Lobby Pro-Israël



Il est intéressant de constater que, même pour les "colombes-réalistes" comme Arieli, il aura suffi de quelques rodomontades d’Erdogan pour que la Turquie chérie ne soit soudain plus considérée comme un allié… et il est amusant de lire son aveu (lapsus ?) par lequel il range Israël dans le camp des "pays occidentaux". Il ne viendrait pourtant à l’idée de personne de catégoriser ainsi des pays comme l’Egypte, l’Arabie ou la Lybie, qui sont pourtant bien plus à l’Ouest qu’Israël. Encore une démonstation du caractère éminement colonial et europeano-ethnocentrique qu’est la fiction sioniste. Comme le disait déjà Herzl – "un rempart de la civilisation blanche contre la barbarie orientale".

[Colonel de réserve Shaul Arieli - Middle East Pulse - 14 décembre 2009 - Traduction par Catherine Golstein pour la Paix Maintenant]

Délicate situation pour la Jordanie

Le Colonel de réserve Shaul Arieli, est l’ancien chef de l’ « Administration de la Paix » de Ehud Barak, l’un des initiateurs de l’Initiative de Genève, représentant du Conseil pour la Paix et la Sécurité.

A la fin de la Guerre d’Indépendance – conséquence du rejet arabe du Plan de Partition – 600.000 Palestiniens sont devenus refugiés au sein d’Etats arabes, en particulier en Jordanie. Jusqu’en 1988, les Palestiniens n’étaient pas inclus dans la problématique globale, et le futur de la Cisjordanie se négociait directement entre Israël et la Jordanie. De nombreux leaders politiques israéliens à l’époque considéraient la Jordanie comme la terre des Palestiniens, et citaient la croissance de cette population palestinienne comme une validation de ce point de vue.

Suite à la Guerre des Six Jours, 250.000 Palestiniens de Cisjordanie de plus se sont relocalisés en Jordanie et, selon le Plan Alon, la Vallée du Jourdain dépeuplée a été considérée comme une partie de la zone de sécurité contre le Front Est. Le détachement de la Jordanie de la Cisjordanie en 1988 n’a pas affecté la politique des « Ponts Ouverts » et les portes ont été ouvertes encore plus grand à la signature de l’Accord de Paix de 1994 avec Israël. Depuis, cependant, la famille Hachémite a évité de défier le rôle de leader de l’OLP dans les négociations avec Israël sur le futur de la Cisjordanie, et a réitéré qu’il serait dans l’intérêt de la Jordanie d’établir un état indépendant dans les territoires occupés.

Même si Israël ne fait plus de déclarations publiques en faveur d’une terre palestinienne en Jordanie, les faits n’ont pas changé sur le terrain. Depuis l’an 2000, 250.000 Palestiniens ont émigré de la Cisjordanie vers la Jordanie, contrairement à la tendance perçue après les accords d’Oslo — à l’époque, des dizaines de milliers de visiteurs palestiniens de Jordanie avaient afflué en Cisjordanie, et y étaient restés au-delà de l’échéance de leur permis de séjour. Les Jordaniens ont réagi en refusant ou en retardant l’accession à la citoyenneté jordanienne aux Palestiniens souhaitant réunifier leur famille, de façon à réduire le nombre de réfugiés recensés en Jordanie, et espérant par là encourager leur retour en Cisjordanie après un règlement durable de la situation.

La Jordanie craint qu’en plus des pressions existantes dues à des luttes intestines, il y ait un risque que des réfugiés affluent d’Irak après le retrait des Américains, sans compter une immense dette par rapport à l’aide étrangère, et le manque critique d’eau. Le pays pourrait aussi être confronté à un afflux massif de réfugiés Palestiniens au cas où l’Autorité Palestinienne s’effondrait ou en cas d’une escalade sécuritaire comme une autre opération Plomb durci. De plus, les Jordaniens redoutent qu’Israël ne choisisse de se retirer derrière la barrière de sécurité s’il s’avérait être désavantageux de rester en Cisjordanie, ce qui provoquerait un chaos général favorisant l’immigration des Palestiniens vers l’Est.

En conséquence, le Royaume Jordanien fait preuve d’une activité intense pour promouvoir l’établissement d’un Etat Palestinien, comme l’ont montré les encouragements que le roi a envoyés à la conférence de J-Street, pressant Israël d’accepter un accord de paix sans inclure de requêtes supplémentaires, ou la suggestion de transférer au Conseil de Sécurité la responsabilité du problème palestinien. La Jordanie a même soutenu la déclaration unilatérale palestinienne de la création d’un Etat Palestinien avec des frontières temporaires.

Les supporters israéliens du « scénario optimiste » de la « terre alternative » ont totalement ignoré le risque que cela engendrerait pour Israël. Les chances que les Hachémites perdent le contrôle de la région au profit des Palestiniens sont minces, et cela ne serait possible que si l’Ouest leur retirait complètement leur soutien. Le scénario le plus probable serait que, suite à des pressions internes de plus en plus fortes, les Hachémites devraient former une coalition jordano-palestinienne laïque et musulmane, ce qui pousserait la Jordanie à se distancer progressivement d’ Israël jusqu’à la disparation de tout signe de paix. De plus, le roi serait obligé de courtiser le Hamas ouvertement, alors que cela avait été fait en secret auparavant, loin des yeux des media.

Les leaders politiques et sécuritaires Jordaniens considèrent ce scénario de coalition critique pour prévenir tensions et conflits alors que le Hamas se renforce face au blocage du processus de paix. Cette coalition pourrait  aussi pousser la Jordanie vers la Turquie et l’Iran ; Israël se trouverait alors face à un alignement régional vidé de toute influence occidentale.

http://www.israelpolicyforum.org/blog/jordanian-predicament


Il fut un temps ou les Palestiniens étaient l’alibi qui permettait aux régimes totalitaires du monde arabe d’écraser toute dissidence interne, au nom de la lutte contre l’ennemi sioniste.

Aujourd’hui les Palestiniens sont les révélateurs de l’hypocrisie de ces mêmes régimes, qui s’allient avec Israël tout en continuant à brandir la rhétorique combative pour se maintenir au pouvoir.

La contradiction de cette posture sera leur pierre d’achoppement. On peut espérer que, dans un avenir proche, les moujahid sauront régler leur compte à ces ordures compradores et tortionnaires que sont Mubarak en Egypte, Ben-Ali en Tunisie, Hussein en Jordanie, Hassan au Maroc, Assad en Syrie etc etc. etc.

[Mustapha Cherif - Philosophe - Journal l'Expréssion - Algérie - 24/12/ 2009 - Page 14]

Qui viole les conventions humanitaires en infligeant une «punition collective» à un peuple démuni? Israël.
Qui opprime, colonise et bafoue le droit international? Israël.
Qui refuse la paix et sabote tous les efforts diplomatiques? Israël.
Qui résiste en permanence de manière pacifique et souffre le martyre? Le peuple palestinien.

Un an après l’agression meurtrière de Ghaza, les Palestiniens continuent à mourir à petit feu. Etouffés par l’enfermement criminel de la soldatesque sioniste entre les mains de l’extrême droite.

Qui, parmi les puissances étrangères, porte assistance à peuple en danger? Personne.

Qui, parmi les Arabes aide, soutient et tente de délivrer Ghaza des griffes de son bourreau? Personne.

Ghaza en ruine:
Les voies de passage sont au contraire, fermées et filtrées. La situation est tellement tragique que 16 ONG du monde entier, un an après le début des massacres à huis clos, dénoncent la trahison de la communauté internationale. Ce groupe d’organisations humanitaires reproche, à juste titre, au monde entier d’avoir trahi la population de la bande de Ghaza en se montrant incapable de mettre fin au blocus israélien pour permettre l’entrée d’aide à la reconstruction. Ghaza est toujours en ruine.

Ce qui se passe à Ghaza est un signe avant- coureur de ce qui attend les autres peuples demain, s’ils ne réagissent pas.

En effet, l’occupant israélien et ses complices asphyxient les Palestiniens. Ils n’ont autorisé en 2009 l’entrée dans le petit territoire palestinien que d’une quarantaine de chargements de matériaux de construction alors qu’il en faut des milliers pour reconstruire Ghaza, souligne le texte. «Les puissances mondiales ont (…) trahi les citoyens ordinaires de Ghaza», déclare Jeremy Hobbs, le directeur général d’Oxfam international… Ils ont serré des mains et fait des déclarations, mais n’ont réalisé que peu d’actions significatives pour tenter de modifier une politique désastreuse qui empêche la reconstruction, le rétablissement individuel et la reprise économique.

L’agression israélienne, en trois semaines, avait fait 1400 morts, la majorité des femmes et des enfants, et provoqué des dégâts immenses dans le territoire tenu par la résistance de Hamas, peuplé de 1,5 million de personnes.

Ces Palestiniens vivent sans couverture médicale, sans eau et sans électricité la plupart du temps, de par les coupures opérées par les sionistes. Le chômage et la mortalité atteignent des records mondiaux.

Face à la gravité de la situation, les peuples arabes réagissent à peine, émotionnellement, et sont eux-mêmes paralysés de par les despotismes et les contradictions des systèmes internes. Personne n’appelle à la guerre, mais demandent l’arrêt de l’agression d’une population totalement démunie, soumise au blocus et à la féroce répression. Des régimes arabes, malgré leur histoire, sont paralysés par la crainte de voir une seule faction de la résistance, à l’idéologie contestée, profiter de la situation. Prisonniers de visions défaitistes, ils se retrouvent incapables d’une analyse historique qui permet de définir une stratégie.

La tragédie de Ghaza est celle de tous les pays arabes et les atteindra si l’inaction perdure. La priorité est à la mise en oeuvre de nouvelles alliances. L’arme de notre temps est avant tout informationnelle.

Il s’agit de communiquer, de comprendre les enjeux, de soutenir la coexistence entre les peuples, la logique du mouvement de libération, et d’amener les adversaires à s’inscrire dans la négociation sur la base du droit et non point de la loi de la jungle.

Au sein des Palestiniens, pour défendre leur intérêt fondamental, l’indépendance et la liberté, il y a une unité à fonder, une stratégie à concevoir et un coût à assumer. La lutte de libération en Algérie a triomphé sur ces bases.

La résistance palestinienne, durant la sauvage agression, malgré ses limites, a démontré qu’elle est capable de sacrifices. Le monde arabe et musulman, durant des décennies, n’a pas su gérer cette question centrale.

La proposition de paix, adoptée à l’unanimité des pays arabes depuis 2002, fondée sur la normalisation avec Israël, en échange des territoires occupés en 1967, est conséquente. Mais elle restera ignorée si des mesures concrètes ne sont pas prises.

Des régimes arabes et ces dernières années des groupes manipulés, ignorants des réalités du monde, alimentent la peur et la propagande islamophobe, dans le contexte de la mondialisation de l’insécurité. De leur côté, les Israéliens et des Occidentaux ne veulent pas voir l’injustice immonde que subissent les Palestiniens.

Il reste à tirer les leçons pour corriger les points d’aveuglement. Sans correction de l’autisme israélien et occidental, et sans correction des erreurs arabes par des actions constructives, contrecarrer la désinformation au sujet de la cause palestinienne restera une mission impossible, même si Ghaza est le symbole de l’impunité d’Israël.

La guerre perpétuelle s’annonce. La politique du deux poids, deux mesures, au détriment des Palestiniens, a pris des proportions inadmissibles. Elle est contraire aux intérêts des pays occidentaux. Cela ruine leur crédibilité, la sécurité de tous et l’idée d’un ordre mondial juste.

L’Europe n’est pas quitte avec son passé. Des pouvoirs en Occident, traumatisés par le génocide des juifs d’Europe, ont encore mauvaise conscience.

L’instrumentalisation de l’innommable, la Shoah, constitue le socle, du fait qu’Israël se place au-dessus de toute loi. Le sionisme mise sur le souvenir de la Shoah et la peur pour la mise au silence de toute critique à l’encontre de sa politique.

L’Israélien gère l’immense catastrophe qu’a été pour lui la Shoah, par son exploitation pour se réfugier dans l’impunité. La répression du peuple palestinien est le résultat de calculs liés à l’ambition d’hégémonie.

Pour obtenir l’aval de la communauté internationale en vue de coloniser, de réprimer, de dominer; la propagande stigmatise, alimente le «choc des civilisations», diabolise et inculque que tout musulman serait un extrémiste.

Elle fait diversion, même si l’opinion n’est pas dupe et que des courants dénoncent le bellicisme et les crimes de guerre. Comble de la partialité, les Occidentaux décident de désarmer le Palestinien, la victime, le colonisé, et lui demandent de reconnaître son bourreau.

L’Occident dit assurer la sécurité au colonisateur et évite de garantir au colonisé sa libération. Le cynisme a atteint un degré inégalé.

Ghaza impose une question: comment Israël et les USA, et des pays européens consentants, peuvent-ils s’imaginer obtenir sécurité et paix en violant les règles de la guerre et en semant la mort et la haine?

Ce n’est pas un simple aveuglement ou un racisme ordinaire. Israël et ses alliés considèrent que l’obstacle à l’hégémonie des USA et du libéralisme sauvage sur le monde, en premier lieu, est les peuples de culture musulmane.

L’invention d’un nouvel ennemi a pour but, non pas de lutter contre le terrorisme, mais de faire diversion, d’empêcher que les questions des crises et des inégalités que vit l’humanité soient abordées.

Diviser pour régner, multiplier les colonies, rendre irréversible la domination, est la ligne d’Israël, qui ne semble pouvoir exister que dans le bellicisme. Politique systématique de morcellement des territoires occupés, d’apartheid. Ghaza coupée du monde. Israël et ses complices imposent un ordre totalitaire, de murs et de contraintes.

C’est le refus de la réciprocité, base de la civilisation. Le tout est habillé par des stratagèmes et des faits accomplis, au lieu et place du droit international. S’allier, est un impératif. Personne ne peut, seul, faire face aux incertitudes. Dans ce contexte, dialoguer ce n’est point refuser la critique mais comporte des conséquences: droit à la dignité, à la démocratie pour tous.

La solution finale? La violence sioniste empêche de réinventer une nouvelle civilisation, qui fait défaut au monde.

Ce qui se joue en Palestine est l’avenir du droit à la différence, du droit des peuples, même si certains de ceux qui résistent ont une version réactionnaire de la religion et de la politique.

L’Occident ne doit pas se laisser bercer par les avancées significatives qu’il a réalisées, et encore moins influencer par les milieux acquis à la logique de l’exclusion.

Il doit faire le bilan sur son histoire et s’interroger sur les risques qu’il fait courir à l’humanité, de par les inégalités qu’il impose. Le monde musulman, sur le plan externe, ne peut céder face aux agressions, et, au niveau interne, il doit s’interroger sur les dérives des extrémistes «politico-religieux» et l’absence de pratiques démocratiques.

Cette double résistance sera salutaire si elle prend en compte ces enjeux. Ghaza est le trou noir qui appelle à la réflexion vigilante.

C’est une forme de solution finale nazie que les sionistes veulent imposer.

Tous les peuples sont concernés par ce qui se passe à Ghaza. Il est temps de se réveiller. L’Algérie, le pays de Novembre, à la lutte de libération la plus prestigieuse du XXe siècle, est à la fois la terre de la sagesse, de la dignité et de la culture de la résistance. Son parcours est une leçon que tous doivent méditer.

Mustapha CHERIF – Philosophe <intellectuels@yahoo.fr>


L’article du journal Aftonbladet n’était donc pas "une fable antisémite" comme le gouvernement israélien avait prétendu, voulant même forcer le gouvernement suédois à sanctionner le journal qui l’avait publié.Comme quoi, les manoeuvres d’intimidation ne fonctionnent plus !

[The Guardian - 21/12/2009]

Doctor admits Israeli pathologists harvested organs without consent

Israel has admitted pathologists harvested organs from dead Palestinians, and others, without the consent of their families – a practice it said ended in the 1990s – it emerged at the weekend.  The admission, by the former head of the country’s forensic institute, followed a furious row prompted by a Swedish newspaper reporting that Israel was killing Palestinians in order to use their organs – a charge that Israel denied and called "antisemitic".

The revelation, in a television documentary, is likely to generate anger in the Arab and Muslim world and reinforce sinister stereotypes of Israel and its attitude to Palestinians. Iran’s state-run Press TV tonight reported the story, illustrated with photographs of dead or badly injured Palestinians.

Ahmed Tibi, an Israeli Arab MP, said the report incriminated the Israeli army.

The story emerged in an interview with Dr Yehuda Hiss, former head of the Abu Kabir forensic institute near Tel Aviv. The interview was conducted in 2000 by an American academic who released it because of the row between Israel and Sweden over a report in the Stockholm newspaper Aftonbladet.

Channel 2 TV reported that in the 1990s, specialists at Abu Kabir harvested skin, corneas, heart valves and bones from the bodies of Israeli soldiers, Israeli citizens, Palestinians and foreign workers, often without permission from relatives.

The Israeli military confirmed to the programme that the practice took place, but added: "This activity ended a decade ago and does not happen any longer."

Hiss said: "We started to harvest corneas … whatever was done was highly informal. No permission was asked from the family."

However, there was no evidence that Israel had killed Palestinians to take their organs, as the Swedish paper reported. Aftonbladet quoted Palestinians as saying young men from the West Bank and Gaza Strip had been seized by the Israeli forces and their bodies returned to their families with missing organs. The interview with Hiss was released by Nancy Scheper-Hughes, professor of anthropology at the University of California-Berkeley who had conducted a study of Abu Kabir.

She was quoted by the Associated Press as saying that while Palestinians were "by a long shot" not the only ones affected, she felt the interview must be made public, because "the symbolism, you know, of taking skin of the population considered to be the enemy, [is] something, just in terms of its symbolic weight, that has to be reconsidered."

Israel demanded that Sweden condemn the Aftonbladet article, calling it an antisemitic "blood libel". Stockholm refused, saying that to so would violate freedom of speech in the country. The foreign minister then cancelled a visit to Israel, just as Sweden was taking over the EU’s rotating presidency.

Hiss was removed from his post in 2004, when some details about organ harvesting were first reported, but he still works at the forensic institute.

Israel’s health ministry said all harvesting was now done with permission. "The guidelines at that time were not clear," it said in a statement to Channel 2. "For the last 10 years, Abu Kabir has been working according to ethics and Jewish law."

http://www.guardian.co.uk/world/2009/dec/21/israeli-pathologists-harvested-organs


[Eric Alterman - Le Monde Diplomatique -  Décembre 2009]

Est-il possible de contrer le lobby le plus bruyant ? Des Juifs américains contre la droite israélienne

Les efforts du président Barack Obama pour relancer le processus de paix au Proche-Orient se heurtent au refus du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou d’arrêter la colonisation. Pourtant, résoudre le conflit israélo-palestinien reste au centre de la stratégie de l’administration américaine dans la région. Son succès pourrait dépendre, en partie, de l’influence d’un nouveau lobby juif opposé à la politique de la droite israélienne dont la première convention s’ouvre le 25 octobre.

Quand le président américain Barack Obama a reçu seize dirigeants d’organisations juives, à la Maison Blanche, en juillet 2009, la liste des invités comprenait des habitués — les présidents et présidentes de vieilles structures conservatrices telles que la Conference of Presidents of Major American Jewish Organizations, l’Anti-Defamation League (ADL), l’American Jewish Committee et, bien sûr, l’âme du lobby pro-israélien, l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac). Mais on comptait aussi un nouveau venu : M. Jeremy Ben-Ami, directeur exécutif du nouveau lobby juif pacifiste J Street (1).

