Observatoire de l’empire



Comme l’avait dit si bien l’excellente Condoleeza Rice, avant le 11 septembre : "We need a new enemy, to unite us"

[Nicolas Gauthier - Boulevard Voltaire - le canard en ligne de Robert Ménard version 2.0 -  26/12/2012]

À chaque saison ses élégances vestimentaires et idéologiques. Ses méchants et ses gentils qui, tel que chantés par Michel Polnareff, iront tous au paradis. Avant-hier, les Juifs avec leur main invisible, non point celle du marché, mais celle qui tripote la culotte de Jeanne d’Arc. Qui sacrifient des enfants lors d’obscures cérémonies où ne manque plus que Christopher Lee. Hier, l’extrême droite. Ses réseaux, son internationale noire, son Le Pen nazifié en une du Monde par Plantu. Aujourd’hui, l’islam. Son oumma, sa takkiya, ses falbalas.

Islamisation de la France ? L’évidence s’impose. Ils sont partout, les bougres. Leurs séries télévisées, leur Hollywood devenu Allahwood, sans négliger leurs prescripteurs de tendances, omniprésents dans les médias, télévisuels et radiophoniques. Et la presse écrite, tenue en coulisses par les « barbus », cimeterre entre les dents et bombe sous le bras, comme chacun sait.

Ne rigolez pas. C’est faux dans les faits, mais c’est vrai parce qu’on vous le rentre dans le crâne. C’est logique. Et ça participe surtout d’une logique totalitaire. Le « Système », s’il gouverne mal, se défend bien. Il lui faut son guignol, diable peint à la va-vite sur le mur, monstre cloué au pilori sur lequel chaque « bon citoyen » est tenu de jeter ses ordures, au préalable triées, car le Moloch moderne, sachons-le, se doit d’être propre comme le cul d’un nouveau-né. Donc, après le youpin, le facho… le moricaud, islamiste, il va sans dire.

Le bougnoulo-musulman donc, a mauvaise presse. La faute aux médias ? Bien sûr. Mais pas que. Un peu comme le FN d’avant Marine Le Pen. Image parfois pitoyable, due aux mêmes médias, mais pas que, une fois encore. Car même déformée par des gens pas toujours bien intentionnés, cette mauvaise image, on en est toujours un peu responsable. Crânes rasés gavés de bière d’un côté ; pilosité abondante débordant sur des robes de chambre de l’autre : c’est un peu la guerre du poil. Guerre du look et, surtout, des arrière-pensées supposées.

Le Juif et l’antisémite font bon ménage, puisque couple infernal dans lequel l’un ne serait rien sans l’autre. Le raciste et l’antiraciste, idem. Maintenant que la minute quotidienne de haine, orwellienne et obligatoire, a changé de camp, il faut cogner sur le rastaquouère. Et Dieu sait si « l’Occident » ne s’en est pas privé. Gaza transformé en ghetto de Varsovie. Deux guerres en Irak. Une troisième en Afghanistan. Un Iran en voie de vitrification. Une base militaire en Arabie Saoudite, aussi insolente qu’une occupation de l’armée algérienne au Vatican. Et les autres pays de la sphère arabo-islamique sous surveillance : en Égypte, dans les Émirats du Golfe ou en Jordanie, les USA payent les factures. L’Occident est aux manettes, tandis que l’Orient tapine.

Mais c’est l’Occident qui chiale et l’Orient qui se tait. Normal, le maquereau trouvera toujours que ses putes ne rapportent pas assez, vu l’investissement consenti. Et s’indignera, lorsque les bornes auront été franchies, que la fille des rues puisse rendre la claque à son Julot. (en savoir plus…)


Une école qui apprend aux élèves à réfléchir par eux-même et à remettre en question leurs croyances et convictions ? Quelle horreur ! Vite, brulons ces livres !!!!

Le programme politique des conservateurs U.S. se caractérise par la peur et le repli… et on sait où cela mène… (Dov)

Extrait de la plateforme politique du Parti Républicain du Texas (page 12) :

Nous sommes contre l’éducation centrée sur l’apprentissage de la pensée critique (…) et autre programmes (…) qui sont centrés sur la modification des comportements et ont pour but de remettre en question les croyances et convictions de l’élève et de saper l’autorité parentale.

http://www.tfn.org/site/DocServer/20…pdf?docID=3201


Dans le procès contre Bradley Manning, le gouvernement U.S. défend le point de vue que le simple fait de publier "par tout moyen accessible au public" des informations qui "pourraient bénéficier à des forces hostiles ou des terroristes", constitue déjà une "complicité indirecte" avec l’ennemi et justifie une mise au cachot/envoi à Guantanamo/assassinat ciblé à coup de drone.

Petit conseil aux journalistes à travers le monde… si j’étais vous, je m’en tiendrais désormais aux enquêtes sur des sujets inoffensifs. Sinon vous risquez d’être pulvérisé un beau matin, en allant chercher les croissants.

http://www.commondreams.org/headline/2013/01/09-4


Pourquoi protège-t-on les banques ? Quelle est leur contribution au marché de l’emploi ? A la richesse sociale ? Quelle fonction remplissent-elles qu’une "Banque Nationale des PME" ne pourrait remplir vis à vis du tissu économique ?

Paul Samuelson, Simon Kuznets, Friedrich Von Hayek, Arthur Lewis, Theodore Schultz… tous Prix Nobels d’économie, ont montré dans leurs travaux que la Banque est une activité régalienne qui montre sa véritable utilité sociale quand elle est gérée par la collectivité nationale. Il n’y a qu’à voir, lors de la dernière crise économique, les pays ultra-capitalistes ont tous quasi nationalisés leurs banques…

[Boulevard Voltaire - 05/01/2013]

Fin décembre, au micro d’Europe 1, dans l’émission « Médiapolis », Michel Rocard fut l’auteur de déclarations on ne peut plus intéressantes qui, malheureusement, ne furent pas l’objet de reprises dans les autres médias. Le propos de Michel Rocard est le suivant : la réforme de la Banque de France de 1973 a interdit que celle-ci prête à l’État à taux zéro.

L’État est donc allé emprunter avec intérêt sur les marchés privés. Si nous en étions restés au système précédant, qui permettait, répétons-le, à la Banque de France de prêter à l’État à taux zéro, notre dette serait de 16 ou 17 % du PIB, soit bénigne.Les deux journalistes chargés de l’interviewer ne réagirent pas, comme si Rocard avait dit là une banalité. Pourtant, il venait de leur dire que tous les fameux« sacrifices », prétendument inéluctables, auxquels le peuple français devait consentir, ou encore la rigueur imposée par le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), n’étaient pas une fatalité mais la résultante d’un choix de politique de dette.

Et d’ajouter que, contrairement à ce qui est véhiculé depuis des années dans les grands médias, la France n’avait pas vécu « au-dessus de ses moyens » mais qu’elle avait dû débourser, au titre d’un simple jeu d’écriture, alors qu’aucune nécessité économique ne l’exigeait, des centaines de milliards d’euros constants au profit des marchés financiers. Il leur disait encore que la crise des dettes souveraines était parfaitement artificielle et qu’il suffirait de revenir à la création monétaire publique pour qu’elle soit réglée sans heurt. Mais nos journalistes, disions-nous, ne bronchèrent pas.

Michel Rocard, en revanche, se moque un peu du monde quand il affirme que la loi de 1973 fut simplement adoptée pour « imiter les Allemands », comme si l’objet de cette loi était de limiter l’inflation. Non. Cette loi a simplement permis de créer un marché interbancaire des obligations d’État. Contrairement aux thèses libérales vieillottes, les marchés ne naissent jamais « spontanément ». Ils sont des créations politiques ad hoc, comme, par exemple, le marché des devises, résultant de la mise en place du système de change flottant.

On peut également déplorer que Michel Rocard ne nous ait pas dit pourquoi il ne tenta pas, du temps où il était Premier ministre, d’abroger cette loi « stupéfiante » selon ses propres dires et pourquoi le sujet est aujourd’hui encore tabou. Mais ne soyons pas trop dur avec Michel Rocard. Reconnaissons-lui d’avoir mis un terme à la conspiration de silence et de l’ignorance qui sévit depuis des décennies dans la classe politique française.

http://globalpresse.wordpress.com/2013/01/05/quand-michel-rocard-devoile-le-pot-aux-roses/


Si vous suivez un peu l’actu américaine, vous savez que le Sénateur Chuck Hagel, élu Républicain du Nebraska, a de fortes chances d’être nommé Ministre de la Défense dans l’Administration Obama ce lundi.

A Libertés-Internets, nous avons toujours eu une affection particulière pour le Sénateur Hagel, depuis que – en 2007 – lors d’un interview devant des étudiants (cf lien), il a fait preuve d’une surprenante franchise sur la guerre en Irak:

"Les gens disent que non, ce n’est pas vrai, on ne fait pas la guerre en Irak à cause du pétrole. Mais bien sûr que si. Ils préférent parler de l’intérêt supérieur de la Nation américaine. Et c’est quoi, selon vous, l’intérêt national ? On est pas allé là-bas pour cueillir des dattes." ( http://www.fpif.org/articles/the_costs_of_war_for_oil )

A un autre moment, lors d’une réception, il a apostrophé une personne "Ecoutez, si cette guerre vous dérange tellement, alors vendez votre voiture et allez vous acheter un vélo !" (cité par Sam Smith dans Prorev)

Et enfin : "Il me paraît évident que – compte tenu de notre besoin vital en pétrole – il est prioritaire pour nous de sauvegarder nos sources d’approvisionnement, dans tous les cas c’est plus important que la sauvegarde d’une quelconque image de marque des USA en tant que nation morale et éthique. L’économie d’abord, les principes éthiques ensuite. En période de crise, jouer le rôle du gentil humaniste est un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre." (cité par M.Coloni, War for Oil)

L’idée d’avoir un personnage doté d’une telle franchise aux commandes de la machine militaire US nous fait saliver d’avance – peut-être qu’il va même changer le nom de son ministère, le "Département de la Défense" pour lui redonner celui qu’il portait avant 1940 : le "Département de la Guerre" – cela serait nettement plus approprié.

The Costs of War for Oil


Si Trayvon Martin avait tué Zimmermann, PER-SONNE ne se poserait la question de savoir si "la victime est l’agresseur". Un Noir qui tue un Blanc, c’est logique et on chope le "niggah" et on le pend à l’arbre le plus proche. Mais quand c’est un blanc qui tue un noir, même désarmé, c’est forcément que le Noir a provoqué ou menacé le Blanc. Cela ne peut pas être autrement…

Cela fait 1000 ans que les Blancs ont toujours des excuses quand ils tuent des Noirs ou des Basanés…

[Le Monde - Philippe Bernard- 21/10/2012 ]

Les parents de Trayvon Martin, le lycéen noir tué en février à Sanford (Floride) par George Zimmermann, un vigile autoproclamé, ont protesté, vendredi 19 octobre, contre la décision de la magistrate chargée du dossier, d’autoriser l’avocat du meurtrier à fouiller dans la vie de leur fils. Le dossier scolaire de l’adolescent mais aussi le contenu de ses comptes Facebook et Twitter pourront être communiqués à la défense, a décidé la juge Debra S. Nelson.

“Il est injuste de faire passer un enfant mort pour l’auteur du crime, a déclaré Tracy Martin, le père de la victime. “Cela revient à accuser la victime d’un viol de l’avoir provoqué par son habillement », a renchéri Ben Crump, l’avocat de la famille. Les défenseurs de Trayvon Martin, mort à 17 ans, rappellent qu’il n’était pas armé. Son meurtrier, âgé de 29 ans, affirme qu’il a riposté après avoir été attaqué. Il avait fallu 45 jours de mobilisation et de protestations pour que George Zimmerman soit poursuivi pour « meurtre ».

La juge a estimé que dans ce genre de dossier, il était pertinent de se demander si la victime « avait un penchant reconnu pour la violence ». Les intentions de Mark O’Mara, l’avocat de George Zimmerman, elles, sont claires : « La question est de savoir qui a fait quoi au cours des quelques minutes » ayant précédé le meurtre « La victime était-elle l’agresseur ? », a-t-il interrogé à l’issue de l’audience de vendredi. (en savoir plus…)


UNE CANDIDATE DÉMOCRATE AU SÉNAT DU MAINE ACCUSÉE DE JOUER À WORLD OF WARCRAFT

[Gregor Seither - IES News Service - 7/09/2012]

La campagne électorale pour le siège de Sénateur du Maine s’est transformée en un combat de ​​les trolls, de nains et de gobelins et d’orcs. Dans un communiqué envoyé cette semaine aux électeurs, le Parti Républicain accuse la candidate démocrate Colleen Lachowicz de vivre dans un monde imaginaire et – pire encore – d’y proférer des "commentaires insultants, vicieux et violents" dans les forums en ligne consacrés à World of Warcraft (WoW), un jeu en ligne joué par des millions de personnes à travers le monde.

Lachowicz, qui se présente contre le sénateur Tom Martin, a réagi en accusant les Républicains de se concentrer sur son passe-temps plutôt que de répondre à ses questions politiques. "Je trouve que c’est bizarre qu’on m’attaque parce que je joue a des jeux en ligne», a-t-elle dit dans un communiqué.  "Que vont ils trouver ensuite ?  Vais-je être ostracisée parce que je joue à Angry Birds ? "

Un site Web produit par la campagne électorale des Républicains montre Santiaga l’avatar de Lachowicz, une orc à la peau verte, crinière mohawk et armée d’un poignard en éclat de météorite.  Il note que Lachowicz aime jouer dans "un monde imaginaire du nom de Azeroth" et qu’elle "y a atteint le niveau 85, le plus haut niveau qu’on puisse y atteindre."  Elle est accusée de passer des centaines d’heures à jouer dans World of Warcraft, à pourchasser des trolls et des créatures fantastiques. "Nous avons besoin d’un sénateur qui vive dans notre monde, pas dans le petit monde imaginaire de Colleen," indique l’auteur du site.

Le site signale également des commentaires faits par Lachowicz lors de conversations sur des forums avec d’autres joueurs de World of Warcraft en 2009 et 2010, y compris: "J’adore empoisonner et poignarder," "Je peux tuer des trucs sans devoir aller en prison pour cela" et "J’adore poignarder des trucs et je suis originaire du New Jersey, c’est quoi ton p***** de problème ?"

Ericka Dodge, porte-parole du Parti Démocrate du Maine, a déclaré dans une interview vendredi que Lachowicz, assistante sociale de métier, n’avait pu consacrer que 30 minutes à World of Warcraft depuis Janvier dernier, étant totalement absorbée dans la campagne électorale. "Il est clair que, avant de se lancer dans la politique, elle a passé beaucoup de temps à jouer à des jeux vidéo" a déclaré Dodge.  "Elle aime aussi faire du tricot, mais je ne pense pas qu’on va l’attaquer pour cela."

De très nombreux sites de "gamerz" ont réagi en soutenant Lachowicz. Sur WoW une guilde s’est formée pour sa défense, rassemblant déjà plusieurs dizaines de milliers de joueurs. Sur les plateformes sociales Facebook et Twitter, la majorité des commentaires se moque de cette campagne de propagande "anti-gamer" des Républicains, celle-ci apportant encore une fois la preuve que "le Parti Républicain est devenu un parti de conservateur déconnectés de leur époque, blancs, religieux et qui voient le mal partout. Après les commentaires de Paul Ryan sur le rap, après les cris de Rogers sur le rock n’ roll satanique, voici que ce sont les jeux vidéos qui passent au bûcher" selon le commentaire du forum WorldofGames (WoG) .  Un tiers des habitants des Etats-unis, soit près de 215 millions de personnes, jouent à des jeux vidéo, selon une estimation du NPD Group.

Soucieux de ne pas s’aliéner les jeunes électeurs et fans de WoW, David Sorensen, un porte-parole pour le Parti républicain du Maine, a déclaré que le site consacré à Lachowicz n’a pas pour but d’offenser les joueurs de jeux vidéo. "En ce qui nous concerne, il ne s’agit pas d’une "affaire ‘World of Warcraft’ mais simplement du fait qu’une candidate à un haut poste politique qui se permet de dire des choses scandaleuses sur des forums dédiés à World of Warcraft" a-t-il déclaré vendredi.


Ne vous trompez pas, tout ce bruit médiatique autour du "Muslim Rage", cette publication opportune de vidéos chiffon-rouge, ces "unes" de grands magazines montrant des abrutis barbus, la bave aux lèvres et vociférants "allahuakbar"… tout cela ne sert qu’un seul but : quand les bombes se mettront à pleuvoir, l’opinion publique opposée à la guerre dira: "Bon, c’est bien triste, mais ils l’ont bien cherché quand même".

L’argument colonial "c’est nous les civilisés, laissez nous exterminer les sauvages" est le premier outil de la politique d’agression permanente sioniste depuis 150 ans (ce qui montre bien son caractère intrinsèquement colonialiste).  Hertzl écrivait déjà dans "L’État des Juifs", (p. 95) : "Pour l’Europe, nous constituerons là-bas un morceau de rempart contre l’Asie. Nous serons la citadelle avancée de la civilisation contre la Barbarie".

En convainquant l’opinion que les Arabes sont des sauvages violents qu’il faut mater (comme le disait encore récemment en "off" le candidat républicain à la présidence U.S. Mitt Romney) le lobby Israël nous prépare à l’expulsion des Palestiniens de l’autre côté du Jourdain et la mise sous curatelle des pays voisins d’Israel. Quand au lobby pétrolier, il se frotte les mains et prépare déjà le prochain "takeover" d’un pays producteur de pétrole réticent…

Comment des pubs racistes ont pu tapisser le métro de New York

[Sylvain Cypel - LE MONDE | 25.09.2012 ]

Alors que le monde a les yeux tournés vers New York et l’Assemblée générale des Nations unies, le métro de la ville accueille, depuis le lundi 24 septembre, une campagne publicitaire ainsi libellée : "Dans toute guerre entre le civilisé et le sauvage, soutenez le civilisé. Soutenez Israël, faites échec au djihad." Sa promotrice, Pamela Geller, qui dirige l’Initiative américaine pour la défense de la liberté (AFDI), récuse toute offense raciste. Pour preuve, le "sauvage" n’est pas identifié. Elle-même l’est, cependant. Mme Geller patronne en effet une autre formation à l’intitulé plus explicite : "Halte à l’islamisation de l’Amérique".
L’environnement politique – l’assassinat par des salafistes de l’ambassadeur des Etats-Unis en Libye, les manifestations antiaméricaines dans l’espace musulman contre un film sur Internet dénigrant le prophète Mahomet… – apparaît favorable à sa spécialité : exacerber les passions. Mais sa campagne d’affichage avait été lancée auparavant, sans doute en lien avec l’élection présidentielle.

