Néo-connerie



Pourquoi protège-t-on les banques ? Quelle est leur contribution au marché de l’emploi ? A la richesse sociale ? Quelle fonction remplissent-elles qu’une "Banque Nationale des PME" ne pourrait remplir vis à vis du tissu économique ?

Paul Samuelson, Simon Kuznets, Friedrich Von Hayek, Arthur Lewis, Theodore Schultz… tous Prix Nobels d’économie, ont montré dans leurs travaux que la Banque est une activité régalienne qui montre sa véritable utilité sociale quand elle est gérée par la collectivité nationale. Il n’y a qu’à voir, lors de la dernière crise économique, les pays ultra-capitalistes ont tous quasi nationalisés leurs banques…

[Boulevard Voltaire - 05/01/2013]

Fin décembre, au micro d’Europe 1, dans l’émission « Médiapolis », Michel Rocard fut l’auteur de déclarations on ne peut plus intéressantes qui, malheureusement, ne furent pas l’objet de reprises dans les autres médias. Le propos de Michel Rocard est le suivant : la réforme de la Banque de France de 1973 a interdit que celle-ci prête à l’État à taux zéro.

L’État est donc allé emprunter avec intérêt sur les marchés privés. Si nous en étions restés au système précédant, qui permettait, répétons-le, à la Banque de France de prêter à l’État à taux zéro, notre dette serait de 16 ou 17 % du PIB, soit bénigne.Les deux journalistes chargés de l’interviewer ne réagirent pas, comme si Rocard avait dit là une banalité. Pourtant, il venait de leur dire que tous les fameux« sacrifices », prétendument inéluctables, auxquels le peuple français devait consentir, ou encore la rigueur imposée par le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), n’étaient pas une fatalité mais la résultante d’un choix de politique de dette.

Et d’ajouter que, contrairement à ce qui est véhiculé depuis des années dans les grands médias, la France n’avait pas vécu « au-dessus de ses moyens » mais qu’elle avait dû débourser, au titre d’un simple jeu d’écriture, alors qu’aucune nécessité économique ne l’exigeait, des centaines de milliards d’euros constants au profit des marchés financiers. Il leur disait encore que la crise des dettes souveraines était parfaitement artificielle et qu’il suffirait de revenir à la création monétaire publique pour qu’elle soit réglée sans heurt. Mais nos journalistes, disions-nous, ne bronchèrent pas.

Michel Rocard, en revanche, se moque un peu du monde quand il affirme que la loi de 1973 fut simplement adoptée pour « imiter les Allemands », comme si l’objet de cette loi était de limiter l’inflation. Non. Cette loi a simplement permis de créer un marché interbancaire des obligations d’État. Contrairement aux thèses libérales vieillottes, les marchés ne naissent jamais « spontanément ». Ils sont des créations politiques ad hoc, comme, par exemple, le marché des devises, résultant de la mise en place du système de change flottant.

On peut également déplorer que Michel Rocard ne nous ait pas dit pourquoi il ne tenta pas, du temps où il était Premier ministre, d’abroger cette loi « stupéfiante » selon ses propres dires et pourquoi le sujet est aujourd’hui encore tabou. Mais ne soyons pas trop dur avec Michel Rocard. Reconnaissons-lui d’avoir mis un terme à la conspiration de silence et de l’ignorance qui sévit depuis des décennies dans la classe politique française.


http://globalpresse.wordpress.com/2013/01/05/quand-michel-rocard-devoile-le-pot-aux-roses/


Ne vous trompez pas, tout ce bruit médiatique autour du "Muslim Rage", cette publication opportune de vidéos chiffon-rouge, ces "unes" de grands magazines montrant des abrutis barbus, la bave aux lèvres et vociférants "allahuakbar"… tout cela ne sert qu’un seul but : quand les bombes se mettront à pleuvoir, l’opinion publique opposée à la guerre dira: "Bon, c’est bien triste, mais ils l’ont bien cherché quand même".

L’argument colonial "c’est nous les civilisés, laissez nous exterminer les sauvages" est le premier outil de la politique d’agression permanente sioniste depuis 150 ans (ce qui montre bien son caractère intrinsèquement colonialiste).  Hertzl écrivait déjà dans "L’État des Juifs", (p. 95) : "Pour l’Europe, nous constituerons là-bas un morceau de rempart contre l’Asie. Nous serons la citadelle avancée de la civilisation contre la Barbarie".

En convainquant l’opinion que les Arabes sont des sauvages violents qu’il faut mater (comme le disait encore récemment en "off" le candidat républicain à la présidence U.S. Mitt Romney) le lobby Israël nous prépare à l’expulsion des Palestiniens de l’autre côté du Jourdain et la mise sous curatelle des pays voisins d’Israel. Quand au lobby pétrolier, il se frotte les mains et prépare déjà le prochain "takeover" d’un pays producteur de pétrole réticent…

Comment des pubs racistes ont pu tapisser le métro de New York

[Sylvain Cypel - LE MONDE | 25.09.2012 ]

Alors que le monde a les yeux tournés vers New York et l’Assemblée générale des Nations unies, le métro de la ville accueille, depuis le lundi 24 septembre, une campagne publicitaire ainsi libellée : "Dans toute guerre entre le civilisé et le sauvage, soutenez le civilisé. Soutenez Israël, faites échec au djihad." Sa promotrice, Pamela Geller, qui dirige l’Initiative américaine pour la défense de la liberté (AFDI), récuse toute offense raciste. Pour preuve, le "sauvage" n’est pas identifié. Elle-même l’est, cependant. Mme Geller patronne en effet une autre formation à l’intitulé plus explicite : "Halte à l’islamisation de l’Amérique".
L’environnement politique – l’assassinat par des salafistes de l’ambassadeur des Etats-Unis en Libye, les manifestations antiaméricaines dans l’espace musulman contre un film sur Internet dénigrant le prophète Mahomet… – apparaît favorable à sa spécialité : exacerber les passions. Mais sa campagne d’affichage avait été lancée auparavant, sans doute en lien avec l’élection présidentielle.

Elle a déjà été menée, du 13 août au 4 septembre, à San Francisco (où les autorités locales du transport public ont accueilli des contre-publicités "A bas le racisme" placées à côté des affiches controversées). En revanche, la mairie de Washington a "repoussé" leur diffusion devant le risque de trouble à l’ordre public.

A New York, Mme Geller avait récemment fait placarder sur une ligne de chemin de fer des affiches clamant : "Ce n’est pas de l’islamophobie, c’est de l’islamoréalisme. " Mais l’Autorité métropolitaine du transport public, la MTA, avait refusé de diffuser ses publicités en arguant de leur "langage avilissant". Pam Geller a obtenu gain de cause en justice.

Le juge Paul Engelmayer a estimé que son droit devait bénéficier "du plus haut niveau de protection sous le premier amendement" de la Constitution américaine, qui garantit la liberté d’expression. Ce, a admis le juge, bien que l’on puisse "raisonnablement considérer" que les "sauvages" incriminés sont effectivement les musulmans.

Précédemment grande admiratrice du criminel serbe Radovan Karadzic – elle a beaucoup dénoncé le "mythe de Srebrenica" -, fondatrice du mouvement SION (Stop Islamization of Nations), Pam Geller est, avec David Horowitz et Robert Spencer, du site Jihad Watch, une des figures de proue aux Etats-Unis de la mouvance anti-musulmans (et/ou anti-arabes, selon les cas), dont la rhétorique, sous la protection du 1er amendement, dépasse dans l’outrance tout ce qui serait considéré comme "raisonnablement" licite en France.

M. Spencer a d’ailleurs été nommé par Anders Behring Breivik, l’auteur du massacre d’Oslo en juillet 2011, comme une de ses sources d’inspiration. Mme Geller, elle, voit en Barack Obama "Hussein, le mahométan". Un homme qui avance masqué "fera tout pour apaiser ses suzerains islamiques" et, a-t-elle expliqué, qui "mène le djihad".

En 2010, elle fut durant quelques mois régulièrement invitée par la première chaîne nationale américaine, Fox News, pour commenter les sujets ayant trait à l’islam, aux musulmans ou au conflit israélo-palestinien.


http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2012/09/25/des-pubs-antimusulmans-dans-le-metro-de-new-york_1765359_3222.html


[Jean Birnbaum - Le Monde -  28.06.2012]

Le soupçon a surgi de l’intérieur et c’est de l’intérieur qu’il prolifère maintenant. Un soupçon d’autant plus douloureux qu’il a été formulé de façon spectaculaire par Judith Butler, icône mondiale du mouvement LGBT (lesbien, gay, bi et trans).

Le 19 juin 2010, lors de la Gay Pride de Berlin, la philosophe américaine a semé le trouble en refusant tout net le Prix du courage civique que les organisateurs s’apprêtaient à lui remettre. Elle, l’égérie de la théorie queer, a alors proclamé que la lutte contre l’homophobie avait dégénéré en action xénophobe et même raciste. "Nous sommes enrégimentés dans un combat nationaliste et militariste", a-t-elle lancé devant une foule médusée.

Depuis lors, parmi les militants et les chercheurs, les questions se bousculent : le mouvement LGBT est-il rongé par l’"homonationalisme" ? Est-il devenu la lessiveuse d’un nouveau nationalisme qu’il viendrait "blanchir", à tous les sens du terme ? Autrement dit, ses revendications sont-elles instrumentalisées par les hérauts d’un Occident qui mène ses opérations militaires (en Orient) et ses descentes policières (en banlieue) au nom de la démocratie sexuelle ?

Ces questions ont électrisé une grande conférence internationale qui s’est tenue à Amsterdam en janvier 2011. Les participants ont longuement évoqué la singularité des Pays-Bas, où le puissant parti populiste de Geert Wilders brandit les droits homosexuels comme un progrès occidental aujourd’hui menacé par l’islam. Mais les conférenciers ont aussi élargi leur réflexion au-delà des frontières, ainsi que le précise le sociologue Sébastien Chauvin, l’un des organisateurs. "L’idée de la conférence était d’alerter sur le nationalisme sexuel en général, c’est-à-dire sur la façon dont les droits des femmes ou des homosexuels peuvent être mis en avant dans une perspective xénophobe, non seulement par des partis politiques mais aussi dans les mouvements LGBT eux-mêmes, qui se trouvent de plus en plus intégrés aux projets nationalistes en Occident." (en savoir plus…)


Depuis Ronald Reagan et les Talibans, les néo-conservateurs ont systématiquement généré/manipulé/armé/poussé les pions islamistes pour déstabiliser les régions dont ils veulent accaparer les ressources minières. Et en Afrique cela est d’autant plus urgent qu’il s’agit de faire la nique aux Chinois. Encore une fois : "la guerre dure tant que durent les profits"

Mali : et si les islamistes convoitaient l’or noir ?

[Jeune Afrique Economie - Jeudi, 19 Juillet 2012 - Malika Groga-Bada]

Le nord du Mali recèlerait un important potentiel pétrolier, gazier et minier. Pourrait-il aiguiser l’appétit des islamistes ?

Le Nord contribue très peu au PIB du Mali, à peine 2 %. Mais le sous-sol des régions de Gao, de Kidal et de Tombouctou suscite beaucoup d’espoir : 850 000 km2 de potentiel gazier et pétrolier, selon les études menées par l’Autorité pour la recherche pétrolière (Aurep). Pour certains analystes, c’est même la seule vraie raison de l’occupation du Nord par les indépendantistes touaregs et les islamistes.

Quatre principaux bassins ont été identifiés dans cette zone : Tamesna (à cheval entre le Mali et le Niger), Taoudenni (qui couvre une partie de l’Algérie et de la Mauritanie), le graben de Gao et le rift de Nara (vers Mopti). Les forages réalisés par le français Total à Taoudenni, coté mauritanien, ont été encourageants.

Dès 2005, l’Aurep a procédé au découpage de ces bassins en 29 blocs exploitables. La plupart d’entre eux ont été remportés par des petites entreprises, l’algérien Sonatrach (via sa filiale internationale Sipex)  étant les seules majors à s’être intéressées au potentiel malien. En coentreprise, les deux groupes ont notamment misé sur les blocs 4 et 20. Mais six ans après la première acquisition de  Sipex, aucun forage n’est venu confirmer - ou infirmer - les attentes. Outre l’insécurité dans cette partie du pays, les coûts d’acheminement du matériel ont refroidi les ardeurs. En 2011, ENI-Sipex avait déjà investi 30 milliards de F CFA (45 millions d’euros) dans les préparatifs, sans avoir jamais pu creuser. La première vraie tentative était prévue pour février 2012.

Mais le Nord, ce n’est pas seulement du pétrole. Les explorations menées dans l’Adrar des Ifoghas (région de Kidal) ont révélé des sols propices à la présence d’or et d’uranium, tandis que le cercle d’Ansongo (région de Gao) recèlerait du manganèse. De quoi attiser les appétits.


http://economie.jeuneafrique.com/regions/afrique-subsaharienne/11872-mali-et-si-les-islamistes-convoitaient-lor-noir-.html


Robert Mundell, le père des "Reaganomics" et de la politique thatchérienne

L’euro est un immense succès – Je ne déconnne pas !

[Greg Palast - The Guardian - Mardi 26 Juin 2012 - Traduction: Gregor Seither - IES News Service]

L’idée que l’euro a «échoué» est d’une naïveté dangereuse. L’euro a réussi à faire exactement ce que son géniteur – et les 1% de riches qui l’ont adopté – avaient prévu qu’il fasse et ce pour quoi ils l’avaient conçu.

Ce géniteur est l’ancien détenteur de la chaire d’économie à l’Université de Chicago, l’économiste renommé Robert Mundell. L’architecte du concept d’une "économie de l’offre" est désormais professeur à l’Université de Columbia, mais j’avais fait sa connaissance par le biais de mon ancien professeur à l’université de Chicago, Milton Friedman. Je l’avais rencontré bien avant que les travaux de recherche de Mundell sur les monnaies et les taux de change aient posé les bases économiques et théoriques de l’union monétaire européenne ainsi que de la monnaie commune européenne.

A l’époque, Mundell était très occupé avec l’aménagement de la salle de bains de sa résidence secondaire en Europe. Le professeur Mundell, qui était détenteur à la fois d’un prix Nobel et d’une ancienne villa en Toscane, m’avait expliqué, furieux:  "Ils ne m’autorisent même pas à installer des toilettes. Ils ont des règlements qui m’interdisent d’installer des toilettes dans cette pièce ! Est-ce que vous pouvez imaginer une chose pareille ? "

De fait, je ne pouvais pas. Mais il est vrai que je ne possède pas de villa italienne, je ne peux donc pas imaginer la frustration d’avoir à subir des règlements administratifs régissant l’emplacement des sanitaires.

Mais Mundell, un homme énergique d’origine canadienne et étatsunienne, n’était pas homme à se laisser mettre des bâtons dans les roues par l’administration. Il était bien décidé à contre-attaquer en inventant une arme qui balayerait les règles gouvernementales et la réglementation du travail. (Encore plus que l’administration tatillonne, il détestait les plombiers syndiqués qui lui avaient facturé des sommes folles pour déplacer sa cuvette de chiottes.)

"Il est bien trop difficile de virer des ouvriers, en Europe. Ils ont des droits, là-bas" se plaignait-il. Sa réponse à cette situation: l’Euro.

Pour Mundell, le vrai visage de l’Euro ne se révèlerait qu’en période de crise. C’est là que la monnaie unique ferait vraiment son travail. Le fait d’éliminer le contrôle d’un gouvernement sur la monnaie permettrait d’éviter que des vilains petits élus fassent appel à des méthodes monétaires et budgétaires d’inspiration keynésienne pour sortir un pays de la récession.

"L’Euro permettra de mettre la politique monétaire hors de la portée des politiciens», m’avait-il expliqué. "[Et] privé des leviers de la politique fiscale, la seule façon pour un pays de conserver des emplois sera de de devenir compétitif en allégeant les règles et contraintes qui pèsent sur les entreprises et les affaires."

Pour Mundell, ces contraintes qu’il fallait éliminer sont les lois du travail, les règlementations environnementales et, bien sûr, les impôts et charges sociales. Tout cela serait balayé comme fétus de paille par l’Euro. Il ne serait pas permis à la démocratie d’interférer avec le marché capitaliste – ou avec la plomberie.

Comme l’explique un autre lauréat du prix Nobel, Paul Krugman, la création de la zone euro a violé une règle économique de base, connue sous le nom de "zone monétaire optimale". Or cette règle économique de base avait été conçue par Bob Mundell.

Mais cela ne dérange pas Mundell. Pour lui, le but de l’Euro n’était pas de faire de l’Europe une unité économique puissante et unifiée. Pour Mundell, l’objectif de l’Euro était de poursuivre le travail entrepris par Reagan et Thatcher.

"Ronald Reagan n’aurait jamais été élu président sans l’influence de Mundell," a écrit Jude Wanniski dans le "Wall Street Journal". L’économie de l’offre, développée et propagée par Mundell était devenu le modèle théorique des la pensée économique Reaganienne, les "Reaganomics" – ou comme l’avait expliqué George Bush l’Ancien, "l’économie vaudou",basée sur la croyance magique dans le libre-marché comme étant la panacée. Une croyance quasi-religieuse qui avait également inspiré les politiques de Margaret Thatcher.

Lors de notre rencontre, Mundell m’avait expliqué que, en fait, l’Euro est simplement la poursuite du concept des "Reaganomics":

"La discipline monétaire oblige les politiques à se plier la discipline budgétaire, sans exception"

Et lorsque des crises surviennent, les nations économiquement désarmées n’ont pas d’autre alternative que d’éradiquer la plus grande partie de leur réglementations et législations gouvernementales, de privatiser massivement les services publics et industries d’Etat, de réduire les impôts et de balancer à la poubelle le modèle social européen et son État-providence.  (Note du traducteur: où, comme l’avait si clairement expliqué le n°2 du MEDEF, Denis Kessler, grand ami de DSK,  dans un article de la revue Challenges d’Octobre 2007: "Il s’agit de défaire méthodiquement le programme du CNR. Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de l’éliminer.")

C’est de cette manière que nous assistons au spectacle d’un Premier ministre (non-élu) Mario Monti qui exige une "réforme" du droit du travail en Italie afin de rendre plus facile pour des employeurs comme Mundell le licenciement des plombiers toscans mentionnés ci-dessus. Mario Draghi, le directeur (non élu) de la Banque centrale européenne, appelle à des "réformes structurelles" – un euphémisme pour désigner des plans de licenciements massifs et des mesures sociales au détriment des travailleurs. Ils se basent sur une théorie nébuleuse qui voudrait que cette "dévaluation interne" de chaque nation permettra de rendre tout le monde plus compétitifs.

Monti et Draghi n’ont jamais été capables de nous expliquer de manière crédible par quel manière, si tous les pays du continent déprécient leur main-d’œuvre, chacun pourra acquérir un avantage concurrentiel. 
Heureusement, ils n’ont pas besoin d’expliquer leurs politiques pour que celles-ci soient mises en oeuvre. Il leur suffit de laisser les marchés s’attaquer aux obligations de chaque pays. En conséquence, l’union monétaire n’est rien d’autre que la poursuite de la lutte des classes par d’autres moyens.

La crise en Europe et les flammes de la Grèce baignent l’économie dans la lumière chaleureuse de ce que roi-philosophe de l’économie de l’offre, Joseph Schumpeter, a appelé la "destruction créatrice". L’acolyte de Schumpeter et thuriféraire du libre échange, Thomas Friedman s’est rendu à Athènes pour s’incliner devant le "sanctuaire improvisé", c’est à dire la banque incendiée où trois personnes ont trouvé la mort après que des manifestants anarchistes y aient jeté un engin incendiaire. Friedman a profité de l’occasion pour prêcher une homélie sur la mondialisation et dénoncer "l’irresponsabilité" grecque.

Les flammes, le feu, le chômage de masse, le bradage des biens nationaux… tout cela allait engendrer, selon Friedman, une "régénération" de la Grèce et, au bout du compte, de toute la zone Euro. Et par la même occasion, les Mundell et tous les autres propriétaires de villas pourraient enfin installer leur cuvettes de chiottes où bon leur semble.

