The Israel Lobby


Qu’est ce qu’on entendrait pas si soudain la Conférence épiscopale française prenait position dans un conflit politique territorial, si la Fédération Protestante de France s’immiscait dans le conflit Nord-Irlandais ou si soudain le Conseil français du culte musulman appelait à libérer Jérusalem comme lieu saint de l’Islam…

Mais quand c’est le CRIF, soudain toutes les voix se taisent, surtout, surtout, ne pas courir le risque de se faire traîter d’antisémite et de finir comme Siné ou Dieudonné…  alors au diable l’honnèteté intellectuelle.

Heureusement il y a Shalom A’shav !

[Communiqué de La Paix Maintenant - 18/07/2008]

Dans un récent bulletin, le CRIF informe que “l’Exécutif du CRIF a le projet de publier prochainement une déclaration de soutien à Jérusalem capitale éternelle et indivisible d’Israël et du peuple juif”.

Nous pensons que le rôle du CRIF, en tant qu’organe représentatif des institutions juives françaises, n’est pas de s’immiscer dans le débat politique israélien. La question de Jérusalem est au coeur du conflit israélo-palestinien et la solution à ce conflit, si on la cherche vraiment, nécessitera le partage de la ville entre les deux peuples. Affirmer de façon péremptoire l’indivisibilité éternelle de Jérusalem, c’est prendre une position partisane qui dépasse le mandat donné au bureau exécutif du CRIF.

En outre, ce n’est pas en adoptant ce genre de positions extrémistes que l’on défend Israël. Sa sécurité et son avenir passent par la paix, celle-ci passe par un accord historique avec le peuple palestinien qui aspire légitimement à un Etat viable avec Jérusalem Est pour capitale. Aucun dirigeant palestinien, si modéré soit-il, n’acceptera de renoncer à Jérusalem Est, cela est connu depuis longtemps de tous les négociateurs. Sans une Jérusalem partagée, il n’y aura pas de paix.

Le Bureau de La Paix Maintenant

[Info ISM 05/07/2008]

Nilin assiégé par les Forces d’Occupation Israéliennes

Je suis actuellement bloquée à Nil’in, un village de Cisjordanie. Les Israéliens ont envahi le village cette nuit et décrété un couvre-feu de 10 jours. Ils tirent des bombes sonores, des gaz lacrymogène, des balles de caoutchouc ainsi que de réelles balles sur les Palestiniens tentant de rompre le couvre-feu. Une équipe médicale ainsi que plusieurs équipes journalistiques sont bloquées au checkpoint à l’extérieur de Nil’in.

Nous sommes 11 personnes de différents pays bloquées ici, les militaires refusent de créer un corridor humanitaire pour laisser partir la population et ont menacé de nous tirer dessus si nous tentons de sortir dans la rue avec les mains au dessus de la tête. Nous sommes 9 suédois, 1 anglais et moi française.

Nous n’avons aucun moyens de nous restaurer, d’accéder à un magasin, à une aide médicale. Tous les habitants sont bloqués, sans ressources avec femmes et enfants. Le couvre-feu dure depuis ce matin 5 heures, et le village est bouclé depuis 3 jours. Les militaires tirent sur les habitants refusant de quitter leurs toits, ils sont ainsi entrés dans une maison et ont blessé 17 personnes. 3 autres personnes ont été arrêtées, elles risquent 6 mois de prison pour s’être promenées dans leur village.

Nil’in subit cette punition collective car depuis 3 mois les israéliens sont en train de construire un mur et la population résiste par des manifestations non-violentes.

Tous les jours, des marches vers le mur en construction sont organisées. Les seules armes dont disposent les enfants et les jeunes gens ici sont les pierres qu’ils jettent face à l’une des plus puissantes armées du monde.

Hier alors qu’une telle marche débutait, les Israéliens ont pris les manifestants à revers et ont attaque le village à l’aide d’au moins 3 bulldozers et 10 jeeps.

Le mur en construction va annexer 2.500 hectares de terres agricoles d’oliviers, plus 700 hectares qui seront annexés pour construire une base permettant aux israéliens vivants dans la colonie de Nili (à l’intérieur de la Cisjordanie, du côté palestinien du mur de “sécurité”) d’aller facilement en Israël.

Il est 16h20, les israéliens ont tire continuellement depuis 11h ce matin.

Je peux vous envoyer des photos si vous voulez, vous pouvez aussi contacter la télévision suédoise qui a fait un reportage sur ce qui nous arrive.

Pour obtenir des photos que nous avons prises ici allez faire un tour sur le site ISM (International Solidarity Movement) ou contactez-moi en envoyant un email à : info@ism-france.org

Pour des toutes dernières informations, contactez le Media Office d’ISM aux numéros suivants :

Bureau : 00 972 229 718 24

Portable média coordinateur : 00 972 59 850 39 48

Ems : 00 972 54 580 72 35

A Nilin, Martin au : 00 972 54 745 20 73

NOTE ISM :  Nous venons d’apprendre qu’à 19h30, C. avait réussi à quitter Nilin mais ses camarades sont toujours à l’intérieur et le village est toujours sous couvre-feu

Ce serait assez logique, vu le statut historique de cette entité politique…

[Faits et Documents n° 258 - 02/07/2008]

Le député européen communiste Francis Wurtz vient de saisir le président du Parlement européen. Dans un courrier public du 12 juin, il indique qu’il :

« apparaît que des négociations secrètes sont en cours depuis un an entre l’Union européenne et les dirigeants de l’Etat d’Israël. Non pas, hélas, pour tenter de débloquer le processus de paix avec les Palestiniens […] mais pour examiner une demande proprement inimaginable de la part de Tel Aviv : celui de conquérir les droits d’un quasi-Etat-membre de l’Union européenne.

Selon certaines sources, il semblerait qu’Israël ne demande rien de moins que sa participation à tous les niveaux aux réunions de l’UE sur les questions de sécurité et de dialogue stratégique, aux délibérations du Conseil sur le Maghreb et le Mashrek comme sur les activités de l’UE au sein de l’ONU.

Tel Aviv demanderait en outre à pouvoir participer aux Conseils traitant de thèmes comme l’économie, les finances, l’énergie, l’environnement, les transports, les médias, la jeunesse, l’enseignement supérieur, ou encore à voir constituer une structure parlementaire conjointe Union européenne-Israël. »

Le député, qui dispose de divers documents internes, précise que les demandes israéliennes ont été présentées le 5 mars 2007, qu’un groupe de réflexion s’est réuni sur le sujet le 4 juin 2007, qu’une seconde réunion s’est tenue le 9 octobre 2007. « Tout cela, sans que la moindre information n’en ait été donnée à la représentation parlementaire de l’Union. »

http://www.faits-et-documents.com

Johann Hari : La méprisable campagne de diffamation contre les critiques d’Israël
[Johann Hari - 08/05/2008 - publication originale The Independent, traduction communiquée par Marc Saint-Upéry]

Aux États-Unis et en Grande-Bretagne, on assiste à une campagne de diffamation contre quiconque essaie de décrire la difficile situation du peuple palestinien. Il s’agit d’une tentative d’intimidation et de censure qui, malheureusement, fonctionne assez bien. Les porte-paroles autoproclamés d’Israël n’ont aucun scrupule à attaquer comme judéophobes des Juifs progressistes, des rabbins et même des survivants de la Shoah.