Elle a déjà été menée, du 13 août au 4 septembre, à San Francisco (où les autorités locales du transport public ont accueilli des contre-publicités "A bas le racisme" placées à côté des affiches controversées). En revanche, la mairie de Washington a "repoussé" leur diffusion devant le risque de trouble à l’ordre public.

A New York, Mme Geller avait récemment fait placarder sur une ligne de chemin de fer des affiches clamant : "Ce n’est pas de l’islamophobie, c’est de l’islamoréalisme. " Mais l’Autorité métropolitaine du transport public, la MTA, avait refusé de diffuser ses publicités en arguant de leur "langage avilissant". Pam Geller a obtenu gain de cause en justice.

Le juge Paul Engelmayer a estimé que son droit devait bénéficier "du plus haut niveau de protection sous le premier amendement" de la Constitution américaine, qui garantit la liberté d’expression. Ce, a admis le juge, bien que l’on puisse "raisonnablement considérer" que les "sauvages" incriminés sont effectivement les musulmans.

Précédemment grande admiratrice du criminel serbe Radovan Karadzic – elle a beaucoup dénoncé le "mythe de Srebrenica" -, fondatrice du mouvement SION (Stop Islamization of Nations), Pam Geller est, avec David Horowitz et Robert Spencer, du site Jihad Watch, une des figures de proue aux Etats-Unis de la mouvance anti-musulmans (et/ou anti-arabes, selon les cas), dont la rhétorique, sous la protection du 1er amendement, dépasse dans l’outrance tout ce qui serait considéré comme "raisonnablement" licite en France.

M. Spencer a d’ailleurs été nommé par Anders Behring Breivik, l’auteur du massacre d’Oslo en juillet 2011, comme une de ses sources d’inspiration. Mme Geller, elle, voit en Barack Obama "Hussein, le mahométan". Un homme qui avance masqué "fera tout pour apaiser ses suzerains islamiques" et, a-t-elle expliqué, qui "mène le djihad".

En 2010, elle fut durant quelques mois régulièrement invitée par la première chaîne nationale américaine, Fox News, pour commenter les sujets ayant trait à l’islam, aux musulmans ou au conflit israélo-palestinien.

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2012/09/25/des-pubs-antimusulmans-dans-le-metro-de-new-york_1765359_3222.html


[Gregor Seither - IES News Service - 20/09/2012]

Paul Ryan, le co-listier ultraconservateur du candidat républicain à la présidentielle U.S., Mitt Romney, était l’invité, en 2005, de l’association libertarienne Atlas Society pour une cérémonie "Hommage à Ayn Rand". Sur le site de l’association, on peut écouter l’enregistrement de cette soirée. Le discours de Paul Ryan y est fort intéressant. Pour l’éventuel futur vice-président des Etats-unis, la notion même de sécurité sociale et d’assurance maladie publique relève d’une philosophie "collectiviste" et "socialisante".

En échange, Ryan propose une solution simple : privatiser entièrement la sécurité sociale et l’assurance maladie (Medicare) afin de "forcer les gens à changer de mentalité",  les convertir d’une philosophie de "collectivisme"  pour en faire des adeptes d’une "philosophie individualiste capitaliste". Cela permettra d’avoir "plus de gens dans notre camp" qui "cesseront d’écouter les Démocrates".

Ensuite, José Piñera, l’ancien ministre des affaires sociales sous la dictature de Pinochet a pris le micro pour vanter les mérites du processus ultra-capitaliste mis en place par la dictature, allant jusqu’à parler de "révolution morale" et affirmant que la privatisation de la sécurité sociale au Chili avait transformé les marxistes en capitalistes qui avaient cessé de faire de la politique pour lire l’équivalent chilien du Wall Street Journal. A ce moment là, on peut entendre Ryan approuver bruyamment en s’écriant "Yeah !", "That’s right !".

Concrétisées par les "Chicago Boys", les économistes chiliens adeptes de l’école économique libertarienne de Milton Friedman, la "révolution morale du capitalisme contre le collectivisme" fit plus de 40 000 victimes emprisonnées, torturées, assassinées au Chili. Les réformes ultralibérales furent menées à marche forcée, la police écrasant toute contestation sociale. Les "atlasiens" du Parti Travailliste néo-zélandais, qui furent de grands admirateurs de la "réforme chilienne" et mirent en place le "New Zealand Experiment" de réformes ultralibérales dans les années 1980 le disent d’ailleurs très clairement :

Si l’on veut mener une politique d’ajustement structurel, l’idéal est de pouvoir le faire dans une situation ou l’opposition politique à ces réformes peut être discréditée, handicapée par tous les moyens et, si nécessaire, réprimée. Il faut une équipe de technocrates qui ont une vue commune et cohérente de ce qui doit être fait. Cette équipe doit avoir les leviers du pouvoir exécutif en main et pouvoir orienter de manière efficace l’opinion publique par un accès privilégié aux médias. Il faut un leader qui ait une vision historique et qui n’ait pas à se soucier des retombées politiques ou électorales de ces réformes radicales et profondes. Le contrôle qu’exercera l’équipe sur l’opinion, permettra de se protéger de telles retombées. (citation)

Discours de Ryan : http://www.atlassociety.org/ele/blog/2012/04/30/paul-ryan-and-ayn-rands-ideas-hot-seat-again


C’est vrai que quand on écoute le discours de Romney à Tampa, on se rend compte que la seule chose qui semble importer au citoyen étasunien moyen c’est de savoir si des garçons ont droit de s’embrasser sur la bouche et si on a le droit de tuer des foetus… et si on va dépenser encore plus d’argent pour tuer encore plus de foetus (mais seulement une fois qu’ils sont sortis du ventre de leur mère).

Tout le reste, les guerres, la misère, les crises, le reste du monde… euuuh !

Etats-Unis : Notre dernier espoir, c’est l’humour

[Michael Doliner - Counterpunch - 28/08/2012 - Traduction : Dominique Muselet]

L'Amérique dans toute sa gloire !

This is America !

Quand il y a un article sur Internet qui parle d’Obama et de Romney, je sais que son auteur ne considère pas la politique comme une chose sérieuse. Il est clair que ces deux hommes, à l’instar de tout le système bureaucratique étasunien, sont impuissants à résoudre les problèmes sérieux qui se posent aux Etasuniens et d’ailleurs à toute la planète. Cette année, la glace de la mer Arctique a diminué et sa diminution va bientôt atteindre des records historiques. La situation est bien pire qu’elle ne semble car la glace qui reste est molle et fine. De plus, à la différence de 2007, ce n’était pas le meilleur moment pour qu’elle fonde. La glace plus épaisse, dont l’épaisseur moyenne n’était que de 1,5 mètre, bien moins épaisse que les 7 mètres de l’ancien temps, est maintenant en morceaux. Elle est charriée par le détroit de Fram vers l’atlantique où elle fond. Si vous pensez qu’il a fait chaud cette année, attendez que toute la neige de l’Arctique soit fondue d ’ici quelques années.

Je pourrais continuer à énumérer les autres problèmes vraiment graves mais ceux qui les connaissent les connaissent déjà, et ceux qui ne les connaissent pas, ne les connaîtront jamais.

Le système politique étasunien est dans l’incapacité de gérer ces problèmes. L’histoire nous montre que son seul domaine de compétence est le domaine militaire et paramilitaire, et encore, il n’y est pas très performant. Regardez Katrina. Regardez les infrastructures en ruine. Regardez le chômage, le logement, la réaction à Fukushima. Ce système est une bête aveugle et idiote qui détruit la planète à travers ses agences hypertrophiées, remplies de gens si obnubilés par la technique qu’ils en perdent toute notion de l’humain. Sa structure pesante bourrée d’éléments de langage "politique" absurdes en fait une proie facile pour les multinationales et en premier lieu pour le secteur financier et militaro-industriel, qui jettent le pays dans des guerres dont le seul but semble être de détruire nos propres armes pour pouvoir en commander d’autres. Ces guerres sont des calamités épouvantables de quelque manière qu’on les prenne. (en savoir plus…)


[Khaled Satour - Contredit - 17/08/2012]

Cela fait des mois que je m’intéresse à la position prise par l’intelligentsia arabe et particulièrement syrienne à propos des événements de Syrie. Sur une vidéo mise en circulation sur Internet, j’ai entendu l’un des plus illustres opposants à Bachar El Assad, Michel Kilo, déclarer que les intellectuels syriens étaient "pour la révolution". Ce que mes propres observations tendent à confirmer car j’ai suivi avec toute la constance possible, à travers la presse arabe où ils s’expriment le plus volontiers, leurs prises de position et leurs analyses. Il m’est arrivé d’en conclure que, si la parole qu’ils exprimaient et leur conception de l’opposition au régime de Damas qu’ils préconisaient avaient la pertinence patriotique qu’ils leur attribuaient, c’est que j’étais démuni de certaines composantes du logiciel politique approprié, qu’eux-mêmes n’ont pas manqué, tous, de recevoir en partage. J’ai aussi parfois mis mon incapacité à comprendre sur le compte de la complexité des données de cette région du monde arabe où s’entremêlent tant d’intérêts et d’influences.

Mais j’ai résolu pour finir de risquer un certain nombre d’observations. Car la situation est telle que la seule vérité indiscutable est que la Syrie, peuple, nation et Etat – et pas seulement le régime qui la gouverne de moins en moins – fait l’objet d’une agression étrangère multiforme destinée à l’anéantir. Cette agression ne diffère de l’entreprise lancée en 2003 contre l’Irak et en 2011 contre la Libye que par deux faux-semblants : la préexistence d’une prétendue révolution populaire pacifique qui aurait duré un an et l’échec fait à une intervention militaire de l’OTAN.

UNE VERITABLE INVASION MILITAIRE
Jusqu’au tournant de l’année en cours, des manifestations civiles, dont l’ampleur a sans doute été exagérée, brouillaient le jugement en imposant, grâce à une information sélective puissamment relayée, la vision d’un soulèvement populaire généralisé réprimé violemment. Le discours de l’opposition et des intellectuels pouvait alors avoir un semblant de justification. Mais qu’en est-il aujourd’hui? La guerre s’est étendue et les données relatives à l’identité des forces qui combattent l’armée régulière ne sont plus contestées : (en savoir plus…)


[Greg Palast - TruthOut - 27/08/2012 - Traduction: Gregor Seither pour IES News Service]

La convention républicaine ouvre ses portes avec le discours d’un homme "qui devrait être en prison"

Cet article est basé sur les enquêtes publiées dans le nouveau livre de Greg Palast, "Billionaires & Ballot Bandits: How to Steal an Election in 9 Easy Steps " (Milliardaires et Bourreurs d’urnes: Comment voler une élection en 9 étapes faciles – avec un avant-propos de Kennedy et des illustrations par le caricaturiste Ted Rall.

"Tim Griffin devrait être en prison." C’est la conclusion de l’avocat des droits civiques Robert F. Kennedy Jr. après avoir passé en revue les preuves que je lui ai demandé d’examiner.

Mais Griffin n’est pas en prison: il est au Congrès. Et mardi, il sera le premier membre du Congrès choisi par le Parti Républicain pour ouvrir les débats lors de leur convention nationale.

On pouvait s’y attendre, je n’ai pas vu un seul article dans la presse américaine faisant mention du fait que, en 2007, Griffin a démissionné précipitamment du Ministère de la Justice, étant tombé en disgrâce, juste avant ce qui aurait pu (aurait dû) être sa mise en examen.

Selon Kennedy quelques autres personnalités devraient rejoindre Griffin dans le box des accusés: pour commencer, il y a aussi le patron de Griffin, l’homme que George W. Bush surnommé la "Fleur de Crotte" (Turdblossom) : Karl Rove.  Mais ce n’est pas la seule fleur odoriférante, il y a également Matt Rhoades, l’assistant de Griffin à l’époque.  Rhoades n’est pas en prison non plus. Il est le directeur de campagne du candidat à la présidentielle Mitt Romney.

Kennedy a analysé une enfilade d’e-mails hautement confidentiels que nous avons pu récupérer depuis l’intérieur du siège du Comité National Républicain à Washington. (Et si vous vous posez la question de savoir comment nous avons fait pour mettre la main sur les courriers électroniques privés de certaines sommités de la campagne électorale des Républicains, et bien c’est une autre histoire. Par contre, je peux vous certifier que ces mails ont été envoyés directement depuis l’ordinateur de Tim Griffin. Rove, qui est expert en informatique, se garde bien d’avoir un ordinateur qui lui soit attribué personnellement).

"Ce qu’ils ont fait est tout à fait illégal et ils le savaient mais ils l’ont fait quand même», m’a dit Kennedy.

Ce qu’ils ont fait s’appelle "voter caging", épurer les listes électorales des électeurs soupçonnés de ne pas voter dans le bon sens. Le Comité National Républicain a envoyé par milliers des lettres à des soldats, en recommandé, avec la mention "NE PAS FAIRE SUIVRE". Quand ces lettres sont revenues sans avoir été remises au destinataire, les Républicains ont prévu d’utiliser ces enveloppes "épurées" comme preuve que l’électeur n’habite pas dans son district électoral et que donc son vote est "frauduleux" — puis ils annuleraient son vote.

Ainsi, un soldat stationné en Irak verrait son vote par correspondance invalidé — et il n’en saurait rien. (en savoir plus…)


Depuis Ronald Reagan et les Talibans, les néo-conservateurs ont systématiquement généré/manipulé/armé/poussé les pions islamistes pour déstabiliser les régions dont ils veulent accaparer les ressources minières. Et en Afrique cela est d’autant plus urgent qu’il s’agit de faire la nique aux Chinois. Encore une fois : "la guerre dure tant que durent les profits"

Mali : et si les islamistes convoitaient l’or noir ?

[Jeune Afrique Economie - Jeudi, 19 Juillet 2012 - Malika Groga-Bada]

Le nord du Mali recèlerait un important potentiel pétrolier, gazier et minier. Pourrait-il aiguiser l’appétit des islamistes ?

Le Nord contribue très peu au PIB du Mali, à peine 2 %. Mais le sous-sol des régions de Gao, de Kidal et de Tombouctou suscite beaucoup d’espoir : 850 000 km2 de potentiel gazier et pétrolier, selon les études menées par l’Autorité pour la recherche pétrolière (Aurep). Pour certains analystes, c’est même la seule vraie raison de l’occupation du Nord par les indépendantistes touaregs et les islamistes.

Quatre principaux bassins ont été identifiés dans cette zone : Tamesna (à cheval entre le Mali et le Niger), Taoudenni (qui couvre une partie de l’Algérie et de la Mauritanie), le graben de Gao et le rift de Nara (vers Mopti). Les forages réalisés par le français Total à Taoudenni, coté mauritanien, ont été encourageants.

Dès 2005, l’Aurep a procédé au découpage de ces bassins en 29 blocs exploitables. La plupart d’entre eux ont été remportés par des petites entreprises, l’algérien Sonatrach (via sa filiale internationale Sipex)  étant les seules majors à s’être intéressées au potentiel malien. En coentreprise, les deux groupes ont notamment misé sur les blocs 4 et 20. Mais six ans après la première acquisition de  Sipex, aucun forage n’est venu confirmer - ou infirmer - les attentes. Outre l’insécurité dans cette partie du pays, les coûts d’acheminement du matériel ont refroidi les ardeurs. En 2011, ENI-Sipex avait déjà investi 30 milliards de F CFA (45 millions d’euros) dans les préparatifs, sans avoir jamais pu creuser. La première vraie tentative était prévue pour février 2012.

Mais le Nord, ce n’est pas seulement du pétrole. Les explorations menées dans l’Adrar des Ifoghas (région de Kidal) ont révélé des sols propices à la présence d’or et d’uranium, tandis que le cercle d’Ansongo (région de Gao) recèlerait du manganèse. De quoi attiser les appétits.

http://economie.jeuneafrique.com/regions/afrique-subsaharienne/11872-mali-et-si-les-islamistes-convoitaient-lor-noir-.html


Robert Mundell, le père des "Reaganomics" et de la politique thatchérienne

L’euro est un immense succès – Je ne déconnne pas !

[Greg Palast - The Guardian - Mardi 26 Juin 2012 - Traduction: Gregor Seither - IES News Service]

L’idée que l’euro a «échoué» est d’une naïveté dangereuse. L’euro a réussi à faire exactement ce que son géniteur – et les 1% de riches qui l’ont adopté – avaient prévu qu’il fasse et ce pour quoi ils l’avaient conçu.

Ce géniteur est l’ancien détenteur de la chaire d’économie à l’Université de Chicago, l’économiste renommé Robert Mundell. L’architecte du concept d’une "économie de l’offre" est désormais professeur à l’Université de Columbia, mais j’avais fait sa connaissance par le biais de mon ancien professeur à l’université de Chicago, Milton Friedman. Je l’avais rencontré bien avant que les travaux de recherche de Mundell sur les monnaies et les taux de change aient posé les bases économiques et théoriques de l’union monétaire européenne ainsi que de la monnaie commune européenne.

A l’époque, Mundell était très occupé avec l’aménagement de la salle de bains de sa résidence secondaire en Europe. Le professeur Mundell, qui était détenteur à la fois d’un prix Nobel et d’une ancienne villa en Toscane, m’avait expliqué, furieux:  "Ils ne m’autorisent même pas à installer des toilettes. Ils ont des règlements qui m’interdisent d’installer des toilettes dans cette pièce ! Est-ce que vous pouvez imaginer une chose pareille ? "

De fait, je ne pouvais pas. Mais il est vrai que je ne possède pas de villa italienne, je ne peux donc pas imaginer la frustration d’avoir à subir des règlements administratifs régissant l’emplacement des sanitaires.

Mais Mundell, un homme énergique d’origine canadienne et étatsunienne, n’était pas homme à se laisser mettre des bâtons dans les roues par l’administration. Il était bien décidé à contre-attaquer en inventant une arme qui balayerait les règles gouvernementales et la réglementation du travail. (Encore plus que l’administration tatillonne, il détestait les plombiers syndiqués qui lui avaient facturé des sommes folles pour déplacer sa cuvette de chiottes.)

"Il est bien trop difficile de virer des ouvriers, en Europe. Ils ont des droits, là-bas" se plaignait-il. Sa réponse à cette situation: l’Euro.

Pour Mundell, le vrai visage de l’Euro ne se révèlerait qu’en période de crise. C’est là que la monnaie unique ferait vraiment son travail. Le fait d’éliminer le contrôle d’un gouvernement sur la monnaie permettrait d’éviter que des vilains petits élus fassent appel à des méthodes monétaires et budgétaires d’inspiration keynésienne pour sortir un pays de la récession.