Cette présence n’était certainement pas du goût de tout le monde. Dans les publications favorables au courant dominant et néoconservateur des organisations juives, J Street suscite aussi peu de sympathie que le Hamas. Ainsi, dans les colonnes de Commentary, Noah Pollak a jugé l’association « méprisable », « malhonnête » et « anti-israélienne » ; James Kirchick, du New Republic, l’a qualifiée de « lobby de la capitulation » (surrender lobby) ; Michael Goldfarb, du Weekly Standard, l’a accusée d’être « hostile » à Israël et de « lécher les bottes » des terroristes. Ce langage trahit la panique régnant chez ceux qui craignent que l’apparition de J Street, concomitante à l’élection de M. Obama, puisse signifier le commencement de la fin de ce qui fut autrefois leur quasi-mainmise sur la formulation de la politique américaine au Proche-Orient.

S’agissant du conflit israélo-arabe, une question s’impose d’emblée : pourquoi la politique américaine diffère-t-elle tant de celle des autres nations, et particulièrement de ses alliés européens ? La relation stratégique des Etats-Unis avec Israël est plus onéreuse qu’aucune autre pour la nation américaine, autant sur le plan humain que financier. Non seulement elle coûte aux contribuables trois milliards de dollars par an en aide, mais elle attise la haine dans la plupart des pays musulmans et nourrit la violence antiaméricaine à travers le monde. Aucune autre capitale, excepté Tel-Aviv bien sûr, ne perçoit le Proche-Orient dans les mêmes termes que les Etats-Unis : Israël est un « agresseur agressé » et les Palestiniens des « agresseurs irrationnels ». Pourtant, si controversée soit-elle, cette politique perdure, immuable, d’une administration à l’autre, d’un Congrès à l’autre.

C’est le reste du monde  qui se trompe

Les partisans américains de la ligne dure israélienne — en grande partie des chrétiens évangélistes, en plus d’une base juive néoconservatrice — ne perçoivent aucun problème dans cette singularité de la politique de Washington. Selon eux, l’attitude européenne est dictée par un antisémitisme (chrétien) traditionnel mâtiné d’un désir d’apaiser les régimes arabes producteurs de pétrole. Ajoutez à cela le fait que les médias européens, présentés comme antisémites, prennent toujours le parti des opprimés — les Palestiniens étant par erreur considérés comme tels — et vous expliquez ce penchant propalestinien. La position américaine relève donc de l’évidence : c’est le reste du monde qui se trompe.

De tels arguments ne constituent qu’une des raisons, mineure au demeurant, pour lesquelles Israël a toujours le dessus au Congrès. L’autre tient à la puissance de l’Aipac — avec ses organisations auxiliaires —, dont l’influence et le pouvoir n’ont tout simplement rien de comparable avec aucun autre lobby de politique internationale (ni d’ailleurs de la plupart des autres groupes de pression).

Malgré les récents revers que l’Aipac a subis — les poursuites engagées en 2005 (maintenant abandonnées) pour espionnage contre deux de ses anciens hauts responsables, MM. Steve Rosen et Keith Weissman (2) ; la publication du livre de John Mearsheimer et Stephen Walt, Le Lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine (traduit en français par La Découverte) —, on peut trouver une preuve de la puissance de l’Aipac dans le désistement forcé de M. Charles Freeman, un « arabiste » typique, candidat à la présidence du Conseil national du renseignement (National Intelligence Council, NIC) de l’administration Obama. Bien qu’une virulente campagne ait été orchestrée contre lui — un journaliste l’a même accusé de liens avec des pédophiles —, l’Aipac a prétendu qu’il n’était pour rien dans cette entreprise de déstabilisation. Peut-être, mais sa puissance est telle que le groupe de pression peut contrarier les souhaits du président sans même avoir à mener campagne. Comme l’a écrit Jonathan Freedland dans The Guardian, même quand quelqu’un « écarte la mythologie du “lobby israélien”, ce qui est réel suffit pour inquiéter (3). »

Si certaines personnes ont voulu saboter cette candidature, c’est pour deux raisons qui ne s’excluent pas. Soit elles sont profondément et sincèrement soucieuses de savoir qui analyse les renseignements américains, parce qu’elles craignent que M. Freeman ne rende plus difficile une attaque américaine ou israélienne contre l’Iran (comme l’a fait le rapport publié par le National Intelligence Estimates en 2006  (4), qui affirmait que Téhéran n’avait plus de programme nucléaire militaire). Soit elles souhaitent avertir tout fonctionnaire potentiel des risques pesant sur sa carrière en cas d’opposition à leur vision d’une politique favorable à Israël — quand bien même ce fonctionnaire n’aurait pas de rôle à jouer dans l’élaboration de ladite politique. La communauté pro-Israël voulait la peau de M. Freeman ; elle l’a eue.

Nombre de Juifs américains ont beau s’en remettre au jugement de leurs représentants officiels, ils n’adhèrent pas pour autant à la ligne dure de l’organisation. Selon de récents sondages réalisés par J Street, les Juifs américains sont favorables (dans une proportion de 76 % contre 24 %)à la solution de deux Etats et à un accord final entre Israéliens et Palestiniens conforme aux termes des négociations qui ont failli aboutir il y a huit ans à Camp David et à Taba (5) — une approche systématiquement condamnée par l’Aipac. Et tandis que le lobby est resté silencieux sur la nomination du ministre des affaires étrangères israélien, raciste et revanchiste, Avigdor Lieberman, la majorité des Juifs américains, selon J Street, ont rejeté (69 % contre 31 %) ses positions, alors qu’il voulait imposer aux citoyens arabes israéliens un serment de loyauté à l’Etat juif et qu’il avait proféré des menaces contre des députés arabes israéliens.

Qui plus est, les Juifs américains restent progressistes alors que l’Aipac est dominé par des néoconservateurs. Lors de l’élection présidentielle de novembre 2008, les Juifs ont soutenu loyalement les démocrates et ont voté pour M. Obama dans une proportion de quatre contre un. D’où ce paradoxe : des organisations comme l’Aipac, financées par des Juifs progressistes, s’entendent désormais avec des conservateurs républicains pour dénigrer ces mêmes démocrates progressistes…

Sur le plan générationnel aussi, la nouvelle approche de J Street arrive à point nommé. Comme l’explique M. J. Rosenberg, qui a récemment démissionné de l’association pacifiste Israel Policy Forum, l’Aipac est dominé par « des gens beaucoup plus âgés », mais « leurs enfants et petits-enfants ne partagent pas [leurs] idées. Plus nous nous éloignons de la seconde guerre mondiale, plus il est difficile de susciter la peur chez les jeunes afin de les pousser à soutenir Israël. Ils soutiendront Israël s’ils croient en lui et si Israël les y exhorte. Mais toutes ces stratégies basées sur la peur, du type “il faut signer des chèques parce qu’il va y avoir un nouvel holocauste”, ne marchent pas avec les moins de 60 ans. Les gens qui ont manifesté contre la guerre du Vietnam dans les années 1960 ne tomberont pas dans le panneau du “retour d’Hitler” ».

Et il ajoute : « La popularité d’Israël auprès des Juifs américains a chuté depuis 1977, suite à la nomination de [Menahem] Begin au poste de premier ministre. On leur a vendu une certaine image d’Israël, l’Israël de Leon Uris (6), du kibboutz et du paradis socialiste. Cela a totalement changé aujourd’hui. »

Qui plus est, alors que les Israéliens restent beaucoup plus populaires que les Palestiniens — selon une enquête réalisée durant la guerre de Gaza, 49 % des Américains avaient plus de sympathie pour Israël que pour les Palestiniens (11 % seulement préféraient ces derniers) —, cette empathie est beaucoup plus forte chez les conservateurs (avec une proportion de sept contre un) que chez ceux qui se disent progressistes (où la proportion tombe à trois contre deux).

J Street cherche à employer une partie des techniques de buzz marketing (7) du groupe de pression progressiste Move On.org et de la campagne de M. Obama afin que l’influence politique juive à Washington soit en phase avec les positions actuelles des Juifs américains. S’il est encore trop tôt pour juger de son impact, l’organisation se développe très rapidement. Depuis sa création il y a dix-huit mois, elle s’est dotée d’un budget de trois millions de dollars et emploie vingt-deux personnes. Rien de comparable avec l’Aipac et son budget de 70,6 millions de dollars, mais le démarrage est prometteur. Un million de dollars a déjà été récolté afin de favoriser les campagnes électorales à venir des candidats au Congrès attachés à une paix juste au Proche-Orient.

Des voix qui montent à l’unisson

J Street a conjugué ses efforts avec des structures plus petites — dont beaucoup ont été durement frappées par la baisse des donations de nombreuses organisations de centre-gauche depuis la crise économique et le départ des républicains de Washington (l’hostilité à M. George W. Bush ouvrait autrefois nombre de chéquiers). Il a également absorbé certaines d’entre elles et, de ce fait, rationalisé les efforts communs. Sa première convention nationale, qui doit se dérouler du 25 au 28 octobre 2009, réunira onze groupes pacifistes, dont des associations plus établies comme Americans for Peace Now, Israel Policy Forum et le New Israel Fund. J Street a absorbé l’Union of Progressive Zionists en octobre 2008, accédant ainsi à un réseau, petit mais dévoué, d’étudiants juifs pacifistes.

Selon de récentes informations, il s’apprête aussi à prendre le contrôle de Brit Tzedek v’Shalom, une organisation de Juifs progressistes constituée à l’échelon local qui déclare compter quarante-huit mille militants bénévoles dans le pays. A Washington, il a franchi un pas important et accru son crédit en embauchant M. Hadar Susskind, un vétéran de l’armée israélienne, longtemps vice-président et directeur du Jewish Council for Public Affairs, composé de Juifs américains qui se consacrent aux problèmes intérieurs.

Beaucoup dépendra de la manière dont les médias, juifs et laïcs, choisiront de couvrir la prochaine convention de J Street. M. Ben-Ami explique que l’un de ses premiers objectifs est de démontrer une bonne fois pour toutes que le camp de la paix juif « ne se résume pas à dix personnes se réunissant dans une cave ». Peu de temps avant de démissionner de son poste (et d’être inculpé), l’ancien premier ministre israélien Ehoud Olmert avait prévenu : « Si la solution de deux Etats s’effondre, Israël se verra confronté à un combat pour les droits civils comme en Afrique du Sud. » Si cela devait se produire, a-t-il prévenu, « l’Etat d’Israël est fini (8) ».

La capacité de M. Obama à préserver Israël de ce destin — et à offrir aux Palestiniens une autodétermination nationale significative, en imposant les concessions territoriales nécessaires, dépend peut-être du succès de ces voix autrefois solitaires.

http://www.monde-diplomatique.fr/2009/10/ALTERMAN/18195


Fantasme alimenté par la propagande néo-con, le musulman est devenu le repoussoir universel, il a pris la place du juif dans les années 1900-1940. Des milliers de petites et grandes stratégies opportunistes s’appuient sur cette xénophobie afin de faire avancer leurs propres pions… que ce soit la guerre pétrolière ou la peur du chômage.

La Suisse n’échappe pas au débat sur la visibilité de l’islam
[LE MONDE | 28.11.09 - Propos recueillis par Stéphanie Le Bars]
Patrick Haenni, chargé de recherche à l’Institut Religioscope basé à Fribourg (Suisse) a codirigé Les Minarets de la discorde (Infolio éd., novembre 2009), analyse l’interdiction de construire des minarets, une des questions posées par le référendum populaire du 29 novembre en Suisse.

Cette interrogation sur la visibilité de l’islam en pays non musulman est-elle typiquement suisse ?
La spécificité suisse repose sur la votation : ce dispositif impose aux citoyens de se prononcer sur des questions que l’on ne pose pas en ces termes ailleurs ; on crée un effet d’opinion sur un agenda imposé par des groupes particuliers. En Suisse, l’alliance des opposants aux minarets est circonscrite à la droite nationaliste et à une partie des courants évangéliques, liés aux chrétiens sionistes. Mais même au sein de l’Union démocratique du centre (UDC), qui porte le débat, certains sont opposés à ce vote, car ils redoutent les effets économiques, dans les pays arabes, d’une éventuelle interdiction.

Cela dit, la question des minarets s’inscrit dans une dynamique plus large. On la retrouve aussi en France, avec le débat sur l’interdiction de la burqa. La nouveauté de ces mobilisations est qu’elles se font sur la visibilité de l’islam et sur la dimension idéologique de cette religion. L’Union démocratique fédérale, qui est l’expression des évangéliques en Suisse, défend le côté chrétien du pays ; à leurs yeux, l’islam ne représente pas une menace en termes d’immigration, – même si la population musulmane connaît une croissance rapide, avec 400 000 personnes et 5 % de la population – mais porte le risque d’un clash des religions. D’ailleurs, que ce soit en France avec 367 burqas ou en Suisse avec quatre minarets, on est bien dans des logiques de combat symbolique plus que sur des problèmes touchant la société réelle.

Comment se positionnent la population et les associations musulmanes dans ces débats ?

De manière dominante, elles sont en retrait et préfèrent ne pas jeter d’huile sur le feu. D’autant que ces sujets ne font pas forcément consensus dans la communauté musulmane. En Suisse, le débat sur les minarets se déroule principalement entre forces politiques, à l’exception d’interventions de l’universitaire suisse Tariq Ramadan.

Quelle est votre réponse de sociologue face aux peurs "d’expansion de l’islam", qui, pour certains, constituent la toile de fond de ces débats ?

L’islam, en tant que fait théologique, est bien prosélyte et universaliste. Mais quand on s’intéresse au réel, c’est la sociologie qu’il faut mobiliser : l’expansionnisme d’une religion se fait soit par un projet politique ou militaire, soit par les conversions, soit par la démographie. Or, en Europe, les porteurs d’un projet politique, les Frères musulmans, n’arrivent pas à l’articuler dans une situation de minorité. Ils oscillent entre la représentation communautaire (mais l’échec de l’appel au calme de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) lors des émeutes des banlieues en 2005 a montré qu’ils ne contrôlent pas les banlieues) et le retour à la prédication.

Mais, sur ce terrain, le courant qui est vraiment efficace aujourd’hui, c’est le salafisme. Or pour ce courant, certes radical au niveau du dogme, l’idéal c’est la "hijra", le retour dans les terres d’islam. Ses membres s’inscrivent dans du religieux pur, et la perspective du départ provoque un désinvestissement du champ politique. Le fondamentalisme qui marche est donc apolitique. Quant à sa frange djihadiste, elle poursuit un but de destruction sans véritable projet politique. Plus généralement, le "retour de l’islam" se fait non par un projet militant mais par l’individu. Il vise plutôt une normalisation culturelle de l’islam dans le cadre de la culture de masse globalisée (rap islamique, Hallal Fried Chicken, streetwear islamique…)

Restent la natalité et les conversions. Dans les pays musulmans, à l’exception du Pakistan et de l’Afrique noire islamique, la démographie est en chute libre. Quant aux conversions, elles existent, mais fonctionnent dans les deux sens.

http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/11/28/la-suisse-n-echappe-pas-au-debat-sur-la-visibilite-de-l-islam_1273437_3214.html


[William James Martin sur - Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier - 23/09/2009]
Plus je réfléchis au conflit israélo-palestinien, plus je constate que très rares sont les gens à avoir une compréhension basique du conflit et qu’encore plus rares sont ceux qui sont capables de le définir ne serait-ce qu’en termes approximatifs.

Ainsi l’on entend dire parfois que tout tournerait autour du « terrorisme » arabe/palestinien, autour des attentats suicides et que le but ultime des terroristes palestiniens serait de « jeter tous les juifs à la mer, morts ou vifs », que leur motivation ne seraient rien d’autre que l’antisémitisme et une haine viscérale des juifs. Ceux qui entretiennent cette vision considèrent que le conflit tourne essentiellement autour de la survie d’un Etat juif au milieu d’un océan de haine irrationnelle.

C’est ainsi que les sionistes voient la chose, et c’est la vision qu’ils voudraient que le monde retienne. On entend aussi parfois dire que le conflit serait religieux, entre juifs et Arabes et que ce conflit durerait, sans interruption, depuis « des millénaires ».

Tout cela est faux. (en savoir plus…)


C’est parodique… mais pas loin de la réalité !

[Groland 10/9/2009]


Si vous ne connaissez pas encore la RiLI, il est temps de vous y précipiter et vous abonner (http://revuedeslivres.net/index.php) … (greg)

(Note de Dov : ) Je comprends enfin ce qui me paraissait si nauséabond dans le discours de Finkielkraut, Adler et consorts ; "Ivan Segré montre comment les polémiques biaisées d’Alain Finkielkraut et d’Éric Marty contre le philosophe Alain Badiou relèvent précisément de cette absorption de l’histoire juive singulière dans le grand récit de l’odyssée civilisatrice occidentale, en parfait accord avec l’européanisation du Juif face à l’Orient arabe dont était porteur le projet sioniste initial de Herzl." C’est tout à fait cela, le sionisme comme dernière émanation de cette "mission civilisatrice de l’Occident Blanc" vis à vis des peuples sauvages et "inférieurs", vision qui est à la racine de toutes les horreurs du colonialisme et de la terreur stalinienne et nazie. Le romancier à succès Léon Uris le disait déjà, crument, en faisant l’apologie des juifs blancs et européens, supérieurs vis à vis des arabes basanés et dégénérés, appelés à disparaître.

Finalement Herzl est l’enfant de son époque et avait totalement intériorisé le discours qui allait mener, 30 ans plus tard, aux théories raciales des Nazies sur les "Untermenschen" et le "Lebensunwert" (qui ne mérite pas de vivre)… Finalement, le sionisme n’est rien d’autre qu’une parmi les théorie racistes "de gauche" du 19è Siècle – au même titre que le "Own State" de Rhodes, l’Apartheid de Smith, le "Volksrein" de Heydrich… Il faut la considérer comme telle, elle et tout l’artifice israélien.

Et quelle perversion des valeurs universalistes que m’enseignaient mes oncles kabbalistes, des vraies "Mensch" que ceux là, quand on entend cet imbécile pompeux de Finkielkraut (en jiddish, "ein Winkelkraut" c’est une petite personne qui végète toute seule, aigrie, dans son coin) dire : Son apologie des valeurs occidentales l’a ainsi conduit, dans son fameux entretien au quotidien Haaretz sur les révoltes des banlieues en 2005, à réhabiliter «le projet colonial» qui «se proposait d’apporter la culture et l’éducation aux sauvages» et à prétendre que, par rapport au mal que la France a pu faire aux Juifs sous Vichy, ce pays n’a fait «que du bien aux Africains (5)!»

Rien que pour cela, Finkielkraut mérite d’être relégué au placard des vieux cons obtus…

Une thèse à scandale : La réaction philosémite à l’épreuve d’un juif d’étude

à propos de Ivan Segré, Qu’appelle-t-on penser Auschwitz ? et de La Réaction philosémite
[ Daniel Bensaïd - La Revue des Livres et des Idées - Novembre 2009]
Faut-il vraiment rapprocher le 11 septembre d’Auschwitz? Peut-on être juif sans être sioniste? À ces questions brûlantes, Ivan Segré apporte des réponses différentes de celles que défendent les tenants de la «réaction philosémite». Il redevient dès lors possible de saisir la singularité de l’histoire juive, contre sa dissolution dans une apologie militante de «l’Occident».

Les éditions Lignes ont publié en mai, en deux volumes, des extraits remaniés d’une thèse soutenue à l’université Paris 8 par Ivan Segré sous le titre «La réaction philosémite européenne à l’épreuve de l’histoire juive». Cette parution a été accueillie par un silence guère surprenant, auquel s’est ajoutée une rumeur insidieuse selon laquelle Ivan Segré ne serait que le prête-nom ou le faux-nez d’un philosophe controversé, Alain Badiou. Pourtant, Ivan Segré existe. Je l’ai rencontré, j’ai été son directeur de thèse. Dans l’envoi du premier volume, il me remercie de «l’asile institutionnel» que je lui aurais accordé «au regard des vicissitudes qui ont scandé [s]on travail de recherche, de l’indifférence et de l’hostilité rencontrées». Notre premier contact fut toutefois de surprise et de circonspection réciproques. Le chemin de la soutenance et du doctorat fut ensuite un véritable parcours du combattant, semé de tracasseries bureaucratiques sans doute inspirées par la crainte du scandale: une thèse soutenue devant un jury présidé par Alain Badiou, composé de Charles Alunni, Michaël Löwy, et moi-même, assistés de René Lévy, directeur de l’Institut d’études lévinassienne, cela sentait sans doute le souffre. Ce fut pourtant un beau moment de controverse philosophique devant une assistance passionnée où dominaient les têtes coiffées de kippas. Un beau moment d’humour juif aussi, dont, à la différence d’Ivan Segré qui en est généreusement doté, le tourmenté Finkielkraut ou l’austère Milner semblent fort dépourvus.