Mon propre cas n’est pas spécialement important, mais il illustre bien la façon plus générale dont ce processus d’intimidation opère. Mon travail de reporter m’a amené à m’infiltrer parmi les activistes de la mosquée [jihadiste] de Finsbury Park et dans le milieu des négationnistes néo-nazis afin de mettre en lumière la haine anti-juive qui y règne. Lorsque je suis intervenu sur la chaîne Islam Channel pour dénoncer l’anti-sémitisme des islamistes, j’ai reçu une série de menaces de morts accompagnée de messages me traitant d’« adorateur des Juifs », de « cochon de pédé sioniste » et autres nom d’oiseaux.

Mais attendez, ce n’est pas fini. J’ai aussi fait des reportages à Gaza et dans les territoires occupés. La semaine dernière, j’ai écrit un article qui décrivait la façon dont les eaux usées ­ et non retraitées ­ des colonies israéliennes illégales étaient reversées sur les terres des Palestiniens, contaminant leurs réservoirs. Cette information n’est pas contestable : elle a été bien documentée par les Amis de la Terre et j’en ai moi-même constaté la véracité de mes propres yeux.

La réaction ? On n’a pratiquement pas essayé de contester les fait que j’exposais. En revanche, certains des auteurs et des groupes « pro-israéliens » les plus connus ‹ y compris les ONG spécialisés dans la critique des médias Honest Reporting et Camera ‹ ont déclaré que j’étais un raciste anti-juif assimilable à Joseph Goebbels et Mahmoud Ahmadinejad. Melanie Phillips a même fait un lien entre l’agression au couteau contre deux Juifs au nord de Londres et des articles comme les miens. La rédaction de The Independent a été inondée par une avalanche de courriels réclamant mon licenciement.

Toute tentative de décrire de façon objective la situation des Palestiniens se heurte à la même réaction. Si vous parlez de la contamination des terres palestiniennes par les eaux d’égout des implantations juives, l’ONG Honest Reporting vous accusera de ressusciter le mythe antisémite des Juifs qui « empoisonnent les puits ».

Si vous interviewez une femme dont le bébé est mort en 2002 parce qu’elle a été arrêtée en pleine phase d’accouchement par des soldats israéliens à un poste de contrôle dans les territoires occupés, Honest Reporting vous reprochera de ne pas avoir expliqué la « véritable cause » de ce drame, à savoir l’élection de Hamas en 2006 ! Et c’est constamment la même chose. (more…)

Notre règne de terreur, des soldats israéliens témoignent

[Donald Macintyre - The Independent - 19.04.2008 - Trad. Info Palestine]

Des soldats israéliens témoignent de faits choquants : enlèvements, passages à tabac et torture infligés aux Palestiniens à Hébron.

Cheveux noirs, il a 22 ans et porte un T-shirt noir, des Blue jeans et des Crocs rouges. On comprend qu’il hésite en s’asseyant à une table de piquenique dans un paysage pittoresque inattendu quelque part en Israël. Nous connaissons son nom, mais si nous le révélions, ce jeune homme ferait l’objet d’une enquête criminelle et il serait probablement condamné à une peine de prison.

Les oiseaux chantent alors qu’il décrit en détail certains actes qu’il a commis et qu’il a vu d’autres commettre pendant son service militaire à Hébron. Et ces actes sont assurément criminels : incidents dans lesquels des véhicules palestiniens sont arrêtés sans raison valable ; leurs vitres sont brisées et les occupants sont battus pour avoir répliqué - pour avoir dit, par exemple, qu’ils étaient en route vers l’hôpital ; vols de tabac chez un commerçant palestinien qu’on roue de coups quand il se plaint ; lancement de grenades étourdissantes par la fenêtre de mosquées pendant la prière. Et pire.

Le jeune homme n’a quitté l’armée qu’à la fin de l’année dernière et il a décidé de parler, de concert avec d’autres, pour dénoncer le prix moral payé par de jeunes recrues israéliennes lors de l’affectation, sans doute la plus difficile, dans les territoires occupés. Hébron est la seule ville palestinienne dont le centre est sous contrôle militaire direct 24 heures sur 24 et sept jours sur sept pour la protection des colons juifs extrémistes qui y sont installés. Le jeune homme dit fermement qu’il regrette à présent ce qui s’est produit à plusieurs reprises pendant son détachement à Hébron.

Gêné, il sourit beaucoup et ses petits rires fréquents donnent une idée des vantardises dont il a pu faire montre en se glorifiant de ses exploits auprès de ses compagnons de bar. Il se tourne souvent vers un ancien soldat plus âgé qui l’a persuadé de nous parler et à qui il dit, comme pour se rassurer, « Tu sais comment c’est à Hébron ».

L’autre ex-soldat plus âgé est Yehuda Shaul. Il sait effectivement « comment c’est à Hébron », ayant fait partie d’une unité de combat dans la ville au plus fort de l’intifada. Il a fondé Shovrim Shtika, “Rompre le silence”, qui publiera demain les témoignages troublants de 39 Israéliens, dont ce jeune homme, qui ont été militaires à Hébron entre 2005 et 2007. Ces témoignages couvrent toute une gamme d’expériences : la colère et l’impuissance quand ces soldats sont confrontés aux exactions souvent violentes que subissent les habitants aux mains des colons juifs extrémistes ; les harcèlements mesquins , et les passages à tabac injustifiés des habitants palestiniens dont les soldats se rendent coupables ; le pillage des maisons et des magasins et les tirs sur des manifestants non armés.

Beaucoup d’armées dans le monde infligent des mauvais traitements aux civils sous occupation, notamment l’armée britannique en Irlande du Nord et en Irak. Toutefois, peu de pays, Israël mis à part, ont une ONG comme Rompre le silence qui cherche - selon son site web - en utilisant l’expérience des soldats eux-mêmes, à « forcer la société israélienne a confronter la réalité qu’elle a créée » dans les territoires occupés.