"L’Euro permettra de mettre la politique monétaire hors de la portée des politiciens», m’avait-il expliqué. "[Et] privé des leviers de la politique fiscale, la seule façon pour un pays de conserver des emplois sera de de devenir compétitif en allégeant les règles et contraintes qui pèsent sur les entreprises et les affaires."

Pour Mundell, ces contraintes qu’il fallait éliminer sont les lois du travail, les règlementations environnementales et, bien sûr, les impôts et charges sociales. Tout cela serait balayé comme fétus de paille par l’Euro. Il ne serait pas permis à la démocratie d’interférer avec le marché capitaliste – ou avec la plomberie.

Comme l’explique un autre lauréat du prix Nobel, Paul Krugman, la création de la zone euro a violé une règle économique de base, connue sous le nom de "zone monétaire optimale". Or cette règle économique de base avait été conçue par Bob Mundell.

Mais cela ne dérange pas Mundell. Pour lui, le but de l’Euro n’était pas de faire de l’Europe une unité économique puissante et unifiée. Pour Mundell, l’objectif de l’Euro était de poursuivre le travail entrepris par Reagan et Thatcher.

"Ronald Reagan n’aurait jamais été élu président sans l’influence de Mundell," a écrit Jude Wanniski dans le "Wall Street Journal". L’économie de l’offre, développée et propagée par Mundell était devenu le modèle théorique des la pensée économique Reaganienne, les "Reaganomics" – ou comme l’avait expliqué George Bush l’Ancien, "l’économie vaudou",basée sur la croyance magique dans le libre-marché comme étant la panacée. Une croyance quasi-religieuse qui avait également inspiré les politiques de Margaret Thatcher.

Lors de notre rencontre, Mundell m’avait expliqué que, en fait, l’Euro est simplement la poursuite du concept des "Reaganomics":

"La discipline monétaire oblige les politiques à se plier la discipline budgétaire, sans exception"

Et lorsque des crises surviennent, les nations économiquement désarmées n’ont pas d’autre alternative que d’éradiquer la plus grande partie de leur réglementations et législations gouvernementales, de privatiser massivement les services publics et industries d’Etat, de réduire les impôts et de balancer à la poubelle le modèle social européen et son État-providence.  (Note du traducteur: où, comme l’avait si clairement expliqué le n°2 du MEDEF, Denis Kessler, grand ami de DSK,  dans un article de la revue Challenges d’Octobre 2007: "Il s’agit de défaire méthodiquement le programme du CNR. Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de l’éliminer.")

C’est de cette manière que nous assistons au spectacle d’un Premier ministre (non-élu) Mario Monti qui exige une "réforme" du droit du travail en Italie afin de rendre plus facile pour des employeurs comme Mundell le licenciement des plombiers toscans mentionnés ci-dessus. Mario Draghi, le directeur (non élu) de la Banque centrale européenne, appelle à des "réformes structurelles" – un euphémisme pour désigner des plans de licenciements massifs et des mesures sociales au détriment des travailleurs. Ils se basent sur une théorie nébuleuse qui voudrait que cette "dévaluation interne" de chaque nation permettra de rendre tout le monde plus compétitifs.

Monti et Draghi n’ont jamais été capables de nous expliquer de manière crédible par quel manière, si tous les pays du continent déprécient leur main-d’œuvre, chacun pourra acquérir un avantage concurrentiel. 
Heureusement, ils n’ont pas besoin d’expliquer leurs politiques pour que celles-ci soient mises en oeuvre. Il leur suffit de laisser les marchés s’attaquer aux obligations de chaque pays. En conséquence, l’union monétaire n’est rien d’autre que la poursuite de la lutte des classes par d’autres moyens.

La crise en Europe et les flammes de la Grèce baignent l’économie dans la lumière chaleureuse de ce que roi-philosophe de l’économie de l’offre, Joseph Schumpeter, a appelé la "destruction créatrice". L’acolyte de Schumpeter et thuriféraire du libre échange, Thomas Friedman s’est rendu à Athènes pour s’incliner devant le "sanctuaire improvisé", c’est à dire la banque incendiée où trois personnes ont trouvé la mort après que des manifestants anarchistes y aient jeté un engin incendiaire. Friedman a profité de l’occasion pour prêcher une homélie sur la mondialisation et dénoncer "l’irresponsabilité" grecque.

Les flammes, le feu, le chômage de masse, le bradage des biens nationaux… tout cela allait engendrer, selon Friedman, une "régénération" de la Grèce et, au bout du compte, de toute la zone Euro. Et par la même occasion, les Mundell et tous les autres propriétaires de villas pourraient enfin installer leur cuvettes de chiottes où bon leur semble.

Aujourd’hui, alors que tout le monde parle de "l’échec" de l’Euro, il est grand temps que comprendre que le bébé de Mundell, a en fait été un succès éclatant, probablement bien au-delà rêves les plus fous de son créateur.

http://www.gregpalast.com/

Autres textes de Greg Palast sur Libertes-Internets :

https://libertesinternets.wordpress.com/category/observatoire-de-lempire/greg-palast/


[Gregor Seither - IES News Service - 18/06/2012 ]

Entrée dans la légende, le scandale du Watergate est une affaire d’espionnage politique qui a entraîné la démission du président des États-Unis Richard Nixon. L’affaire avait débuté avec l’arrestation, dans la nuit du 17 juin 1972, de cinq « cambrioleurs » repérés par un agent de sécurité dans l’immeuble du Watergate, au siège du Parti démocrate. Les hommes arrêtés transportaient du matériel d’écoute ; ils ressemblent plus à des agents secrets qu’à des cambrioleurs. Sur des carnets d’adresses retrouvés en leur possession, on trouve des documents impliquant un certain Howard Hunt et des numéros de téléphone de la Maison Blanche. L’un des cambrioleurs, James McCord, attire particulièrement l’attention : c’est un colonel réserviste de l’armée de l’Air, un ancien du FBI et de la CIA, et surtout un membre du Comité pour la réélection du Président (CRP)

Or, comme le montrent les archives de la police de Washington D.C. déterrées par Sam Smith (Progressive Review), la matin du 17 juin le chef de le police pour le district en question avait passé un savon à l’équipe de policiers en civil, les accusant d’être des jean-foutre qui se la coulaient douce. Il leur avait conseillé d’être un peu plus réactifs, sinon il les reverserait tous dans les patrouilles en uniforme et en voiture de police.

Ce soir là, quand l’agent de sécurité a téléphoné à la police pour signaler qu’il avait repéré des gens à l’allure suspecte dans le Watergate, la police a d’abord voulu envoyer une voiture de patrouille affectée à ce secteur. La voiture ne répondant pas à l’appel radio (les policiers étaient entrain de manger)  l’équipe de policiers en civil a décidé de faire preuve de dynamisme et d’aller voir ce qui se passait au Watergate. Ils ont donc débarqué dans une voiture banalisée et en civil, surprenant les cambrioleurs sur le fait…  si la voiture de patrouille avec des policiers en uniforme avait répondu à l’appel, le guetteur situé de l’autre coté de la rue aurait eu le temps d’alerter ses complices… et l’affaire du Watergate n’aurait jamais eu lieu.

Source:  Wikipedia et Sam Smith, Progressive Review, 2005 http://www.prorev.com


[Fréderic Joignot -  Le Monde - 26/05/2012]

Nous sommes sur le plateau de France 2, le 22 avril, au soir du premier tour de la présidentielle. Les résultats tombent. Les Français ont crédité Marine Le Pen de 17,9 %. Exalté, le porte-parole du Front national, Gilbert Collard, annonce la couleur : « On est la nouvelle droite ! C’est vrai que Nicolas Sarkozy, ça paraît bien fini. »Justifié dans ses prises de position par la surenchère du président sortant sur l’immigration et l’islam, réunissant 6,4 millions de voix, le FN se pose en parti d’alternance. Il se prépare à affronter l’UMP en multipliant les triangulaires aux législatives. Il en a les forces. Marine Le Pen est arrivée première ou deuxième dans 116 circonscriptions sur 577, dépassant les 25 % dans 59 d’entre elles.

Ce succès de l’extrême droite, sa conversion en une « droite nationale » rejetant, au moins en paroles, « les formes de xénophobie, de racisme et d’antisémitisme », tout en faisant de la lutte contre l’immigration musulmane son cheval de bataille, fait écho à la percée dans toute l’Europe de formations politiques similaires. Citons le Parti du peuple danois, le Parti pour la liberté néerlandais, le FPÖ et le BZÖ autrichiens, les Vrais Finlandais, le Parti du progrès norvégien, le flamand Vlaams Belang, Droit et Justice en Pologne, Ataka en Bulgarie, la Ligue du Nord en Italie, les Démocrates en Suède, l’Union démocratique du centre (UDC) en Suisse. Tous ces partis dépassent aujourd’hui les 5 % des suffrages, quand ils n’atteignent pas 25 %.

Selon le spécialiste de l’extrême droite Jean-Yves Camus, ces formations incarnent l’émergence d’une « nouvelle droite radicalisée ». Leurs programmes oscillent entre deux philosophies très différentes qui s’opposent sur l’économie et les moeurs. Certains, comme le FN, prônent un « nationalisme social », explique Dominique Reynié, de la Fondation pour l’innovation politique. Ils sont eurosceptiques, contre la monnaie unique, ils critiquent la mondialisation, s’en prennent au capital, disent défendre les sans-grade. D’autres, comme le Parti pour la liberté de Geert Wilders, aux Pays-Bas, défendent un « libéral populisme », constate Jean-Yves Camus. Ils défendent l’Europe, le libéralisme, la laïcité et la liberté des moeurs.

Tous ces partis, cependant, comme le constate le politologue autrichien Anton Pelinka, se retrouvent sur un point : une critique virulente de l’islam et du multiculturalisme. Ils « jouent démagogiquement la carte qui consiste à dénoncer l’immigration musulmane pour rallier les perdants de la mondialisation ».

Le plus radical est Geert Wilders (16 % des voix aux législatives de 2010, aux Pays-Bas) qui considère l’islam non comme une religion mais comme « une idéologie fasciste », homophobe, profondément sexiste. Dans son film Fitna(« Discorde » en arabe), il compare le Coran à Mein Kampf - ce qui lui a valu d’être interdit de séjour au Royaume-Uni – et appelle les musulmans d’Europe à abjurer leur foi. Il préconise l’arrêt de toute immigration ainsi que l’expulsion des Pays-Bas de tout musulman coupable de délit. (en savoir plus…)


Ce n’est pas une simple histoire de hacker…. il s’agit d’une attaque de type militaire contre un pays. Attaque non déclarée et sans le moindre mandat de la "communauté internationale". Au minimum il faudrait que l’ONU publie une réaction face à cela… car la revendication ouverte de cette action pose un précédent qui peut avoir des conséquences très lourdes à long-terme. Il légitime toutes actions de cyberguerre future… y compris contre d’autres pays que l’Iran.

Quelle est la légalité d’une attaque de ce genre ? Comment se faire compenser les dommages collatéraux (dans des pays totalement étrangers au conflit) de ce genre d’attaques ? Et si demain Boeing aux USA décide de saboter Airbus en Europe à l’aide de sa propre variante de Stuxnet ? Qui va l’en empêcher maintenant que la Maison Blanche a donné l’exemple ?

Au même titre que l’illégalité de l’invasion irakienne a bloqué toute capacité d’intervention "légitimée" des USA pendant un bout de temps, l’utilisation de cyber-armes contre un pays dans une guerre non déclarée ouvre la porte à un avenir sombre en matière de cybersabotage… et si les hackers Syriens ou Iraniens ou Chinois décident de riposter, au nom de quoi les USA pourront-ils s’y opposer (greg)

Barack Obama a ordonné les attaques Stuxnet contre l’Iran

[Serge Leblal - Le Monde Informatique - 04/06/2012]

Le ver Stuxnet, mis au point par des agences américaines et israéliennes, a bien été créé pour cibler le programme nucléaire iranien, selon le New York Times.

Le président américain Barack Obama a ordonné les cyberattaques avec le malware Stuxnet contre l’Iran pour ralentir le développement du programme nucléaire du pays,selon un article publié dans The New York Times. Le journal, citant des sources anonymes, a rapporté que, dans les premiers jours de sa présidence, M. Obama a accéléré le projet connu sous le nom de code Olympic Games et initié par l’administration de George W. Bush. Le ver Stuxnet, depuis longtemps officieusement attribué à Israël ou aux États-Unis, a frappé les ordinateurs iraniens à la mi-2010 avant de se disséminer à travers l’Internet.

(en savoir plus…)


Ce qui est amusant, dans cette paranoia fabriquée à partir du "cyber-djihad" c’est que tout le monde semble ignorer (ou feint de l’ignorer) que les islamistes radicaux ne font qu’utiliser des méthodes déjà largement utilisées dans les mouvements révolutionnaires depuis 300 ans.

"Documenter par l’image les atrocités de l’ennemi" ou bien "sensibiliser une population radicale" afin de "créer des sphères de sympathisants" (du temps du Ministre de l’Intérieur Marcellin, on parlait de "mouvance"), pendant la Guerre d’Espagne, Robert Capa ne faisait rien d’autre. Ce sont les théories de Gramsci bien appliquées… voire du Karl Rove, le spin doctor de la Maison Blanche sous G.W. Bush. La seule chose qui change c’est la medium de diffusion massive qui est à leur disposition.

Tout le monde s’excite sur les sites djihadistes alors que les médias néo-cons nous livrent chaque jour, dans nos lucarnes, une propagande pur jus cent fois plus efficace… et nettement plus meurtrière ! Combien de gens ont été tués à cause de Ben-Laden ? Combien de gens ont été tués à cause de George Bush ? (greg)

[Owni - Pierre ALONSO - 30/05/2012]

22 mars. Mohamed Merah abattu par les hommes du Raid, Nicolas Sarkozy fait une déclaration depuis l’Elysée : la consultation de “sites internet qui font l’apologie du terrorisme” sera dorénavant sanctionnée. Un projet de loi a depuis été déposé au Sénat. Le cyberjihadisme fait une entrée fracassante dans l’agenda politique et médiatique.  Owni a voulu recueillir l’analyse d’un magistrat familier de ces affaires. Marc Trévidic est juge d’instruction au pôle antiterroriste du Tribunal de grande instance de Paris, seule juridiction compétente en matière terroriste. Il s’est spécialisé sur les dossiers jihadistes en plus de quelques autres gros dossiers (Karachi, Rwanda, moines de Tibéhirine). Il revient ici sur l’utilisation d’Internet par les jihadistes, le cyberjihadisme ou “jihad médiatique”, nouvel avatar de la menace terroriste selon les acteurs politiques.

Comment a émergé le cyberjihad ? Est-ce, comme certains l’analysent, lié à la perte du territoire afghan en 2001 qui a entraîné un repli des jihadistes sur une autre base arrière ?
Le conflit irakien a surtout servi de déclencheur, plus que la perte de l’Afghanistan en 2001. Les jihadistes ont très vu perçu le profit qu’ils pouvaient tirer du réseau. D’abord, l’intervention anglo-américaine était illégitime du point de vue du droit international public. Ensuite, ils ont pu utiliser les exactions commises par l’armée américaine, comme àAbou Ghraïb par exemple. Des brigades, armées de caméra, cherchaient à obtenir ce genre d’images pour les diffuser ensuite sur Internet. Le début du cyberjihad commence donc plus avec l’Irak qu’après la chute du régime Taliban. En Irak, le djihad était mené à 100%, dans les villes et sur Internet.
Quel est le rôle du cyberjihad ?

Le principal objectif est la diffusion de la propagande, puis le recrutement. Lors du conflit irakien, les jihadistes menaient un double conflit majeur, à la fois contre les soldats de la coalition anglo-américaine et contre les chiites. Ils avaient donc besoin de beaucoup de troupes et de chairs fraiches.

Dominique Thomas, chercheur spécialisé sur les mouvements islamistes radicaux, parle de la volonté de créer des sphères de sympathisants, plutôt que de recrutement. L’idée est de sensibiliser une population radicale. Au sein de cette population peut émerger un candidat au jihad. C’est une guerre de l’information, les cyberjihadistes parlent souvent de“réinformation”. Le volet recrutement existe aussi, pour envoyer des gens sur le terrain faire le jihad.
“Les loups solitaires”, entièrement isolés, formés sur Internet, existent-ils ?

Dans toutes les affaires que je connais, les protagonistes sont toujours en contact avec d’autres. Ils rencontrent d’autres jihadistes, se connaissent entre personnes de la même mouvance. Je n’ai pas connaissance de cas de terroriste islamiste entièrement isolé. C’est un petit milieu ! Tout le monde se connait.

Cyberjiadhistes et jihadistes sont-ils les mêmes personnes ? Ont-ils des profils différents ?

Tous sont cyberjihadistes. Le passage à l’acte, les départs sur zones sont extrêmement minoritaires. La radicalisation est progressive : la radicalité des jihadistes varie selon leur situation. Ils ne tiennent pas les mêmes discours avant le départ, pendant leur séjour sur zones et à leur retour. Le jihad n’a pas attendu Internet. Dans les années 1990, les filières d’acheminement de combattants en Afghanistan se développaient sans utiliser Internet.

Le milieu des années 2000 semble être l’apogée des sites liés au jihad. Certains étaient très connus, comme Minbar ou Ribaat, et des figures proéminentes s’en occupaient, notamment Malika El Aroud et son mari Moez Garsallaoui. 
Le nombre de sites a explosé après la guerre en Irak. L’utilisation d’Internet s’est codifiée. Le Global Islamic Media Front est chargé de contrôler et d’authentifier le contenu diffusé sur les sites avec le label d’Al-Qaida. Mais la vivacité des sites dépend du contenu qui arrive du terrain. La concurrence entre les sites crée de l’émulation. C’est la loi de la concurrence ! De cette émulation naît de la radicalité. Les sites apparaissent, se multiplient avec le conflit irakien et deviennent de plus en plus radicaux dans la propagande qu’ils diffusent.

Internet apparaît dans presque toutes les affaires, comme moyen de communication entre les jihadistes. Jusqu’à maintenant, un caractère opérationnel était toujours observé dans ces échanges. L’aide matérielle est présente dans toutes les affaires.

Le projet de loi présenté par l’ex gouvernement [Fillon], changerait ce principe en pénalisant la consultation de sites terroristes.