Pourquoi, et aux yeux de qui, la thèse d’Ivan Segré peut-elle faire scandale? Le premier volume publié reprend une discussion sur les interprétations d’Auschwitz dans le sillage de la pensée de Lacoue-Labarthe. Le second développe une critique serrée du discours philosémite européen aboutissant à dissoudre la singularité de l’histoire juive dans une apologie militante de l’Occident (qui, rappelle l’auteur, fut, il n’y a pas si longtemps, le nom d’une organisation d’extrême-droite). À lire le petit livre d’Yitzhak Laor, critique au grand journal israélien Haaretz, ce thème semble au demeurant moins tabou en Israël, où Ivan Segré lui-même se consacre désormais aux études juives et à Maïmonide, qu’il ne l’est aux yeux d’un certain establishement universitaire français1.

Ce qui fait la force tranquille et souriante de sa thèse, c’est la rigueur logique de sa lecture des textes, que j’imagine être celle d’un yeshiviste studieux. Comme l’écrit Alain Badiou dans sa préface, il «travaille presque toujours à l’échelle de la phrase», se contentant de «laisser parler les phrases avec un toucher doux, en même temps qu’une inflexibilité toute particulière de la pensée».

Déterminations du crime nazi

Le premier volume prolonge l’effort de Lacoue-Labarthe pour penser le nazisme au lieu d’en proclamer l’irréductibilité à toute pensée. Il s’agit notamment de dépasser l’interrogation quant à savoir si le crime nazi est déterminé par sa fin (l’anéantissement des Juifs) ou par ses moyens techniques (les chambres à gaz), une alternative problématique, comme le mettent en évidence les très rares références de Heidegger aux chambres à gaz. Avant la publication tardive de sa quatrième conférence de Brême en 1949, en effet, une seule de phrase de lui faisait mention «des chambres à gaz et des camps d’anéantissement». Cette publication a depuis mis au jour une seconde occurrence «des camps d’anéantissement» où Heidegger retient exclusivement de cette extermination que son caractère industriel prive «ces milliers qui meurent en masse» du sens de leur propre mort: «Meurent-ils?» [«Sterben sie?»]. Ou périssent-ils seulement, de même, ajoute-t-il en relativisant le crime, que «des millions de Chinois périssent aujourd’hui de faim en Chine».

Dans son livre de 1987, La Fiction politique, Lacoue-Labarthe reproduisait le seul passage de la conférence alors connu: «L’agriculture est maintenant une industrie alimentaire motorisée, quant à son essence la même chose que la fabrication de cadavres dans les chambres à gaz et les camps d’extermination, la même chose que la réduction de pays à la famine, la même chose que la bombe à hydrogène.». Il la jugeait «absolument juste» quant au rapport entre la technique et l’extermination de masse, mais «scandaleuse et piteusement insuffisante», en ce qu’elle réduit la détermination du crime à son moyen et omet que cette extermination fut «essentiellement» (non exclusivement) celle des Juifs. Cela fait «une différence incommensurable» avec les dégâts de l’agriculture motorisée. Selon Heidegger, l’utilisation massive des chambres à gaz comme procédé de mise à mort aurait donc seulement exigé de «penser le nazisme dans les termes spéculatifs d’une réflexion sur la technique2».

Pour Segré comme pour Lacoue-Labarthe, la question est donc de savoir «en quoi la proportion des victimes juives d’Auschwitz (plus de neuf sur dix) relève de l’observation empirique, et en tant que telle contingente, alors que le fait qu’elles furent assassinées dans des chambres à gaz relève d’une détermination essentielle, en d’autres termes saisit la nature propre et singulière du crime nazi pour la pensée». La réponse de Lacoue-Labarthe est que Heidegger a manqué, sous le nom d’Auschwitz, «l’événement», la «dimension historiale», qui «fait la différence entre l’extermination[qui fut «pour l’essentiel» celle des Juifs]et n’importe quel autre phénomène technique». Ce manquement à l’essentiel et à la pensée interdit de voir «l’événement, l’Extermination», comme la «terrible révélation de son essence à l’égard de l’Occident»3.

Souligner la singularité du crime nazi comme crime occidental ou européen en ce qu’il applique une technique de massacre industrielle essentiellement à l’anéantissement des Juifs interdit de la dissoudre dans les généralités sur les droits de l’homme ou sur le crime contre l’humanité. Cela interdit surtout de célébrer le génocide à la manière d’un Finkielkraut, pour qui «l’Amérique démocratique et l’Europe démocratique ressourcent leurs principes communs dans la commémoration de la Shoah4». Son apologie des valeurs occidentales l’a ainsi conduit, dans son fameux entretien au quotidien Haaretz sur les révoltes des banlieues en 2005, à réhabiliter «le projet colonial» qui «se proposait d’apporter la culture et l’éducation aux sauvages» et à prétendre que, par rapport au mal que la France a pu faire aux Juifs sous Vichy, ce pays n’a fait «que du bien aux Africains5!» (en savoir plus…)


PALESTINE : IT IS TIME !

Clip de la Campagne Never Before For Palestine – neverbeforecampaign@gmail.com

http://www.youtube.com/watch?v=dFI4VHp0S9w


Si cette dame libanaise n’avait pas été Maronite, si c’est contre les israéliens qu’elle avait dirigé sa haine, pensez vous que le journaliste l’aurait laissé parler en lui disant "Non, mais je vous comprends" et pensez vous que la télévision française aurait diffusé de tels propos…

L’autre truc choquant est que cette dame qui est de la même génération que moi, n’a jamais été capable, 20 ans après la guerre, de sortir de sa tranchée mentale, d’aller s’informer sur l’autre côté, de voir que les atrocités et horreurs ont été tout autant le fait de son camp à elle, que la Phalange Gemayel a appliqué dans les faits ce qu’elle appelle de ses voeux… et que les Israéliens ont mille fois plus détruit son pays que les Palestiniens.

En fait, cette dame n’est jamais sortie de son Bunker. C’est triste…
(Dov)

JE DETESTE LES SYRIENS, JE VOUDRAIS VOIR LEUR PAYS EN RUINES, ET JE DETESTE ENCORE PLUS LES PALESTINIENS

[France 5 - 17/07/2009]

http://www.dailymotion.com/video/x9wipe_les-racistes-sionistes_news


Au début on se dit que c’est pas possible, c’est de l’humour… et ensuite on comprend que non, c’est de la connerie pure et simple. Ce qui est effroyable, c’est que c’est de la connerie approuvée par la société alors que, si ce gars était catholique ou musulman, il aurait déjà été cloué au pilori….

LA MINI-JUPE  DE CHRISTINE ET DE TATIANA ONT FAIT PLUS DE VICTIMES JUIVES QUE LA SHOAH

[Vidéo du cours du Rabbin Ron Chaya, sur "Comment éviter les mariages mixtes"]

Le Rav Ron Chaya est le directeur de l’association Leava.fr, qui se définit elle-même comme "une association à but non lucratif, apolitique, créée dans le but de diffuser les valeurs essentielles du judaïsme". L’association "organise des cours menés par des conférenciers prestigieux, à Paris, à Lyon, à Marseille". Le Rav Ron Chaya, en particulier, a enregistré de nombreux cours disponibles sur le site de l’association.


[De Defensa - 11/06/2009]

Il n’est plus un jour qui ne nous apporte de nouvelles indications sur le mouvement de déconstruction de l’influence israélienne aux USA, et plus particulièrement, – et ceci explique cela, on le verra plus loin, – de l’influence des extrémistes israéliens via le Lobby (l’AIPAC). Il s’agit ici d’un texte de Ira Chernus, professeur d’études religieuses à l’université du Colorado et spécialiste des questions stratégiques, nucléaires et conflictuelles considérées du point de vue théologique. Publié sur Thruthout le 9 juin 2009 <http://www.truthout.org/060909R> , ce texte présente l’intérêt d’une enquête dans les milieux parlementaires US à propos de l’influence de l’AIPAC.

Chernus décrit d’abord le processus habituel pour “endoctriner” selon les consignes de l’AIPAC les jeunes parlementaires, notamment démocrates, sans avis sur la question du Moyen-Orient, et qui subissent régulièrement un “lavage de cerveau”, venu en général de généreux donateurs commandités par l’AIPAC. La chose renvoie aux plus basses méthodes de conditionnement et de propagande des systèmes totalitaires les plus cyniques et les plus méprisables. Pas de surprise, quand on a une idée claire de l’AIPAC et de la direction israélienne actuelle, autant que des habitudes parlementaires US.

Mais les choses changent… «Now, for the first time, there are signs of a crack in AIPAC’s vaunted political edifice.» Il faut dire que la bataille, qui porte actuellement sur la résistance de Netanyahou à propos des demandes d’Obama sur la question des implantations comme si cela engageait évidemment la survie d’Israël, représente une cause d’une telle médiocrité par rapport aux véritables enjeux qu’il y a là une démarche alimentant son propre discrédit. («“Even the most conservative institutions of Jewish American life don’t want to go to war over settlement policy,” said David Twersky, who was until recently the senior adviser on international affairs at the American Jewish Congress.») (en savoir plus…)


Commentaire de Dov Lerner : Le principal but de cette loi liberticide est de contrer le succès de la liste Dieudonné : Loi contre l’antisionisme : http://www.upjf.org/detail.do?noArticle=16510&noCat=145&id_key=145&rub=7

Si c’est un délit que de critiquer le sionisme, alors les communistes pourront interdire la critique du Stalinisme et même, pourquoi pas, les Néonazis pourront demander qu’on cesse de diaboliser Hitler.

Ou alors elle officialisera le concept central du lobby Pro-Israel : Israël, au nom de la Shoah et de la mauvaise conscience européenne, a tous les droits et peut se permettre en toute impunité des comportements qui feraient hurler le plus tiède des démocrates si quelqu’un d’autre se les permettait.

Comme disait l’ancien président de l’UEJF : la défense d’Israël est plus importante que la défense de la liberté expression.

[Emmanuel Ratier - Faits et Documents - n° 280]

Une pétition vient d’être lancée, sur Internet, pour une proposition de loi finement intitulée Loi Martin Luther King.

Cette loi vise à interdire et à punir l’antisionisme qui ne serait qu’« un “faux nez” de l’antisémitisme », à l’initiative de Meyer Tangi, Yehuda Guzzi, Menehem Macina et David Tordjmann.

http://www.faits-et-documents.com


Ne pas penser comme le veut la "ligne", oser se poser des questions, avoir le culot de toucher aux vaches sacrées de la pensée établie… faites l’essai. Vous verrez bien les retours de bâton que vous allez vous prendre. Et ce de la part de gens qui vous glorifient à longueur de journée les vaillants résistants, les braves guerilleros, les héros de le pensée… Durutti, Giordano Bruno… bref tous ceux dont la dissidence est si ancienne qu’elle ne risque pas de mettre en danger les équilibres de pouvoir actuels. En ce sens, la pensée critique vis à vis d’Israël et la lecture sceptique du 9/11 est bien le nouveau tabou occidental… "Et pourtant elle tourne"

[Hugues Wagner - Afrique-Asie - Juin 2009]

Hugues Wagner : On vous a accusé d’être un partisan de la théorie du complot alors que vous n’êtes pas réputé comme tel. Que s’est-il passé ?

Aymeric Chauprade : Tout est parti d’un article de Jean Guisnel dans l’hebdomadaire français Le Point du 5 février 2009, qui a demandé ma tête au ministre de la Défense parce que j’ai osé faire écho aux théories non conformistes sur le 11 septembre 2001. Mon dernier ouvrage commence en effet par un chapitre sur le 11-Septembre. J’ai voulu montrer que le choc des civilisations, c’est d’abord le fait qu’une immense partie de l’humanité, en dehors du monde occidental, ne croit pas à la version officielle de cet événement donnée par le gouvernement américain et qui est devenue la version obligatoire des médias occidentaux. Dans « Chronique du choc des civilisations » – qui est un atlas de géopolitique mondial et pas du tout un livre limité au 11 septembre –, je propose la synthèse, à ma connaissance la plus aboutie qui existe à ce jour, de ce qui pourrait être un scénario alternatif à la version officielle. Je ne prends pas parti. J’expose les arguments des tenants de cette théorie dite du complot et je ne conclus pas. Je reste prudent. Mais mon « crime » est d’avoir osé présenter de manière crédible et donc convaincante ces éléments de contestation de la version officielle.

Je suis un scientifique, j’ai une première formation de sciences mathématiques et physiques avant d’être passé à la science politique. Pour avoir creusé le sujet (surtout aux États-Unis) et pour avoir beaucoup parlé de cela avec des experts français du renseignement (qui eux ne parlent pas mais n’en pensent pas moins), je peux vous dire que j’ai des doutes plus qu’importants quant à la version officielle. En tout cas, je ne vois pas au nom de quoi il serait interdit de penser sur ce sujet. On aurait le droit d’imaginer des choses horribles sur les musulmans ou sur n’importe quelle civilisation, mais dès que cela touche aux Américains, et plus encore à Israël, c’est quasiment un crime contre l’humanité que d’imaginer que des cyniques aient pu concevoir un tel crime.

Hugues Wagner : Vous venez de faire suspendre, par le tribunal administratif, la décision du ministre. Pouvez-vous à nouveau donner des cours ?

Aymeric Chauprade : Après un premier référé, nous en avons fait un deuxième en montrant que la décision menaçait mon économie personnelle. Le juge des référés a jugé qu’une liberté fondamentale, celle des droits de la défense, avait été gravement bafouée. Je suis tombé sur un juge indépendant et juste, dans une France de plus en plus verrouillée médiatiquement et politiquement. Même quand tout est verrouillé, il faut toujours croire en la France. Conséquence : théoriquement je peux reprendre mes cours. Évidemment, dans la pratique c’est plus compliqué. Le ministère de la Défense va devoir dire clairement quelle faute j’ai pu commettre. En réalité, tout le monde sait que la vraie raison de mon éviction est que j’étais le dernier représentant, dans les institutions de défense, de la ligne gaulliste en politique étrangère. Je suis pour un monde multipolaire et non pour cette folle politique de « l’Occident contre les autres » que représentent ceux qui sont au pouvoir maintenant en France.

Hugues Wagner : Quelles ont été les réactions de vos élèves et collègues, notamment du Collège royal militaire supérieur du Maroc, où vous enseignez ?

Aymeric Chauprade : Je suis extrêmement touché par les très nombreuses manifestations de solidarité que j’ai eues. Pas seulement l’immense majorité des officiers français de l’École de guerre, mais aussi les étrangers. Les stagiaires africains étaient très en colère notamment, ceux des pays arabes aussi. J’ai reçu, plus discrètement des témoignages d’amitié venant de pays asiatiques. Mon éviction est interprétée, à juste titre, comme la manifestation évidente de la rupture de la France avec les fondamentaux de sa politique étrangère d’équilibre. J’attends de voir ce que va faire le Collège des forces armées Royales du Maroc. J’y enseigne depuis six ans et j’ai toujours donné satisfaction. On aimait à Rabat ma liberté d’expression. Je suis employé directement par les Marocains et non par la partie française. Normalement, le Maroc n’étant plus un protectorat, je m’attends à ce que rien ne change, malgré les pressions.

Hugues Wagner : Que pensez-vous de la réintégration par la France du commandement de l’Alliance atlantique (Otan) ?

Aymeric Chauprade : Elle est contraire à l’intérêt de la France et nous n’avons pas eu de véritable débat sur ce sujet à l’échelle nationale. Je suis frappé de constater à quel point les médias français sont verrouillés par les relais d’influence américain et israélien qui ont totalement neutralisé toute possibilité de débat. Depuis la sortie de ce commandement en 1966, il y avait un consensus de droite et de gauche. La « valeur ajoutée » de la France sur la scène internationale tenait en partie à cette position singulière, à cet héritage de la troisième voie, j’ose dire de non-alignement, car si la France est bien d’Occident, elle ne doit pas pour autant réduire sa politique mondiale à une politique occidentale. Sa vocation est de défendre l’équilibre multipolaire, pour que toutes les civilisations aient leur place dans l’Histoire.

Hugues Wagner : Une alliance est-elle dirigée contre un objectif. la Russie, la Chine, l’Iran, le terrorisme ?

Aymeric Chauprade : Les Américains ont remplacé la lutte contre le communisme par celle contre le terrorisme. Cette nouvelle idéologie vise à coaliser les anciens alliés de la guerre froide. Logiquement, il aurait dû y avoir une Europe puissante après la guerre froide. Or, qu’avons-nous aujourd’hui ? Une Europe certes économique, mais géopolitiquement parlant composante d’un bloc transatlantique dominé par les États-Unis. Le président Chirac a tenté de s’opposer à cela avec son acte courageux en 2003 avec l’affaire d’Irak. Je suis convaincu que ce qui se passe aujourd’hui est le retour de bâton de 2003. Les Américains se sont dits : « ces Français se sont opposés sur l’Irak ; c’est un raté, changeons les choses en France et ils ne s’opposeront pas demain sur l’Iran ».

Hugues Wagner : L’ancien premier ministre français Dominique de Villepin a déclaré que l’Otan était « totalement sous contrôle américain ». Est-ce votre avis ?

Aymeric Chauprade : Il a raison. Villepin a été l’honneur de la France à la tribune de l’Onu en 2003. Aujourd’hui, comme d’autres, il a raison de rappeler cette évidence : après la disparition du Pacte de Varsovie, l’Otan aurait dû disparaître. Elle n’a pas disparu parce que cela a été, dès 1990, une priorité des États-Unis de l’étendre et de la renforcer. L’organisation de l’Europe centrale et orientale va de pair avec l’élargissement de l’Union européenne. Et les Américains, voyant que l’Allemagne poussait pour reconstruire son espace d’influence à l’éclatement de la Yougoslavie, ont compris qu’il y avait là un potentiel de guerre susceptible de redonner une raison d’exister à l’Otan. Avec la Yougoslavie, l’Otan a glissé vers la guerre d’ingérence manichéo- humanitaire…

Hugues Wagner : Est-il vrai que vous défendez une théorie du choc des civilisations, notamment au travers d’une opposition entre l’Europe (Russie incluse) et l’islam ?

Aymeric Chauprade : Les civilisations sont un facteur important de l’Histoire mais je ne réduis pas l’Histoire au choc des civilisations. Les civilisations existent, on ne peut le nier. Et dans la longue durée, la problématique de la hiérarchie de puissance entre les civilisations est une réalité. L’Occident européen est devenu moteur de la mondialisation au XVIe siècle et a supplanté l’islam en le contournant grâce à l’ouverture des grandes routes maritimes qui ont permis d’atteindre l’Asie. Aujourd’hui, peut-être que l’Asie est en train de prendre la tête de la mondialisation et que ce qui nous menace est une guerre de l’Amérique n’acceptant pas son déclassement. Jacques Sapir soutient, très intelligemment, que si l’Amérique n’arrive plus à faire l’ordre américain elle fera le désordre… Je crois à ces réalités-là. Donc il n’y a pas que l’islam et les Européens ; ces rapports de force entre civilisations existent aussi entre Chinois et Indiens, entre Indiens hindouistes et musulmans, etc.

Je crois qu’Européens et Russes ont un destin commun à construire et qu’ils doivent bâtir un rapport équilibré avec le monde musulman. La France doit développer une politique arabe intelligente car équilibrée. Les Russes ont l’expérience de l’islam caucasien et centre-asiatique depuis le XVIIIe siècle alors que les Américains n’y comprennent rien.