Le public israélien a eu un aperçu peu flatteur de la vie militaire à Hébron cette année quand un jeune lieutenant de la Brigade Kfir, du nom de Yaakov Gigi, a été condamné à 15 mois de prison pour avoir entraîné cinq soldats à voler un taxi palestinien ; “déchaîné” selon les medias israéliens , un des soldats a tiré sur un civil palestinien qui se trouvait là par hasard et l’a blessé pour ensuite essayer de se tirer d’affaire en mentant.

Lors d’une confession dans le programme d’enquête Uvda sur le Channel Two israélien, Gigi, qui avait été jusque là à beaucoup d’égards un soldat modèle a dit « avoir perdu son humanité » à Hébron. Invité à s’expliquer, il a répondu « Perdre son humanité, c’est devenir un animal »

Contrairement au cas de Gigi, l’armée israélienne n’a pas poursuivi le soldat qui avait tiré sur le Palestinien. Toutefois, elle insiste sur le caractère « très inhabituel de ce qui s’est passé dans la brigade Kfir ».

Le soldat de 22 ans, qui était lui aussi dans la Brigade Kfir, confirme dans son témoignage à Rompre le silence, que l’événement n’était pas exceptionnel. Bien sûr, dit-il, il a « souvent » fait partie de groupes qui arrêtaient des taxis, asseyaient le chauffeur à l’arrière et lui commandaient de les guider vers des endroits « où ils haïssent les juifs » afin d’aller y semer du “balagan”, mot hébreu pour pagaille.

Et puis il y a les luttes entre les clans palestiniens. « On nous a dit d’aller voir ce qui se passait. Notre commandant [de section] avait un peu pété les plombs. Il repérait des maisons et nous disait « Tout ce qui est armé, avec des pierres ou n’importe quoi, je m’en fous, vous tirez dedans ». On pensait tous : ce sont des querelles dans le clan .. ». Est-ce que le commandant le savait ? « Personne ne le savait. Ces actions étaient une initiative personnelle de la section ».

Vous les avez atteints ? « Bien sûr et pas simplement eux. Tous ceux qui étaient autour …Surtout aux jambes et aux bras. Certains étaient aussi touchés dans le ventre. Je crois qu’ils se sont rendu compte à un moment donné que cela venait de soldats, mais ils n’étaient pas sûrs. Parce qu’ils ne pouvaient pas croire que des soldats feraient une chose pareille, vous savez ».

Ou on utilisait un enfant de dix ans pour trouver un lanceur de pierres de 15 ans : « Nous prenons donc un petit garçon palestinien car nous savions qu’il savait qui avait lancé les pierres. Le moins que l’on puisse dire est qu’on le tabasse un peu jusqu’à ce qu’il nous le dise. C’est comme ça que ça se passe quand t’as déjà les idées de travers et que tu n’as plus de patience pour Hébron, ni pour les Arabes ni pour les juifs qui y vivent.

« Le petit avait vraiment peur, car il se rendait compte que nous l’avions repéré. Notre commandant était un peu fanatique. Il a remis le garçon à son supérieur qui l’a battu comme plâtre…Il lui a montré toutes sortes de trous en cours de route et lui demandait « C’est ici que tu veux mourir ? Ou ici ? » Le petit disait « Non, non ! »

« On a relevé le petit ; il ne tenait pas sur ses jambes. Il pleurait … Et le commandant : « Ne fais pas semblant » et continue à lui donner des coups de pied. Et alors [nom non divulgué], qui n’avait jamais aimé ce genre de choses, est intervenu ; il a attrapé le commandant de l’escouade et lui a dit « Ne le touche plus, ça suffit ». Le commandant « Quoi ! Tu es devenu gauchiste, ou quoi ? »Il répond « Non, je ne veux pas voir des choses pareilles ».

« Nous étions présents, mais nous n’avons rien fait. Nous étions indifférents. OK. C’est uniquement après que tu commences à penser. Pas tout de suite. Ces choses, nous les faisions tous les jours…. C’était devenu une habitude. « Et les parents ont vu. Le commandant a dit à [la mère] « Personne n’approche ». Il a armé son arme qui avait déjà une balle. Elle avait peur. Il a mis son arme littéralement dans la bouche du petit. « Si tu approches. Je le tue. M’embête pas. Je tue. Je suis sans pitié ». Alors le père … a saisi la mère et lui a dit « Calme-toi, laisse-les tranquilles pour qu’ils le lâchent ».

http://www.info-palestine.net/articl…d_article=4199

La puissance du lobby pro-israël aux Etats-unis est telle - surtout dans le camp Démocrate - qu’on comprend qu’un candidat ne veuille pas risquer de s’aliéner des voix d’électeurs. Mais néanmoins, on aurait préféré voir le candidat du “changement” adopter une attitude plus intelligente vis à vis des initiatives de son ancien mentor, Jimmy Carter.

Mais les Etats-unis sont devenus un pays d’hystériques, ces 8 dernières années… quand un éditorialiste réputé en vient à écrire que le simple fait de parler avec le Hamas ou de critiquer Israël c’est “planter les graines de la destruction de la Civilisation Occidentale”, c’est vraiment qu’au niveau des mentalités, on en est revenu au 12è siècle et la grande croisade…

[Tim Carr - IES News Service - 23/04/2008 - Trad. Grégoire Seither]

Pauvre Jimmy Carter. Tout ce qu’il voulait c’était initier des pourparlers en vue d’arriver à la paix. Mais tout ce qu’il a reçu c’est une volée de bois vert, de l’Administration Bush, de la Secrétaire d’Etat, du gouvernement israélien, des grands groupes de presse… et même des candidats à la présidence !

Les plus navrants ont été les commentaires de Barack Obama, qu’une partie de l’opinion considérait comme un potentiel candidat du changement dans la politique étrangère U.S. Parlant devant un groupe de leaders de la communauté juive, dans une synagogue de Philadephie, Obama a critiqué l’initiative de Carter, déclarant que , “Hamas n’est pas un Etat, Hamas est une organisation terroriste. De toute évidence ils ont développé une forte influence dans les territoires Palestiniens, mais ils ne contrôlent pas l’appareil du pouvoir.

Cette distinction est surprenant, étant donné le fait que Obama a fréquemment signalé sa volonté de “parler à tout le monde” et que le Hamas est une organisation politique qui - démocratiquement parlant - représente la grande majorité du peuple Palestinien, formant la majorité des élus au parlement palestinien.

Si le fait de détenir le siège de Premier Ministre à la suite d’une élection démocratique n’est pas synonyme de “détenir l’appareil du pouvoir”, alors on peut se demander quel est le critère retenu par M. Obama.

Obama a également sacrifié à l’obligation de se présenter comme un ami inconditionnel d’Israël, déclarant que, s’il était élu, “il ferait le nécessaire pour qu’Israël puisse se défendre contre toute attaque,” - même si, ici encore, son choix des mots était intéressant, étant donné qu’il ne s’est pas explicitement engagé à aller en guerre pour le compte d’Israël, comme l’ont fait John McCain et Hillary Clinton.