Il faudra définir la liste des sites terroristes, ceux qui posent certains problèmes. La définition repose sur le trouble grave à l’ordre public à même de semer la terreur [Définition des actes terroristes dans le code pénal français, NDLR]. Il faudrait plus généralement poser la question de l’influence des images violentes diffusées à la télévision ou sur Internet. Ce n’est pas parce qu’une personne joue à Call of Duty 4 ou 5 qu’elle va devenir folle et tuer des gens ! Le passage à l’acte à cause de jeux vidéo violents est marginal, si marginal qu’aucun enseignement ne peut être tiré à cette marge.

Le cyberjihadisme, dans son volet de propagande, doit-il sortir du champ de l’antiterrorisme ?

Comme je l’ai signalé à l’occasion de mon audition au Sénat, l’utilisation de la qualification terroriste, et des moyens afférents, a explosé, souvent à mauvais escient. Il y a deux problèmes différents : sensibiliser la population au risque de la violence diffusée notamment sur Internet d’une part, et lutter contre les actes terroristes d’autre part.

http://owni.fr/2012/05/30/marc-trevidic-le-jihad-na-pas-attendu-internet/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+Owni+%28Owni%29


Comme toujours, il ne faut jamais croire ce que raconte la Maison Blanche ou la CIA, la moindre information qui en sort est une fabrication des spin-doctors et des story-tellers en vue d’une manipulation de l’opinion publique.

LA VÉRITABLE HISTOIRE DE LA CAPTURE D’OSAMA BEN LADEN
[Gareth Porter, Truthout 05/03/2012 - Trad. Grégoire Seither]

Quelques jours après qu’un commando de US Navy Seals ait tué Osama Ben Laden lors d’un raid à Abbottabad, au Pakistan, un "officier supérieur des renseignements" avait expliqué aux journalistes que les documents saisis dans la maison de Ben Laden révélaient que celui-ci, "continuait à diriger le groupe, jusque dans les moindres détails tactiques. " Ben Laden n’était, "pas simplement l’idéologue et le stratégicien du groupe", a déclaré l’officier. "Il était actif dans la planification opérationnelle et l’orientation des décisions tactiques." Selon l’officier de renseigmenet, la maison de Ben Laden, "était un centre actif de commandement et quartier général tactique."  Le haut responsable du renseignement avait triomphalement avait décrit la découverte de la cachette de Ben Laden comme étant, "le plus grand succès de renseignement de cette génération".

De leur côté, les responsables de l’administration n’ont pu résister à la tentation de glisser aux journalistes qu’un facteur clé dans cette réussite avait été les informations obtenues par les interrogateurs de la CIA auprès des détenus Al-Qaïda à Guantanamo.

Et le directeur de la CIA, Leon Panetta, était tout à fait disposé à laisser entendre que certaines des informations avaient été obtenues auprès de détenus par des «techniques d’interrogatoire poussées» – (Ndt. autrement dit, "on les a torturés, c’est vrai, mais on a obtenu des résultats").

Voilà le discours officiel à l’époque. Malheureusement rien de tout cela n’était vrai.

Un an plus tard, l’analyse des documents montre que les fonctionnaires de la CIA ont  clairement menti non seulement sur la place de Ben Laden dans l’organigramme Al-Qaïda au moment de sa mort mais aussi sur la manière dont l’Agence a pu localiser sa maison, à Abbottabad, au Pakistan.

De fait, aujourd’hui on sait que, au cours de ses six ans de vie recluse à Abbottabad, Ben Laden n’était plus du tout le leader d’Al-Qaïda, mais avait été relégué dans un rôle de figure de proue isolée, ne jouant plus de rôle actif et déconnecté des activités réelles de l’organisation.

La véritable histoire, racontée ici pour la première fois, est que Ben Laden se trouvait relégué dans cette maison à Abbottabad, parce qu’il avait été contraint à l’exil par la direction d’Al-Qaïda.

Par ailleurs, l’affirmation de la CIA qu’ils avaient trouvé Ben Laden par eux-mêmes est tout aussi fausse. De fait, la CIA n’avait pu repérer la maison d’Abbottabad qu’à la suite d’une information transmise opportunément par l’agence de renseignement pakistanaise, le "Directorate for Inter-Services Intelligence" (ISI).

TRUTHOUT a pu reconstituer la véritable histoire de l’exil de Ben Laden à Abbottabad, ainsi que la façon dont la CIA l’a retrouvé, s’appuyant en grande partie sur des informations recueillies l’an dernier auprès de sources dans les Régions tribales et auprès de l’ISI par un officier pakistanais à la retraite, le Brigadier-Général Shaukat Qadir.

Toutes ces informations ont été confirmées en substance par le responsable du renseignement cité plus haut, lors d’une analyse post-raid… analyse qui a été ignorée dans les médias jusqu’à présent.

Ce que révèlent les documents trouvés chez Ben Laden

L’affirmation initiale, juste après le raid, comme quoi les documents saisis dans la maison d’Abbottabad démontraient le rôle central joué par Ben Laden au sein d’Al-Qaïda était une pure fabrication, étant donné qu’à ce moment là, les documents n’avaient pas encore été lus, et encore moins analysé par la CIA. Ce processus a nécessité plus six semaines de travail intensif par les analystes, les cyber-experts et les traducteurs, comme l’a expliqué l’Associated Press dans une dépêche ultérieure, publiée le 8 juin 2011.

Aujourd’hui, alors qu’environ 95% de ces documents ont été évalués et analysés, l’image qui émerge est loin de ressembler à celle présentée à la presse dans les semaines qui ont suivi le raid, quand on a jeté en pâture au public la légende d’un super-vilain tirant les ficelles depuis son QG clandestin.

Osama Ben Laden ne manquait en effet pas d’idées quand il s’agissait d’envisager des attaques contre des cibles US et occidentales… mais aujourd’hui les spécialistes du renseignement sont unanimes – et ils l’ont confirmé dans une dépêche de l’Associated Press – pour dire que "aucune preuve n’a été trouvée dans les documents démontrant qu’une de ces idées ait jamais été reprise par la direction active du mouvement pour être exécutée, voire même prise en considération par la direction."

La suite (en anglais) sur TRUTHOUT

http://truth-out.org/news/item/8866-finding-bin-laden-the-truth-behind-the-official-story


Putain, c’est de plus en plus cher de faire du camping à Paris. 50 millions d’Euros pour planter sa tente dans les jardins du Crillon !

Sur les dessous de l’affaire Takieddine et le scandale Karachi, lire l’article de Mediapart, paru il y a quelque temps et opportunément passé sous silence par la presse aux ordres

[Le Monde - 28/04/2012]

Le journal en ligne Mediapart a publié, samedi 28 avril, un document qui prouverait que le colonel Kadhafi aurait donné son "accord de principe" pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Dans ce document, une note issue des services secrets libyens signée par son chef de l’époque, Moussa Koussa, et traduite de l’arabe par Mediapart, on peut lire que, dès 2006, le gouvernement libyen aurait décidé "d’appuyer la campagne électorale" de Nicolas Sarkozy pour un "montant de 50 millions d’euros". La note ne précise pas si un tel financement a effectivement eu lieu.

Moussa Koussa ajoute que cet accord est consécutif au "procès-verbal de la réunion tenue le 6/10/2006, à laquelle ont participé de notre côté le directeur des services de renseignements libyens (Abdallah Senoussi) et le président du Fonds Libyen des investissements africains (Bachir Saleh), et du côté français M. Brice Hortefeux et M. Ziad Takieddine". L’ex-ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, a déclaré n’avoir "jamais rencontré Moussa Koussa et Bachir Saleh", ancien homme clef du régime libyen et actuellement recherché par Interpol. Mediapart explique avoir obtenu cette note de la part "d’anciens hauts responsables du pays, aujourd’hui dans la clandestinité", qui l’ont communiquée "ces tout derniers jours".

TAKIEDDINE "PENSE QUE LE DOCUMENT EST CRÉDIBLE"

Interrogé par Mediapart, Ziad Takieddine, l’homme d’affaires qui a introduit dès 2005 en Libye les proches de l’actuel ministre de l’intérieur, notamment Claude Guéant, et Nicolas Sarkozy lui-même, a déclaré que "ce document prouve qu’on est en présence d’une affaire d’Etat, que ces 50 millions d’euros aient été versés ou non".

L’avocate de Ziad Takieddine, Me Samia Maktouf, a déclaré que son client "pense que le document est crédible". M. Takieddine a également assuré qu’il reconnaissait la signature de M. Koussaactuellement au Qatar.

"L’enquête sera difficile parce que beaucoup d’intervenants sont morts pendant la guerre en Libye, mais c’est déjà important de rendre public ce document", a ajouté M. Takkiedine, qui a ensuite expliqué à l’AFP le fonctionnement de la diplomatie libyenne de l’époque : "M. Moussa était effectivement un relais avec la France. Cela se passait en secret, avec Saleh. Les relations de la Libye avec la Franceétaient gérées par Senoussi lui-même, pour Kadhafi, mais il y avait des lignes parallèles entre les services de renseignements gérés par le ministre de l’intérieur de l’époque Sarkozy, à travers Claude Guéant et Moussa Koussa". (en savoir plus…)


Même si l’émergence d’une autonomie (voire d’une indépendance) Touareg n’était qu’une question de temps, avec l’effacement progressif des frontières issues de la colonisation (le Nord du Mali n’a rien à voir avec le Sud du pays, comme toujours dans le cas des frontières coloniales)…

… il faut néanmoins rester lucide quant à la victoire des Touareg, rendue possible par le surarmement des troupes du MNLA avec le fruit du pillage des arsenaux lybiens… mais aussi par les bons conseils des instructeurs de la CIA, depuis leur base dans le Sud Algérien en récompense des services rendus contre Khaddafi. Cela fait longtemps que les USA sont discrètement présents dans la région et y entretiennent une "stratégie de la tension", notamment avec leurs créations, le soi-disant Al-Qaïda ou encore le GIA. Ici encore, comme en Lybie, cet éclatement de la région sert avant tout les intérêts des multinationales occidentales, engagés dans une lutte sans merci avec la Chine, pour le contrôle des matières premières. 

Le MLNA c’est comme les indépendantistes Kosovars de Thaci ou bien les Sud-Soudanais. Un mouvement politique maffieux, construit sur une revendication légitime, qui va permettre aux Etats-unis de contrôler la région — sous couvert de lutte anti-terroriste — en achetant les petits roitelets locaux. C’est beaucoup plus simple que de devoir se taper des chefs d’Etat élus qui risquent toujours d’aller refiler les droits d’exploitation minière aux Chinois.  Le grand colonisateur britannique Kitchener disait déjà, il y 200 ans en Afrique : "il est toujours plus facile de faire des affaires avec les clowns qu’avec le directeur du cirque".

L’Armée malienne en fuite, les villes de Tombouctou, Gao et Mopti sont aux mains du Mouvement de libération touareg

[Le blog Afrique  du Monde - 02/04/2012]

Chaque heure compte au Mali. Samedi, tout était en place pour la prise par les rebelles de Tombouctou, et Gao ne tenait qu’à un fil. Les deux dernières grandes villes du Nord Mali n’allaient pas résister longtemps aux forces du MNLA. Quelques heures plus tard c’est fait. Gao est tombée au prix d’une journée de combats, Tombouctou presque comme un fruit mûr. Les seuls échanges de coups de feu l’ont été avec les milices "arabes" de la ville, qui ne faisaient pas le poids face aux rebelles. Au moins les milices et ceux qui les organisent ont fait la "démonstration" vis à vis de la capitale qu’elles ne composaient pas avec le MNLA de façon trop évidente. Un détail, dans ce contexte.

Plus important, partout, l’armée malienne est en fuite. Dans les deux villes qui viennent de tomber aux mains du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le problème principal est d’éviter les pillages en cours, notamment des camps militaires abandonnés. La population s’en donne à coeur joie, et les rebelles ne sachant pas comment faire pour mettre fin rapidement à la curée sans tirer littéralement dans la foule, ce dont ils s’abstiennent à ce stade.

UNE FOIS À BAMAKO, QUE SE PASSERA-T-IL ?

Mais attention : l’armée, répétons le, a quitté les deux villes, et cela signifie qu’à présent, des soldats prennent la direction de Bamako. On signale un premier point de regroupement à Mopti, dans la boucle du Niger. De villes qui ne semblent pas menacées par la rébellion à ce stade voient aussi leurs éléments de l’armée prendre la route de la capitale. Une fois à Bamako, que se passera-t-il ? Les frustrations des éléments de l’armée régulières sont immenses, leur colère en proportion, et l’ordre qu’ils vont trouver dans la capitale bien faible en comparaison.

Pourtant, on ne reste pas inactif à Bamako. Depuis hier, le ministre des affaires étrangères du Burkina Faso, Djibril Basolé, travaille à amener à la raison le groupe de putschistes pour éviter une fuite en avant.

http://afrique.blog.lemonde.fr/2012/04/01/les-putschistes-maliens-mesures-durgence/


[Emmanuel Ratier - Faits & Documents n°333- 15 Avril 2012]

Dans une dépêche de UPI, le journaliste belgoaméricain Arnaud de Borchgrave, considéré comme un « honorable correspondant » de la CIA, voire comme un agent, a révélé quelques secrets d’une très discrète réunion organisée par le Council on Foreign Relations (qui dicte la politique étrangère des États-Unis, quelle que soit la couleur politique du président) le 16 mars portant sur la perception extérieure des États-Unis.

À cette occasion, est intervenu pour la France le mondialiste Thierry de Montbrial, membre de la Commission trilatérale et président-fondateur de l’Institut français des relations internationales. Les avis de cet homme-clé du système mondialisé sont généralement au diapason du gouvernement américain.

Il a donc nettement laissé entendre que François Hollande serait élu et que cela changerait les relations de vassalité qui s’étaient établies avec Nicolas Sarközy. « Avec le président Hollande, je ne vois pas des interventions militaires avec un front uni associant (la France) avec le président Obama et le premier ministre Cameron. » Selon cet expert, à la lumière du chaos libyen, un gouvernement socialiste refusera de participer à une intervention militaire contre le régime syrien et ne cautionnera pas une attaque unilatérale contre l’Iran.

http://faitsetdocuments.com/


[Emmanuel Ratier - Faits & Documents n°333- 15 Avril 2012]

Suzanne Buse, nouvelle présidente d’Amnesty International aux États-Unis, apparaît comme étroitement liée au gouvernement de Barack Obama, qui prend ainsi le quasi-contrôle de cette organisation humanitariste. Elle fut en effet secrétaire adjointe pour les organisations internationales au ministère des Affaires étrangères durant l’ère Bill Clinton et avec Barack Obama. Entre-temps, elle travailla pour le Wall Street Journal, la Century Foundation, le Center for American Progress et le Council on Foreign relations. On lui doit le concept de « pouvoir intelligent » particulièrement utilisé lors des « révolutions de couleur », en fait contrôlées par les services secrets américains.

http://www.faits-et-documents.com


Commentaire de Dov: Ici à Tel-Aviv, personne n’a envie de voir tomber Assad. La victoire des islamistes suite aux "révolutions arabes" en a échaudé plus d’un… et de toute façon Israël a besoin d’un ennemi puissant dans la région pour légitimer sa politique repressive et ses interventions militaro-terroristes chez ses voisins. Sans le croquemitaine syrien, Israël se retrouve tout nu… c’est aussi la raison pour laquelle on fait autant de bruit autour de l’Iran.

L’expert militaire Sheyl a avoué – à demi-mots – à la télévision que les services secrets israéliens avaient livré de la technologie de surveillance et de répression à leurs homolgues Syriens, pour l’aider à assurer "la stabilité intérieure face aux attaques d’Al-Qaïda" (c’est vraiment pratique cet Al-Qaïda, ça sert à toutes les sauces)…

[De Defensa - 13/02/2012]

Enfin, intéressons-nous à DEBKAFiles. Le 11 février 2012, le site publie une analyse dithyrambique à propos de la position militaire et politique d’Assad. Pour DEBKAFiles, le président syrien l’a emporté, dans tous les cas temporairement. Ce n’est pas la première fois que DEBKAFiles donne de telles analyses, favorisant nettement l’appréciation de la position opérationnelle d’Assad. Que cela soit vrai ou pas importe peu ici ; ce qui importe, c’est l’ostentation avec laquelle DEBKAFiles appuie sur ce fait, par la répétition, les détails, les perspectives, etc., dans nombre d’analyses à ce propos.

On connaît les liens de ce site avec la direction israélienne, les services de sécurité israéliens, etc., à un point où l’on peut estimer que DEBKAFiles exprime à sa façon une position qui est proche du fond de la pensée et du jugement des dirigeants israéliens. D’autre part, on a déjà noté le silence assourdissant de la direction israélienne à propos de l’affaire syrienne : les dirigeants israéliens ne peuvent proclamer qu’ils sont pour Assad mais ils ne tiennent certainement pas à la perspective de le voir remplacé par un désordre où l’extrémisme islamiste pourrait aisément proliférer. C’est la même attitude israélienne que pour la Libye, mais en plus accentuée, parce que la Syrie est aux portes d’Israël… (On peut noter que les Israéliens ont, de ce point de vue, une analyse complètement différente du bloc BAO : la menace prioritaire pour eux est l’avenir de la Syrie sans Assad, et nullement le succès théorique contre l’Iran que constituerait la chute d’un ami de l’Iran, dito le président Assad.) Quelques mots de DEBKAFiles :

«Western intelligence sources reporting in real time found Saturday night, Feb. 11, that Bashar Assad’s loyal military and security forces had by and large managed to subdue the rebellion against the regime. They are now purging the last pockets of resistance, especially in Syria’s third largest city, Homs. Still to come are possible flare-ups here and there and inevitably more horror stories of atrocities, but to all intents and purposes Syria’s eleven-month uprising is all but over. […]

»DEBKAfile’s military sources report that without outside armed intervention to halt the bloodbath – and there is no sign of any repetition of the NATO action which cut short Muammar Qaddafi’s long reign – Bashar Assad will soon finish crushing the popular and armed resistance against him, helped by arms and military backing from Russia, Iran and Hizballah.

»Military intervention is not on the cards for the United States – Turkish Foreign Minister Ahmed Davutoglu was told Friday, Feb. 9 when he arrived in Washington to request US participation in organizing a Turkish-Arab operation in Syria or, at least, the supply of Western and Arab arms to the Syrian rebels. […]

»Although fighting continues in some places, Bashar Assad is at the threshold of a major success. His victory may be short-lived but it is significant all the same, offering kudos for the Iranian-Syrian-Hizballah alliance and a contretemps for the US, Israel and Saudi Arabia.»