Hugues Wagner : Certains prétendent que vous pourriez avoir été victime d’une « campagne d’épuration » menée par un cercle néoconservateur proche du pouvoir comme l’auraient été les journalistes Richard Labévière de RFI, ou Moktar Gaoud et Agnès Levallois de France 24…

Aymeric Chauprade : Ce n’est pas une supposition c’est un fait avéré. La France est en train de vivre une épuration douce et sourde (regardez mon cas : alors que j’ai gagné contre un ministre, aucun quotidien national n’en a fait état) de tous ceux dont la pensée va à l’encontre des intérêts d’Israël et des États- Unis. Cela peut paraître difficile à croire, mais c’est pourtant la vérité. Qu’il s’agisse de gens de gauche ou de la droite conservatrice, tous ceux qui « tombent » ont un point commun : leurs analyses ne vont pas dans le sens des intérêts américains et israéliens.

Hugues Wagner
Afrique Asie – Juin 2009


Pour une fois les « Yes Men » disent « Non »

[Tikkun - jeudi 9 juillet 2009 - Andy Bichlbaum & Mike Bonanno- Trad. Claude Zurbach]

Chers amis du festival,

Nous avons le regret de dire que nous avons pris la difficile décision de retirer notre film, « The Yes Men Fix the World, » du Festival de cinéma de Jérusalem, en solidarité avec la Campagne pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions [BDS].

Cette décision n’est pas chose facile, car nous nous rendons compte que le festival est opposée à la politique de l’État d’Israël, et nous ne voulons pas pénaliser les progressistes qui déplorent la violence étatique commise en leur nom.

Cette décision n’est pas facile à prendre, car nous nous sentons une forte affinité avec de nombreuses personnes en Israël, partageant avec eux nos racines juives, ainsi que le traumatisme de l’Holocauste, dans lequel nos deux grands-pères sont morts. Andy a vécu à Jérusalem pendant un an il y a longtemps ; il peut encore se débrouiller en hébreu, et il y compte plusieurs amis. Et Mike a toujours voulu garder un lien avec les racines de sa culture.

Mais en dépit de tous ces sentiments, nous ne pouvons pas abandonner notre mission en tant que militants. Dans les années 1980, il y a eu un appel émis par la population de l’Afrique du Sud et destiné aux artistes et à d’autres pour boycotter ce régime, et cela à contribué à en finir avec l’Apartheid.

Aujourd’hui, il y a un appel clair au boycott venant de la société civile palestinienne. Y obéir est notre seul espoir, en tant que cinéastes et militants, à aider à faire pression sur le gouvernement israélien afin qu’il respecte le droit international.

C’est un acte douloureux. Mais il est encore plus pénible d’entendre la politique israélienne décrite comme « fasciste » – pas seulement par des gens mal informés et des faibles d’esprit, et pas seulement par d’habituels abrutis antisémites, mais aussi par des militants juifs bien informés informés en Israël. Ils savent de quoi ils parlent, et il est douloureux de penser qu’ils pourraient bien avoir raison.

Etant certains que vous êtes au courant et que vous le déplorez, le gouvernement israélien a récemment autorisé la construction de nouvelles unités dans un avant-poste illégal en Cisjordanie – illégal au regard même de la loi israélienne. Ce lundi, neuf Palestiniens ont été blessés alors que les autorités israéliennes démolissaient leur maison à Jérusalem-Est.

Mardi, la marine israélienne a capturé un navire livrant des médicaments, des jouets et d’autres produits humanitaires destinés à Gaza, et arrêté plus d’une vingtaine de militants pacifistes étrangers, dont un Prix Nobel de la Paix. Pendant ce temps, une commission des Nations Unies dans la bande de Gaza enquête sur de bien pires abus commis au début de cette année.

Quelles que soient les mots appliqués à de telles actions, notre film ne doit pas contribuer à donner une aura de normalité dans un Etat qui prend ce genre de décisions. Pour nous, c’est la ligne à ne pas franchir.

Il ya certainement une autre façon de faire les choses en Israël-Palestine, et c’est ce pour quoi nous devons lutter, même avec la faiblesse de nos moyens. Quant à notre film, il y a une autre façon pour qu’il soit vu en Israël … et en Palestine, afin que les gens qui ont le plus besoin de Comic Relief, et qui n’auraient de toute façon jamais pu voir le film au Festival de Jérusalem, pourront le visionner également. Dans les prochains mois, nous ferons en sorte que cela soit possible.

Quant à ceux qui veulent voir notre film, « Savlanut » et « Sabir » (patience) ! Et pour les autres d’entre nous, un peu moins de patience, s’il vous plaît.

* Andy and Mike – The Yes Men

www.theyesmen.org

1° juillet 2009 Tikkun.org – Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.tikkun.org/article.php/2…
Traduction : Claude Zurbach

En tant qu’associations juives attachées aux droits des peuples et en tant que citoyens mobilisés pour l’égalité, la justice et la liberté, nous ne pouvons pas supporter :

  • que l’Etat d’Israël poursuive sa politique sioniste de colonisation, d’exclusion, de dépossession, de répression, d’humiliation, d’apartheid et d’épuration ethnique contre le peuple palestinien
  • qu’il bénéficie d’une impunité politique sur la scène internationale alors qu’il bafoue constamment le droit international et notamment les résolutions de l’O.N.U., dont celle pour le droit au retour des réfugiés
  • que face à ceux qui s’opposent à sa politique il se livre à l’odieux chantage à l’antisémitisme, à la manipulation honteuse de la mémoire du génocide, chantage et manipulation relayés par ses agents dans divers pays, dont en France le CRIF (« Conseil Représentatif des Institutions Juives de France ») et soutenus activement par la politique de Sarkozy.

Parce que tous les autres moyens d’action, si utiles soient-ils (condamnations verbales, interventions auprès des élus et des gouvernements, témoignages, pétitions…) ne suffisent pas à faire plier l’Etat d’Israël, nos deux associations, l’Union Juive Française pour la Paix et le Réseau International Juif Antisioniste appellent à participer activement à la

CAMPAGNE INTERNATIONALE B.D.S.
Boycott Désinvestissement Sanctions

jusqu’à la fin de l’occupation et jusqu’à ce qu’Israël respecte le droit international

Cette campagne, initiée par une énorme coalition d’organisations de la société civile palestinienne et soutenue par les réfugiés palestiniens, les Palestiniens d’Israël et la minorité juive anticolonialiste israélienne, commence à porter ses fruits : ainsi la société Véolia est en train de se retirer de la construction du tramway reliant Jérusalem aux colonies israéliennes.

Aujourd’hui, des mobilisations se développent contre la vente de produits israéliens dans des grandes surfaces et contre le projet de Georges Frêche, président du Conseil Régional de la région Languedoc Roussillon, de transformer le port de Sète en tête de pont pour la vente en Europe des produits agricoles issus des colonies israéliennes

Les « plans de paix » cyniques, version Netanyahou, Kadima ou Parti travailliste, ça suffit !

Nous ne tolérerons pas qu’Israël écrase le peuple palestinien et menace par sa politique belliqueuse la paix dans le monde !

N’oublions pas les horreurs perpétrées à Gaza, exigeons la levée immédiate du blocus : face à la lâcheté des autorités politiques, un sursaut moral et politique de la société civile s’impose.

Le boycott de l’Afrique du Sud avait contribué à mettre fin au régime d’apartheid : aujourd’hui cette politique est nécessaire et possible contre Israël

Paris le 7 Juillet 2009

Union Juive Française pour la Paix (UJFP)
21 ter rue Voltaire 75011 PARIS Téléphone : 06 61 33 48 22 – Email : contact@ujfp.org – Site: www.ujfp.org
International Jewish Anti-zionist Network (IJAN) Email : europe@ijsn.net


Ancienne députée de Géorgie, Cynthia McKinney a été la candidate à la présidentielle du Parti Vert en 2008. Elle est une des rares politiques U.S. courageuses face aux politiques répressives et impérialistes de son pays…

[Cynthia McKinney - Prison de Ramle - Israël - 6 juillet 2009]
Je suis Cynthia McKinney et je parle depuis ma cellule, dans une prison israélienne à Ramle. [Je fait partie] des 21 activistes des droits humains du Free Gaza Movement incarcérés actuellement pour avoir essayé de transporter de l’aide médicale, des matériaux de reconstruction – et même des crayons pour enfants ; j’avais une valise remplie de crayons pour les enfants. Pendant notre traversée, en route pour Gaza, les israéliens ont menacé de tirer sur notre bateau, mais nous n’avons pas fait demi-tour. Les israéliens ont arraisonné le bateau et nous ont détenus parce que nous voulions offrir des crayons aux enfants de Gaza. Nous sommes détenus et nous voulons que les citoyens du monde sachent comment on nous a traités parce que nous voulions livrer de l’aide humanitaire au peuple de Gaza.

Au début de l’opération israélienne, intitulée « Plomb Durci » [en décembre 2008], je suis montée à bord d’un bateau du Free Gaza Movement, avec un jour de préavis, et j’ai essayé, en tant que représentante des États-Unis dans une délégation multi-nationale, de livrer 3 tonnes d’aide médicale à Gaza déjà assiégée et ravagée.

Pendant "Opération Plomb Durci", des avions F-16, fournis par les États-Unis, ont lâché leurs feux infernaux sur un peuple pris au piège. Le nettoyage ethnique s’est transformé en un génocide généralisé, purement et simplement. Du phosphore blanc, de l’uranium appauvri, de la technologie robotique, des munitions DIME et des armes à sous-munitions, fournis par les États-Unis – des nouvelles armes provoquant des blessures encore jamais traités par les médecins jordaniens et norvégiens. Les médecins, qui présents à Gaza pendant le massacre israélien, m’ont dit plus tard que Gaza était devenue le vrai laboratoire d’Israël pour tester ses armes, les personnes étant utilisées comme cobayes pour tester et améliorer l’efficacité du taux de mortalité de ses armes.

Grâce à Al Jazeera, diffusée en arabe et en anglais, et à Press TV, diffusée en anglais, le monde a pu voir la violence méprisable d’Israël. J’ai vu ces transmissions, jours et nuits en direct, non pas aux États-Unis mais au Liban où ma première tentative pour rentrer à Gaza s’était terminée car les militaires israéliens avaient éperonné, dans les eaux internationales, le bateau à bord duquel j’étais… C’est un miracle si je suis ici pour écrire sur ma deuxième rencontre avec les militaires israéliens, une autre mission humanitaire avortée par les militaires israéliens.

Les autorités israéliennes ont essayé de nous faire confesser que nous avions commis un crime .. Je suis maintenant connue comme la prisonnière d’Israël numéro 88794. Comment puis-je être en prison pour avoir rassembler des crayons pour les enfants ?

Le sionisme est sûrement arrivé au terme de sa légitimité si ceci est sa réponse aux personnes croyant tellement profondément dans les droits humains pour tous qu’ils mettent leur propre vie en jeu pour les enfants de quelqu’un d’autre. Israël est l’expression du sionisme à son summum, mais si Israël a peur pour sa sécurité car des enfants de Gaza ont des crayons, alors non seulement Israël a perdu son dernier lambeau de légitimité mais Israël doit aussi être déclarée un état défaillant.

Je risque d’être déportée par un état qui m’a amenée ici sous la menace des armes après avoir réquisitionné notre bateau. J’ai été amenée en Israël contre mon gré. Je suis retenue dans une prison car j’avais un rêve, celui que les enfants de Gaza puissent colorier et peindre, que les blessures de Gaza puissent être soignées et que les maisons bombardées de Gaza puissent être reconstruites.

Mais j’ai appris une chose intéressante en étant dans cette prison. Premièrement, la population est majoritairement noire : peuplée principalement par des éthiopiennes qui, elles aussi, avaient un rêve… comme mes compagnes de cellule, dont une d’elles est enceinte. Elles ont toutes une vingtaine d’années. Elles pensaient qu’elles venaient en Terre Sainte. Elles avaient un rêve, que leurs vies soient meilleures… L’Éthiopie, autrefois fière et jamais colonisée, [s’est retrouvée] sous la coupe des États-Unis et est devenue un lieu de torture, de "rendition" (transfert et détention secrète) et d’occupation. Les éthiopiens doivent libérer leur pays car les politiques des super-puissances [sont] devenues plus importantes que les droits humains et l’autodétermination.

Mes compagnes de cellule sont venues en Terre Sainte pour se libérer des exigences des politiques des super-puissances. Elles n’ont commis aucun crime à part celui d’avoir eu un rêve. Elles sont venues en Israël car elles pensaient qu’Israël leur offrait un espoir. Leur voyage pour Israël, passant par le Soudan et l’Égypte a été très ardu. Je peux seulement imaginer ce que se fût pour elles. Et il n’était pas donné. Beaucoup d’entre elles sont le symbole des efforts collectifs importants de leurs familles. Elles se sont frayées un chemin jusqu’à la Haute Commission aux Réfugiés de l’ONU. Elles ont reçu leurs papiers d’identité jaunes. Elles ont eu leurs certificats pour la protection de la police. Elles sont des réfugiées de la tragédie et elles sont arrivées en Israël et seulement après qu’elles soient arrivées, Israël leur a dit "il n’y a pas d’ONU en Israël".

La police, ici, est libre de les attraper et de les donner en pâture à un semblant de système judiciaire. Chacune de ces femmes, superbes, diligentes et fières, est l’espoir de toute sa famille. L’image d’Israël les a bien eu et nous avec. Dans une campagne de publicité astucieuse et diffusée à grande échelle, Israël s’est représentée elle-même comme le premier lieu de refuge et de sécurité pour les juifs et les chrétiens. Moi aussi, j’ai cru en cette publicité et j’ai manqué de regarder plus en profondeur.

La vérité est qu’Israël a menti au monde. Israël a menti aux familles de ces jeunes femmes. Israël a menti aux femmes elles-mêmes qui maintenant sont prises au piège dans le centre de détention de Ramle. Et qu’allons nous faire ? Une de mes compagnes de cellule a pleuré aujourd’hui. Elle est ici depuis 6 mois. En tant qu’américaine, pleurer avec elles n’est pas assez. La politique des États-Unis doit être améliorée et alors que le président Obama donne 12.8 billions de dollars aux élites financières des États-Unis, il devrait être clair que l’espoir, le changement et le "oui, nous pouvons" furent de très fortes images de dignité et d’accomplissement de soi, individuellement et nationalement en lesquelles, de partout, les personnes assiégées ont réellement crues.

C’était une campagne de publicité rondement menée, habilement vendue au monde et aux électeurs américains, tout comme la publicité d’Israël le fût au monde. Nous nous sommes tous fait avoir, mais plus tragiquement, ces jeunes femmes.

Nous devons voter en toute connaissance de cause pour de meilleurs candidats désireux de nous représenter. J’ai lu et relu la lettre du Dr. Martin Luther King Junior écrite depuis une prison de Birmingham. Jamais dans mes rêves les plus fous, je n’aurais imaginé que moi aussi, un jour je devrais en écrire une. Il est clair que les contribuables en Europe et aux États-Unis ont beaucoup à se repentir pour ce qu’ils ont fait à d’autres autour du monde.

Quelle ironie ! Mon fils rentre à l’école de droit sans moi car je suis en prison, en essayant de faire de mon mieux, à ma manière, pour les enfants d’autres personnes. Pardonne moi, mon fils. Je suppose que je suis en train de connaître la dure réalité, la raison pour laquelle les gens ont besoin de rêver. [Mais] j’ai de la chance. Je sortirai de cet endroit. Est-ce qu’Israël est devenue le lieu où les rêves meurent ?

Demandez-le au peuple palestinien. Demandez-le à la file ininterrompue d’hommes noirs et asiatiques que je vois arriver à Ramle. Demandez-le aux femmes de ma cellule. [Demandez-vous :] Qu’êtes-vous prêts à faire ?

Changeons le monde ensemble et réapproprions-nous ce dont nous avons tous besoin en tant qu’êtres humains : la Dignité. Je demande aux Nations Unies que ces femmes, qui n’ont rien fait de mal sinon d’avoir cru en Israël comme gardienne de la Terre Sainte, soient réinstallées dans des maisons paisibles. Je demande au département d’État des États-Unis d’inclure la situation désespérée des réfugiés certifiés par le HCR et détenus dans le rapport sur Israël lors de son rapport annuel sur les droits humains. Je demande, une fois encore, au président Obama d’aller à Gaza : dépêchez votre envoyé spécial, Georges Mitchell, là-bas pour qu’il rencontre le Hamas en tant que parti élu par les palestiniens.

Je dédicace ce message à celles et à ceux qui se battent pour une Palestine libre, et aux femmes que j’ai rencontrée à Ramle.

Je suis Cynthia McKinney, connue comme prisonnière de Ramle numéro 88794, le 2 juillet 2009.

http://www.legrandsoir.info/Lettre-de-Cynthia-McKinney-depuis-une-prison-israelienne.html


Un commando de 5 hommes, la plupart masqués, déclarant ouvertement appartenir à la Ligue de Défense Juive (LDJ) ont attaqué vendredi 3 juillet en début d’après-midi la Librairie Résistances (4 Villa Compoint, 75017 – Paris).

Deux femmes travaillant à la librairie étaient présentes, ainsi que deux clients. Après les avoir bousculés, les nervis se sont attaqués avec frénésie à l’établissement, arrosant d’huile plusieurs milliers de livres, et détruisant les ordinateurs, avant de prendre la fuite à bord d’une automobile. Cette attaque est intervenue au lendemain d’une conférence, donnée à la librairie par Mahmoud Suleiman, maire du village palestinien d’Al-Masara, sur le thème des actions de résistance non violente contre le mur d’annexion israélien.
La librairie Résistances, qui propose, notamment, de nombreux livres sur la Palestine et sur Israël, a été attaquée et menacée à de nombreuses reprises par les fascistes sionistes. Mais alors que les agissements de cette bande sont archi-connus de la police, le pouvoir politique a jusqu’à présent systématiquement manifesté sa sollicitude à leur égard.

Voir la video sur http://www.vimeo.com/5462395

De nombreuses organisations, librairies, réseaux de bibliothèques, appellent à un rassemblement devant la librairie Résistances ce mercredi soir 8 juillet à partir de 18 H 30, pour exiger la dissolution de la Ligue de Défense Juive, organisation terroriste qui multiplie les agressions en France (voir sur notre site le récit de l’attaque du Conseil municipal de Vitry-sur Seine le 23 Juin).

Un grand merci à toutes celles et ceux qui nous ont aidé à nettoyer la librairie et aux nombreuses personnes et associations qui nous ont fait parvenir de chaleureux messages de soutien.


[Stephen Walt - Foreign Policy - 28/02/2009 - Trad. Michel Ghys - Alter Info]

La tristement célèbre campagne menée par le sénateur Joseph McCarthy contre de présumés communistes au sein du gouvernement américain s’appuyait principalement sur le mensonge, l’insinuation et l’intimidation. Lors d’une audition particulièrement odieuse, après que McCarthy eut accusé faussement un jeune officier de l’armée d’être un agent communiste, l’avocat de l’armée Joseph Welch s’était tourné vers le sénateur et lui avait renvoyé : « Sénateur McCarthy, n’auriez-vous pas enfin une ombre de décence ? »

Stephen Walt -  Foreign Policy, 28 février 2009 :

http://walt.foreignpolicy.com/posts/2009/02/28/have_they_not_a_shred_of_decency

Ce moment me revient à la mémoire alors que j’observe la campagne, parfaitement prévisible, de calomnie contre la nomination de Charles Freeman à la présidence du National Intelligence Council. Sitôt cette nomination annoncée, une bande de soi-disant experts « pro-Israël » est montée à l’attaque de celle-ci, dans ce que Robert Dreyfuss, de The Nation, a appelé une « agression retentissante et coordonnée ». Les auteurs des critiques visant Freeman étaient les suspects habituels : Jonathan Chait de la New Republic, Michael Goldfarb sur le Weekly Standard, Jeffrey Goldberg de l’Atlantic, Gabriel Schoenfeld (écrivant sur la page éditoriale du Wall Street Journal), Jonah Goldberg of  National Review, Marty Peretz sur son blog New Republic, et l’ancien représentant de l’AIPAC, Steve Rosen (oui, celui-là même qui est actuellement jugé pour avoir transmis à Israël des informations classifiées du gouvernement US).