Carter a également été lacéré par les médias étatsuniens qui n’ont parlé de son voyage que pour le critiquer. La page éditoriale du Washington Post’ - un traditionnel terrain de jeu des néo-cons U.S. - s’est surpassé en accusant Carter d’aller embrasser des brutes sanguinaires. Selon le Post, le Hamas est une bande de “terroristes” qui “n’hésite pas à frapper des civils” comme par exemple la ville israélienne de Sderot, soumise à “des attaques quotidiennes de missiles du Hamas”. Le Post fait semblant d’ignorer qu’en matière de “frappes contre des civils” c’est Israël qui est champion toutes catégories. Lors de ses raids contre des “militants”, elle laisse généralement plusieurs civils innocents, dont des enfants en bas âge, sur le carreau. Alors que les “attaques quotidiennes” contre Sderot n’ont pour l’instant tué qu’une seule personne l’année dernière, le représailles israéliennes ont tué, pendant la même période, près d’un millier de Palestiniens, la majorité des enfants et des civils innocents

Pour l’influent Business Daily : “Jimmy Carter est le pire de nos anciens présidents, il honore la mémoire de Yasser Arafat tout en embrassant des terroristes assassins. Au lieu de faire la bise aux terroristes, Jimmy Carter ferait mieux d’aller se recueillir sur les tombes de leurs victimes”.

Pour Benjamin Shapiro, éditorialiste réputé dans plusieurs quotidiens U.S., c’est carrément la civilisation occidentale qui est en danger : “Jimmy Carter est un agent du mal. C’est douloureux de devoir traiter un ancien président U.S. de partisan des ténèbres. Mais il est dangereux de laisser un homme comme Jimmy Carter hanter la planète, drappé dans la cape de la réputation américaine et plantant les graines de la destruction de la Civilisation Occidentale. “

Le député du Michigan, Joe Knollenberg est tellement en colère contre Carter qu’il a demandé au Congrès de bloquer tous les financements fédéraux alloués au Centre Carter, expliquant que “l’Amérique doit parler d’une seule voix contre nos ennemis terroristes”.

Allant encore plus loin, la député de Caroline du Nord, Sue Myrick a demandé à Condoleeza Rice de retirer son passeport à Jimmy Carter. “Cet homme est malade, il doit être mis en quarantaine, on ne peut le laisser sortir de chez lui pour aller semer ces idées malades à travers le monde”.

Du coté du Congrès, Howard Berman, le nouveau directeur de la commission des Affaires étrangères (House Foreign Affairs Committee), s’est plaint du fait que Jimmy Carter “n’est pas neutre quand il s’agit du Moyen Orient et d’Israël”. Berman, par contre qui est membre honoraire du parti Likud israélien et participe activement à tous les groupes de pression pro-Israël à Washington, est d’une neutralité absolue sur la question.

Ironiquement, il serait bon de rappeler à toutes ces ofraies que Carter est un des présidents U.S. qui a fait le plus pour la paix en Israël , pas seulement pour les politiciens d’extrème droite qui ont la faveur actuellement à Washington. C’est lui qui, en 1979, a négocié l’accord de paix avec l’Egypte qui a ouvert la voie à la normalisation des relations entre Israël et plusieurs pays arabes.

Il a toujours été un porte-parole honnète, même si parfois un peu pontifiant, qui a eu le courage de reconnaître que, dans les territoires occupés, Israël a mis en place un système proche de l’apartheid. C’est une réalité que la presse israélienne n’hésite pas à dénoncer mais qu’il est interdit de mentionner aux Etats-unis, sauf à se faire traiter d’antisémite par les “groupies” du lobby pro-israël qui courent après le “vote juif”.

[Info Palestine - 7/03/2008]
Dans un article récent paru outre-Rhin, l’historien franco-allemand Alfred Grosser revendique à nouveau le droit de critiquer Israël.

En tant que juif, j’ai été méprisé par les Allemands. Pourtant, après Auschwitz, j’ai cru en notre avenir commun. Je ne comprends pas qu’aujourd’hui les Juifs puissent mépriser les autres et s’octroyer le droit de mettre en œuvre une politique impitoyable au nom de l’autodéfense. La compassion pour les souffrances d’autrui, cette valeur fondamentale de l’Europe, ne vaut-elle pas justement pour Israël ?”

L’historien et politologue Alfred Grosser, 82 ans, persiste et signe. Dans une tribune intitulée “Pourquoi je critique Israël”, publiée dans le numéro de février de la revue allemande Internationale Politik et reprise par le quotidien Frankfurter Rundschau, il déplore qu’il soit si difficile de critiquer la politique d’Israël en France et en Allemagne.

(more…)

[Centre Palestinien des Droits de l'Homme - 12/04/2008 - Trad. Hichem Benabli]

Rapport hebdomadaire sur les violations des droits de l’homme par Israël dans les territoires occupés - semaine du 3 au 9 avril 2008 :

- 8 Palestiniens, dont un enfant et un agriculteur dans son champ, ont été abattus par Tsahal dans la bande de Gaza.

- 5 de ces victimes, dont un enfant et son oncle, ont été abattues lors d’un raid de cinq heures mené par Tsahal dans l’Est de Gaza.

- Un enfant Palestinien a été écrasé par une voiture conduite par un colon israélien.

- 25 Palestiniens, dont 5 enfants, ont été grièvement blessés par les raids de Tsahal en Cisjordanie et à Gaza.

- Tsahal a mené 30 attaques militaires contre des villes en Cisjordanie et 7 raids contre Gazas.

- En Cisjordanie, Tsahal a arrêté 65 civils Palestiniens, dont 7 enfants et une jeune fille, tandis que, à Gaza, l’armée israëlienne a arrêté 10 autres civils, dont 3 enfants

- Tshal a arraché des oliviers et saccagé au moins 125 donums [31 hectares] de terres agricoles.

- Tsahal a endommagé plusieurs batiments et centres vitaux civils dans le nord de la ville de Gaza.

- Tsahal a mené des attaques contre les locaux d’ONG et d’organisations caritatives à Ramallah et à al-Bireh.

- Tsahal a fouillé et saccagé des locaux d’ONG, des mosquées et des magasins à Qalqilya, et fermé les locaux et entrepôts de 4 organisations caritatives.

- La crise énergétique à Gaza s’aggrave.

- 6 civils palestiniens ont été arrêtés par des soldats israéliens sur des check-point en Cisjordanie.

- 2 colons israéliens ont attaqué et menacé de mort une famille palestinienne à Nablus.