… Sans nul doute, parce que c’est la pathologie même de la raison subvertie, certains continueront à démontrer que tout cela fait partie d’un vaste plan et qu’on y voit les prémisses d’un triomphe. “Vaste plan” de qui ? “Vaste plan” du bloc BAO, et notamment des USA, parés de toutes les vertus du machiavélisme, y compris et surtout par nombre de leurs adversaires obsessionnels qui semblent ne pouvoir s’opposer au bloc BAO que dans la mesure où celui-ci leur impose sa loi ? (L‘absence d’Israël dans le concert BAO pose un problème, qui peut sans doute être résolu par l’hypothèse d’une ruse encore plus machiavélique qui implique un vaste concert sans la moindre fausse note.) “Vaste plan” de l’Arabie, elle-même au bord de l’effondrement, et des sunnites contre les chiites ? “Vaste plan” d’al Qaïda qui-n’existe-peut-être-pas et qui proclame une sorte de charia contre Assad ? Et ainsi de suite, dans le champ des “vastes plans”.

http://www.dedefensa.org/article-la_syrie_de_al_qaida_a_debkafiles__13_02_2012.html


La stratégie occidentale n’a en rien changé depuis la décolonisation:  déstabiliser les Etats souverains en encourageant les tribalismes (généralement en s’appuyant sur des griefs légitimes, comme ceux des Touareg, discriminés dans la région depuis des décennies) et les guerres de basse intensité. Dans le cas présent, le "terrorisme" fabriqué (avec la livraison directe par la CIA de stocks lybiens aux rebelles touareg) permettra de faire la nique à la Chine, présence géo-stratégique croissante dans la région mais qui ne s’implique pas militairement.

Quand le croquemitaine "Al-Qaïda" viendra frapper à la porte des petits potentats de la région, ceux-ci viendront se jeter tout tremblants dans les bras protecteurs du grand frère U.S., Britannique ou Français… qui se fera payer en puits de pétrole, en accaparement de terres et en projets d’infrastructures au profit des grandes sociétés multinationales occidentales. Et tant pis pour les victimes civiles !

La guerre c’est la poursuite du capitalisme par des moyens militaires…

Les Touaregs libyens à la «conquête» du Mali

[RFI 17/02/2012]

La chute du régime Kadhafi a entrainé un important retour de sub-sahariens vers leur pays d’origine. Près de 400 000 personnes auraient quitté la Libye d’après les autorités du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Parmi ces hommes, beaucoup de combattants, de soldats de l’armée libyenne, notamment de haut-gradés désormais à la tête du MNLA, Mouvement national de libération de l’Azawad.

Au début de septembre 2011, quinze jours après la chute de Tripoli, Mohamed Ag Najem rentre au nord du Mali. Après 40 ans de fidélité au régime Kadhafi, le colonel, proche de Khamis l’un des fils du dictateur, revient au pays avec ses hommes, plusieurs centaines de combattants surarmés. Il prend ses quartiers dans la brousse, non loin de Tessalit où il est né. Ag Najem devient rapidement le chef militaire du MNLA, Mouvement national de libération de l’Azawad. Il est d’ailleurs considéré comme le cerveau des attaques de janvier.

Avant même la chute du régime Kadhafi, Bamako s’inquiétait déjà du retour de ces ex-supplétifs de l’armée de Tripoli, revenus avec beaucoup d’armes automatiques, des lance-roquettes, des mortiers, des munitions en grande quantité. Un véritable arsenal dans un région déjà en proie à l’activité d’AQMI, al-Qaïda au Maghreb islamique.

Les autorités maliennes ont bien tenté d’empêcher un rapprochement entre ces Touaregs ex-hauts gradés de l’armée libyenne et les mouvements installés au nord du Mali, en leur proposant notamment des compensations financières.

Sur les quatre groupes connus, deux ont fait allégeance à Bamako, un autre se dit neutre mais n’a pas rendu ses armes.
Le dernier, celui de Mohamed Ag Najem s’est installé à Zakak, dans la région de Kidal, avec un objectif : préparer les hommes à la lutte pour obtenir l’indépendance de leur région : l’Azawad.

http://www.rfi.fr/afrique/20120217-touaregs-libyens-conquete-mali


Une autre jolie manip en cours ? Après le Golfe de Tonkin pour déclencher la guerre du Vietnam (dont les USA ont reconnu que c’était une attaque bidon), après les éprouvettes nucléaires brandies par Colin Powell (dont il a avoué plus tard qu’elles étaient vides) pour attaquer Saddam Hussein, après les fosses communes de Khadaffi (qui se sont avérées être un charnier d’abattoir…)…

Alors qu’on ne vienne pas nous dire qu’on fantasme ! Le Storytelling est une arme comme une autre, dans l’arsenal de l’Empire. Et si l’Iran coule une porte avion US, alors plus personne n’osera s’opposer à une guerre dans le golfe.

[What Really happened, traduit par Artemisia - 01/02/2012]

Les USA envoient un très vieux porte avions vers l’Iran…

(Vidéo MP4 – 16 Mo – sous-titrée en français, téléchargeable ici : http://www.libertes-internets.net/archives/films/USS_Entreprise.mp4 )

« Si vous avez oublié votre Histoire du Lycée, je vous invite à aller réviser les incidents dits du « Golf du Tonkin ». Le 2 et 4 août 1964, les USA ont prétendu avoir subi une attaque à la torpille contre le navire USS Maddox.

En 1995, le Général Vo Nguyen Giap, très bon ami de la France depuis Dien Bien Phu (1954), a déclaré que ses forces n’ont jamais attaqué les Américains.

Plus tard, en 2005, la NSA déclassifie des documents dont un rapport interne datant de 2001 et selon lequel l’attaque du 4 août n’a jamais eu lieu. Ces attaques ont servi comme prétexte à la guerre du Vietnam causant 2 millions de morts chez les locaux et 50 000 morts US.

Le cycle prétexte / guerre se perpétue de génération en génération. Les politiques et le complexe militaro-industriel s’enrichissent et les jeunes qui veulent « défendre leur patrie » partent au casse-pipe, massacrant au passage des populations civiles. Aujourd’hui, les USA veulent la peau de l’Iran. Ce n’est ni le premier, ni le dernier pays qui subit leurs attaques.

Dans 50 ans, à moins qu’ils aient fait faillite, ils seront encore en train de fabriquer des raisons pour attaquer d’autres pays.

Connaissant donc la méthode habituelle, on ne peut que s’inquiéter de l’envoi du vieux porte-avion étatsunien “USS Enterprise” dans le golf Persique (1). Ce porte avion a été commandé en 1957 et a été commissionné en 1961. Arrivant à la fin de sa vie, son démantèlement est prévu pour l’année prochaine. Ce navire est propulsé par des turbines à vapeur prenant leur énergie dans 8 réacteurs nucléaires qui coûtent très cher à démanteler. L’idée d’aller l’agiter sous le nez des Iraniens n’est pas totalement bête. Ces derniers pourraient se fâcher, s’en approcher et soudainement il explosera et coulera chez les Arabes. On est ultra proche du 11 septembre là.

Donc la presse annonce que les Iraniens ont coulé l’USS Entreprise. On connaît déjà la triste suite. Stay tuned. On ne va se faire entuber comme à chaque fois ! La même question se pose pour Pearl Harbor, le Tonkin, le 11 septembre…

http://vivresansogm.org/topic/index.html


C’est quand la dernière fois que l’Iran a attaqué un pays voisin ?

Tout le monde vous parle de la "menace iranienne"… mais un simple coup d’oeil à la réalité vous permet de voir qui menace qui… rien de bien neuf là dedans…


Voilà qui en dit long sur l’étonnante mansuétude de la CIA et du Pentagone vis-à-vis des cadres dirigeants d’Al-Qaïda qui s’affichent ouvertement en Lybie et en Syrie. Pour un empire, mieux vaut un monde tribalisé et éclaté en petits royaumes féodaux que l’on peut corrompre pour obtenir l’accès aux ressources naturelles, des bases militaires ou bien des menus services que des Etats forts qui courent toujours le risque de vous foutre la honte à l’ONU ou bien décider un jour de vous demander de respecter les règles que vous avez vous-même édictées…. Lord Kitchener disait exactement la même chose à l’apogée de l’Empire britannique, il y a 170 ans.


ALLO ? LA POLICE ? VOUS POUVEZ ME RENDRE MES FICHIERS PERSO STOCKÉS SUR MEGAUPLOAD ?

[Gregor Seither - IES News Service - 20/01/2012]

Le FBI a fermé MegaUpload… mais il n’y avait pas que des fichiers piratés sur ces serveurs. Apparemment, pas mal de gens utilisaient ce service pour stocker des fichiers volumineux (enregistrements de musique personnels, films perso, fichiers de boulot…). Ces gens se retrouvent aujourd’hui le bec dans l’eau… Un cabinet d’avocats suédois (sic!!!) qui avait stocké la totalité de ses dossiers de clients (re-sic!!!) en archivage sur MegaUpload a déjà déposé une plainte contre le gouvernement U.S…. Comme l’explique le site de hacktivists #44 :

"Dans le monde entier, toutes les startup et les services d’hébergement vont se pencher en détail sur ce cas juridique… on ne peut même plus parler d’un tremblement de terre, c’est carrément un dérive de plaques continentales !" (et non pas "un mouvement tectonique" qui est la même chose qu’un tremblement de terre… merci Fulcanelli pour la précision, transmise à #44 qui a corrigé son texte)

Sur Slashdot, le sujet brulant du moment est la question "Qu’est ce qui advient de vos fichiers dans le nuage si le fournisseur de services ferme ses portes ?"…et ça ne concerne pas que MegaUpload, mais aussi Dropbox, Picasa ou encore des fournisseurs tout à fait réputés comme Azure ou AWS, qui peuvent très bien faire faillite un jour, sans prévenir…

Alors… c’est peut-être le moment de revoir votre stratégie de sauvegardes, non ?

(Commentaire de Dov: Encore une fois, braves gens, faire confiance à des systèmes en ligne pour stocker vos fichiers est d’une inconscience totale !)

http://torrentfreak.com/feds-please-return-my-personal-files-megaupload-120120/


[Revue de la Défense Nationale  - Bernard Nortain - 7/11/2011]

Peter Dale Scott : La Route vers le nouveau désordre mondial (50 ans d’ambitions secrètes des États-Unis) ; Éditions Demi Lune, collection Résistances, 2010 ; 509 pages.

Voilà un livre passionnant, décapant, on pourrait dire terrifiant en ce qu’il dévoile au lecteur, pourtant averti, les dérives et les pratiques mafieuses d’une démocratie emblématique, miroir de nos sociétés.

La thèse de l’auteur est, en gros, que la perte progressive de contrôle sur les décisions politiques majeures aux États-Unis a fait que le pouvoir a été confisqué de façon occulte, non démocratique, par des groupes de pression et que cette situation a totalement perverti le système politique américain et a notamment conduit au drame du 11 septembre 2001.

L’immense mérite de cet ouvrage est de s’appuyer sur un appareil de notes et de références, une bibliographie — près de 150 pages au total — très complètes et variées qui viennent étayer pas à pas la démonstration de l’auteur.

Partant d’une réflexion sur les États-Unis où les inégalités sociales, la faiblesse de la société civile au niveau fédéral, la puissance des intérêts particuliers, l’auteur, qui n’est pas particulièrement un néo-conservateur, mais plutôt un libéral, tendance gauche, dresse un tableau saisissant de ce qu’il appelle l’État profond. Il décompose le processus historique où les pouvoirs secrets verticaux se sont emparés de la conduite de l’action publique, et où la prise de décision politique à huis clos accorde la priorité à la sécurité et à la préservation d’intérêts privés particulièrement ceux des exportateurs d’armements et des firmes pétrolières.

Son analyse est particulièrement pertinente et convaincante dans sa description de la politique du trio Nixon-Kissinger-Rockefeller, censée contrer les progressistes et qui a conduit à renforcer les mouvements réactionnaires islamistes, mais aussi à soutenir les intérêts des pétroliers. Il met en évidence le rôle de Nixon ou plutôt sa paranoïa dans la dégradation du processus bureaucratique et démocratique de mise en œuvre de la politique et dans l’amplification du pouvoir secret. En passant il faut noter une analyse intéressante du Watergate.

À ce stade apparaît le couple diabolique, aux yeux de l’auteur, Cheney-Rumsfeld et son implication dans la planification du projet ultrasecret de Continuité du Gouvernement (COG) qui cacherait, selon l’auteur, un programme de prise de pouvoir illégal et dont il traite longuement à propos du déroulement des événements du 11 septembre pour expliquer certaines incohérences dans la version officielle. (en savoir plus…)


Je voudrais en appeler très clairement aux autorités égyptiennes pour qu’elles s’abstiennent de toute violence contre des manifestants pacfifiques (Barack Obama 29, janvier 2011)

http://prorevnews.blogspot.com/2011/11/wisdom-of-barack-obama.html


"Echec total de l’installation en cas de séisme"  L’histoire de Fukushima dont CNN ne vous a pas parlé

[Greg Palast - FreePress.org - 11 novembre, 2011 - Traduction: Gregor Seither]
Dans ma carrière d’enquêteur, j’ai vu un paquet de saloperies… mais là on est à un niveau inédit de saloperie.
Voici un extrait d’un carnet de notes, de la main d’un cadre senior dans une centrale nucléaire:

"Wiesel était complètement bouleversé. Il semblait très nerveux. Très agité. . . . De fait, la construction de l’usine avait été une succession de problèmes, à un tel point que, en aucun cas, les installations seraient en mesure de résister à un tremblement de terre. L’équipe d’ingénieurs envoyés pour inspecter les installations avait établi que la plupart des composants de l’installation "ne résisteraient en aucun cas et échoueraient totalement" lors d’un séisme.

"Echec total de l’installation lors d’un séisme." Et voilà que le séisme en question était survenu au Japon et que – en effet – l’échec avait été total.

Cette alerte était consignée dans un petit carnet que mon équipe d’enquêteurs appelait simplement "Le Carnet", un document qui n’était pas censé être en ma possession.

Un carnet que j’avais heureusement gardé par devers moi, étant donné que les armoires contenant mes autres dossiers avaient été réduites en miettes quelques années plus tard, en même temps que le reste de mon immeuble de bureaux. (NdL&I: Greg Palast avait son bureau dans la Tour 1 du World Trade Center à New-York)

WORLD TRADE CENTER TOUR 1, CINQUANTE-DEUXIÈME ÉTAGE
NEW YORK, 1986

Deux ingénieurs, cadres senior de l’industrie nucléaire étaient entrain de cracher le morceau et déballer leurs fichiers sur notre immense table de conférence, et toute mon équipe d’investigation écoutait bouche bée leurs révélations sur les coulisses de la construction de la centrale nucléaire de Shoreham à New York.

La réunion était secrète. Très secrete. Le courage dont faisaient montre ces deux hommes pouvait leur coûter leur carrière: Aucune entreprise d’ingénierie ne voudra jamais embaucher un mouchard, même si ce mouchard a sauvé des milliers de vies. Ils risquaient de perdre leur emploi, ils risquaient de tout perdre. C’est d’ailleurs ce qui leur est arrivé. Ce sont des choses qui arrivent. Et bonjour chez vous.

Plus de 20 ans après, le 12 mars de cette année, alors que je regardais, à la télé, la centrale nucléaire de Fukushima entrer en fusion, je savais une chose: le document «SQ» avait été falsifié.

Pourtant Anderson Cooper, présentateur vedette sur CNN nous avait dit que tout était OK. Il s’était envolé au Japon pour se bouffer une bonne dose de radiations et une plus grande dose encore de conneries racontées par l’entreprise exploitante. Mais selon Cooper, l’horreur qui était entrain de se produire à Fukushima n’était pas de la faute de Tokyo Electric, étant donné que l’usine avait été construite pour résister à un tremblement de terre de Force 8.0 sur l’échelle de Richter et que l’actuel tremblement de terre avait été de Force 9.0. Je ne sais pas où se trouvait Anderson quand on a distribué les faits sur la catastrophe, peut-être qu’il était à la salle de muscu de l’hôtel. Mais en tout cas, le séisme de Force 9.0 ne s’était pas produit à la centrale nucléaire. Il s’était produit au beau milieu de l’Océan Pacifique, à environ 150 Km (90 miles) de là. Quand l’onde de choc avait atteint Fukushima, sa force n’était même plus un dixième de cela.

J’avais envie de vomir. Parce que je savais qui avait conçu l’usine, qui l’avait construite et à qui Tokyo Electric Power allait demander de la reconstruire:la société Shaw Construction(en savoir plus…)


20 Octobre 1964 – Le Président Johnson dit "Fuck your parliament and your constitution" à la Grèce … et la CIA renverse le gouvernement Papandréou 

[Gregor Seither - IES News Service - 07/11/2011]

A Washington, l’ambassadeur grec informe le président Lyndon Johnson du rejet par Athènes d’un projet de résolution de la crise chypriote – où une guerre civile fait rage.

Johnson se fâche : « Fuck your parliament and your constitution ! Nous avons versé beaucoup de bons dollars US aux Grecs. Si votre Premier ministre vient me casser les pieds avec sa démocratie, son parlement et sa constitution alors vous pouvez lui dire que ni lui, ni sa constitution ne dureront très longtemps ! ».
C’est chose faite trois mois plus tard : l’opposition, financée par la CIA, fait chuter le gouvernement.

En 1967, un coup d’État militaire renverse le gouvernement Papandréou qui avait refusé d’autoriser l’OTAN à agrandir ses bases en Grèce.

La CIA met au pouvoir le colonel Papadopoulos, salarié de l’agence américaine depuis 1952. Papadopoulos est un membre des réseaux anti-soviétiques mis en place par l’OTAN, les  « stay behind ». Il a fait ses armes en dirigeant la répression brutale contre les résistants grecs lors de l’occupation nazie.

De 1967 à 1976, la Grèce vivra sous la loi martiale, tous les partis politiques sont interdits et des milliers de « gauchistes » sont arrêtés, torturés et assassinés – avec l’assistance de la CIA.

http://www.voltairenet.org/Fuck-your-parliament-and-your


[Futura Sciences - 04/11/2011]

Repéré il y a quelques semaines, Duqu, un cheval de Troie qui se glisse dans un fichier Word, est comparé à Stuxnet et pourrait préfigurer une attaque très ciblée contre des sites industriels. Microsoft estime le risque faible et vient seulement de publier un patch.

Le 9 octobre dernier, l’éditeur Symantec publiait sa découverte d’un virus nommé Duqu (car il génère deux fichiers dont le nom commence par DQ), « qui semble le précurseur d’une attaque de type Stuxnet ». Il partage en effet une partie de son code avec ce virus qui, en 2010, avait ciblé des équipements industriels, du type de ceux utilisés en Iran dans des installations industrielles.Duqu exploite une faille de Windows jusque-là inconnue et se glisse dans les routines du système d’exploitation chargées de l’affichage des polices de caractères TrueType.

