Manipulation de l'opinion


Il fut un temps ou les Palestiniens étaient l’alibi qui permettait aux régimes totalitaires du monde arabe d’écraser toute dissidence interne, au nom de la lutte contre l’ennemi sioniste.

Aujourd’hui les Palestiniens sont les révélateurs de l’hypocrisie de ces mêmes régimes, qui s’allient avec Israël tout en continuant à brandir la rhétorique combative pour se maintenir au pouvoir.

La contradiction de cette posture sera leur pierre d’achoppement. On peut espérer que, dans un avenir proche, les moujahid sauront régler leur compte à ces ordures compradores et tortionnaires que sont Mubarak en Egypte, Ben-Ali en Tunisie, Hussein en Jordanie, Hassan au Maroc, Assad en Syrie etc etc. etc.

[Mustapha Cherif - Philosophe - Journal l'Expréssion - Algérie - 24/12/ 2009 - Page 14]

Qui viole les conventions humanitaires en infligeant une «punition collective» à un peuple démuni? Israël.
Qui opprime, colonise et bafoue le droit international? Israël.
Qui refuse la paix et sabote tous les efforts diplomatiques? Israël.
Qui résiste en permanence de manière pacifique et souffre le martyre? Le peuple palestinien.

Un an après l’agression meurtrière de Ghaza, les Palestiniens continuent à mourir à petit feu. Etouffés par l’enfermement criminel de la soldatesque sioniste entre les mains de l’extrême droite.

Qui, parmi les puissances étrangères, porte assistance à peuple en danger? Personne.

Qui, parmi les Arabes aide, soutient et tente de délivrer Ghaza des griffes de son bourreau? Personne.

Ghaza en ruine:
Les voies de passage sont au contraire, fermées et filtrées. La situation est tellement tragique que 16 ONG du monde entier, un an après le début des massacres à huis clos, dénoncent la trahison de la communauté internationale. Ce groupe d’organisations humanitaires reproche, à juste titre, au monde entier d’avoir trahi la population de la bande de Ghaza en se montrant incapable de mettre fin au blocus israélien pour permettre l’entrée d’aide à la reconstruction. Ghaza est toujours en ruine.

Ce qui se passe à Ghaza est un signe avant- coureur de ce qui attend les autres peuples demain, s’ils ne réagissent pas.

En effet, l’occupant israélien et ses complices asphyxient les Palestiniens. Ils n’ont autorisé en 2009 l’entrée dans le petit territoire palestinien que d’une quarantaine de chargements de matériaux de construction alors qu’il en faut des milliers pour reconstruire Ghaza, souligne le texte. «Les puissances mondiales ont (…) trahi les citoyens ordinaires de Ghaza», déclare Jeremy Hobbs, le directeur général d’Oxfam international… Ils ont serré des mains et fait des déclarations, mais n’ont réalisé que peu d’actions significatives pour tenter de modifier une politique désastreuse qui empêche la reconstruction, le rétablissement individuel et la reprise économique.

L’agression israélienne, en trois semaines, avait fait 1400 morts, la majorité des femmes et des enfants, et provoqué des dégâts immenses dans le territoire tenu par la résistance de Hamas, peuplé de 1,5 million de personnes.

Ces Palestiniens vivent sans couverture médicale, sans eau et sans électricité la plupart du temps, de par les coupures opérées par les sionistes. Le chômage et la mortalité atteignent des records mondiaux.

Face à la gravité de la situation, les peuples arabes réagissent à peine, émotionnellement, et sont eux-mêmes paralysés de par les despotismes et les contradictions des systèmes internes. Personne n’appelle à la guerre, mais demandent l’arrêt de l’agression d’une population totalement démunie, soumise au blocus et à la féroce répression. Des régimes arabes, malgré leur histoire, sont paralysés par la crainte de voir une seule faction de la résistance, à l’idéologie contestée, profiter de la situation. Prisonniers de visions défaitistes, ils se retrouvent incapables d’une analyse historique qui permet de définir une stratégie.

La tragédie de Ghaza est celle de tous les pays arabes et les atteindra si l’inaction perdure. La priorité est à la mise en oeuvre de nouvelles alliances. L’arme de notre temps est avant tout informationnelle.

Il s’agit de communiquer, de comprendre les enjeux, de soutenir la coexistence entre les peuples, la logique du mouvement de libération, et d’amener les adversaires à s’inscrire dans la négociation sur la base du droit et non point de la loi de la jungle.

Au sein des Palestiniens, pour défendre leur intérêt fondamental, l’indépendance et la liberté, il y a une unité à fonder, une stratégie à concevoir et un coût à assumer. La lutte de libération en Algérie a triomphé sur ces bases.

La résistance palestinienne, durant la sauvage agression, malgré ses limites, a démontré qu’elle est capable de sacrifices. Le monde arabe et musulman, durant des décennies, n’a pas su gérer cette question centrale.

La proposition de paix, adoptée à l’unanimité des pays arabes depuis 2002, fondée sur la normalisation avec Israël, en échange des territoires occupés en 1967, est conséquente. Mais elle restera ignorée si des mesures concrètes ne sont pas prises.

Des régimes arabes et ces dernières années des groupes manipulés, ignorants des réalités du monde, alimentent la peur et la propagande islamophobe, dans le contexte de la mondialisation de l’insécurité. De leur côté, les Israéliens et des Occidentaux ne veulent pas voir l’injustice immonde que subissent les Palestiniens.

Il reste à tirer les leçons pour corriger les points d’aveuglement. Sans correction de l’autisme israélien et occidental, et sans correction des erreurs arabes par des actions constructives, contrecarrer la désinformation au sujet de la cause palestinienne restera une mission impossible, même si Ghaza est le symbole de l’impunité d’Israël.

La guerre perpétuelle s’annonce. La politique du deux poids, deux mesures, au détriment des Palestiniens, a pris des proportions inadmissibles. Elle est contraire aux intérêts des pays occidentaux. Cela ruine leur crédibilité, la sécurité de tous et l’idée d’un ordre mondial juste.

L’Europe n’est pas quitte avec son passé. Des pouvoirs en Occident, traumatisés par le génocide des juifs d’Europe, ont encore mauvaise conscience.

L’instrumentalisation de l’innommable, la Shoah, constitue le socle, du fait qu’Israël se place au-dessus de toute loi. Le sionisme mise sur le souvenir de la Shoah et la peur pour la mise au silence de toute critique à l’encontre de sa politique.

L’Israélien gère l’immense catastrophe qu’a été pour lui la Shoah, par son exploitation pour se réfugier dans l’impunité. La répression du peuple palestinien est le résultat de calculs liés à l’ambition d’hégémonie.

Pour obtenir l’aval de la communauté internationale en vue de coloniser, de réprimer, de dominer; la propagande stigmatise, alimente le «choc des civilisations», diabolise et inculque que tout musulman serait un extrémiste.

Elle fait diversion, même si l’opinion n’est pas dupe et que des courants dénoncent le bellicisme et les crimes de guerre. Comble de la partialité, les Occidentaux décident de désarmer le Palestinien, la victime, le colonisé, et lui demandent de reconnaître son bourreau.

L’Occident dit assurer la sécurité au colonisateur et évite de garantir au colonisé sa libération. Le cynisme a atteint un degré inégalé.

Ghaza impose une question: comment Israël et les USA, et des pays européens consentants, peuvent-ils s’imaginer obtenir sécurité et paix en violant les règles de la guerre et en semant la mort et la haine?

Ce n’est pas un simple aveuglement ou un racisme ordinaire. Israël et ses alliés considèrent que l’obstacle à l’hégémonie des USA et du libéralisme sauvage sur le monde, en premier lieu, est les peuples de culture musulmane.

L’invention d’un nouvel ennemi a pour but, non pas de lutter contre le terrorisme, mais de faire diversion, d’empêcher que les questions des crises et des inégalités que vit l’humanité soient abordées.

Diviser pour régner, multiplier les colonies, rendre irréversible la domination, est la ligne d’Israël, qui ne semble pouvoir exister que dans le bellicisme. Politique systématique de morcellement des territoires occupés, d’apartheid. Ghaza coupée du monde. Israël et ses complices imposent un ordre totalitaire, de murs et de contraintes.

C’est le refus de la réciprocité, base de la civilisation. Le tout est habillé par des stratagèmes et des faits accomplis, au lieu et place du droit international. S’allier, est un impératif. Personne ne peut, seul, faire face aux incertitudes. Dans ce contexte, dialoguer ce n’est point refuser la critique mais comporte des conséquences: droit à la dignité, à la démocratie pour tous.

La solution finale? La violence sioniste empêche de réinventer une nouvelle civilisation, qui fait défaut au monde.

Ce qui se joue en Palestine est l’avenir du droit à la différence, du droit des peuples, même si certains de ceux qui résistent ont une version réactionnaire de la religion et de la politique.

L’Occident ne doit pas se laisser bercer par les avancées significatives qu’il a réalisées, et encore moins influencer par les milieux acquis à la logique de l’exclusion.

Il doit faire le bilan sur son histoire et s’interroger sur les risques qu’il fait courir à l’humanité, de par les inégalités qu’il impose. Le monde musulman, sur le plan externe, ne peut céder face aux agressions, et, au niveau interne, il doit s’interroger sur les dérives des extrémistes «politico-religieux» et l’absence de pratiques démocratiques.

Cette double résistance sera salutaire si elle prend en compte ces enjeux. Ghaza est le trou noir qui appelle à la réflexion vigilante.

C’est une forme de solution finale nazie que les sionistes veulent imposer.

Tous les peuples sont concernés par ce qui se passe à Ghaza. Il est temps de se réveiller. L’Algérie, le pays de Novembre, à la lutte de libération la plus prestigieuse du XXe siècle, est à la fois la terre de la sagesse, de la dignité et de la culture de la résistance. Son parcours est une leçon que tous doivent méditer.

Mustapha CHERIF – Philosophe <intellectuels@yahoo.fr>

L’article du journal Aftonbladet n’était donc pas “une fable antisémite” comme le gouvernement israélien avait prétendu, voulant même forcer le gouvernement suédois à sanctionner le journal qui l’avait publié.Comme quoi, les manoeuvres d’intimidation ne fonctionnent plus !

[The Guardian - 21/12/2009]

Doctor admits Israeli pathologists harvested organs without consent

Israel has admitted pathologists harvested organs from dead Palestinians, and others, without the consent of their families – a practice it said ended in the 1990s – it emerged at the weekend.  The admission, by the former head of the country’s forensic institute, followed a furious row prompted by a Swedish newspaper reporting that Israel was killing Palestinians in order to use their organs – a charge that Israel denied and called “antisemitic”.

The revelation, in a television documentary, is likely to generate anger in the Arab and Muslim world and reinforce sinister stereotypes of Israel and its attitude to Palestinians. Iran’s state-run Press TV tonight reported the story, illustrated with photographs of dead or badly injured Palestinians.

Ahmed Tibi, an Israeli Arab MP, said the report incriminated the Israeli army.

The story emerged in an interview with Dr Yehuda Hiss, former head of the Abu Kabir forensic institute near Tel Aviv. The interview was conducted in 2000 by an American academic who released it because of the row between Israel and Sweden over a report in the Stockholm newspaper Aftonbladet.

Channel 2 TV reported that in the 1990s, specialists at Abu Kabir harvested skin, corneas, heart valves and bones from the bodies of Israeli soldiers, Israeli citizens, Palestinians and foreign workers, often without permission from relatives.

The Israeli military confirmed to the programme that the practice took place, but added: “This activity ended a decade ago and does not happen any longer.”

Hiss said: “We started to harvest corneas … whatever was done was highly informal. No permission was asked from the family.”

However, there was no evidence that Israel had killed Palestinians to take their organs, as the Swedish paper reported. Aftonbladet quoted Palestinians as saying young men from the West Bank and Gaza Strip had been seized by the Israeli forces and their bodies returned to their families with missing organs. The interview with Hiss was released by Nancy Scheper-Hughes, professor of anthropology at the University of California-Berkeley who had conducted a study of Abu Kabir.

She was quoted by the Associated Press as saying that while Palestinians were “by a long shot” not the only ones affected, she felt the interview must be made public, because “the symbolism, you know, of taking skin of the population considered to be the enemy, [is] something, just in terms of its symbolic weight, that has to be reconsidered.”

Israel demanded that Sweden condemn the Aftonbladet article, calling it an antisemitic “blood libel”. Stockholm refused, saying that to so would violate freedom of speech in the country. The foreign minister then cancelled a visit to Israel, just as Sweden was taking over the EU’s rotating presidency.

Hiss was removed from his post in 2004, when some details about organ harvesting were first reported, but he still works at the forensic institute.

Israel’s health ministry said all harvesting was now done with permission. “The guidelines at that time were not clear,” it said in a statement to Channel 2. “For the last 10 years, Abu Kabir has been working according to ethics and Jewish law.”

http://www.guardian.co.uk/world/2009/dec/21/israeli-pathologists-harvested-organs

Dans cette vidéo, ce n’est pas l’humoriste qui est drôle, c’est les gens montent dans le bus…

Enorme : l’humoriste Olivier Perrin, vêtu d’une blouse blanche, armé d’une seringue et protégé par un masque, interpelle les passants dans un quartier de Paris et les oblige à se faire vacciner.Hilarant. Une vidéo de bakchich.info

http://www.dailymotion.com/video/xbi9×8_grippe-a-perrin-vaccine-dans-la-rue_fun

[F. William Engdahl - trad. Nathalie Krieg - Voltaire - 16 /12/2009]
OMS : le « pape de la grippe A » accusé de corruption

On le surnomme « Dr Flu » (Docteur Grippe), le professeur Albert Osterhaus est le principal conseiller de l’Organisation mondiale de la Santé face à la pandémie de grippe H1N1. Depuis plusieurs années, il prédit l’imminence d’une pandémie globale et ce qui se passe aujourd’hui semble lui donner raison.

Cependant, le scandale qui a éclaté aux Pays-Bas et fait l’objet d’un débat au Parlement a mis en évidence ses liens personnels avec les laboratoires fabriquant les vaccins qu’il fait prescrire par l’OMS.

F. William Engdhal relate comment un expert peu scrupuleux a pu manipuler l’opinion publique internationale, surévaluer l’impact de la grippe H1N1, et faire la fortune des laboratoires qui l’emploient.

Dans le courant de cette année, le Parlement néerlandais [1] nourrissait des soupçons à l’encontre du fameux Dr Osterhaus et avait ouvert une enquête pour conflit d’intérêts et malversations. Hors des Pays-Bas et des médias néerlandais, seules quelques lignes dans la très respectée revue britannique Science firent mention de l’enquête sensationnelle sur les affaires d’Osterhaus.

Ni les références, ni l’expertise d’Osterhaus dans son domaine n’étaient remises en question. Ce qui est mis en cause, comme nous l’apprend la revue Science dans une simple dépêche, c’est l’indépendance de son jugement personnel en matière de pandémie de grippe A. Science publiait ces quelques lignes à propos d’Osterhaus dans son édition du 16 octobre 2009 :

« Aux Pays-Bas, ces six derniers mois, il était difficile d’allumer sa télévision sans voir apparaître le célèbre chasseur de virus Albert Osterhaus et l’entendre parler de la pandémie de grippe A. Du moins, c’est ce que l’on croyait. Monsieur Grippe, c’était Osterhaus, le directeur d’un laboratoire de réputation internationale au sein du Centre médical de l’Université Érasme de Rotterdam. Mais, la semaine dernière, sa réputation est descendue en flamme après que des soupçons ont été émis sur sa velléité d’attiser les craintes d’une pandémie dans le but de servir les intérêts de son propre laboratoire dans la mise au point de nouveaux vaccins. Au moment où Science mettait sous presse, la Deuxième Chambre du Parlement néerlandais annonçait même que la question serait débattue en urgence. » [2]

Le 3 novembre 2009, sans pour autant en sortir indemne, Osterhaus avait su éviter les dégâts. Sur le site de Science, on pouvait lire dans l’un des blogs : « La Deuxième Chambre du Parlement néerlandais a aujourd’hui rejeté une motion exigeant que le gouvernement rompe tout lien avec le virologiste Albert Osterhaus du Centre médical de l’Université Erasmus de Rotterdam, qui fait l’objet d’une mise en accusation pour conflit d’intérêts en tant que conseiller gouvernemental. De son côté, le Ministre de la Santé Ab Klink annonçait dans le même temps une loi [3] pour la transparence du financement de la recherche, contraignant les scientifiques à révéler les liens financiers qu’ils entretiennent avec des entreprises privées. » [4]

Dans un communiqué sur le site Internet du Ministère de la Santé, M. Klink, dont on sait qu’il compte parmi les amis personnels d’Osterhaus [5], affirmait par la suite que ce dernier n’était qu’un conseiller du Ministère parmi de nombreux autres sur les questions des vaccins contre la grippe A H1N1. Il s’est aussi dit « au courant » des intérêts financiers d’Osterhaus [6] : ils ne cachent rien d’extraordinaire, simplement le progrès de la science et de la santé publique. Du moins, c’est ce qu’on croyait.

Un examen plus poussé du dossier Osterhaus laisse entrevoir que ce virologiste néerlandais à la renommée internationale pourrait se trouver au centre d’une arnaque mettant en jeu plusieurs milliards d’euros autour de l’idée d’une pandémie. Un système frauduleux dans lequel des vaccins non-testés sont injectés à des humains, au risque —cela c’est déjà produit— de provoquer de sévères séquelles, de graves paralysies, voire des décès. (Lire la suite…)

[Thierry Meyssan - Voltaire - 18/12/2009]

Alors qu’une gigantesque campagne de presse présente le sommet de Copenhague sur les changements climatiques comme celui de la dernière chance pour « sauver la planète », Thierry Meyssan estime que, malgré les apparences, les questions en débat ne sont pas d’ordre environnemental, mais financier. Selon lui, il ne s’agirait pas d’inventer un nouveau modèle de production écologique, mais de relancer le capitalisme anglo-saxon. Dans ce premier article, il souligne la méprise initiale : il n’y a pas, à l’ONU, de consensus scientifique. Simplement parce qu’il ne peut pas y en avoir en un tel lieu.

La venue annoncée de 110 chefs d’État et de gouvernement au sommet de Copenhague sur les changements climatiques semble créditer l’existence d’un consensus international : le climat de la terre se réchaufferait et ce changement serait imputable à l’activité industrielle.

Plutôt que de discuter le bien-fondé ce cette assertion, je voudrais montrer qu’elle n’a pas de base scientifique, mais ressort uniquement de la politique. Je traiterais dans un article ultérieur le profil des responsables actuels de la lutte contre ler échauffement climatique et leurs mobiles.

Pour comprendre ce que signifient les travaux du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) —l’instance de l’ONU qui a élaboré la doxa actuelle et qui a reçu pour cela le Prix Nobel de la Paix au côté d’Al Gore—, il faut observer que c’est la seconde fois qu’une organisation composée d’experts désignés par les États est créée au sein de l’ONU pour dire la Science.

L’IY2KCC

La première expérience de ce type d’organisation est le Centre de coopération internationale pour l’année 2000 (IY2KCC). Son histoire peut nous apprendre beaucoup sur ce qui se passe actuellement à Copenhague.

Dès 1996, l’idée que les logiciels informatiques tomberaient en panne en l’an 2000 a commencé à circuler. Le sénateur républicain Bob Bennett a attiré l’attention de ses collègues sur les implications dramatiques que cela pourrait avoir sur les marchés financiers, à une époque où les transactions boursières sont orchestrées par des programmes informatiques réagissant au millième de seconde à la moindre variation de cours. Le fait que Bennett soit une haute personnalité de l’Église de Jésus-Christ et des Saints des Derniers Jours (« les mormons ») laissait à penser que le danger évoqué n’était peut être qu’une peur millénariste. Cependant, le sénateur fut rapidement soutenu par des « experts ». Bientôt le Federal Financial Institutions Examination Council (FFIEC), qui regroupe les différentes instances fédérales régulant les marchés financiers, décida d’harmoniser ses systèmes informatiques en vue de l’an 2000.

En novembre 1997, Bob Bennett et son collègue démocrate Christopher Dodd présentèrent et firent adopter le Computer Remediation and SHareholder Protection Act (littéralement la loi sur la réparation des ordinateurs et la protection des actionnaires, mais l’important est que cela constitue l’acronyme CRASH Protection Act). Ils écrivirent également au président Bill Clinton pour qu’il prenne le leadership mondial pour résoudre ce problème.

Le vice-président Al Gore s’empara de l’affaire. Il s’était forgé, à tort ou à raison, l’image d’un milliardaire qui s’était engagé à équiper son pays « d’autoroutes de l’information » (c’est-à-dire de réseaux de communication donnant notamment accès à Internet). Il installa à la Maison-Blanche un Conseil présidentiel pour l’adaptation de l’année 2000 (President’s Y2K Conversion Council) [1]. La direction en fut confiée à Josh Koskinen, jusque-là chargé d’élaborer la politique fiscale à l’égard de l’industrie de l’informatique. La dénomination du Conseil utilise un mot ambigu « Conversion » (que j’ai traduis par « adaptation »). Dans le contexte de l’an 2000, il évoque aussi la nécessaire conversion que les chrétiens fondamentalistes doivent opérer pour conjurer la fin des temps. (Lire la suite…)

[William Blum - Le Grand Soir - 11/12/2009]

Que leur arrive-t-il à gauche, à verser leurs larmes sur Obama “le candidat de la paix” qui serait devenu “le candidat de la guerre” ? Où est la surprise ? Voici ce que j’écrivais en août 2008, lors de la campagne électorale :

Obama a menacé, à plusieurs reprises, d’attaquer l’Iran s’ils refusent de faire ce que les Etats-Unis exigent qu’ils fassent sur la plan nucléaire ; il a menacé à plusieurs reprises d’attaquer le Pakistan si leur politique anti-terroriste n’était pas assez ferme ou si un changement de régime devait s’y produire et qui ne serait pas à son goût ; il réclame une forte augmentation de troupes US en Afghanistan et une politique plus dure ; il soutient totalement et sans équivoque Israël comme si ce dernier était le 51eme état de l’union.

Pourquoi quelqu’un serait-il surpris par la politique étrangère d’Obama ? Il n’a même pas interdit la torture, contrairement à ce que ses supporters tentent désespéremment de nous faire croire. S’il fallait encore des preuves, voici un article du 28 novembre du Washigton Post : « Deux adolescents Afghans détenus par les américains au nord de Kaboul cette année ont déclaré avoir été battus par les gardiens américains, photographiés nus, privés de sommeil et maintenus en isolement dans des cellules en béton pendant au moins deux semaines tout en étant soumis à des interrogatoires sur leurs supposés liens avec les Taliban. » Ceci n’est que le dernier exemple en date de la continuation de la torture sous la nouvelle administration.

Mais les défaillances de Barack Obama et la naïveté de ses fans n’est pas le point important. Le point important est la continuation de l’escalade de la guerre américaine en Afghanistan, fondée sur un mythe selon lequel les personnes que nous qualifions de « Taliban » sont liés à ceux qui ont attaqué les Etats-Unis le 11 septembre 2001, que nous qualifions généralement d’ « Al Qaeda ». (Lire la suite…)

[Eric Alterman - Le Monde Diplomatique -  Décembre 2009]

Est-il possible de contrer le lobby le plus bruyant ? Des Juifs américains contre la droite israélienne

Les efforts du président Barack Obama pour relancer le processus de paix au Proche-Orient se heurtent au refus du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou d’arrêter la colonisation. Pourtant, résoudre le conflit israélo-palestinien reste au centre de la stratégie de l’administration américaine dans la région. Son succès pourrait dépendre, en partie, de l’influence d’un nouveau lobby juif opposé à la politique de la droite israélienne dont la première convention s’ouvre le 25 octobre.