Aujourd’hui, alors que tout le monde parle de "l’échec" de l’Euro, il est grand temps que comprendre que le bébé de Mundell, a en fait été un succès éclatant, probablement bien au-delà rêves les plus fous de son créateur.


http://www.gregpalast.com/

Autres textes de Greg Palast sur Libertes-Internets :


https://libertesinternets.wordpress.com/category/observatoire-de-lempire/greg-palast/


Derrière l’opération de comm’ tout sourire de Marine Le Pen, il y a des trucs nettement plus glauques… si c’est ce que vous voulez, les électeurs du FN, alors va falloir assumer...et ne pas venir dire, quand nous aurons notre propre Anders Behring Breivik (l’assassin en Norvège) qu’il s’agit d’un "acte isolé" commis par un malade mental…

Et que dire des représentants de la communauté juive qui applaudissent ce genre de discours au nom de la "défense d’israël"…

Qui sème le vent…

POUR REMI CARILLON, CANDIDAT FRONT NATIONAL DES HAUTS-DE-SEINE, IL FAUT EXPULSER TOUS LES MUSULMANS DE FRANCE, "QUITTE A PROVOQUER UNE GUERRE CIVILE"

[Rémi Carillon - Les 4 Verités - Journal d'extrème droite - 18/05/2012]

Dans le n° 740, je présentais une méthode douce pour traiter l’Islam en France, et annonçais que j’en présenterais une forte. Ce n’est que si la douce n’a pas fonctionné, qu’il faudra utiliser la forte : la première est donc un passage obligé qui légitimera la seconde, que voici.

La première étape sera de met­tre en évidence l’échec de la méthode douce. Il aura donc fallu la jalonner d’indicateurs de réussite fiables et indiscutables. L’objectif sera de démontrer que le « vivre ensemble », sous-entendu « avec la charia », est une utopie vouée à l’échec.

La seconde étape sera de demander aux Français de choisir, par référendum, entre deux solutions, toutes deux radicales et opposées :

  1. La France cède à l’Islam (adaptation systématique de notre loi à la charia), en échange d’une paix durable, quitte à ce que la France devienne une république islamique.
  2. L’Islam cède à la France (expulsion pure et simple des musulmans de France vers leurs pays d’origine), quitte à provoquer une guerre civile.

Le référendum présente plusieurs avantages :

  • – Le premier, c’est la légitimité incontestable qu’il donne pour appliquer une politique, puisque c’est le peuple souverain qui s’est directement exprimé.
  • – Le second, c’est qu’il sera naturellement précédé d’un débat de plusieurs mois au cours duquel pourront s’exprimer toutes les opinions.
  • – Le troisième, c’est qu’il permettra d’expliquer en long, en large et en travers, les avantages et les inconvénients des deux solutions, en décrivant quelles mesures législatives et exécutives seront prises, et quelles en seront les conséquences à court, long et moyen termes.

À n’en pas douter, si aucune précaution n’est prise, les musulmans de France, d’Europe et du monde entier, réagiront très violemment à l’annonce d’un tel référendum, avant même son résultat, bien plus violemment que lors de la publication des caricatures sur Mahomet.

En France, ils manifesteront dans les rues en cassant tout sur leur passage, brûleront tout ce qu’ils pourront dans les banlieues, sortiront les armes de guerre qu’ils cachent dans leurs caves, déclencheront des actes terroristes sur le territoire national, tandis qu’en terre d’Islam, ils exécuteront les Français expatriés.

C’est pourquoi la seconde étape sera précédée d’une longue préparation dont le but sera d’éviter, sinon de limiter, ces réactions :

  • – La France aura expliqué ses intentions aux pays occidentaux, ses alliés, tous confrontés au même problème, et ne lancera le référendum qu’avec le soutien d’états suffisamment nombreux et importants, de façon à éviter un Kosovo français.
  • – L’armée aura envoyé tous les militaires musulmans sur ses terrains d’action en terre d’Islam (Afghanistan, Afrique noire), et aura révoqué tous ceux qui auront refusé de s’y rendre.
  • – Les Français en terre d’Islam (expatriés, diplomates) auront été remplacés, si possible, par des Français musulmans.
  • – Le gouvernement français aura planifié de déclarer l’état d’urgence et de mobiliser l’armée sur son territoire national dès les premières exactions.

La France se retrouvera donc probablement en guerre civile, mais pas si « civile » que cela, puisqu’elle opposera des Français de souche contre des membres de l’Oumma, qui l’envahissaient avec comme seule arme (mais quelle arme !) leur démographie galopante, contre la nôtre, chancelante.

Une guerre n’est jamais agréable et les pacifistes se lèveront pour défendre les musulmans stigmatisés, comme le feront les intellectuels, les médias, les artistes, les religieux, et l’étranger. Mais nous n’avons en fait qu’une seule alternative : soit disparaître, soit combattre. Les règles démographiques nous donnent mathématiquement perdants. Si nous voulons que renaisse notre France, et non qu’elle soit remplacée par une république islamique, nous n’avons d’autre recours que l’éradication de l’Islam de notre pays. Or l’Islam ne respecte que la force. C’est ce qu’il faudra faire comprendre à une majorité de Français, pendant la campagne référendaire.

Si le référendum est favorable à l’éradication, la France deviendra la cible économique de tout le monde musulman : plus de pétrole, plus de marchés. Mais la préservation de notre identité est à ce prix. C’est pourquoi le soutien d’autres démocraties occidentales sera primordial. Après quoi, ce sont elles qui nous suivront…


http://www.les4verites.com/Contre-l-islamisation-la-methode-forte-2934.html


[Fréderic Joignot -  Le Monde - 26/05/2012]

Nous sommes sur le plateau de France 2, le 22 avril, au soir du premier tour de la présidentielle. Les résultats tombent. Les Français ont crédité Marine Le Pen de 17,9 %. Exalté, le porte-parole du Front national, Gilbert Collard, annonce la couleur : « On est la nouvelle droite ! C’est vrai que Nicolas Sarkozy, ça paraît bien fini. »Justifié dans ses prises de position par la surenchère du président sortant sur l’immigration et l’islam, réunissant 6,4 millions de voix, le FN se pose en parti d’alternance. Il se prépare à affronter l’UMP en multipliant les triangulaires aux législatives. Il en a les forces. Marine Le Pen est arrivée première ou deuxième dans 116 circonscriptions sur 577, dépassant les 25 % dans 59 d’entre elles.

Ce succès de l’extrême droite, sa conversion en une « droite nationale » rejetant, au moins en paroles, « les formes de xénophobie, de racisme et d’antisémitisme », tout en faisant de la lutte contre l’immigration musulmane son cheval de bataille, fait écho à la percée dans toute l’Europe de formations politiques similaires. Citons le Parti du peuple danois, le Parti pour la liberté néerlandais, le FPÖ et le BZÖ autrichiens, les Vrais Finlandais, le Parti du progrès norvégien, le flamand Vlaams Belang, Droit et Justice en Pologne, Ataka en Bulgarie, la Ligue du Nord en Italie, les Démocrates en Suède, l’Union démocratique du centre (UDC) en Suisse. Tous ces partis dépassent aujourd’hui les 5 % des suffrages, quand ils n’atteignent pas 25 %.

Selon le spécialiste de l’extrême droite Jean-Yves Camus, ces formations incarnent l’émergence d’une « nouvelle droite radicalisée ». Leurs programmes oscillent entre deux philosophies très différentes qui s’opposent sur l’économie et les moeurs. Certains, comme le FN, prônent un « nationalisme social », explique Dominique Reynié, de la Fondation pour l’innovation politique. Ils sont eurosceptiques, contre la monnaie unique, ils critiquent la mondialisation, s’en prennent au capital, disent défendre les sans-grade. D’autres, comme le Parti pour la liberté de Geert Wilders, aux Pays-Bas, défendent un « libéral populisme », constate Jean-Yves Camus. Ils défendent l’Europe, le libéralisme, la laïcité et la liberté des moeurs.

Tous ces partis, cependant, comme le constate le politologue autrichien Anton Pelinka, se retrouvent sur un point : une critique virulente de l’islam et du multiculturalisme. Ils « jouent démagogiquement la carte qui consiste à dénoncer l’immigration musulmane pour rallier les perdants de la mondialisation ».

Le plus radical est Geert Wilders (16 % des voix aux législatives de 2010, aux Pays-Bas) qui considère l’islam non comme une religion mais comme « une idéologie fasciste », homophobe, profondément sexiste. Dans son film Fitna(« Discorde » en arabe), il compare le Coran à Mein Kampf - ce qui lui a valu d’être interdit de séjour au Royaume-Uni – et appelle les musulmans d’Europe à abjurer leur foi. Il préconise l’arrêt de toute immigration ainsi que l’expulsion des Pays-Bas de tout musulman coupable de délit. (en savoir plus…)


Ce n’est pas une simple histoire de hacker…. il s’agit d’une attaque de type militaire contre un pays. Attaque non déclarée et sans le moindre mandat de la "communauté internationale". Au minimum il faudrait que l’ONU publie une réaction face à cela… car la revendication ouverte de cette action pose un précédent qui peut avoir des conséquences très lourdes à long-terme. Il légitime toutes actions de cyberguerre future… y compris contre d’autres pays que l’Iran.

Quelle est la légalité d’une attaque de ce genre ? Comment se faire compenser les dommages collatéraux (dans des pays totalement étrangers au conflit) de ce genre d’attaques ? Et si demain Boeing aux USA décide de saboter Airbus en Europe à l’aide de sa propre variante de Stuxnet ? Qui va l’en empêcher maintenant que la Maison Blanche a donné l’exemple ?

Au même titre que l’illégalité de l’invasion irakienne a bloqué toute capacité d’intervention "légitimée" des USA pendant un bout de temps, l’utilisation de cyber-armes contre un pays dans une guerre non déclarée ouvre la porte à un avenir sombre en matière de cybersabotage… et si les hackers Syriens ou Iraniens ou Chinois décident de riposter, au nom de quoi les USA pourront-ils s’y opposer (greg)

Barack Obama a ordonné les attaques Stuxnet contre l’Iran

[Serge Leblal - Le Monde Informatique - 04/06/2012]

Le ver Stuxnet, mis au point par des agences américaines et israéliennes, a bien été créé pour cibler le programme nucléaire iranien, selon le New York Times.

Le président américain Barack Obama a ordonné les cyberattaques avec le malware Stuxnet contre l’Iran pour ralentir le développement du programme nucléaire du pays,selon un article publié dans The New York Times. Le journal, citant des sources anonymes, a rapporté que, dans les premiers jours de sa présidence, M. Obama a accéléré le projet connu sous le nom de code Olympic Games et initié par l’administration de George W. Bush. Le ver Stuxnet, depuis longtemps officieusement attribué à Israël ou aux États-Unis, a frappé les ordinateurs iraniens à la mi-2010 avant de se disséminer à travers l’Internet.

(en savoir plus…)


Ce qui est amusant, dans cette paranoia fabriquée à partir du "cyber-djihad" c’est que tout le monde semble ignorer (ou feint de l’ignorer) que les islamistes radicaux ne font qu’utiliser des méthodes déjà largement utilisées dans les mouvements révolutionnaires depuis 300 ans.

"Documenter par l’image les atrocités de l’ennemi" ou bien "sensibiliser une population radicale" afin de "créer des sphères de sympathisants" (du temps du Ministre de l’Intérieur Marcellin, on parlait de "mouvance"), pendant la Guerre d’Espagne, Robert Capa ne faisait rien d’autre. Ce sont les théories de Gramsci bien appliquées… voire du Karl Rove, le spin doctor de la Maison Blanche sous G.W. Bush. La seule chose qui change c’est la medium de diffusion massive qui est à leur disposition.

Tout le monde s’excite sur les sites djihadistes alors que les médias néo-cons nous livrent chaque jour, dans nos lucarnes, une propagande pur jus cent fois plus efficace… et nettement plus meurtrière ! Combien de gens ont été tués à cause de Ben-Laden ? Combien de gens ont été tués à cause de George Bush ? (greg)

[Owni - Pierre ALONSO - 30/05/2012]

22 mars. Mohamed Merah abattu par les hommes du Raid, Nicolas Sarkozy fait une déclaration depuis l’Elysée : la consultation de “sites internet qui font l’apologie du terrorisme” sera dorénavant sanctionnée. Un projet de loi a depuis été déposé au Sénat. Le cyberjihadisme fait une entrée fracassante dans l’agenda politique et médiatique.  Owni a voulu recueillir l’analyse d’un magistrat familier de ces affaires. Marc Trévidic est juge d’instruction au pôle antiterroriste du Tribunal de grande instance de Paris, seule juridiction compétente en matière terroriste. Il s’est spécialisé sur les dossiers jihadistes en plus de quelques autres gros dossiers (Karachi, Rwanda, moines de Tibéhirine). Il revient ici sur l’utilisation d’Internet par les jihadistes, le cyberjihadisme ou “jihad médiatique”, nouvel avatar de la menace terroriste selon les acteurs politiques.

Comment a émergé le cyberjihad ? Est-ce, comme certains l’analysent, lié à la perte du territoire afghan en 2001 qui a entraîné un repli des jihadistes sur une autre base arrière ?
Le conflit irakien a surtout servi de déclencheur, plus que la perte de l’Afghanistan en 2001. Les jihadistes ont très vu perçu le profit qu’ils pouvaient tirer du réseau. D’abord, l’intervention anglo-américaine était illégitime du point de vue du droit international public. Ensuite, ils ont pu utiliser les exactions commises par l’armée américaine, comme àAbou Ghraïb par exemple. Des brigades, armées de caméra, cherchaient à obtenir ce genre d’images pour les diffuser ensuite sur Internet. Le début du cyberjihad commence donc plus avec l’Irak qu’après la chute du régime Taliban. En Irak, le djihad était mené à 100%, dans les villes et sur Internet.
Quel est le rôle du cyberjihad ?

Le principal objectif est la diffusion de la propagande, puis le recrutement. Lors du conflit irakien, les jihadistes menaient un double conflit majeur, à la fois contre les soldats de la coalition anglo-américaine et contre les chiites. Ils avaient donc besoin de beaucoup de troupes et de chairs fraiches.

Dominique Thomas, chercheur spécialisé sur les mouvements islamistes radicaux, parle de la volonté de créer des sphères de sympathisants, plutôt que de recrutement. L’idée est de sensibiliser une population radicale. Au sein de cette population peut émerger un candidat au jihad. C’est une guerre de l’information, les cyberjihadistes parlent souvent de“réinformation”. Le volet recrutement existe aussi, pour envoyer des gens sur le terrain faire le jihad.
“Les loups solitaires”, entièrement isolés, formés sur Internet, existent-ils ?

Dans toutes les affaires que je connais, les protagonistes sont toujours en contact avec d’autres. Ils rencontrent d’autres jihadistes, se connaissent entre personnes de la même mouvance. Je n’ai pas connaissance de cas de terroriste islamiste entièrement isolé. C’est un petit milieu ! Tout le monde se connait.

Cyberjiadhistes et jihadistes sont-ils les mêmes personnes ? Ont-ils des profils différents ?

Tous sont cyberjihadistes. Le passage à l’acte, les départs sur zones sont extrêmement minoritaires. La radicalisation est progressive : la radicalité des jihadistes varie selon leur situation. Ils ne tiennent pas les mêmes discours avant le départ, pendant leur séjour sur zones et à leur retour. Le jihad n’a pas attendu Internet. Dans les années 1990, les filières d’acheminement de combattants en Afghanistan se développaient sans utiliser Internet.

Le milieu des années 2000 semble être l’apogée des sites liés au jihad. Certains étaient très connus, comme Minbar ou Ribaat, et des figures proéminentes s’en occupaient, notamment Malika El Aroud et son mari Moez Garsallaoui. 
Le nombre de sites a explosé après la guerre en Irak. L’utilisation d’Internet s’est codifiée. Le Global Islamic Media Front est chargé de contrôler et d’authentifier le contenu diffusé sur les sites avec le label d’Al-Qaida. Mais la vivacité des sites dépend du contenu qui arrive du terrain. La concurrence entre les sites crée de l’émulation. C’est la loi de la concurrence ! De cette émulation naît de la radicalité. Les sites apparaissent, se multiplient avec le conflit irakien et deviennent de plus en plus radicaux dans la propagande qu’ils diffusent.

Internet apparaît dans presque toutes les affaires, comme moyen de communication entre les jihadistes. Jusqu’à maintenant, un caractère opérationnel était toujours observé dans ces échanges. L’aide matérielle est présente dans toutes les affaires.

Le projet de loi présenté par l’ex gouvernement [Fillon], changerait ce principe en pénalisant la consultation de sites terroristes.

Il faudra définir la liste des sites terroristes, ceux qui posent certains problèmes. La définition repose sur le trouble grave à l’ordre public à même de semer la terreur [Définition des actes terroristes dans le code pénal français, NDLR]. Il faudrait plus généralement poser la question de l’influence des images violentes diffusées à la télévision ou sur Internet. Ce n’est pas parce qu’une personne joue à Call of Duty 4 ou 5 qu’elle va devenir folle et tuer des gens ! Le passage à l’acte à cause de jeux vidéo violents est marginal, si marginal qu’aucun enseignement ne peut être tiré à cette marge.

Le cyberjihadisme, dans son volet de propagande, doit-il sortir du champ de l’antiterrorisme ?

Comme je l’ai signalé à l’occasion de mon audition au Sénat, l’utilisation de la qualification terroriste, et des moyens afférents, a explosé, souvent à mauvais escient. Il y a deux problèmes différents : sensibiliser la population au risque de la violence diffusée notamment sur Internet d’une part, et lutter contre les actes terroristes d’autre part.


http://owni.fr/2012/05/30/marc-trevidic-le-jihad-na-pas-attendu-internet/?utm_source=feedburner&utm_medium=email&utm_campaign=Feed%3A+Owni+%28Owni%29


Comme toujours, il ne faut jamais croire ce que raconte la Maison Blanche ou la CIA, la moindre information qui en sort est une fabrication des spin-doctors et des story-tellers en vue d’une manipulation de l’opinion publique.

LA VÉRITABLE HISTOIRE DE LA CAPTURE D’OSAMA BEN LADEN
[Gareth Porter, Truthout 05/03/2012 - Trad. Grégoire Seither]

Quelques jours après qu’un commando de US Navy Seals ait tué Osama Ben Laden lors d’un raid à Abbottabad, au Pakistan, un "officier supérieur des renseignements" avait expliqué aux journalistes que les documents saisis dans la maison de Ben Laden révélaient que celui-ci, "continuait à diriger le groupe, jusque dans les moindres détails tactiques. " Ben Laden n’était, "pas simplement l’idéologue et le stratégicien du groupe", a déclaré l’officier. "Il était actif dans la planification opérationnelle et l’orientation des décisions tactiques." Selon l’officier de renseigmenet, la maison de Ben Laden, "était un centre actif de commandement et quartier général tactique."  Le haut responsable du renseignement avait triomphalement avait décrit la découverte de la cachette de Ben Laden comme étant, "le plus grand succès de renseignement de cette génération".

De leur côté, les responsables de l’administration n’ont pu résister à la tentation de glisser aux journalistes qu’un facteur clé dans cette réussite avait été les informations obtenues par les interrogateurs de la CIA auprès des détenus Al-Qaïda à Guantanamo.

Et le directeur de la CIA, Leon Panetta, était tout à fait disposé à laisser entendre que certaines des informations avaient été obtenues auprès de détenus par des «techniques d’interrogatoire poussées» – (Ndt. autrement dit, "on les a torturés, c’est vrai, mais on a obtenu des résultats").

Voilà le discours officiel à l’époque. Malheureusement rien de tout cela n’était vrai.

Un an plus tard, l’analyse des documents montre que les fonctionnaires de la CIA ont  clairement menti non seulement sur la place de Ben Laden dans l’organigramme Al-Qaïda au moment de sa mort mais aussi sur la manière dont l’Agence a pu localiser sa maison, à Abbottabad, au Pakistan.

De fait, aujourd’hui on sait que, au cours de ses six ans de vie recluse à Abbottabad, Ben Laden n’était plus du tout le leader d’Al-Qaïda, mais avait été relégué dans un rôle de figure de proue isolée, ne jouant plus de rôle actif et déconnecté des activités réelles de l’organisation.

La véritable histoire, racontée ici pour la première fois, est que Ben Laden se trouvait relégué dans cette maison à Abbottabad, parce qu’il avait été contraint à l’exil par la direction d’Al-Qaïda.

Par ailleurs, l’affirmation de la CIA qu’ils avaient trouvé Ben Laden par eux-mêmes est tout aussi fausse. De fait, la CIA n’avait pu repérer la maison d’Abbottabad qu’à la suite d’une information transmise opportunément par l’agence de renseignement pakistanaise, le "Directorate for Inter-Services Intelligence" (ISI).

TRUTHOUT a pu reconstituer la véritable histoire de l’exil de Ben Laden à Abbottabad, ainsi que la façon dont la CIA l’a retrouvé, s’appuyant en grande partie sur des informations recueillies l’an dernier auprès de sources dans les Régions tribales et auprès de l’ISI par un officier pakistanais à la retraite, le Brigadier-Général Shaukat Qadir.

Toutes ces informations ont été confirmées en substance par le responsable du renseignement cité plus haut, lors d’une analyse post-raid… analyse qui a été ignorée dans les médias jusqu’à présent.