Quelle objection faisaient-ils à Freeman ? Le jugeaient-ils non patriote, pas assez malin, manquant de l’expérience nécessaire ? Bien sûr que non. Voyez simplement son CV :

« Freeman a travaillé avec plus de 100 gouvernements étrangers en Asie de l’Est et du Sud, en Afrique, en Amérique Latine, au Proche-Orient et tant en Europe occidentale qu’orientale. Il a rempli les fonctions d’Assistant Secretary of Defense / pour l’International Security Affairs, d’ambassadeur des Etats-Unis au Royaume d’Arabie Saoudite, de Principal Deputy Assistant Secretary of State aux Affaires africaines, de chef de mission adjoint et de chargé d’affaires à Bangkok et Pékin, de directeur aux Affaires chinoises pour le Département d’Etat US, de Membre distingué du United States Institute of Peace et de l’Institute of National Security Studies. »

Ce qui rassemble ce petit groupe de critiques se résume à une seule chose : Freeman a osé émettre publiquement des critiques plutôt anodines à l’encontre de la politique israélienne. C’est là le test décisif que Chait, Goldberg, Goldfarb, Peretz, Schoenfeld et autres souhaitent appliquer à tout fonctionnaire : tu ne critiqueras pas la politique israélienne ni ne remettras en question la « relation spéciale » de l’Amérique avec Israël. Peu importe que cette politique de soutien inconditionnel ait été mauvaise pour les Etats-Unis et involontairement nuisible aussi pour Israël. Si ces pontes et ces lobbyistes arrivaient à leurs fins, toute personne qui relèverait ce fait serait automatiquement exclue du service public.

Il y a trois raisons pour lesquelles la réaction à Freeman a été aussi bruyante. Premièrement, ces critiques espéraient sans nul doute parvenir à soulever un scandale tel qu’Obama et son directeur des renseignements nationaux, Dennis Blair, pourraient reconsidérer cette nomination. Ou peut-être Freeman pourrait-il même décider de retirer son nom, parce qu’il ne supporterait pas la surchauffe. Deuxièmement, même s’il était trop tard pour empêcher Freeman d’obtenir le poste, ils souhaitent faire payer à Obama le prix du choix qu’il a fait, pour qu’il y réfléchisse à deux fois avant de nommer qui que ce soit d’autre qui pourrait avoir envie de critiquer Israël ou la « relation spéciale ». Troisièmement, et c’est peut-être le point le plus important, attaquer Freeman vise à dissuader d’autres personnes, dans l’univers de la politique étrangère, de s’exprimer sur ces questions. Peut-être Freeman était-il trop malin, trop chevronné et trop qualifié pour pouvoir être arrêté, mais il y a un tas de gens plus jeunes, désireux de s’élever dans l’establishment de la politique étrangère et ils ont besoin de s’entendre rappeler que leur carrière pourrait être compromise s’ils marchaient dans les pas de Freeman et disaient ce qu’ils pensent. Faire un scandale autour de Freeman permet de rappeler à d’autres qu’il est payant de soutenir Israël à fond, ou au moins de rester silencieux, même quand Israël mène une politique – comme la construction de colonies en Cisjordanie – qui n’est pas dans l’intérêt national de l’Amérique.

Si la question n’avait pas des conséquences aussi nuisibles pour les Etats-Unis, l’ironie de la situation serait plaisante. Un groupe de stratèges amateurs qui a bruyamment soutenu l’invasion de l’Irak remet maintenant en question le jugement stratégique d’un homme qui savait que la guerre serait une gaffe catastrophique. Un vieux lobbyiste au profit d’Israël, aujourd’hui poursuivi pour espionnage, est en train d’essayer de nous convaincre que Freeman – un vrai patriote – est un mauvais choix pour un poste dans les renseignements. Un journaliste (Jeffrey Goldberg) dont l’idée qu’il se fait du « service public » l’a conduit à s’engager dans l’armée israélienne, conteste le crédit d’un homme qui a consacré des décennies de sa vie au service du gouvernement US. C’est cela la houtzpah, le culot.

Fort heureusement, les hurlements des critiques visant Freeman n’ont pas marché ; Freeman sera à la tête du National Intelligence Council. En fait, ce comportement lourd et gauche, avec ses accents à la McCarthy, pourrait même avoir des effets de retour en montrant à quel point ses critiques sont obsédés par la vision étriquée qu’ils ont de la politique américaine au Proche-Orient, une vision qu’ils espèrent voir partagée par tous les Américains. Je ne serais pas surpris de voir le Président Obama et d’autres personnages clés de son administration, furieux de ces calomnies et décidés à prêter encore moins d’attention à ces individus, à l’avenir. Et soyez certains que la diffamation ne prendra pas fin.

Il est également encourageant que certains membres clés de la communauté pro-Israël, comme M.J. Rosenberg du Israel Policy Forum, sont venus à la défense de Freeman, et que des bloggers influents comme Robert Dreyfuss, Philip Weiss, Richard Silverstein et Matthew Yglesias ont eux aussi défendu Freeman et dénoncé ce qui se passait. L’aile likoudnik du lobby pro-Israël perd progressivement de l’influence, parce que de plus en plus de gens comprennent que sa politique est désastreuse tant pour Israël que pour les Etats-Unis et parce que ses tentatives répétées de diffamation et d’étouffement du débat sont profondément nuisibles autant que non-américaines.

Stephen Walt est professeur de relations internationales à la Kennedy School of Government d’Harvard et l’auteur, avec John Mearsheimer,  de : Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, La Découverte, 2007.

http://www.alterinfo.net/N-ont-ils-pas-une-ombre-de-decence_a30626.html


[Charles Freeman - Traduction Bellaciao - 12/03/2009]

Charles Freeman, un diplomate chevronné qui devrait devenir le principal analyste des services de renseignements américains s’est désisté mardi. Il a publié une déclaration accusant le "Lobby Israélien" de "diffamation". Voici le texte de sa déclaration.

Déclaration de Charles Freeman après son désistement d’un poste aux Renseignements US

"Ceux qui m’ont soutenu et encouragé pendant la polémique de ces deux dernières semaines, vous avez ma gratitude et mon respect.

Vous avez vu maintenant la déclaration du directeur du Renseignement national, Dennis Blair, disant que je suis revenu sur ma précédente acceptation de son invitation à la présidence de la National Intelligence Council.

J’en ai conclu que le déluge de déformations calomnieuses de mes antécédents ne cesserait pas avec ma prise de fonction. Au lieu de cela, les efforts déployés pour me salir et de détruire ma crédibilité continueraient.

Je ne crois pas que le National Intelligence Council pourrait fonctionner de manière efficace si son président fait constamment l’objet d’attaques venant de personnes peu scrupuleuses avec un fervent attachement aux opinions d’une faction politique dans un pays étranger. J’ai accepté de présider le NIC pour le renforcer et le protéger contre toute politisation, et non pas pour le soumettre aux efforts déployés par un groupe d’intérêt spécial désirant imposer leur contrôle à travers une longue campagne politique.

Comme ceux qui me connaissent le savent bien, j’ai beaucoup aimé la vie depuis que je me suis retiré du gouvernement. Rien n’est plus éloigné de ma pensée que le retour au service public. Lorsque l’amiral Blair m’a demandé de présider le NIC, j’ai répondu que je comprenais qu’il "me demandait de donner ma liberté d’expression, mes loisirs, la plus grande partie de mes revenus, de me soumettre à la coloscopie mentale d’un polygraphe, et de reprendre un travail quotidien avec de longues heures de travail et une ration quotidienne de mauvais traitements politiques". J’ai ajouté que je me demandais «s’il n’y avait pas une sorte d’inconvénient à cette offre." J’étais conscient du fait que personne n’est indispensable, je ne suis pas une exception.

Il m’a fallu des semaines de réflexion avant de conclure qu’étant donné la situation difficile sans précédent dans laquelle se trouve actuellement notre pays à l’étranger et au niveau interne, je n’avais pas d’autre choix que d’accepter l’appel au retour dans le service public. J’ai alors démissionné de tous les postes que j’avais et de toutes les activités dans lesquelles j’étais engagé. J’attends maintenant avec impatience de revenir à la vie privée, libre de toutes mes obligations antérieures.

Je ne suis pas assez prétentieux pour croire que cette polémique me concernait directement et non des questions de politique publique. Ces questions n’ont pas grand-chose à voir avec le NIC et ne sont pas au cœur de ce que j’espérais faire pour contribuer à la qualité de l’analyse mise à la disposition du président Obama et de son administration.

Pourtant, je suis attristé par ce qu’ont révélé au sujet de l’état de notre société civile la polémique et les critiques publiques au vitriol de ceux qui se sont consacrés à l’entretenir. Il est évident que nous, les Américains ne pouvons plus avoir une sérieuse discussion publique ou un jugement indépendant sur les questions de grande importance pour notre pays, tout comme nos alliés et amis.

Les diffamations me concernant et leurs pistes d’emails facilement traçables montrent de façon certaine qu’il y a un lobby puissant déterminé à empêcher que soit diffusé toute opinion autre que la sienne, et encore moins de laisser les Américains comprendre les tendances et les événements au Moyen-Orient.

La stratégie du Lobby Israélien touche le fond du déshonneur et de l’indécence et comprend la diffamation, les citations sélectives inexactes, la déformation volontaire d’un dossier, la fabrication de mensonges, et un total mépris de la vérité. L’objectif de ce lobby est le contrôle du processus politique par l’exercice d’un droit de veto sur la nomination des personnes qui contestent le bien-fondé de son point de vue, la substitution d’une justesse politique de l’analyse, et l’exclusion de toutes les options pour la prise de décisions par les Américains et notre gouvernement autres que celles qu’il favorise.

C’est particulièrement ironique d’être accusé d’égards déplacés pour des opinions au sujet de sociétés et de gouvernements étrangers par un groupe ayant aussi clairement l’intention de faire appliquer une adhésion à la politique d’un gouvernement étranger – dans ce cas, le gouvernement d’Israël.

Je pense que l’incapacité de l’opinion publique américaine à débattre, ou du gouvernement à examiner toute option de politique américaine au Moyen-Orient opposée à la faction au pouvoir en Israël a permis à cette faction d’adopter et de maintenir des politiques qui à terme menacent l’existence de l’État d’Israël. Il est interdit à qui que ce soit aux États-Unis de le dire. Ce n’est pas seulement une tragédie pour les Israéliens et leurs voisins au Moyen-Orient, mais cela nuit de plus en plus à la sécurité nationale des États-Unis.

L’agitation scandaleuse qui a fait suite à la fuite concernant ma nomination imminente sera considérée par beaucoup comme soulevant de graves questions quant au fait de savoir si l’administration Obama sera en mesure de prendre ses propres décisions sur le Moyen-Orient et les questions liées. Je regrette que ma volonté de servir dans la nouvelle administration ait fini par jeter le doute sur sa capacité à examiner, sans parler de décider quelles politiques pourraient le mieux servir les intérêts des États-Unis au lieu de ceux d’un Lobby ayant l’intention de faire respecter la volonté et des intérêts d’un gouvernement étranger.

Devant le tribunal de l’opinion publique, contrairement à une cour de justice, on est coupable jusqu’à preuve du contraire. Les allocutions d’où des citations ont été tirées hors de leur contexte sont disponibles pour tous ceux qui sont intéressés par la lecture de la vérité. L’injustice des accusations portées contre moi est évidente pour ceux qui ont l’esprit ouvert. Ceux qui ont cherché à attaquer ma personne ne sont pas intéressés par les réfutations que je ou quelqu’un d’autre pourrait faire.

Néanmoins, pour le dossier : je n’ai jamais cherché à être payé ou accepté le paiement d’un gouvernement étranger, que ce soit l’Arabie Saoudite ou la Chine, contre tout service, je n’ai jamais parlé au nom d’un gouvernement étranger, de ses intérêts, ou de ses politiques. Je n’ai jamais fait pression sur n’importe quelle agence de notre gouvernement pour une raison quelconque, étrangère ou nationale.

Je suis moi-même, personne d’autre, et à mon retour dans la vie privée, je servirai une fois de plus – et à mon grand plaisir – personne d’autre que moi. Je vais continuer à m’exprimer comme je le voudrai sur des sujets qui me préoccupent, moi ainsi que d’autres Américains.

Je garde mon respect et ma confiance dans le président Obama et DNI Blair. Notre pays doit maintenant faire face à de terribles défis à l’étranger comme au niveau national. Comme tous les Américains patriotes, je continue de prier pour que notre président puisse nous aider à les surmonter."

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article82084


[Mondialisation.ca -  12 mars 2009]

La cour d’appel de Paris vient de condamner Radio France Internationale (RFI) à verser des centaines de milliers d’euros d’indemnités au journaliste Alain Ménargues, licencié en 2004 parce qu’il avait osé rappeler une évidence, le caractère raciste de l’Etat d’Israël.

Alain Ménargues était directeur-général adjoint de RFI en octobre 2004, lorsqu’une campagne vénimeuse fut lancée contre lui par le lobby sioniste, qui disposait déjà, à cette époque, de puissants relais à l’intérieur de la station. Le responsable de la communication de RFI, par exemple, est l’un des animateurs de l’Association pour le Bien-Etre du Soldat Israélien, spécialisée dans la collecte d’argent pour l’armée israélienne.

Le crime de Ménargues ? Avoir rendu compte, de longue date, des crimes de l’armée israélienne au Proche-Orient, que ce soit dans ses reportages ou dans ses livres. Alain Ménargues connaît bien la région, pour avoir été notamment correspondant de Radio-France à Beyrouth pendant de nombreuses années.

Alain Ménargues a ainsi révélé, dans son livre « Les secrets de la guerre du Liban », comment, lors du massacre des Palestiniens à Sabra et Chatila en 1982 à Beyrouth, l’armée israélienne ne s’était pas contentée de fournir un soutien logistique à ses supplétifs des milices phalangistes (fascistes) libanaises, mais qu’elle avait aussi participé, directement, aux éxécutions sommaires de civils palestiniens désarmés.

Dans un autre livre, « Le Mur de Sharon », paru en 2004 (avant d’être mis sous le boisseau), Ménargues explique, entre autres, comment l’idéologie sioniste fondatrice de l’Etat d’Israël conduit inexorablement à une politique d’exclusion des populations non juives, palestiniennes.

L’accusation d’antisémitisme fut alors brandie, terrorisant les plus pleutres des journalistes de RFI, c’est-à-dire pas mal de monde quand même, et Ménargues fut promptement viré. Depuis lors, les éliminations ou mises à l’écart des émissions ou éléments suspects se sont succédées à RFI, dont la direction, confiée à Ockrent, la femme du ministre des Affaires étrangères Kouchner, licencie maintenant par charettes entières.

Alain Ménargues avait rapidement porté plainte, devant le tribunal des Prud’hommes, pour ce licenciement abusif. Il avait perdu.

Mais cinq ans après les faits, la Cour d’appel de Paris vient d’inverser le jugement de première instance, et nous ne pouvons que nous en féliciter.

Elle a jugé qu’il n’y avait pas de cause réelle et sérieuse au renvoi d’Alain Ménargues. En conséquence, elle a condamné RFI à payer à Alain Ménargues, outre ses indemnités conventionnelles de licenciement -qui dépassent un mois de salaire par année de présence chez les journalistes professionnels-, une somme de 200.000 euros de dommages et intérêts.

Alain Ménargues est actuellement journaliste indépendant et écrivain installé au Caire.

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=20090312&articleId=12675


[Philou017 - AgoraVox - 03/03/2009]

Les contre-vérités de l’Express

Je vois cette une de l’Express "Les nouveaux réseaux anti-sémites" avec Dieudonné en couverture, devant une librairie. Avec en sous-titre "Internet : les sites dangereux". Là je me dis, d’ici qu’ils y aient mis le 11 septembre… J’entre dans le magasin et jette un oeil sur les pages concernées.
Gagné ! En plein milieu de la page, un encart sur les ’tenants du complot’. Ils n’ont pas pu s’en empêcher…L’article concernant Internet est reproduit sur le net.

L’introduction nous dit : "Dans ce qui reste une zone de non-droit, les réseaux antisémites ont trouvé un terrain de propagande. Au-delà des sites les plus en vue, ils usent de stratégies trompeuses pour véhiculer leurs thèses. Décryptage de ces techniques."
Décryptons le décryptage.. Premiere approximation douteuse : Internet serait une zone de non-droit…ce qui n’empêche pas l’Express de citer plus loin le responsable d’un site attaqué en justice. Cet article présente ensuite trois sites qualifiés de dangereux.
Le premier http://fr.altermedia.info/ et le troisieme http://fr.novopress.info/ sont deux sites d’extrême-droite. Pourtant l’Express a bien du mal a prouver la "dangerosité" des sites en question. Pour le premier, on parle d’un article anonyme, depuis disparu, qui met en cause "BHL/Kouchner : une solidarité qui en dit long…", dans le deuxieme, on pointe du doigt un article sur Bernard Madoff "qui serait apparu sous l’étiquette ’société multiraciale".

Là je veux être clair. Je condamne toute expression raciste clairement exprimée. Le vrai négationnisme doit être également dénoncé. Des dérives sont certainement présentes sur des sites d’extrême droite. Mais de là à présenter ces sites comme spécialement dangereux, il y a un pas que l’Express franchit sans la moindre gêne. Pourtant, si je devais parler de sites dangereux, ce n’est certainement pas ceux-là auxquels je me référerais.

Après une brève recherche google, je note que l’article de l’express a été immédiatement repris par des sites, comment les appeler, anti-anti-sémites. Par exemple le Crif, antisemitisme-antisionisme-du-web, et bien d’autres. Cette simultanéité a quelque chose de suspect. Dans cette période de tangage du gouvernement, l’Express voudrait-il ressouder un électorat disons d’origine juive autour du gouvernement, en jouant sur la peur anti-sémite ? Vu la légereté du propos, ça y ressemble. Procédé peu ragoutant, et je dirais même dangereux.

Voyons la suite. L’express cite ensuite le site alterinfo.net. Il est vrai que ce site a parfois tendance à déraper dans un anti-sionisme quelquefois enragé. Mais c’est un site qui propose souvent d’excellents articles. Alterinfo a déjà fait l’objet de procédures de la part du Crif.
Suivent des exemples de sites négationnistes et autres Faurissoneries.

Et au milieu de tout cela, on trouve quoi ? le 11 Septembre.

Là, l’Express va employer toutes les ficelles de l’amalgame et de la suggestion malhonnête. (en savoir plus…)


On vous le disait bien, le "phénomène Dieudonné" est révélateur d’un tas de trucs qui se cachaient derrière le masque bien-pensant de la gauche… Comme le disait déjà Orwell : "“At any given moment, there is a sort of all pervading orthodoxy, a general tacit agreement not to discuss large and uncomfortable facts.”

C’est à cause de ce genre de trucs, que le PS ne dépasse plus la barre de 20% aux élections..

BETRAND DELANOË L’A DIT TRÈS CLAIREMENT AU CINÉMA L’ENTREPOT : SI TU NE FAIS PAS CE QUE JE TE DIS, ALORS JE TE SUCRE TA SUBVENTION.

[Clap 36 - Mercredi, 03 Juin 2009 ]
Les raisons de l’annulation de la projection de « sans forme de politesse : regard sur la mouvance dieudonné » le 3 juin à l’Entrepôt nous sont expliquées par l’AFP :

« [...] Le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, avait fait connaître mardi sa "totale désapprobation" à l’égard de l’exploitant [du cinéma].