Quand le président américain Barack Obama a reçu seize dirigeants d’organisations juives, à la Maison Blanche, en juillet 2009, la liste des invités comprenait des habitués — les présidents et présidentes de vieilles structures conservatrices telles que la Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations, l’Anti-Defamation League (ADL), l’American Jewish Committee et, bien sûr, l’âme du lobby pro-israélien, l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac). Mais on comptait aussi un nouveau venu : M. Jeremy Ben-Ami, directeur exécutif du nouveau lobby juif pacifiste J Street (1).

Cette présence n’était certainement pas du goût de tout le monde. Dans les publications favorables au courant dominant et néoconservateur des organisations juives, J Street suscite aussi peu de sympathie que le Hamas. Ainsi, dans les colonnes de Commentary, Noah Pollak a jugé l’association « méprisable », « malhonnête » et « anti-israélienne » ; James Kirchick, du New Republic, l’a qualifiée de « lobby de la capitulation » (surrender lobby) ; Michael Goldfarb, du Weekly Standard, l’a accusée d’être « hostile » à Israël et de « lécher les bottes » des terroristes. Ce langage trahit la panique régnant chez ceux qui craignent que l’apparition de J Street, concomitante à l’élection de M. Obama, puisse signifier le commencement de la fin de ce qui fut autrefois leur quasi-mainmise sur la formulation de la politique américaine au Proche-Orient.

S’agissant du conflit israélo-arabe, une question s’impose d’emblée : pourquoi la politique américaine diffère-t-elle tant de celle des autres nations, et particulièrement de ses alliés européens ? La relation stratégique des Etats-Unis avec Israël est plus onéreuse qu’aucune autre pour la nation américaine, autant sur le plan humain que financier. Non seulement elle coûte aux contribuables trois milliards de dollars par an en aide, mais elle attise la haine dans la plupart des pays musulmans et nourrit la violence antiaméricaine à travers le monde. Aucune autre capitale, excepté Tel-Aviv bien sûr, ne perçoit le Proche-Orient dans les mêmes termes que les Etats-Unis : Israël est un « agresseur agressé » et les Palestiniens des « agresseurs irrationnels ». Pourtant, si controversée soit-elle, cette politique perdure, immuable, d’une administration à l’autre, d’un Congrès à l’autre.

C’est le reste du monde  qui se trompe

Les partisans américains de la ligne dure israélienne — en grande partie des chrétiens évangélistes, en plus d’une base juive néoconservatrice — ne perçoivent aucun problème dans cette singularité de la politique de Washington. Selon eux, l’attitude européenne est dictée par un antisémitisme (chrétien) traditionnel mâtiné d’un désir d’apaiser les régimes arabes producteurs de pétrole. Ajoutez à cela le fait que les médias européens, présentés comme antisémites, prennent toujours le parti des opprimés — les Palestiniens étant par erreur considérés comme tels — et vous expliquez ce penchant propalestinien. La position américaine relève donc de l’évidence : c’est le reste du monde qui se trompe.

De tels arguments ne constituent qu’une des raisons, mineure au demeurant, pour lesquelles Israël a toujours le dessus au Congrès. L’autre tient à la puissance de l’Aipac — avec ses organisations auxiliaires —, dont l’influence et le pouvoir n’ont tout simplement rien de comparable avec aucun autre lobby de politique internationale (ni d’ailleurs de la plupart des autres groupes de pression).

Malgré les récents revers que l’Aipac a subis — les poursuites engagées en 2005 (maintenant abandonnées) pour espionnage contre deux de ses anciens hauts responsables, MM. Steve Rosen et Keith Weissman (2) ; la publication du livre de John Mearsheimer et Stephen Walt, Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine (traduit en français par La Découverte) —, on peut trouver une preuve de la puissance de l’Aipac dans le désistement forcé de M. Charles Freeman, un « arabiste » typique, candidat à la présidence du Conseil national du renseignement (National Intelligence Council, NIC) de l’administration Obama. Bien qu’une virulente campagne ait été orchestrée contre lui — un journaliste l’a même accusé de liens avec des pédophiles —, l’Aipac a prétendu qu’il n’était pour rien dans cette entreprise de déstabilisation. Peut-être, mais sa puissance est telle que le groupe de pression peut contrarier les souhaits du président sans même avoir à mener campagne. Comme l’a écrit Jonathan Freedland dans The Guardian, même quand quelqu’un « écarte la mythologie du “lobby israélien”, ce qui est réel suffit pour inquiéter (3). »

Si certaines personnes ont voulu saboter cette candidature, c’est pour deux raisons qui ne s’excluent pas. Soit elles sont profondément et sincèrement soucieuses de savoir qui analyse les renseignements américains, parce qu’elles craignent que M. Freeman ne rende plus difficile une attaque américaine ou israélienne contre l’Iran (comme l’a fait le rapport publié par le National Intelligence Estimates en 2006  (4), qui affirmait que Téhéran n’avait plus de programme nucléaire militaire). Soit elles souhaitent avertir tout fonctionnaire potentiel des risques pesant sur sa carrière en cas d’opposition à leur vision d’une politique favorable à Israël — quand bien même ce fonctionnaire n’aurait pas de rôle à jouer dans l’élaboration de ladite politique. La communauté pro-Israël voulait la peau de M. Freeman ; elle l’a eue.

Nombre de Juifs américains ont beau s’en remettre au jugement de leurs représentants officiels, ils n’adhèrent pas pour autant à la ligne dure de l’organisation. Selon de récents sondages réalisés par J Street, les Juifs américains sont favorables (dans une proportion de 76 % contre 24 %)à la solution de deux Etats et à un accord final entre Israéliens et Palestiniens conforme aux termes des négociations qui ont failli aboutir il y a huit ans à Camp David et à Taba (5) — une approche systématiquement condamnée par l’Aipac. Et tandis que le lobby est resté silencieux sur la nomination du ministre des affaires étrangères israélien, raciste et revanchiste, Avigdor Lieberman, la majorité des Juifs américains, selon J Street, ont rejeté (69 % contre 31 %) ses positions, alors qu’il voulait imposer aux citoyens arabes israéliens un serment de loyauté à l’Etat juif et qu’il avait proféré des menaces contre des députés arabes israéliens.

Qui plus est, les Juifs américains restent progressistes alors que l’Aipac est dominé par des néoconservateurs. Lors de l’élection présidentielle de novembre 2008, les Juifs ont soutenu loyalement les démocrates et ont voté pour M. Obama dans une proportion de quatre contre un. D’où ce paradoxe : des organisations comme l’Aipac, financées par des Juifs progressistes, s’entendent désormais avec des conservateurs républicains pour dénigrer ces mêmes démocrates progressistes…

Sur le plan générationnel aussi, la nouvelle approche de J Street arrive à point nommé. Comme l’explique M. J. Rosenberg, qui a récemment démissionné de l’association pacifiste Israel Policy Forum, l’Aipac est dominé par « des gens beaucoup plus âgés », mais « leurs enfants et petits-enfants ne partagent pas [leurs] idées. Plus nous nous éloignons de la seconde guerre mondiale, plus il est difficile de susciter la peur chez les jeunes afin de les pousser à soutenir Israël. Ils soutiendront Israël s’ils croient en lui et si Israël les y exhorte. Mais toutes ces stratégies basées sur la peur, du type “il faut signer des chèques parce qu’il va y avoir un nouvel holocauste”, ne marchent pas avec les moins de 60 ans. Les gens qui ont manifesté contre la guerre du Vietnam dans les années 1960 ne tomberont pas dans le panneau du “retour d’Hitler” ».

Et il ajoute : « La popularité d’Israël auprès des Juifs américains a chuté depuis 1977, suite à la nomination de [Menahem] Begin au poste de premier ministre. On leur a vendu une certaine image d’Israël, l’Israël de Leon Uris (6), du kibboutz et du paradis socialiste. Cela a totalement changé aujourd’hui. »

Qui plus est, alors que les Israéliens restent beaucoup plus populaires que les Palestiniens — selon une enquête réalisée durant la guerre de Gaza, 49 % des Américains avaient plus de sympathie pour Israël que pour les Palestiniens (11 % seulement préféraient ces derniers) —, cette empathie est beaucoup plus forte chez les conservateurs (avec une proportion de sept contre un) que chez ceux qui se disent progressistes (où la proportion tombe à trois contre deux).

J Street cherche à employer une partie des techniques de buzz marketing (7) du groupe de pression progressiste Move On.org et de la campagne de M. Obama afin que l’influence politique juive à Washington soit en phase avec les positions actuelles des Juifs américains. S’il est encore trop tôt pour juger de son impact, l’organisation se développe très rapidement. Depuis sa création il y a dix-huit mois, elle s’est dotée d’un budget de trois millions de dollars et emploie vingt-deux personnes. Rien de comparable avec l’Aipac et son budget de 70,6 millions de dollars, mais le démarrage est prometteur. Un million de dollars a déjà été récolté afin de favoriser les campagnes électorales à venir des candidats au Congrès attachés à une paix juste au Proche-Orient.

Des voix qui montent à l’unisson

J Street a conjugué ses efforts avec des structures plus petites — dont beaucoup ont été durement frappées par la baisse des donations de nombreuses organisations de centre-gauche depuis la crise économique et le départ des républicains de Washington (l’hostilité à M. George W. Bush ouvrait autrefois nombre de chéquiers). Il a également absorbé certaines d’entre elles et, de ce fait, rationalisé les efforts communs. Sa première convention nationale, qui doit se dérouler du 25 au 28 octobre 2009, réunira onze groupes pacifistes, dont des associations plus établies comme Americans for Peace Now, Israel Policy Forum et le New Israel Fund. J Street a absorbé l’Union of Progressive Zionists en octobre 2008, accédant ainsi à un réseau, petit mais dévoué, d’étudiants juifs pacifistes.

Selon de récentes informations, il s’apprête aussi à prendre le contrôle de Brit Tzedek v’Shalom, une organisation de Juifs progressistes constituée à l’échelon local qui déclare compter quarante-huit mille militants bénévoles dans le pays. A Washington, il a franchi un pas important et accru son crédit en embauchant M. Hadar Susskind, un vétéran de l’armée israélienne, longtemps vice-président et directeur du Jewish Council for Public Affairs, composé de Juifs américains qui se consacrent aux problèmes intérieurs.

Beaucoup dépendra de la manière dont les médias, juifs et laïcs, choisiront de couvrir la prochaine convention de J Street. M. Ben-Ami explique que l’un de ses premiers objectifs est de démontrer une bonne fois pour toutes que le camp de la paix juif « ne se résume pas à dix personnes se réunissant dans une cave ». Peu de temps avant de démissionner de son poste (et d’être inculpé), l’ancien premier ministre israélien Ehoud Olmert avait prévenu : « Si la solution de deux Etats s’effondre, Israël se verra confronté à un combat pour les droits civils comme en Afrique du Sud. » Si cela devait se produire, a-t-il prévenu, « l’Etat d’Israël est fini (8) ».

La capacité de M. Obama à préserver Israël de ce destin — et à offrir aux Palestiniens une autodétermination nationale significative, en imposant les concessions territoriales nécessaires, dépend peut-être du succès de ces voix autrefois solitaires.

http://www.monde-diplomatique.fr/2009/10/ALTERMAN/18195

[Sébastien Fontenelle - Les Mots sont importants - 16/12/2009]

« Un Gala pour les riches », Quelques aventures de Laurent Joffrin

Ses employeurs changent, un peu : il prend le pli d’effectuer, à intervalle régulier de quelques années, des rotations entre la rédaction du Nouvel Observateur, sise place de la Bourse, à Paris, et celle de Libération, près de la place de la République. Mais qu’importe que son environnement soit boursier ou républicain : Laurent Joffrin est, assurément, l’homme d’une absolue fidélité au capitalisme. Le doute, il est vrai, le saisit parfois, comme il arrive dans toute idylle : l’amour (du capitalisme), on le sait bien, ça s’en va et ça revient – l’important étant, bien sûr, que ça revienne.

En 2001, par exemple, dix-sept ans après la parution de La Gauche en voie de disparition, il confectionne un autre essai, Le Gouvernement invisible, non moins burlesque, mais (un peu) moins hystériquement reagano-thatchérien. Sa thèse, précise-t-il dès l’abord, n’est certes pas de « réinventer l’ancien marxisme-léninisme » – on a eu chaud. Mais tout de même, l’auteur, donnant l’impression d’être frappé d’un accès de gauchisme, entrevoit que

« sous la poussée du capitalisme nouveau [qui était pourtant, dix-sept ans plus tôt, l’“avenir de la gauche”], le pouvoir s’est privatisé ».

L’ouvrage reçoit en 2002 le « prix du livre politique », d’un montant de 5 000 euros, distinction fameuse décernée par un jury de journalistes.

(Où siège, notamment, au jour où ces lignes sont écrites, un certain… Laurent Joffrin : le monde est, certaines fois, d’une rondeur qui réjouit.)

Quatre ans plus tard, en avril 2006, nouvelle publication : il s’agit d’une ambitieuse Histoire de la gauche caviar, où l’auteur semble cette fois-ci complètement oublier que lui-même n’a cessé depuis vingt ans de clamer que le capitalisme était l’avenir du socialisme et relève, étonné, que la gauche a trop largement succombé au chant des sirènes du marché, avec ce résultat que, du coup :

« À l’inverse des expériences du passé, elle a été incapable de réduire le chômage, de vaincre l’exclusion, d’assurer l’égalité des chances »…

… pour la simple et bonne raison qu’elle a, horreur…

« oublié le peuple ».

À noter que Laurent Joffrin, à ce moment-là, dirige, pour quelques mois encore, la rédaction du Nouvel Observateur. Hebdomadaire « de gauche » qui, justement, fait au mois de mai 2006, dans ses pages dédiées aux « choses de la vie », la réclame de quelques montres un peu originales, comme

- le modèle Calisson, de chez Cartier, à 32 300 euros

- ou le modèle Reflet Icare Medium, de chez Boucheron, nettement plus accessible aux smicards, puisqu’il ne coûte que 23 100 euros.

En clair : pendant que l’essayiste Laurent dénonce une gauche coupée du peuple, Joffrin, l’homme de presse, continue de confectionner un hebdomadaire que lui-même présente volontiers comme un « Gala pour les riches ». Mais que serait l’éditocratie, sans ses minimes contradictions ? (Lire la suite…)

Al Qaeda créée par la CIA recherchée par le FBIAl Qaeda A Tué Majoritairement Des Musulmans

[Planète Non Violence - Mireille Delamare - 16/12/2009]

Comment expliquer que la majorité des victimes d’al Qaeda sont des Musulmans et non pas des non Musulmans comme certains s’évertuent depuis des années à le faire croire. Une étude récemment publiée aux US le prouve.

Une nouvelle étude du Combatting Terrorism Center (CTC) américain montre que la grande majorité des victimes d’al Qaeda sont en fait des coreligionnaires.

Entre 2004 et 2008, al Qaeda a revendiqué la responsabilité de 313 attaques, provoquant la mort de 3010 personnes. Et bien que ces attaques aient inclus des attentats commis en Occident tels celui de Madrid en 2004 et celui de Londres en 2005 seulement 12% des tués (371) étaient des Occidentaux.

Ce nouveau rapport du CTC – qui fait partie de l’Académie Militaire des US à West Point, New York- jette un éclairage particulièrement surprenant sur l’identité des victimes d’al Qaeda. Intitulé «Deadly Vanguards : A Study Of al-Qaeda’s Violence Against Muslims » ce rapport regroupe des données et chiffres qui parlent d’eux-mêmes. La grande majorité des victimes d’al Qaeda sont des Musulmans et les auteurs du rapport affirmant avoir utilisé une méthodologie très stricte ont admis que celui-ci omettait probablement de mentionner un certain nombre de victimes musulmanes.

Les chercheurs ont seulement compté les attaques dont al Qaeda a revendiqué la responsabilité. Mais c’est bien connu qu’al Qaeda ne revendique pas systématiquement tout attaque perpétrée ce qui implique que de nombreuses victimes n’ont pas été comptabilisées dans ce rapport. De plus, les chercheurs n’ont inclus que les attaques rapportées par les médias arabes et se sont appuyés sur les chiffres que ces derniers fournissaient, considérant que les médias arabes sont plus crédibles dans le monde musulman que les médias occidentaux ce qui en fait n’est pas toujours le cas.

Entre 2006 et 2008, les non Occidentaux ont couru un risque 38 fois supérieur à celui des Occidentaux d’être tués dans des attaques d’al Qaeda. Les auteurs du rapport le justifient en disant que :

« Comme al Qaeda a des capacités limitées pour frapper ses ennemis occidentaux, le groupe maintient sa capacité de nuisance en attaquant dans des pays à majorité musulmane »

Cette justification est quelque peu douteuse.

Cette étude réalisée par une organisation qui fait partie de l’école militaire américaine, intéressante de par les chiffres et constatations qu’elle fournit, ne peut que pousser à s’interroger une fois de plus sur qui est derrière al Qaeda.

S’il est vrai que depuis les attentats du 11 Septembre aux USA les mesures de sécurité ont partout été renforcées au point que les libertés individuelles ont largement et globalement régressé, il n’en reste pas moins que le fait que ce soit majoritairement des Musulmans qui aient été tués vient renforcer la thèse d’une manipulation des services secrets occidentaux – principalement de la CIA – de la nébuleuse d’al Qaeda.

A l’origine d’al Qaeda il y a la CIA, Ben Laden ayant été un agent de la CIA pour lutter contre l’occupation soviétique en Afghanistan. Les Soviétiques partis d’Afghanistan, que sont devenus les combattants d’al Qaeda ? Certains affirment qu’ils ont migré vers la Somalie et le Soudan et qu’il resterait à l’heure actuelle environ une centaines de ces combattants en Afghanistan. Pas de quoi justifier une intensification de la guerre en AFPAK, l’envoi de 34 000 troupes US supplémentaires en Afghanistan, plus environ 7000 soldats de l’OTAN. L’offensive militaire US et de leurs alliés contre l’Afghanistan, que le CSONU a justifié après les attaques du 11 Septembre, était justement basée sur le fait que ce pays servait de refuge à cette nébuleuse d’al Qaeda soit disant responsable de ces attaques. Aucune enquête indépendante sérieuse n’a été jusqu’à ce jour menée, les gouvernements américains successifs de même que l’ONU par sa passivité y faisant constamment obstacle.

Alors qui est réellement derrière al Qaeda, cette organisation qui vise majoritairement des Musulmans ?

En parallèle, fait également troublant, ce sont principalement des pays musulmans qui sont visés dans des guerres « contre le terrorisme » « sans fin » « de nécessité » selon la terminologie du moment choisie par les pays occidentaux, attaqués détruits et ruinés comme cela a été le cas de l’Irak, de l’Afghanistan, et peut être demain de l’Iran si la société civile, et en premier lieu celle des pays musulmans, premiers visés, ne s’élèvent pas plus fermement contre ces croisades sanguinaires certainement plus sanguinaires que les attaques de la nébuleuse d’al Qaeda. Encore faudrait- il que ces pays musulmans cessent de tomber dans le piège permanent de la culpabilisation et de l’auto dénigrement que les pays judéo-chrétiens occidentaux leur tendent inlassablement ces derniers projetant sur eux leur mauvaise conscience de colonisateurs insatiables.

http://www.planetenonviolence.org/Al-Qaeda-A-Tue-Majoritairement-Des-Musulmans_a2069.html

A qui profite l’interdiction des minarets en Suisse ?

[Théo Von Büren - Mécanopolis - 30 nov 2009, par Mecanopolis]

Rarement une votation populaire n’avait soulevé une telle vague de passions. De mémoire, seules les votations historiques sur les questions liées à nos relations avec l’Union Européenne avaient su susciter tant d’émois, et l’objet en était certes autrement plus digne de polémique.

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En Suisse, la cinquantaine d’enseignes du Mc Donald’s plantées à 15m du sol, symboles de la néo-culture américaine, ne semblent pas poser problème. Quatre minarets pour 400′000 musulmans, oui.

À première vue, l’on pourrait s’amuser de la tournure des débats. D’un côté, assistons au délire de l’UDC, qui a laissé libre cours à sa paranoïa en brandissant le spectre d’une “islamisation” de la Suisse. Nous pourrions effectivement moquer cette analyse saugrenue en rappelant que les musulmans représentent à peine 5% de la population suisse et que la plupart d’entre eux sont issus de territoires à forte tradition laïque (Balkans, Turquie). D’autre part, les opposants à l’initiative n’ont su opposer qu’un argumentaire geignard, droitdelhommiste et compliqué d’arguties juridiques. Nous furent servis de savants avis de droit qui ont argué de cette initiative la violation de la Convention Européenne des Droits de l’Homme. À cet égard, il faut affirmer avec force que rien n’est plus légitime que la décision souveraine et démocratique d’un peuple libre et indépendant, et que rien ne saurait y être opposé !

La signification véritable de cette initiative a donc été largement éludée. Car l’initiative anti-minarets n’est qu’une étape de plus dans la diabolisation de l’Islam qui a cours depuis le 11 septembre 2001. La dernière affiche en date de l’UDC, représentant les trois conseillères fédérales voile accompagnées de citations misogines de Mahomet (la droite “conservatrice” jouant la carte du féminisme, il fallait vraiment qu’ils manquent d’arguments !), montrent bien que cette question des minarets n’est qu’un prétexte, un leurre grossier pour tenter, une fois encore, de monter les citoyens les uns contre les autres sur la base d’une querelle vidée de son sens. Le sens politique de cette stratégie est très clair, et elle n’est pas le propre de l’UDC. De nombreux partis à travers toute l’Europe ont trouvé dans l’islamophobie un fonds de commerce particulièrement rémunérateur, et ces partis – comme par hasard – sont presque tous engagés sur la ligne libérale, suivant ainsi le modèle américain jusque dans ses paranoïas et ses délires huttingtoniens. Il ne s’agit au fond que de la banale stratégie du bouc émissaire, qui vise à fédérer la communauté nationale qui se délite contre un ennemi commode fabriqué de toutes pièces pour la circonstance. Après le juif et le communiste, c’est aujourd’hui le tour du musulman d’incarner la cinquième colonne infiltrée dans notre société pour la subvertir.

Il est tout à fait vrai que le lien social s’effiloche, que l’amour de la patrie est aujourd’hui regardé d’un œil soupçonneux par la police de la pensée, que les valeurs traditionnelles sont battues en brèche par les marchands du temple et que l’identité nationale est l’objet de tous les contresens. Pourtant, on est en droit de se demander si l’Islam est responsable de cette situation déplorable. Albert Camus disait fort justement que mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. Nous serions tentés d’ajouter que mal nommer son ennemi, c’est faire le jeu objectif de ce dernier.

Car l’islamophobie ambiante n’est qu’une stratégie du leurre, un rideau de fumée masquant les nuisances du véritable ennemi : le libéralisme. C’est l’individualisme jouisseur promu par la société de consommation qui est responsable du délitement des valeurs morales. Qui passe sur nos écrans, s’affiche sur nos murs et tente chaque jour de faire sa place dans nos préaux, Paris Hilton ou Mahomet ? Comme l’a relevé le socialiste Didier Berberat il y a quelques semaines lors d’un débat à Neuchâtel (en présence de Tariq Ramadan et de Dominique Baettig), si l’on doit légitimement avoir peur des symboles d’une nouvelle colonisation rampante, alors commençons par démonter les centaines de McDonald’s qui se sont imposés dans toutes les régions de notre pays ! Comme nous l’avons dit plusieurs fois, ceux qui, dans les quartiers à forte présence immigrée, amènent le désordre, la violence et la délinquance, ne sont pas des musulmans en puissance – ce sont, au contraire, des “Américains en puissance”, shootés à la propagande télévisuelle de l’argent facile, du repli égotiste et du communautarisme.