Ce que révèlent les documents trouvés chez Ben Laden

L’affirmation initiale, juste après le raid, comme quoi les documents saisis dans la maison d’Abbottabad démontraient le rôle central joué par Ben Laden au sein d’Al-Qaïda était une pure fabrication, étant donné qu’à ce moment là, les documents n’avaient pas encore été lus, et encore moins analysé par la CIA. Ce processus a nécessité plus six semaines de travail intensif par les analystes, les cyber-experts et les traducteurs, comme l’a expliqué l’Associated Press dans une dépêche ultérieure, publiée le 8 juin 2011.

Aujourd’hui, alors qu’environ 95% de ces documents ont été évalués et analysés, l’image qui émerge est loin de ressembler à celle présentée à la presse dans les semaines qui ont suivi le raid, quand on a jeté en pâture au public la légende d’un super-vilain tirant les ficelles depuis son QG clandestin.

Osama Ben Laden ne manquait en effet pas d’idées quand il s’agissait d’envisager des attaques contre des cibles US et occidentales… mais aujourd’hui les spécialistes du renseignement sont unanimes – et ils l’ont confirmé dans une dépêche de l’Associated Press – pour dire que "aucune preuve n’a été trouvée dans les documents démontrant qu’une de ces idées ait jamais été reprise par la direction active du mouvement pour être exécutée, voire même prise en considération par la direction."

La suite (en anglais) sur TRUTHOUT


http://truth-out.org/news/item/8866-finding-bin-laden-the-truth-behind-the-official-story


Gérard Longuet, l’ancien néo-nazi du Groupe "Occident", est mobilisé pour ramener les voix du Front National et au-delà, à Sarkozy. Il va encore falloir nous expliquer en quoi le vote pour Sarkozy le mondialiste bling bling, porte-flingue des néo-cons et des sionistes, agent d’influence de la CIA… etc. bref, en quoi voter pour ce personnage serait un vote "patriote" ?
Ou bien est-ce que "patriote" serait simplement synonyme de "anti-arabe", comme le pense "résistance laïque" ?

Et en matière de "fesse et fric", notre président Fouquet’s est un expert en la matière…  Alors, Gégé, arrête de prendre les électeurs pour des cons…

[Minute 03/05/2012]

ENTRETIEN AVEC GERARD LONGUET :  Gérard Longuet, ministre de la Défense, a quitté les théâtres d’opérations extérieures pour mener « la campagne de France » au service de Sarkozy. Sa mission : convaincre l’électorat patriote que le candidat de l’UMP vaut mieux que François Hollande. Pour les futures élections, et contrairement à ses collègues Chantal Jouanno et Nathalie Kosciusko-Morizet, le fondateur d’Occident estime impossible de voter par défaut au profit de la gauche socialo-communiste…  Extrait : "Entre la fesse et le fric, entre DSK et Guérini, la gauche n’a de leçon de morale à donner à personne !"

www.minute-hebdo.fr


Commentaire de Dov: Ici à Tel-Aviv, personne n’a envie de voir tomber Assad. La victoire des islamistes suite aux "révolutions arabes" en a échaudé plus d’un… et de toute façon Israël a besoin d’un ennemi puissant dans la région pour légitimer sa politique repressive et ses interventions militaro-terroristes chez ses voisins. Sans le croquemitaine syrien, Israël se retrouve tout nu… c’est aussi la raison pour laquelle on fait autant de bruit autour de l’Iran.

L’expert militaire Sheyl a avoué – à demi-mots – à la télévision que les services secrets israéliens avaient livré de la technologie de surveillance et de répression à leurs homolgues Syriens, pour l’aider à assurer "la stabilité intérieure face aux attaques d’Al-Qaïda" (c’est vraiment pratique cet Al-Qaïda, ça sert à toutes les sauces)…

[De Defensa - 13/02/2012]

Enfin, intéressons-nous à DEBKAFiles. Le 11 février 2012, le site publie une analyse dithyrambique à propos de la position militaire et politique d’Assad. Pour DEBKAFiles, le président syrien l’a emporté, dans tous les cas temporairement. Ce n’est pas la première fois que DEBKAFiles donne de telles analyses, favorisant nettement l’appréciation de la position opérationnelle d’Assad. Que cela soit vrai ou pas importe peu ici ; ce qui importe, c’est l’ostentation avec laquelle DEBKAFiles appuie sur ce fait, par la répétition, les détails, les perspectives, etc., dans nombre d’analyses à ce propos.

On connaît les liens de ce site avec la direction israélienne, les services de sécurité israéliens, etc., à un point où l’on peut estimer que DEBKAFiles exprime à sa façon une position qui est proche du fond de la pensée et du jugement des dirigeants israéliens. D’autre part, on a déjà noté le silence assourdissant de la direction israélienne à propos de l’affaire syrienne : les dirigeants israéliens ne peuvent proclamer qu’ils sont pour Assad mais ils ne tiennent certainement pas à la perspective de le voir remplacé par un désordre où l’extrémisme islamiste pourrait aisément proliférer. C’est la même attitude israélienne que pour la Libye, mais en plus accentuée, parce que la Syrie est aux portes d’Israël… (On peut noter que les Israéliens ont, de ce point de vue, une analyse complètement différente du bloc BAO : la menace prioritaire pour eux est l’avenir de la Syrie sans Assad, et nullement le succès théorique contre l’Iran que constituerait la chute d’un ami de l’Iran, dito le président Assad.) Quelques mots de DEBKAFiles :

«Western intelligence sources reporting in real time found Saturday night, Feb. 11, that Bashar Assad’s loyal military and security forces had by and large managed to subdue the rebellion against the regime. They are now purging the last pockets of resistance, especially in Syria’s third largest city, Homs. Still to come are possible flare-ups here and there and inevitably more horror stories of atrocities, but to all intents and purposes Syria’s eleven-month uprising is all but over. […]

»DEBKAfile’s military sources report that without outside armed intervention to halt the bloodbath – and there is no sign of any repetition of the NATO action which cut short Muammar Qaddafi’s long reign – Bashar Assad will soon finish crushing the popular and armed resistance against him, helped by arms and military backing from Russia, Iran and Hizballah.

»Military intervention is not on the cards for the United States – Turkish Foreign Minister Ahmed Davutoglu was told Friday, Feb. 9 when he arrived in Washington to request US participation in organizing a Turkish-Arab operation in Syria or, at least, the supply of Western and Arab arms to the Syrian rebels. […]

»Although fighting continues in some places, Bashar Assad is at the threshold of a major success. His victory may be short-lived but it is significant all the same, offering kudos for the Iranian-Syrian-Hizballah alliance and a contretemps for the US, Israel and Saudi Arabia.»

… Sans nul doute, parce que c’est la pathologie même de la raison subvertie, certains continueront à démontrer que tout cela fait partie d’un vaste plan et qu’on y voit les prémisses d’un triomphe. “Vaste plan” de qui ? “Vaste plan” du bloc BAO, et notamment des USA, parés de toutes les vertus du machiavélisme, y compris et surtout par nombre de leurs adversaires obsessionnels qui semblent ne pouvoir s’opposer au bloc BAO que dans la mesure où celui-ci leur impose sa loi ? (L‘absence d’Israël dans le concert BAO pose un problème, qui peut sans doute être résolu par l’hypothèse d’une ruse encore plus machiavélique qui implique un vaste concert sans la moindre fausse note.) “Vaste plan” de l’Arabie, elle-même au bord de l’effondrement, et des sunnites contre les chiites ? “Vaste plan” d’al Qaïda qui-n’existe-peut-être-pas et qui proclame une sorte de charia contre Assad ? Et ainsi de suite, dans le champ des “vastes plans”.


http://www.dedefensa.org/article-la_syrie_de_al_qaida_a_debkafiles__13_02_2012.html


La stratégie occidentale n’a en rien changé depuis la décolonisation:  déstabiliser les Etats souverains en encourageant les tribalismes (généralement en s’appuyant sur des griefs légitimes, comme ceux des Touareg, discriminés dans la région depuis des décennies) et les guerres de basse intensité. Dans le cas présent, le "terrorisme" fabriqué (avec la livraison directe par la CIA de stocks lybiens aux rebelles touareg) permettra de faire la nique à la Chine, présence géo-stratégique croissante dans la région mais qui ne s’implique pas militairement.

Quand le croquemitaine "Al-Qaïda" viendra frapper à la porte des petits potentats de la région, ceux-ci viendront se jeter tout tremblants dans les bras protecteurs du grand frère U.S., Britannique ou Français… qui se fera payer en puits de pétrole, en accaparement de terres et en projets d’infrastructures au profit des grandes sociétés multinationales occidentales. Et tant pis pour les victimes civiles !

La guerre c’est la poursuite du capitalisme par des moyens militaires…

Les Touaregs libyens à la «conquête» du Mali

[RFI 17/02/2012]

La chute du régime Kadhafi a entrainé un important retour de sub-sahariens vers leur pays d’origine. Près de 400 000 personnes auraient quitté la Libye d’après les autorités du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Parmi ces hommes, beaucoup de combattants, de soldats de l’armée libyenne, notamment de haut-gradés désormais à la tête du MNLA, Mouvement national de libération de l’Azawad.

Au début de septembre 2011, quinze jours après la chute de Tripoli, Mohamed Ag Najem rentre au nord du Mali. Après 40 ans de fidélité au régime Kadhafi, le colonel, proche de Khamis l’un des fils du dictateur, revient au pays avec ses hommes, plusieurs centaines de combattants surarmés. Il prend ses quartiers dans la brousse, non loin de Tessalit où il est né. Ag Najem devient rapidement le chef militaire du MNLA, Mouvement national de libération de l’Azawad. Il est d’ailleurs considéré comme le cerveau des attaques de janvier.

Avant même la chute du régime Kadhafi, Bamako s’inquiétait déjà du retour de ces ex-supplétifs de l’armée de Tripoli, revenus avec beaucoup d’armes automatiques, des lance-roquettes, des mortiers, des munitions en grande quantité. Un véritable arsenal dans un région déjà en proie à l’activité d’AQMI, al-Qaïda au Maghreb islamique.

Les autorités maliennes ont bien tenté d’empêcher un rapprochement entre ces Touaregs ex-hauts gradés de l’armée libyenne et les mouvements installés au nord du Mali, en leur proposant notamment des compensations financières.

Sur les quatre groupes connus, deux ont fait allégeance à Bamako, un autre se dit neutre mais n’a pas rendu ses armes.
Le dernier, celui de Mohamed Ag Najem s’est installé à Zakak, dans la région de Kidal, avec un objectif : préparer les hommes à la lutte pour obtenir l’indépendance de leur région : l’Azawad.


http://www.rfi.fr/afrique/20120217-touaregs-libyens-conquete-mali


Une autre jolie manip en cours ? Après le Golfe de Tonkin pour déclencher la guerre du Vietnam (dont les USA ont reconnu que c’était une attaque bidon), après les éprouvettes nucléaires brandies par Colin Powell (dont il a avoué plus tard qu’elles étaient vides) pour attaquer Saddam Hussein, après les fosses communes de Khadaffi (qui se sont avérées être un charnier d’abattoir…)…

Alors qu’on ne vienne pas nous dire qu’on fantasme ! Le Storytelling est une arme comme une autre, dans l’arsenal de l’Empire. Et si l’Iran coule une porte avion US, alors plus personne n’osera s’opposer à une guerre dans le golfe.

[What Really happened, traduit par Artemisia - 01/02/2012]

Les USA envoient un très vieux porte avions vers l’Iran…

(Vidéo MP4 – 16 Mo – sous-titrée en français, téléchargeable ici :
http://www.libertes-internets.net/archives/films/USS_Entreprise.mp4
)

« Si vous avez oublié votre Histoire du Lycée, je vous invite à aller réviser les incidents dits du « Golf du Tonkin ». Le 2 et 4 août 1964, les USA ont prétendu avoir subi une attaque à la torpille contre le navire USS Maddox.

En 1995, le Général Vo Nguyen Giap, très bon ami de la France depuis Dien Bien Phu (1954), a déclaré que ses forces n’ont jamais attaqué les Américains.

Plus tard, en 2005, la NSA déclassifie des documents dont un rapport interne datant de 2001 et selon lequel l’attaque du 4 août n’a jamais eu lieu. Ces attaques ont servi comme prétexte à la guerre du Vietnam causant 2 millions de morts chez les locaux et 50 000 morts US.

Le cycle prétexte / guerre se perpétue de génération en génération. Les politiques et le complexe militaro-industriel s’enrichissent et les jeunes qui veulent « défendre leur patrie » partent au casse-pipe, massacrant au passage des populations civiles. Aujourd’hui, les USA veulent la peau de l’Iran. Ce n’est ni le premier, ni le dernier pays qui subit leurs attaques.

Dans 50 ans, à moins qu’ils aient fait faillite, ils seront encore en train de fabriquer des raisons pour attaquer d’autres pays.

Connaissant donc la méthode habituelle, on ne peut que s’inquiéter de l’envoi du vieux porte-avion étatsunien “USS Enterprise” dans le golf Persique (1). Ce porte avion a été commandé en 1957 et a été commissionné en 1961. Arrivant à la fin de sa vie, son démantèlement est prévu pour l’année prochaine. Ce navire est propulsé par des turbines à vapeur prenant leur énergie dans 8 réacteurs nucléaires qui coûtent très cher à démanteler. L’idée d’aller l’agiter sous le nez des Iraniens n’est pas totalement bête. Ces derniers pourraient se fâcher, s’en approcher et soudainement il explosera et coulera chez les Arabes. On est ultra proche du 11 septembre là.

Donc la presse annonce que les Iraniens ont coulé l’USS Entreprise. On connaît déjà la triste suite. Stay tuned. On ne va se faire entuber comme à chaque fois ! La même question se pose pour Pearl Harbor, le Tonkin, le 11 septembre…


http://vivresansogm.org/topic/index.html


C’est quand la dernière fois que l’Iran a attaqué un pays voisin ?

Tout le monde vous parle de la "menace iranienne"… mais un simple coup d’oeil à la réalité vous permet de voir qui menace qui… rien de bien neuf là dedans…


Voilà qui en dit long sur l’étonnante mansuétude de la CIA et du Pentagone vis-à-vis des cadres dirigeants d’Al-Qaïda qui s’affichent ouvertement en Lybie et en Syrie. Pour un empire, mieux vaut un monde tribalisé et éclaté en petits royaumes féodaux que l’on peut corrompre pour obtenir l’accès aux ressources naturelles, des bases militaires ou bien des menus services que des Etats forts qui courent toujours le risque de vous foutre la honte à l’ONU ou bien décider un jour de vous demander de respecter les règles que vous avez vous-même édictées…. Lord Kitchener disait exactement la même chose à l’apogée de l’Empire britannique, il y a 170 ans.


[Revue de la Défense Nationale  - Bernard Nortain - 7/11/2011]

Peter Dale Scott : La Route vers le nouveau désordre mondial (50 ans d’ambitions secrètes des États-Unis) ; Éditions Demi Lune, collection Résistances, 2010 ; 509 pages.

Voilà un livre passionnant, décapant, on pourrait dire terrifiant en ce qu’il dévoile au lecteur, pourtant averti, les dérives et les pratiques mafieuses d’une démocratie emblématique, miroir de nos sociétés.

La thèse de l’auteur est, en gros, que la perte progressive de contrôle sur les décisions politiques majeures aux États-Unis a fait que le pouvoir a été confisqué de façon occulte, non démocratique, par des groupes de pression et que cette situation a totalement perverti le système politique américain et a notamment conduit au drame du 11 septembre 2001.

L’immense mérite de cet ouvrage est de s’appuyer sur un appareil de notes et de références, une bibliographie — près de 150 pages au total — très complètes et variées qui viennent étayer pas à pas la démonstration de l’auteur.

Partant d’une réflexion sur les États-Unis où les inégalités sociales, la faiblesse de la société civile au niveau fédéral, la puissance des intérêts particuliers, l’auteur, qui n’est pas particulièrement un néo-conservateur, mais plutôt un libéral, tendance gauche, dresse un tableau saisissant de ce qu’il appelle l’État profond. Il décompose le processus historique où les pouvoirs secrets verticaux se sont emparés de la conduite de l’action publique, et où la prise de décision politique à huis clos accorde la priorité à la sécurité et à la préservation d’intérêts privés particulièrement ceux des exportateurs d’armements et des firmes pétrolières.

Son analyse est particulièrement pertinente et convaincante dans sa description de la politique du trio Nixon-Kissinger-Rockefeller, censée contrer les progressistes et qui a conduit à renforcer les mouvements réactionnaires islamistes, mais aussi à soutenir les intérêts des pétroliers. Il met en évidence le rôle de Nixon ou plutôt sa paranoïa dans la dégradation du processus bureaucratique et démocratique de mise en œuvre de la politique et dans l’amplification du pouvoir secret. En passant il faut noter une analyse intéressante du Watergate.

À ce stade apparaît le couple diabolique, aux yeux de l’auteur, Cheney-Rumsfeld et son implication dans la planification du projet ultrasecret de Continuité du Gouvernement (COG) qui cacherait, selon l’auteur, un programme de prise de pouvoir illégal et dont il traite longuement à propos du déroulement des événements du 11 septembre pour expliquer certaines incohérences dans la version officielle. (en savoir plus…)


20 Octobre 1964 – Le Président Johnson dit "Fuck your parliament and your constitution" à la Grèce … et la CIA renverse le gouvernement Papandréou 

[Gregor Seither - IES News Service - 07/11/2011]

A Washington, l’ambassadeur grec informe le président Lyndon Johnson du rejet par Athènes d’un projet de résolution de la crise chypriote – où une guerre civile fait rage.

Johnson se fâche : « Fuck your parliament and your constitution ! Nous avons versé beaucoup de bons dollars US aux Grecs. Si votre Premier ministre vient me casser les pieds avec sa démocratie, son parlement et sa constitution alors vous pouvez lui dire que ni lui, ni sa constitution ne dureront très longtemps ! ».
C’est chose faite trois mois plus tard : l’opposition, financée par la CIA, fait chuter le gouvernement.

En 1967, un coup d’État militaire renverse le gouvernement Papandréou qui avait refusé d’autoriser l’OTAN à agrandir ses bases en Grèce.

La CIA met au pouvoir le colonel Papadopoulos, salarié de l’agence américaine depuis 1952. Papadopoulos est un membre des réseaux anti-soviétiques mis en place par l’OTAN, les  « stay behind ». Il a fait ses armes en dirigeant la répression brutale contre les résistants grecs lors de l’occupation nazie.

De 1967 à 1976, la Grèce vivra sous la loi martiale, tous les partis politiques sont interdits et des milliers de « gauchistes » sont arrêtés, torturés et assassinés – avec l’assistance de la CIA.


http://www.voltairenet.org/Fuck-your-parliament-and-your


Le dernier livre de Greg Palast est en cours de traduction vers le Français par un collectif militant. NOUS CHERCHONS UN EDITEUR – la traduction lui sera remise gratuitement. Pour les autres textes de Greg Palast publiés par Libertes-Internets, c’est ici :  
http://libertesinternets.wordpress.com/category/observatoire-de-lempire/greg-palast/

[Greg Palast - "In These Times" 06/11/2001 - Traduction: Gregor Seither]

Voici la situation telle que nous la racontent les médias et les politiques :

L’économie grecque s’est effondrée parce qu’un paquet de Grecs feignants, tout juste bon à cracher des noyaux d’olives et à siroter de l’Ouzo toute la journée refusent de se remonter les manches et de se mettre au boulot, partent à la retraite alors qu’ils sont encore adolescents, avec des montants de retraite dignes d’un pacha et que, pour couronner le tout, se se sont plongés dans une frénésie de dépenses pour leurs services sociaux, en utilisant de l’argent qu’ils avaient emprunté.

Et maintenant que la fête est finie, maintenant qu’on leur présente la facture à payer, maintenant qu’ils doivent rembourser par le biais d’impôts plus élevés et des coupes budgétaires dans leur gros fromage d’Etat-providence, alors là soudain ils se réveillent, se mettent à gueuler, foutent le bordel dans les rues, cassent des vitrines et brûlent des banques. Vous y croyez vous ?

Moi, cette histoire, je n’y crois pas. Je n’y crois pas car j’ai sous la main un document qui est marqué, "Confidentiel – Ne pas circuler."

Bon, je vais aller directement à la conclusion: la Grèce tout entière est devenu la scène d’un crime. Les Grecs sont victimes d’une fraude, d’une escroquerie, d’un marché de dupes, d’un tour de passe-passe. Et – âmes sensibles s’abstenir – l’escroc en question est une banque du nom de Goldman Sachs.