Résumé : Les violations des droits de l’homme et du droit humanitaire par Israël ont connu une importante escalade durant cette période, surtout dans les territoires occupés, notamment Gaza.  (3 – 9 April 2008):

http://www.reliefweb.int/rw/rwb.nsf/db900SID/ASAZ-7DKHQM?OpenDocument

C’est probablement pour cela que la police a arrété, le 11 septembre 2001, au pied des tours en feu, un groupe d’agents du Mossad entrain de faire la fête…En 1933 les Nazis montraient des caricatures du “Juif international” se frottant les mains devant les montagnes de cadavres de la guerre, aujourd’hui Netanyahu donne chair à cette caricature. Les familles des victimes apprécieront…

De là à penser que…

[Hichem Benabli - IES News Service - 16/04/2008 - Trad. Grégoire Seither]

Selon le quotidien israélien Ma’ariv, Benjamin Netanyahu, leader du parti d’extrème droite israélien Likud, aurait déclaré lors d’une conférence à l’université de Bar Ilan, que les attentats du 11 septembre 2001 contre les Etats-unis ainsi que la guerre en Irak ont été une bonne chose pour Israël.

Nous profitons d’une chose, ce sont les attaques contre les Twin Towers et le Pentagone, ainsi que les combats américains en Irak“. Selon Ma’ariv, l’ancien premier ministre israélien aurait déclaré que ces évenements ont “retourné l’opinion publique américaine en notre faveur

http://www.haaretz.com/hasen/spages/975574.html

Pour la journaliste Larisa Alexandrovna, ces propos sont

un véritable scandale. A travers le monde, les antisémites de tout poil ont utilisé la tragédie du 9/11 pour leurs opérations de propagande, affirmant qu’Israël est l’instigateur des attaques du 11 septembre… et voilà que Netanyahu leur apporte publiquement la confirmation de leurs théories.

De plus, Benny est totalement à coté de la vérité quand il pense que le 11 septembre a profité à Israël et que l’opinion publique étatsunienne soutient Israël. La politique inepte des Etats-unis et d’Israël sont responsables d’une augmentation sans précédent de l’antisémitisme à travers le monde, il est difficile de voir en quoi cela peut “profiter” aux juifs en général et à Israël en particulier.

Par ailleurs, les juifs américains sont entrain de se distancer avec Israël, en grande partie à cause de l’extrémisme du Likoud et sa relation symbiotique avec des gens comme Dick Cheney. Prenez le cas de Joe Lieberman, qui était candidat à la vice-présidence avec 9/11 et qui se retrouve aujourd’hui au placard politique, précisément à cause de son association étroire avec le Likud et Cheney.

C’est la responsabilité des leaders d’opinion juifs dans nos deux pays d’arracher notre religion des mains de ces parasites politiques, car si nous ne le faisons pas, leur petite combine va finir par créer un type d’antisémitisme que ce pays n’a pas vu depuis la 2è guerre mondiale. Depuis que cette extrémise d’extrème droite et moralement répugnant a réussi son “coup d’état larvé” et pris le pouvoir politique tant en Israël qu’aux Etats-unis, l’antisémitisme a atteint des sommets.

Et si les citoyens israéliens ne modèrent pas leurs dirigeants, alors les juifs à travers le monde devront se poser la question cruciale : qu’est ce qui est plus important ? Le pays que l’on nomme Israël ou la nation juive dans son ensemble ?

http://www.atlargely.com/2008/04/netanyahu-sprea.html

Voilà qui montre encore une fois que le “désengagement” israélien est totalement bidon. Comment peut on parler d’autorité palestinienne quand c’est l’armée israélienne qui détient les clés des portes et des fenêtres du Ghetto ?

[Hichem Benabli - IES News Service - 17/4/2008]

L’ancien président Jimmy Carter, en voyage au Moyen-Orient, s’est vu refuser l’accès à Gaza par les autorités israéliennes, qui bloquent tous les passages frontière vers ce territoire, techniquement sous contrôle Palestinien. Le passage de Rafah, aus Sud, est contrôlé par l’Egypte qui en a également fermé l’accès.  L’ancien président US est boycotté par Israël à cause de son intention de rencontrer le chef du Hamas, Khaled Meshaal, à Dams, ce vendredi.  Il est la cible d’une violente campagne de dénigrement par le Lobby-Pro-Israël au Etats-unis et en Europe pour avoir affirmé, dans un ouvrage paru en 2006, que les territoires palestiniens occupés vivaient un “régime d’apartheid” et critiquant le mur qu’érige Israël sur des terres palestiniennes en Cisjordanie.

[Yediot Aharonot, 8 avril 2008 - Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant]

Le haut responsable du Fatah Marwan Barghouti, emprisonné en Israël, a adressé une lettre à Shalom Arshav (La Paix Maintenant), qui marque aujourd’hui son 30e anniversaire. Dans cette lettre, il appelle Israël à signer un traité de paix avec Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne. “Offrons à vos enfants et aux nôtres une vie sans la menace de guerres et de massacres.” Cette lettre sera lue ce soir par Qaddoura Farès à l’occasion de la manifestation qu’organise Shalom Arshav à Tel-Aviv pour marquer ses 30 ans.

“Je vous écris depuis le sombre petit cachot où je suis emprisonné par les forces d’occupation, avec 11.000 autres prisonniers, dont des femmes et des enfants. Certains n’ont fait l’objet d’aucun jugement, d’autres sont emprisonnés depuis plusieurs dizaines d’années”, écrit Marwan Barghouti, ancien commandant des “Tanzim” aux militants de Shalom Arshav.

“Mû par la douleur et les souffrances endurées par le peuple palestinien durant 40 années d’occupation militaire, je vous adresse mon salut et mes encouragements. La création de votre mouvement, il y a 30 ans, nous a donné l’espoir qu’il existe en Israël un groupe qui s’oppose à l’occupation, à la colonisation et à l’oppression du peuple palestinien. Qu’il existe un groupe qui appelle à la paix entre les peuples et qui soutient le droit des Palestiniens à créer un Etat indépendant dans les frontières de 67 avec Jérusalem Est pour capitale.”

Dans sa lettre, Marwan Barghouti évoque le “document des prisonniers” (1) et affirme :

“Nous, dirigeants des différents groupes du peuple palestinien, avons pris l’initiative d’un plan de paix unique en son genre dans l’histoire du mouvement palestinien, initiative connue sous l’appellation « document des prisonniers ». A côté de la signature du Fatah figurent celles de membres du Hamas, du Jihad islamique et de toutes les composantes de l’OLP. Ce document affirme clairement que l’objectif du mouvement palestinien consiste en la fin de l’occupation des territoires conquis en 1967, la création d’un Etat palestinien avec Jérusalem Est pour capitale, et une solution au problème des réfugiés conforme au droit international.”