C’est la logique libérale qui est derrière ce libre-échange qui affaiblit les nations et les réduit à l’état de coquille vide. Qui empiète sur la souveraineté des Etats-Nations et leur impose des politiques néfastes ? Le grand Califat ou bien les instances antidémocratiques de la gouvernance mondiale (OMC, FMI, UE) ? Qui est responsable de la misère du tiers-monde et pousse à l’immigration massive des peuples du Sud vers les pays du Nord ? Est-ce le fruit d’un complot ourdi dans une grotte pakistanaise ou bien le résultat de politiques néo-impérialistes menées par les pays occidentaux ?

Répondre à ces quelques questions, c’est comprendre que l’Islam est un faux problème. L’islamophobie est un symptôme, et non un remède.

http://www.mecanopolis.org/?p=11360

«Promesse électorale de Nicolas Sarkozy, la création d’un ministère chargé de l’Immigration et de “l’Identité nationale” a introduit dans notre pays un risque d’enfermement identitaire et d’exclusion dont on mesure, chaque jour depuis deux ans et demi, la profonde gravité. Très officiellement, des mots ont été introduits sur la scène publique, qui désignent et stigmatisent l’étranger – et par ricochet, quiconque a l’air étranger. Réfugiés et migrants, notamment originaires de Méditerranée et d’Afrique, et leurs descendants, sont séparés d’un «nous» national pas seulement imaginaire puisque ses frontières se redessinent sur les plans matériel, administratif et idéologique.

«Qu’a fait naître ce ministère? De nouveaux objectifs d’expulsion d’étrangers (27 000 par an), des rafles de sans-papiers, l’enfermement d’enfants dans des centres de rétention, le délit de solidarité, l’expulsion des exilés vers certains pays en guerre au mépris du droit d’asile, la multiplication des contrôles d’identité au faciès, enfin la naturalisation à la carte, préfecture par préfecture, qui rompt avec le principe d’égalité…

«Dans cette fissure de la République se sont engouffrés nos dirigeants. Par des propos inadmissibles dans une démocratie, banalisés et désormais quotidiens, ils légitiment tous les comportements et les paroles de rejet, de violence, et de repli sur soi. Nous ne sommes pas ici face à des “dérapages” individuels. En réalité, ces propos sont la conséquence logique d’une politique que le gouvernement souhaite encore amplifier sous le couvert d’un “débat” sur l’identité nationale. Nous sommes ainsi appelés à devenir coauteurs et coresponsables du contrôle identitaire sur la France.

«La circulaire ministérielle adressée aux préfectures pour encadrer le débat lance une interrogation : “Pourquoi la question de l’identité nationale génère-t-elle un malaise chez certains intellectuels, sociologues ou historiens ?” La réponse est simple. Nous ne pouvons pas accepter que le regard inquisiteur d’un pouvoir identitaire puisse planer, en s’autorisant de nous, sur la vie et les gestes de chacun.

«C’est pourquoi il est temps aujourd’hui de réaffirmer publiquement, contre ce rapt nationaliste de l’idée de nation, les idéaux universalistes qui sont au fondement de notre République.

«Nous appelons donc les habitants, les associations, les partis et les candidats aux futures élections à exiger avec nous la suppression de ce “ministère de l’Identité nationale et de l’Immigration”, car il met en danger la démocratie.»

Signataires: Michel Agier (anthropologue, EHESS et IRD), Etienne Balibar (philosophe, université Paris-X et university of California), Marie-Claude Blanc-Chaléard (historienne, université Paris-X) Luc Boltanski (sociologue, EHESS), Marcel Detienne (historien, EPHE et université Johns Hopkins), Eric Fassin (sociologue, ENS), Michel Feher (philosophe, Paris), Françoise Héritier (anthropologue, Collège de France), Daniel Kunth (astrophysicien, CNRS), Laurent Mucchielli (sociologue, CNRS), Pap Ndiaye (historien, EHESS), Gérard Noiriel (historien, EHESS), Mathieu Potte-Bonneville (philosophe, Collège international de philosophie), Richard Rechtman (psychiatre, Institut Marcel Rivière, CHS la Verrière) Serge Slama (juriste, université d’Evry), Emmanuel Terray (anthropologue, EHESS), Tzvetan Todorov (historien, CNRS), Paul Virilio (urbaniste, Ecole spéciale d’architecture de Paris), Sophie Wahnich (historienne, CNRS), Patrick Weil (historien, CNRS).

http://www.liberation.fr/societe/0101606559-nous-exigeons-la-suppression-du-ministere-de-l-identite-nationale-et-de-l-immigration?xtor=EPR-450206

Mourez pour rien, chers soldats

La déclaration du premier ministre Stephen Harper est limpide : Oubliez ça, les boys, la guerre en Afghanistan est perdue d’avance.

C’est à un journaliste de CNN que Stephen Harper a fait cette renversante déclaration. « Nous ne remporterons pas cette guerre seulement en restant là, a-t-il dit. (…) Jamais nous ne battrons les insurgés. »

Stephen Harper n’a pas été piégé par un méchant journaliste qui lui aurait posé 43 fois la même question dans l’espoir de lui arracher une déclaration controversée. Bien au contraire.

Stephen Harper aurait pu corriger le tir, car le journaliste a poursuivi : « Comme ça, nous ne battrons jamais les insurgés. Le mieux qu’on puisse faire, c’est d’entraîner les troupes afghanes pour prendre la relève, puis de nous retirer ? »

« Exactement », a répondu Stephen Harper.

Clair et limpide.

Pourquoi envoyer des soldats mourir dans le fin fond de l’Afghanistan si tout est perdu d’avance ? Quel soldat sera prêt à prendre le risque de sauter sur une mine s’il sait que le Canada a jeté l’éponge ? Les 1400 soldats québécois qui s’apprêtent à partir pour Kandahar doivent avoir le moral dans les talons.

Et pourquoi rester encore deux ans si les jeux sont faits ? Pourquoi continuer à engloutir des milliards dans une guerre de plus en plus sanglante ? Pire que l’Irak, ce qui n’est pas rien. Depuis 2005, la violence a augmenté de 550% en Afghanistan.

Mourez pour rien, chers soldats. C’est ça que Stephen Harper leur a dit dimanche.

Autre question troublante : pourquoi M. Harper a-t-il fait une déclaration aussi controversée aux États-Unis ? Pourquoi pas au Canada ? Voulait-il envoyer un message à Barack Obama ? Si oui, pourquoi passer par CNN, alors qu’il aurait pu appeler la Maison-Blanche ?

Bizarre.

Hier, à la Chambre des communes, l’opposition a demandé des comptes au premier ministre. Pourquoi cette volte-face ? Stephen Harper a répondu avec des mots creux, en brassant deux ou trois évidences. Il a conclu en disant : « Nous sommes fiers du travail de nos troupes. »

Merci, M. Harper. Très éclairant.

Stephen Harper a dit la vérité. Oui, la force internationale ne peut pas gagner cette guerre. Oui, le Canada s’enlise dans un conflit qu’il ne peut que perdre. Les Afghans n’ont jamais accepté d’être dominés. Les Russes et les Britanniques n’ont pas réussi à s’imposer dans ce pays mille fois plus complexe que l’Irak.

Pourtant, les Russes se sont accrochés pendant 10 ans et ils y ont mis le paquet. L’OTAN, avec ses 70 000 soldats, ne fait pas le poids.

Stephen Harper n’est pas le premier à baisser les bras.

En octobre, le chef de l’armée britannique en Afghanistan, le général Mark Carleton-Smith, a dit : « Nous n’allons pas gagner cette guerre. »

L’automne dernier, le New York Times a publié un rapport des services secrets américains qui confirmait que l’OTAN a très peu de chances de battre les talibans.

Le chef des troupes américaines en Afghanistan et en Irak, le général David Petraeus, en a rajouté en déclarant qu’il fallait négocier avec les talibans. Le président afghan, Hamid Karzaï, a même amorcé des négociations avec le chef des talibans, le mollah Omar.

Alors, si tout le monde se doute que la communauté internationale court vers la défaite, pourquoi s’offusquer devant la déclaration de Stephen Harper qui a dit tout haut ce que bien des gens – et pas des moindres – pensent tout bas ?

Parce qu’un chef d’État engagé dans une guerre ne peut pas concéder la victoire au milieu de la bataille. S’il le fait, il doit agir en conséquence, c’est-à-dire se retirer ou négocier avec l’ennemi. Il ne peut pas continuer à envoyer des soldats au front, mine de rien, en sachant que leur mort ne rimera à rien. La guerre tournera à vide, car elle n’aura plus d’objectifs. Si l’OTAN ne peut pas gagner, le premier ministre sacrifie des vies inutilement.

Les morts ne serviront qu’à remplir une promesse faite aux Américains. Ça frise l’indécence.

La guerre n’est pas une partie de plaisir. J’ai passé quatre jours avec des soldats canadiens dans une base avancée dans la province de Kandahar. J’ai mal mangé – des rations, des rations et des rations -, j’ai mal dormi – sur un lit de camp, dans un dortoir poussiéreux avec une dizaine de soldats et autant de souris -, je me suis baladée dans un blindé, la peur au ventre, et j’ai patrouillé avec une tonne d’équipement sur le dos en m’imaginant voir des talibans derrière chaque arbre, chaque maison. La galère, la vraie, celle qui transforme quatre jours en éternité.

M. Harper a lancé sa bombe aux États-Unis. Pourtant, on ne confie pas une telle énormité à un journaliste étranger entre deux recettes sur l’économie canadienne. Et on ne lance pas un tel ballon pendant que des soldats risquent leur vie. On assume.

Mais M. Harper n’a jamais assumé grand-chose dans cette guerre, en commençant par la torture des prisonniers afghans capturés par les soldats canadiens. Il a toujours nié que la torture existait jusqu’à ce qu’on lui mette le nez dans ses mensonges.

Aujourd’hui, qui a envie de croire M. Harper ?

Pour joindre notre chroniqueuse : michele.ouimet@lapresse.ca

Source
http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/michele-ouimet/200903/03/01- (…)

Samer Lahmar avait été reconnu innocent par un tribunal. Les Etats-Unis se le sont quand même fait livrer et l’ont torturé pendant HUIT ANS à Guantanamo juste histoire de pouvoir faire croire que leur Guerre Antiterroriste obtenait des résultats. Reconnu a nouveau innocent, par un juge US cette fois-ci, il a encore du attendre UN AN DE PLUS avant d’être enfin libéré. Et ce déni de justice ne sera jamais puni, puisque le gouvernement US peut agir en toute impunité…

Et on se permet de donner des leçons de justice, de démocratie et d’Etat de droit à des pays comme l’Iran et la Chine ? Que l’Occident Civilisé commence donc par balayer devant sa propre porte avant d’aller jouer au chevalier blanc chez les barbares…

[Radio France Internationale - 01/12/2009]

Après huit ans de détention à Guantanamo, l’Algérien Saber Lahmar a été libéré lundi et transféré vers la France. Pour son avocat, les «fortes relations» entre la France et les Etats-Unis expliquent le transfert de l’ancien prisonnier vers l’hexagone.

Ces huit ans de détention faisaient de Samer Lahmar l’un des plus anciens prisonniers de Guantanamo. Il avait été arrêté en Bosnie en 2001, accusé d’avoir projeté un attentat contre l’ambassade américaine de Sarajevo. Reconnu innocent par un tribunal bosniaque, il avait tout de même été livré aux Etats-Unis à la suite de fortes pressions diplomatiques.

Depuis 2004, ses avocats américains ont contesté jusqu’à la Cour suprême la légalité de la détention de leur client. L’un des avocats, Robert Kirsh, joint par RFI s’est félicité qu’un juge fédéral pourtant nommé par le président Bush ait finalement ordonné, il y a un an, la libération de son client. Il souligne qu’il appartient désormais à Saber Lahmar de décider s’il entend poursuivre le gouvernement américain afin d’obtenir des compensations financières pour son emprisonnement illégal. L’avocat souligne que les chances de remporter un jugement face au gouvernement américain sont minces. Mais, ajoute-t-il, mon client a été traité de manière inhumaine pendant huit ans et emprisonné illégalement. C’est donc un cas exceptionnel.

Pour l’heure, cet Algérien de 39 ans a fait savoir qu’il souhaitait trouver du travail et reprendre une vie normale. Son avocat américain espère, lui, que son gouvernement va définitivement fermer Guantanamo et effacer ainsi la «souillure» que représente ce camp dans l’histoire des Etats-Unis.

http://www.rfi.fr/contenu/20091201-algerien-libere-guantanamo-route-france?ns_campaign=nl_monde011209&ns_mchannel=newsletter&ns_source=emailvision&ns_linkname=lire-2&ns_fee=0

Des identités étroitement surveillées ou Marche arrière, toute !

[Christine Delphy - MIR - mardi 24 novembre 2009]

Identité égale Unité égale Unicité égale Conformité

L’émission « C’est-à-dire » de Yves Calvi du (date de la semaine dernière) prétendait, comme toutes les émissions de débat, confronter des positions diverses sur la campagne du gouvernement, lancée par le ministre de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale, sur cette dernière. Invités : Fadela Amara, Elisabeth Lévy, Dominique Voynet, Ivan Rioufol, Hervé Le Bras.

L’impression globale qu’on peut retenir de cette discussion est que cette identité nationale est menacée par les vagues « récentes » d’immigration d’Afrique, en dépit de quelques tentatives de faire remarquer que les gens dont on parle — les Arabes et les Noirs, comme le dit Elisabeth Lévy avec l’air fanfaron d’une audacieuse qui tord le cou à la langue de bois — sont dans leur plus grande majorité des citoyens français, nés en France, de parents également nés en France. Non, tout cela ne leur enlève pas la qualité d’étrangers, cela leur vaut au contraire le qualificatif surréaliste « d’immigrés de la seconde —ou troisième — génération ». « Immigré » est donc une caractéristique génétique qui se transmet par le sang ? Euh, oui… non ! Pas tout le temps ! Sarkosy n’est jamais traité (pas plus que des milliers d’autres Zélensky, Lopès et Moreno, d’ascendance polonaise, portugaise ou espagnole) d’ « immigré de la deuxième génération ». Ce qui se transmet « par le sang », la qualité d’immigré, dépend donc de l’origine du « sang ». Car dès le début, le débat sur l’identité française se situe franchement, carrément, dans l’optique suggérée par l’intitulé du ministère ; ce n’est pas seulement, comme on le lit sur un immense écran sur le plateau, la burqa qui « est contradictoire avec l’identité nationale » ; c’est toute cette immigration-là qui s’oppose à cette identité nationale-ci.

Nous apprenons ainsi que bien que tous les sangs soient rouges, ils ne comportent pas tous le même potentiel d’assimilation à léguer à ceux qu’ils irriguent pour les siècles des siècles. Car pour la majorité des débatteurs (faiblement contredits par moments par Voynet et encore plus faiblement par Le Bras), et conformément aux déclarations du ministre Besson, le « modèle français d’intégration » est en fait un modèle d’assimilation, qui exige que les personnes étrangères par nationalité ou par hérédité se « dépouillent » comme le dit le philosophe Eric Zemmour, de toute trace de leur identité ou culture antérieure, et se « soumettent » à l’identité ou à la culture française. C’est ce qu’auraient fait, prétend-on, les immigrés non nationaux précédant les « vagues » néfastes, mais aussi les immigrés de l’intérieur. Car Yvan Rioufol n’admet même pas les cultures régionales ; quand on lui parle d’identité bretonne, ou corse, sa bouche se tord. Il est pour une France Eraserhead : non seulement l’identité française doit l’emporter sur toute autre identité ou appartenance, mais elle doit effacer la première. On ne comprend plus : n’est-ce pas le patriote Jean-Pierre Pernaud en personne qui inlassablement, au journal télévisé de TF1, nous abreuve de spécificités régionales, le dernier maréchal-ferrand du Puy de Dôme, le dernier souffleur de verre du Béarn, le dernier farci poitevin (touillé avec les mains jusqu’aux coudes) ? Chaque jour voit une province française et une façon de faire régionale célébrée. Comment concilier ces éloges avec le jacobinisme effréné de nos invités ? En soulignant que ces coutumes sont en voie de disparition (et pour certaines, ce n’est pas dommage). Mais d’autres spécificités restent menaçantes : pas de « sujet » sur les Antilles, la Réunion, encore moins sur les façons d’être apportées (ou pas) par les Africains ; ces dernières ne sont pas de charmantes façons archaïques, de touchantes photos de famille ; elles n’apparaissent que dans des reportages inquiétants sur les ennemis de l’extérieur ; la parenté supposée de nos concitoyens dits « de papier » avec ces terroristes expliquerait bien des choses, et réciproquement…

Comment peut-on être français ?

Le racisme se lie avec l’obsession française de la conformité : le citoyen est « universel » disent les idéologues républicanistes ; ce qu’il faut traduire par le dicton militaire : « je ne veux voir qu’une seule tête ». Heureusement, ce danger a été écarté dans l’hexagone profond. Ce n’est pas le dernier locuteur du dernier parler normand qui mettra en danger l’unité, que dis-je, « l’unicité » de la France. Jusqu’où iront ces tentatives d’homogénéisation, qui utilisent le vocable étrange : « unicité », pour signifier en réalité l’exigence d’uniformité ?

Mais d’un autre côté, que peuvent ces tentatives contre l’émergence permanente de nouvelles façons de faire, de penser, de danser, de chanter, et même de parler, qui n’étaient pas là hier, mais le sont aujourd’hui ? Que faire contre le passage du temps, contre l’évolution de la société française, qui change, comme tous les groupes humains ont changé, changent et changeront ? Et comment ne changerait-elle pas, cette société française, sauf à être morte ? Et que nous proposent nos invités pour lui éviter d’être emportée par le fleuve impétueux de l’histoire ?

De nous arrimer à une histoire qui a été paradoxalement figée, arrêtée dans le temps, « L’Histoire de France » républicaine ; dans une version (très) abrégée par E. Lévy, qui comme son mentor Alain Finkielkraut, fait une fixette sur Clovis (sans le nommer, ça rendrait l’examen de françitude trop facile) mais en mentionnant sans relâche le mot de code « Reims ». Reims, quoi Reims ? Les championnats de première division ? Mais non voyons : « le sacre de Reims ». Ah le sacre de Reims ! Sacré sacre, va ! Où serions-nous sans toi ! Qu’importe qu’il n’ait jamais eu lieu, comme le démontre Suzanne Citron dans Le mythe national ; ce qui compte, c’est que nos immigrés et leurs descendants en parlent de façon compulsive, qu’ils sachent que c’est cela qui les distingue, en bien, de leurs propres ancêtres ; ce qui compte, c’est qu’ils imitent Finkielkraut, qui « l’a fait sien ». A quoi répond l’exigence de cette démarche pathétique, borderline, qui semble issue d’un croisement Katmandou 68- Profiler 2007 ?

Sinon au sentiment obscur des anciens colonisateurs qu’il coule dans les veines de certains de nos concitoyens « de papier » un sang impur dont, à défaut de le répandre dans nos sillons (comme le prescrit l’hymne national mais le proscrivent les conventions internationales), il faut exorciser les effets, par exemple par une identification magique à un événement lui-même imaginaire ?

N’est-ce pas pour cela que Fadela Amara ne peut pas prononcer une seule phrase sans répéter trois fois, comme une prière, l’expression « les valeurs de la république » ?

Mais alors, quelles sont-elles, ces valeurs « éternelles » ? Le sont-elles, d’ailleurs, éternelles ? Dans le « lévaleurdelarépublique » d’Amara figure l’égalité des sexes ; Hervé le Bras signale timidement qu’elle n’aurait pas été considérée comme faisant partie de l’identité française, mais au contraire comme contrevenant à cette identité il y a seulement 64 ans. Personne ne remarque en revanche qu’il s’agit d’une injonction, pas d’une réalité de la société française, et qu’attribuer le refus de cette injonction à la seule population d’origine africaine, quand il est le fait de la majorité des Français, c’est se moquer du monde. A part cet ajout tardif, qui ne fut accepté que pour introduire une nouvelle ligne de partage entre vrais Français et vrais barbares, et à condition que la dite égalité ne reste qu’un vœu pieux, toutes les pierres de l’identité française appartiennent à un passé qui s’arrête aux portes du 20è siècle : Reims (sacre de), Montaigne, Molière, Renan, et puis, plus rien… Seuls les grands noms qui permettent depuis des lustres le cocorico, que Fadela Amara a insisté pour pousser en direct live. Là où les autres auraient peut-être été plus circonspects, elle nous a ressorti tous les clichés nationalistes qui nous font ressembler aux Soviétiques de l’époque Lyssenko : la France a tout inventé, si, si, la liberté, la bombe atomique, l’égalité, l’électricité, la fraternité, le TGV, la laïcité, l’eau tiède…

Dominique Voynet a été la seule à tenter d’apporter un peu de réalisme à ce débat — on est en 2009, pas en 600, et puis on est aussi en Europe, il faudrait que les jeunes apprennent les beautés non seulement de la littérature française, mais aussi de la littérature polonaise, anglais, espagnole, et d’autres. Elisabeth Lévy, qui estime que la France possède « l’une des plus belles littératures du monde », trouve inutile d’aller voir ailleurs. (Remarquez que, entre Montaigne et littérature polonaise, l’identité a l’air d’être circonscrite au domaine littéraire).

Et quand Voynet dit que la France est perçue comme arrogante par le reste du monde, Lévy fait un geste qui signifie : « Que nous importe le reste du monde ? ». Oui, c’est vrai. Si les gens qui veulent venir en France, ou y rester, doivent commencer par s’arracher la peau, comme on a vu, c’est que cette peau n’a rien à nous apporter. Mais rien. Car nous sommes les meilleurs du monde, depuis longtemps, depuis toujours en fait, et ce n’est pas difficile, car nous sommes aussi seuls au monde (grâce à Lévy qui a balayé de la mappemonde toute cette humanité inutile et étrangère, inutile parce qu’étrangère). Cette petite assemblée voit clairement comme un atout ce que le reste du monde, s’il existait, verrait comme un handicap — non pas être seuls au monde, mais se croire seuls au monde. Et quand Voynet propose que l’identité française soit définie comme le projet d’avenir que les citoyens construisent en commun, les autres participants se regardent, gênés, devant cette référence malvenue, presque impolie, au futur. Nous avons un si beau passé ! Restons-y.

http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=796&var_recherche=Delphy

Fantasme alimenté par la propagande néo-con, le musulman est devenu le repoussoir universel, il a pris la place du juif dans les années 1900-1940. Des milliers de petites et grandes stratégies opportunistes s’appuient sur cette xénophobie afin de faire avancer leurs propres pions… que ce soit la guerre pétrolière ou la peur du chômage.

La Suisse n’échappe pas au débat sur la visibilité de l’islam
[LE MONDE | 28.11.09 - Propos recueillis par Stéphanie Le Bars]
Patrick Haenni, chargé de recherche à l’Institut Religioscope basé à Fribourg (Suisse) a codirigé Les Minarets de la discorde (Infolio éd., novembre 2009), analyse l’interdiction de construire des minarets, une des questions posées par le référendum populaire du 29 novembre en Suisse.