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Ce texte est l’adaptation d’un extrait de "Vulture’s Picnic" (Le pique-nique des vautours), le nouveau livre de Greg Palast, qui doit sortir la semaine prochaine aux Etats-Unis, une enquête sur les traces des profiteurs du pétrole, des pirates de l’énergie et des escrocs de haut-vol dans la finance. Vous pouvez en lire le premier chapitre en-ligne ou bien tout simplement précommander le livre ici.  Si vous connaissez un éditeur francophone intéressé par la publication de la traduction française, contactez L&I, nous lui proposons de réaliser gratuitement la traduction. 
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En 2002, Goldman Sachs a secrètement acheté jusqu’à 2,3 milliards d’Euros d’obligations émises par gouvernement grec, il a converti le tout en Yen et en Dollar, puis il immédiatement revendu le tout à la Grèce.

Goldman a encaissé une perte énorme sur cette transaction.

Est-ce que Goldman est stupide?

Oui, Goldman est stupide… stupide comme un renard. La transaction était une escroquerie, Goldman-Sachs inventant un faux taux de change pour cette transaction. Pourquoi ? (en savoir plus…)


Ce ne serait pas la première fois que la CIA pousse les généraux pour faire revenir l’ordre dans un petit pays du Sud… c’est même un classique du genre. En 1972 déjà, Kissinger avait carrément menacé le président d’un pays qu’il serait éliminé par un coup d’état si celui-ci ne faisait pas ce que les USA lui dictaient de faire…

[Peter Schwarz - World Socialist News - 03/11/2011]

Grèce: Craintes de menace d’un coup d’Etat militaire suite au projet de referendum

Le premier ministre George Papandreou a congédié mardi l’état-major des armées grecques. Cette mesure a été prise dans le contexte d’une grande colère de la part des gouvernements du monde et des marchés financiers internationaux face à sa proposition de soumettre à un referendum populaire le plan de sauvetage de l’Union européenne qui représente des années d’austérité punitive pour les travailleurs grecs.

Le ministère de la Défense a fait une déclaration laconique par e-mail annonçant que Papandreou avait congédié le chef d’état-major des armées, les chefs d’état-major de l’armée de Terre, de la Marine et de l’Armée de l’air, et déchargé de leurs fonctions une douzaine d’officiers de l’Armée et de la Marine.

Cette annonce a attisé en Grèce des rumeurs sur l’imminence d’un coup d’Etat militaire. Ces craintes sont fondées sur la compréhension qu’il est impossible d’imposer, par des moyens démocratiques, les coupes draconiennes dans l’emploi, le niveau de vie et les services sociaux de base, exigées par les élites dirigeantes de l’Europe afin de payer le prix de l’annulation partielle du fardeau de la dette du pays.

S’il y a une menace de coup, il ne fait aucun doute que les causes ne proviennent pas uniquement des tensions existant à l’intérieur du pays. Cela provient plutôt des décisions prises à Berlin, Paris, Washington et l’OTAN, selon lesquelles les intérêts du capital financier requièrent une solution de style Pinochet devant les problèmes rencontrés pour imposer les décisions de l’UE à la classe ouvrière grecque qui résiste.

Tout juste sorti de son succès sanglant en Libye, l’OTAN pourrait bien être en train de préparer un nouvel exercice de « changement de régime », cette fois dans l’un de ses Etats membres. (en savoir plus…)


Ce n’est pas pour autant une raison pour lui balancer des cocktails Molotov…

Études de cas > Philippe Val et ses amis

À propos du tête-à-queue idéologique de Charlie Hebdo

MONA CHOLLET, Les Mots sont importants - 2/11/2011]

Nous reproduisons, avec son autorisation, l’excellent texte que Mona Chollet a consacré en 2006 à la lamentable dérive de Charlie Hebdo. Une dérive qui a fait d’un hebdomadaire satirique de gauche, de tradition libertaire, une espèce de Crapouillot [1] républicaniste, de plus en plus complaisant avec les classes dominantes, leurs médias, leurs intellectuels organiques, et de plus en plus hautain, méprisant, voire haineux à l’égard des classes populaires, des Arabes et des musulmans.

Mercredi 19 novembre 1997, sous le titre « Les perroquets du pouvoir », Philippe Val consacrait la quasi-intégralité de son éditorial de Charlie Hebdo à l’enthousiasme délirant que lui inspirait la parution des Nouveaux chiens de garde de Serge Halimi. Il y évoquait les« BHL, Giesbert, Ockrent, Sinclair », etc., tous « voguant dans la même croisière de milliardaires qui s’amusent », et qui « n’ont aucune envie de voir tarir le fleuve de privilèges qui prend sa source dans leurs connivences ou leurs compromissions ». Il jugeait certains passages « à hurler de rire », en particulier le chapitre « Les amis de Bernard-Henri », qu’il conseillait de « lire à haute voix entre copains ».

Six mois plus tard, mercredi 27 mai 1998, sous le titre « BHL, l’Aimé Jacquet de la pensée » (c’était juste avant la Coupe du monde de football), il volait encore au secours du livre de Halimi, contre lequel toute la presse n’en finissait plus de se déchaîner. Il épinglait le chroniqueur du Point pour avoir, dans son « Bloc-notes », assimilé Bourdieu à Le Pen. Et le futur défenseur du « oui » à la Constitution européenne se désolait :

« Penser que le désir d’Europe sociale des uns est de même nature que le refus nationaliste de l’Europe des lepénistes ne grandit pas le penseur… »

En 2005, Philippe Val comparerait l’attitude des partisans du « non » à celle de Fabien Barthez crachant sur l’arbitre.

Mercredi 1er mars 2006. Continuant d’exploiter le filon providentiel des caricatures danoises, Charlie Hebdo publie à grand fracas un « Manifeste des Douze » (hou, hou ! morte de rire !) intitulé « Ensemble contre le totalitarisme islamique » (sur la prolifération actuelle du mot « ensemble » et sa signification, lire l’analyse d’Eric Hazan dans LQR, La propagande du quotidien, [2], signé notamment par Philippe Val, Caroline Fourest (auteure de best-sellers sur la menace islamique et membre de la rédaction de Charlie Hebdo), Salman Rushdie, Taslima Nasreen, et… Bernard-Henri Lévy. « L’Aimé Jacquet de la pensée » a droit, comme les autres signataires, à sa notice biographique (moins longue que celle de Caroline Fourest, quand même, hein ! Faut pas déconner !), qui commence ainsi :

« Philosophe français, né en Algérie, engagé contre tous les « ismes » du XXe siècle (fascisme, antisémitisme, totalitarisme et terrorisme). » (en savoir plus…)


Avec Israel, il n’y a rien à comprendre, comme d’habitude. On est dans le blocage borné et apeuré…

10 questions sur l’admission de la Palestine à l’Unesco

[Pascal Boniface - IRIS -  02/11/2011]

1. En quoi l’admission de la Palestine à l’Unesco met-elle en danger la sécurité de l’État d’Israël ?

2. Comment expliquer que le recours à l’ONU, puis à l’Unesco, par les Palestiniens soit considéré comme des gestes unilatéraux, alors que ces organisations internationales sont l’essence même du multilatéralisme ?

3. En quoi la poursuite de la colonisation israélienne à Jérusalem Est et en Cisjordanie peut être considérée comme moins compromettante pour le processus de paix que les demandes d’admission dans des organisations internationales ?

4. Les États-Unis ne donnent-ils pas l’impression de se déterminer en fonction des demandes du gouvernement israélien ?

5. N’est-il pas paradoxal, vu l’aide que les États-Unis fournissent à Israël, que le gouvernement de ce pays semble exercer plus d’influence sur le président américain que l’inverse ?

6. Les États-Unis vont cesser le versement de leur part à l’Unesco, qui représente 22 % du budget de cette organisation. Peut-on à la fois critiquer l’unilatéralisme dont les Palestiniens auraient fait preuve en demandant d’être admis dans cette organisation et cesser toute contribution parce que l’immense majorité des autres pays n’a pas voté dans le sens souhaité par Washington ?

7. En quoi l’arrêt du financement du système d’alerte du tsunami à Haïti, d’écoles professionnelles en Afghanistan ou d’un programme mondial d’alphabétisation, entre autres programmes prévus par l’Unesco cette année, contribuera au processus de paix au Proche-Orient ?

8. Les États-Unis ont-ils calculé le coût diplomatique, la dégradation de leur image, la perception d’un isolement croissant que va leur coûter cette décision ?

9. N’est-ce pas pour le moins paradoxal de savoir que les États-Unis vont sous Obama cesser de contribuer financièrement à l’Unesco, alors que c’est George Bush qui, en 2003, avait décidé de leur réintégration dans cette organisation dont Reagan avait claqué la porte en 1984 ?

10. Le vote français en faveur de l’admission de la Palestine constitue-t-il un changement stratégique pour Nicolas Sarkozy ou est-il avant tout lié au fait que la France soit le pays où siège l’Unesco ?


http://www.iris-france.org/informez-vous/blog_pascal_boniface_article.php?numero=115


30 ans après Kaboul, la CIA n’a pas changé de cheval et continue à jouer la carte islamiste pour destabilisier les régions que les US veulent contrôler…

Comment Al-Qaeda est arrivé à régner sur Tripoli (Asia Times)

[Pepe Escobar - Asia Times  - 31/08/2011 - traduction par VD pour "Le Grand Soir"]

Abdelhakim Belhaj, émir du GICL/AQMI

Abdelhakim Belhaj, émir du GICL/AQMI

Son nom est Abdelhakim Belhaj. Certains au Moyen-orient ont peut-être entendu parler de lui mais en occident et ailleurs son nom est pratiquement inconnu.

Alors voici une séance de rattrapage. Parce que l’histoire de comment un agent d’Al-Qaeda a pu se retrouver haut-commandant militaire à Tripoli va – une fois de plus – briser l’immense champ de miroirs qu’est « la guerre contre le terrorisme » et compromettre sérieusement la propagande patiemment concoctée par l’OTAN sur son « intervention humanitaire » en Libye.

La forteresse de Kadhafi, Bab-al-Aziziyah, fut envahie et conquise la semaine dernière principalement par les hommes de Belhaj – qui ont été le fer de lance de la milice des Berbères dans les montagnes du sud-ouest de Tripoli. La milice est connue sous le nom de Brigade Tripoli et elle a été secrètement entraînée pendant deux mois par les Forces Spéciales US. Elle s’est révélée la milice la plus efficace au cours de ces six mois de guerre civile/tribale.

Mardi dernier, Belhaj jubilait déjà sur la victoire et racontait comment les forces de Kadhafi s’enfuyaient « comme des rats » (notez que Kadhafi emploie la même métaphore pour désigner les rebelles).

Abdelhakim Belhaj, alias Abu Abdallah al-Sadek, est un djihadiste libyen. Né en mai 1966, il a fait ses premières armes avec les moudjahidin lors du djihad anti-soviétique en Afghanistan dans les années 80.

Il est le fondateur du Groupe islamique combattant en Libye et de facto son émir – avec Khaled Chrif et Sami Saadi comme adjoints. Après la prise de pouvoir par les Taliban à Kaboul en 1996, le GICL a maintenu deux camps d’entraînement en Afghanistan ; un de ces camps, à 30 km au nord de Kaboul et dirigé par Abu Yahya, est strictement réservé aux djihadistes proches ou appartenant à Al-Qaeda.

Après le 11/9, Belhaj s’est installé au Pakistan et aussi en Irak, où il s’est lié d’amitié avec ni plus ni moins que l’ultra radical AbuMusab al-Zarqawi – tout ceci avant qu’Al-Qaeda en Irak ne prête allégeance à Oussama Ben Laden et Ayman al-Zawahiri et ne renforce radicalement ses actions. (en savoir plus…)


On va pas se plaindre que – pour une fois – les USA dégomment des dictateurs ou bien poussent à la roue pour les dégommer. Le problème c’est de savoir où cela va s’arrêter. Car si on peut déclencher une "révolution Orange" ou bien une "révolution de Jasmin" pour provoquer un changement politique dans un pays, on peut aussi se servir des mêmes outils pour dégommer un gouvernement qui ne se conforme pas aux intérêts américains.

En 1972, la CIA a déclenché une grève des camioneurs et chauffeurs de bus pour faire tomber le gouvernement Allende au Chili qui avait nationalisé les mines de cuivre.

En 1972, alors que les USA avaient besoin de l’Australie comme base arrière pour le Vietnam, l’élection des travaillistes de Edward Gough Whitlam, opposés à la guerre, avait déclenché une campagne d’opinion pilotée directement par Henry Kissinger à Washington, pour faire tomber le gouvernement et le remplacer par des "amis des USA".

La manipulation, c’est un fusil qui peut aussi partir dans l’autre sens…

[Emmanuel Ratier - Faits & Documents n°315 - Mai 2011]

Quelques semaines après les « révolutions de jasmin » dans plusieurs pays du Maghreb, du Machrek, du Proche et du Moyen Orient, on commence à en savoir plus sur ce que nombre subodoraient : à savoir les interventions clandestines américaines dans le déclenchement (nullement spontané mais bien plutôt provoqué) de ces événements (cf. par exemple F&D 310, Le Manuel des émeutiers égyptiens) par le biais d’agents bien placés, de la formation de relais d’opinion et de l’utilisation des réseaux sociaux du type Facebook ou Twitter.

À la mi-avril, les médias révélaient, après des déclarations stupéfiantes de Michael Posner, sous-secrétaire d’État américain aux droits de l’homme, que l’administration fédérale américaine avait dépensé, depuis deux ans, 50 millions de dollars au développement de technologies visant à rendre anonymes les activistes pro-américains, avec des séances de formation pour plus de 5 000 militants.

Il indiquait que l’une d’entre elles avait été organisée six semaines auparavant (donc à la mi-février) dans un pays du Proche-Orient non précisé avec des « cyber-activistes » venus de Tunisie, d’Égypte, de Syrie et du Liban. il s’agissait donc bien d’une véritable armée clandestine payée et entraînée par les services secrets américains.

Comme l’indiquait par exemple La Correspondance de la presse (11 avril),

« les États-Unis, convaincus du rôle de la démocratie numérique, enseignent à des milliers de militants des droits de l’homme “à jouer au chat et à la souris” avec les régimes autoritaires sur l’internet et avec leurs téléphones portables. L’administration américaine aide notamment les militants à accéder aux technologies leur permettant de contourner les blocages du Web par les États, à sécuriser leurs textos et leurs messages vocaux et à empêcher les cyber-attaques contre leurs sites […]

Des responsables du département d’État ont expliqué qu’une des technologies en cours de développement, baptisée “signal d’alarme”, permettait aux militants d’effacer les listes de contact de leurs téléphones portables au cas où ils seraient arrêtés. Le département d’État a indiqué qu’il avait déjà financé des sociétés privées, la plupart américaines pour développer une dizaine d’outils destinés à contourner la censure mise en place par certains gouvernements. »

On apprenait aussi à cette occasion que l’un de ces outils avait été « très utile en Iran » et qu’il « se propageait partout au Moyen-Orient ».

Il s’agissait en fait de la confirmation des révélations du groupe Anonymous qui avait affirmé, à la mi-mars, que l’US Air Force avait mis au point (via les sociétés Booz Alen Hamilton et Ntrepid) un logiciel permettant la collecte et la diffusion d’informations sur des réseaux sociaux, avec la création et la gestion de multiples fausses identités numériques immergées dans des réseaux comme Facebook.

Ces manipulations s’inscrivaient dans des programmes plus anciens de manipulation des esprits, telle la chaîne de télévision Barada TV, installée à Londres et diffusée en direction de la Syrie, qui a été financée, selon des documents diplomatiques américains rendus publics par Wikileaks, à hauteur de 6 millions de dollars depuis 2006, via le fantomatique Mouvement pour la justice et le développement.

De même le New York Times révélait au même moment le rôle de pseudos ONG (organisations non gouvernementales) comme Freedom House, installée à Washington, le National Democratic Institute ou l’International Republican Institute, financées par l’État américain, dans « le financement et la formation des militants pro-démocratie dans la région » (NDA : Proche et Moyen Orient).

Il faudra bien un jour s’interroger sur l’irruption soudaine sur la scène publique d’« inconnus charismatiques, parfaitement formés aux meilleures techniques de la propagande (sanglots à l’appui en direct à la télévision) comme l’Égyptien Wael Ghoneim, directeur marketing de Google pour le Proche-Orient (et marié à une Américaine), à l’origine de la révolte lancée sur Facebook avec son groupe Nous sommes tous des Khaled Saïd.


http://www.faitsetdocuments.com


Obama a tué Osama : 3 millions de morts... pour ça !

Obama a tué Osama : 3 millions de morts... pour ça !


Note de L&I aux talibans de la pensée: oui, oui, nous savons qui est Christian Bouchet et nous nous sommes bien lavés les yeux avec du désinfectant après avoir visité le site Vox NR ;-)

[Christian Bouchet - VoxNR - 04/04/2011]

Bien rares sont, en France, ceux qui connaissent ne serait-ce que le nom de Parag Khanna. Et pourtant ce trentenaire est sans doute actuellement le géopoliticien le plus écouté à Washington et son dernier livre, How to Run the World?, pourrait bien expliquer tant l’intervention occidentale en Libye que certaines décisions américaines récentes en Irak et les troubles qui agitent actuellement le Machrek.

Né en 1977 dans une petite ville du Nord de l’Inde, ayant acquis la citoyenneté américaine par naturalisation, Parag Khanna a fait un parcours sans faute de surdoué jusqu’à devenir un intellectuel organique de l’hyper-classe nomade et sans racines. Après des études de relations internationales à l’université de Georgetown et un doctorat à la London School of Economics effectués grâce à des bourses de plusieurs fondations yankees, notre homme est engagé, à seulement vingt-deux ans !, comme analyste par le Council on Foreign Relations. Cette première expérience décide de toute sa carrière et Parag Khanna n’a jamais cessé depuis d’être un analyste et un consultant pour des think tanks et des ONG mondialistes. Ainsi sera-il successivement employé par le Forum mondial économique de Genève et par la Brookings Institution où il aura en charge la prospective concernant la « gouvernance globale ». Il quittera ce poste pour devenir conseiller en géopolitique de l’United States Special Operations pour l’Irak et l’Afghanistan en 2007 avant d’intégrer l’équipe de campagne de Barack Obama comme conseiller pour les relations internationales.

En parallèle Parag Khanna, par ailleurs devenu membre de la direction du Council on Foreign Relations, sera aussi un des animateurs des Independent Diplomat, une ONG dont une des fonctions est de « fournir des diplomates free-lances à des États non-internationalement reconnus ». À ce titre, il jouera un rôle dans l’accession à l’indépendance du Kossovo, ainsi que dans l’évolution de la situation diplomatique du Somaliland, de la république turque de Chypre et du Sahara occidental. Dans le même temps, il publia The Second World: Empires and Influence in the New Global Order où il annonçait un monde dominé par trois grandes puissance – les USA, la Chine et l’Europe – rivalisant entre elle pour le contrôle des ressources de la planète.

Ces multiples activités et engagement firent que, toujours en 2008, le magazine Esquire le cita parmi les soixante-quinze personnalités les plus influentes au monde et que le mensuel libertarien Wired l’inclut, quant à lui, dans sa liste des quinze hommes de l’année. En 2009, c’est le Forum mondial économique de Genève qui le distingua en le nommant Young Global Leader…

En janvier 2011, l’éditeur Random House a publié son deuxième livre : How to Run the World? Parag Khanna y explique comment le nombre d’État représentés à l’ONU devrait croître à court terme de manière très importante (passant de 200 à 300) par la remise en cause des accords diplomatiques qui ont décidé de la partition du Proche-Orient (accords Sykes- Picot de 1916) et de l’Afrique (traité de Berlin de 1884). De la nouvelle carte du monde devraient disparaître les États artificiels au profits de territoires uniformes d’un point de vue ethnique ou religieux.

Si l’hypothèse n’est pas réellement nouvelle et recycle beaucoup d’idées déjà présentes dans les diverses stratégies suivies ces dernières décennies par le Département d’État, elle a cependant l’avantage de les formaliser clairement. Quant à sa mise en œuvre, elle a débuté au Soudan avec sa partition et en Irak avec les diverses tentatives de le « libaniser » (voir notre article sur l’Assyristan dans Flash n° 54). Rien ne dit qu’elle ne va pas continuer avec un éclatement de la Libye, et pourquoi pas du Machrek tout entier comme l’ont évoqué très récemment aussi bien Aluf Benn, le chroniqueur diplomatique du quotidien israélien Haaretz, que Thomas Friedman, du New York Times, qui tous les deux évoquent l’explosion de la Syrie, de la Jordanie, de Bahrein et de l’Arabie saoudite, tandis qu’aux États-Unis certains lobbies soutiennent l’idée d’une possible autonomie pour les coptes d’Égyptes.

Dans l’immédiat cependant les avis sont très partagés parmi les officiels et nombre de diplomates et politiques, tant yankees qu’israéliens, freinent des quatre fers craignant que du renversement des gouvernements forts actuellement existants naisse un chaos politique et religieux similaire à la situation irakienne et plus dangereux que positif au final, tant pour la survie d’Israël que pour les intérêts de l’Oncle Sam.