Cet intrus peut alors « exécuter du code en mode kernel », vient d’expliquer Microsoft dans un communiqué. Autrement dit, obtenir les droits les plus élevés et pouvoir tout faire dans l’ordinateur et par exemple installer de nouveaux programmes ou ouvrir les comptes utilisateurs.» [...]

«Un robot espion spécialisé dans le renseignement

Ce cheval de Troie, cependant, ne se réplique pas. Il a été volontairement envoyé par courrier électronique dans des documents Word « à six organisations » et ce dans huit pays selon le dernier communiqué de Symantec : France, Hollande, Inde, Iran, Soudan, Suisse, Ukraine et Vietnam. D’autres distributeurs l’ont signalé également en Autriche, en Hongrie, en Indonésie, au Royaume-Uni ainsi que dans d’autres entités en Iran.
Il ne s’agit donc pas d’un virus se propageant aveuglément au hasard des ordinateurs rencontrés. Duqu serait bien un agent en mission très spéciale chargé de s’infiltrer dans certaines « organisations » et semble-t-il de préparer une attaque plus massive. »…

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/internet/d/le-virus-informatique-duqu-est-en-france_


Le dernier livre de Greg Palast est en cours de traduction vers le Français par un collectif militant. NOUS CHERCHONS UN EDITEUR – la traduction lui sera remise gratuitement. Pour les autres textes de Greg Palast publiés par Libertes-Internets, c’est ici :  http://libertesinternets.wordpress.com/category/observatoire-de-lempire/greg-palast/

[Greg Palast - "In These Times" 06/11/2001 - Traduction: Gregor Seither]

Voici la situation telle que nous la racontent les médias et les politiques :

L’économie grecque s’est effondrée parce qu’un paquet de Grecs feignants, tout juste bon à cracher des noyaux d’olives et à siroter de l’Ouzo toute la journée refusent de se remonter les manches et de se mettre au boulot, partent à la retraite alors qu’ils sont encore adolescents, avec des montants de retraite dignes d’un pacha et que, pour couronner le tout, se se sont plongés dans une frénésie de dépenses pour leurs services sociaux, en utilisant de l’argent qu’ils avaient emprunté.

Et maintenant que la fête est finie, maintenant qu’on leur présente la facture à payer, maintenant qu’ils doivent rembourser par le biais d’impôts plus élevés et des coupes budgétaires dans leur gros fromage d’Etat-providence, alors là soudain ils se réveillent, se mettent à gueuler, foutent le bordel dans les rues, cassent des vitrines et brûlent des banques. Vous y croyez vous ?

Moi, cette histoire, je n’y crois pas. Je n’y crois pas car j’ai sous la main un document qui est marqué, "Confidentiel – Ne pas circuler."

Bon, je vais aller directement à la conclusion: la Grèce tout entière est devenu la scène d’un crime. Les Grecs sont victimes d’une fraude, d’une escroquerie, d’un marché de dupes, d’un tour de passe-passe. Et – âmes sensibles s’abstenir – l’escroc en question est une banque du nom de Goldman Sachs.

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Ce texte est l’adaptation d’un extrait de "Vulture’s Picnic" (Le pique-nique des vautours), le nouveau livre de Greg Palast, qui doit sortir la semaine prochaine aux Etats-Unis, une enquête sur les traces des profiteurs du pétrole, des pirates de l’énergie et des escrocs de haut-vol dans la finance. Vous pouvez en lire le premier chapitre en-ligne ou bien tout simplement précommander le livre ici.  Si vous connaissez un éditeur francophone intéressé par la publication de la traduction française, contactez L&I, nous lui proposons de réaliser gratuitement la traduction. 
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En 2002, Goldman Sachs a secrètement acheté jusqu’à 2,3 milliards d’Euros d’obligations émises par gouvernement grec, il a converti le tout en Yen et en Dollar, puis il immédiatement revendu le tout à la Grèce.

Goldman a encaissé une perte énorme sur cette transaction.

Est-ce que Goldman est stupide?

Oui, Goldman est stupide… stupide comme un renard. La transaction était une escroquerie, Goldman-Sachs inventant un faux taux de change pour cette transaction. Pourquoi ? (en savoir plus…)


Ce ne serait pas la première fois que la CIA pousse les généraux pour faire revenir l’ordre dans un petit pays du Sud… c’est même un classique du genre. En 1972 déjà, Kissinger avait carrément menacé le président d’un pays qu’il serait éliminé par un coup d’état si celui-ci ne faisait pas ce que les USA lui dictaient de faire…

[Peter Schwarz - World Socialist News - 03/11/2011]

Grèce: Craintes de menace d’un coup d’Etat militaire suite au projet de referendum

Le premier ministre George Papandreou a congédié mardi l’état-major des armées grecques. Cette mesure a été prise dans le contexte d’une grande colère de la part des gouvernements du monde et des marchés financiers internationaux face à sa proposition de soumettre à un referendum populaire le plan de sauvetage de l’Union européenne qui représente des années d’austérité punitive pour les travailleurs grecs.

Le ministère de la Défense a fait une déclaration laconique par e-mail annonçant que Papandreou avait congédié le chef d’état-major des armées, les chefs d’état-major de l’armée de Terre, de la Marine et de l’Armée de l’air, et déchargé de leurs fonctions une douzaine d’officiers de l’Armée et de la Marine.

Cette annonce a attisé en Grèce des rumeurs sur l’imminence d’un coup d’Etat militaire. Ces craintes sont fondées sur la compréhension qu’il est impossible d’imposer, par des moyens démocratiques, les coupes draconiennes dans l’emploi, le niveau de vie et les services sociaux de base, exigées par les élites dirigeantes de l’Europe afin de payer le prix de l’annulation partielle du fardeau de la dette du pays.

S’il y a une menace de coup, il ne fait aucun doute que les causes ne proviennent pas uniquement des tensions existant à l’intérieur du pays. Cela provient plutôt des décisions prises à Berlin, Paris, Washington et l’OTAN, selon lesquelles les intérêts du capital financier requièrent une solution de style Pinochet devant les problèmes rencontrés pour imposer les décisions de l’UE à la classe ouvrière grecque qui résiste.

Tout juste sorti de son succès sanglant en Libye, l’OTAN pourrait bien être en train de préparer un nouvel exercice de « changement de régime », cette fois dans l’un de ses Etats membres. (en savoir plus…)


Avec Israel, il n’y a rien à comprendre, comme d’habitude. On est dans le blocage borné et apeuré…

10 questions sur l’admission de la Palestine à l’Unesco

[Pascal Boniface - IRIS -  02/11/2011]

1. En quoi l’admission de la Palestine à l’Unesco met-elle en danger la sécurité de l’État d’Israël ?

2. Comment expliquer que le recours à l’ONU, puis à l’Unesco, par les Palestiniens soit considéré comme des gestes unilatéraux, alors que ces organisations internationales sont l’essence même du multilatéralisme ?

3. En quoi la poursuite de la colonisation israélienne à Jérusalem Est et en Cisjordanie peut être considérée comme moins compromettante pour le processus de paix que les demandes d’admission dans des organisations internationales ?

4. Les États-Unis ne donnent-ils pas l’impression de se déterminer en fonction des demandes du gouvernement israélien ?

5. N’est-il pas paradoxal, vu l’aide que les États-Unis fournissent à Israël, que le gouvernement de ce pays semble exercer plus d’influence sur le président américain que l’inverse ?

6. Les États-Unis vont cesser le versement de leur part à l’Unesco, qui représente 22 % du budget de cette organisation. Peut-on à la fois critiquer l’unilatéralisme dont les Palestiniens auraient fait preuve en demandant d’être admis dans cette organisation et cesser toute contribution parce que l’immense majorité des autres pays n’a pas voté dans le sens souhaité par Washington ?

7. En quoi l’arrêt du financement du système d’alerte du tsunami à Haïti, d’écoles professionnelles en Afghanistan ou d’un programme mondial d’alphabétisation, entre autres programmes prévus par l’Unesco cette année, contribuera au processus de paix au Proche-Orient ?

8. Les États-Unis ont-ils calculé le coût diplomatique, la dégradation de leur image, la perception d’un isolement croissant que va leur coûter cette décision ?

9. N’est-ce pas pour le moins paradoxal de savoir que les États-Unis vont sous Obama cesser de contribuer financièrement à l’Unesco, alors que c’est George Bush qui, en 2003, avait décidé de leur réintégration dans cette organisation dont Reagan avait claqué la porte en 1984 ?

10. Le vote français en faveur de l’admission de la Palestine constitue-t-il un changement stratégique pour Nicolas Sarkozy ou est-il avant tout lié au fait que la France soit le pays où siège l’Unesco ?

http://www.iris-france.org/informez-vous/blog_pascal_boniface_article.php?numero=115


Journal du mouvement "Occupy Wall Street"

Edition 1 - 04 octobre 2011 (PDF – 1,5 Mo)

Edition 2 - 08 octobre 2011 (PDF – 1,5 Mo)

Edition 3 - 22 octobre 2011 (PDF – 1,5 Mo)

EDITION FRANÇAISE :

FRENCH Edition 1 - 04 octobre 2011 (PDF – 1,5 Mo)

FRENCH Edition 2 - 08 octobre 2011 (PDF – 1,5 Mo)


Voilà qui apporte de l’eau a moulin de toute la communauté des MIHOP-9/11…  La police politique du Tsar en Russie avait déjà théorisé il y a 150 ans l’utilité d’un mouvement terroriste fabriqué afin de pouvoir, avec l’assentiment populaire, surveiller, contrôler et réprimer la dissidence.

Et puis quoi de mieux, pour justifier des budgets "anti-terroristes" pharaoniques, que de pousser les gens à passer à l’acte, afin de les coffrer ensuite à grand renfort de publicité ?  Comme le résume Mother Jones, "on a là des gens qui ne seraient jamais passés à l’acte sans le FBI. Le FBI crée des crimes pour stopper des crimes !"

[Jean-Marc Manach - Bug Brother - 29/09/2011]

Le FBI, qui vient d’annoncer l’arrestation d’un Américain qui projetait de perpétrer des attentats contre le Pentagone et le Congrès, avec la soutien d’agents infiltrés du FBI, est coutumier de ce genre d’opération de manipulation, et de provocation. Tellement coutumier qu’une bonne partie des attentats préparés, ces dernières années, aux USA, l’ont été avec l’aide et l’assistance du FBI…

Une étude universitaire américaine révélait ainsi récemment que 13 des 33 tentatives d’attentats islamistes recensés aux USA depuis 2001 -soit près de 40%- avaient été "initiées ou facilitées par les autorités" au moyen d’un agent infiltré, ou d’un indicateur retourné.

Les journalistes de Mother Jones, associés au programme de journalisme d’investigation de l’university de Berkeley, en Californie, ont de leur côté passé un an à enquêter sur le sujet, afin de savoir à quoi servent les 15 000 personnes payées par le FBI (contre 2800 en 1980, et 6000 et 1986) afin d’infiltrer, en majorité, les communautés musulmanes aux États-Unis. Le dossier complet, et la longue enquête associée, sont effarants :

  • 49% des personnes arrêtées ont été dénoncées par des informateurs, la majeure partie d’entre-eux étant payés, pour certains jusqu’à 100 000$ par affaire, pour s’infiltrer, et dénoncer.
  • sur les 158 personnes arrêtés dans le cadre d’une opération d’infiltration, 49 avaient conspiré à l’initiative d’un agent provocateur du FBI, et, à l’exception de trois, la majeure partie des véritables projets d’attentats initiés aux USA ont été organisés avec l’appui du FBI.
  • il est si difficile de se défendre lorsque l’on est accusé de terrorisme que la majeure partie des personnes accusées préfère éviter un procès.

On apprend également que, depuis le 11 septembre 2001, le ministère de la Justice américain (DoJ) a poursuivi plus de 500 personnes pour "terrorisme". En réétudiant 400 de ces affaires, le DoJ a finalement découvert que 60% d’entre-eux ne relevaient pas du terrorisme, mais de violations des lois sur l’immigration ou sur le port d’armes, de "conspiration", faux témoignages, fraudes ou délinquances financières, vols, évasion fiscales… Le magazine Mother Jones, qui en fait sa "une", en est pour sa part arrivé à la conclusion que 53% des affaires recensées ne relevaient pas du terrorisme.

Or, vu le poids des charges, la difficulté, et le prix qu’il faut payer, pour parvenir à se défendre de telles accusations, une bonne partie de ces présumés terroristes préfèrent accepter de plaider coupable plutôt que de risquer d’être condamnés encore plus lourdement…

Le DoJ reconnaît que ces charges, qui ne relèvent pas du terrorisme, sont "une méthode très efficace -et parfois la seule méthode- pour identifier et mettre un terme à des projets, ou des soutiens, terroristes". Certains avaient certes des liens avec des réseaux terroristes, mais nombreux sont aussi ceux qui, SDF, post-ado immatures, ont été suspectés, ou accusés de terrorisme, à tort, à l’image de ces trois Arabes inscrits sur la liste noire des terroristes pour avoir… volé un chargement de corn flakes. Comme le résumait alors leur avocat :

Cette affaire n’a strictement rien à voir avec le terrorisme. A moins que vous ne considériez les corn flakes comme une arme de destruction massive.

Mother Jones évoque également le cas de post-ados immatures à qui un agent infiltré du FBI, qui leur avait promis beaucoup d’argent s’ils faisaient exploser une bombe, a péniblement réussi à arracher, après des mois de travail au corps, une sorte de serment d’allégeance à Al Qaeda : ils refusaient de perpétrer un attentat, cherchant essentiellement à soutirer de l’argent à leur bienfaiteur musulman. Ce dernier est reparti avec les 100 000$ que le FBI lui avait promis, les wanabees paumés inculpés de "terrorisme"…

Comme le résume Mother Jones, "on a là des gens qui ne seraient jamais passés à l’acte sans le FBI. Le FBI crée des crimes pour stopper des crimes !" A ce stade-là, ce n’est plus de la précognition à la Minority Report, c’est du délire de persécution, sinon un détournement du droit. Une paranoïa sécuritaire qui coûte fort cher : la lutte contre le terrorisme a englouti 3,3 milliards de dollars. Celle contre le crime organisé, qui fait pourtant bien plus de victimes, 2,6.

En France, Claude Guéant vient de fixer la liste des officiers et agents de police judiciaireautorisés à enquêter "sous pseudonyme", sur Internet. Mais comme le soulignait Loubna Zrari : A peine de nullité, ces actes ne peuvent constituer une incitation à commettre ces infractions."

jean.marc.manach (sur Facebook & Google+ aussi) @manhack (sur Twitter)
auteur de "La vie privée, un problème de vieux cons ?"


[Gregoire Seither - IES News Service - 23/08/2011]

Au mois d’Aout 2011, Rick Perry, le gouverneur du Texas et principal candidat à l’investiture du Parti Républicain pour l’élection présidentielle US de 2012 a organisé plusieurs "rassemblements de prière". A cette occasion, John Benefiel, dirigeant du réseau chrétien "Heartland Apostolic Reformation Network" et principal conseiller spirituel de Rick Perry a expliqué à l’auditoire qu’il fallait se débarrasser de la Statue de la Liberté, idole démoniaque :

Comme vous le savez, nous avons une statue dans le port de New York qui s’appelle la Statue de la Liberté. Vous savez qui nous l’a donnée ? Des franc-maçons français. Ecoutez moi bien mes amis, cette statue, c’est une idole, une idole démoniaque, dressée là, devant nos yeux dans le port de New York. Alors bien sûr, les gens vous disent "Mais non, c’est un symbole patriotique". En quoi est-ce que ce truc est patriotique ? Et pourquoi le serait il ? C’est la statue d’une fausse divinité, la Reine des Cieux. La liberté, ce n’est pas une fausse divinité qui nous l’apporte, mes amis, nous tenons notre liberté de Jésus Christ et cette Statue de la Liberté, et bien elle ne glorifie en rien Jésus Christ. Il n’y a aucune connexion entre les deux. Moi je vous dis, en Amérique, nous nous adonnons à l’idolatrie sans même nous en rendre compte.

http://bigthink.com/ideas/40027


30 ans après Kaboul, la CIA n’a pas changé de cheval et continue à jouer la carte islamiste pour destabilisier les régions que les US veulent contrôler…

Comment Al-Qaeda est arrivé à régner sur Tripoli (Asia Times)

[Pepe Escobar - Asia Times  - 31/08/2011 - traduction par VD pour "Le Grand Soir"]

Abdelhakim Belhaj, émir du GICL/AQMI

Abdelhakim Belhaj, émir du GICL/AQMI

Son nom est Abdelhakim Belhaj. Certains au Moyen-orient ont peut-être entendu parler de lui mais en occident et ailleurs son nom est pratiquement inconnu.

Alors voici une séance de rattrapage. Parce que l’histoire de comment un agent d’Al-Qaeda a pu se retrouver haut-commandant militaire à Tripoli va – une fois de plus – briser l’immense champ de miroirs qu’est « la guerre contre le terrorisme » et compromettre sérieusement la propagande patiemment concoctée par l’OTAN sur son « intervention humanitaire » en Libye.

La forteresse de Kadhafi, Bab-al-Aziziyah, fut envahie et conquise la semaine dernière principalement par les hommes de Belhaj – qui ont été le fer de lance de la milice des Berbères dans les montagnes du sud-ouest de Tripoli. La milice est connue sous le nom de Brigade Tripoli et elle a été secrètement entraînée pendant deux mois par les Forces Spéciales US. Elle s’est révélée la milice la plus efficace au cours de ces six mois de guerre civile/tribale.

Mardi dernier, Belhaj jubilait déjà sur la victoire et racontait comment les forces de Kadhafi s’enfuyaient « comme des rats » (notez que Kadhafi emploie la même métaphore pour désigner les rebelles).

Abdelhakim Belhaj, alias Abu Abdallah al-Sadek, est un djihadiste libyen. Né en mai 1966, il a fait ses premières armes avec les moudjahidin lors du djihad anti-soviétique en Afghanistan dans les années 80.

Il est le fondateur du Groupe islamique combattant en Libye et de facto son émir – avec Khaled Chrif et Sami Saadi comme adjoints. Après la prise de pouvoir par les Taliban à Kaboul en 1996, le GICL a maintenu deux camps d’entraînement en Afghanistan ; un de ces camps, à 30 km au nord de Kaboul et dirigé par Abu Yahya, est strictement réservé aux djihadistes proches ou appartenant à Al-Qaeda.