Laurent Fary, porte-parole du maire, avait indiqué que ce cinéma parisien du XIVème arrondissement "n’étant pas une salle municipale", la mairie n’avait pas la possibilité d’autoriser ou d’interdire le contenu de sa programmation.

"Mais dans la mesure ou l’Entrepôt reçoit une subvention de la ville, nous avons pris contact avec son exploitant et lui avons fait savoir le plus clairement du monde notre désapprobation totale dans l’hypothèse où ce film serait effectivement projeté", avait-il ajouté. [...]»

Le message du maire de Paris est clair : pas de subvention sans soumission.

Le montant de la subvention de fonctionnement et d’investissement attribuée par la Mairie de Paris au cinéma l’Entrepôt s’élève à 26.000€.

http://www.clap36.net/


Dans le débat politique morne des européennes, le phénomène (dans tous les sens du terme, et notamment dans son sens négatif) Dieudonné est des plus intéressants pour qui s’intéresse à la censure, la manipulation, la propagande et l’auto-censure inconsciente… Plein de choses se dévoilent dans les provocations de Dieudo… c’est en cela qu’il est intéressant.

L’analyse de l’agitation médiatique autour du Parti Antisioniste est vrai terrain d’étude ! Et ce petit documentaire (très imparfait et partisan) est à conserver dans les archives d’une future analyse.

Nous avons connu Dieudonné il y a bientot 15 ans, à Dreux, contre le Front National. Nous suivons avec d’autant plus d’intérêt son numéro d’équilibriste actuel.  Le ramassis de forces antagonistes qu’est la liste Antisioniste augure d’intéressants débats futurs.  Et l’hystérie de ceux d’en face est également intéressante par les choses qu’elle révèle sur nos schémas de pensée toute-faite, nos manipulations mentales intérieures…

Pour le reste, les 1,30% obtenus lors des élections, auprès d’un  électorat bien ciblé (le PA ne se présentait qu’en Ile de France et faisait surtout campangne dans les cités de banlieue) montrent bien qu’il n’y avait pas lieu de se draper dans le pathos de la "résistance à la bête immonde" que les idéologues de la gauche bien-pensante adorent brandir…  Les habitants de Seine Saint-Denis (2,83%), Val d’Oise (1,60%), Val de Marne (1,47%), des Hauts-de-Seine (1,37%), de l’Essonne (1,03%), de la Seine-et-Marne (0,97%) ou des Yvelines (0,88%) sont plus intelligents que les journalistes ne veulent le croire… Même dans Paris intramuros, le PA dépasse à peine les 1% !

Toute cette agitation est d’autant plus intéressante pour nous que, tant Dieudo que Julien T., tant les militants du Parti Antisioniste que ceux du NPA et de la CNT, sont des gens "de notre famille", des gens qu’on fréquente depuis des années… et qu’il est donc difficile pour nous d’évacuer le débat en disant, comme on faisait d’habitude : "Bah, de toute façon c’est un con !" Nous avions déjà rencontré ce type de débats lors de "l’affaire Meyssan" ou lors du réferendum sur le Traité constitutionnel européen.

A chaque fois on se retrouve avec des vieilles connaissances des deux côtés, alors on est obligés d’écouter les deux bords, c’est un exercice auquel nous ne sommes pas toujours habitués – et quand on voit les pétages de plombs sur les forum Antifafs, on se dit que ça doit être dur pour eux aussi :-)

Un film de terrorisme humoristique
[Film de Béatrice Pignède et Francisco Condemi - Dailymotion - 29/05/2009]
Dieudonné l’avoue lui-même, il a fait « le con », ce qui ne l’empêche pas d’être devenu le symbole de toute une génération issue de la décolonisation, au point d’avoir un moment posé sa candidature aux élections présidentielles. Comme Coluche, il est l’homme à abattre de tous les médias bien-pensants. Sa réputation sulfureuse et son humour provocateur sont-ils seuls responsables de sa popularité ?

Francesco Condemi à l’intérieur du bureau de campagne et Béatrice Pignède derrière la caméra nous proposent avec ce 7ème film en commun une plongée, de leur aveu expiatoire pour l’un, exploratoire pour l’autre, et en tous cas inédite au sein de la mouvance Dieudonné.

« Sans forme de politesse », comme leurs documentaires précédents nous l’ont déjà prouvé, ils mettent à nu cette fois-ci les règles du jeu politique, les vrais/faux antagonismes de l’extrême-droite et de l’extrême-gauche, les enjeux de l’antisémitisme, la laideur morale des droits-de-l’hommistes, l’hystérie islamophobe que soulève la question des banlieues.

Le film est en vente au format DVD (20 Euros)  : http://www.clap36.net/index.php?option=com_content&view=article&id=34&Itemid=30&c3ab902db17570e28ce0af31cc71f660=160a0c727493582cca3208fcf0de8e3d

http://www.dailymotion.com/video/x9epl7_sans-forme-de-politesse-regard-sur_news
http://www.dailymotion.com/video/x9epsd_sans-forme-de-politesse-regard-sur_news
http://www.dailymotion.com/video/x9epwu_sans-forme-de-politesse-regard-sur_news
http://www.dailymotion.com/video/x9eq20_sans-forme-de-politesse-regard-sur_news


Ou là ! C’est vrai qu’il y a une sacré bande de petits cons  dans les rangs des "anti-fas" et des redskins… mais de là à en faire des "bétareux"…

Par contre c’est vrai que, vu les phantasmes sécuritaires des flics, dès que tu as quatre CNT qui se retrouvent dans un coin, tu peux être certain qu’il y en a au moins un qui est un flic…

Voir aussi, pour plus d’infos, le documentaire "Sans Forme de Politesse : enquête sur la mouvance Dieudonné" qui vient d’être interdit d’écrans par la Mairie de Paris pour cause de frilosité bien-pensante.

[Alain Soral - FLASH N°15 - 06/06/2009]

(NdL&I : FLASH est un nouveau magazine d’extrème droite qui rassemble les plumes habituelles de la mouvante nationaliste et néo-naze)

Dimanche 31 mai, Paris 20e. Dieudonné fait campagne sur un marché avec une trentaine de ses camarades, dont des femmes et des vieillards. Paisibles. Jusqu’au moment où une cinquantaine de nervis se ruent sur eux, armées de marteaux et de matraques. Bataille rangée. Quatre arrestations et quasiment pas un mot dans les médias. On ne pouvait faire moins que d’interroger Alain Soral, présent sur les lieux de ce qu’il faut bien appeler une ratonnade…

Lors de la manifestation en soutien à la Palestine, vous aviez déjà été violemment pris à partie. Ce sont les mêmes qui ont récidivé dimanche dernier sur un marché du 20e arrondissement de Paris ?
Oui, à quelques nuances près. Ceux qui nous ont attaqués dimanche sont bien les soi-disant “antifas” [pour “anti-fascistes”, NDLR] de la CNT qui nous avaient déjà pris à partie quand nous avions voulu défiler pour la Palestine, place Denfert-Rochereau, le 24 janvier dernier. En fait d’anarchistes, une petite bande de nervis en cheville avec la police depuis des années,et depuis quelque temps avec les milices sionistes… D’ailleurs, d’après des jeunes du quartier venus nous apporter leurs témoignages, plusieurs de ces soi-disant anarchistes antifas étaient des petits “bétareux”, [skinheads juifs NDLR] du 19e arrondissement, leur cheveux noirs gominés cachés sous un foulard palestinien !

Quel rapport entre ces anarchistes de la CNT et “l’anti-antisionisme” ?
Il faudrait le leur demander. Pour qui s’intéresse à l’évolution de l’extrême gauche, ça fait des années, disons depuis les années Mitterrand, que les anti-fa, style Rasl’Front, Scalp… sont en réalité des officines plus ou moins sous contrôle gouvernemental, travaillant avec la police et les Renseignements généraux, et dont la principale fonction, bien plus que la lutte contre le Front national, en réalité sans danger, est de noyauter la cause palestinienne, très populaire à l’extrême gauche, afin de la contrôler, de la pervertir et au final de l’annihiler. Avec le discrédit des assoces comme SOS-Racisme – leur équivalent soft – et le phénomène Dieudonné, ces antifas, en réalité au service du pouvoir sioniste, se démasquent de plus en plus puisque qu’ils en sont maintenant réduits à traiter d’antisémites, donc de fascistes et de racistes, des Français issus de l’immigration solidaires des Palestiniens ! Nous l’avons bien vu ce dimanche comme nous l’avions déjà filmé le 24 janvier : des petits Blancs à crâne rasé agressant des femmes musulmanes au nom de l’antirascisme ! On en est là aujourd’hui, les milices antifas en sont réduites à ratonner pour les sionistes.

Dans la foulée, vous mettez en cause un certain Julien Terzic, proche d’Olivier Besancenot. Pourtant, la LCR se veut elle aussi antisioniste. En 2002, le rabbin Joseph Sitruk avait même mis les larmes aux yeux d’Oliver Besancenot à la télévision en le soupçonnant d’antisémitisme. Qu’est-ce qui a bien pu changer depuis ?
Le chef de cette milice soi-disant antifas est un certain Julien Terzic, ancien chef des Red Skins, c’était d’ailleurs lui qui menait la meute ce dimanche, lui qui a commencé à insulter Dieudonné en le traitant de “Bounty” – surnom habituellement donné à Malek Boutih, ancien patron de SOS Racisme, un comble ! –, lui encore qui a agressé notre caméraman Julien à coups de poing américain (vingt points de suture au visage et sept jours d’ITT) ; lui que nous avons copieusement filmé afin qu’il n’échappe pas cette fois à la justice,comme cela a souvent été le cas lors de précédentes agressions.

Ce Julien Terzic, outre qu’il a blessé l’un de nos camarades, a eu surtout le tort de s’en prendre, le 24 janvier, aux femmes du centre Zahra, d’où la rouste que lui et ses petits camarades ont prise cette fois de la part de nos amis du Parti antisioniste. Je dirais sans grandiloquence qu’il est maintenant dans le collimateur du Hezbollah ! C’est autre chose que d’être en froid avec les skinheads !

Mais, autre révélation pour vos lecteurs non-initiés aux arcanes empuanties de l’extrême gauche, ce Julien Terzic est aussi l’homme de main du petit Besancenot.

Celui auquel Besancenot fait appel pour faire “le ménage” comme il s’en vante, en roulant des mécaniques sur les plateaux télé, dans les manifestations pro- Palestiennes.Entendez,chasser par la violence les gens comme moi,qui essaient de défiler pour la Palestine au nom du drapeau français.

Je sais bien que Besancenot,  en bon bobo, fait faire son ménage par une employée de maison, mais si je peux me servir de cette interview pour lui faire passer un petit message : “La prochaine fois, Olivier, ton ménage, il va falloir venir le faire toi-même, parce que ta bonniche Terzic, si j’en crois nos dernières images,elle s’est mise à la course à pied !”

Moins drôle : parmi les marteaux, bombes lacrymos et autres sionistes, comme Ginette Skandrani ou Maria Poumier (présentes sur notre liste) ayant été systématiquement écartés de la mouvance pour “antisémitisme”.

C’est d’ailleurs une des utilités, parmi d’autres,de notre liste antisioniste :démasquer les faux antisionistes.C’est bien simple, TOUS les mouvements antisionistes français autoproclamés ont appelé à voter CONTRE notre liste : Euro-Palestine, Collectif Cheikh Yassine, Indigènes de la République…

En revanche, Carlos, le Hezbollah et le Hamas sont pour, mais comme vous le savez,ce sont de mauvais pro-Palestiniens,puisque pro-Palestiniens utiles aux Palestiniens…

Ces gens qui se prétendent “antiracistes” et qui viennent casser du Noir et de l’Arabe, ça a de quoi laisser rêveur…
Oui,les sionistes,à l’image de ce qu’est devenu l’État hébreu – un État belliqueux expansionniste et théologico-racial – en sont arrivés à leur niveau de contradiction  maximum : aujourd’hui, un métis qui critique la politique du ministre des Affaires étrangères israélien Lieberman est traité de raciste, alors que ce même homme qui  ourdit ouvertement le projet de déporter des populations civiles arabes ou de les éliminer en recourant s’il le faut à l’arme atomique, peut donner des leçons de droits de l’homme à l’Europe entière.Le tout avec la complicité de nos gouvernements ! Il s’agit bien d’une inversion de toutes les valeurs, mais pas de celles dont avait rêvé Nietzsche !
À l’heure où nous mettons sous presse, Le Parisien et France 3 ne parle que d’une simple “rixe”…
Ça aussi c’est un effet du sionisme, la manière dont les médias se mettent à mentir dès qu’on touche à la question palestinienne. Nous étions venus tracter sur un marché conformément à notre programme de campagne, accompagnés par une équipe de télévision, soi-disant sécurisés par la police (nous prévenons systématiquement la préfecture et les RG). Dieudonné se fait gazer à bout portant, nous sommes agressés – et ce n’est pas la première fois – par un commando armé de gazeuses, de poings américains, de marteaux et de matraques télescopiques ;

Quatre de nos agresseurs se sont fait arrêter par la police et vont passer en comparution immédiate pour violence en réunion avec préméditation, détention d’armes…

Nous avons plusieurs blessés avec ITT, nous avons nommément identifié le meneur, multirécidiviste… mais les médias, pourtant présents, parlent d’une “rixe avec des inconnus” ! Voilà un parfait exemple de l’effet nuisible du sionisme sur la probité journalistique !

Où en est l’enquête ?
À l’heure où je vous parle, le capitaine Bessette du commissariat du 20e fait son travail ; je l’ai eu au téléphone, il m’a l’air d’un honnête fonctionnaire. Il y a quatre interpellés sur le fait,des armes,des plaintes, des vidéos… Mais ensuite, il y a les pressions hiérarchiques… À chacune de mes agressions,dont une fois par un commando de 35 nervis avec 7 victimes… tout a été classé sans suite ! Ça aussi, c’est une des nuisances du sionisme !

Deux jours avant les événements, un sondage vous accordait 4 % des suffrages. Rapport de cause à effet ?
Il est sûr que cette liste, vilipendée par l’ensemble de la classe politique, les médias et les pseudo intellectuels dont Michel Onfray (excusez du peu !),mais qui se met d’entrée à faire jeu égal avec celles de partis bien en place et soutenus depuis des lustres par le Système, ça agace et ça inquiète du côté de ceux qui ont en charge le petit théâtre politique… Je pense déjà aux commentaires autorisés des spécialistes télévisuels le soir des résultats sur les plateaux-télés !

Votre électorat potentiel est multiforme : droite et gauche, droite radicale et extrême gauche, Français issus de l’immigration. On oublie peut-être vos anciennes fréquentations des médias et du showbiz, à propos desquelles on murmure des choses… Vous pouvez nous en dire plus ?
Je ne pense pas du tout que notre électorat se limite aux banlieues. Il y des tas de gens qui, discrètement, peuvent voter pour cette liste : des militaires, des pompiers, des catholiques, des ouvriers, des enseignants, des gaullistes, des libertaires, d’authentiques gauchistes, Jean-Marie le Pen… Tout un tas d’honnête gens lucides sur l’état de délabrement de la France et le rôle qu’y joue le poids du lobby sioniste… Sans compter aussi quelques journalistes et animateurs qui en ont plein le cul d’une certaine arrogance et surreprésentation communautaire dans leur profession…

Des noms ! Des noms !
Le vote se pratiquant encore dans l’isoloir, et me souvenant très précisément de conversations privées sur le sujet… je pense par exemple à mon ex-ami Thierry Ardisson, à l’ex-comique Jean-Marie Bigard, à l’ex-journaliste et actuel conseiller de Sarkozy, Patrick Buisson !… Dieudonné doit en avoir aussi une sacrée liste, avec tout ceux qui viennent encore le soutenir en douce… Si vous saviez comme les langues se délient en coulisse !
Rendez-vous le 7 juin !

http://www.alainsoral.com/


Commentaire de Djazaïri : Quand j’écrivais que les temps changent pour l’entité sioniste, je ne croyais pas si bien dire. L’affaire du refus par la BBC de diffuser un appel à dons humanitaires pour Gaza ravagée par la terreur sioniste a fait grand bruit Outre Manche. En effet, des députés mais aussi des ministres ( !) avaient fait part à cette entreprise de leur indignation et de leur scepticisme quant aux arguments que sa direction avançait pour expliquer ce refus. Je vous avais dit que la BBC n’était certainement pas le seul groupe médiatique à incriminer puisque les télévisions dépendant du groupe de Rupert Murdoch n’étaient en réalité pas favorables non plus à la diffusion de cet appel à donner pour Gaza.

J’avais pointé la responsabilité du lobby sioniste dans cette affaire. Il est vrai que, parler de ce lobby chez les pro Palestiniens est courant. On en parle dans des réunions, dans des médiats plus ou moins confidentiels mais on en entend jamais parler dans les journaux de grande diffusion ni dans les radios ou télévision qui captent l’attention du grand public.

A croire que ce lobby est quelque chose que nous, ou les Palestiniens, avons inventé. Sauf que ceux qui fréquentent la presse sioniste savent que ce n’est pas une invention et qu’ils n’hésitent pas tantôt à se vanter de leur pouvoir de pression.

Et sauf que l’affaire de la BBC a permis pour la première fois à un journal londonien à grand tirage de s’exprimer ouvertement sur le rôle de ce lobby.

L’article que je vous propose vaut son pesant d’or, il est d’une nature inédite en Europe. Il traduit le courage retrouvé de certains journalistes choqués par la sauvagerie sioniste mais également, à n’en pas douter, des frictions de plus en plus importantes au niveau des sphères dirigeantes britanniques ; un affrontement entre ceux qui sont domestiqués par le lobby sioniste et ceux qui veulent affranchir leur pays de son influence.

Le rapport secret au cœur de la paranoïa de la BBC sur Gaza.
[Keith Dovkants - Evening Standard (UK) -  27 janvier 2009 - Trad. par Djazaïri pour Alterinfo]

Enfoui quelque part au fond des entrailles de la BBC, se trouve un document top secret qui pourrait expliquer beaucoup de choses sur la décision de l’entreprise de boycotter l’appel à dons en faveur de Gaza. Il s’agit du rapport Balen qui n’a été porté à la connaissance que de quelques personnes du sommet de la hiérarchie de la BBC. Ils avaient chargé Malcolm Balen, un directeur de rédaction, d’enquêter sur des allégations selon lesquelles la couverture par la BBC du conflit israélo-palestinien était biaisée.

Balen a examiné des centaines d’heures d’émissions, télé ou radio diffusées, et en a analysé le contenu minute par minute, s’intéressant souvent aux phrases et au choix du vocabulaire de tel ou tel journaliste. Il a ensuite rendu ses conclusions dans un rapport de 20 000 mots. Si les dirigeants de la BBC s’attendaient à un bilan de santé satisfaisant, ils furent déçus. Les conclusions de Balen, diffusées de manière très restrictive fin 2004, étaient effrayantes.

En dépit du secret, il y a eu des fuites, notamment au sujet de la conclusion de Balen selon laquelle les reportages de la BBC sur le Moyen-Orient étaient biaisés en défaveur d’Israël.

L’importance de cette conclusion peut être difficilement surestimée. Indépendamment de son obligation légale d’impartialité, la BBC s’efforce depuis des années de parer à des allégations selon lesquelles ses reportages favoriseraient les Palestiniens. Assertions qui se sont combinées avec des critiques sur un penchant à gauche de la BBC qui minerait sa légitimité en dissimulant un agenda libéral [de gauche dans l’acception britannique]. Les dirigeants de la BBC ordonnèrent la mise au placard du rapport Balen. Quand une démarche fut entreprise pour rendre publiques ses conclusions aux termes des lois sur la liberté de l’information, la BBC dépensa 200 000 Livres dans une action en justice pour le conserver au secret.

Le rapport Balen aurait difficilement pu être réalisé à un pire moment. Ses conclusions furent rendues alors que la BBC essayait d’oublier l’agitation engendrée par l’enquête Hutton. Greg Dyke, le PDG de l’entreprise avait été poussé à la démission en raison de ce que Lord Hutton avait considéré comme un problème de reportage tendancieux, même si la plupart des journalistes pensaient que c’est Lord Hutton qui était dans l’erreur [voir affaire David Kelly].