Cela étant, dans The Second World Parag Khanna se fait aussi l’apôtre de la mega-diplomacy situation où la fonction diplomatique n’est plus l’apanage des États mais est prise en charge aussi par les ONG, les célébrités mondiales, les groupes activistes internationaux, etc. dans une optique qui ressemble comme deux gouttes d’eaux à la gouvernance mondiale… Tout ceci permet de comprendre que Parag Khanna n’est pas qu’un brillant agent de l’impérialisme américain, mais qu’il est aussi, comme nous l’annoncions précédemment, un intellectuel organique de l’hyper-classe. Cela a une conséquence : il défend des thèses qui sont favorables à celle-ci, même si elles peuvent nuire aux États-Unis – pays dont il n’a, somme toute, que la nationalité… – qui ne sont pas, à terme et comme l’Europe, à l’abri d’un éclatement sur des bases ethniques et qui ont eux aussi beaucoup à perdre de la montée de la notion de gouvernance.


http://www.voxnr.com/cc/a_la_une/EFpEAuEkVpDDBoFzfN.shtml


[Jean Bricmont - Investig'Action - 29/04/2011]

Divers lecteurs m’ont fait remarquer que la première version de l’interview publiée sur le site d’Investig’Action était trop rapide et procédait à des amalgames en ce qui concerne les positions de la gauche. Voyons donc plus en détail ces positions.

Le député européen Mélenchon, qui est sans doute l’homme politique le plus important à gauche du PS, appuie la guerre et refuse même d’utiliser ce terme, parce que la guerre est autorisée par l’ONU[1]. Si on adopte ce point de vue, il faudrait cesser de parler de « guerre de Corée », ou de « première guerre du Golfe » puisque celles-ci étaient aussi autorisées par l’ONU. Si Mélenchon s’appuie sur la résolution, quelle interprétation en donne-t-il (celle des Russes, de la Ligue Arabe ?) et que répond-il à ceux qui estiment qu’elle est déjà violée par les pays agresseurs ou à ceux, comme le juriste italien Danilo Zolo, qui soulignent que cette résolution viole la Charte de l’ONU[2] ?

De plus, la résolution de l’ONU permet peut-être à la France d’intervenir, mais elle ne l’y oblige nullement. L’intervention reste un choix politique purement français (même si le gros de l’effort de guerre est en fait porté par les Etats-Unis). Mélenchon pense aussi que cela permettra de sauver les révolutions arabes, menacées par la répression de Kadhafi. Se rend-il compte que ce soutien aux révolutions arabes se fait en compagnie de Sarkozy et des émirats qui, soit ne savent pas ce qu’ils font, soit se sont soudain convertis à la révolution ?

Mélenchon pense que cette intervention est dans l’intérêt de la France, à savoir « être liée avec le monde maghrébin. Il n’y a pas de futur possible pour la France si elle est opposée au sentiment majoritaire des populations au Maghreb, c’est-à-dire pour la liberté et contre les tyrans. » Bien, mais Mr Mélenchon vit dans un pays où il est illégal de prôner même un boycott pacifique à l’encontre d’Israël. Qui peut croire une seconde que l’attitude actuelle de soutien aux rebelles va être interprétée par les populations du Maghreb comme un soutien à la liberté et non comme, par exemple, une volonté de contrôler un état pétrolier tel que la Libye, ou de reprendre pied militairement et politiquement face aux révoltes arabes et les orienter autant que possible en fonction des intérêts occidentaux. ?[3]

Passons au PCF, qui exprime son « opposition totale » à toute intervention militaire[4]. Notons d’abord que Mélenchon déclare : « J’ai voté la résolution du Parlement européen en accord avec la direction du PCF et de la Gauche unitaire, en accord avec mon collègue eurodéputé communiste Patrick Le Hyaric », ce qui laisse perplexe concernant l’opposition totale du PCF à toute intervention militaire (où est passée la discipline du Parti et, si Mélenchon ment, pourquoi ne le dénonce-t-on pas ?). Certes, la déclaration de Roland Muzeau[5] (faite après mon interview) est courageuse et on peut l’approuver. Mais les arguments avancés dans d’autres déclarations laissent perplexes : lorsque le PCF exprime son opposition totale à la guerre, il déclare que « des responsables de l’insurrection populaire ont plusieurs fois exprimé leur refus d’une telle intervention. », ce qui est le plus mauvais argument possible, vu que ces responsables ont changé d’avis et que leur avis dépend évidemment principalement du rapport de force sur le terrain.

La question à poser mais qui ne l’est pas, vu « l’urgence », est de savoir si c’est le rôle des troupes françaises d’intervenir partout où on le leur demande (à Gaza, du côté palestinien, par exemple, si la demande était formulée) ? Dans un autre communiqué, le PCF réitère « son plein soutien aux forces qui agissent pour la démocratie en Libye, avec le Conseil National de Transition[6] ». Mettons de côté le fait que personne ne sait vraiment si les rebelles agissent pour la démocratie (au sens où nous l’entendons) et que les documents de Wikileaks jettent un doute sur cette question[7].

Mais il est incohérent d’accorder son « plein soutien » à des forces politiques et de refuser en même temps leur principale exigence, à savoir des bombardements sur les troupes qui leur sont opposées. Les rebelles n’ont évidemment pas besoin de grandes déclarations de solidarité faites à Paris, mais d’armes, d’avions, de bombes etc. Notons au passage que cela vaut également pour les combattants afghans, palestiniens, bahreinis etc. Personne n’a besoin d’une « solidarité » purement verbale et n’impliquant aucune action politique concrète.

Le sommet dans ce genre de déclaration de « solidarité » a sans doute été atteint par «  l’Appel du Collectif de solidarité avec le peuple libyen »[8] qui dénonce « la complicité des gouvernements occidentaux » au moment (19 mars) où ceux-ci sont déjà en train de bombarder la Libye, probablement en violation de la lettre de la résolution, exige la « Reconnaissance du Conseil national de transition intérimaire, 
 seul représentant légitime du peuple libyen » ainsi qu’une « justice exemplaire contre les crimes de Kadhafi ». Et comment va-t-on accomplir toutes ces belles choses sans une guerre totale ? L’appel est signé, entre autres, par ATTAC, la LDH, le NPA, le PCF, le PG et le PIR. Difficile après cela de ne pas faire d’amalgame entre les positions de la gauche.

On retrouve évidemment le même genre de raisonnement dans les groupes issus du trotskisme. Le NPA « réaffirme son soutien aux insurgés libyens contre la dictature »[9], tout en s’opposant à l’intervention occidentale, mais sans expliquer ce que signifie son soutien s’il refuse à cette insurrection ce qu’elle souhaite le plus (une intervention armée). La LCR belge parle carrément de « faillite du chavisme »[10],à cause des propositions de solution négociée avancées par l’Alliance bolivarienne (notons au passage que l’opposition à cette guerre ne vient pas seulement de Chavez mais de 42 partis de gauche en Amérique Latine[11]).

Ce genre de discours, que l’on retrouve dans toutes les guerres, est la version adaptée à la crise actuelle du « ni-ni » (ni Otan ni Milosevic, ni Bush ni Saddam, ni Hamas ni Netanyahu)[12]. D’une part, on accepte tous les arguments de la propagande de guerre sur les crimes de l’ennemi, aujourd’hui de Khadafi, mais hier de Milosevic ou de Saddam, sans jamais s’intéresser à des sources d’informations alternatives[13], et on affirme son soutien total à la cause au nom de laquelle la guerre est menée (les Albano-Kosovars, les Kurdes, les femmes afghanes, ou l’opposition libyenne). Ensuite, on refuse l’intervention militaire « impérialiste », qui est justement ce que réclament ceux que l’on « soutient », sans proposer d’alternative autre que verbale. On parle d’armer les rebelles (qui le sont déjà), ce qui est une forme d’ingérence (et que fait-on si cet armement ne suffit pas ?). On lance des paroles en l’air sur les brigades internationales (qui va les organiser ?). Il est évident que ce type d’argumentation « contre » les guerres ne convainc presque personne et ouvre un boulevard aux contre-arguments de la gauche interventionniste ; il y a d’ailleurs fort à parier que la France sera le pays où les manifestations contre la guerre seront les plus faibles (comme c’est systématiquement le cas, sur les questions de guerre et de paix, depuis la crise des missiles dans les années 1980).

Le problème de fond est qu’il n’y a aucune réflexion alternative à la doctrine de l’ingérence humanitaire. Aucune réflexion sur le militarisme et sur ce que serait une politique de paix et de désarmement, aucune réflexion sur le monde multipolaire qui se met en place et sur ce qu’un véritable internationalisme signifierait à l’intérieur de celui-ci, et aucune réflexion sur les effets désastreux des politiques impériales américaines. A chaque crise, on réagit dans l’urgence, « pour sauver les civils », en disant qu’on réfléchira après. Mais comme la réflexion ne vient jamais, on reste éternellement « dans l’urgence », c’est-à-dire à la traîne du discours dominant.

Tout le monde, surtout à gauche, adore se moquer de BHL, mais en réalité la victoire de la révolution (ou de la contre-révolution) dans la pensée française accomplie par les nouveaux philosophes dans les années 70-80 a été totale. A partir de cette époque, la pensée politique a été remplacée par une sorte de religion de la culpabilité. La France et les Français sont éternellement coupables, en mode majeur, du régime de Vichy et des déportations, et en mode mineur, du colonialisme et de la guerre d’Algérie ; les nombreux « ex », communistes, maos etc. sont, eux, « coupables » des crimes de Staline, Mao ou Pol Pot. Ce climat engendre, sur le plan intérieur, une extraordinaire volonté de contrôle de toute pensée ou parole hétérodoxe, qui soi-disant nous ramèneraient « aux heures les plus sombres de notre histoire », pour utiliser la formule consacrée. Ceci empêche toute pensée indépendante du discours dominant, en tout cas sur des sujets comme la souveraineté nationale. Sur le plan extérieur, le discours de la culpabilité implique que la France a l’obligation de « venir au secours des victimes », par analogie, en mode majeur, avec les Juifs victimes des Nazis et, en mode mineur, des républicains espagnols contre Franco. Face à cette pensée quasi-religieuse, aucune réflexion sur le droit, le militarisme ou l’impérialisme n’est possible.

Contrastons finalement la position de la gauche et celle du Front National. Eux, contrairement à Mélenchon, parlent de guerre à la Libye (ce qui revient à appeler un chat un chat), et ils sont presque les seuls à mentionner la souveraineté nationale et le droit international[14]. Leur opposition se fait au nom des intérêts des Français, tels qu’ils les perçoivent (surtout empêcher les flux migratoires). Et bien sûr, en bons « patriotes », ils soutiennent les forces armées une fois qu’elles sont engagées dans le combat. Mais si les choses tournent mal pour la coalition (ce qui est peu probable, mais on ne sait jamais), il y a fort à craindre que c’est ce genre d’opposition, et non celle de la partie de la gauche qui s’oppose mollement à la guerre, qui recueillera la faveur des Français. Dans le temps, le PCF aurait sans doute condamné la guerre au nom des intérêts du « peuple » ou des « travailleurs » français, mais la version actuelle de l’internationalisme (qui revient en pratique à accepter la doctrine de l’ingérence humanitaire) interdit ce genre de langage. Tout se passe comme si le monde médiatique passait avant le monde du travail. Le FN en profite, hélas, pour s’adresser au « peuple » oublié.

Le plus comique, si on peut dire, c’est que la gauche n’a à la bouche que des mots comme antiracisme et multiculturalisme, ce qui l’amène à vénérer les cultures de l’ « Autre » (et souvent, à travers celles-ci, les religions) mais est incapable de comprendre le discours politique des « autres » réellement existants, quand ceux-ci sont Russes, Chinois, Indiens, Latino-américains ou Africains.


http://www.michelcollon.info/Post-scriptum-Sur-la-gauche.html


[3] Si on en juge par
http://www.aloufok.net/spip.php?article3777
, le réaction en Tunisie et en Algérie est pour le moins mitigée.
[9]
http://www.npa2009.org/content/comm…
;;-du-npa-soutien-au-peuple-libyen-contre-la-dictature
[10]
http://www.lcr-lagauche.be/cm/index…
;;id=1981:lamerique-latine-et-la-revolution-arabe-faillite-du-chavisme&option=com_content&Itemid=53
[12] Voir
http://www.monde-diplomatique.fr/2006/08/BRICMONT/13824
pour une critique de cette idéologie.
[13] Pour un témoignage alternatif concernant la Libye, voir par exemple
http://www.countercurrents.org/mountain220311.htm
. En français,
http://www.legrandsoir.info/Bombard…
.

Le dilemme qui frappe en ce moment le discours anti-impérialiste, c’est que – s’il a raison de s’opposer aux maneuvres médiatiques qui servent l’impérialisme – il ne propose rien pour résoudre la contradiction du "Que faire ?". Si on s’en tient aux positions de Jean Bricmont, les Brigades Internationales de 1936 en Espagne étaient de l’impérialisme humanitaire…

[Investg'Action - Site de Michel Collon - 23/04/2011]

Pouvez-vous nous rappeler en quoi consiste l’impérialisme humanitaire ?
C’est une idéologie qui vise à légitimer l’ingérence militaire contre des pays souverains au nom de la démocratie et des droits de l’Homme. La motivation est toujours la même : une population est victime d’un dictateur, donc il faut agir. On nous sort alors les références à la Deuxième Guerre mondiale, à la guerre d’Espagne et j’en passe. Le but étant de faire accepter l’intervention. C’est ce qui s’est passé pour le Kosovo, l’Irak ou l’Afghanistan.
Et aujourd’hui, c’est le tour de la Libye ?
Il y a une différence car ici, une résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies l’autorise. Mais cette résolution a été votée à l’encontre des principes-mêmes de la Charte des Nations Unies. En effet, je ne vois aucune menace extérieure dans le conflit libyen. On a évoqué la notion de la « responsabilité de protéger » les populations, mais en brûlant un peu les étapes. De plus, il n’y a pas de preuves que Kadhafi massacre la population dans le simple but de la massacrer C’est un peu plus compliqué que cela : il s’agit plutôt d’une insurrection armée et je ne connais pas de gouvernement qui ne réprimerait pas ce type d’insurrection. Evidemment, il y a des dommages collatéraux et des morts parmi les civils. Mais si les Etats-Unis savent comment éviter de tels dommages, qu’ils aillent l’expliquer aux Israéliens et qu’ils l’appliquent eux-mêmes en Irak et en Afghanistan. Nul doute également que les bombardements de la coalition vont aussi provoquer des pertes civiles.
Je pense donc que d’un point de vue strictement légal, la résolution du Conseil de Sécurité est discutable. Elle est en fait le résultat d’années de lobbying pour faire reconnaître le droit d’ingérence qui se trouve ici légitimé.
Pourtant, même dans la gauche, beaucoup pensent qu’il fallait intervenir en Libye pour arrêter le massacre. C’est une erreur de jugement selon vous ?
Oui et pour plusieurs raisons. Tout d’abord, cette campagne établit le règne de l’arbitraire. En effet, le conflit libyen n’a rien d’exceptionnel. Il y en a beaucoup d’autres dans le monde, que ce soit à Gaza, à Bahreïn ou, il y a quelques années, au Congo. Dans ce dernier cas, nous étions dans le cadre d’une agression extérieure de la part du Rwanda et du Burundi. L’application du droit international aurait permis de sauver des millions de vie mais on ne l’a pas fait. Pourquoi ?
Ensuite, si on applique les principes de l’ingérence qui sous-tendent l’attaque contre la Libye, cela veut dire que tout le monde peut intervenir partout. Imaginons que les Russes interviennent à Bahreïn ou les Chinois au Yémen : ce serait la guerre généralisée et permanente. Une grande caractéristique du droit d’ingérence est donc le non-respect du droit international classique. Et si on devait modifier le droit international par de nouvelles règles légitimant le droit d’ingérence, cela déboucherait sur la guerre de tous contre tous. C’est un argument auquel les partisans du droit d’ingérence ne répondent jamais. (en savoir plus…)

Note de Tim Carr: Tout comme l’Encyclopédie politique d’Emmanuel Ratier, la première édition de "Au Coeur du Pouvoir" figure dans la bibliothèque de référence de toute personne s’intéressant un tant soit peu à la vie politique en France… cette nouvelle édition augmentée est donc un outil indispensable pour comprendre les ramifications et coteries des coulisses de la "démocratie" française, "les alliances de caste et de classe entre personnalités censées être de gauche ou de droite, banquiers, journalistes, etc. Tous unis en réalité dans l’intimité des cénacles d’influence…"

Comme le soulignait si bien Howard Zinn dans ses cours: "La principale erreur des "synarchistes" c’est de croire que le fonctionnement des "clubs" soit un dysfonctionnement de la démocratie réelle. "

Au même titre qu’il n’existe pas de société socialiste "pure", il n’y a pas de société démocratique véritable. Sauf à quelques brefs moments "révolutionnaires", le pouvoir sera toujours accaparé par une oligarchie, un groupe de personnes qui – pour des raisons historiques, économiques ou d’opportunité – disposent à un moment précis du contrôle d’un certain nombre de leviers qui lui permettent d’agir.

Ceci est d’autant plus vrai en France, où la république est issue d’une prise de pouvoir par la bourgeoisie (s’appuyant sur un "peuple" chair à canon) qui n’a eu de cesse de reproduire le système monarchique.

En 2011, avec un "hyperprésident" monarque, la chose se confirme chaque jour…

Il n’est donc pas étonnnant que – dans une démocratie bourgeoise -  le "véritable" pouvoir se situe dans des petits groupes "d’influents" plutôt que dans l’instabilité congénitale de la "masse" démocratique qui court toujours le risque de prendre les "mauvaises" décisions… "mauvaises" pour les intérêts des possédants, bien sûr.

NOUVELLE EDITION: AU COEUR DU POUVOIR – une enquête au sein du club "Le Siècle"
[Editions FACTA - http://www.lesiecle.info - Mars 2011]

Le 27 octobre 2010 aura été une date historique. Celle où, pour la première fois de son histoire, Le Siècle aura été dévoilé au grand public, notamment via internet, sur l’idée d’une soixantaine de militants de gauche antimondialistes et antilibéraux, emmenés par Jean-Luc Mélenchon et le journaliste Pierre Carles. Hilare, venus troubler l’arrivée de la coterie la plus puissante de France à son dîner mensuel dans les locaux de « l’Auto », comprendre l’Automobile Club de France. Le peuple prenait à partie les nantis, dévoilant au grand jour les alliances de caste et de classe entre personnalités censées être de gauche ou de droite, banquiers, journalistes, etc. Tous unis en réalité dans l’intimité des cénacles d’influence.

L’ancien PDG de Renault et ancien président de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations, la tristement célèbre Halde, Louis Schweitzer, grande figure de cette gauche morale protestante, bredouillait qu’il s’appelait « Éric Fottorino, du Monde ». Arlette Chabot fuyait par les escaliers du métro. Emmanuel Chain en venait aux mains avec Pierre Carles. Pour un peu on aurait rejoué la nuit du 4 août. Denis Olivennes, patron du Nouvel observateur, parlait aussitôt de « dérive populiste et démagogique.

L’ancien trotskyste Michel Field, devenu une des grandes figures du PAF (Paysage audivosiuel français), éructait que cela faisait « longtemps qu’on nous avait pas fait le coup des 200 familles » et Alain-Gérard Slama, éditorialiste au Figaro, y voyait un « délire » comparable à ceux qui avaient pu croire, dans les années 40 à la Synarchie.

(…) afin de ne pas apparaître comme une nouvelle émanation des « deux cents familles », le conseil d’administration propulsait à la présidence Nicole Notat, ancienne secrétaire générale de la CFDT, dont le modeste poids relationnel et financier actuel n’aurait jamais dû lui permettre d’accéder à cette haute fonction (il suffit de comparer avec l’importance réelle de ses prédécesseurs)…

Ce livre n’est pas fait pour juger sommairement du Siècle, de ses membres et de son fonctionnement. Il se trouve simplement qu’il s’agit tout simplement du réseau le plus puissant de France, un réseau qui fontionne depuis plus de soixante ans et qui a toujours compris parmi ses membres les personnalités françaises les plus impor-tantes. Savoir s’il s’agit d’un complot ou non ne présente qu’un intérêt strictement secondaire.

En revanche, il est d’une grande utilité pour mieux comprendre le sens de tel ou telle nomination, le rachat d’une entreprise par une autre, la montée en puissance d’hommes politiques recrutés très jeunes, le silence des médias sur cer-tains sujets, la solidarité évidente dont bénéficie ses membres, le réseau relationnel et les alliances inhabituelles, etc.