Cette interrogation sur la visibilité de l’islam en pays non musulman est-elle typiquement suisse ?
La spécificité suisse repose sur la votation : ce dispositif impose aux citoyens de se prononcer sur des questions que l’on ne pose pas en ces termes ailleurs ; on crée un effet d’opinion sur un agenda imposé par des groupes particuliers. En Suisse, l’alliance des opposants aux minarets est circonscrite à la droite nationaliste et à une partie des courants évangéliques, liés aux chrétiens sionistes. Mais même au sein de l’Union démocratique du centre (UDC), qui porte le débat, certains sont opposés à ce vote, car ils redoutent les effets économiques, dans les pays arabes, d’une éventuelle interdiction.

Cela dit, la question des minarets s’inscrit dans une dynamique plus large. On la retrouve aussi en France, avec le débat sur l’interdiction de la burqa. La nouveauté de ces mobilisations est qu’elles se font sur la visibilité de l’islam et sur la dimension idéologique de cette religion. L’Union démocratique fédérale, qui est l’expression des évangéliques en Suisse, défend le côté chrétien du pays ; à leurs yeux, l’islam ne représente pas une menace en termes d’immigration, – même si la population musulmane connaît une croissance rapide, avec 400 000 personnes et 5 % de la population – mais porte le risque d’un clash des religions. D’ailleurs, que ce soit en France avec 367 burqas ou en Suisse avec quatre minarets, on est bien dans des logiques de combat symbolique plus que sur des problèmes touchant la société réelle.

Comment se positionnent la population et les associations musulmanes dans ces débats ?

De manière dominante, elles sont en retrait et préfèrent ne pas jeter d’huile sur le feu. D’autant que ces sujets ne font pas forcément consensus dans la communauté musulmane. En Suisse, le débat sur les minarets se déroule principalement entre forces politiques, à l’exception d’interventions de l’universitaire suisse Tariq Ramadan.

Quelle est votre réponse de sociologue face aux peurs “d’expansion de l’islam”, qui, pour certains, constituent la toile de fond de ces débats ?

L’islam, en tant que fait théologique, est bien prosélyte et universaliste. Mais quand on s’intéresse au réel, c’est la sociologie qu’il faut mobiliser : l’expansionnisme d’une religion se fait soit par un projet politique ou militaire, soit par les conversions, soit par la démographie. Or, en Europe, les porteurs d’un projet politique, les Frères musulmans, n’arrivent pas à l’articuler dans une situation de minorité. Ils oscillent entre la représentation communautaire (mais l’échec de l’appel au calme de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) lors des émeutes des banlieues en 2005 a montré qu’ils ne contrôlent pas les banlieues) et le retour à la prédication.

Mais, sur ce terrain, le courant qui est vraiment efficace aujourd’hui, c’est le salafisme. Or pour ce courant, certes radical au niveau du dogme, l’idéal c’est la “hijra”, le retour dans les terres d’islam. Ses membres s’inscrivent dans du religieux pur, et la perspective du départ provoque un désinvestissement du champ politique. Le fondamentalisme qui marche est donc apolitique. Quant à sa frange djihadiste, elle poursuit un but de destruction sans véritable projet politique. Plus généralement, le “retour de l’islam” se fait non par un projet militant mais par l’individu. Il vise plutôt une normalisation culturelle de l’islam dans le cadre de la culture de masse globalisée (rap islamique, Hallal Fried Chicken, streetwear islamique…)

Restent la natalité et les conversions. Dans les pays musulmans, à l’exception du Pakistan et de l’Afrique noire islamique, la démographie est en chute libre. Quant aux conversions, elles existent, mais fonctionnent dans les deux sens.

http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/11/28/la-suisse-n-echappe-pas-au-debat-sur-la-visibilite-de-l-islam_1273437_3214.html

Identité nationale : les Français voient le débat comme une “stratégie” électorale
[LEMONDE.FR | 29.11.09]
Un nouveau sondage, réalisé par l’IFOP et publié dimanche 29 novembre dans le JDD, rapporte que pour une majorité de Français (72 %) le débat sur l’identité nationale voulu par le gouvernement constitue avant tout “une stratégie pour gagner les élections régionales” de mars 2010.
Parmi les sondés se déclarant de droite, ils sont 53 % à l’estimer, 48 % pour ceux qui se réclament de l’UMP et 72 % pour ceux qui se réclament du Front national. A gauche, 82 % des personnes interrogées pensent également qu’il s’agit d’une stratégie électorale, avec des pourcentages sensiblement similaires chez les sympathisants du PS (82 %), de l’extrême-gauche (83 %), du PCF-Parti de gauche (80 %) et des Verts (83 %). Enfin, 75 % des personnes sondées proches du MoDem sont du même avis.Cette étude constate également qu’une majorité de Français – 57 % – estiment que le sujet intéresse les Français, avec une majorité nette à droite (77 %). 47 % des sympathisants de gauche interrogés et 44 % de ceux du MoDem pensent la même chose.

57 % PENSENT QUE CELA NE FAVORISERA PAR LE RETOUR DU FN

Des précédents sondages laissaient déjà apparaître ces enseignements, à savoir que les Français reconnaissent la tactique électorale mais approuvent dans le même temps le débat. Ainsi, une enquête BVA pour Canal+, réalisée par Internet les 27 et 28 octobre, rapportait que 64 % considèrent que l’objectif principal du gouvernement est “de mobiliser les électeurs de droite en vue des élections régionales”. Un autre sondage – réalisé par CSA et publié dans Le Parisien du 1er novembre – montrait qu’une proportion quasi identique (60 %) approuve l’organisation d’un tel débat.

Le sondage de l’IFOP cherchait également à savoir si la tenue de ce débat allait se traduire par un retour du Front national sur les devants de la scène politique. Ils sont 43 % à juger que cela sera le cas, contre 57 % qui estiment le contraire. Seuls les sympathisants du FN (77 %), PCF-Front de gauche (62 %) et d’extrême-gauche (53 %) estiment majoritairement que ce constat est vrai.

Samedi, devant le conseil national de l’UMP, Nicolas Sarkozy avait accusé le PS et Martine Aubry “d’agiter le chiffon rouge, à trois mois des élections régionales, pour faire remonter le Front national”. Il avait reproché à la première secrétaire socialiste d’approuver une régularisation massive des sans-papiers. “Est-ce que vous croyez que je n’ai pas compris la manœuvre ?”, avait alors lancé le chef de l’Etat devant ses troupes.

 


Méthodologie
Le sondage a été réalisé les 26 et 27 septembre auprès d’un échantillon de 955 personnes représentatif de l’ensemble de la population française de plus de 18 ans, interrogées par téléphone à leur domicile.

 

Où sont les victimes de ce complot ? Est-ce qu’on peut nous donner les noms de chercheurs qui auraient été punis par la “communauté scientifique” pour avoir douté des théories du réchauffement climatique ? Quel chercheur s’est vu couper les fonds de recherche pour “doute” ?  Combien de Paul-Eric Blanrue dans le débat climatique ?

[MaxiSciences - 26/11/2009]

États-Unis – Suite à la publication de milliers de documents piratés au Centre de recherche sur le climat de l’université britannique d’East Anglia (voir article), les parlementaires républicains du Congrès américain ont décidé d’ouvrir une enquête. Ces e-mails prouveraient, selon les pirates qui les ont publiés, des manipulations de résultats par les climatologues afin d’accentuer l’impact de l’activité humaine sur le réchauffement climatique.

Certains e-mails mis en ligne tendraient à prouver que les scientifiques ont à plusieurs reprises tenté de camoufler, minimiser ou falsifier certaines données climatiques. Avant modification, celles-ci seraient allées à l’encontre du courant qui fait état d’un effet de serre engendré par les émissions de CO2 produites par l’homme.

Le sénateur James Inhofe, sceptique quant à l’impact humain sur le réchauffement climatique, s’est adressé à l’inspection générale de plusieurs agences gouvernementales américaines ainsi qu’à des scientifiques, afin qu’ils archivent les données relatives à ces échanges.

Les parlementaires souhaitent faire toute la lumière sur le rôle joué par les chercheurs américains dans la publication d’un rapport des Nations Unies sur le réchauffement climatique  très souvent cité et qui a notamment servi de base à des demandes au Congrès et auprès de l’administration américaine, de limitation des émissions de gaz à effet de serre.

De son côté, Kevin Trenberth, l’un des chercheurs dont les e-mails ont été piratés, estime que les documents publiés ne prouvent l’existence d’aucune collusion entre les scientifiques mais seulement celle d’un débat constructif et argumenté.

http://www.maxisciences.com/climat/climat-aux-tats-unis-les-republicains-enquetent-sur-les-e-mails-pirates_art4640.html

[Primitvi - Lundi 21 septembre 2009]

L’ancien président américain, Jimmy Carter, a déclaré ne pas avoir de doutes sur le fait que le gouvernement de son pays a été impliqué dans le coup d’état perpétré au Vénézuela en avril 2002.

Dans un entretien accordé au quotidien colombien El Tiempo, Carter a soutenu que la réclamation permanente de Chávez vers l’ex-président des États-Unis, George W. Bush est légitime, et de signaler que l’administration Bush avait, au moins, une pleine connaissance des plans des putschistes au Vénézuela.

“Je crois qu’il n’y a pas d’aucun doute qu’en 2002, les États-Unis eussent au moins une pleine connaissance ou ont pu être impliqué directement dans le coup d’Etat. De telle manière qu’il (Chávez) a une réclamation légitime contre les États-Unis”, a dit Carter, Prix Nobel de la Paix en 2002.

Il a assuré que, grâce à la participation du Centre Carter, qu’il dirige, dans les processus électoraux réalisé au Vénézuela, il a pu remarquer que les résultats électoraux qui ont maintenu Chávez à la tête de la présidence du pays ont reflété la volonté populaire. (Lire la suite…)

[William James Martin sur - Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier - 23/09/2009]
Plus je réfléchis au conflit israélo-palestinien, plus je constate que très rares sont les gens à avoir une compréhension basique du conflit et qu’encore plus rares sont ceux qui sont capables de le définir ne serait-ce qu’en termes approximatifs.

Ainsi l’on entend dire parfois que tout tournerait autour du « terrorisme » arabe/palestinien, autour des attentats suicides et que le but ultime des terroristes palestiniens serait de « jeter tous les juifs à la mer, morts ou vifs », que leur motivation ne seraient rien d’autre que l’antisémitisme et une haine viscérale des juifs. Ceux qui entretiennent cette vision considèrent que le conflit tourne essentiellement autour de la survie d’un Etat juif au milieu d’un océan de haine irrationnelle.

C’est ainsi que les sionistes voient la chose, et c’est la vision qu’ils voudraient que le monde retienne. On entend aussi parfois dire que le conflit serait religieux, entre juifs et Arabes et que ce conflit durerait, sans interruption, depuis « des millénaires ».

Tout cela est faux. (Lire la suite…)

Si vous ne connaissez pas encore la RiLI, il est temps de vous y précipiter et vous abonner (http://revuedeslivres.net/index.php) … (greg)

(Note de Dov : ) Je comprends enfin ce qui me paraissait si nauséabond dans le discours de Finkielkraut, Adler et consorts ; “Ivan Segré montre comment les polémiques biaisées d’Alain Finkielkraut et d’Éric Marty contre le philosophe Alain Badiou relèvent précisément de cette absorption de l’histoire juive singulière dans le grand récit de l’odyssée civilisatrice occidentale, en parfait accord avec l’européanisation du Juif face à l’Orient arabe dont était porteur le projet sioniste initial de Herzl.” C’est tout à fait cela, le sionisme comme dernière émanation de cette “mission civilisatrice de l’Occident Blanc” vis à vis des peuples sauvages et “inférieurs”, vision qui est à la racine de toutes les horreurs du colonialisme et de la terreur stalinienne et nazie. Le romancier à succès Léon Uris le disait déjà, crument, en faisant l’apologie des juifs blancs et européens, supérieurs vis à vis des arabes basanés et dégénérés, appelés à disparaître.

Finalement Herzl est l’enfant de son époque et avait totalement intériorisé le discours qui allait mener, 30 ans plus tard, aux théories raciales des Nazies sur les “Untermenschen” et le “Lebensunwert” (qui ne mérite pas de vivre)… Finalement, le sionisme n’est rien d’autre qu’une parmi les théorie racistes “de gauche” du 19è Siècle – au même titre que le “Own State” de Rhodes, l’Apartheid de Smith, le “Volksrein” de Heydrich… Il faut la considérer comme telle, elle et tout l’artifice israélien.

Et quelle perversion des valeurs universalistes que m’enseignaient mes oncles kabbalistes, des vraies “Mensch” que ceux là, quand on entend cet imbécile pompeux de Finkielkraut (en jiddish, “ein Winkelkraut” c’est une petite personne qui végète toute seule, aigrie, dans son coin) dire : Son apologie des valeurs occidentales l’a ainsi conduit, dans son fameux entretien au quotidien Haaretz sur les révoltes des banlieues en 2005, à réhabiliter «le projet colonial» qui «se proposait d’apporter la culture et l’éducation aux sauvages» et à prétendre que, par rapport au mal que la France a pu faire aux Juifs sous Vichy, ce pays n’a fait «que du bien aux Africains (5)!»

Rien que pour cela, Finkielkraut mérite d’être relégué au placard des vieux cons obtus…

Une thèse à scandale : La réaction philosémite à l’épreuve d’un juif d’étude

à propos de Ivan Segré, Qu’appelle-t-on penser Auschwitz ? et de La Réaction philosémite
[ Daniel Bensaïd - La Revue des Livres et des Idées - Novembre 2009]
Faut-il vraiment rapprocher le 11 septembre d’Auschwitz? Peut-on être juif sans être sioniste? À ces questions brûlantes, Ivan Segré apporte des réponses différentes de celles que défendent les tenants de la «réaction philosémite». Il redevient dès lors possible de saisir la singularité de l’histoire juive, contre sa dissolution dans une apologie militante de «l’Occident».

Les éditions Lignes ont publié en mai, en deux volumes, des extraits remaniés d’une thèse soutenue à l’université Paris 8 par Ivan Segré sous le titre «La réaction philosémite européenne à l’épreuve de l’histoire juive». Cette parution a été accueillie par un silence guère surprenant, auquel s’est ajoutée une rumeur insidieuse selon laquelle Ivan Segré ne serait que le prête-nom ou le faux-nez d’un philosophe controversé, Alain Badiou. Pourtant, Ivan Segré existe. Je l’ai rencontré, j’ai été son directeur de thèse. Dans l’envoi du premier volume, il me remercie de «l’asile institutionnel» que je lui aurais accordé «au regard des vicissitudes qui ont scandé [s]on travail de recherche, de l’indifférence et de l’hostilité rencontrées». Notre premier contact fut toutefois de surprise et de circonspection réciproques. Le chemin de la soutenance et du doctorat fut ensuite un véritable parcours du combattant, semé de tracasseries bureaucratiques sans doute inspirées par la crainte du scandale: une thèse soutenue devant un jury présidé par Alain Badiou, composé de Charles Alunni, Michaël Löwy, et moi-même, assistés de René Lévy, directeur de l’Institut d’études lévinassienne, cela sentait sans doute le souffre. Ce fut pourtant un beau moment de controverse philosophique devant une assistance passionnée où dominaient les têtes coiffées de kippas. Un beau moment d’humour juif aussi, dont, à la différence d’Ivan Segré qui en est généreusement doté, le tourmenté Finkielkraut ou l’austère Milner semblent fort dépourvus.

Pourquoi, et aux yeux de qui, la thèse d’Ivan Segré peut-elle faire scandale? Le premier volume publié reprend une discussion sur les interprétations d’Auschwitz dans le sillage de la pensée de Lacoue-Labarthe. Le second développe une critique serrée du discours philosémite européen aboutissant à dissoudre la singularité de l’histoire juive dans une apologie militante de l’Occident (qui, rappelle l’auteur, fut, il n’y a pas si longtemps, le nom d’une organisation d’extrême-droite). À lire le petit livre d’Yitzhak Laor, critique au grand journal israélien Haaretz, ce thème semble au demeurant moins tabou en Israël, où Ivan Segré lui-même se consacre désormais aux études juives et à Maïmonide, qu’il ne l’est aux yeux d’un certain establishement universitaire français1.

Ce qui fait la force tranquille et souriante de sa thèse, c’est la rigueur logique de sa lecture des textes, que j’imagine être celle d’un yeshiviste studieux. Comme l’écrit Alain Badiou dans sa préface, il «travaille presque toujours à l’échelle de la phrase», se contentant de «laisser parler les phrases avec un toucher doux, en même temps qu’une inflexibilité toute particulière de la pensée».

Déterminations du crime nazi

Le premier volume prolonge l’effort de Lacoue-Labarthe pour penser le nazisme au lieu d’en proclamer l’irréductibilité à toute pensée. Il s’agit notamment de dépasser l’interrogation quant à savoir si le crime nazi est déterminé par sa fin (l’anéantissement des Juifs) ou par ses moyens techniques (les chambres à gaz), une alternative problématique, comme le mettent en évidence les très rares références de Heidegger aux chambres à gaz. Avant la publication tardive de sa quatrième conférence de Brême en 1949, en effet, une seule de phrase de lui faisait mention «des chambres à gaz et des camps d’anéantissement». Cette publication a depuis mis au jour une seconde occurrence «des camps d’anéantissement» où Heidegger retient exclusivement de cette extermination que son caractère industriel prive «ces milliers qui meurent en masse» du sens de leur propre mort: «Meurent-ils?» [«Sterben sie?»]. Ou périssent-ils seulement, de même, ajoute-t-il en relativisant le crime, que «des millions de Chinois périssent aujourd’hui de faim en Chine».

Dans son livre de 1987, La Fiction politique, Lacoue-Labarthe reproduisait le seul passage de la conférence alors connu: «L’agriculture est maintenant une industrie alimentaire motorisée, quant à son essence la même chose que la fabrication de cadavres dans les chambres à gaz et les camps d’extermination, la même chose que la réduction de pays à la famine, la même chose que la bombe à hydrogène.». Il la jugeait «absolument juste» quant au rapport entre la technique et l’extermination de masse, mais «scandaleuse et piteusement insuffisante», en ce qu’elle réduit la détermination du crime à son moyen et omet que cette extermination fut «essentiellement» (non exclusivement) celle des Juifs. Cela fait «une différence incommensurable» avec les dégâts de l’agriculture motorisée. Selon Heidegger, l’utilisation massive des chambres à gaz comme procédé de mise à mort aurait donc seulement exigé de «penser le nazisme dans les termes spéculatifs d’une réflexion sur la technique2».

Pour Segré comme pour Lacoue-Labarthe, la question est donc de savoir «en quoi la proportion des victimes juives d’Auschwitz (plus de neuf sur dix) relève de l’observation empirique, et en tant que telle contingente, alors que le fait qu’elles furent assassinées dans des chambres à gaz relève d’une détermination essentielle, en d’autres termes saisit la nature propre et singulière du crime nazi pour la pensée». La réponse de Lacoue-Labarthe est que Heidegger a manqué, sous le nom d’Auschwitz, «l’événement», la «dimension historiale», qui «fait la différence entre l’extermination[qui fut «pour l’essentiel» celle des Juifs]et n’importe quel autre phénomène technique». Ce manquement à l’essentiel et à la pensée interdit de voir «l’événement, l’Extermination», comme la «terrible révélation de son essence à l’égard de l’Occident»3.

Souligner la singularité du crime nazi comme crime occidental ou européen en ce qu’il applique une technique de massacre industrielle essentiellement à l’anéantissement des Juifs interdit de la dissoudre dans les généralités sur les droits de l’homme ou sur le crime contre l’humanité. Cela interdit surtout de célébrer le génocide à la manière d’un Finkielkraut, pour qui «l’Amérique démocratique et l’Europe démocratique ressourcent leurs principes communs dans la commémoration de la Shoah4». Son apologie des valeurs occidentales l’a ainsi conduit, dans son fameux entretien au quotidien Haaretz sur les révoltes des banlieues en 2005, à réhabiliter «le projet colonial» qui «se proposait d’apporter la culture et l’éducation aux sauvages» et à prétendre que, par rapport au mal que la France a pu faire aux Juifs sous Vichy, ce pays n’a fait «que du bien aux Africains5!» (Lire la suite…)

Article intéressant de Monbiot… notamment sur le profil des “sceptiques”. Ce qu’il ne mentionne pas, par contre, c’est peut être tout simplement une sorte de “fatigue” du public face au débat climatique. On ne peut pas se faire bombarder à longueur de journée par des messages catastrophistes du genre “c’est la fin du monde” (et Monbiot est un des principaux Philipulus en la matière) sans finir par prendre un peu de recul sur la chose. Mais c’est vrai que, aux Etats-unis, la population “sceptique” se compose avant tout de personnes vivant dans une bulle néo-conservatrice, ne lisant que les publications de son camp, n’écoutant que la radio de son camp… Allez faire un tour du côté des “right-wingers” et “tea-baggers” aux USA, vous serez effrayé à quel point c’est devenu une secte. Pour moi qui suis issu d’une vieille famille de Républicains conservateurs, l’idée que ces gens là représentent la majorité du Parti de mes parents et grand-parents, me fout les jetons. (Tim Carr)

[Georges Monbiot - Monbiot.com - 02/11/2009]

There is no point in denying it: we’re losing. Climate change denial is spreading like a contagious disease. It exists in a sphere which cannot be reached by evidence or reasoned argument; any attempt to draw attention to scientific findings is greeted with furious invective. This sphere is expanding with astonishing speed.

A survey last month by the Pew Research Centre suggests that the proportion of Americans who believe there’s solid evidence that the world has been warming over the past few decades has fallen from 71% to 57% in just 18 months(1). Another survey, conducted in January by Rasmussen Reports, suggests that, due to a sharp rise since 2006, US voters who believe that global warming is the result of natural causes (44%) now outnumber those who believe it is caused by human action (41%)(2).

A study by the website Desmogblog shows that the number of internet pages proposing that manmade global warming is a hoax or a lie more than doubled in 2008(3). The Science Museum’s Prove it! exhibition asks online readers to endorse or reject a statement that they’ve seen the evidence and want governments to take action. As of yesterday afternoon, 1006 people had endorsed it and 6110 had rejected it(4). On Amazon.co.uk, books championing climate change denial are currently ranked at 1,2,4,5,7 and 8 in the global warming category(5). Never mind that they’ve been torn to shreds by scientists and reviewers, they are beating the scientific books by miles. What is going on?

It certainly doesn’t reflect the state of the science, which has hardened dramatically over the past two years. If you don’t believe me, open any recent edition of Science or Nature or any peer-reviewed journal specialising in atmospheric or environmental science. Go on, try it. The debate about global warming that’s raging on the internet and in the rightwing press does not reflect any such debate in the scientific journals.

(….)

Such beliefs seem to be strongly influenced by age. The Pew report found that people over 65 are much more likely than the rest of the population to deny that there is solid evidence that the earth is warming, that it’s caused by humans or that it’s a serious problem(9). This chimes with my own experience. Almost all my fiercest arguments over climate change, both in print and in person, have been with people in their 60s or 70s. Why might this be?

There are some obvious answers: they won’t be around to see the results; they were brought up in a period of technological optimism; they feel entitled, having worked all their lives, to fly or cruise to wherever they wish. But there might also be a less intuitive reason, which shines a light into a fascinating corner of human psychology.