Pendant ces jours mornes de 2004, le rapport fut perçu comme presque anecdotique par les grands patrons de la BBC. Ce qui posait vraiment problème, c’était que des positions pratiquement inexpugnables avaient été démolies par des allégations d’insuffisance journalistique. Les nouvelles têtes dirigeantes de l’entreprise, dont le PDG Mark Thompson, venaient de recevoir une dure leçon. Ils ne souffriraient pas le même sort que Greg Dyke.

En 2005, Thompson s’envola pour Jérusalem et rencontra Ariel Sharon, le premier ministre de l’époque, Mahmoud Abbas, le dirigeant palestinien. Il leur assura que les informations de la BBC seraient d’une impartialité absolue. A son retour à Londres, l’entreprise mit en place le régime d’information sur le Moyen-Orient actuellement en vigueur et qui, ils sont nombreux à le croire, a influencé la décision de refuser de diffuser l’appel aux dons en faveur de Gaza.

Selon des sources internes à l’entreprise, les tensions relatives à la couverture journalistique du conflit israélo-palestinien ont induit un état proche de la psychose chez les cadres et ceux qui définissent la politique de la BBC. Une source interne a déclaré à l’Evening Standard : « Ils sont morts de trouille. Les décrire comme des poulets décapités qui courent en long et en large donnerait encore une trop forte impression d’ordre et de cohésion. Ils se terrent dans les recoins. La peur est palpable. »

Comment en est-on arrivé là ? L’opinion d’un certain nombre de vieux routiers de la BBC est que les pressions d’Israël et de ses partisans ont engendré de la nervosité et conduit les dirigeants de l’exécutif et les chefs de rédaction à surcompenser devant les allégations de biais pro palestinien. Un ancien rédacteur en chef déclare : « Tout ce que nous faisions était sujet à controverse. Il y avait un formidable lobby soutenant Israël et les courriers affluaient. La pression était énorme. »
(en savoir plus…)


[Dov Lerner - 01/06/2009]

"ET POURQUOI NE PAS CASTRER LES ARABES ISRAÉLIENS ?

Le quotidien israélien russophone Novosti a publié un article appelant à castrer les Arabes israéliens et à offrir une récompense financière aux jeunes Arabes qui accepteraient d’être stérilisés de leur plein gré. Paru sous le titre : "Comment les forcer à partir ?", Marian Belenki, l’une des principales plumes de Novosti, prône "la castration des prisonniers arabes incarcérés pour activisme anti-israélien". L’auteur ajoute que, "vu la mentalité arabe, la castration serait un moyen psychologique puissant pour semer dans la population arabe une panique susceptible de l’encourager à fuir le pays."

Pour limiter la natalité arabe, Belenki suggère de s’inspirer de l’expérience de la Chine, où les pères de plus d’un enfant sont stérilisés et privés de droits sociaux et d’emploi, et où les enfants sont séparés de leurs parents.

L’auteur propose également de mettre sur pied un vaste programme d’adoption d’enfants arabes pour les transférer dans les pays arabes voisins.

Novosti est un des deux plus gros tirages de la presse russophone israélienne. Son directeur, Léonid Petorkovski, a affirmé que cet article est une erreur éditoriale et que, outre la publication d’une lettre d’excuses, le rédacteur en chef, Vladimir Doubine, s’est vu infliger une suspension de trois mois.

Interrogé sur la réaction des membres de la rédaction, Petorkovski répond : "Il semble que nous manquions d’éducation et de sens éthique, bien qu’il existe une assemblée consacrée à cette question." Le plus étonnant reste que cet article n’ait pas suscité la moindre réaction parmi les lecteurs ou les représentants officiels des Juifs ex-soviétiques.

Dans un article de Maariv (Tel-Aviv), Gil Hareouven a écrit  : "Lorsque nous opposons démolition de maisons et assassinat, mauvais traitements et terrorisme, accouchement forcé de femmes enceintes à nos barrages et incitation à l’extermination, nous fortifions nos coeurs en prévision du prochain acte d’horreur…"


Le journal "Le Monde" s’était également inquiété, récemment, de la dérive violente et raciste de la société israélienne, affirmant même que "Le colonialisme et le racisme sont les grands vainqueurs des élections israéliennes"

Victime d'attentat contre un bus, Bersheeba, 2003

Rien de tel qu'un bon petit attentat contre un bus pour remobiliser l'opinion en faveur des colons et faire changer d'avis Barack Obama.

[Dov Lerner - IES News Service - 28/05/2009]

Si l’arrivée au pouvoir d’Avigdor Lieberman a donné des ailes au "Bloc des colonies", la nouvelle administration Obama à Washington ne lui plait pas du tout. La grande majorité des membres de la Yesha (conseil des colons) appelait d’ailleurs à voter pour McCain.

Jusqu’à présent la question des colonies donnait lieu à un ballet bien réglé entre Washington et Tel-Aviv. On "exigait" l’arrêt de la colonisation dans les territoires occupés, la police israélienne faisait semblant de démanteler deux ou trois cabanons en tôle sur une colline, la presse titrait "Israël a démantelé une colonie, au tour des Palestiniens maintenant de faire un effort" et le lendemain les cabanes étaient remontées… et personne ne parlait des milliers de maisons en béton qui continuent à se construire illégalement ailleurs.

Mais il semblerait qu’avec Obama la donne ait changée et que Washington ne soit plus aussi compréhensif. Et cela inquiète le petit groupe ultra-radical du bloc des colonies, qui a déjà tendance à être paranoiaque par ailleurs. Et soudain on entend beaucoup parler du général Eitan Ben Elyahu, ancien chef de l’armée de l’air israélienne, qui avait déclaré qu’il fallait "fortement réduire la population arabe dans les territoires" afin de créer "des réalités sur le terrain".

En début de semaine s’est tenu une réunion rassemblant différents responsables militants des colonies de Tekoa, Yitzhar, Hebron… ainsi que des représentants de la Yesha "qui ont insisté sur le fait qu’ils étaient la à titre personnel mais feraient remonter les messages". Le but était d’étudier les moyens de renforcer la pression sur le gouvernement Netanyahou, afin qu’il ne "plie pas devant les diktats de Washington et protège notre droit à vivre sur notre terre". Croisant dans un café, un ami colon qui avait assisté à la réunion, il m’a permis de jeter un coup d’oeil à ses notes. C’est éclairant sur le degré de violence sectaire dans lequel les colons se sont laissés enfermer. La presse israélienne s’est d’ailleurs inquiété à plusieurs reprises sur "le danger d’un terrorisme juif".

Au cours de cette réunion, à plusieurs reprises, l’assistance a souligné que – du fait de la réussite de la politique sécuritaire en Israël – la population était démobilisée face à la menace arabe. Pour A. L., de Tekoa, "les colons sont l’avant poste qui protège Israel. A Tel-Aviv, ils n’ont plus vu un arabe depuis 20 ans, ils ne savent pas comment ils sont. Tandis que nous, nous subissons leurs attaques tous les jours, mais personne ne fait attention à nous."

Pour D.S., de Hebron, "il faut réveiller l’opinion israélienne, lui faire voir la réalité en face, il ne peut pas y avoir de concessions face aux terroristes. A Washington ils sont loin, ils n’y connaissent rien, ils se laissent berner par les sourires doucereux de Abbas et de ses conseillers en communication… c’est à nous de leur montrer que les arabes n’ont pas changé."

Plusieurs participants à la réunion ont applaudi quand Y.A. de la colonie radicale de Yitzhar (qui s’est déjà plusieurs fois affronté à la police) et S.L. de Giv’at ha’Avot (où les jeunes se sont fait une spécialité d’aller harceler la population arabe) ont déclaré : "Quand on parle de nos problèmes à Tel-Aviv, ils s’en foutent, ils en ont marre de la guerre, ils veulent pouvoir aller à la plage tranquilles, sans qu’on leur prenne la tête avec nos problèmes. C’était pas comme ça avant, avant, quand les bombes explosaient dans les bus et les pizzerias, le pays nous comprenait, nous étions tous soudés face aux arabes. Il faudrait peut-être qu’il y ait à nouveau des bombes dans les bus, pour réveiller les gens."

Les représentants de la Yesha ont souligné que le succès de la cloture de sécurité avait permis d’empêcher les terroristes de passer en Israël et qu’on ne pouvais pas attendre une campagne terroriste arabe pour unifier le pays. "La cloture a crée un faux sentiment de sécurité dans la population. Les gens sont moins attentifs à nos problèmes".

Les dernières guerres à Gaza n’ont pas eu le même effet et surtout il n’y a pas de lien avec les problèmes des colons en Judée-Samarie. "L’image fausse qui s’est crée, c’est que à Gaza c’est des fous  tandis qu’en Judée c’est des gentils. Or nous savons bien qu’il n’y a pas de différence. Un arabe est un arabe et il n’y aura pas de paix sur notre terre tant qu’il en restera un seul. Mais ça, les bonnes âmes ne veulent pas l’entendre. Peut-être que, effectivement, si quelques attentats venaient leur rappeler la véritable nature des arabes, cela pourrait faire changer d’avis les Américains."

Le discours du représentant de la Yesha a été applaudi. Mon ami colon n’a pas eu le moindre scrupule a me raconter la réunion, avec un grand sourire. "Les choses vont bouger, tu vas voir. On va pas se laisser faire. Le Sinai et Gaza ont montré qu’avec les arabes, la moindre concession est vue comme un signe de faiblesse. On leur a donné nos terres, cela n’a rien changé. Il faut juste que les gens le comprennent et qu’on ait le courage de dire merde aux Américains. Ensuite on pourra finir le travail".

Si j’étais vous, j’éviterais de prendre le bus ces prochains mois, en Israël. Pour ma part, j’ai décidé ce matin là, de me remettre au vélo pour aller au travail.


[Entretien réalisé par Thierry Meyssan - Voltaire - 27/05/2009]

Thierry Meyssan : Paul-Éric Blanrue, bonjour. Vous venez de publier Sarkozy, Israël et les juifs [1]. Dans votre préface, vous comparez votre travail pour la France au livre de John Mearsheimer et Stephen Walt, Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine [2]. Pourtant ces deux ouvrages ont une démarche différente : le leur cherche à préciser qui est ce lobby pro-israélien et quelle est son influence à Washington, tandis que le vôtre prend le sujet dans l’autre sens. Vous montrer comment Nicolas Sarkozy est au service d’un lobby que vous vous abstenez de désigner en détail. Pourquoi avoir choisi cet angle ?

Paul-Éric Blanrue : Bonjour, et merci de vos questions. Les deux ouvrages sont différents, en effet, mais leur ambition est au fond la même : montrer que les deux pays, qu’il s’agisse des États-Unis, pour Mearsheimer et Walt, ou de la France, dans mon cas, sont placés sous une forte influence pro-israélienne qui peut, à terme, s’avérer dangereuse pour eux. Seulement, en France, la situation n’est pas tout à fait identique à celle des États-Unis.

Là-bas, l’histoire de la formation du lobby pro-israélien est telle que sa présence est avalisée par une grande partie de l’opinion, au point que ce lobby est même analysé par de grands universitaires… même si tous ne sont pas d’accord sur l’influence qu’il joue : Chomsky dénie ainsi au lobby pro-israélien son pouvoir au motif que l’idéal sioniste est diffusé à parts égales dans tous les partis et dans tous les secteurs de la société ! Outre-Atlantique, en tout cas, l’alliance avec Israël est devenu un phénomène banal depuis l’après-Eisenhower. Le secrétaire d’État est obligatoirement sioniste, par tradition si l’on peut dire.

Chez nous, tout est (ou était !) différent. Je montre qu’il y a peu de temps encore, il n’y avait pas d’unanimité, au sein même des représentants de la communauté juive, sur la façon dont il convenait d’aborder Israël. Tous ne se rangeaient pas sous la bannière de l’État juif comme de bons petits soldats. Il y avait des résistances, y compris au plus haut niveau de leurs organisations. Souvenez-vous de Théo Klein : lorsqu’il était président du CRIF [3], dans les années 1980, il affichait une position assez modérée sur Israël, dont il annonçait qu’il ne voulait pas être considéré comme l’ambassadeur, à telle enseigne que certains de ses successeurs ont pu le désigner comme un « collabo » des Palestiniens !

Mais il y a bien davantage encore : en France, ceux que j’appelle les « réseaux pro-israéliens » se sont heurtés, jusqu’en 2007, à un gros problème : nous vivions jusqu’alors sous un régime « gaullien » (même si j’ai conscience de la rangée de guillemets qu’il faut placer pour employer ce terme si l’on songe aux circonstances de l’arrivée de François Mitterrand à l’Élysée, par exemple…) Il n’empêche : la résistance du pouvoir politique, à commencer par le Quai d’Orsay, aux revendications des réseaux sionistes était une réalité. Roland Dumas ou Hubert Védrine étaient de farouches partisans d’une position équilibrée au Proche et au Moyen-Orient. Que l’on se souvienne aussi qu’en 2003, le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, a refusé de rencontrer Dominique de Villepin, alors chef de la diplomatie française, parce que celui-ci avait fait savoir qu’il allait rendre visite à Yasser Arafat, à Ramallah !

Cette résistance est un souci que les réseaux sionistes ont réussi à surmonter depuis l’accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Seulement, à la différence des pratiques américaines, Sarkozy n’a pas été contraint de devenir « leur » homme, ni leur « valeur-refuge » : il ne s’est mis à leur service que parce qu’il en a décidé ainsi, par volonté et stratégie politiques délibérées.

Après la seconde Intifida, en 2000, il s’est aperçu de la puissance acquise par le lobby pro-israélien américain. Concevant la France comme une Amérique en devenir, il a cherché à s’en faire adouber, important ici les pratiques de là-bas. Il a aussi parié sur la peur du « péril banlieue », qui, pensait-il, pouvait associer dans l’esprit des Français (juifs ou non) les immigrés (musulmans, notamment) à des terroristes en puissance. C’est une des raisons pour laquelle il a invité des policiers israéliens en France à venir expliquer à leurs collègues comment mater les troubles dans les banlieues, comme si celles-ci étaient des « territoires occupés » !

Pour ce faire, dans sa stratégie d’accession au pouvoir, il a employé le vocabulaire et l’idéologie des représentants sionistes, pour lesquels, aujourd’hui, « pro-israélien » et « juif » sont deux synonymes. C’était une manière de galvaniser l’électorat juif, qui est en France l’un des plus importants au monde, ce qui a fait dire à l’UMP Christian Estrosi, que Sarkozy était « le candidat naturel des juifs ». Or, d’un point de vue objectif et historique, je rappelle que le judaïsme est une religion tandis que le sionisme est une idéologie politique. On peut être juif et opposé au sionisme, comme l’ont été et le sont encore de nombreux rabbins ou de nombreuses personnalités d’origine juive (il existe même un site Internet où les sionistes les dénoncent à la vindicte de leur coreligionnaires !), et on peut être sioniste et non-juif, ne songez qu’à Bush ! Bref, toutes ces différences expliquent que je n’ai pas traité le problème dans mon livre comme mes deux collègues américains.

Thierry Meyssan : Vous avez pris soin de vous en tenir à des informations connues, déjà publiées et non contestées ; de ne jamais vous baser sur des scoops qui pourraient être controversés, de sorte que les éléments de votre raisonnement ne soient pas discutables. Simultanément, vous avez pris soin de déminer un à un les mots ou expressions qui provoquent des réactions épidémiques mettant fin au débat. Cette méthode prudente suffit-elle à assurer une réception raisonnable de votre travail ?

Paul-Éric Blanrue : Pour commencer, j’estime qu’un livre doit par principe reposer sur des fondements solides, afin d’être inattaquable. C’est une constante chez moi, voyez ma bibliographie qui comporte une dizaine d’ouvrages. C’est aussi une politesse que je dois à mes lecteurs, qui me lisent parce qu’ils savent que je tiens à leur apporter des informations solides.

Fondateur, et président durant 10 ans, d’une association sceptique qui s’intitule le Cercle zététique (du grec zetein : chercher), j’ai mené de nombreuses enquêtes au cours desquelles j’ai toujours tenté de faire la part des choses entre les faits vérifiables et la rumeur, ou encore les mensonges.

Or j’ai pu constater, au cours de ma carrière, que de nombreux « scoops » non sourcés reposent souvent sur des on-dit et sont en réalité des « bidonnages » destinés à faire un best-seller à peu de frais : aussi, je m’en méfie d’instinct.

Ensuite, je ne cherche pas à déminer pour déminer. Si vous faites allusion, par exemple, au fait que je n’emploie pas l’expression « lobby juif » pour caractériser les modalités d’action des sionistes en France, c’est parce que, comme Mearscheimer et Walt, ou chez nous Pascal Boniface [4], je ne crois pas réellement à l’existence de ce prétendu lobby, qui est, selon moi, soit un abus de langage, soit un terme provocateur. Dans les deux cas, il faut l’éviter.

De plus, et c’est le plus grave pour moi, il associe juifs et sionistes, deux réalités distinctes comme je l’ai déjà précisé. Vous aurez noté également que je ne parle pas non plus de « lobby sioniste », car la réalité française est différente de l’américaine, même si cette différence tend à se réduire jour après jour. Je fais la recension des nombreuses organisations sionistes, j’indique leurs points communs, leurs différences et parfois leurs contradictions : c’est la raison pour laquelle je préfère parler de « réseaux » pro-israéliens ou sionistes, ces deux derniers termes étant équivalents pour moi. Quant à savoir comment sera reçu mon travail, je l’ignore, n’étant pas Élizabeth Teissier [5]… De mon côté, en tout cas, j’aurai fait tout mon possible pour que ce livre puisse être une base de discussion raisonnable entre deux camps que tout oppose. Il faut que la situation se débloque, sinon on va droit dans le mur.

Thierry Meyssan : Vous avez déjà fait preuve de courage en abordant un sujet tabou. Ne craignez-vous pas de vous griller définitivement en répondant à mes questions ?

Paul-Éric Blanrue : Je suis ainsi fait (mon éducation catholique, peut-être) que, depuis toujours, je réponds à qui m’interroge, sans chercher à sonder son cœur ni ses reins. Plus généralement, je me garde bien de juger les gens, à commencer par ceux qui luttent contre un système qui nous écrase. Pour ma part, comme vous le savez, je n’ai jamais été ce qu’on appelle un « complotiste », mais je revendique pour tous le droit à la libre recherche et à la libre publication. Il est possible que mon livre fasse l’objet d’un black-out général, comme l’a été l’un de mes précédents ouvrages, Le Monde contre soi – Anthologie des propos contre les juifs, le sionisme et le judaïsme [6], qui n’a pas bénéficié d’une seule ligne dans les grands journaux parisiens, mais qui, bien étrangement m’a valu d’être invité au salon des écrivains du B’naï Brith ! Il faudra bien que je tente cette fois de surmonter par tous les moyens la stratégie du silence de ceux qui s’opposent à sa diffusion pour de sombres motifs. On ne peut pas vivre sous la dictature de la pensée unique sans réagir, sinon on est bon pour l’esclavage. Il est temps de dépassionner le débat et surtout d’arrêter de diaboliser les contradicteurs !

Thierry Meyssan : Votre éditeur belge, Marco Pietteur, semble surpris par la réaction de réseaux de distribution qui refusent de placer votre livre dans les librairies en France. Pourtant ce mode de censure a commencé lors de la publication de mon livre sur le remodelage du Grande Moyen-Orient, L’Effroyable imposture 2 [7]. À l’époque, plusieurs grands éditeurs ont renoncé à le publier face aux menaces des distributeurs. En définitive, Jean-Paul Bertrand et Antoine Gallimard ont dû ruser pour contourner cet obstacle. À défaut de pouvoir interdire le contenu d’un ouvrage, on en empêche la présence en librairie. Le lobby pro-Israélien est intervenu pour dissuader les grands médias de mentionner l’existence de mon livre que ce soit dans des articles ou en acceptant des publicités payantes. Ce dispositif a-t-il été actionné de la même manière pour censurer votre travail ? Et avez-vous identifié les personnes et les groupes qui l’ont actionné ?