Un seul exemple : qui savait, avant la première édition de notre ouvrage, que Nicole Notat, patronne de la CFDT, dînait chaque mois avec les plus grands patrons du CAC 40. Ou encore, comme vous le découvrirez dans cette nouvelle édition que le responsable du secteur revendicatif de la CGT fait de même…

Autant d’éléments que la plupart d’entre eux n’ont jamais souhaité voir exposés au grand public. Et sur lesquels Le Siècle avait jusqu’alors ici réssi à conser-ver la confidentialité la plus totale. (en savoir plus…)


[Gregor Seither - IES News Service - 07/12/2010]

Quelles sont les chances de mourrir dans un crash d’avion causé par une attaque terroriste ?   Selon le Prof. Paul Campos, juriste à l’Université de Colorado (Boulder, Co.) elles sont de 1 sur 25 millions, soit quasiment proches de zéro.

En comparaison, les chances de mourir dans un accident d’avion "standard" sont de une sur 9,2 millions, selon les données compilées par  la base de données "OAG Aviation Database" aux Etats-unis. Cela signifie que, en moyenne, un pilote d’avion tue bien plus de personnes qu’un terroriste.

Dans la même veine, aux Etats-unis, vous avez 87 fois plus de chances de mourir par noyade que dans un attentat terroriste et 50 fois plus de chances de mourir en étant frappé par la foudre. Quand aux victimes des bavures policières, elles sont  8 fois plus nombreuses que celles des terroristes, si l’on en croit les chiffres pour 2004 du National Safety Council. Aux Etats-unis, la police tue donc huit fois plus de personnes que ne le font les terroristes – et ces chiffres incluent les morts du 11 septembre 2001!

Pour le professeur Campos, le risque d’une attaque terroriste est donc tellement infinitésimal et son impact tellement insignifiant d’un point de vue relatif, qu’il n’y a aucune justification rationnelle d’accepter une violation de nos libertés civiques à un degré comme celui que nous voyons ces 10 dernières années, simplement pour tenter d’éviter l’occurence d’une anomalie statistique.

A l’heure où les gouvernements investissent des milliards de l’argent du contribuable dans des technologies de surveillance toujours plus sophistiquées, au nom de notre "protection", il est bon de poser la question pour savoir quelle est exactement la réalité de cette menace, contre laquelle on affirme nous protéger… un peu comme les batteries anti-missiles que les Etats-unis installent en Europe afin de prévenir une attaque de la part de l’Iran…. qui n’a pas de missiles capables d’atteindre l’Europe !


C’est amusant que les médias s’offusquent de cette histoire. D’un côté ils ne cessent d’attaquer la notion même de "Service Public" financé par le contribuable, (car les journalistes font partie de la classe privilégiée qui ne supporte plus de payer des impôts)…  et de l’autre ils hurlent au scandale quand les pompiers du Tennesse appliquent le même raisonnement.

L’avenir de la société capitaliste, c’est la barbarie du haut Moyen-Age: si tu as de l’argent, tu peux acheter le confort et la sécurité. Si tu n’en as pas, tu es dépendant du bon vouloir de la charité (à condition qu’il y ait encore, dans le futur, une notion de morale chrétienne "aide-ton-prochain") ou alors tu crèves, ta maison brûle, aucune justice ne te défend…

Bref… c’est bien ce qu’on vous disait depuis 150 ans: le socialisme ou bien la barbarie.

[Libération 08/10/2010]

Ce fait divers est une belle illustration du monde libéral voulu par un certain nombre d’Américains, et notamment le très à la mode Tea Party. Dans le comté d’Obion au Tennessee, les pompiers ont laissé brûler la maison d’un résident… qui n’avait pas payé une taxe annuelle de 75 dollars requise ici pour s’assurer leurs services. Gene Cranick a eu beau supplier et proposer de payer tout ce que demanderaient les pompiers pour sauver sa maison, ceux-ci ont contemplé l’incendie les bras croisés. Ils ne sont intervenus que pour protéger une demeure voisine, dont le propriétaire avait bien payé son dû.

Pour tous ceux qui ne croient pas ce qu’ils sont en train de lire, voici les images :

Cet incendie illustre parfaitement la philosophie du Tea Party, souligne Robert Creamer, sur le site du Huffington Post. Un des gourous du Tea Party, Glenn Beck, a d’ailleurs déjà défendu la logique simplissime des pompiers du comté d’Obion: "Si tu paies tes 75 dollars au début de l’année, les pompiers éteindront l’incendie. Si tu ne paies pas tes 75 dollars, ils ne l’éteindront pas"."S’ils font une exception pour cette maison, qui voudra encore payer ses 75 dollars?" plaide Glenn Beck.

C’est la "vision conservatrice", "du chacun pour soi" qui est à l’oeuvre dans ce comté du Tennessee, résume aussi le blog ThinkProgress. Rappelant qu’il existe tout de même aux Etats-Unis une autre conception, progressiste, du gouvernement, selon laquelle le "rêve américain" doit être accessible à tout un chacun, quelque soit sa race, sa religion ou sa situation économique. Là encore, vous avez bien lu: des pompiers au service de tous, cela relève maintenant du "rêve américain".


L’analyse de Thierry (qu’on la partage ou pas) est toujours intéressante voire surprenante… depuis son point de vue "géographiquement décalé" par rapport au marigot médiatique mainstream occidental, il capte des choses que nous ne voyons pas nécessairement, il reçoit des informations qui ne passent pas les filtres qui entourent nos frontières mentales… bref, ce n’est jamais une perte de temps que d’écouter ce qu’il a à dire… qu’on soit d’accord ou pas.

[ETrois entretiens avec Thierry Meyssangalité et Réconciliation (site d'Alain Soral) - repris par Mecanopolis - 15/08/2010]

Trois entretiens vidéo avec Thierry Meyssan, journaliste français, à Beyrouth le 27 juillet 2010.


http://www.mecanopolis.org/?p=19164


C’est d’ailleurs une constante du mouvement conservateur. Son premier reflexe est toujours d’interdire et d’éliminer tout pensée dissidente…

SUR DIGG.COM, LA BRIGADE DES "FOSSOYEURS PATRIOTES" ELIMINE LES CONTENUS QUI LUI DEPLAISENT

[Gregoire Seither - IES News Service - 05/08/2010]

Le site DIGG (
http://digg.com/
) est  un poids lourd des médias sociaux. Aux Etats-Unis et sur le Web anglophone, il fait partie des 50 sites les plus influents, loin devant tous les autres sites. Il a plus de trois millions de contributeurs directs et génère plus de 25 millions de vues uniques par mois. Si votre article est retenu pour figurer sur la page d’accueil de Digg, votre serveur risque de connaître l’effet Digg et crouler sous la charge des visiteurs.

Le concept qui anime le site est celui du Web collaboratif à la manière du "ranking" des moteurs de recherche. Les informations, vidéos ou images proposées (la plupart des sites Web 2.0 intègrent un bouton "soumettre ce contenu/cet article à Digg") peuvent être évalués par les utilisateurs du site qui décident de "digg" (en Slang américain "to digg this" signifie bien aimer quelque chose) ou de "bury" (enterrer). Plus un article reçoit de votes favorables, plus il monte dans l’échelle d’actualité jusqu’à se retrouver en première page du site. Plus il reçoit de votes négatifs, plus il descend dans les pages du site, là où personne ne va. La majorité des visiteurs de Digg ne clique jamais au-delà de la deuxième page… tout contenu se trouvant plus bas dans la liste est donc effectivement rendu "invisible".

Mais ce modèle "démocratique" a tous les défaut du système "participatif" en vigueur sur le Web 2.0. Ne votent que ceux qui prennent la peine de participer… si un groupe important de "motivés" s’active pour ne faire "monter" que les articles qu’il approuve, la première page de Digg va prendre une couleur politique ou idéologique bien particulière.  Cela avait déjà été illustré de manière assez crasse par la tentative du British National Party (parti d’extrème droite anglais) d’occuper au maximum la section "Politique" de Digg. Ce "vote-spam" était un peu trop visible et avait fini par attirer l’attention des administrateurs. Mais il y a bien plus subtil… au lieu de faire "monter" les articles qui vous plaisent, il est bien plus efficace de faire "descendre" (et donc disparaître) les articles qui ne vous plaisent pas. Il suffit de mettre en place une "Brigade de fossoyeurs" pour nettoyer la première page de Digg des contenus qui vous déplaisent et créer ainsi une vitrine en faveur de votre idéologie .

Aux Etats-Unis, le mouvement conservateur a l’habitude de ce genre d’activisme. Il le fait déjà depuis des années via les groupes de lobbying anti-avortement, religieux ou sionistes AIPAC. Ils ont l’habitude de lancer des "campagnes d’opinion" et d’occuper le devant de la scène médiatique. On l’a vu avec les "Swifboat Veterans" lors de la campagne 2004, qui menait une vendetta d’anciens combattants contre John Kerry, ou les "Birthers" en 2008, qui mettent en doute la véracité de l’acte de naissance de Barack Obama…

Ce n’est donc pas une surprise qu’un activité similaire se soit mis en place sur DIGG. Ce qui est remarquable, c’est son efficacité. La Brigrade des Fossoyeurs "Digg Patriots" démasquée par un long et remarquble article du site de gauche AlterNet (à lire absolument si vous comprenez l’anglais) était si bien organisée qu’elle pouvait faire disparaître plus de 90% des articles d’une certaine source ou bien de sites proposés, et ce dans les 3 heures qui suivaient la soumission. Des milliers d’articles ont ainsi pu être éliminés de Digg et jetés aux oubliettes.

Pour ce faire, le groupe avait mis en place un groupe de discussion sur Yahoo servant à coordonner les enterrements (et contourner les contrôles des administrateurs de Digg, qui n’aiment pas ce genre de manipulation de leur système). Dans les conversations sur ce groupe Yahoo, il est clair que la principale motivation des membres de la brigade est de purement et simplement "faire disparaître" les opinions qui leur déplaisent et ne porter à l’attention du public que les contenus qu’ils estiment être "valabes".

Quels sont les sujets que les "Fossoyeurs Patriotes" veulent censurer ? Selon AlterNet les opinions politiques sont les suivantes:

Ils détestent Obama. Ils détestent les progressistes. Ils détestent l’ONU, le droit international, la diplomatie et le désarmement. Ils détestent la réforme du système de santé et la régulation de Wall Street. Ils détestent les immigrés. Ils vomissent la science, un grand nombre d’entre eux sont des créationnistes et tiennent des blogs pour dénoncer le Darwinisme. Ils détestent l’idée même de laicité et de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Ils détestent l’écologie, le fait que les pollueurs aient à payer pour nettoyer leur pollution… et ils détestent par-dessous tout le débat autour du changement climatique. Ils détestent tout ce qui peut ressembler à un syndicat ou à un mouvement social. Ils détestent le gouvernement, sauf quand il est du côté du complexe militaro-économique. Ils détestent le droit à l’IVG. Ils détestent l’éducation nationale et se méfient, voire sont carrément hostiles à toute personne issue de la communauté universitaire. Ils détestent la presse, sauf des figures de proue comme  Glenn Beck, Rush Limbaugh et Michelle Malkin. Ils détestent toute personne qui ne pense pas comme eux que Obama est une taupe islamiste ou marxiste qui est né au Kenya et n’a donc aucun droit à être Président. En fait, le moteur même de leur vie, c’est la haine.

L’article d’Alternet détaille la façon de procéder de ce groupe et révèle une longue liste de comptes Digg associés à cette censure. Les admins du site ont déjà annoncé qu’ils prendront des mesures appropriées.. jusqu’à l’apparition d’un nouveau groupe de censeurs.


[Voltaire - 27/06/2010]

Alors que le prince Mohamed bin Nawaf a démenti les informations du Times de Londres selon lequel l’Arabie saoudite aurait ouvert un couloir aérien à Tsahal pour attaquer l’Iran, de nombreux médias du Proche-Orient indiquent que Tsahal construit une base militaire près de Tabuk (à la frontière jordanienne). Il s’agirait d’une base d’appui pour des troupes aéroportées.

Si cette information était confirmée, ce serait la première base israélienne sur le territoire saoudien, avec toute la charge symbolique que cela implique.

Fin 2008, l’opération « plomb durci », visant à éradiquer le Hamas de la bande de Gaza, avait été financée par des fonds saoudiens sans que l’on sache s’il s’agissait d’une financement par une partie de la famille royale ou par l’Etat lui-même.


http://www.voltairenet.org/article166081.html


Seguin, Finkielkraut, BHL, Sarkozy, Chirac, Pasqua… la liste des "défenseurs intransigeants" des droits de l’homme et de la démocratie qui sont des grands amis de Ben Ali est longue. Et tous de fermer les yeux sur les horreurs du régime Ben Ali parce que c’est si sympa de pouvoir venir y passer ses vacances… et parce que, avant tout, Ben Ali "lutte avec courage contre les islamistes".

Tout comme les dictateurs des républiques bananières pouvaient tout se permettre du temps de la Guerre froide, parce qu’ils "luttaient avec courage contre le communisme", aujourd’hui il suffit de traquer le barbu pour pouvoir spolier, corrompre, massacrer et torturer sans qu’aucun des postillonneurs professionnels n’y trouve à redire. Zemmour dénonce la "dictature" de Chavez, mais va passer ses vacances sans hésiter en Tunisie…

Quand il s’agit de droits de l’homme, l’Occident est d’une hypocrisie totale…

[El Khadra Blog - 02/07/2010]

Campagne internationale contre la torture en Tunisie -   Appel pour le boycott total du régime criminel de Carthage et la rupture des relations politiques et économiques avec lui

Appel à l’arrestation immédiate du Général Ben Ali – actuel usurpateur du pouvoir en Tunisie et son jugement devant le CPI pour crimes contre l’humanité commis en Tunisie entre 1984 et 2010

La torture est un des crimes des plus odieux contre l’humanité. Elle est organisée par l’Etat tunisien est pratiquée de façon systématique et massive dans des dizaines de locaux à travers tout le territoire tunisien, commissariats de police, prisons, et au Ministère de l’Intérieur.

Voici le témoignage que vient de nous envoyer il y a quelques jours une victime de la sauvagerie benalienne. C’est celui de Walid Kammoun, 37 ans, marié à une Italienne et père d’une fille italienne.

Suite aux accords italiens avec l’administration Bush, l’Italie a procédé à l’arrestation massive de musulmans pratiquants pour prouver aux Américains qu’elle lutte activement contre le soit-disant terrorisme. C’est ainsi que Walid a été arrêté en juin 2006, son domicile perquisitionné, son ordinateur passé au peigne fin; on a fini par le relâcher. Mais pour qu’il puisse renouveler son permis de séjour, et après une longue attente, on a fini par lui promettre de le lui livrer à son retour de Tunisie où il envisageait d’aller passer des vacances avec sa famille. Pour lui faciliter ce voyage on lui a fourni un séjour provisoire de courte durée, le temps d’effectuer le voyage. Ce fut en fait un piège organisé avec la police tunisienne.

S’il n’a pas été inquiété lors de son arrivée en Tunisie, c’est à la fin de son séjour et au moment où il s’apprêtait à retourner en Italie que les autorités italiennes lancent à son encontre un mandat d’arrêt international en le traitant dans les medias de grand terroriste qui s’est enfui en Tunisie! Le signal a donc été donné à la police tunisienne de l’arrêter. D’ailleurs, il s’est présenté spontanément à eux au ministère de l’Intérieur à Tunis quand il a appris la campagne médiatique lancée contre lui par les journaux italiens. Mais il a été aussitôt arrêté et là dans les étages de ce ministère de sinistre mémoire, Walid a passé 24 jours d’horreur absolue.

Voici des extraits de son témoignage qui vient de nous parvenir écrit en arabe et en français.

Trois policiers l’ont dévêtu, versé sur lui de l’eau et de matières grasses, et ils l’ont amené au sous-sol, où il a « entendu des personnes en train d’être torturées crier et pleurer comme des femmes, cela a suffi pour que je me mette à pisser sur moi-même, et à pleurer tellement j’avais peur. On m’a mis à terre et on a commencé à me battre sur tout le corps avec des bâtons et des tuyaux metalliques revêtus de plastique. Ils m’ont cassé mon bras et une dent, le sang giclait de partout. Quand je m’évanouis, on m’asperge d’eau et on pisse sur ma tête.

Le troisième jour, interogatoire et torture le jour et la nuit. On m’a mis sur une chaise face au mur, mains et pieds liés, et dès que je tourne la tête ou je ferme les yeux on fait pleuvoir sur moi des coups de bâton et on me giflait. Au bout de trois nuits, mes pieds se sont enflés et ma colonne vertébrale enkylosée, surtout du fait que j’étais opéré de la colonne et je porte une broche métallique. Le jour j’avais les menottes et le soir j’étais attaché à une barre en fer sans pouvoir bouger.

Tous les jours on m’attache une corde pour m’obliger à faire le chien et à aboyer pendant une demi-heure, question de m’humilier. On étaignait les cigarettes sur le corps.

Un jour trois agents m’ont monté au 2ème étage. L’un d’eux était énorme on l’appelait « Bois-dûr ». Après m’avoir dénudé et les pieds et les mains attachés à l’arrière, on m’obligea à m’agenouiller ce qui me provoqua des douleurs atroces. Le « Bois-dûr » s’est assis sur une chaise et a pris ma tête entre ses jambes en m’obligeant à compter jusqu’à mille tout en me frappant le visage violemment avec ses deux grosses mains, mais je me suis vite évanoui. On m’a arrosé d’eau et on a pissé sur ma tête pour me réveiller, avec du sang sortant de mes oreilles et je n’entendais plus rien de ce qu’ils disaient. (en savoir plus…)


Lors de la conférence au Salon international du livre à Genève, Tariq Ramadan a abordé quelques enjeux du conflit israélo-palestinien : le rôle des Etats-Unis, la question religieuse, les divisions palestiniennes, la résistance et la solidarité…
[Michel Collon - Investig'Action - 24/06/2010]

Il y a quelques semaines, nous avons pu observer des tensions entre l’administration Obama et Benyamin Netanyahu sur les nouvelles colonisations à Jérusalem. Est-ce un signe d’un divorce entre Tel Aviv et Washington ?

Toute la question portait sur les colonies de peuplement qui aujourd’hui sont une réalité à Jérusalem et qui continuent. Toute personne sait que les différents gouvernements israéliens ont joué, résolution après résolution, véto après véto (essentiellement américains), sur le temps qui passe, pour une politique du fait accompli : gagner du temps en parlant de paix, gagner du temps en parlant de dialogue et… sur le terrain, on voit que la solution de deux États est mise à mal par la stratégie israélienne, et c’est vrai aussi à Jérusalem.

Obama (malgré son discours du Caire) est allé devant un lobby israélien, l’AIPAC, à Washington, pour leur dire que Jérusalem était la capitale éternelle de l’Etat d’Israël. C’était donc une position qui était une carte blanche pour le gouvernement israélien.

Et Netanyahu devant le même AIPAC a dit « nous ne sommes pas en train de coloniser Jérusalem, c’est une terre qui nous appartient depuis 3000 ans ». Ce premier ministre justifie une action de colonisation par un argument strictement religieux. On nous présente un Etat démocratique et laïque, mais il prend comme argumentaire de sa colonisation un justificatif strictement religieux.

Cette polémique autour de la mosquée al-Aqsa voudrait pourtant nous faire croire qu’il s’agit vraiment d’un conflit entre juifs et musulmans…

On aurait dû entendre tous les Etats européens, tout comme l’administration américaine dénoncer ce discours scandaleux. Ils auraient dû rejeter ce discours religieux qui provient des plus extrémistes de l’échiquier israélien. Et rien n’a été dit ! On a simplement reconnu que le gouvernement de Netanyahu est soutenu par des extrémistes et que lui ne plie pas devant l’administration américaine… Mais derrière ceci et avant tout, ce que nous avons est un justificatif de la politique israélienne par des questions religieuses.

Raison pour laquelle il faut faire deux choses : déconstruire le discours religieux et répondre par un discours politique.

Il ne faut pas rentrer dans le jeu de l’acceptation au nom du discours religieux, mais en venir à une vraie question politique ; ne pas laisser un Premier ministre jouer, quand il veut sur le religieux, et quand il veut sur le politique. (en savoir plus…)


Quelle est la couleur de peau de Madoff, Kerviel, Ken Lay et consorts ? En quoi est-il plus "barbare" de piquer le sac d’une petite vieille  que de piquer 2500 000 000 000 de dollars dans la poche des contribuables…

Coupe du Monde : Alain Finkielkraut moralise le football

[ACRIMED le 24 juin 2010 par Ugo Palheta]

On reconnaît les intellectuels médiatiques à leur capacité, ou plutôt à leur disposition, à distiller leurs lumières sur presque tous les sujets qui saturent – momentanément – l’espace journalistique, y compris lorsque leurs compétences en la matière sont à peu près inexistantes. Alain Finkielkraut est de ces intellectuels qui prodiguent leurs lumières avec une générosité défiant les lois du genre et, dès que l’occasion se présente, c’est le football qui est l’objet de ses prédications.

