces-bt-espionne-ses-clients-pour-mieux-les-cibler-39380254.htm

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