In 1973 the cultural anthropologist Ernest Becker proposed that the fear of death drives us to protect ourselves with “vital lies” or “the armour of character”(10). We defend ourselves from the ultimate terror by engaging in immortality projects, which boost our self-esteem and grant us meaning that extends beyond death. Over 300 studies conducted in 15 countries appear to confirm Becker’s thesis(11). When people are confronted with images or words or questions that remind them of death they respond by shoring up their worldview, rejecting people and ideas that threaten it and increasing their striving for self-esteem(12).

One of the most arresting findings is that immortality projects can bring death closer. In seeking to defend the symbolic, heroic self that we create to suppress thoughts of death, we might expose the physical self to greater danger. For example, researchers at Bar-Ilan University in Israel found that people who reported that driving boosted their self-esteem drove faster and took greater risks after they had been exposed to reminders of death(13).

A recent paper by the biologist Janis L Dickinson, published in the journal Ecology and Society, proposes that constant news and discussion about global warming makes it difficult for people to repress thoughts of death, and that they might respond to the terrifying prospect of climate breakdown in ways that strengthen their character armour but diminish our chances of survival(14). There is already experimental evidence suggesting that some people respond to reminders of death by increasing consumption(15). Dickinson proposes that growing evidence of climate change might boost this tendency, as well as raising antagonism towards scientists and environmentalists. Our message, after all, presents a lethal threat to the central immortality project of Western society: perpetual economic growth, supported by an ideology of entitlement and exceptionalism.

If Dickinson is correct, is it fanciful to suppose that those who are closer to the end of their lives might react more strongly against reminders of death? I haven’t been able to find any experiments testing this proposition, but it is surely worth investigating. And could it be that the rapid growth of climate change denial over the past two years is actually a response to the hardening of scientific evidence? If so, how the hell do we confront it?

http://www.monbiot.com/archives/2009/11/02/death-denial/

[Samuel Dixneuf - A l' Heure Suisse - 23 Octobre 2009]
C’est vrai, on entend qu’eux. Les affichettes des partisans du ‘Non’ ne font parler personne. Pourquoi ? Trop gentilles, trop mièvres ? Pas assez nombreuses ? Les deux.

D’une part, les partisans du ‘Non’ auraient moins de moyens que les autres : « Les adversaires de la xénophobie ont de l’humour, mais peu de moyens » glisse Michel Audétat toujours dans 24 heures. Ah bon ? On sait que l’UDC a de la thune mais quand même… On s’en fout un peu des recommandations du Conseil fédéral et du Parlement mais dans ce cas précis « le Conseil national a rejeté l’initiative par 131 voix contre 63 sans abstention, le conseil des Etats par 35 voix contre 7 et 3 abstentions », soit une écrasante majorité.

Une écrasante majorité qui n’aurait pas le sou pour faire une campagne digne de ce nom : informative, touchant la raison et non l’émotion. Vaste blague.

D’autre part, la mesure, la raison n’ont jamais ému les foules. Ce qui fait vendre, on le sait, c’est le cul et la violence. C’est le cas des campagnes UDC. Du choc, toujours du choc, flattant les instincts les plus primaires. Les campagnes successives de l’UDC relèveraient donc de la pornographie politique. Elles combinent obscénité et violence, d’où leur succès.

Mais nous n’avons toujours par répondu à cette question : Pourquoi les “extrémistes” sont ceux qui parlent le plus ? Question qui faisait hier le titre d’un article du Monde.fr, article se basant sur une étude américaine pour y répondre.
http://researchnews.osu.edu/archive/majopinion.htm

Voilà en substance ce que l’on peut retenir :

« Le phénomène [de l’extrémisme] s’auto-entretient : persuadés qu’ils représentent l’opinion majoritaire, les plus extrémistes s’expriment plus volontiers que les modérés, renforçant l’impression qu’ils sont majoritaires, ce qui les incite à prendre plus facilement la parole. Les résultats de l’étude, estiment ses auteurs, expliquent en partie pourquoi les éléments les plus radicaux des partis politiques américains sont souvent perçus comme représentant l’opinion dominante de leur famille politique. »

Pour résumer, l’extrémiste, refoulant sa position minoritaire qui met en péril sa toute puissance fantasmée, noie ses doutes sous un déluge de vociférations qui entretiennent son illusion de domination et sa sensation d’être accepté. Un phénomène qui relève donc de la psychiatrie.

Prolonger :

http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/10/22/pourquoi-les-extremistes-sont-ceux-qui-parlent-le-plus_1257272_651865.html

http://www.mediapart.fr/club/edition/l-heure-suisse/article/231009/je-vocifere-donc-je-suis

Un cocktail de virus et d’adjuvants dont l’efficacité n’a pas été prouvée, dont les effets secondaires n’ont pas été testés notamment en ce qui concerne les enfants… et tout cela pour une grippe bénigne qui se guérit en 72 heures avec du paracétamol ?

Moi, en tout cas, je ne répondrai pas à l’appel du vaccin… et mes enfants non-plus !

Un vaccin antigrippe A réservé aux seules autorités crée un tollé

[MICHEL VERRIER / 24 ACTU  | 20.10.2009]

La population recevrait un vaccin différent de celui prévu pour les dirigeants, le personnel de l’Etat et l’armée. Une question d’adjuvants. La polémique secoue tout le pays. le vaccin produit par la firme GlaxosSmithKline contient des adjuvants, contrairement à celui envisagé pour les autorités et l’armée.

Face au virus de la grippe A, il y aurait un vaccin pour le peuple et un autre pour ceux qui le gouvernent. L’information s’est répandue comme une traînée de poudre dimanche et hier en Allemagne. Le Pandemrix, le vaccin fabriqué à Dresde par la firme GlaxosSmithKline (GSK), est destiné aux citoyens ordinaires. Il a été commandé à 50 millions d’exemplaires. Mais, pour les responsables politiques, les employés de l’Etat et les soldats, le Ministère de l’intérieur a commandé 200 000 doses de Celvapan fabriquées par le groupe Baxter.

La différence? La présence d’adjuvants: le Pandemrix en contient en effet, à l’inverse du Celvapan. Or les effets de ces substances sont mal maîtrisés, selon certains spécialistes, même si elles semblent bénéfiques au premier abord.

L’adjuvant est supposé renforcer l’efficacité du vaccin, permettant de réduire ainsi la présence des extraits de virus morts dans le médicament pour faire réagir l’organisme. Le Celvapan, dépourvu d’adjuvant lui – comme le vaccin équivalent de la firme suisse Novartis – doit à l’inverse intégrer une dose supérieure de virus inoffensif pour produire le même effet.

Vaccin de la chancelière
Mais les adjuvants peuvent produire des effets secondaires. Pis même, selon le Dr Wolfgang Becker-Brüser, responsable de la revue médicale de référence Arznei-Telegram: «Leurs effets n’ont pas été vérifiés pour les enfants de moins de 10 ans et les femmes enceintes.» Pour ces dernières, «dont la vaccination relève d’une problématique complexe, la commission officielle des vaccinations recommande l’usage de vaccins sans adjuvants».

Nombre de médecins étaient déjà très réticents à l’égard d’une campagne de vaccination, «dont l’utilité reste à prouver». Face à l’avalanche de critiques, le ministre de l’Intérieur, Wolfgang Schäuble, assurait hier que l’accusation de «médecine à deux vitesses» n’avait aucun sens. Angela Merkel s’en remettrait, elle, à son médecin, qui devrait lui délivrer un vaccin commun, et non le «vaccin de la chancelière», comme certains mauvais esprits ont déjà baptisé le Celvapan.

http://www.24heures.ch/actu/monde/vaccin-antigrippe-reserve-seules-autorites-cree-tolle-2009-10-19

Trois caissières de chez Ed licenciées… Et l’UMP qui parlait de volontariat et de liberté !

[Olivier Bonnet -Plumes de Presse - 17/010/2009]

On a profité d’un contexte économique difficile pour nous mettre le couteau sous la gorge. Je travaille déjà le samedi toute la journée. J’ai refusé de travailler aussi le dimanche parce que c’est le seul jour où je peux voir mon fils de 16 ans, qui est en sport études. Donc, en fait, il fallait choisir entre mon travail et ma famille. Nous sommes trois caissières en tout à avoir été licenciées pour refus du travail dominical. Aujourd’hui, on demande notre réintégration“ : Etelvina Fernandes, caissière depuis 5 ans chez Ed à Oyonnax, sur l’antenne de RMC, citée par Le Post.

Rions un peu, très jaune, en relisant la déclaration du ministre du Travail, Xavier Darcos, défendant la loi UMPiste sur le travail dominical : “Je suis certain que votre assemblée (…) ne remettra pas en cause les équilibres de ce texte qui protège les salariés, soutient les entreprises qui les emploient et répond aux attentes de la très grande majorité des Français“. En tout cas pas à celles des caissières d’Ed qui voulaient juste avoir un (seul) jour pour leur famille – il faut voir pour quel salaire, en plus ! Et sur le coup, les infortunées salariées ont dû se sentir assez peu protégées par cette loi…

Elles croyaient pourtant avoir le choix (voir la vidéo chez Peuples). De ne pas accepter les “mesures volontaires de travail le dimanche” – on se pince ! – que souhaitait leur imposer leur direction… pour 5 euros de plus. Mais qui a pu leur faire croire qu’elles avaient encore le droit de choisir ? Les menteurs UMPistes avec une belle constance. En tête Xavier Bertrand, actuel Secrétaire général mais alors ministre du Travail, en octobre 2008 (sur 20 minutes) : “Xavier Bertrand, a réaffirmé être favorable à l’assouplissement des règles du travail du dimanche, à condition que cela reste sur « la base du volontariat » et que « cela soit payé double », ce dimanche sur France 2″.

Une magnifique et généreuse affirmation de principe déjà tempérée en juillet dernier par Frédéric Lefebvre, cocasse porte-parole du parti majoritaire, qui avait magnifiquement résumé, en substance, que “le volontariat, d’accord, mais bon, quand même, faut pas pousser“ : on lit sur le site de l’UMP qu’il “a réaffirmé que cette proposition de loi était « basée sur un compromis entre le volontariat et la nécessité d’adapter les exceptions à la réalité d’aujourd’hui”. Il fallait donc “adapter” ce fichu droit du travail pour ne pas contrarier les désidératas patronaux : si une direction a le droit d’ouvrir son magasin, il lui faut des volontaires coûte que coûte, pas question que de maudits salariés, en refusant de travailler, l’empêchent d’ouvrir les tiroir-caisses aussi le dimanche. Mais à part ça, ils invoquaient la liberté !

Terminons ainsi ce tour d’horizon des têtes-à-claques gouvernementales avec Luc Chatel, actuel ministre de l’Education nationale, qui fit cette déclaration en janvier, alors qu’il était encore Secrétaire d’Etat à la Consommation : “Je suis venu vous dire que le gouvernement défendait le travail du dimanche. (…) Le gouvernement soutient cette proposition de loi parce que nous considérons qu’il faut donner au salarié la liberté de travailler le dimanche comme il le souhaite“. Et la liberté de disposer du repos dominical ? Liberté pour qui ? La morale de l’histoire vaut pour les trois caissières d’Ed mais aussi pour tout citoyen : il ne faut jamais croire Darcos, Bertrand, Lefebvre et Chatel. (*) Ni Sarkozy, ni Fillon, ni Bachelot, ni Hortefeux, ni Besson… Mais si vous êtes un fidèle plumonaute, il ne s’agit évidemment pas d’un scoop.

http://plumedepresse.com/spip.php?article1254

Parce qu’il y a encore des gens qui doutent de cette thèse ? Pour nous, qui étions en contact avec les groupes libanais et palestiniens, pour moi, qui habitais Beyrouth à l’époque, c’était du connu ! Le contentieux Eurodif, tout le monde savait…  (Dov)

A lire : Dans l’article de VOLTAIRE sur J.L. Brugière : http://www.voltairenet.org/article13591.html
ainsi que l’article sur l’assassinat du Général Audran – abattu sur ordre pour avoir révélé les réseaux “Stay Behind” en Europe  : http://www.voltairenet.org/article147368.html#nb9

[Olivier Bailly - 15/10/2009]

Le 21 février 1987, Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron et Georges Cipriani sont arrêtés par la police. Les quatre piliers d’Action Directe ont commis de nombreux attentats et des assassinats. Leur but : défendre le prolétariat, par les armes, s’il le faut, à l’instar de leurs cousins italiens des Brigades rouges et allemands de la Fraction Armée rouge.
En réalité, selon le journaliste Romain Icard qui a enquêté sur les motivations du quarteron d’activistes, Action directe a été manipulé par un état qui voulait régler ses comptes à la France. L’assassinat par haine du capitalisme est un prétexte romantique qui ne tient pas sous les coups de boutoir de l’investigation.
Mais toute la lumière n’avait pas été faite sur ce groupuscule dont l’histoire peut nous permettre de comprendre d’autres affaires, comme celle de Battisti ou de Julien Coupat.
L’Histoire secrète d’Action directe, enquête filmée de Romain Icard, est diffusée sur Canal+ vendredi 16 octobre à 22h20.
« Je suis complètement convaincu qu’Action directe a été commandité pour accomplir ces assassinats », déclare dans ce documentaire Yves Bonnet.On ne peut que souscrire à cette affirmation de l’ancien patron de la DST après avoir vu l’enquête de Romain Icard. Non seulement celui-ci nous permet de comprendre comment de jeunes jusquauboutistes aux idées bien arrêtées peuvent aller jusqu’à détruire la vie d’autrui (et la leur) mais aussi pourquoi le sommet de l’état a pu les laisser agir en toute impunité.

Ce film commence par retracer l’itinéraire de Rouillan qui avec ses camarades espagnols anti-franquistes exécuteront en 1973 un policier de l’autre côté de la frontière. Ses copains seront capturés. L’un deux, Puig Antich sera garroté. Rouillan s’en sort. A Toulouse, avec les anarchistes il créera les Groupes d’Action Révolutionnaires Internationalistes. En prison Rouillan prône la violence, les anarchistes prennent leur distance. Il y a scission.

Le film évoque le contexte de l’époque, les années 70 qui voient l’essoufflement de l’esprit de mai 68, l’auto-dissolution de la Gauche Prolétarienne dont certains membres, comme Gilles Millet (interviewé ici), fondateur de Libération, se reconvertissent majoritairement, alors que d’autres restent sur la carreau, déboussolés. C’est sur ce terrain que prospèrent généralement les déçus, les largués de tous bords, prêts à tout pour, sous prétexte de venger l’honneur du prolétariat qui n’en demande pas tant, satisfaire leur ego.

Lorsqu’il sort de prison, en 1977, Rouillan rencontre Nathalie Ménigon. Ils fondent Action directe et signent leur premier forfait le 1er mai 1979 en mitraillant le siège du patronat français. Pour l’heure ils sont entourés d’une dizaine de sympathisants. Ils multiplient les actions spectaculaires et leurs rangs grossissent. (Lire la suite…)

Si cette dame libanaise n’avait pas été Maronite, si c’est contre les israéliens qu’elle avait dirigé sa haine, pensez vous que le journaliste l’aurait laissé parler en lui disant “Non, mais je vous comprends” et pensez vous que la télévision française aurait diffusé de tels propos…

L’autre truc choquant est que cette dame qui est de la même génération que moi, n’a jamais été capable, 20 ans après la guerre, de sortir de sa tranchée mentale, d’aller s’informer sur l’autre côté, de voir que les atrocités et horreurs ont été tout autant le fait de son camp à elle, que la Phalange Gemayel a appliqué dans les faits ce qu’elle appelle de ses voeux… et que les Israéliens ont mille fois plus détruit son pays que les Palestiniens.

En fait, cette dame n’est jamais sortie de son Bunker. C’est triste…
(Dov)

JE DETESTE LES SYRIENS, JE VOUDRAIS VOIR LEUR PAYS EN RUINES, ET JE DETESTE ENCORE PLUS LES PALESTINIENS

[France 5 - 17/07/2009]

http://www.dailymotion.com/video/x9wipe_les-racistes-sionistes_news

Au début on se dit que c’est pas possible, c’est de l’humour… et ensuite on comprend que non, c’est de la connerie pure et simple. Ce qui est effroyable, c’est que c’est de la connerie approuvée par la société alors que, si ce gars était catholique ou musulman, il aurait déjà été cloué au pilori….

LA MINI-JUPE  DE CHRISTINE ET DE TATIANA ONT FAIT PLUS DE VICTIMES JUIVES QUE LA SHOAH

[Vidéo du cours du Rabbin Ron Chaya, sur "Comment éviter les mariages mixtes"]

Le Rav Ron Chaya est le directeur de l’association Leava.fr, qui se définit elle-même comme “une association à but non lucratif, apolitique, créée dans le but de diffuser les valeurs essentielles du judaïsme”. L’association “organise des cours menés par des conférenciers prestigieux, à Paris, à Lyon, à Marseille”. Le Rav Ron Chaya, en particulier, a enregistré de nombreux cours disponibles sur le site de l’association.

En Floride, l’éternel espoir du rebond

[Olivier Cyran - Le Monde Diplomatique - Août 2009]

(…) Depuis quelques mois, une mentalité moins arrangeante se manifeste pourtant à Miami. Dans le quartier noir de Liberty City, l’un des plus pauvres de la ville — l’un des moins intéressants aux yeux de Mme Bénichay —, un collectif baptisé Take Back the Land (« Reprendre possession de la terre – Reprends ton pays en main ») récupère des maisons saisies par les banques pour y loger des familles sans abri. A ce jour, dix habitations seulement ont fait l’objet d’une réquisition durable. Il est vrai que les obstacles sont nombreux. « D’abord, il faut qu’on trouve des maisons pas trop abîmées, indique M. Max Rameau, l’un des fondateurs du collectif. Or la plupart ont été saccagées par leurs occupants au moment de leur expulsion. Notre équipe peut effectuer des petits travaux, rebrancher l’électricité ou installer de l’électroménager de récupération, mais on n’a pas les moyens de faire du gros œuvre. Ensuite, il faut compter avec la police de Miami, l’une des plus détestables des Etats-Unis. Notre chance, c’est que la crise est si grave que les policiers n’ont pas nécessairement le temps ni l’envie d’envenimer les choses. Ils savent que le quartier est derrière nous : provoquer une émeute n’est pas leur priorité du jour. »

Né de parents haïtiens, lecteur de Frantz Fanon et des Black Panthers, M. Rameau se réjouirait presque de l’irruption de la crise, qui, dans son quartier du moins, a mis un frein provisoire à la voracité immobilière. Car, en dépit de ses vendeurs de crack et de ses trottoirs défoncés, Liberty City n’a pas été épargné par le boom du début des années 2000. A preuve, ce terrain vague clôturé de tôles à l’angle de la 17e Avenue et de la 62e Rue. « En 2006, la mairie a voulu offrir ce lopin à des promoteurs pour qu’ils y construisent des appartements de standing. Ce projet s’insérait dans le processus de gentrification (4) qui a grignoté Liberty City depuis les années 1990. La plupart des quartiers noirs, aux Etats-Unis, ont subi la même évolution : les promoteurs débarquent, achètent à bas prix, vident les lieux puis les revendent très cher. Evidemment, ils ne s’attaquent pas au cœur du quartier mais à ses bordures. Petit à petit, le quartier se rapetisse, mangé sur ses marges par une nouvelle population, généralement blanche ou noire embourgeoisée. C’est pour lutter contre cette dépossession que nous avons créé Take Back the Land. »

La suite appartient tout autant à l’histoire du quartier qu’à l’histoire des luttes. Le 23 octobre 2006, les militants de Take Back the Land s’emparent du terrain promis aux promoteurs pour y construire des cabanes en bois destinées aux mal-logés du voisinage. « On a d’abord organisé des réunions publiques pour convaincre les habitants, qui se montraient sceptiques, raconte M. Rameau. Puis on a créé un groupe plus restreint chargé de faire du porte-à-porte. Quand on est passés à l’action, les gens ont été si épatés de voir qu’on ne bluffait pas qu’ils nous ont massivement soutenus. C’est ce qui explique que la mairie ne nous a pas délogés. »

S’inspirant du Mouvement des sans-terre brésilien, le collectif met en place un lieu de vie autogéré où seuls l’alcool, la drogue et le harcèlement sexuel sont prohibés. Le « village », appelé Umoja (« unité » en swahili), va prospérer six mois, jusqu’à ce qu’un incendie le détruise une nuit d’avril 2007. « Dès le lendemain, les bulldozers avaient rasé tout ce qui tenait encore debout. Il n’y a jamais eu d’enquête (5). »

A la veille de changements sociaux majeurs ?

Depuis, la crise a pris le relais des militants pour embourber l’offensive des promoteurs. « Ils ont d’autres problèmes, à présent, ce n’est pas tout de suite qu’on va les revoir à Liberty City », note M. Rameau avec un sourire narquois, tout en s’étonnant que les foreclosures n’aient pas déclenché des mouvements de protestation plus massifs. La démarche qui consiste à reprendre aux banques ce qu’elles ont saisi épouvante nombre d’Américains, et pas seulement les agents immobiliers, comme en témoignent les commentaires indignés déversés sur le blog de M. Rameau. « Prendre des maisons qui ne vous appartiennent pas, vous ne manquez pas de culot, s’étrangle un internaute. Et pourquoi pas aller dans un hôtel et exiger qu’on vous offre une chambre gratuitement ? »

« On s’attaque au tabou de la propriété, ce qui n’est pas une mince affaire, dans ce pays, soupire le porte-parole de Take Back the Land. C’est assez curieux : la plupart des gens trouvent normal que vous saccagiez votre maison quand la banque vous éjecte, mais ils ont beaucoup plus de mal à accepter que vous la remettiez en état pour héberger des familles. »

Lui aussi pourtant se déclare optimiste, même si c’est pour des raisons autres que celles de M. Trump : « Nos actions commencent à faire des émules, à Portland, à Denver, en Californie… On est très minoritaires, pour l’instant, mais les gens n’ont pas d’autre choix que de se prendre en main. C’est une question de survie. Ça va peut-être demander dix ans, mais je suis persuadé que nous sommes à la veille de changements sociaux majeurs. »

http://www.monde-diplomatique.fr/2009/08/CYRAN/17693

El Mundo va bien plus loin que la simple question… il accuse carrément la police espagnole d’avoir monté l’opération de toutes pièces…et encore une fois, Voltaire nous révèle un débat de société qui – alors qu’il fait rage en Espagne – est totalement passé sous silence en France. Parce qu’il ne rentre pas dans les schémas de lecture de la pensée unique occidentale ?

Et pour ceux d’entre nous qui avons vécu les années 70  et la “stratégie de la tension”, les faux attentats, les militants infiltrés et manipulés, les cibles “désignées” par le Ministère de l’Intérieur, les tireurs de ficelle neo-fascistes comme Licio Gelli ou Jacques Foccart, la P2, Operation Northwoods, les “Stay behind”, l’orchestration de l’opinion publique par des agences qui alimentent de manière ciblée la presse imbécile…  Quand on se souvient de tout cela, rien de ce qui écrit dans cet article nous paraît incroyable… au contraire.

11 mars 2004 à Madrid : était-ce vraiment un attentat islamiste ?
[Mathieu Miquel - Voltaire - 11/10/2009]

Il y a cinq ans, une série d’attentats endeuillait Madrid. Après avoir été successivement attribuée à ETA, puis à Al-Qaïda, cette opération a été considérée par la Justice espagnole comme d’inspiration islamiste, mais sans lien avec des réseaux internationaux.
Cette conclusion, qui répondait à une nécessité politique, est contestée par une partie de la presse, El Mundo en tête. Nous revenons sur cette affaire, comme nous l’avions fait pour les attentats du 11-Septembre aux États-Unis, ou encore ceux de Bali, Casablanca et Londres.