Après le 11/9, Belhaj s’est installé au Pakistan et aussi en Irak, où il s’est lié d’amitié avec ni plus ni moins que l’ultra radical AbuMusab al-Zarqawi – tout ceci avant qu’Al-Qaeda en Irak ne prête allégeance à Oussama Ben Laden et Ayman al-Zawahiri et ne renforce radicalement ses actions. (en savoir plus…)


[Edwy Plenel - Mediapart - jeudi 4 août 2011]

Les documents Takieddine, dont Mediapart a commencé la publication le 10 juillet, dévoilent la vérité de la présidence de Nicolas Sarkozy. Et cette vérité est sale. Ayant pour fil conducteur l’argent noir des ventes d’armes, cette documentation sans précédent dans l’histoire de la République met à nu un système dont l’intérêt financier est le seul mobile, au détriment des lois en vigueur et de la morale publique.

Ces pratiques ou ces tentations ont toujours existé, et les affaires politico-financières qui ont terni les présidences de François Mitterrand et de Jacques Chirac en témoignent abondamment. Mais jamais elles n’avaient été installées avec tant d’ampleur au coeur du pouvoir comme le démontrent nos révélations qui attestent la place centrale occupée par Ziad Takieddine dans le dispositif sarkozyste. Jamais elles ne s’étaient étendues à ce point jusqu’à contaminer le sommet de l’Etat, ses règles fonctionnelles et ses usages administratifs. Telle est la révélation des documents Takieddine : la promotion de la corruption au coeur du pouvoir exécutif.

N’ayant d’autres compétences que son rôle d’intermédiaire auprès de régimes autoritaires ou dictatoriaux qui échangent des marchés juteux contre une reconnaissance diplomatique, M. Takieddine n’a jamais cessé d’appartenir au premier cercle qui entoure Nicolas Sarkozy depuis qu’il fit ses premières armes, en 1994-1995, sur les contrats pakistanais qui sont au coeur de l’affaire Karachi. Ce Franco-Libanais n’est pas un simple intermédiaire, mais un conseiller occulte. Il fait des notes confidentielles, conçoit la stratégie secrète, participe aux réunions dans les palais de la République, donne son avis politique, transmet ses recommandations diplomatiques, prépare les rencontres avec des chefs d’Etat étrangers, organise les voyages préalables, s’occupe des contacts préliminaires, traduit de l’arabe les documents ou les conversations les plus sensibles, transmet officieusement des messages officiels, etc. (en savoir plus…)


On va pas se plaindre que – pour une fois – les USA dégomment des dictateurs ou bien poussent à la roue pour les dégommer. Le problème c’est de savoir où cela va s’arrêter. Car si on peut déclencher une "révolution Orange" ou bien une "révolution de Jasmin" pour provoquer un changement politique dans un pays, on peut aussi se servir des mêmes outils pour dégommer un gouvernement qui ne se conforme pas aux intérêts américains.

En 1972, la CIA a déclenché une grève des camioneurs et chauffeurs de bus pour faire tomber le gouvernement Allende au Chili qui avait nationalisé les mines de cuivre.

En 1972, alors que les USA avaient besoin de l’Australie comme base arrière pour le Vietnam, l’élection des travaillistes de Edward Gough Whitlam, opposés à la guerre, avait déclenché une campagne d’opinion pilotée directement par Henry Kissinger à Washington, pour faire tomber le gouvernement et le remplacer par des "amis des USA".

La manipulation, c’est un fusil qui peut aussi partir dans l’autre sens…

[Emmanuel Ratier - Faits & Documents n°315 - Mai 2011]

Quelques semaines après les « révolutions de jasmin » dans plusieurs pays du Maghreb, du Machrek, du Proche et du Moyen Orient, on commence à en savoir plus sur ce que nombre subodoraient : à savoir les interventions clandestines américaines dans le déclenchement (nullement spontané mais bien plutôt provoqué) de ces événements (cf. par exemple F&D 310, Le Manuel des émeutiers égyptiens) par le biais d’agents bien placés, de la formation de relais d’opinion et de l’utilisation des réseaux sociaux du type Facebook ou Twitter.

À la mi-avril, les médias révélaient, après des déclarations stupéfiantes de Michael Posner, sous-secrétaire d’État américain aux droits de l’homme, que l’administration fédérale américaine avait dépensé, depuis deux ans, 50 millions de dollars au développement de technologies visant à rendre anonymes les activistes pro-américains, avec des séances de formation pour plus de 5 000 militants.

Il indiquait que l’une d’entre elles avait été organisée six semaines auparavant (donc à la mi-février) dans un pays du Proche-Orient non précisé avec des « cyber-activistes » venus de Tunisie, d’Égypte, de Syrie et du Liban. il s’agissait donc bien d’une véritable armée clandestine payée et entraînée par les services secrets américains.

Comme l’indiquait par exemple La Correspondance de la presse (11 avril),

« les États-Unis, convaincus du rôle de la démocratie numérique, enseignent à des milliers de militants des droits de l’homme “à jouer au chat et à la souris” avec les régimes autoritaires sur l’internet et avec leurs téléphones portables. L’administration américaine aide notamment les militants à accéder aux technologies leur permettant de contourner les blocages du Web par les États, à sécuriser leurs textos et leurs messages vocaux et à empêcher les cyber-attaques contre leurs sites […]

Des responsables du département d’État ont expliqué qu’une des technologies en cours de développement, baptisée “signal d’alarme”, permettait aux militants d’effacer les listes de contact de leurs téléphones portables au cas où ils seraient arrêtés. Le département d’État a indiqué qu’il avait déjà financé des sociétés privées, la plupart américaines pour développer une dizaine d’outils destinés à contourner la censure mise en place par certains gouvernements. »

On apprenait aussi à cette occasion que l’un de ces outils avait été « très utile en Iran » et qu’il « se propageait partout au Moyen-Orient ».

Il s’agissait en fait de la confirmation des révélations du groupe Anonymous qui avait affirmé, à la mi-mars, que l’US Air Force avait mis au point (via les sociétés Booz Alen Hamilton et Ntrepid) un logiciel permettant la collecte et la diffusion d’informations sur des réseaux sociaux, avec la création et la gestion de multiples fausses identités numériques immergées dans des réseaux comme Facebook.

Ces manipulations s’inscrivaient dans des programmes plus anciens de manipulation des esprits, telle la chaîne de télévision Barada TV, installée à Londres et diffusée en direction de la Syrie, qui a été financée, selon des documents diplomatiques américains rendus publics par Wikileaks, à hauteur de 6 millions de dollars depuis 2006, via le fantomatique Mouvement pour la justice et le développement.

De même le New York Times révélait au même moment le rôle de pseudos ONG (organisations non gouvernementales) comme Freedom House, installée à Washington, le National Democratic Institute ou l’International Republican Institute, financées par l’État américain, dans « le financement et la formation des militants pro-démocratie dans la région » (NDA : Proche et Moyen Orient).

Il faudra bien un jour s’interroger sur l’irruption soudaine sur la scène publique d’« inconnus charismatiques, parfaitement formés aux meilleures techniques de la propagande (sanglots à l’appui en direct à la télévision) comme l’Égyptien Wael Ghoneim, directeur marketing de Google pour le Proche-Orient (et marié à une Américaine), à l’origine de la révolte lancée sur Facebook avec son groupe Nous sommes tous des Khaled Saïd.

http://www.faitsetdocuments.com


Obama a tué Osama : 3 millions de morts... pour ça !

Obama a tué Osama : 3 millions de morts... pour ça !


Note de L&I aux talibans de la pensée: oui, oui, nous savons qui est Christian Bouchet et nous nous sommes bien lavés les yeux avec du désinfectant après avoir visité le site Vox NR ;-)

[Christian Bouchet - VoxNR - 04/04/2011]

Bien rares sont, en France, ceux qui connaissent ne serait-ce que le nom de Parag Khanna. Et pourtant ce trentenaire est sans doute actuellement le géopoliticien le plus écouté à Washington et son dernier livre, How to Run the World?, pourrait bien expliquer tant l’intervention occidentale en Libye que certaines décisions américaines récentes en Irak et les troubles qui agitent actuellement le Machrek.

Né en 1977 dans une petite ville du Nord de l’Inde, ayant acquis la citoyenneté américaine par naturalisation, Parag Khanna a fait un parcours sans faute de surdoué jusqu’à devenir un intellectuel organique de l’hyper-classe nomade et sans racines. Après des études de relations internationales à l’université de Georgetown et un doctorat à la London School of Economics effectués grâce à des bourses de plusieurs fondations yankees, notre homme est engagé, à seulement vingt-deux ans !, comme analyste par le Council on Foreign Relations. Cette première expérience décide de toute sa carrière et Parag Khanna n’a jamais cessé depuis d’être un analyste et un consultant pour des think tanks et des ONG mondialistes. Ainsi sera-il successivement employé par le Forum mondial économique de Genève et par la Brookings Institution où il aura en charge la prospective concernant la « gouvernance globale ». Il quittera ce poste pour devenir conseiller en géopolitique de l’United States Special Operations pour l’Irak et l’Afghanistan en 2007 avant d’intégrer l’équipe de campagne de Barack Obama comme conseiller pour les relations internationales.

En parallèle Parag Khanna, par ailleurs devenu membre de la direction du Council on Foreign Relations, sera aussi un des animateurs des Independent Diplomat, une ONG dont une des fonctions est de « fournir des diplomates free-lances à des États non-internationalement reconnus ». À ce titre, il jouera un rôle dans l’accession à l’indépendance du Kossovo, ainsi que dans l’évolution de la situation diplomatique du Somaliland, de la république turque de Chypre et du Sahara occidental. Dans le même temps, il publia The Second World: Empires and Influence in the New Global Order où il annonçait un monde dominé par trois grandes puissance – les USA, la Chine et l’Europe – rivalisant entre elle pour le contrôle des ressources de la planète.

Ces multiples activités et engagement firent que, toujours en 2008, le magazine Esquire le cita parmi les soixante-quinze personnalités les plus influentes au monde et que le mensuel libertarien Wired l’inclut, quant à lui, dans sa liste des quinze hommes de l’année. En 2009, c’est le Forum mondial économique de Genève qui le distingua en le nommant Young Global Leader…

En janvier 2011, l’éditeur Random House a publié son deuxième livre : How to Run the World? Parag Khanna y explique comment le nombre d’État représentés à l’ONU devrait croître à court terme de manière très importante (passant de 200 à 300) par la remise en cause des accords diplomatiques qui ont décidé de la partition du Proche-Orient (accords Sykes- Picot de 1916) et de l’Afrique (traité de Berlin de 1884). De la nouvelle carte du monde devraient disparaître les États artificiels au profits de territoires uniformes d’un point de vue ethnique ou religieux.

Si l’hypothèse n’est pas réellement nouvelle et recycle beaucoup d’idées déjà présentes dans les diverses stratégies suivies ces dernières décennies par le Département d’État, elle a cependant l’avantage de les formaliser clairement. Quant à sa mise en œuvre, elle a débuté au Soudan avec sa partition et en Irak avec les diverses tentatives de le « libaniser » (voir notre article sur l’Assyristan dans Flash n° 54). Rien ne dit qu’elle ne va pas continuer avec un éclatement de la Libye, et pourquoi pas du Machrek tout entier comme l’ont évoqué très récemment aussi bien Aluf Benn, le chroniqueur diplomatique du quotidien israélien Haaretz, que Thomas Friedman, du New York Times, qui tous les deux évoquent l’explosion de la Syrie, de la Jordanie, de Bahrein et de l’Arabie saoudite, tandis qu’aux États-Unis certains lobbies soutiennent l’idée d’une possible autonomie pour les coptes d’Égyptes.

Dans l’immédiat cependant les avis sont très partagés parmi les officiels et nombre de diplomates et politiques, tant yankees qu’israéliens, freinent des quatre fers craignant que du renversement des gouvernements forts actuellement existants naisse un chaos politique et religieux similaire à la situation irakienne et plus dangereux que positif au final, tant pour la survie d’Israël que pour les intérêts de l’Oncle Sam.

Cela étant, dans The Second World Parag Khanna se fait aussi l’apôtre de la mega-diplomacy situation où la fonction diplomatique n’est plus l’apanage des États mais est prise en charge aussi par les ONG, les célébrités mondiales, les groupes activistes internationaux, etc. dans une optique qui ressemble comme deux gouttes d’eaux à la gouvernance mondiale… Tout ceci permet de comprendre que Parag Khanna n’est pas qu’un brillant agent de l’impérialisme américain, mais qu’il est aussi, comme nous l’annoncions précédemment, un intellectuel organique de l’hyper-classe. Cela a une conséquence : il défend des thèses qui sont favorables à celle-ci, même si elles peuvent nuire aux États-Unis – pays dont il n’a, somme toute, que la nationalité… – qui ne sont pas, à terme et comme l’Europe, à l’abri d’un éclatement sur des bases ethniques et qui ont eux aussi beaucoup à perdre de la montée de la notion de gouvernance.

http://www.voxnr.com/cc/a_la_une/EFpEAuEkVpDDBoFzfN.shtml


La différence entre la gauche et la droite, c’est que la droite ne cède jamais rien, elle…

[Sam Smith - Undernews - 11/04/2011 - Trad. Gregor Seither]

Monsieur le Président, je suis vraiment désolé d’avoir été aussi obtus de par le passé. Maintenant, je comprends ce que vous vouliez dire. Jusqu’à l’accord obtenu de justesse sur le budget dans la nuit de vendredi dernier, je n’avais jamais vraiment compris l’importance de concepts que vous avez mis en avant pour défendre les amendements apportés au budget de la Nation. C’est vrai, comment pouvais-je ne pas saisir l’importance d’une stratégie privilégiant le débat poli entre adultes censés, le soutien bipartisan, la modération ou encore le simple fait de calmer les ardeurs d’une bande de brutes haineuses en renonçant à tout ce que vous avez promis à vos électeurs.

Je vais essayer de m’amender à l’avenir. A partir de maintenant, je vais me contenter de défendre des politiques qui ont au minimum un soutien majoritaire dans le peuple américain. J’espère que le président Obama, et les médias qui admirent tant sa capacité à s’élever au-dessus de la mêlée, se joindront à moi.

En conformité avec cette décision, je propose pour commencer que nous placions tout en haut de l’ordre du jour les points suivants, dont toutes les enquêtes d’opinion prouvent qu’une majorité d’Américains les soutiennent:

- Le droit des homosexuels à se marier
- Un retrait rapide de nos soldats du bourbier en Afghanistan
- La légalisation du cannabis
- L’abolition du statut légal permettant à une entreprise de se déclarer personne morale (et donc verser des contributions politiques)
- Une plus forte taxation des riches
- L’arrêt des coupes dans la budget de la sécurité sociale.
- L’abolition de la peine de mort.

Monsieur le Président, voulez vous vous joindre à nous, simples citoyens Américains, pour "avoir un débat poli entre adultes censés" sur ces questions?

Et si vous ne voulez pas, est-ce que vous pourriez nous indiquer quels sont les programmes que nous devons menacer d’abolition pour que enfin vous daignez nous prêter attention ? Désolé, nous ne sommes pas encore habitués à ce concept de "débat poli entre adultes censés", on fait de notre mieux pour comprendre…

http://prorevnews.blogspot.com/2011/04/morning-line-mending-my-ways.html


[Jean Bricmont - Investig'Action - 29/04/2011]

Divers lecteurs m’ont fait remarquer que la première version de l’interview publiée sur le site d’Investig’Action était trop rapide et procédait à des amalgames en ce qui concerne les positions de la gauche. Voyons donc plus en détail ces positions.

Le député européen Mélenchon, qui est sans doute l’homme politique le plus important à gauche du PS, appuie la guerre et refuse même d’utiliser ce terme, parce que la guerre est autorisée par l’ONU[1]. Si on adopte ce point de vue, il faudrait cesser de parler de « guerre de Corée », ou de « première guerre du Golfe » puisque celles-ci étaient aussi autorisées par l’ONU. Si Mélenchon s’appuie sur la résolution, quelle interprétation en donne-t-il (celle des Russes, de la Ligue Arabe ?) et que répond-il à ceux qui estiment qu’elle est déjà violée par les pays agresseurs ou à ceux, comme le juriste italien Danilo Zolo, qui soulignent que cette résolution viole la Charte de l’ONU[2] ?

De plus, la résolution de l’ONU permet peut-être à la France d’intervenir, mais elle ne l’y oblige nullement. L’intervention reste un choix politique purement français (même si le gros de l’effort de guerre est en fait porté par les Etats-Unis). Mélenchon pense aussi que cela permettra de sauver les révolutions arabes, menacées par la répression de Kadhafi. Se rend-il compte que ce soutien aux révolutions arabes se fait en compagnie de Sarkozy et des émirats qui, soit ne savent pas ce qu’ils font, soit se sont soudain convertis à la révolution ?

Mélenchon pense que cette intervention est dans l’intérêt de la France, à savoir « être liée avec le monde maghrébin. Il n’y a pas de futur possible pour la France si elle est opposée au sentiment majoritaire des populations au Maghreb, c’est-à-dire pour la liberté et contre les tyrans. » Bien, mais Mr Mélenchon vit dans un pays où il est illégal de prôner même un boycott pacifique à l’encontre d’Israël. Qui peut croire une seconde que l’attitude actuelle de soutien aux rebelles va être interprétée par les populations du Maghreb comme un soutien à la liberté et non comme, par exemple, une volonté de contrôler un état pétrolier tel que la Libye, ou de reprendre pied militairement et politiquement face aux révoltes arabes et les orienter autant que possible en fonction des intérêts occidentaux. ?[3]

Passons au PCF, qui exprime son « opposition totale » à toute intervention militaire[4]. Notons d’abord que Mélenchon déclare : « J’ai voté la résolution du Parlement européen en accord avec la direction du PCF et de la Gauche unitaire, en accord avec mon collègue eurodéputé communiste Patrick Le Hyaric », ce qui laisse perplexe concernant l’opposition totale du PCF à toute intervention militaire (où est passée la discipline du Parti et, si Mélenchon ment, pourquoi ne le dénonce-t-on pas ?). Certes, la déclaration de Roland Muzeau[5] (faite après mon interview) est courageuse et on peut l’approuver. Mais les arguments avancés dans d’autres déclarations laissent perplexes : lorsque le PCF exprime son opposition totale à la guerre, il déclare que « des responsables de l’insurrection populaire ont plusieurs fois exprimé leur refus d’une telle intervention. », ce qui est le plus mauvais argument possible, vu que ces responsables ont changé d’avis et que leur avis dépend évidemment principalement du rapport de force sur le terrain.