Un scoop médiatique, une affaire d’Etat

Après le coup de tête de Zidane en finale de la Coupe du Monde (2006), la Marseillaise sifflée lors d’un France-Algérie [1], la main de Thierry Henry qualifiant l’équipe de France pour la Coupe du Monde (2010), la dernière tempête médiatique dans un verre d’eau footballistique a pour objet les propos d’Anelka à la mi-temps du récent match contre le Mexique.

Ces propos dont on ne discutera pas l’élégance auraient été tenus dans le huis clos d’un vestiaire. Mais, scoop sensationnel oblige, ils ont été complaisamment rapportés, sans que les grands moralistes des médias s’en offusquent, en « une » de L’Equipe. On sait que le quotidien sportif choisit avec soin les scandales qu’il jette en pâture à ses lecteurs et à l’ « opinion publique », omettant par exemple les turpitudes de la FIFA [2]

Depuis, la sortie d’Anelka a donné lieu à une abondance d’articles et de commentaires politiques qui n’a d’égale que l’insignifiance des faits rapportés [3], mais lorsque les grands médias s’emparent d’un tel sujet, on voit poindre l’affaire d’Etat. La suite – exclusion d’Anelka, grève de l’entraînement par les joueurs, etc. – confirma, jusqu’à l’overdose médiatique, que tel était bien le cas et qu’on tenait là une grande cause nationale, une grave question de société et… de morale. La promptitude avec laquelle nombre des responsables politiques se sont jetés sur l’ « affaire » illustre le bénéfice que peuvent escompter les gardiens de l’ordre établi de cette circulation circulaire d’une indignation,. Celle-ci serait seulement ridicule si elle ne dissimulait pas, en ces temps de « réforme des retraites, des colères mieux fondées.

En ces circonstances dramatiques, Alain Finkielkraut ne s’est pas dérobé devant ses responsabilités.

Enfin Alain Finkiekraut vint…

Ce dernier fait partie de ces intellectuels qui savent faire preuve de mesure lorsqu’ils s’expriment dans les médias. Mais quand il s’agit de football, il est parfait. Pour ceux qui auraient perdu la mémoire nous avons recueilli en « Annexe » ses précédentes prestations.

Toutes les occasions sont bonnes – y compris donc un match de football – pour asséner le « constat » qui fait son fond de commerce depuis une vingtaine d’années. Si c’est le cas, c’est que celui-ci cherche (et forcément trouve) partout les signes confirmant une lecture de la réalité sociale en termes communautaires, religieux ou ethniques. Cette obsession intellectuelle l’amène à interpréter des phénomènes aussi différents que les émeutes de novembre 2005, les sifflets contre la Marseillaise, les violences en milieu scolaire ou encore la récente défaite de l’équipe de France contre le Mexique, comme les évidents symptômes de « divisions ethniques ou religieuses » menaçant l’unité de la France. Et toutes les occasions sont bonnes pour que les médias accueillent comme un « bon client » un « penseur » si bien ajusté aux débats qui « font polémique ».

Le 20 juin 2010, le Journal du Dimanche publiait le premier les pensées de l’omniprésent. Dans une tribune intitulée « Des sales gosses boudeurs », il proclamait notamment que les joueurs de l’équipe de France « à la différence des autres équipes nationales, […] refusent, en sales gosses boudeurs et trop riches, d’incarner leur nation. […] « Mais – car il y a un « mais » – si cette équipe ne représente pas la France, hélas, elle la reflète : avec ses clans, ses divisions ethniques , sa persécution du premier de la classe, Yoann Gourcuff. Elle nous tend un miroir terrible. Ce qui est arrivé à Domenech est le lot quotidien de nombreux éducateurs et de professeurs dans les cités dites sensibles. Cette équipe renvoie à la France le spectacle de sa désunion et de son implacable déliquescence . » Et de fournir aussitôt un contre-exemple : « Jean-Alain Boumsong, l’un des grands joueurs qui n’ont pas été retenus pour cette Coupe du Monde, en appelle à l’humilité. Il s’exprimait dans une langue irréprochable. On a voulu confier l’équipe de France à des voyous opulents et pour certains inintelligents, il faudra maintenant sélectionner des gentlemen ». Voire des joueurs de golf, auditeurs de France Culture si possible [4].

Le même jour, l’incontournable recyclait sa prédication, presque mot à mot, sur l’antenne d’Europe 1 [5] : « On a le sentiment que la France est invitée à se regarder dans ce miroir, un miroir absolument terrible . Elle y contemple le spectacle de sa désunion, de sa possible [et non plus « implacable »…] déliquescence , et peut-être que tout cela va créer un sursaut et que ce sursaut sera salutaire. […] Il faut prendre acte des divisions qui minent cette équipe, des clans, de ces divisions ethniques, de ces divisions religieuses , de ce joueur exclu parce qu’il est le premier de la classe, des insultes envers un entraîneur au demeurant fort peu compétent, mais qui rappellent trop les agressions dont sont victimes les médiateurs et les professeurs dans les quartiers dits paradoxalement sensibles. Tout ça doit nous amener à une prise de conscience ».

Une défaite de l’équipe de France en Coupe du Monde face au Mexique, une engueulade entre un joueur et son entraîneur, et voilà la France « invitée » par l’intellectuel médiatique à s’interroger sur sa « possible déliquescence », et même sur son « implacable déliquescence » (pour reprendre les mots employés dans le JDD) [6]. (en savoir plus…)


C’est des inconscients, les Iraniens: dans les années 1950, déjà, quand la société pétrolière anglaise avait perdu son contrat d’exploitation, la CIA avait fait tomber le gouvernement élu et mis le Shah au pouvoir… là ils vont se prendre une bombe atomique sur la tête pour leur apprendre à respecter la suprématie occidentale en matière d’approvisionnement énergétique.Israël sert les intérêts de son parrain US (et Européen)

On est dans la droite ligne de ce que Herzl disait déjà dans "L’Etat des Juifs" : "Nous serons le rempart avancé de l’Occident"

Des navires états-uniens et des sous-marins nucléaires israéliens ont pris position dans le Golfe Persique immédiatement après l’accord Iran-Pakistan qui ouvre un couloir énergétique vers l’est

[Manlio Dinucci - Il Manifesto - 23 juin 2010 - Trad. M.A. Patrizio pour Mondialisation.ca]

"Israël déploie des sous-marins armés de missiles nucléaires au large des côtes iraniennes" : c’est ce que titrait le 22 juin le journal israélien Haaretz, en rapportant une enquête du britannique Sunday Times. Selon ce qu’a déclaré un officier israélien, un des quatre sous-marins Dolphin, fournis par l’Allemagne, se trouve déjà dans le Golfe et,  avec ses missiles de croisière à tête nucléaire (portée 1 .500 Kms), il peut atteindre n’importe quel objectif en Iran.

A la fin de la semaine dernière, une imposante escadre navale, composée de plus de 12 bateaux de guerre états-uniens et d’au moins une unité lance-missiles israélienne, avait traversé le Canal de Suez, en se dirigeant elle aussi vers le Golfe Persique : ceci afin  d’augmenter la pression militaire contre l’Iran. La raison n’est pas seulement celle, déclarée ici, d’empêcher Téhéran  de pouvoir un jour se doter d’armes nucléaires.

Il y en a une autre plus pressante : aux débuts de la semaine dernière, Téhéran a signé avec Islamabad l’accord d’une valeur de 7 milliards de dollars, qui lance la construction d’un gazoduc allant de l’Iran au Pakistan.  Un projet qui remonte à 17 ans, jusqu’ici bloqué par les Etats-Unis. Malgré cela, l’Iran a déjà réalisé 900 des 1.500 Kms de gazoduc, du gisement de South Pars jusqu’à la frontière avec le Pakistan, qui en construira 700 autres. C’est un couloir énergétique qui, à partir de 2014, ferait arriver chaque jour au Pakistan depuis l’Iran, 22 millions de mètres cube de gaz. Le projet initial prévoyait qu’une branche du gazoduc arrivât en Inde ; mais New Delhi s’est retirée du projet par crainte que le Pakistan ne puisse bloquer l’approvisionnement.

La Chine est par contre disponible pour l’importation du gaz iranien : la China Petroleum Corporation  a signé avec l’Iran un accord de 5 milliards de dollars pour le développement du gisement de South Pars, en prenant la place du français Total à qui Téhéran n’a pas renouvelé son contrat (tandis que l’italien Eni – Ente nazionale idrocarburi, NdT- continue à opérer dans les gisements de South Pars et de Darquain).

(en savoir plus…)


[ Traduction du livre italien "Zerobubbole" - Janvier 2009]

Une critique des 118 erreurs du DVD « Zéro »


http://www.libertes-internets.net/archives/docs/Zero_Pointe_Pocket.pdf
(Adobe PDF – 1,5 Mo)

Qu’est ce que le groupe Undicisettembre ?
Undicisettembre est un groupe informel, non politisé, de journalistes, techniciens et chercheurs de différents domaines, qui depuis longtemps examine les faits et les hypothèses concernant les attentats du 11 Septembre 2001 pour écarter les thèses incompatibles avec les faits avérés et permettre à toute personne, même adepte de théories alternatives, de mener sa propre enquête, ne pas se lancer sur de fausses pistes et se fonder sur des données réelles. Le site undicisettembre.info a recueilli les résultats détaillés de l’enquête et fournit les sources utilisées à partir desquelles n’importe qui peut vérifier de lui-même ce qui est avancé.

Le groupe Undicisettembre est composé de :

  • Paolo Attivissimo, journaliste informatique, spécialiste de la désinformation dans les médias numériques,
  • John Battista, officier de police judiciaire, 20 ans d’expérience dans les enquêtes relevant du domaine des renseignements, auteur du livre numérique Crono911,
  • Gabriele Borra, chimiste,
  • Roberto Podestà, diplômé de chimie, expert en synthèse organique et calcul statistique,
  • Luca Poggi, diplômé en langues étrangères, traducteur et interprète,
  • Leonardo Salvaggio, diplômé en génie informatique,
  • des pilotes de ligne italiens et étrangers, des pilotes instructeurs, des médecins, des traducteurs, des graphistes et des experts dans d’autres domaines techniques qui pour des raisons personnelles et professionnelles préfèrent garder secrète leur propre identité.

Le groupe peut être contacté par écrit (en italien ou anglais) à undicisettembre@gmail.com.


Clémenceau disait déjà "Quand on veut enterrer un problème, on nomme une commission"… Israël va plus loin et nomme des commissions dont les conclusions sont connues d’avance, vu leur composition… Mais la presse service s’extasie sur "l’impartialité" des ces experts "indépendants"…

David Trimble qu’on nous vend comme un "homme de paix", est un fait un des pires faucons Neo-Cons. Et il ne s’en cache pas. Il n’y a que les journalistes pour ne pas (vouloir) le voir.

David Trimble, ami, juge et partie d’Israël

[Hichem Hamsa - Oumma.com - 16/06/2010]

Mascarade. David Trimble, l’observateur étranger désigné lundi par Tel Aviv pour enquêter sur le crime israélien de neuf citoyens turcs, est en réalité un fervent partisan de l’État d’Israël. Enquête et révélations sur une personnalité sous influence.

Tel Aviv assiégé par l’opprobre du monde. Pour affronter la critique internationale, c’est à l’unanimité que le gouvernement israélien a approuvé avant-hier la nomination des membres de la commission d’enquête chargée d’examiner le déroulement de l’assaut meurtrier, commis par l’armée, contre un convoi humanitaire à destination de Gaza. But officiel de l’opération : élucider les circonstances du raid militaire afin de démontrer sa conformité au regard du droit international. Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, se dit d’ores et déjà « convaincu que l’enquête prouvera qu’Israël a agi en respectant la loi ». Et peu importe le scepticisme affiché par la Turquie, État plaintif dans l’affaire, quant à la crédibilité de la commission nationale : l’ouverture d’une enquête était surtout destinée, selon le chef du gouvernement, à apporter une « réponse convaincante aux États responsables de la communauté internationale ». Aux yeux du Premier ministre , les nombreux détracteurs, à travers la planète, de ce simulacre d’investigation n‘ont aucune importance. Le secrétaire général de l’ONU aura beau se déclarer favorable à une véritable commission d’enquête, internationale et indépendante, Tel Aviv continuera de faire la sourde oreille. D’autant que Washington, Londres et Paris viennent de saluer ce qui est présenté comme une avancée, faisant fi de l’avis du Conseil de Sécurité qui avait pourtant formulé le même vœu que Ban Ki-Moon.

Outre le caractère national du comité chargé de l’enquête, d’autres aberrations ne manquent pas : ainsi, à l’exception du chef d’état-major, les militaires ayant directement participé à l’attaque ne pourront pas être interrogés et le rapport final devra être transmis au gouvernement avant sa publication. Qui sont les membres de cette commission déjà discréditée en raison de sa dépendance à l’égard du gouvernement ? Cinq hommes triés sur le volet : le président, Jacob Terkel, ancien juge à la Cour Suprême et sympathisant de la droite dure israélienne ; Shabtaï Rosen, professeur émérite de droit international qui a participé à l’organisation constitutionnelle de l’État d’Israël ; le général Amos Horev, figure héroïque de l’armée ; et deux observateurs étrangers, aux compétences réduites :le Canadien Ken Watkin, juriste militaire, et le Britannique David Trimble, prix Nobel de la Paix pour son action dans le règlement du conflit en Irlande du Nord.

Au casting de Tony Blair

La participation de ce membre, présenté par les autorités israéliennes comme impartial et indépendant, reflète à elle seule la farce que constitue cette commission d’enquête.

David Trimble, 65 ans, est d’abord une figure irlandaise historique, et controversée,au sein du Royaume-Uni. Ancien militant extrémiste de la mouvance protestante unioniste, alors violemment hostile aux catholiques indépendantistes de l’IRA, l’homme s’est peu à peu assagi avec le temps, au point d’avoir convaincu le parti qu’il dirigeait, l’UUP, à conclure un accord de paix avec la partie adverse, sous la houlette de l’ancien sénateur américain George Mitchell.

C’est cette victoire qui contribua à lui faire remettre, conjointement avec son co-signataire John Hume, le prix Nobel en 1998. Huit ans plus tard, il deviendra pair du Royaume-Uni, avec le titre de baron, avant de rejoindre par la suite le Parti conservateur. Un ralliement qui n’a pas porté ses fruits puisque David Trimble n’a décroché, contre toute attente, aucun poste ministériel à la suite de la victoire, aux dernières élections législatives, de David Cameron. Une déception qui n’aura duré que quelques semaines jusqu’à sa désignation officielle, ce lundi, par le gouvernement israélien, pour rejoindre la commission. La nomination du conservateur serait, selon le quotidien britannique The Guardian, la conséquence d’un lobbying exercé par Tony Blair, l’émissaire du Quartette (Europe, Usa, Russie, ONU) pour le Proche-Orient. L’ancien Premier ministre aurait soufflé son nom à Benjamin Netanyahu.

Une recommandation qui n’a pas dû être difficile à suivre : David Trimble est un ami de longue date de l’État d’Israël. Son dernier geste d’affection remonte au 31 mai : le jour même du crime de neuf Turcs par l’armée israélienne, le futur enquêteur-observateur était à Paris pour inaugurer l’association « L’initiative des amis d’Israël », organisation dont le but est de lutter contre la « délégitimation de l’État d’Israël ». Critère pour faire partie de ce club qui se targue d’être composé de non-Juifs tel l‘ancien Premier ministre espagnol José Maria Aznar : « être convaincu qu’ Israël fait partie intégrante de l’Occident et de son avenir » et s’inquiéter de « l’islamisme radical et d’un Iran nucléaire qui constituent des menaces affectant le monde entier ». (en savoir plus…)


[Gregor Seither - IES News Service - 12/05/2010]

Selon le journaliste Seymour Hersh – qui avait déjà révélé à l’opinion publique les tortures de détenus dans la prison irakienne d’Abou Ghraib par des soldats U.S.- les soldats occidentaux engagés en Afghanistan commettent régulièrement des crimes de guerre en assassinant des prisonniers de guerre désarmés sur le champ de bataille.

A la conférence Global Investigative Journalism qui s’est tenue à Genève, le mois dernier, Seymour Hersh a critiqué l’indifférence du président Barack Obama, face à la question des "corvées de bois" pratiquées par l’Armée U.S.

"Laissez moi vous dire, l’une des grandes tragédies de mon pays c’est que le président Obama ferme les yeux là dessus, parce que des choses tout aussi horribles arrivent aux prisonniers que nous faisons, ceux que nous capturons en Afghanistan," a déclaré Hersh. "Ces prisonniers, on les exécute directement sur place. Il se passe des choses incroyables là-bas et bien sûr, personne n’en parle. C’est toujours la même chose."

"La consigne, sur le champ de bataille désormais, c’est qu’ils disent aux soldats, c’est vous qui devez décider, rapidement, en un jour ou deux, si le prisonnier que vous avez fait, si le détenu, est un Taliban." a expliqué Hersh. "Les soldats ont pour consigne d’extraire le maximum d’informations tactiques immédiates du détenu – contrairement au renseignement stratégique, sur le long terme – et vous devez extraire cette information du prisonnier sans tarder. Et si vous ne pouvez être certain qu’il s’agit d’un Taliban, alors vous devez relacher ce prisonnier."

Ce que cela signifie, et cela m’a été confirmé par cinq ou six personnes, c’est que les soldats, s’ils n’arrivent pas à prouver que le prisonnier est un Taliban, alors, plutôt que de le laisser repartir, ils préfèrent encore lui tirer une balle, bam ! Et si nous n’avons pas envie de nous salir les mains, il nous suffit de remettre les prisonnier aux soldats Afghans qui sont nos auxiliaires. Généralement, nous n’avons pas le temps de nous éloigner de plus de cinq mètres avant que ne retentissent les coups de feu. Et cela se passe de nos jours, en ce moment même.

La vidéo de la conférence de Seymour Hersh a été mise en ligne sur le compte YouTube de  Michael Moore.

Hersh a une longue carrière de journaliste d’investigation derrière lui, ayant travaillé de nombreuses années pour The New York Times. En 1969, c’est lui qui a révélé  le massacre de My Lai au Vietnam.


Quand il s’agit de terrorisme, il faut oublier son rasoir d’Occam et accepter pour argent comptant tout ce que vous disent les autorités… sinon vous êtes un fou, un complotiste, un antisémite, un antiaméricain primaire, un mauvais patriote… bref, un homme/femme à abattre.

Le plus amusant est que les plus virulents "anti-autoritaires", quand il s’agit du 9/11, affirment soudain avoir foi en la version de l’Etat… Puissance du mythe fondateur du XXIè Siècle.

[Pino Cabras - Megachip - 23 Septembre 2009 - traduit par GV pour Reopen 911]

Voici un article paru très récemment sur le site italien Megachip, qui documente et analyse la simultanéité de certains exercices militaires et des agences de Sécurité pendant ou autour de la date du 11 septembre 2001. Pino Cabras, éditorialiste du site Web, nous livre ici une étude précise du cas de l’exercice Tripod II – qui devait se dérouler le 12 septembre 2001 à New York – et nous permet de mieux comprendre les raisons "possibles" de ces curieuses coïncidences de dates et de lieu.

Nombreux étaient les exercices des appareils militaires et de sécurité américains qui se sont déroulés le 11 septembre 2001, que ce soit dans le ciel ou à terre, dans les organisations d’espionnage ou de sécurité, à l’intérieur des gratte-ciel ou en dehors.  Parmi eux, il y avait l’exercice Tripod II, une simulation d’attaque terroriste organisée pour le 12 septembre sur la côte occidentale de Manhattan.

Cette simulation comportait, avant la date du 11/9, l’installation sur un quai “Pier 92” de la rivière Hudson, d’un vaste centre de contrôle et de commandement à l’image de celui du Bureau des urgences de Manhattan (OEM), situé dans le bâtiment 7 du WTC et qui fut détruit lors de son effondrement.

L’OEM fut créé en 1996 par le maire de New York, Rudolph Giuliani, pour gérer la riposte de la ville à d’éventuelles catastrophes, y compris des attentats terroristes à grande échelle.

Dans les 5 années qui ont précédé le 11/9, l’OEM a régulièrement organisé des exercices impliquant toutes les agences : de la protection civile aux organes de sécurité en passant par la FEMA. À chaque fois, les simulations et les équipements étaient en place pendant plusieurs semaines. Des moyens impressionnants étaient mobilisés dans le cadre de mises en scène très réalistes. Rudy Giuliani assistait en personne à la plupart de ces “entrainements” (drills) qui permettaient de tester la ville face à des scénarios de film-catastrophe.