L’ancien dirigeant du Fatah précise encore que le document donne mandat au président de l’Autorité palestinienne pour mener les négociations avec l’Etat d’Israël en vue d’un accord définitif.

“Cet accord sera soumis à un référendum. Pour la première fois, il montre la voie d’une négociation où la position palestinienne est unie.”

“Moi, et avec moi la majorité écrasante du peuple palestinien, sommes prêts à un compromis historique fondé sur les décisions internationales, qui garantira deux Etats, un Etat d’Israël et un Etat palestinien, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. Nous sommes prêts à un compromis historique qui assurera à vos enfants comme aux nôtres une vie sans menace de guerres et de massacres. C’est la raison pour laquelle il faut parvenir le plus rapidement possible à un cessez-le-feu réciproque.”

“Le peuple palestinien est avide de liberté, d’indépendance et de paix. C’est pourquoi il est vital de stopper immédiatement et totalement la colonisation et les expropriations, de rouvrir les institutions palestiniennes à Jérusalem, de démanteler les barrages routiers qui ont fait des territoires palestiniens un enfer et ont détruit l’économie palestinienne, d’arrêter la politique des assassinats et des arrestations, de lever le siège de Gaza, de rouvrir les passages frontaliers, d’instituer une période d’accalmie complète et de libérer les milliers de prisonniers.”

(1) Voir “Des dirigeants du Fatah et du Hamas emprisonnés en Israël s’accordent sur une solution à deux Etats” http://www.lapaixmaintenant.org/article1276

Sur les suites qu’a connues ce document, voir : “Entre prisonniers et captifs” http://www.lapaixmaintenant.org/article1283 et “Un big bang palestinien ?” : http://www.lapaixmaintenant.org/article1290

http://www.ynet.co.il/articles/0,7340,L-3528886,00.html

éditorial furieux contre ce gouvernement, qui constitue en même temps un hommage au travail de Shalom Arshav (La paix Maintenant), sans qui “personne ne saurait” que la construction continue dans les Territoires (voir le dernier rapport de Shalom Arshav http://www.lapaixmaintenant.org/article1783 ). Duperie à l’égard des Américains, des Palestiniens, mais aussi et surtout des citoyens israéliens eux-mêmes

[ Editorial de la rédaction - Ha’aretz, 1er avril 2008 - Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant]

Si Shalom Arshav ne publiait pas de temps en temps des rapports, il est probable que personne ne saurait que la construction se poursuit dans les colonies. On aurait pu supposer, compte tenu des déclarations du gouvernement Olmert, que la construction était suspendue et que des efforts étaient faits pour parvenir à un accord de paix qui comprendrait un retrait de la plupart des territoires de Cisjordanie. A entendre les plaintes des dirigeants des colons, on aurait pu penser aussi qu’il y avait un gel des constructions, et que les jeunes colons étaient réellement sans abri.

Mais ce qui se passe dans les territoires est très différent. La dynamique de la duperie continue. La duperie à l’égard des Américains, la duperie à l‘égard des électeurs qui ont voté pour des partis qui avaient placé la paix en haut de leurs priorités, duperie à l’égard des Palestiniens et, par-dessus tout, auto-duperie. Nos dirigeants participent à une course sans ligne d’arrivée. Les participants : Ehoud Barak, ministre de la défense, dont personne ne comprend la ligne politique, ligne qu’il ne daigne expliquer à personne, Ehoud Olmert, premier ministre, qui commente la situation sans agir sur elle, et Tzipi Livni, ministre des affaires étrangères, qui négocie une évacuation alors que le gouvernement continue à construire.

Il est clair que le Parti travailliste “n’est pas mûr pour des élections”, comme le disait hier Youli Tamir, ministre de l’éducation, et l’on peut douter qu’il le soit un jour. Au lieu de consacrer toute son énergie à pousser une législation sur une loi “évacuation-indemnisation” qui permettrait à qui le souhaite de quitter immédiatement la Cisjordanie (et l’on estime que des milliers de colons sont dans ce cas), la Haute cour de Justice est saisie de demandes de positionnement de caravanes aux confins de colonies sauvages qui n’ont jamais été évacuées. (more…)

[Alain Gresh - Le Monde Diplomatique - 05/04/2008]

Lors d’un long entretien avec le quotidien palestinien Al-Ayyam publié à Ramallah le 3 avril, Khaled Meshaal, chef du bureau politique du Hamas a expliqué que son mouvement était favorable à une trêve avec Israël, à la condition que celle-ci soit globale et non limitée à la seule région de Gaza.

Par ailleurs, il a déclaré qu’il approuvait la position arabe concernant la création d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967. « La plupart des factions palestiniennes ont accepté le document signé en 2006 entre le Fatah et le Hamas affirmant qu’un Etat palestinien devait être établi dans les frontières de 1967, y compris Jérusalem ; cet Etat devrait disposer d’une souveraineté totale et le droit au retour devrait être reconnu. C’est la position palestinienne. C’est aussi la position arabe officielle avec des différences de détail. Israël doit donner son accord à une telle solution. »

Mais, lui demande-t-on, les Européens et les Américains disent que le Hamas veut la destruction de l’Etat d’Israël. Que répondez-vous ?

« Nous sommes un mouvement qui se tient au programme politique sur lequel nous nous sommes mis d’accord avec les autres factions palestiniennes, un programme qui est appuyé par le monde arabe. Donc les Américains et les Européens et les autres parties internationales devraient accepter cette réalité politique et nous juger en fonction de celle-ci. On ne juge pas les gens par ce que vous croyez qu’ils ont dans la tête, mais par ce sur quoi ils se sont engagés par écrit. Le défi principal auxquels les Américains et d’autres membres de la communauté internationale sont confrontés est de savoir comment forcer Israël à accepter ce que nous avons offert. C’est cela la solution. Après cela, que l’un veuille ou non reconnaître Israël c’est son affaire. »

Notons que Politis de cette semaine (N° 996, 3 avril) publie un entretien avec Ahmed Youssef, principal conseiller d’Ismaïl Haniyeh, « La division interpalestinienne ne sert qu’Israël », ainsi qu’un reportage d’Eugénie Rébillard sur Gaza, « Nous n’avons devant nous que des solutions extrêmes ».

http://blog.mondediplo.net/2008-04-05-Nicolas-Sarkozy-l-Afghanistan-et-l-universalisme#Ce-que-dit-le-Hamas

Le témoignage d’Assadiq a été totalement discrédité par les multiples inexactitudes et affabulations qu’il contient…

[Mecanopolis - 09/04/2008]
Depuis plusieurs jours, le fameux « témoin clé » dans l’assassinat de Rafic Hariri, l’ancien agent des Renseignements syriens (Idarat Al-Mukhabarat Al-Ama), Mohammed Saïd Assadiq, fait l’objet de tous les commentaires de la presse arabe.