La question à poser mais qui ne l’est pas, vu « l’urgence », est de savoir si c’est le rôle des troupes françaises d’intervenir partout où on le leur demande (à Gaza, du côté palestinien, par exemple, si la demande était formulée) ? Dans un autre communiqué, le PCF réitère « son plein soutien aux forces qui agissent pour la démocratie en Libye, avec le Conseil National de Transition[6] ». Mettons de côté le fait que personne ne sait vraiment si les rebelles agissent pour la démocratie (au sens où nous l’entendons) et que les documents de Wikileaks jettent un doute sur cette question[7].

Mais il est incohérent d’accorder son « plein soutien » à des forces politiques et de refuser en même temps leur principale exigence, à savoir des bombardements sur les troupes qui leur sont opposées. Les rebelles n’ont évidemment pas besoin de grandes déclarations de solidarité faites à Paris, mais d’armes, d’avions, de bombes etc. Notons au passage que cela vaut également pour les combattants afghans, palestiniens, bahreinis etc. Personne n’a besoin d’une « solidarité » purement verbale et n’impliquant aucune action politique concrète.

Le sommet dans ce genre de déclaration de « solidarité » a sans doute été atteint par «  l’Appel du Collectif de solidarité avec le peuple libyen »[8] qui dénonce « la complicité des gouvernements occidentaux » au moment (19 mars) où ceux-ci sont déjà en train de bombarder la Libye, probablement en violation de la lettre de la résolution, exige la « Reconnaissance du Conseil national de transition intérimaire, 
 seul représentant légitime du peuple libyen » ainsi qu’une « justice exemplaire contre les crimes de Kadhafi ». Et comment va-t-on accomplir toutes ces belles choses sans une guerre totale ? L’appel est signé, entre autres, par ATTAC, la LDH, le NPA, le PCF, le PG et le PIR. Difficile après cela de ne pas faire d’amalgame entre les positions de la gauche.

On retrouve évidemment le même genre de raisonnement dans les groupes issus du trotskisme. Le NPA « réaffirme son soutien aux insurgés libyens contre la dictature »[9], tout en s’opposant à l’intervention occidentale, mais sans expliquer ce que signifie son soutien s’il refuse à cette insurrection ce qu’elle souhaite le plus (une intervention armée). La LCR belge parle carrément de « faillite du chavisme »[10],à cause des propositions de solution négociée avancées par l’Alliance bolivarienne (notons au passage que l’opposition à cette guerre ne vient pas seulement de Chavez mais de 42 partis de gauche en Amérique Latine[11]).

Ce genre de discours, que l’on retrouve dans toutes les guerres, est la version adaptée à la crise actuelle du « ni-ni » (ni Otan ni Milosevic, ni Bush ni Saddam, ni Hamas ni Netanyahu)[12]. D’une part, on accepte tous les arguments de la propagande de guerre sur les crimes de l’ennemi, aujourd’hui de Khadafi, mais hier de Milosevic ou de Saddam, sans jamais s’intéresser à des sources d’informations alternatives[13], et on affirme son soutien total à la cause au nom de laquelle la guerre est menée (les Albano-Kosovars, les Kurdes, les femmes afghanes, ou l’opposition libyenne). Ensuite, on refuse l’intervention militaire « impérialiste », qui est justement ce que réclament ceux que l’on « soutient », sans proposer d’alternative autre que verbale. On parle d’armer les rebelles (qui le sont déjà), ce qui est une forme d’ingérence (et que fait-on si cet armement ne suffit pas ?). On lance des paroles en l’air sur les brigades internationales (qui va les organiser ?). Il est évident que ce type d’argumentation « contre » les guerres ne convainc presque personne et ouvre un boulevard aux contre-arguments de la gauche interventionniste ; il y a d’ailleurs fort à parier que la France sera le pays où les manifestations contre la guerre seront les plus faibles (comme c’est systématiquement le cas, sur les questions de guerre et de paix, depuis la crise des missiles dans les années 1980).

Le problème de fond est qu’il n’y a aucune réflexion alternative à la doctrine de l’ingérence humanitaire. Aucune réflexion sur le militarisme et sur ce que serait une politique de paix et de désarmement, aucune réflexion sur le monde multipolaire qui se met en place et sur ce qu’un véritable internationalisme signifierait à l’intérieur de celui-ci, et aucune réflexion sur les effets désastreux des politiques impériales américaines. A chaque crise, on réagit dans l’urgence, « pour sauver les civils », en disant qu’on réfléchira après. Mais comme la réflexion ne vient jamais, on reste éternellement « dans l’urgence », c’est-à-dire à la traîne du discours dominant.

Tout le monde, surtout à gauche, adore se moquer de BHL, mais en réalité la victoire de la révolution (ou de la contre-révolution) dans la pensée française accomplie par les nouveaux philosophes dans les années 70-80 a été totale. A partir de cette époque, la pensée politique a été remplacée par une sorte de religion de la culpabilité. La France et les Français sont éternellement coupables, en mode majeur, du régime de Vichy et des déportations, et en mode mineur, du colonialisme et de la guerre d’Algérie ; les nombreux « ex », communistes, maos etc. sont, eux, « coupables » des crimes de Staline, Mao ou Pol Pot. Ce climat engendre, sur le plan intérieur, une extraordinaire volonté de contrôle de toute pensée ou parole hétérodoxe, qui soi-disant nous ramèneraient « aux heures les plus sombres de notre histoire », pour utiliser la formule consacrée. Ceci empêche toute pensée indépendante du discours dominant, en tout cas sur des sujets comme la souveraineté nationale. Sur le plan extérieur, le discours de la culpabilité implique que la France a l’obligation de « venir au secours des victimes », par analogie, en mode majeur, avec les Juifs victimes des Nazis et, en mode mineur, des républicains espagnols contre Franco. Face à cette pensée quasi-religieuse, aucune réflexion sur le droit, le militarisme ou l’impérialisme n’est possible.

Contrastons finalement la position de la gauche et celle du Front National. Eux, contrairement à Mélenchon, parlent de guerre à la Libye (ce qui revient à appeler un chat un chat), et ils sont presque les seuls à mentionner la souveraineté nationale et le droit international[14]. Leur opposition se fait au nom des intérêts des Français, tels qu’ils les perçoivent (surtout empêcher les flux migratoires). Et bien sûr, en bons « patriotes », ils soutiennent les forces armées une fois qu’elles sont engagées dans le combat. Mais si les choses tournent mal pour la coalition (ce qui est peu probable, mais on ne sait jamais), il y a fort à craindre que c’est ce genre d’opposition, et non celle de la partie de la gauche qui s’oppose mollement à la guerre, qui recueillera la faveur des Français. Dans le temps, le PCF aurait sans doute condamné la guerre au nom des intérêts du « peuple » ou des « travailleurs » français, mais la version actuelle de l’internationalisme (qui revient en pratique à accepter la doctrine de l’ingérence humanitaire) interdit ce genre de langage. Tout se passe comme si le monde médiatique passait avant le monde du travail. Le FN en profite, hélas, pour s’adresser au « peuple » oublié.

Le plus comique, si on peut dire, c’est que la gauche n’a à la bouche que des mots comme antiracisme et multiculturalisme, ce qui l’amène à vénérer les cultures de l’ « Autre » (et souvent, à travers celles-ci, les religions) mais est incapable de comprendre le discours politique des « autres » réellement existants, quand ceux-ci sont Russes, Chinois, Indiens, Latino-américains ou Africains.

http://www.michelcollon.info/Post-scriptum-Sur-la-gauche.html


[3] Si on en juge par http://www.aloufok.net/spip.php?article3777, le réaction en Tunisie et en Algérie est pour le moins mitigée.
[9] http://www.npa2009.org/content/comm…;;-du-npa-soutien-au-peuple-libyen-contre-la-dictature
[10] http://www.lcr-lagauche.be/cm/index…;;id=1981:lamerique-latine-et-la-revolution-arabe-faillite-du-chavisme&option=com_content&Itemid=53
[12] Voir http://www.monde-diplomatique.fr/2006/08/BRICMONT/13824 pour une critique de cette idéologie.
[13] Pour un témoignage alternatif concernant la Libye, voir par exemple http://www.countercurrents.org/mountain220311.htm. En français, http://www.legrandsoir.info/Bombard….

Le dilemme qui frappe en ce moment le discours anti-impérialiste, c’est que – s’il a raison de s’opposer aux maneuvres médiatiques qui servent l’impérialisme – il ne propose rien pour résoudre la contradiction du "Que faire ?". Si on s’en tient aux positions de Jean Bricmont, les Brigades Internationales de 1936 en Espagne étaient de l’impérialisme humanitaire…

[Investg'Action - Site de Michel Collon - 23/04/2011]

Pouvez-vous nous rappeler en quoi consiste l’impérialisme humanitaire ?
C’est une idéologie qui vise à légitimer l’ingérence militaire contre des pays souverains au nom de la démocratie et des droits de l’Homme. La motivation est toujours la même : une population est victime d’un dictateur, donc il faut agir. On nous sort alors les références à la Deuxième Guerre mondiale, à la guerre d’Espagne et j’en passe. Le but étant de faire accepter l’intervention. C’est ce qui s’est passé pour le Kosovo, l’Irak ou l’Afghanistan.
Et aujourd’hui, c’est le tour de la Libye ?
Il y a une différence car ici, une résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies l’autorise. Mais cette résolution a été votée à l’encontre des principes-mêmes de la Charte des Nations Unies. En effet, je ne vois aucune menace extérieure dans le conflit libyen. On a évoqué la notion de la « responsabilité de protéger » les populations, mais en brûlant un peu les étapes. De plus, il n’y a pas de preuves que Kadhafi massacre la population dans le simple but de la massacrer C’est un peu plus compliqué que cela : il s’agit plutôt d’une insurrection armée et je ne connais pas de gouvernement qui ne réprimerait pas ce type d’insurrection. Evidemment, il y a des dommages collatéraux et des morts parmi les civils. Mais si les Etats-Unis savent comment éviter de tels dommages, qu’ils aillent l’expliquer aux Israéliens et qu’ils l’appliquent eux-mêmes en Irak et en Afghanistan. Nul doute également que les bombardements de la coalition vont aussi provoquer des pertes civiles.
Je pense donc que d’un point de vue strictement légal, la résolution du Conseil de Sécurité est discutable. Elle est en fait le résultat d’années de lobbying pour faire reconnaître le droit d’ingérence qui se trouve ici légitimé.
Pourtant, même dans la gauche, beaucoup pensent qu’il fallait intervenir en Libye pour arrêter le massacre. C’est une erreur de jugement selon vous ?
Oui et pour plusieurs raisons. Tout d’abord, cette campagne établit le règne de l’arbitraire. En effet, le conflit libyen n’a rien d’exceptionnel. Il y en a beaucoup d’autres dans le monde, que ce soit à Gaza, à Bahreïn ou, il y a quelques années, au Congo. Dans ce dernier cas, nous étions dans le cadre d’une agression extérieure de la part du Rwanda et du Burundi. L’application du droit international aurait permis de sauver des millions de vie mais on ne l’a pas fait. Pourquoi ?
Ensuite, si on applique les principes de l’ingérence qui sous-tendent l’attaque contre la Libye, cela veut dire que tout le monde peut intervenir partout. Imaginons que les Russes interviennent à Bahreïn ou les Chinois au Yémen : ce serait la guerre généralisée et permanente. Une grande caractéristique du droit d’ingérence est donc le non-respect du droit international classique. Et si on devait modifier le droit international par de nouvelles règles légitimant le droit d’ingérence, cela déboucherait sur la guerre de tous contre tous. C’est un argument auquel les partisans du droit d’ingérence ne répondent jamais. (en savoir plus…)

Tous – absolument tous – les articles de Morice sur Agoravox sont passionants à lire ! Prenez vous une bonne tasse de thé, décrochez le téléphone et savourez…. Morice, on t’adore !

[Morice - sur AgoraVox - 01/03/2011]

Il existait donc un Michael Headley bis…

… et il vient de se faire pincer au Pakistan, après une conduite assez extravagante qui ne cesse d’interpeller tous les observateurs. L’homme qui a été arrêté en effet à Lahore fin janvier dernier révèle en effet toutes les turpitudes des actions secrètes menées par la CIA et ses agents déguisés en mercenaires depuis des années dans le secteur. L’affaire Raymond Davis est en effet emblématique du jeu malsain entretenu dans une partie du monde qui est une pétaudière en puissance.

L’homme, après avoir tué de sang froid en pleine rue deux pakistanais qu’il estimait menaçants, et être l’auteur d’un troisième décès indirect quand un fourgon de l’ambassade s’est rué dans la foule pour venir l’en extraire est en effet aujourd’hui dans de beaux draps. Arrêté par la police locale, il a été obligé de reconnaître qu’il travaillait bien pour Xe, à savoir Blackwater, et que sa principale occupation, outre d’aller repérer les cibles des tirs de Prédators, consistait aussi à avoir des liens fort privilégiés avec des groupes terroristes tel le Lashkar-e-Taïba (*), celui-là même qu’avait rencontré à plusieurs reprises Michael Headley, très certainement lui aussi membre de la CIA, rapatrié en express, jugé de façon expéditive et condamné à la perpétuité… comme d’autres l’ont été auparavant, et dont on n’a plus aucune nouvelle depuis des années. Davis faisait effectivement le même travail que ce lui à qui on a imputé la responsabilité des attentats de Mumbaï : autrement dit, son arrestation par la police pakistanaise est à prendre très au sérieux. Ce que fait aussi l’administration d’Obama, qui multiplie les contacts de haut rang pour le sortir de ce pétrin. L’affaire Davis est tout simplement révélatrice, trop révélatrice dirons-nous. (en savoir plus…)


Note de Tim Carr: Tout comme l’Encyclopédie politique d’Emmanuel Ratier, la première édition de "Au Coeur du Pouvoir" figure dans la bibliothèque de référence de toute personne s’intéressant un tant soit peu à la vie politique en France… cette nouvelle édition augmentée est donc un outil indispensable pour comprendre les ramifications et coteries des coulisses de la "démocratie" française, "les alliances de caste et de classe entre personnalités censées être de gauche ou de droite, banquiers, journalistes, etc. Tous unis en réalité dans l’intimité des cénacles d’influence…"

Comme le soulignait si bien Howard Zinn dans ses cours: "La principale erreur des "synarchistes" c’est de croire que le fonctionnement des "clubs" soit un dysfonctionnement de la démocratie réelle. "

Au même titre qu’il n’existe pas de société socialiste "pure", il n’y a pas de société démocratique véritable. Sauf à quelques brefs moments "révolutionnaires", le pouvoir sera toujours accaparé par une oligarchie, un groupe de personnes qui – pour des raisons historiques, économiques ou d’opportunité – disposent à un moment précis du contrôle d’un certain nombre de leviers qui lui permettent d’agir.

Ceci est d’autant plus vrai en France, où la république est issue d’une prise de pouvoir par la bourgeoisie (s’appuyant sur un "peuple" chair à canon) qui n’a eu de cesse de reproduire le système monarchique.

En 2011, avec un "hyperprésident" monarque, la chose se confirme chaque jour…

Il n’est donc pas étonnnant que – dans une démocratie bourgeoise -  le "véritable" pouvoir se situe dans des petits groupes "d’influents" plutôt que dans l’instabilité congénitale de la "masse" démocratique qui court toujours le risque de prendre les "mauvaises" décisions… "mauvaises" pour les intérêts des possédants, bien sûr.

NOUVELLE EDITION: AU COEUR DU POUVOIR – une enquête au sein du club "Le Siècle"
[Editions FACTA - http://www.lesiecle.info - Mars 2011]

Le 27 octobre 2010 aura été une date historique. Celle où, pour la première fois de son histoire, Le Siècle aura été dévoilé au grand public, notamment via internet, sur l’idée d’une soixantaine de militants de gauche antimondialistes et antilibéraux, emmenés par Jean-Luc Mélenchon et le journaliste Pierre Carles. Hilare, venus troubler l’arrivée de la coterie la plus puissante de France à son dîner mensuel dans les locaux de « l’Auto », comprendre l’Automobile Club de France. Le peuple prenait à partie les nantis, dévoilant au grand jour les alliances de caste et de classe entre personnalités censées être de gauche ou de droite, banquiers, journalistes, etc. Tous unis en réalité dans l’intimité des cénacles d’influence.

L’ancien PDG de Renault et ancien président de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations, la tristement célèbre Halde, Louis Schweitzer, grande figure de cette gauche morale protestante, bredouillait qu’il s’appelait « Éric Fottorino, du Monde ». Arlette Chabot fuyait par les escaliers du métro. Emmanuel Chain en venait aux mains avec Pierre Carles. Pour un peu on aurait rejoué la nuit du 4 août. Denis Olivennes, patron du Nouvel observateur, parlait aussitôt de « dérive populiste et démagogique.

L’ancien trotskyste Michel Field, devenu une des grandes figures du PAF (Paysage audivosiuel français), éructait que cela faisait « longtemps qu’on nous avait pas fait le coup des 200 familles » et Alain-Gérard Slama, éditorialiste au Figaro, y voyait un « délire » comparable à ceux qui avaient pu croire, dans les années 40 à la Synarchie.

(…) afin de ne pas apparaître comme une nouvelle émanation des « deux cents familles », le conseil d’administration propulsait à la présidence Nicole Notat, ancienne secrétaire générale de la CFDT, dont le modeste poids relationnel et financier actuel n’aurait jamais dû lui permettre d’accéder à cette haute fonction (il suffit de comparer avec l’importance réelle de ses prédécesseurs)…

Ce livre n’est pas fait pour juger sommairement du Siècle, de ses membres et de son fonctionnement. Il se trouve simplement qu’il s’agit tout simplement du réseau le plus puissant de France, un réseau qui fontionne depuis plus de soixante ans et qui a toujours compris parmi ses membres les personnalités françaises les plus impor-tantes. Savoir s’il s’agit d’un complot ou non ne présente qu’un intérêt strictement secondaire.

En revanche, il est d’une grande utilité pour mieux comprendre le sens de tel ou telle nomination, le rachat d’une entreprise par une autre, la montée en puissance d’hommes politiques recrutés très jeunes, le silence des médias sur cer-tains sujets, la solidarité évidente dont bénéficie ses membres, le réseau relationnel et les alliances inhabituelles, etc.

Un seul exemple : qui savait, avant la première édition de notre ouvrage, que Nicole Notat, patronne de la CFDT, dînait chaque mois avec les plus grands patrons du CAC 40. Ou encore, comme vous le découvrirez dans cette nouvelle édition que le responsable du secteur revendicatif de la CGT fait de même…

Autant d’éléments que la plupart d’entre eux n’ont jamais souhaité voir exposés au grand public. Et sur lesquels Le Siècle avait jusqu’alors ici réssi à conser-ver la confidentialité la plus totale. (en savoir plus…)

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