192 tués et 1800 blessés : l’attentat de Madrid est un traumatisme pour la société espagnole, d’autant que la polémique sur les auteurs réels de l’attentat n’est toujours pas close. Le 11 mars 2004 vers 7 heures 40, dix bombes explosent dans quatre trains de banlieue en l’espace de quelques minutes. La date semble choisie soigneusement, on est à trois jours des élections générales, le Parti Populaire (droite) sortant de José-Maria Aznar en est favori. Les médias et la majorité des espagnols ont immédiatement suspecté l’ETA, le groupe nationaliste basque, contre lequel Aznar a prôné la manière forte. Mais les soupçons de l’opinion publique se retournent vers Al-Qaïda quand les premières informations filtrent de l’enquête et quand des suspects marocains sont arrêtés, à la veille de l’élection. Cette attaque pourrait être une représaille à la participation de l’Espagne dans la guerre d’Irak, même si les autopsies montrent qu’il n’y a pas eu de kamikaze. L’entêtement du gouvernement Aznar à condamner l’ETA passe pour un calcul électoral et le vote du 14 mars donne la victoire au Parti Socialiste de José Luis Zapatero. Trois semaines plus tard, le 3 avril, 7 suspects maghrébins « se suicident » en faisant exploser leur appartement alors qu’ils sont assiégés par la police. L’instruction de l’enquête dure plus de deux ans et en février 2007 le procès de l’attentat s’ouvre. Le verdict est rendu en octobre 2007 : la Justice valide la thèse de l’attentat islamiste. Mais les commanditaires présumés de l’attentat sont absouts, seul un prévenu est reconnu coupable d’avoir posé des bombes dans les trains, et la plupart des 29 inculpés sont condamnés pour leur appartenance à des groupes jihadistes et non pour leur implication dans l’attentat. Le jugement en appel confirme cette sentence en juillet 2008.

En Espagne cet attentat, désigné comme « 11-M » d’après sa date, est l’objet d’une intense polémique. La presse étrangère n’a pratiquement pas rendu compte de la polarisation des médias espagnols sur le sujet [1]. Les deux principaux quotidiens nationaux s’opposent rudement. Pour El Pais (centre gauche, atlantiste), la thèse islamiste ne fait aucun doute, tandis que pour El Mundo (centre-droit, souverainiste), cette piste est une fabrication policière. Le journaliste le plus emblématique de cette opinion est sans doute Luis Del Pino, du premier quotidien numérique d’Espagne Libertad Digital, et également auteur de plusieurs livres et documentaires de TéléMadrid [2] sur le thème. Cette position est souvent traitée de théorie du complot ou de « consparanoïa » par d’autres médias, plus soucieux de jeter le discrédit que d’entrer dans un débat argumenté. Les sceptiques sur la thèse de l’attentat islamiste sont eux-mêmes divisés : certains incriminent l’ETA, d’autres suspectent des services secrets, espagnols ou étrangers. Cet article ne rentrera pas dans la discussion des véritables auteurs de l’attentat, il s’en tiendra à démontrer que la version officielle est fausse. (Lire la suite…)

Commentaire de Tim Carr: Dans les années 1930, au moment de la Grande Dépression, la pression sociale des millions de pauvres jetés à la rue avait provoqué, aux Etats-Unis, une situation que même les plus conservateurs qualifiaient de “pré-révolutionnaire”.

Les chomeurs assiégaient le Capitole avec des “villages de tentes” (tent cities) et partout les mouvements ouvriers réclammaient l’effacement des dettes des ménages, la nationalisation des établissements des crédits ainsi que des programmes d’investissements publics dans les infrastructures, afin de créer des emplois – plutot que de sauver les spéculateurs…

Confronté au New Deal de Roosevelt, les milieux de la finance avaient hurlé au “socialisme” et avaient même, à un moment, envisagé de renverser le gouvernement et remplacer Roosevelt par un héros de la Grande Guerre, populiste et manipulable (qu’ils pensaient). Ils avaient résolu la crise sociale – comme si souvent dans l’Histoire du capitalisme – en jettant le pays dans la guerre, grâce à l’orchestration de l’attaque de Pearl Harbour.

Aujourd’hui, aux Etats-Unis, on ne trouve plus rien de cette militance ouvrière et sociale. 30 ans de politique néo-libérale et de glorification de l’individualisme ont définitivement détruit chez mes compatriotes le sens de l’action collective. Dans mon quartier de Chicago, des rues entières ont été vidées de leurs habitants, les uns après les autres, sans que jamais quelqu’un se dise : “et si on s’organisait tous ensemble pour résister aux expulsions”. Les gens se sont laissés jeter à la rue, presque honteusement, ils ont ravalé leur colère et sont partis la queue basse se réfugier chez la famille ou dans les centres de charité. Je n’ai pas eu connaissance d’une seule action de révolte parmi les “foreclosed”… et quand la rue bouge, comme à Detroit, c’est le chacun pour soi.

Les capitalistes peuvent dormir tranquilles, ils ont réussi à castrer le peuple en lui insoufflant que tout ce qui lui arrive est de sa faute et qu’il ne s’en sortira qu’en acceptant des sacrifices… tandis que “ceux d’en haut” se goinfrent de bonus…

[Charlie LeDuff, George Hunter et Santiago Esparza, The Detroit News, 7 octobre 2009 - Trad. Contre-Info]

Les milliers personnes qui se sont pressées dans l’espoir d’obtenir les formulaires de demande d’aide fédérale pour les loyers et les factures de services publics ont transformé aujourd’hui les abords du Cobo Center [un centre d’exposition et de conférences - ndt] en une scène de chaos.

Les demandeurs étaient venus à pied, en fauteuil roulant, en vélo et en voiture. Environ six personnes ont quitté lieux en ambulance. En raison de la tension et de l’énervement croissants, plusieurs personnes ont été piétinées, indique un infirmier présent sur les lieux.

Les habitants de Detroit tentaient de mettre la main sur les 5 000 formulaires de demande d’aide fédérale distribués par la ville. Détroit a reçu près de 15,2 millions de dollars de fonds fédéraux au titre des programmes de Prévention des Sans-abris et du Relogement Rapide, qui attribuent une aide financière temporaire et des logements aux personnes et aux familles sans-abri, ou qui le seraient en l’absence de ces aides.

Des membres des services médicaux d’urgence présents sur les lieux ont déclaré avoir traité des demandeurs qui ont été blessés lors de la ruée de la foule tentant d’obtenir ces formulaires.

Voilà ce qui arrive lorsqu’une ville remplie de gens ruinés reçoit un peu d’argent, déplore Walter Williams, 51 ans, qui avait commencé à faire la queue pour un formulaire avant le lever du jour.

« Ce matin, j’ai vu le rideau se lever sur le malheur », dit-il. « Des gens qui se battent en faisant la queue. Ils se menaçaient de se tirer dessus. Est-ce que nous en sommes arrivés là ? »

« Les gens ont désespérément besoin d’aide financière pour conserver leur logement, payer leurs factures, pour qu’ils puissent faire la soudure avant d’avoir retrouvé un emploi ».

Ce mercredi, à l’extérieur du Centre Cobo, certaines personnes fendaient la foule pour arracher les formulaires des mains de ceux qui les avaient déjà obtenus. Les lieux résonnaient du vacarme constant des cris des personnes tentant de pénétrer à l’intérieur du Centre.

Latanya Williams, qui vit à Detroit depuis 32 ans, déclare avoir rapidement rempli son formulaire car « les gens les volent ».

« J’espère obtenir n’importe quelle aide qu’ils puissent me donner », dit-elle. « Tout le monde a besoin d’aide. »

En fin de matinée, les formulaires manquaient. Mais des escrocs ont eu l’idée de photocopier l’original et de vendre ces copies pour 20 dollars. Ils faisaient de bonnes affaires. Les désespérés sont des proies faciles. Les formulaires originaux de couleur blanche portaient une mention indiquant clairement : « Ne pas dupliquer – Vous devez utiliser le formulaire original. »

En fin de matinée, toutefois, les volontaires du Detroit Planning and Development Department distribuaient eux-mêmes des photocopies jaunes.

« Je ne suis même pas sûr que le gouvernement acceptera ces formulaires », s’interroge Pam Johnson, une bénévole. « C’est comme s’il fallait calmer les gens. Il y avait presque une émeute. Il a fallu faire appel à l’escouade de répression des gangs. J’ai vu une vieille dame presque piétinée à mort ».

Pour Jean Paul, qui vit à Détroit depuis 25 ans, cette foule et ce chaos montrent que les gens ont besoin d’aide.

« Nous en avons besoin », dit-il, en parlant d’argent. « Quoi qu’ils aient pour moi, cela sera bien ».

John Roach, le second adjoint de la police, considère que les 150 agents présents ont gardé le contrôle de la situation. « Il ya eu quelques bousculades, et certaines personnes ont perdu connaissance », précise-t-il. « Étant donné que nous avions là 15 000 personnes, je suis surpris que les choses se soient déroulées de façon aussi ordonnée. »

Il est difficile d’estimer la foule présente car toutes les files d’attente serpentaient à travers le centre de convention, à l’extérieur le long du bâtiment, et en bas de la rampe du parking. Un officier de police a estimé la foule à 50 000 personnes.

Plus de 25 000 formulaires avaient été retirés en moins de trois heures la veille dans les bureaux de quartier de la Mairie. Karen Dumas, la porte-parole du maire Dave Bing, explique que ce jour là certains ont cru à tort qu’ils recevraient des espèces sur place.

« C’est totalement faux », précise-t-elle. « Il y a un circuit administratif ».

L’affluence a été si importante que les fonctionnaires de police de Detroit et les responsables des pompiers ont envisagé d’arrêter la distribution en raison du trop grand nombre de personnes.

Nous avons rencontré Kelley Turcotte, qui est plongeur dans un restaurant, près de l’extrémité de la file d’attente vers 10h30. Agé de 27 ans, il vient d’avoir un fils et ne peut faire face à ses factures.

« J’espère que le gouvernement verra ce qui se passe, et comprendra que la ville a besoin de beaucoup plus d’aide que celle qui lui est donnée », déclare-t-il.

Luis Irizarry, 35 ans, est venu de Flint en voiture, espérant profiter de l’occasion d’obtenir une aide. C’est seulement ensuite qu’il a découvert que seuls les habitants de Detroit pouvaient en bénéficier. Pour lui ce fut un choc de voir autant de gens dans le besoin.

Tony Johnson est venu à 5 heures du matin. M. Johnson n’a pas réussi à trouver d’emploi depuis trois ans.

« Si je pouvais gagner à la loterie, je ne serais pas ici », plaisante-t-il. Puis il poursuit : « il n’y a pas de tranquillité parce qu’il n’y a pas d’emplois. Tout le monde est à la recherche d’un extra, d’un coup de main. Ils ne me comptabilisent pas comme chômeur parce que je n’ai pas d’allocation. C’est comme si je n’existais même pas. Mais j’existe. Regardez autour de vous. Il y a des milliers … des millions dans ce cas. »

Dan McNamara, qui dirige la section 344 des pompiers de Detroit, observe depuis sa fenêtre le Cobo Center.

« C’est tout à fait représentatif des difficultés de la classe moyenne en Amérique », juge-t-il. « Nous avons été trahis par le gouvernement, les agents immobiliers et ceux qui en ont profité. Le contrat a été rompu. »

Sur le web :

Detroit Free Press : Chaos reigns at Detroit aid event

People fainted, others fought as the Detroit Police Gang Unit tried to keep people in line — some since last night — and in check.

“It’s a disaster here,” former assistant Detroit Police chief and city council candidate Gary Brown said, handing out water. “This is dangerous. Very unorganized, very dangerous.”


Publication originale Detroit News

, traduction Contre InfoIllustration : scène de bousculade au Cobo Center

Est-ce qu’elle a une forme de godemichet au moins ? Moulée sur la queue de Ben Laden :-)

Et bien sûr, cela signifie que  tout Kamikaze mourrant de cette façon arrivera au paradis sous les ricanements de ses confrères martyrs (et des houris) qui le traiteront désormais de GOATSE !!!!! (attention, ne cliquez que si vous avez l’estomac bien accroché)

La bombe-suppositoire inquiète les services de sécurité

[Libération - 05/10/2009]

Selon une note interne de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), révélée par le Figaro, les terroristes islamistes seraient dorénavant capables de dissimuler leur bombe à l’intérieur de leur corps.

C’est un attentat, revendiqué par une branche d’Al-Qaeda, contre le prince Mohammed bin Nayef, le 28 août en Arabie Saoudite, qui a alerté les services de renseignement du monde entier. L‘auteur a utilisé «un explosif ingéré, ou plutôt introduit comme un suppositoire. Autant dire indétectable. Le kamikaze n’avait plus qu’à le déclencher grâce à son téléphone mobile que les cerbères du palais n’ont pas eu la présence d’esprit de lui retirer», a commenté un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur à Paris.

Casse-tête sécuritaire

Cette escalade technologique dans le terreur inquiète au plus haut point les experts de la sécurité. Cité par Le Figaro, un officier de la direction centrale de la police aux frontières (DCPAF) explique que «nos plates-formes aériennes sont équipées de détecteurs de métaux, mais dans le cas du kamikaze saoudien, seul un contrôle aux rayons X aurait permis de détecter l’explosif, comme on repère les capsules de drogue dans le ventre des passeurs. (…) Or, on imagine mal devoir faire passer des millions de passagers à la radio avant de monter à bord.»

Confiscation des téléphones ?

D’autant plus que des expositions répétées aux rayons X sont dangereuses pour la santé en raison notamment des risques de cancer. Impensables pour les frequent flyers qui accumuleraient alors les radiations au même rythme que les miles de fidélité.

Si l’ingestion d’explosifs se révèle impossible à détecter de manière sûre et rapide, la seule solution resterait d’empêcher leur déclenchement par radiofréquence, ce qui pourrait par exemple se traduire par le retrait des téléphones portables durant les vols.

http://www.liberation.fr/monde/0101595193-la-bombe-suppositoire-inquiete-les-services-de-securite?xtor=EPR-450206

[Florent Pecchio - LIBÉRATION - 17/09/2009]

Pour Michèle Alliot-Marie, ce n’est qu’une «erreur matérielle». Une disposition «curieuse et contestable» pour Henri de Raincourt, ministre chargé des relations avec le Parlement. Pour Roland Muzeau, porte-parole des députés PCF, il s’agit d’une «infiltration» de la Scientologie au sein du ministère de la justice.

Au lendemain de la révélation par la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) de la modification de la loi qui retire la possibilité de dissoudre un mouvement sectaire, les réactions se multiplient, à droite comme à gauche. La nouvelle a de quoi interpeller, pour deux raisons: d’abord, parce que ce fameux vote est intervenu seulement treize jours avant le procès de l’Eglise de scientologie à Paris. Ensuite, parce que ce texte est passé inaperçu pendant quatre mois, et qu’il a été validé par les personnes qui le brocardent aujourd’hui.

Loi de simplification

L’article litigieux, qui profite à la Scientologie, se trouve donc au coeur de la «loi de simplification et de clarification du droit et d’allègement des procédures». Un texte destiné à épurer certains articles de loi, parfois gangrénés de multiples détails superflus, et mis sur les rails au cours de l’été 2008. L’objet de la polémique, c’est un article de cette loi, le 124e des 140 que comprend ce texte «fourre-tout», où sont modifiés des articles du code du travail comme des collectivités territoriales.

Un alinéa de cet article 124, là encore noyé au milieu des autres, met la fameuse dissolution aux oubliettes. Elle ne figure plus parmi les moyens mis à la disposition d’un juge pour sévir face à des mouvements sectaires. (Lire la suite…)

Avec la crise, la société capitaliste renoue avec les fondamentaux de l’Ordre Moral bourgeois qui veut que – en dehors de la petite synarchie d’entre-nous qui gouverne le monde – la population est un ensemble grouillant et dangereux qu’il faut surveiller en permanence “afin de prévenir l’acte criminel avant même sa conception par le malfrat” comme le théorisait déjà Victor Hugo à travers le personnage de Javert.

Et comme tout le monde est suspect au regard de l’Autorité et que Brice Hortefeux reprend sur le site Web de son Ministère le mot d’ordre inventé par Feliks Dzierżyński, fondateur du KGB  – si vous n’avez rien à vous reprocher, alors pourquoi voudriez vous nous cacher quelque chose ? – vous comprendrez qu’il n’y a aucune raison pour laquelle l’Autorité vous accorderait encore la moindre vie privée.

“La vie privée, c’est pour les gens qui ont quelque chose à cacher. Les citoyens honnêtes n’ont pas de rideaux à leurs fenêtres. L’Ordre Social repose sur le contrôle par le regard social sur les activités de chacun” cette phrase qui ne déparerait pas dans la bouche d’Alain Bauer, provient en fait d’un Ministre du gouvernement Taliban en Afghanistan, dans les années 1990.

Londres veut ficher 11 millions d’adultes en contact avec des enfants

[Sonia Delesalle-Stolper - Libération - 16/09/2009]

Le projet du gouvernement travailliste provoque une énorme polémique, y compris parmi les associations de protection de l’enfance

Pris dans la tourmente d’une vague de critiques sans précédent, le gouvernement britannique opère depuis quelques jours un rétropédalage en accéléré. En cause ? L’introduction début octobre d’un nouveau système de contrôle du casier judiciaire de toutes les personnes en contact régulier avec les enfants dans le cadre d’activités diverses.

Ce système est né d’un drame. En 2002, deux fillettes d’une dizaine d’années étaient violées et tuées par Ian Huntley, qui travaillait comme homme à tout faire dans l’école où les enfants étaient scolarisés. Ian Huntley avait déjà fait l’objet de poursuites pour abus sexuels sur des mineurs, mais son dossier s’était perdu dans les méandres de l’administration.

Une commission a donc travaillé trois ans pour élaborer un nouveau système supposé renforcer la sécurité des enfants. Ce programme prévoit que quiconque travaillant avec des enfants ou des adultes vulnérables, que ce soit pour un salaire ou sur la base du volontariat, devra désormais se soumettre à une vérification de son casier judiciaire.

En l’état, ce système s’appliquerait à tout adulte participant à une activité avec des enfants de manière « fréquente » (une fois par mois) ou « intensive » (au moins trois fois par mois). En bref, tous les entraîneurs et parents volontaires qui participent aux activités de différents clubs de sports, les parents volontaires pour venir faire lire les enfants à l’école, une activité très répandue au Royaume-Uni, mais aussi les opticiens, dentistes, médecins et professeurs particuliers seraient concernés. Le contrôle s’appliquerait même aux parents recevant un enfant étranger dans le cadre d’un échange linguistique organisé par l’école.

Le refus de se soumettre à ce contrôle serait puni d’une amende de 5.000 livres et d’une mention dans le casier judiciaire. Au total, 11,3 millions de personnes seraient concernées par ces nouveaux contrôles, soit un Britannique sur cinq ! (1) (Lire la suite…)

[De Defensa - 11/06/2009]

Il n’est plus un jour qui ne nous apporte de nouvelles indications sur le mouvement de déconstruction de l’influence israélienne aux USA, et plus particulièrement, – et ceci explique cela, on le verra plus loin, – de l’influence des extrémistes israéliens via le Lobby (l’AIPAC). Il s’agit ici d’un texte de Ira Chernus, professeur d’études religieuses à l’université du Colorado et spécialiste des questions stratégiques, nucléaires et conflictuelles considérées du point de vue théologique. Publié sur Thruthout le 9 juin 2009 <http://www.truthout.org/060909R> , ce texte présente l’intérêt d’une enquête dans les milieux parlementaires US à propos de l’influence de l’AIPAC.

Chernus décrit d’abord le processus habituel pour “endoctriner” selon les consignes de l’AIPAC les jeunes parlementaires, notamment démocrates, sans avis sur la question du Moyen-Orient, et qui subissent régulièrement un “lavage de cerveau”, venu en général de généreux donateurs commandités par l’AIPAC. La chose renvoie aux plus basses méthodes de conditionnement et de propagande des systèmes totalitaires les plus cyniques et les plus méprisables. Pas de surprise, quand on a une idée claire de l’AIPAC et de la direction israélienne actuelle, autant que des habitudes parlementaires US.

Mais les choses changent… «Now, for the first time, there are signs of a crack in AIPAC’s vaunted political edifice.» Il faut dire que la bataille, qui porte actuellement sur la résistance de Netanyahou à propos des demandes d’Obama sur la question des implantations comme si cela engageait évidemment la survie d’Israël, représente une cause d’une telle médiocrité par rapport aux véritables enjeux qu’il y a là une démarche alimentant son propre discrédit. («“Even the most conservative institutions of Jewish American life don’t want to go to war over settlement policy,” said David Twersky, who was until recently the senior adviser on international affairs at the American Jewish Congress.») (Lire la suite…)

Hervé Morin, qui a viré Aymeric Chauprade pour avoir osé mettre en doute les vérités offiicielles, ou encoreClaire Guillot, la journaliste du “Monde” qui s’offusquait qu’un photographe à “Visa pour l’image” puisse émettre des doutes sur la thèse officielle du 11-Septembre-2001… tous ces gens vont s’étrangler lors de leur prochain passage dans les boutiques de presse RELAY.

A la caisse, en tête de gondole, dans le présentoir des “A lire d’urgence”, il y a le numéro hors série “Les grands mystères de l’Histoire” – titré “11 Septembre – les preuves du mensonge” avec le film “Zéro”  fourni en prime sur DVD.

J’ai fait le tour des RELAY de ma ville, il y en a déjà plus… j’ai fini par en trouver un dans un magasin de presse et encore la dame ne voulait pas me le filer parce qu’elle se l’était réservé.

J’en connais qui vont être pas contents du tout… En attendant, précipitez vous pour acheter votre exemplaire. Soirée télé animée en perspective. On a testé pour vous !

ZERO – Enquête sur le 11 Septembre

« Zéro, enquête sur le 11 Septembre » est une enquête journalistique aussi rigoureuse qu’approfondie mettant en exergue un nombre alarmant d’inexactitudes et d’incohérences dans la version des attentats du 11 septembre 2001 telle que donnée par l’administration Bush.

À l’origine de ce film, Giulietto Chiesa qui fut journaliste pour les plus grands journaux italiens pendant trente ans et qui est aujourd’hui député au Parlement européen. Plébiscité par les médias italiens et sélectionné pour le festival du cinéma de Rome en octobre 2007, « Zéro, Enquête sur le 11 Septembre » est un film d’une très grande qualité, sans aucun doute l’un des meilleurs films sur les attentats du 11 Septembre. Giulietto Chiesa s’est entouré de plusieurs journalistes d’investigation, dont Franco Fracassi le réalisateur du film, pour enquêter une année durant aux États-Unis et en Europe.

http://www.reopen911.info/boutique/dvd-zero.html

La présence de Barack Obama à la Maison Blanche fait ressortir tout un tas de phantasmes chez les racistes blancs aux Etats-unis… comme le démontre cette information complètement loufoque sur la mère de Michelle Obama.

Parce que, évidemment, on sait bien que les Nègres sont adeptes de rituels primitifs et sauvages. La presse a donc sauté sur une vague rumeur comme quoi Mme Robinson aurait fait appel à un prêtre Santero lors de la maladie de son mari… pour en faire une histoire de culte vaudou dans les caves de la Maison Blanche, avec tambours, trances, bougies et poulets égorgés. Ouuuuhhh, le frisson !!!!