Assadiq s’était réfugié en France et y bénéficiait d’une protection rapprochée, après avoir témoigné devant la Commission d’enquête internationale. Ses aveux impliquaient de hauts responsables syriens et libanais dans l’assassinat de Rafic Hariri.

Depuis, la Syrie réclamait son extradition afin de le confronter aux autres protagonistes du dossier. En vain. Or, depuis la semaine dernière, le mystère s’est encore épaissi autour de Assadiq, qui était désigné désormais comme « témoin clé ».

En tout état de cause, la France avait gardé le silence sur cette disparition. Interrogé ce mardi par la télévision « Al Arabiya », le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a fini par reconnaître la disparition de Saïd Assadiq, sans pour autant dissiper le mystère.

«Il était chez lui ou assigné à résidence et il a disparu. Et c’est tout ce que je sais. Je viens de l’apprendre ce matin. Je suis le premier à le déplorer», a déclaré le ministre des Affaires étrangères. «Mais je ne sais pas dans quelles conditions et s’il y avait un dispositif policier pour le garder. Je ne confirme rien.»

La disparition de Assadiq, dont le témoignage était jugé peu fiable par plusieurs observateurs, intervient dans un moment critique, alors que la Syrie s’apprête à rendre ses conclusions sur l’assassinat d’Imad Moughnieh. Conclusions qui mettraient directement en cause Israël.

http://mecanopolis.wordpress.com/2008/04/09/un-%c2%ab-temoin-cle-%c2%bb-de-lassasinat-de-rafic-hariri-sevapore-en-france/

[Mecanopolis - 05/04/2008]

Selon Emmanuel Todd, le renforcement des troupes françaises en Afghanistan est une erreur diplomatique et stratégique, et dessine les contours d’une idéologie extrême-droitière à l’échelle mondiale. Interview.

Au Sommet de l’Otan, mercredi 2 avril, George Bush s’est dit « très heureux » du soutien de la France en Afghanistan. Mais la veille, à l’Assemblée, la première grande décision stratégique de Nicolas Sarkozy de renforcer les contingents français engagés dans le conflit afghan mettait le feu aux poudres. Les socialistes, de François Hollande à Lionel Jospin, d’Hubert Vérine à Ségolène Royal, s’opposent unanimement à une politique d’alignement sur les Etats-Unis. Ils mettent en avant l’enlisement du conflit afghan, son coût humain et dénoncent le « tournant atlantiste » de la politique française. Pour l’historien et démographe Emmanuel Todd, les dangers de cette politique sont encore plus graves. L’auteur de Après l’empire juge que cette partie est perdue d’avance et qu’elle participe d’une idéologie extrême-droitière naissante.

Question : Le renforcement des troupes en Afghanistan vous paraît-il justifié ?

Emmanuel Todd :
Je peux tout imaginer de Nicolas Sarkozy, même qu’il ne sache pas ou est l’Afghanistan. Mais je ne peux pas imaginer que les gens qui l’entourent ignorent ce que tout le monde anglo-saxon sait, à savoir que cette guerre est perdue.

Pour vous, cette guerre est sans espoir ?

E.Todd : L’organisation sociale des Pachtounes est faite pour la guerre, tout comme celle des clans somaliens : la guerre est l’état normal de ces sociétés, ce n’est donc pas un problème dans la durée. A partir du moment où les belligérants sont alimentés par des fournitures d’armes régulières venant de l’extérieur, il est évident que ces système sociaux vont venir à bout de quelques milliers d’hommes venus de loin et difficilement approvisionnés. On peut se demander, à la limite, si ça va se terminer par un Dien-Bien-Phû ou par un retrait paisible.

Du point de vue du gouvernement, il semble pourtant qu’il y ait des enjeux à ce conflit…

E.Todd : Pourquoi ceux qui nous gouvernent veulent-ils participer à une guerre perdue ? Voilà la vraie question. Et là, comme dans les débats sur la réintégration pleine et entière de la France à l’Otan, on touche au symbolique. Cette manœuvre a pour objectif de réaffirmer un lien avec l’Amérique. Je n’appellerai pas ça du néo-atlantisme. L’atlantisme était le lien de l’Europe occidentale avec les Etats-Unis à une époque où ils portaient les valeurs démocratiques face au totalitarisme soviétique. Ce n’était pas du goût des gaullistes, mais dans le contexte, cela pouvait se justifier. Aujourd’hui, l’Amérique est le pays du fric, du néo-libéralisme et des inégalités. Et ce qui se profile derrière cette nouvelle association, c’est de l’occidentalisme. C’est un lien fondé sur une nouvelle idéologie, une idéologie qui se construit dans le conflit avec l’islamisme.

Mais la France n’a-t-elle pas intérêt, pour des raisons de politique « réaliste », à s’associer avec les Etats-Unis plutôt que de rester repliée sur elle-même ?

E.Todd : La France n’a pas les moyens de s’engager en Afghanistan, c’est déjà un objectif démesuré pour les Etats-Unis. La France est une puissance moyenne et l’Amérique une puissance déclinante. Paris existait terriblement à l’époque de Villepin : après son discours à l’ONU contre l’engagement de la France en Irak, nous rayonnions ! Mais sous Nicolas Sarkozy, il arrive à la France ce qui est advenu de l’Angleterre sous Tony Blair : si l’on devient le caniche des Etats-Unis, on disparaît. Si on s’aligne, si on perd son indépendance, on disparaît. De Gaulle l’avait compris : la France n’existe à l’échelle mondiale, ne peut justifier son siège au conseil de sécurité de l’Onu et sa possession de l’arme nucléaire, que lorsqu’elle représente un acteur autonome. Le monde n’a rien à faire de la France de Sarkozy. (more…)

[Al jazeera - 29 mars 2008 - Traduction : Claude Zurbach]
Les Israéliens utilisent la Cisjordanie comme décharge bon marché et pratique pour mettre à la décharge leurs ordures aux dépens de la santé des Palestiniens. Les Palestiniens sont dans l’impossibilité d’avoir le contrôle du déversement des produits toxiques israéliens. La Cisjordanie est devenue un lieu de décharge pour les déchets dangereux — ceux-ci provoquant des maladies parmi les habitants, disent les groupes israéliens et palestiniens de défense de l’environnement.

Il y a plusieurs semaines, les villageois de Jima’in dans la zone de Naplouse se sont plaints que les camions israéliens vidaient toujours leurs déchets sur les terres palestiniennes.

Ayman Abu Thaher, le directeur général d’adjoint de la direction des services environnementaux de l’Autorité palestinienne a indiqué que ces pratiques duraient depuis des années.