C’est Giuliani lui-même qui décrit le réalisme de ces gigantesques jeux de rôles : “En général nous prenions des photos de ces exercices, d’où il ressortait que le résultat était tellement réaliste que ceux qui voyaient ces clichés nous demandaient quand ces événements s’étaient produits” (extrait du livre Leadership, page 355).
Parmi ces scénarios-cauchemars : des attentats au gaz sarin à Manhattan, des attaques à base d’anthrax, un camion piégé à l’explosif.

Le 11 mai 2001, 4 mois exactement avant les vrais attentats de New York, s’est déroulée dans cette même ville une simulation d’une attaque utilisant la peste bubonique. La mise en scène fut tellement réaliste que l’un des participants déclara qu’« après à peine 5 minutes d’immersion dans cette simulation, tout le monde avait oublié qu’il s’agissait d’un exercice.”

De l’adrénaline pure, dans l’émotion frénétique de ceux qui participaient.  Et pour ces exercices on ne lésine pas sur les moyens. Les agences, à commencer par la FEMA, sont sur place longtemps à l’avance et en repartent bien après le coeur de la simulation. Tout est fait comme si c’était vrai, avec des centaines de personnes à l’oeuvre, en uniforme ou en civil, et qui travaillent pour différentes agences. Les participants, à commencer par Giuliani, nous expliquent que la frontière entre réalité et fiction devient indiscernable, en termes de perception et de moyens mobilisés.

Le cas d’un avion utilisé intentionnellement comme missile n’a pas officiellement été testé lors des simulations de l’OEM. Mais au-delà du fait que cela était envisagé comme cas d’incident “non intentionnel”, des exercices ont quand même été organisés pour des secours consécutifs à un impact d’avion de ligne sur un gratte-ciel. (en savoir plus…)


Il y a dix ans déjà, chez SUN, le PDG Scott McNeally avait interdit l’usage de Powerpoint et les résultats de la société s’étaient améliorés
http://www.libertes-internets.net/archives/20041210.html
..

Par contre, il existe au moins un exemple de présentation Powerpoint qui a bien profité à l’armée U.S…. vous vous souvenez de la prestation de Colin Powell, devant l’ONU, en 2003 ? Une présentation Powerpoint et hop ! Un million de morts

Le Pentagone a un ennemi intérieur : le PowerPoint

[Philippe Gelie - Le Figaro - 29/04/2010]

Ces présentations illustrées dévorent le temps des soldats, pour un résultat qui frôle parfois l’absurde.

L’été dernier, le général McChrystal, commandant des forces alliées en Afghanistan, a eu droit à un étonnant «briefing» à Kaboul. Afin d’illustrer la complexité du pays et des enjeux de l’opération militaire, un de ses officiers a cru bon de composer le graphique reproduit ci-contre : un «bol de spaghettis», selon le New York Times, où se mélangent les priorités de la coalition, les atouts et faiblesses du gouvernement afghan, les groupes rebelles intérieurs et extérieurs, l’entrelacs d’ethnies et de croyances au sein de la population locale, l’état des infrastructures, etc. «Le jour où nous comprendrons ce schéma, nous aurons gagné la guerre», a sèchement réagi le général américain, provoquant l’hilarité de son état-major.

Le «bol de spaghettis» servi au général McChrystal l'été dernier, à Kaboul, pour illustrer la complexité des enjeux de la guerre menée par la coalition.

Le «bol de spaghettis» servi au général McChrystal l'été dernier, à Kaboul, pour illustrer la complexité des enjeux de la guerre menée par la coalition.

L’affaire, d’abord révélée par la chaîne NBC, suscite l’intérêt parce qu’elle illustre jusqu’à l’absurde un travers répandu du sommet à la base du Pentagone. Du patron de la première armée du monde jusqu’au simple lieutenant sur le terrain, aucun plan de bataille, aucune opération, aucun bilan ne peut aujourd’hui être exposé sans l’aide d’un PowerPoint. Le général McChrystal en subirait jusqu’à quinze par semaine à Kaboul.

«Hypnotiser les poulets»

Ce programme informatique, apparu en 1987 et très vite racheté par Microsoft, permet de mettre en tableau n’importe quel problème, projet ou raisonnement. Il est censé contribuer à clarifier ce qui est confus, à simplifier ce qui est complexe. Mais l’élaboration d’une présentation PowerPoint dévore le temps des innombrables responsables qui s’y adonnent, pour un résultat – comme on le voit ici – pas toujours concluant.

Les soldats commencent à se demander si l’exercice ne les détourne pas de leur vraie mission – accomplir ce que préconisent leurs beaux graphiques. «Les PowerPoint nous rendent stupides», a tranché récemment le général James Mattis, commandant des marines, lors d’une conférence en Caroline du Nord où il s’exprimait sans support visuel. «Cet outil, écrit le New York Times, s’est insinué dans la vie quotidienne des chefs militaires jusqu’à atteindre le niveau d’une obsessionCompany Command, un site Internet spécialisé, a demandé au lieutenant Sam Nuxoll en Irak comment il occupait la majeure partie de son temps : «À faire des PowerPoint», a-t-il répondu le plus sérieusement du monde.

Il y a beau temps que des plaisanteries courent sur le sujet dans les rangs de l’armée américaine. On parle de «mort par PowerPoint» pour décrire l’ennui suscité par ces exposés où les tableaux s’enchaînent sur un écran. Mais le général H. R. McMaster y voit carrément une menace intérieure : «C’est dangereux car cela crée l’illusion que l’on comprend une situation et qu’on la contrôle.» Lui avait banni tout PowerPoint de son QG de Tal Afar, au nord de l’Irak, en 2005.

Le PowerPoint garde néanmoins une vertu cardinale aux yeux des militaires : il permet d’occuper avantageusement un «briefing» à la presse - 25 minutes de tableaux, 5 minutes de questions. Les soldats appellent ça «hypnotiser les poulets».


http://www.lefigaro.fr/international/2010/04/29/01003-20100429ARTFIG00347-le-pentagone-a-un-ennemi-interieur-le-powerpoint-.php


Le fantasme sécuritaire, dans sa plus simple expression…

[Alexander Lehmann - Vidéo -Soustitres de Mecanopolis]

Le site de Alexander Lehmann fourmille de petites vidéos géniales :
http://alexanderlehmann.net/


Enfermer des gens pendant des années dans des cages, les torturer, les maltraiter… tout cela malgré le fait qu’on sait parfaitement qu’ils sont innocents ? Ce n’est pas un crime contre l’humanité ? Ahhh, oui, mais c’est vrai… c’est les USA qui font cela, alors nos néo-cons à la française, les Adler, Bruckner, les Kouchner, les BHL, les Glucksman… tous ces grands défenseur de la "liberté" regardent ailleurs. Et puis, de toute façon, ce ne sont que des basanés, musulmans en plus… ils sont coupables par nature, n’est-ce pas Monsieur Alexandre Adler ?

Les révélations de Wilkerson soulignent encore le scandale que fut l’Administration Bush et le fascisme dans lequel s’est enfoncé le peuple US, sous les vivats de leurs admirateurs inconditionnels, comme Sarkozy, Lellouch ou Bauer…

Le "pays de la liberté" a de sérieuses questions à se poser…

[AFP - 09/04/2010]

L’ex-président américain George Bush savait que la majorité des détenus de la prison de Guantanamo étaient innocents mais les a maintenus en détention pour des raisons politiques, affirme l’ex-bras droit de Colin Powell dans un document dont l’AFP s’est procuré copie vendredi.

Lawrence Wilkerson, directeur de cabinet de l’ancien secrétaire d’Etat américain entre 2002 et 2005, raconte dans une déclaration jointe à la plainte d’un ancien prisonnier de Guantanamo comment il a découvert que les détenus de Guantanamo avaient en majorité été arrêtés par erreur.

Dans cette déclaration datée du 24 mars et révélée par le quotidien britannique The Times vendredi, M. Wilkerson affirme que l’ancien vice-président Dick Cheney et l’ex-secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld savaient que la majorité des personnes détenues en 2002 sur la base étaient innocentes mais qu’il était "impossible politiquement de les relâcher".

"J’ai parlé au secrétaire Powell des détenus de Guantanamo. J’ai appris qu’il était d’avis que ce n’était pas seulement le vice-président Cheney et le secrétaire Rumsfeld, mais également le président Bush qui était impliqué dans tout le processus de décision concernant Guantanamo", écrit-il.

Parmi les 742 détenus que le camp de détention accueillait en 2002, "la plupart n’avaient pas été arrêtés par les forces américaines" mais vendus 5.000 dollars par tête aux Etats-Unis, assure M. Wilkerson.

En revanche, "aucun élément à charge n’accompagnait le prisonnier" et "il n’y avait pas vraiment de moyen de savoir pour quelle raison il avait été arrêté au départ".

La déclaration du colonel a reçu l’appui du général Powell, qui a quitté l’administration Bush en 2005, selon le Times.

MM. Cheney et Rumsfeld ne voulaient pas relâcher les "innocents" car cela aurait "révélé la confusion incroyable" qui entourait les conditions de détention à Guantanamo, ajoute-t-il. Le maintien "d’innocents se morfondant à Guantanamo pendant des années était justifié par la guerre contre le terrorisme et le petit nombre de terroristes responsables des attentats du 11 septembre 2001".

M. Wilkerson raconte également combien M. Powell était soucieux de constater que certains détenus de Guantanamo avaient été arrêtés "à 12 ou 13 ans", ou "à 92 ou 93 ans". (en savoir plus…)


Le Monde est impayable ! Quand c’est les "Autres" ce sont des "brutes sanguinaires", mais quand c’est nos copains, alors là on comprend qu’il faille préserver le mental de ces pauvres petit gars…

Allez demander aux Irakiens et Afghans ce qu’ils en pensent de cette "distance psychologique"

[Le Monde - Checklist 08/04/2010]

La bavure de l’armée américaine en questions

La diffusion, en début de semaine, par le site Wikileaks (http://wikileaks.org/) d’une vidéo montrant le raid d’un hélicoptère américain à Bagdad, en 2007 (http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2007/07/12/AR2007071202357.html), qui s’était soldé par la mort de douze personnes, dont deux employés de l’agence de presse Reuters, n’en finit pas de causer des remous sur la Toile.

Ce document, qui montre un groupe d’hommes marchant dans les rues d’un quartier de la ville, puis pris pour cible par les pilotes de l’hélicoptère Apache, suscite quantité de commentaires parmi les blogs (http://latimesblogs.latimes.com/dcnow/2010/04/collateral-murder-video.html).

Et tout particulièrement au sein des blogs (http://atwar.blogs.nytimes.com/2010/04/07/reaction-on-military-blogs-to-the-wikileaks-video/) de militaires.

La diffusion de cette vidéo a également entraîné quantité de réactions et d’analyses parmi les éditorialistes et les experts dans la presse américaine.

Cette attaque était-elle illégale ? interroge un article de Newsweek (http://www.newsweek.com/id/235937), qui rappelle les règles d’ouverture du feu.

Le New York Times (http://www.nytimes.com/2010/04/08/world/08psych.html?ref=global-home), pour sa part, a donné la parole à des experts pour tenter d’expliquer le détachement apparent des deux pilotes au moment de faire feu, perceptible dans la vidéo. Impossible de faire la guerre sans créer une certaine distance psychologique avec l’ennemi, avancent-ils.


Un document de la CIA révèle des plans pour manipuler l’opinion publique européenne au sujet de l’Afghanistan (Rawstory)

[Daniel TENCER - Raw Story - traduit par Le Grand Soir - 29/03/2010]

Secouée par la chute du gouvernement hollandais à cause de l’engagement du pays dans la guerre en Afghanistan, la CIA vient de proposer une stratégie destinée à éviter un éventuel effondrement du soutien à la guerre chez les alliés européens.

Un document marqué « confidentiel / non destiné aux regards étrangers », posté sur le site internet de Wikileaks, propose des stratégies pour manipuler les opinions publiques européennes, particulièrement en France et en Allemagne.

Le document ne propose pas de méthodes directes que la CIA pourrait employer pour parvenir à cette fin – il n’y a, par exemple, aucune référence à la diffusion de propagande dans la presse – mais il énonce ce que l’agence considère comme les axes d’intervention qui pourraient gagner les coeurs et les esprits. Parmi les propositions, le document propose une campagne sur le sort des femmes afghanes auprès de l’opinion publique française, cette dernière ayant démontré sa préoccupation pour les droits des femmes en Afghanistan.

En ce qui concerne l’opinion pubique allemande, le document propose une campagne alarmiste sur l’éventualité d’un échec de l’OTAN en Afghanistan. « L’exposition de l’Allemagne au terrorisme, à l’opium, et aux réfugiés pourrait rendre la guerre plus acceptable pour les sceptiques, » affirme le document.

Le document est disponible sur le site de Wikileaks.
http://file.wikileaks.org/file/cia-afghanistan.pdf
et traduit en français après la publication de cet article par ReOpen911 que l’on remercie au passage. Rapport en français

Le document a été rédigé par un groupe appelé « CIA Red Cell » (cellule rouge de la CIA) qui se définit comme un groupe chargé « d’adopter une approche « prête à l’emploi » qui donnerait des idées et offrirait un point de vue alternatif sur l’ensemble des enjeux ».

« La chute du gouvernement hollandais à cause de l’engagement des troupes en Afghanistan montre la fragilité du soutien européen à la mission menée par l’OTAN, » déclare le document. « Certains états membres de l’OTAN, particulièrement la France et l’Allemagne, ont compté sur l’apathie de leurs opinions publiques sur l’Afghanistan pour renforcer leur participation, mais cette indifférence pourrait se transformer en hostilité si les combats prévus pour le printemps et l’été provoquent une hausse du nombre de victimes militaires ou civiles. »

Le rapport de la CIA souligne que 80% des Français et des Allemands sont opposés à la guerre, mais présente une bouée de sauvetage : l’apathie de l’opinion publique. Grâce à cette dernière, les dirigeants européens ont pu étendre et élargir leur engagement en Afghanistan, malgré une profonde opposition. (en savoir plus…)


Souvenez vous, déjà en 2002, les néo-cons nous expliquaient que les bombardiers US qui rasaient les villages du Panshir étaient en quelque sorte des Gisèle Halimi volantes… Je vous parie ce que vous voulez que Caroline Fourest se voit déjà en chef d’escadrille…

Afghanistan : comment la CIA veut faire pression sur la France

Le document stratégique sur Wikileaks : 
http://file.wikileaks.org/file/cia-afghanistan.pdf

«Instiller un sentiment de culpabilité aux Français pour avoir abandonné" les Afghans. C’est par ce biais qu’un analyste de la CIA suggèrerait de faire pression pour convaincre la France de s’engager plus avant dans le conflit.
Pour cela, il faudrait faire parler les femmes afghanes sur leur peur d’un retour des talibans : "la perspective de voir les talibans écraser les progrès durement arrachés dans des domaines comme l’éducation des filles pourrait provoquer l’indignation des Français, polariser une population française largement sécularisée, et enfin donner aux électeurs une bonne raison de soutenir une cause juste et nécessaire en dépit des victimes" militaires.»…


http://lci.tf1.fr/monde/asie/2010-03/afghanistan-comment-la-cia-veut-faire-pression-sur-l-europe-5788617.html


NdL&I : À la mémoire de Silvia Suppo, victime des tortionnaires de la dictature argentine, témoin du procès des tortionnaires, assassinée avant-hier par les tueurs qui ne veulent pas que la justice soit faite. Les dictateurs meurent tranquillement dans leurs lits, les donneurs d’ordre à Washington recoivent le Prix Nobel de la Paix et font des conférences à 50 000 dollars la soirée, les tortionnaires réclament le droit à l’oubli (en faisant du chantage à la menace de faire basculer à nouveau la "fragile démocratie")… et les victimes pourrissent dans les charniers ou rasent les murs, condamnés à fermer leur gueule… sinon….

[Communiqué du IHEAL- CREDAL - 31/03/2010]

Des voix réduites au silence.  À la mémoire de Silvia Suppo

Silvia Suppo de Destefani était argentine et avait 51 ans. Encore adolescente, elle fut emprisonnée par la dictature militaire en mars 1977, torturée et violée dans le commissariat Cuarta de Santa Fe et dans le centre clandestin de détention connu sous le nom de La Casita, près de Santo Tomé. Enceinte à la suite de ces sévices, elle subit un avortement clandestin afin de « réparer l’erreur » – selon le mot des tortionnaires. Son fiancé de l’époque, Reinaldo Hattemer, séquestré en janvier de la même année, n’a jamais réapparu.

En octobre 2009, Silvia avait témoigné de manière décisive dans le procès qui conduisit à la condamnation pour crimes contre l’humanité de l’ancien juge fédéral Victor Hermes Brusa et de plusieurs tortionnaires de la province de Santa Fe.

(NdL&I : Sur Victor Brusa et les autres petits et grands Eichmann de la dictature argentine, soutenue et armée par la CIA :

http://www.desaparecidos.org/arg/tort/jueces/brusa/eng.html
)

Dans le magasin d’artisanat qu’elle tenait dans le centre de Rafaela, Silvia Suppo a été sauvagement assassinée de neuf coups de couteau au matin du 29 mars 2010. Si la police n’a pas encore officiellement établi les motifs du crime, de nombreux éléments – notamment les menaces qu’elle et d’autres témoins à charge du procès Brusa avaient reçues il y a quelques mois – laissent clairement supposer un règlement de compte consécutif à sa déposition.

À l’heure où beaucoup d’observateurs se réjouissent que l’Amérique latine ait définitivement réintégré le cercle des pays démocratiques après la vague des régimes de sécurité nationale, ce meurtre rappelle l’extrême fragilité de régimes qui peinent à exercer leur droit régalien de justice à l’encontre des bourreaux des années de plomb.

Silvia Suppo était la sœur de notre collègue Hugo Rogelio Suppo, lui-même victime de la dictature argentine, réfugié au Brésil puis en France, docteur en histoire de l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, professeur à l’Universidade do Estado do Rio de Janeiro et professeur invité à l’Institut des Hautes Études de l’Amérique latine en 2009-2010.

Que celui-ci trouve ici l’expression de l’émotion, de la sympathie et du soutien de Mme Marie-Christine Lemardeley, présidente de l’Université Sorbonne nouvelle – Paris 3, de M. Georges Couffignal, directeur de l’IHEAL et tous les personnels de l’IHEAL – CREDAL, profondément révoltés.


http://www.iheal.univ-paris3.fr


[Numéro Lambda - 03/10/2009]

Pour disperser les manifestants en marge du sommet du G20 en Pennsylvanie, les canons à eau ont été remplacés par d’autres types d’armes « non létales » issues de recherches militaires. Par exemple, le LRAC – Long Range Acoustic Device -, qui a fait ses premières armes en Irak en 2006 comme lors du récent coup d’état militaire au Honduras, est présenté dans la littérature comme « un système d’hyperfréquence (qui) peut être dirigé sur un groupe d’individus, entraînant nausées, malaises intestinaux, troubles de la vision et de l’ouïe». Les images qui suivent, prises par des sources indépendantes et diffusées sur Indymedia, révèlent toute cette belle mécanique contre-insurrectionnelle.

`

Notez bien l’autre arme acoustique, plus conventionnelle : la voix synthétique de la police façon Robocop qui gueule : «Le chef de la police de Pittsburg a déclaré ce rassemblement illicite, donne l’ordre à toutes les personnes de se disperser immédiatement. Peu importe les raisons d’être ici, vous devez partir. Si vous ne vous dispersez pas, vous pourriez être arrêté et/ou sujet à d’autres actions policières.» (à partir de 2′45).

lrad-daylight

On aperçoit un peu mieux l’énorme parabole du LRAD en action sur un autre film pris de jour (images de propagande du fabricant ATC – ci-contre).

Pour y voir un brin plus clair, plongeons dans un papier paru à l’automne 2007 dans la revue Cultures & Conflit, fait le point sur ces nouvelles armes anti-émeute (1). Bien sûr, elles profitent, tout comme les drones de surveillance, d’une large inspiration militaire, testé comme il se doit dans les foyers de la résistance en Irak.

La mise en service à titre d’expérimentation en 2006 en Irak, dans le cadre de la politique de contre-insurrection, d’armes comme le Long Range Acoustic Device (LRAD) et l’Active Denial System (ADS) a signé une étape primordiale dans le développement de systèmes antipersonnels de nouvelle génération. (…) Ces systèmes sont actuellement déployés en Irak et font l’objet d’expérimentations actives sur la population civile. Ils ont notamment été testés dans le centre de Bagdad, dans la région de Falloujah et à Camp Bucca.

lrad-4viewsLe canon à ultrasons en action (photo de propagande)

Les armes acoustiques excitent les flics en tous genre depuis des générations, on s’en sert maintenant plus simplement pour virer les ados bruyants des cages d’escalier. Le LRAD, c’est la version hardcore. (en savoir plus…)

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