[Emmanuel Ratier - Faits et Documents - n° 280]

Agée de 72 ans, Marian Robinson, la mère de Michelle Obama, habite à la Maison-Blanche où elle est censée servir de « nounou » aux filles du président américain Barack Obama, Sasha et Malia. A la mi-août, elle a été surprise alors qu’elle pratiquait un rite vaudou, la santeria, avec une prêtresse de ce culte luciférien, à l’intérieur même de la demeure présidentielle. La prêtresse de Chicago a été interdite d’entrée et la grand-mère a été priée d’être plus discrète afin d’éviter tout scandale pouvant rappeler les liens du président américain avec les cultes vaudous.

http://www.faits-et-documents.com

[Gregor Seither - IES News Service - 12/09/2009]
Nick George, étudie l’Arabe au Pomona College (Californie). Au retour des grandes vacances il s’apprêtait à rejoindre son université quand les haut-parleurs externes de son ordinateur, qu’il transportait dans son sac à dos, ont déclenché un contrôle lors de l’embarquement. En fouillant son sac, les contrôleurs sont tombés sur ses notes de cours… rédigées en Anglais et en Arabe. Cela lui a valu de passer un journée en prison et la remarque, par un agent du TSA, que “avoir des textes en Arabe dans un aéroport (la veille du 11 septembre), c’est vraiment de la provocation“. . .

Nick George reconnaît qu’il avait tout pour plaire au contrôleur de la Transport Safety Authority. Non seulement ses notes de cours étaient en Arabe, mais en plus il avait des tampons jordaniens dans son passeport, étant donné qu’il avait étudié un semestre à Amman. “Et comme je me sers d’Al-Jazira pour réviser mon vocabulaire, parmi mes 200 fiches de notes figuraient des mots comme “terrorisme” et “explosion

Je comprends bien que je puisse être remarqué lors d’un contrôle. Ils auraient du me faire passer dans une salle, me fouiller, vérifier que je suis un étudiant légitime, que je ne transportais rien d’illégal et me laisser repartir.” Mais ce n’est pas ce qu’à fait TSA, initiant au contraire une spirale kafkaienne d’hystérie sécuritaire.

Après avoir été retenu trois-quart-d’heures dans une pièce, une agente TSA est venu l’interroger. Sa première question a été de savoir ce que Nick pensait des évènements du 9/11.

Est-ce que vous savez qui a organisé les attentats du 9/11?” a demandé la femme.

Nick lui a répondu que c’était Osama ben Laden. La femme lui a alors répondu d’un air arrogant : “Et quelle langue parle-t’il, Osama Ben Laden ?”

Peu de temps après, des agents de police sont arrivés et ont ordonné à Nick de se tourner afin qu’ils lui passent les menottes. “Je leur ai demandé à plusieurs reprises pourquoi on m’arrêtait, on ne m’a jamais répondu“. Il a été enfermé – toujours menotté – dans une cellule du poste de police.

J’avais lu plusieurs articles de gens qui – arrêtés sans raison – avaient aggravé leur cas à cause de leurs protestations. J’ai donc décidé d’être un prisonnier modèle et d’attendre sagement qu’on vienne s’occuper de moi.”

Après plusieurs heures d’attente, toujours menotté, deux agents du FBI sont venus le chercher et l’ont fait asseoir dans une salle d’interrogation. “Ils étaient très polis. Ils voulaient savoir pourquoi j’apprenais l’Arabe alors que ma spécialité d’études était la physique. Pourquoi je m’intéressais au Moyen-Orient, pourquoi j’étais allé y vivre. Est-ce que quelqu’un m’avait proposé de rejoindre un groupe terroriste. Est-ce que j’étais “islamique” ou bien est-ce que, dans le cadre de mes études, j’avais rejoint des groupes “islamiques” ou bien “communistes” (sic).

Le FBI a également expliqué plus tard, interrogé par la presse, que ce qui avait attiré l’attention des “filtreurs” était le “comportement suspect” de Nick George. Les notes en Arabe, sa carte d’étudiant de l’université d’Amman avec son nom écrit en Arabe et en Anglais… tout cela le rendait suspect.

Mais aussi le fait que, sur la photo de son permis de conduire, il avait les cheveux longs alors que maintenant il les portait courts. Pour le Lieutenant Louis Liberati, du FBI, “Ca c’est un indicateur d’une personne qui a pu passer par une phase de radicalisation et qui tente de le dissimuler“. Un autre élément suspect : “il était trop poli, il ne s’est pas énervé, il n’a presque pas protesté” a expliqué Liberati. “Comme s’il ne voulait pas attirer l’attention. C’est louche“.

“Ils m’ont expliqué que leur travail était plus intuitif que scientifique.” raconte Nick George. “Que leur travail était d’évaluer si je posais un danger ou pas et que, dans mon cas, il avaient finalement décidé que je ne posais pas de danger“.

C’est ainsi que, plusieurs heures après avoir voulu prendre son avion, Nick George a été libéré. En repartant, il a croisé la femme agente du TSA qui l’avait interrogé au départ. “Elle m’a dit, d’un air réprobateur, que je n’avais qu’à m’en prendre à moi-même. Venir dans un aéroport, avec des papiers écrits en Arabe, c’était une provocation…”

[Sam Smith - Undernews - 01/09/2009]

Voici un article extraordinaire (notamment par le fait qu’il est publié dans le New-York Times, journal pas vraiment connu pour ses idées gauchistes) mais écrit de telle manière (pas étonnant, vu la source) à ce que le lecteur n’en saisisse pas l’idée maitresse : le socialisme, c’est rentable, même quand c’est George w. Bush qui en est à l’origine.

Quand on entend le débat qui fait rage en ce moment aux Etats-unis à propos des réformes fiscales et du service de santé de l’Administration Obama, on peut qu’être frappé par l’incohérence des thuriféraires néo-conservateurs et de droite qui hurlent au “Socialisme” de Barack Obama.

Ces esprits partisans font semblant d’ignorer qu’il s’agit exactement du même “socialisme” que celui initié par George W. Bush à travers son “Plan TARP” (ou Plan Paulson) – et que cette “intervention de l’Etat” (anathème pour les capitalistes) a déjà produit un retour sur investissement de 14% pour les fonds publics versés à Goldman Sachs, un bénéfice de 5% pour l’argent prêté à JP Morgan ainsi qu’un bénéfice de 12% sur l’argent prêté à American Express. Ces chiffres sont extrapolés à partir des estimations du Trésor sur les sommes investies dans chacune de ces entreprises par les “socialistes” de l’Administration Bush et Obama.

Malheureusement, ces profits ne sont que temporaires, étant donné que les Etats-Unis n’ont le droit que de pratiquer du “socialisme canada-dry” : le gouvernement n’a le droit que d’investir de l’argent dans des secteurs que l’économie privée dédaigne – couverture sociale, aide médicale, éducation et transports en commun par exemple.

Mais c’est un excellent exemple de l’imbécilité qui caractérise ce débat autour de la reforme du système de santé – un débat influencé par la presse convetionnelle qui accepte les théories de la droite sans même réfléchir et regurgite la pensée unique à longueur de journée.

Notez la schizophrénie du journaliste qui, tout en reconnaissant que les investissements TARP ont été une source de profits pour le gouvernement, se sent néanmoins obligé d’insister (en bon croyant) que “ces résultats permettent d’espérer que le gouvernement va bientôt pouvoir se retirer du métier de banquier.”

(The New York Times 31/08/2009)Près d’un an après la mise en oeuvre du plan fédéral de sauvetage des plus grandes banques du pays, les contribuables commencent à voir des retours de profits sur les centaines de milliards de dollars versés aux banques pour les aider à supporter la crise, des sommes gigantesques dont les critiques du Plan TARP disaient qu’elles seraient perdues à jamais. Les bénéfices, collectés auprès de huit des plus grandes banques qui ont intégralement remboursé leurs prêts gouvernementaux, équivalent à environ 4 milliards de dollars – soit l’équivalent d’un taux de rendement annuel de 15%, selon un calcul financier établi par un cabinet spécialisé, commandité par le New York Times.

Néanmoins, ces bénéfices ne sont qu’une toute petite partie du gigantesque effort de sauvetage entrepris par le gouvernement fédéral l’an dernier afin de stabiliser des banques et autres entreprises secouées par la crise. Le gouvernement est toujours confronté à d’importants risques et des pertes potentiellement très lourdes suite à son sauvetage du géant de la réassurance  American International Group, des entreprises de crédit immobilier Fannie Mae et Freddie Mac, ainsi que les constructeurs automobiles General Motors et Chrysler. Le Trésor US pourrait également souffrir d’avoir garanti des milliards de dollars de crédits immobiliers toxiques.

Mais la nouvelle que le Plan TARP commence déjà a dégager des profits a été accueillie avec surprise et soulagement dans les milieux économiques. Ces résultats permettent d’espérer que le gouvernement va bientôt pouvoir se retirer du métier de banquier.

http://www.nytimes.com/2009/08/31/business/economy/31taxpayer.html?_r=1&amp;hp=&amp;pagewanted=print

Pardon, nous avions raison trop tôt
[Cécile Chevré - La Quotidienne de MoneyWeek - 01/09/2009]
Signaux contradictoire sur la solidité de la reprise“, titrent Les Echos, “La publication, désormais récurrente, de statistiques économiques encourageantes pousse les marchés financiers à une euphorie qu’ils n’avaient pas connue depuis plus de deux ans. Pourtant, les économistes pointent du doigt les nombreux risques qui pèsent sur la reprise“.

Sérieusement ? Il y aurait donc quelques nuages menaçants dans le ciel radieux de l’économie ? Pour ceux qui nous lisent régulièrement cette annonce n’a absolument rien d’étonnant. Bien au contraire.

Parmi les points noirs soulevés des deux côtés de l’Atlantique : le chômage. Je vous éviterai, cher lecteur, de vous rabâcher une fois de plus nos inquiétudes sur la montée du taux de chômage, nous en avons déjà largement traité dans de précédentes Quotidiennes. Voici ce qu’en disent Les Echos : “La hausse du chômage constitue, outre la source de drames personnels, un frein à la croissance, lié à la baisse de la consommation, à la hausse de l’épargne et au coût de l’assurance-chômage“.

Et le constat est le même pour les Etats-Unis : “L‘impact du chômage à 9,5%, dont le nouveau chiffre pour août sera annoncé vendredi et pourrait atteindre 9,8% selon les analystes, est la principale inconnue. Certains analystes redoutent un impact durable sur le comportement des consommateurs, avec une forte tendance à l’épargne“.

Un taux de chômage d’autant plus inquiétant que, comme nous le rappelions le taux de chômage officiel est bien en-deçà du taux réel. C’est cette fois la Fed elle-même qui confirme ce que nous soupçonnions par la voix d’un de ses responsables Dennis Lockhart, cité par Le Monde : “Si l’on prend en compte les gens qui voudraient un emploi mais ont cessé d’en chercher un [les travailleurs dits 'découragés'] et ceux qui travaillent un nombre d’heures inférieur à ce qu’ils souhaiteraient, le taux de chômage passerait des 9,4% officiels à 16%”

http://www.moneyweek.fr/conseils/01360/chomage-crise-france-etats-unis.html

[DegenereScience, août 2009]

Devant l’évidence de la catastrophe, il y a ceux qui s’indignent et ceux qui prennent acte, ceux qui dénoncent et ceux qui s’organisent. Nous sommes du côté de ceux qui s’organisent. (Anonyme, Appel “L’insurrection qui vient” -  Comité Invisible)

En pratique, le Contre-Net et la TAZ peuvent être considérés comme des fins en soi – mais, en théorie, ils peuvent aussi être perçus comme des formes de lutte pour une réalité différente.  (Hakim Bey, TAZ : zone d’autonomie temporaire, 1991)

I – La contre-culture hacker

Il n’a jamais été question d’être méchants ou destructeurs, même quand nous combattions les contre-vérités diffusées par les média de masse. Nous formions un ensemble de gens bizarres, qui exploraient un univers nouveau et partageaient leurs découvertes avec qui voulait bien l’entendre. Nous étions dangereux.  (Emmanuel Goldstein, The Best of 2600: A Hacker Oddyssey, 2008)

Oui, je suis un criminel. Mon crime est celui de la curiosité. Mon crime est celui de juger les gens par ce qu’ils pensent et disent, pas selon leur apparence. Mon crime est de vous surpasser, quelque chose que vous ne me pardonnerez jamais. (The Mentor, The Conscience of a Hacker, 1986, paru dans le numéro 7 du magazine électronique Phrack)

Les préjugés sur le mouvement hacker sont si profondément ancrés dans l’inconscient collectif qu’ils se suffisent à eux-mêmes. Le grand public oscille entre d’une part l’image terroriste véhiculée par le complexe médiatico-policier, etd’autre part celle d’un explorateur des frontières du cyber-espace transmise par la mauvaise science-fiction. À tel point que très peu connaissent le sens réel du mot hacker, et moins encore ont une vue globale de ce dont il s’agit. (Lire la suite…)

Le récent incident avec le Professeur Gates, ami de Barack Obama, qui s’est fait tabasser par la police dans sa propre maison a soulevé la question du racisme… mais ce n’était pas une question de racisme. C’était une question d’autorité.

Blanc ou Noir, peu importe : ce qui importe c’est que le policier attend de vous une soumission totale et un abandon de tous vos droits civiques. Vous n’avez aucun droit tant que vous n’aurez pas reconnu que le policier a tous les droits. Si vous dites “Non”, si vous l’ignorez, si vous ne faites pas ce qu’il vous dit de faire, ou si vous n’êtes pas en mesure de faire ce qu’il vous dit de faire, ou si vous êtes une tierce personne innocente qui se met en travers de son trip de pouvoir…  et bien il décidera de vous punir. “If you don’t do what we ask you to do, we will taze you”.

Et depuis que les policiers sont équipés de Tazer, ils n’ont même plus besoin d’avoir d’appréhensions. Et dans 99% des cas, ils  savent qu’ils agissent en totale impunité, car il y aura toujours une autorité pour les défendre, un Fox News pour dire que la victime l’avait bien cherché… voire un témoignage mensonger pour inventer une accusation. Et l’Omerta maffieuse – “Code of Silence” – de la police les protégera.

Et au pire, on vous bouclera pour “Failing to comply”, “Resisting arrest ou “Failing to identify”… des accusations qui permettent à n’importe quel policier de vous boucler pour avoir osé l’importuner en mettant en doute son autorité.  Pour avoir osé être un tant soit peu autre chose qu’un mouton qui passe son chemin en baissant les yeux…

Ce film dérangeant, intitulé “LE PLUS IMPORTANT GANG DE RUE EN AMÉRIQUE” illustre parfaitement cette maxime à travers de nombreux témoignages et preuves vidéo filmées.

Les violences de Abu Ghraib, les tortures de Guantanamo, l’inhumanité des traitements des prisonniers ne sont rien d’exceptionnel. C’est le traitement accordé chaque jour à des citoyens ordinaires (et souvent innocents) par des officiers de la force publique.

Parce que eux ont le pouvoir de vous faire chier, de vous faire mal et de vous tuer… en toute impunité.

…tandis que vous n’avez aucun droit face à eux. Et que vous n’oserez jamais les affronter… ou ne pourrez jamais le faire.

Exactement comme les prisonniers d’Abu Ghraib, de Guantanamo et de Baghran.

The Largest Street Gang in America

[Boiling Frogs - Myspace - 16/03/2009]

http://vids.myspace.com/index.cfm?fuseaction=vids.individual&videoid=54162036

[Cargos de Nuit - 23/05/2008]

Le 6 mai 2001, un petit bateau d’allure anodine et de 25 mètres de long à peine et de 40 tonnes seulement de déplacement est arrêté par une patrouille israëlienne de deux vedettes rapides de la classe Dabur (construites aux Etats-Unis). A 150 miles à l’ouest de Tyr. A bord, un nombre important de tonneaux de plastiques de couleurs et de tailles différentes. Le bateau vient directement de Tripoli, en Lybie, et s’appelle le Santorini. Dans les tonneaux, des armes, la plupart emballés précieusement afin d’être largués directement et discrètement près de la côte du littoral de Gaza, à l’intérieur des tonneaux rendus étanches, qui flotteront jusque la plage. Lorsqu’il se fait intercepter, il en est à son troisième voyage. Les marins interrogés citent le nom d’un autre bateau faisant la même chose, le Calypso-2. Le Santorini s’appelait à l’origine le Abd Al Hadi et avait été acheté à Arwad… en Syrie.

Le catalogue des armes saisies à bord ce jour là n’est pas franchement à la Prévert (Lire la suite…)

[Philippe Randa - 22/08/2009]

On le sait, l’Afghanistan a été « libéré » voilà 8 ans par les États-Unis d’Amérique et leurs alliés, à tel point que 100 000 militaires y sont encore stationnés sous la bannière de l’Otan. Mais quelle idée saugrenue a-t-on eu d’y imposer une élection présidentielle quelques semaines à peine après celle organisée dans l’Iran voisin, pays opprimé par les mollahs et leur extrémiste de président Mahmoud Ahmadinejad ?

De mauvais esprits ne pourraient en effet que comparer le déroulement de ces deux élections ainsi que leur traitement par la presse occidentale. Et de se demander de façon fort inopportune pour quelle étrange espèce de canards sauvages certains prendraient ainsi les enfants du suffrage universel que nous sommes.

En Iran, on n’a cessé de nous l’expliquer en long, en large et en CNN, les élections ont été truquées. Forcément truquées. La preuve par la défaite avec avec 13 216 411 voix (33,75 %) d’Hossein Moussavi, candidat choisi par les Occidentaux face au président sortant. Sortant et donc réélu sur fond de trucage électoral portant sur quelques 24 527 516 (62,63 %) des suffrages exprimés (dont seulement 409 389 ont été invalidés).

Près de onze millions de voix d’écart, ça fait tout de même une sacrée fraude à organiser et beaucoup de paire de chaussettes où dissimuler des bulletins si les Mollahs se sont inspirées pour l’occasion de la « french touch perpignanaise ».

Quoiqu’il en soit, Mahmoud Ahmadinejad est un tricheur et son opposant une victime, c’est entendu et honni soit qui en douterait. D’où l’organisation de manifestations des partisans d’Hossein Moussavi dans les rues de Téhéran, ce qui est tout de même la preuve d’un terrible courage… ou d’une inconscience rare… sous un régime présenté comme une terrible dictature.

Bien sûr, les manifestants ont été quelque peu malmenés par ce régime honni de tout démocrate qui se respecte. Et les médias de dénoncer des semaines durant cette parodie de démocratie qui a culminé non pas avec les arrestations et les victimes des émeutes, mais avec le procès de la française Clotilde Reiss obligée désormais de croupir dans les infâmes salons feutrés de notre ambassade à Téhéran.
Dont acte.

En Afghanistan, c’est tout le contraire. La récente élection présidentielle sous protection militaire et policière a été présentée comme un succès démocratique sans précédent. Le président Obama a salué comme il se doit « cette élection (…) conduite sous la direction du peuple afghan » (Sic !) « En fait, il s’agissait de la première élection organisée par les Afghans en plus de trois décennies » (re-sic !)… et d’ajouter : « Nous avons hâte de renouveler notre partenariat avec le peuple afghan sous le nouveau gouvernement. »

Un partenariat fort de quelques 68 000 soldats à la bannière étoilée qui stationneront dans cette « démoyankeecratie » d’ici la fin de l’année « pour aider le gouvernement afghan à faire face à l’insurrection des talibans et pour continuer à chasser les membres du réseau Al-Qaïda. »
Il faut dire que depuis la chute du régime taliban fin 2001, « les violences liées à l’insurrection ont atteint un niveau sans précédent » (www.france24.com). Huit ans d’échecs notoires, dans ce cas.

Car tout ne va décidément pas au mieux dans ce pays où les droits américains de l’homme ne rencontrent pas tout l’engouement espéré ; d’abord, si les talibans ont « échoué à torpiller les élections (et malgré le) provisoire succès sécuritaire de l’Otan, la participation semble avoir été très faible, en contraste avec celle des élections de 2004» (Le Figaro/ du 21 août).

Faible est un euphémisme, puisque l’on compte près de 2 millions d’électeurs en moins (5 millions contre 7) ; on atteindrait ainsi péniblement 50 % de participation avec presque un tiers d’électeurs en moins.

Mais le plus cocasse reste néanmoins que la victoire est revendiquée par les deux principaux candidats, soit le président sortant Hamid Karzaï et l’ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah qui assurent chacun être en tête de l’élection présidentielle !

Tout en revendiquant la victoire, Abdullah Abdullah parle toutefois de « bourrage des urnes », de « menaces contre les organisateurs et les observateurs des élections », de « représentants gouvernementaux usant et abusant de leur pouvoir contre les autres candidats » que Karzaï. Ces irrégularités ont touché diverses provinces de l’arc sud-est, mais « cela a été surtout évident à Kandahar, plus que nulle part ailleurs », affirme-t-il.
À l’entendre, on se croirait… en Iran !

On attend avec inquiétude maintenant les réactions après la proclamation officielle des résultats. Gageons, toutefois qu’il y a peu de risques qu’on assiste à la moindre manifestation de colère des partisans du perdant dans les rues de Kaboul. Les GI’s y veilleront.
C’est que l’Afghanistan libéré n’est pas l’Iran opprimé, cela va s’en dire et même sans voter !

http://www.philipperanda.com

En Iran, par contre, où ce n’est n’est pas un pote à nous qui a gagné, nous avons hurlé à la dictature. Voyons voir ce qui va se passer si les partisans décus d’Abdullah déscendent dans la rue et se font défoncer la gueule par la police afghane (nettement plus sanguinaire que les milices iraniennses)…

[Jean-Pierre Perrin - Libération - 24/08/2009]

Sans les fraudes, que l’on signale importantes dans le sud et le sud-est du pays, le président sortant Hamid Karzaï serait-il arrivé en tête au premier tour du scrutin des élections de jeudi ? Oui, semble-t-il. Selon des résultats encore provisoires, il devance son principal adversaire, Abdullah Abdullah, non seulement dans le sud – le contraire n’était guère imaginable – mais aussi dans des régions qui pouvaient sembler acquises à ce dernier et où il n’était dès lors guère possible de bourrer les urnes. C’est le cas notamment des grandes villes d’Herat (sud-ouest) et de Mazar-i-Sharif (nord-ouest), ou encore de Bamyan, la capitale du Hazaradjat, et peut-être aussi de Kaboul.

Affaibli. Mais sans les fraudes dans les régions du Sud, Karzaï aurait-il pu s’imposer dès le premier tour, comme il le prétend, et éviter d’avoir à mener une seconde campagne électorale ? C’est l’enjeu de la bataille actuelle. Avec un mauvais taux de participation – peut-être autour de 30 à 40 % -, il est en effet absolument vital pour le président sortant d’éviter un second tour qui le montrerait encore plus affaibli. Même si sa victoire finale ne fait aucun doute.Le travail de la Fefa (Free and Fair Election Foundation of Afghanistan – la Fondation pour les élections libres et honnêtes) permet de se faire une idée de l’ampleur réelle de la fraude. Cette organisation a déployé 6 968 observateurs afghans, dont 2 488 femmes, dans les 6 200 bureaux de vote ouverts à travers le pays. Selon son président, Nader Nadery, infatigable défenseur des droits de l’homme en Afghanistan, «de multiples irrégularités ont effectivement été commises».