« Les Israéliens utilisent la Cisjordanie comme décharge bon marché et pratique pour mettre à la décharge leurs ordures aux dépens de la santé des Palestiniens, » nous di-il.

Selon les Amis de la terre au Moyen-Orient (FoEME), un groupe jordano-palestino-israélien de défense de l’environnement, toutes ces décharges se sont avec le temps transformées en menace pour l’eau potable dans la région. (more…)

[Y-Net News (Yediot Aharonot) - 05/04/2008 - Trad. Gregoire Seither]

A l’occasion d’un rassemblement marquant le premier mois de deuil suite à l’attentat contre le séminaire rabbinique Mercaz Harav - dans lequel huit jeunes hommes avaient été tués, le Grand Rabbin sépharade, Mordecchai Eliyahu a rappelé que la loi juive est formelle : la vie d’un seul étudiant de Yeshiva vaut plus que celle de mille Arabes.

“Nous ne voulons pas la vengeance, nous voulons des représailles” a proclamé le responsable de la Yeshiva attaquée, Kobi Nahshoni, devant le millier de personnes rassemblées pour l’ocasion.Le Grand Rabbin Mordechai Eliyahu a appelé le gouvernement à renforcer la répression militaire et à étendre la colonisation, proposant que pour chaque israélien tué, une nouvelle colonie soit crée en “Judée et Samarie” (Cisjordanie).

Le rabbin a également rappelé ce que veut la loi divine en terme de représailles justes : mille Arabes doivent mourir pour chaque étudiant talmudique tué :

“Et quand nous ferons les représailles, nous devons garder une chose bien clairement à l’esprit : la vie d’un seul garçon étudiant dans une école reglieuse vaut plus que celle de mille Arabes. Le Talmud dit que si les goyim volent de l’argent à Israël, ils devront rembourser de l’or s’ils veulent échapper au chatiment. Tout ce que l’on nous prend devra être remboursé au centuple. Mais dans les cas comme celui-ci, il n’y a rien à rembourser, car, comme je l’ai dit –la vie d’un seul étudiant de Yeshiva vaut plus que la vie de mille Arabes.”

http://www.ynetnews.com/Ext/Comp/ArticleLayout/CdaArticlePrintPreview/1,2506,L-3527410,00.html

[Jean-Claude Lefort - Député honoraire - 31 mars 2008]AFFAI

Le sous-préfet de Saintes, M. Bruno Guigue, vient d’être brutalement démis de ses fonctions par sa ministre de tutelle au titre qu’il aurait gravement dérogé au « devoir de réserve » qui doit marquer sa haute fonction. Cela a fait grand bruit en France mais aussi à l’étranger, il faut le savoir, notamment au Proche et Moyen-Orient.

Examinons donc successivement les faits, puis la notion de « devoir de réserve », voyons si elle a ou non un caractère « universel » et tirons les conclusions de cette « affaire ». (more…)

La hantise d’un “mouvement des droits civiques”, dans lequel les  Palestiniens se mettraient soudain à scander “One Man, One Vote” fait depuis longtemps peur aux politiques en Israël. Ils savent que si les Arabes abandonnaient la violence pour réclammer l’égalité, Israël perdrait l’unique justification de sa politique militariste et expansioniste… et perdrait également le soutien d’une bonne partie de la gauche juive aux Etats-unis…

C’est pour cela que Israël encourage toujours les mouvements les plus radicaux (comme le Hamas, une fabrication israélienne pour saper Arafat) et s’arrange pour maintenir toujours une certaine tension sur le terrain, afin d’encourager la violence dont elle a besoin pour justifier son existence…

Ali Abunimah ne dit rien d’autre dans “Israël a besoin de la fiction d’un Etat Palestinien pour continuer à exister”

[Miko Peled - The Electronic Intifada - 29/03/2008 - Trad. JPP]
Maintenant que le Kosovo est un Etat indépendant, émergeant des ruines de l’ex-Yougoslavie, des parallèles sont tirés entre les Balkans et le Moyen-Orient. L’une des réactions à cet évènement émane de la ministre des Affaires étrangères d’Israël, Tzipi Livni. Cela ne la dérange pas si les Palestiniens suivent l’exemple des Kosovars et proclament un Etat ; ce qui l’inquiète, c’est que les Palestiniens réclament les mêmes droits que les Israéliens.

Ajoutant à la crainte des Israéliens de voir surgir une demande pour des droits égaux, Ahmad Khalidi écrit, dans un article récent dans The Gardian, qu’on n’a jamais proposé, comme actuellement, un Etat aussi peu attractif aux Palestiniens et que ceux-ci pourraient faire le choix qui est le « pire cauchemar d’Olmert » : appeler à un « véritable partenariat pour le partage du territoire ». Livni et Olmert ont dit que l’éventualité d’une telle égalité les empêchait de dormir, et ils ont de bonnes raisons pour cela.Une fois que le discours passe de « l’autodétermination » à « la liberté et à la démocratie », comme Ahmed Khalidi le fait remarquer, la marque sioniste de l’apartheid n’a plus qu’à s’effacer et à laisser la place à une démocratie laïque naissante.

Trois arguments vont être avancés ici en faveur de la transformation de l’Etat de ségrégation raciale qu’est Israël en un Etat de démocratie laïque sur l’ensemble de la Palestine/Israël historique :

1 - Pour parvenir à un règlement durable au conflit israélo-palestinien, il faut mettre un terme à la domination d’Israël sur la terre, les personnes et le discours, les deux côtés doivent négocier à égalité. Dans le même temps, toute recherche de solution doit prendre en compte le fait qu’Israël n’acceptera pas de bon gré une telle parité et s’emploiera de toutes ses forces à maintenir sa domination.

2 - Aussi longtemps que l’essentiel des efforts pour solutionner le conflit se concentrera sur la partition de la Palestine/Israël historique, il n’y aura aucune solution au conflit. L’idée de partition a aujourd’hui fait faillite et la défendre ne fait que permettre à Israël de dominer le discours et d’assurer son contrôle violent sur les Palestiniens et sur leur terre.

3 - La solution connue pour un seul Etat n’est plus une option avancée par quelques-uns, elle est maintenant devenue réalité ; les actes et les débats doivent maintenant se concentrer sur la transformation d’un système raciste, ségrégationniste aujourd’hui en place, en un système démocratique laïc de gouvernement. Le règlement du conflit ne consiste pas partager la terre avec toujours plus de ségrégation, mais à couper les institutions gouvernementales de leur identité unique, pour les deux côtés. L’Etat doit être au service de tous, représenter chaque Israélien et chaque Palestinien vivant entre le fleuve du Jourdain et la mer Méditerranée.

http://mcpalestine.canalblog.com/archives/2008/03/30/8528513.html