Les observateurs de la Fefa ont ainsi remarqué «des électeurs munis de plusieurs cartes et votant au nom de femmes», des votes de mineurs, et «quelques cas de bourrage des urnes». Voire même «dans certains endroits, des hommes armés qui ont malmené le personnel et tenu eux-mêmes les bureaux de vote». La Fondation souligne que nombre de bureaux sont restés fermés, comme dans l’Oruzgan (sud, la province du mollah Omar), où seulement 6 sites sur 36 ont ouvert. Par ailleurs, 650 bureaux réservés aux femmes ont gardé portes closes, selon Nader Nadery, mais aucun chiffre précis sur l’ampleur des fraudes n’a pu être communiqué. Nadery a ajouté qu’à Kandahar, deux électeurs s’étaient fait couper le doigt – marqué à l’encre indélébile dans les bureaux de vote pour éviter les votes multiples – par des talibans le jour du vote.

«Pas libre». Les femmes ont très peu voté. En moyenne, une pour trois hommes, selon un observateur occidental qui avait la responsabilité de huit bureaux de vote à Kaboul. Largement moins déployée, avec seulement 120 observateurs pour tout le pays, et donc beaucoup moins crédible, la mission d’observation de l’Union européenne a été moins sévère, comme la plupart des alliés internationaux du gouvernement afghan… Son chef, le général Philippe Morillon, a jugé le processus «en général bon et équitable», mais «pas libre» partout, en raison des violences et menaces. Le rapport de la mission relève tout de même de nombreuses irrégularités, notamment sur la constitution des listes électorales, suggérant qu’«il y avait davantage de cartes d’électeurs en circulation que d’électeurs au départ». La Fefa, comme la mission de l’UE, n’a pas ménagé ses critiques envers la commission électorale, accusée d’être à la solde du candidat Karzaï.

http://www.liberation.fr/monde/0101586665-hamid-karzai-bien-aide-par-les-fraudes-averees?xtor=EPR-450206

Ne pas penser comme le veut la “ligne”, oser se poser des questions, avoir le culot de toucher aux vaches sacrées de la pensée établie… faites l’essai. Vous verrez bien les retours de bâton que vous allez vous prendre. Et ce de la part de gens qui vous glorifient à longueur de journée les vaillants résistants, les braves guerilleros, les héros de le pensée… Durutti, Giordano Bruno… bref tous ceux dont la dissidence est si ancienne qu’elle ne risque pas de mettre en danger les équilibres de pouvoir actuels. En ce sens, la pensée critique vis à vis d’Israël et la lecture sceptique du 9/11 est bien le nouveau tabou occidental… “Et pourtant elle tourne”

[Hugues Wagner - Afrique-Asie - Juin 2009]

Hugues Wagner : On vous a accusé d’être un partisan de la théorie du complot alors que vous n’êtes pas réputé comme tel. Que s’est-il passé ?

Aymeric Chauprade : Tout est parti d’un article de Jean Guisnel dans l’hebdomadaire français Le Point du 5 février 2009, qui a demandé ma tête au ministre de la Défense parce que j’ai osé faire écho aux théories non conformistes sur le 11 septembre 2001. Mon dernier ouvrage commence en effet par un chapitre sur le 11-Septembre. J’ai voulu montrer que le choc des civilisations, c’est d’abord le fait qu’une immense partie de l’humanité, en dehors du monde occidental, ne croit pas à la version officielle de cet événement donnée par le gouvernement américain et qui est devenue la version obligatoire des médias occidentaux. Dans « Chronique du choc des civilisations » – qui est un atlas de géopolitique mondial et pas du tout un livre limité au 11 septembre –, je propose la synthèse, à ma connaissance la plus aboutie qui existe à ce jour, de ce qui pourrait être un scénario alternatif à la version officielle. Je ne prends pas parti. J’expose les arguments des tenants de cette théorie dite du complot et je ne conclus pas. Je reste prudent. Mais mon « crime » est d’avoir osé présenter de manière crédible et donc convaincante ces éléments de contestation de la version officielle.

Je suis un scientifique, j’ai une première formation de sciences mathématiques et physiques avant d’être passé à la science politique. Pour avoir creusé le sujet (surtout aux États-Unis) et pour avoir beaucoup parlé de cela avec des experts français du renseignement (qui eux ne parlent pas mais n’en pensent pas moins), je peux vous dire que j’ai des doutes plus qu’importants quant à la version officielle. En tout cas, je ne vois pas au nom de quoi il serait interdit de penser sur ce sujet. On aurait le droit d’imaginer des choses horribles sur les musulmans ou sur n’importe quelle civilisation, mais dès que cela touche aux Américains, et plus encore à Israël, c’est quasiment un crime contre l’humanité que d’imaginer que des cyniques aient pu concevoir un tel crime.

Hugues Wagner : Vous venez de faire suspendre, par le tribunal administratif, la décision du ministre. Pouvez-vous à nouveau donner des cours ?

Aymeric Chauprade : Après un premier référé, nous en avons fait un deuxième en montrant que la décision menaçait mon économie personnelle. Le juge des référés a jugé qu’une liberté fondamentale, celle des droits de la défense, avait été gravement bafouée. Je suis tombé sur un juge indépendant et juste, dans une France de plus en plus verrouillée médiatiquement et politiquement. Même quand tout est verrouillé, il faut toujours croire en la France. Conséquence : théoriquement je peux reprendre mes cours. Évidemment, dans la pratique c’est plus compliqué. Le ministère de la Défense va devoir dire clairement quelle faute j’ai pu commettre. En réalité, tout le monde sait que la vraie raison de mon éviction est que j’étais le dernier représentant, dans les institutions de défense, de la ligne gaulliste en politique étrangère. Je suis pour un monde multipolaire et non pour cette folle politique de « l’Occident contre les autres » que représentent ceux qui sont au pouvoir maintenant en France.

Hugues Wagner : Quelles ont été les réactions de vos élèves et collègues, notamment du Collège royal militaire supérieur du Maroc, où vous enseignez ?

Aymeric Chauprade : Je suis extrêmement touché par les très nombreuses manifestations de solidarité que j’ai eues. Pas seulement l’immense majorité des officiers français de l’École de guerre, mais aussi les étrangers. Les stagiaires africains étaient très en colère notamment, ceux des pays arabes aussi. J’ai reçu, plus discrètement des témoignages d’amitié venant de pays asiatiques. Mon éviction est interprétée, à juste titre, comme la manifestation évidente de la rupture de la France avec les fondamentaux de sa politique étrangère d’équilibre. J’attends de voir ce que va faire le Collège des forces armées Royales du Maroc. J’y enseigne depuis six ans et j’ai toujours donné satisfaction. On aimait à Rabat ma liberté d’expression. Je suis employé directement par les Marocains et non par la partie française. Normalement, le Maroc n’étant plus un protectorat, je m’attends à ce que rien ne change, malgré les pressions.

Hugues Wagner : Que pensez-vous de la réintégration par la France du commandement de l’Alliance atlantique (Otan) ?

Aymeric Chauprade : Elle est contraire à l’intérêt de la France et nous n’avons pas eu de véritable débat sur ce sujet à l’échelle nationale. Je suis frappé de constater à quel point les médias français sont verrouillés par les relais d’influence américain et israélien qui ont totalement neutralisé toute possibilité de débat. Depuis la sortie de ce commandement en 1966, il y avait un consensus de droite et de gauche. La « valeur ajoutée » de la France sur la scène internationale tenait en partie à cette position singulière, à cet héritage de la troisième voie, j’ose dire de non-alignement, car si la France est bien d’Occident, elle ne doit pas pour autant réduire sa politique mondiale à une politique occidentale. Sa vocation est de défendre l’équilibre multipolaire, pour que toutes les civilisations aient leur place dans l’Histoire.

Hugues Wagner : Une alliance est-elle dirigée contre un objectif. la Russie, la Chine, l’Iran, le terrorisme ?

Aymeric Chauprade : Les Américains ont remplacé la lutte contre le communisme par celle contre le terrorisme. Cette nouvelle idéologie vise à coaliser les anciens alliés de la guerre froide. Logiquement, il aurait dû y avoir une Europe puissante après la guerre froide. Or, qu’avons-nous aujourd’hui ? Une Europe certes économique, mais géopolitiquement parlant composante d’un bloc transatlantique dominé par les États-Unis. Le président Chirac a tenté de s’opposer à cela avec son acte courageux en 2003 avec l’affaire d’Irak. Je suis convaincu que ce qui se passe aujourd’hui est le retour de bâton de 2003. Les Américains se sont dits : « ces Français se sont opposés sur l’Irak ; c’est un raté, changeons les choses en France et ils ne s’opposeront pas demain sur l’Iran ».

Hugues Wagner : L’ancien premier ministre français Dominique de Villepin a déclaré que l’Otan était « totalement sous contrôle américain ». Est-ce votre avis ?

Aymeric Chauprade : Il a raison. Villepin a été l’honneur de la France à la tribune de l’Onu en 2003. Aujourd’hui, comme d’autres, il a raison de rappeler cette évidence : après la disparition du Pacte de Varsovie, l’Otan aurait dû disparaître. Elle n’a pas disparu parce que cela a été, dès 1990, une priorité des États-Unis de l’étendre et de la renforcer. L’organisation de l’Europe centrale et orientale va de pair avec l’élargissement de l’Union européenne. Et les Américains, voyant que l’Allemagne poussait pour reconstruire son espace d’influence à l’éclatement de la Yougoslavie, ont compris qu’il y avait là un potentiel de guerre susceptible de redonner une raison d’exister à l’Otan. Avec la Yougoslavie, l’Otan a glissé vers la guerre d’ingérence manichéo- humanitaire…

Hugues Wagner : Est-il vrai que vous défendez une théorie du choc des civilisations, notamment au travers d’une opposition entre l’Europe (Russie incluse) et l’islam ?

Aymeric Chauprade : Les civilisations sont un facteur important de l’Histoire mais je ne réduis pas l’Histoire au choc des civilisations. Les civilisations existent, on ne peut le nier. Et dans la longue durée, la problématique de la hiérarchie de puissance entre les civilisations est une réalité. L’Occident européen est devenu moteur de la mondialisation au XVIe siècle et a supplanté l’islam en le contournant grâce à l’ouverture des grandes routes maritimes qui ont permis d’atteindre l’Asie. Aujourd’hui, peut-être que l’Asie est en train de prendre la tête de la mondialisation et que ce qui nous menace est une guerre de l’Amérique n’acceptant pas son déclassement. Jacques Sapir soutient, très intelligemment, que si l’Amérique n’arrive plus à faire l’ordre américain elle fera le désordre… Je crois à ces réalités-là. Donc il n’y a pas que l’islam et les Européens ; ces rapports de force entre civilisations existent aussi entre Chinois et Indiens, entre Indiens hindouistes et musulmans, etc.

Je crois qu’Européens et Russes ont un destin commun à construire et qu’ils doivent bâtir un rapport équilibré avec le monde musulman. La France doit développer une politique arabe intelligente car équilibrée. Les Russes ont l’expérience de l’islam caucasien et centre-asiatique depuis le XVIIIe siècle alors que les Américains n’y comprennent rien.

Hugues Wagner : Certains prétendent que vous pourriez avoir été victime d’une « campagne d’épuration » menée par un cercle néoconservateur proche du pouvoir comme l’auraient été les journalistes Richard Labévière de RFI, ou Moktar Gaoud et Agnès Levallois de France 24…

Aymeric Chauprade : Ce n’est pas une supposition c’est un fait avéré. La France est en train de vivre une épuration douce et sourde (regardez mon cas : alors que j’ai gagné contre un ministre, aucun quotidien national n’en a fait état) de tous ceux dont la pensée va à l’encontre des intérêts d’Israël et des États- Unis. Cela peut paraître difficile à croire, mais c’est pourtant la vérité. Qu’il s’agisse de gens de gauche ou de la droite conservatrice, tous ceux qui « tombent » ont un point commun : leurs analyses ne vont pas dans le sens des intérêts américains et israéliens.

Hugues Wagner
Afrique Asie – Juin 2009

[Gregor Seither - IES News Service - 18/08/2009]
Dans son livre de mémoires à paraître, “The Test Of Our Times”, Tom Ridge, ancien directeur de la Sécurité Intérieure (Homeland Security) aux Etats-unis, dénonce la manipulation électoraliste de l’anti-terrorisme par l’Administration Bush.

Dans le chapitre “The Politics of Terrorism”, il affirme que l’équipe autour du président Bush a plusieurs fois ordonné le relèvement injustifié de la cote d’alerte anti-terroriste, dans les semaines qui ont précédé les élections présidentielles de 2004.

Ainsi, fin octobre 2004, alors qu’aucun rapport des services de renseignement n’indiquait la moindre augmentation du risque d’attentat, le procureur John Ashcroft et le Secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld ont insisté pour que le Dept. of Homeland Security relève publiquement la cote d’alerte – ce qui aurait apporté de l’eau au moulin électoral des Républicains qui accusaient le candidat Démocrate, John Kerry, de ne pas être assez sécuritaire. Tom Ridge affirme avoir refusé de le faire.

L’ancien porte parole de John Ashcroft a démenti ces affirmations, conseillant même à Tom Ridge de “se coller du chatterton sur la bouche“. Mais une enquête du quotidien New York Daily News menée en 2004 montre clairement que le “Justice Department” de John Ashcroft avait l’habitude de publier des bulletins d’information alarmistes chaque fois que George Bush était en difficulté dans les sondages vis à vis de John Kerry.

Selon Tom Ridge, les conseillers politiques de Bush avaient clairement instruit les membres de l’Administration Républicaine d’entretenir la peur des attaques terroristes, la question sécuritaire étant un point important par lequel le candidat Républicain se distinguait dans la campagne électorale. “Faire peur aux gens, leur marteler l’idée que Kerry ne serait pas capable de les protéger, qu’il ouvrirait la porte aux terroristes… les sondages montraient que c’était profitable pour nous” explique Karen Asciago, ancienne chercheuses du Comité National Républicain.

En Mai 2004, la Maison Blanche avait orchestré une conférence de presse hautement médiatisée, en présence de John Ashcroft et du directeur du FBI Robert Mueller, afin d’alerter l’opinion sur la menace que posaient des “militants Américains au sein d’Al-Qaïda”, citant les cas de Adam Gadahn et autres suspects. Selon Mme Asciago “le FBI était clairement mal à l’aise dans ce grand spectacle, toutes les informations révélées avec fracas étaient déjà anciennes et ne présentaient aucun caractère d’urgence. Le directeur du FBI a d’ailleurs refusé de se prêter à un nouvel exercice, quelque temps plus tard, ne réapparaissant qu’une seule autre fois aux côtés de John Ashcroft.”

Selon le New-York Daily News, cette “politique de la peur” allait d’ailleurs très loin. L’équipe autour de John Ashcroft avait prévu de cibler les états cruciaux pour les élections et d’y organiser des annonces publiques dans lesquelles on aurait alerté les citoyens de ces états d’un danger imminent, leur demandant de “rester vigilants” et d’aider les autorités à traquer les personnes soupçonnées d’être des terroristes. Ashcroft avait refusé, craignant des dérapages racistes.

[Agora Vox - 15/08/2009]

L’ancienne traductrice au FBI Sibel Edmonds a fait une révélation fracassante le 24 juin 2009, au micro de Brad Friedman, dans le Mike Malloy Show. Ses propos ont été retranscrits le 31 juillet sur les blogs Let Sibel Edmonds Speak, Against All Enemies et Daily Kos. Ils ont enfin été traduits (une première fois) en français sur le site ReOpen911 le 13 août.
Des propos qui rejoignent ceux du journaliste Eric Margolis au micro de Scott Horton, d’abord le 30 novembre 2008, puis le 28 avril 2009 (les Français ont pu apercevoir cet ancien correspondant de guerre, fin connaisseur du Moyen-Orient et de l’Asie Centrale, dans l’émission de Frédéric Taddeï, Ce soir ou jamais sur France 3).
Relations intimes… et pérennes
Selon Sibel Edmonds, les Etats-Unis ont entretenu des relations très étroites avec Oussama Ben Laden et les Talibans, sans discontinuer jusqu’au 11-Septembre, dans le cadre d’opérations en Asie Centrale, une zone aux ressources énergétiques particulièrement convoitées. Ces relations étaient pourtant censées être rompues depuis la fin de la Guerre froide :
Dire que depuis la chute de l’Union Soviétique, nous avons mis un terme à notre relation intime avec Ben Laden et les Talibans est un mensonge, et il est possible de le prouver très facilement sur la base des informations qui ont été classifiées dans mon affaire. Nous avons entretenu des relations très étroites avec ces gens, au sujet de l’Asie Centrale, et cela jusqu’au 11-Septembre. (…) Nous avons réalisé des opérations en Asie Centrale avec ces groupes, les utilisant comme nous le faisions déjà durant le conflit soviéto-afghan, et nous les avons utilisés jusqu’au 11-Septembre” (à écouter via le 2e lecteur MP3 sur cette page, entre la 6e et la 7e minute, ou à partir de la 6e minute sur la vidéo qui suit).

Le rôle du tiers
Cette “utilisation” se faisait via des intermédiaires, la Turquie (dont Sibel Edmonds est originaire), mais aussi d’autres acteurs provenant du Pakistan, d’Afghanistan et d’Arabie Saoudite. Ben Laden, les Talibans et d’autres groupes servaient ainsi d’armée terroriste par procuration. Les Etats-Unis avaient besoin de cette discrétion afin d’éviter tout risque de révolte populaire en Asie centrale (Ouzbékistan, Azerbaïdjan, Kazakhstan et Turkménistan), mais aussi de fâcheuses répercussions en Chine et en Russie.
Sibel Edmonds précisait, en juillet 2008 : “Ceci a commencé il y a plus de dix ans, dans le cadre d’une longue opération illégale et à couvert, menée en Asie centrale par un petit groupe aux États-Unis. Ce groupe avait l’intention de promouvoir l’industrie pétrolière et le complexe militaro-industriel en utilisant les employés turcs, les partenaires saoudiens et les alliés pakistanais, cet objectif étant poursuivi au nom de l’Islam.” La stratégie pro-islamiste des Etats-Unis, une longue histoire… (Lire la suite…)

Allez vous balader sur les forums du genre “Free Republic”, regardez les chaines de télé de droite et leurs animateurs bavant de haine comme Sean Hannity ou Glenn Beck, écoutez les “Shock Jocks” dans les radios et même les “respectables” Républicains comme Gingrich ou Cheney… tout le monde alimente une hystérie propagandiste à coups de mensonges, de démagogie et de racisme à peine voilé. La vue d’Obama le nègre est insupportable à ces gens là. Tôt ou tard ce poison distillé quotidiennement agira sur le cerveau d’un ras du bulbe qui fera ce qu’il pense avoir à faire… et tout le monde lèvera les bras d’un air navré ! La société post-raciale, aux Etats-unis, c’est pas pour demain…

[Nouvel Obs - 18/08/2009]

Alors que le débat sur la réforme du système de santé américain fait rage, de plus en plus de participants aux réunions publiques organisées par la Maison Blanche arborent ostensiblement des armes à feux.

Plusieurs hommes armés de fusils d’assaut attendaient le président américain Barack Obama lors d’une réunion consacrée à la réforme du système de santé du pays, lundi 17 août à Phoenix en Arizona.
Sur les images diffusées par la chaîne CNN, on peut voir un homme portant un fusil AR-15 interviewé par un journaliste. Il n’était pas précisé si l’homme faisait partie des “pro” ou des “anti” Barack Obama. Le journaliste de CNN précise avoir aperçu peu de temps auparavant un autre homme portant le même type d’arme et se revendiquant comme un opposant au président américain. La législation de l’Etat d’Arizona permet à ses citoyens de porter des armes dans des lieux publics.

Cette nouvelle affaire survient dans un climat déjà particulièrement tendu entre partisans et opposants à la réforme du système de santé proposée par Barack Obama. Pour promouvoir celles-ci, le président américain a organisé une série de meetings qui sont régulièrement perturbés par des manifestants conservateurs.
Ainsi, le 11 août dernier, la chaîne NBC avait filmé un autre homme armé qui menaçait, à demi-mots, Barack Obama lors d’une de ces réunions à Portsmouth, dans le New Hampshire.
Dans la foule des manifestants qui attendaient le président américain, le reporter de NBC avait repéré un homme portant ostensiblement un révolver et brandissant une pancarte proclamant : “It is time to water the tree of liberty”,”Il est temps d’arroser l’arbre des libertés” en français. Ce slogan est une référence explicite à une citation d’un des pères fondateurs des Etats-Unis, Thomas Jefferson, justifiant le recours à la violence pour les citoyens : “Que signifie la perte de quelques vies sur un siècle ou deux ? L’arbre de la liberté doit être rafraîchi de temps en temps avec le sang des patriotes et des tyrans“.
La vidéo a évidemment fait scandale. L’homme s’est depuis justifié dans une interview accordé à MSNBC (voir la vidéo ci-dessous) en affirmant qu’il n’appelait pas à la violence mais qu’il souhaitait juste défendre son droit constitutionnel à porter une arme.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/20090818.OBS8049/des_fusils_dassaut_lors_dun_meeting_dobama.html?idfx=RSS_notr&xtor=RSS-17

[KNOWCKERS - 31/07/2009]
Dans le cadre de la loi HADOPI, un prestataire technique du groupe La Poste a été désigné pour implémenter la loi. Or, son identité est connue depuis une semaine sur le net. Des hacktivistes ont d’ailleurs publié des appels aux attaques informatiques contre ce prestataire ici.

Or un commentaire curieux a été publié par un internaute, qui prend la défense de la société visée. Le problème, c’est que l’administrateur du blog a déterminé que ce message provenait d’un cabinet de communication d’influence (voir ici et ici).

Il est absolument aberrant que des sociétés dont le métier est d’influencer discrètement dans le cadre de situations fortement conflictuelles ne prennent même pas la peine de masquer leur identité et leur adresse IP, lorsqu’elles interviennent sur des sujets aussi brûlants… Qui plus est en postant des messages sur des forums d’hacktivistes.

http://www.knowckers.org/2009/07/les-erreurs-a-ne-pas-commettre-en-communication-d%e2%80%99influence

Notre mépris de la plèbe journaleuse nous fait pencher pour la deuxième hypothèse… en tout cas, le Powerpoint est excellent !

[Tarik Mousselmal - Blog IE - 12/08/2009]

Twitter – Cyxymu – Russie – OSS117 – Cybersécurité – DoS – Etc

Mon bon ami, si tu passes régulièrement par ici, tu sais que le sommeil n’est pas mon ami et que les nuits blanches sont mes maîtresses… Je mets parfois tout ce temps à contribution pour ce blog. Ça a été notamment le cas entre vendredi et lundi!

Le sujet, en allant droit au but: jeudi dernier, Twitter était down et Facebook ralenti. On apprenais le lendemain… plein de “belles” choses au sujet de ces événements, que je te laisse (re?)découvrir dans le doc.

J’ai donc essayé de te raconter tout cela dans un ‘tit .ppt, qui je l’espère sera agréable à parcourir. Comme souvent ici, derrière le côté décalé, des questions sérieuses qui m’intéressent au plus haut point. Dans le désordre, il sera donc question : d’attaques informatiques, de cyberdissidents, de médias, de médias sociaux, d’outils de buzz monitoring, d’information et de désinformation, de russes, de mafieux, d’effet Streisand, de DDoS et de mimi-siku ;)

http://blogsetie.blogspot.com/2009/08/twitter-cyxymu-russie-oss117.html

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