Paul-Éric Blanrue : Pour le moment je ne peux pas dire grand-chose, car je suis dans l’action, c’est-à-dire dans la promotion de mon livre, période peu propice aux enquêtes. Disons que j’ai déjà ma petite idée sur la question, qu’il faudra que je creuse. Le temps de la réflexion viendra et alors, croyez-moi, je dirai ce que je sais.

En attendant, remarquez, je vous prie, une chose étonnante : il y a un an et demi, j’écrivais avec mon ami Chris Laffaille, de Paris-Match, un livre sur le mariage de Nicolas Sarkozy avec Carla Bruni, qui s’intitulait Carla et Nicolas, Chronique d’une liaison dangereuse [8]. Déjà, je rendais compte d’un certain nombre de faits, bien que ce ne fût pas de manière frontale. Or ce livre a été classé dans les best-sellers de L’Express, a fait la une de Technikart et a été l’objet de traductions à l’étranger. À la FNAC des Ternes, pour prendre un magasin que je connais bien lorsque je suis à Paris, il faisait l’objet d’une exposition dans une vitrine entière, face à l’entrée.

Aujourd’hui, pour mon nouveau livre, j’ai dû être édité en Belgique et le diffuseur de mon éditeur Marco Pietteur est tellement effrayé qu’il refuse de le diffuser en France !

Le fait est remarquable et symptomatique de l’état d’esprit qui règne ici depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Les gens sont terrifiés. On peut les comprendre. Je note avec joie que certains commencent à réagir, puisque sur facebook, un groupe s’est créé, comprenant plusieurs centaines de membres, français ou non, qui réclament que mon livre soit vendu dans les librairies françaises. Son intitulé : « Sarkozy, Israël et les juifs : le livre qui fait peur aux diffuseurs ! » C’est assez bien vu. J’engage vos lecteurs à rejoindre ce groupe de francs-tireurs.

La France est-elle tombée si bas qu’on n’ose plus y diffuser un ouvrage qui sera disponible sans problème dans plusieurs pays étrangers, et qui est en voie d’être traduit dans trois langues ?

Thierry Meyssan : Vous livrez une synthèse très complète des liens unissant Nicolas Sarkozy à Israël, y compris les données biographiques et psychologiques. Cela ne vous empêche pas d’aborder ses liens avec les États-Unis. Vous avez alors choisi d’éluder ses liens familiaux avec la CIA et vous avez cité le faux courriel de la DGSE diffusé au sein des services de police l’accusant mensongèrement d’être agent du Mossad. Votre sujet d’étude ne déforme-t-il pas la réalité en se focalisant sur la subordination de Nicolas Sarkozy à l’agenda israélien et en laissant dans l’ombre les liens peut-être beaucoup plus forts encore qui le lient aux États-Unis ?

Paul-Éric Blanrue : Mon chapitre 3 s’intitule (je parle de Nicolas Sarkozy) « L’homme des réseaux américains »… Je pense donc avoir noté toute l’importance que revêtent pour lui les États-Unis. Ceci dit, vous avez raison, j’y traite essentiellement de son adoubement par le lobby pro-israélien américain, comme le American Jewish Commitee (AJC). Mais c’est le sujet de mon livre qui le veut. Un autre ouvrage serait à consacrer aux liens noués entre le président français et les États-Unis. Mais pour ma part, je voulais montrer en quoi la politique étrangère française avait changé vis-à-vis d’Israël.

Sur ce point, les États-Unis, comme la France de Sarkozy, se rangent de manière quasi inconditionnelle du côté israélien, malgré des réserves de circonstance destinées à ne pas chagriner l’opinion, soucieuse du sort des Palestiniens. Or Nicolas Sarkozy est passé par les États-Unis pour aller vers Israël, et non l’inverse. On voit bien qu’aujourd’hui, alors qu’il a perdu une partie de sa crédibilité auprès d’Obama, il est toujours autant pro-israélien que durant sa campagne électorale.

Lorsque, le 24 janvier 2009, la France a envoyé la frégate Germinal lutter contre les livraisons d’armes à la résistance palestinienne, à ma connaissance, les États-Unis n’ont pas joué de rôle direct : cette opération a été réalisée entre Israël, l’Égypte et la France.

Par ailleurs, Sarkozy n’a pas besoin des États-Unis pour se déclarer « partisan inconditionnel de la sécurité d’Israël », même s’il est évident que ce rapprochement participe d’une « atlantisation » plus générale (envoi de troupes en Afghanistan, retour dans l’OTAN, etc.). Pour résumer, mon livre n’est en effet qu’un chapitre d’une plus grande histoire à écrire, mais je crois qu’il se situe en plein cœur du problème : nous sommes face à un renversement total des principes sur lesquels notre République est assise. C’est pourquoi il m’a semblé urgent de l’écrire. Avant qu’il ne soit trop tard pour faire machine arrière.

Thierry Meyssan : Votre livre nous remémore quantité d’événements oubliés —une information en chassant une autre dans les journaux—. Malgré l’abondance de votre documentation, votre narration est toujours agréable à lire. Mais, cette qualité littéraire n’empêche-t-elle pas de hiérarchiser les choses. Par exemple, vous évoquez en passant un lien amical avec la banque Rothschild, mais rien sur l’activité d’avocat d’affaire de Nicolas Sarkozy, ni sur François Pérol, un associé-gérant de Rothschild devenu secrétaire général adjoint de l’Élysée puis président de Natixis dans des conditions douteuses. Comment avez-vous sélectionné les événements que vous relatez ?

Paul-Éric Blanrue : Merci, tout d’abord, du compliment. Mais hélas, on ne peut pas tout dire, surtout dans un ouvrage que je destine au grand public et que j’ai par conséquent voulu « lisible » alors que la question est complexe. Notez tout de même que pour 200 pages de texte, j’ai disposé un appareil critique de quelque 500 notes infrapaginales, ce qui n’est pas courant dans l’édition française actuelle.

Vous avez raison, bien sûr, de dire que les informations sont oubliées par l’opinion, et que l’accumulation de celles-ci dans les journaux, loin d’alimenter les cerveaux de nos contemporains, contribue à tasser les données dans les couches sédimentaires inférieures. Mieux encore : l’abondance d’informations (avec la prime données aux faits divers) fait oublier le sens général de l’histoire qui se déroule devant nous. J’ai donc voulu procéder à un « rafraichissement de la mémoire » de l’opinion publique, tout en organisant mon plan de manière à donner un sens à l’actualité la plus brûlante. Mon point de départ est Sarkozy, l’homme par qui la fracture arrive. Je tente ensuite d’expliquer pourquoi il en est arrivé là et pourquoi la France est dans une impasse dont il faudra bien un jour qu’elle s’extraie.

Thierry Meyssan :
Dans votre dernier chapitre, vous élargissez votre sujet aux milieux culturels. Mais une trentaine de pages, c’est à la fois beaucoup pour éveiller la curiosité et trop peu pour donner une vue d’ensemble du phénomène. Pour faire vite, vous êtes obligé de traiter rapidement certaines personnalités, comme Tariq Ramadan, parce que cela nécessiterait des développements contextuels. Comme vous laissez vous lecteurs sur leur faim, avez vous l’intention d’approfondir cette question dans un autre volume ?

Paul-Éric Blanrue : J’évoque le cas de Tariq Ramadan, lors de sa confrontation télévisée avec Nicolas Sarkozy, afin de montrer comment ce dernier a intégré dans son discours la rhétorique sioniste actuelle, ce dogme bourré de dynamite qui veut que « juif = pro-israélien ». Pour le reste, je me consacre à l’essentiel : la description des réseaux sionistes français et la façon dont l’actuelle présidence répond à leurs attentes, voire les devance. Je passe en revue des cas connus et moins connus : quel est le parcours du patron de la LICRA ? Qui sont les principaux « poissons-pilotes » d’Israël en France ? Quelles associations intentent systématiquement des procès aux chercheurs indépendants qui critiquent Israël ? En quoi la loi Gayssot est-elle la clé de voûte de la dictature de la pensée unique actuelle ? Pour répondre précisément à votre question : oui, je prépare actuellement, non pas un, mais deux autres livres, qui approfondiront de manière notable ce que j’ai dit dans celui-ci. Je pense qu’ils surprendront vos lecteurs. Ce n’est qu’un début !

Thierry Meyssan : Terminons par une question plus personnelle. Au cours de cet entretien, vous avez répondu à mes questions en évoquant avec fierté votre travail antérieur. Vos premiers livres traitaient de l’histoire de la famille de France et étaient publiés par des éditeurs traditionalistes. Puis, vous vous êtes passionné pour l’étude des superstitions et vous avez créé le Cercle zététique. Enfin, vous vous êtes tourné vers des sujets d’actualité, Carla Bruni et Jérôme Kerviel. Quelle était votre démarche personnelle au long de ce parcours ? Qu’est ce qui vous motive aujourd’hui ?

Paul-Éric Blanrue : Ce qui m’intéresse, en premier lieu, c’est de pouvoir publier le résultat de mes recherches. Pour moi, tout éditeur, du moment qu’il est légal, qu’il fait correctement son travail de promotion et qu’il rémunère convenablement ses auteurs, est respectable. Comme je suis un homme nuancé et ouvert, ses idées politiques ou philosophiques ne m’intéressent pas, du moment qu’il me permet de publier ce que j’entends, sans me censurer. Vous connaissez l’adage : « publish or perish »… Un auteur n’existe qu’à travers son travail publié, lu, assimilé et commenté par d’autres.

L’éditeur « tradi » auquel vous faites allusion m’a ainsi permis, il y a bien longtemps, d’éditer mes découvertes étonnantes sur le comte de Chambord (fruit d’un mémoire universitaire en histoire), ce que d’autres maisons plus classiques avaient refusé de faire pour des motifs idéologiques. Il a en revanche été incapable, à son tour pour des raisons idéologiques, de publier mes conclusions sur l’histoire du suaire de Turin, qui m’a donc été édité, d’abord, par une maison communiste en coédition avec des cathos de gauche, puis, dans une autre version, par une maison du groupe Flammarion, Pygmalion.

Mon livre d’anthologie sur les propos contre les juifs a été publié, lui, par un éditeur connu pour ses collections érotiques…

Mon opus sur Kerviel est paru dans une maison spécialisée dans le rock, ce qui ne m’a pas empêché d’annoncer le crise financière de septembre 2008 six mois avant les « experts » du Monde ! Bref, toute ma vie éditoriale est ainsi faite ! Je trouve tout cela amusant. On a tendance à me ranger dans la catégorie des « inclassables », à quoi je dis préférer le terme « d’irrécupérable », qui ne permet, précisément, aucune sorte de « rangement ». Bref, mes maisons d’édition varient en fonction de leur capacité à publier mes livres, c’est-à-dire en fonction de leurs propres normes idéologiques, et non des miennes. Maintenant, vous voyez, je suis contraint d’aller faire éditer en Belgique un livre qui traite de la politique française… Je suis le « Juif errant » de l’édition ! Ce n’est pas par hasard si je passe une partie de ma vie à Venise, la ville du premier ghetto, qui est aussi la cité des labyrinthes, des masques, des reflets et des miroirs cachés.

Quant à mes sujets de prédilection, malgré une évolution de surface, ils ont tous un point commun : la traque des mystifications, des mensonges, des erreurs de tous ordres, abondamment diffusées dans le grand public. La véritable histoire est toujours à chercher sous le vernis de la propagande, je ne vous apprends rien. Je ne cesse donc de m’intéresser aux impostures, quelles qu’elles soient, historiques, scientifiques, politiques, idéologiques, religieuses.

Pourquoi ? Parce nous vivons dedans ! Nous naissons et mourons entourés de vessies que nous ne cessons de prendre pour des lanternes.

Certaines impostures sont innocentes, d’autres moins, parce qu’elles orientent nos vies et celles de nos contemporains. Avec le temps, je me suis concentré sur les affaires qui me paraissent les plus graves.

Tout au long de mon existence, j’ai tenté de situer ma démarche dans les pas des Lumières : Voltaire, Diderot, d’Holbach (et le grand Casanova ! ) ont été capables d’écrire sur tous les sujets, petits ou grands, religieux ou mondains, avec le même esprit critique. Voilà ce ce que je tente, contre vents et marées, de faire à ma façon. Il est difficile de vous cacher que j’espère que les conséquences de mes livres seront comparables à celles qu’ont suscité les oeuvres des grands esprits dont je me réclame. Chaque auteur est un peu « mégalo », n’est-ce pas ? Mais s’il ne croit pas à son pouvoir de transformer les mentalités, qui le croira ?

C’est en tout cas la raison pour laquelle le dernier chapitre de « Sarkozy, Israël et les juifs » s’intitule : « Pour une nouvelle nuit du 4 août », en référence à l’abolition des priviléges de la noblesse par la noblesse, en 1789. Comme Max Gallo, Dominique de Villepin ou François Bayrou, je pense que nous sommes dans une situation pré-révolutionnaire. La France va bientôt trembler. Mon livre est préventif : ceux qu’il critique sont aussi ceux qui devraient s’en inspirer. À moins qu’ils ne soient prêts à affronter un nouveau 1793 ? Mais autant l’éviter, n’est-ce pas ?

Thierry Meyssan
Analyste politique, fondateur du Réseau Voltaire. Dernier ouvrage paru : L’Effroyable imposture 2 (le remodelage du Proche-Orient et la guerre israélienne contre le Liban).

http://www.voltairenet.org/article160311.html

[1] Sarkozy, Israël et les juifs, éditions Marco Pietteur, collection « Oser dire » (mai 2009), 205 pp.

[2] Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, par John Mearsheimer et Stephen Walt, La Découverte, 2007, 500 pp.

[3] CRIF : Conseil représentatif des institutions juives de France.

[4] Voir Est-il permis de critiquer Israël ?, par Pascal Boniface, éd. Robert Laffont (2003), 239 pp.

[5] Élizabeth Teissier est une célèbre astrologue française qui fut proche de François Mitterrand.

[6] Le Monde contre soi – Anthologie des propos contre les juifs, le sionisme et le judaïsme, par Paul-Éric Blanrue, préface de Yann Moix, Éditons Blanche, 2007, 318 pp.

[7] L’Effroyable imposture 2, par Thierry Meyssan, éd Alphée-Jean-Paul Bertrand (2007), 400 pp.

[8] Carla et Nicolas, Chronique d’une liaison dangereuse, par Paul-Éric Blanrue et Chris Lafaille, Éditions Scali, 2008, 155 pp.


[Planète Non-Violence - 24/05/2009]

Der Spiegel vient de lancer une violente campagne de diffamation contre le Hezbollah à deux semaines des élections législatives au Liban ou la coalition du 8 Mars incluant le Hezbollah est pratiquement assurée d’emporter une majorité de sièges, et alors même que les services de sécurité libanais ont lancé une vaste opération pour démanteler plusieurs réseaux d’espionnage du Mossad, 16 personnes ayant pour l’instant été arrêtés, et certains inculpés. Ce coup de filet, le plus important dans l’histoire de l’espionnage du Mossad au Moyen Orient, continue. Der Spiegel accuse publiquement le Hezbollah d’être responsable de l’attentat contre Rafik Hariri survenu en 2005.

Ainsi dans un article d’Erich Follath publié le 23 Mai 2009 sur le site Der Spiegel anglais, intitulé "New Evidence Points to Hezbollah in Hariri Murder" le quotidien allemand affirme en introduction que :

"Le tribunal spécial des Nations Unies qui enquête sur l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais, Rafik al-Hariri a tiré de nouvelles conclusions surprenantes – - – et les garde secrètes. Selon une information obtenue par Der Spiegel, des enquêteurs croient maintenant que le Hezbollah était derrière l’assassinat d’Hariri."

(NdL&I : selon Thierry Meyssan, qui vit désormais à Beyrouth, cette affirmation se base sur un seul élément : les enquêteurs ont analysé les milliers de communication téléphoniques qui ont eu lieu le jour de l’attentat. Ils ont reperé quatre numéros d’appareils jetables activés ce jour là et utilisés dans la zone de l’attentat. Ces numéros n’ont ensuite plus servi. Quelqu’un a utilisé ces numéros pour appeler 4 généraux libanais pro-syriens – ce qui avait à l’époque permis d’accuser la Syrie et d’incarcérer à tort ces généraux. Les téléphones ont aussi appelé la copine de Abd-al-Majid Ghamlush, un collaborateur de Hajj Salim, membre des services de sécurité du Hezbollah. Comme résume Thieery Meyssan : "Le problème est que, si cette méthode d’investigation a été jugée  erronée dans le cas des quatre généraux, on ne voit pas pourquoi elle   serait soudain devenue correcte pour mettre en cause le Hezbollah. Peu  importe : puisque la piste syrienne est morte, voici venir la piste  iranienne. Erich Follath précise en effet que si le Hezbollah n’avait  pas de mobile clair pour tuer le président Hariri, ses soutiens en  Iran pouvaient en avoir. Bref, veuillez cocher la case suivante dans  la liste « Axe du Mal »." )

Donc, selon Der Spiegel, ces enquêteurs n’ont pas de preuves irréfutables, mais "ils croient" que le Hezbollah est responsable, et le journal appuie son "Scoop" sur des sources proches du tribunal, dit avoir vérifié l’information en examinant des documents internes, et affirme que l’affaire Hariri est sur le point de prendre une tournure sensationnelle. Des enquêtes effectuées au Liban aboutiraient à une nouvelle conclusion : que ce n’était pas les Syriens mais des forces spéciales de l’organisation shi’ite libanaise du Hezbollah qui ont planifié et exécuté l’attentat.. Le procureur général Bellemare et ses juges ne voudraient apparemment pas que cette information circule, bien qu’ils soient au courant depuis un mois.

Une porte parole du procureur général, le canadien Daniel Bellemare, a été citée par une dépêche AFP disant : "nous ne savons pas d’où ils sortent cette histoire. Le bureau du procureur ne fait aucun commentaire sur une quelconque question portant sur des aspects opérationnels de l’enquête".

http://www.planetenonviolence.org/Der-Spiegel-Lance-Une-Violence-Campagne-De-Diffamation-Contre-Le-Hezbollah-Pour-Le-Compte-De-Qui_a1917.html


Les néo-cons et les israéliens n’ont pas abandonné leur "projet de remodelage du Proche-Orient", c’est à dire l’affaiblissement et la mise sous tutelle de tous les pays voisins d’Israël… et pour cela il faut détruire le Hezbollah, seule force militaire faisant encore obstacle à la Balkanisation du Liban.

[Thierry Meyssan - Voltaire - 24/05/2009]

Quatre ans après l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, l’enquête internationale n’a toujours pas abouti et donne lieu à de nouvelles manipulations politiques. Loin de la rigueur qui sied à une procédure judiciaire, un article du Spiegel ouvre un nouvel épisode du feuilleton : puisqu’il a fallu renoncer à accuser la Syrie, faute de preuves, les enquêteurs proches des États-Unis et d’Israël désignent maintenant l’Iran. Ce rebondissement intervient comme un contre-feu, après qu’un journaliste états-unien s’exprimant sur Russia Today, ait accusé Dick Cheney d’avoir commandité le crime.

Selon l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, les investigations du Tribunal spécial pour la Liban se dirigent désormais vers une mise en cause du Hezbollah dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. La nouvelle a immédiatement été reprise par les agences de presse occidentales tandis que le ministre des Affaires étrangères israélien, Avigdor Lieberman, a demandé le lancement d’un mandat d’arrêt international ou l’interpellation par la force du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah.

Cette agitation intervient alors que, sur la chaîne de télévision publique Russia Today, le journaliste états-unien Wayne Madsen avait affirmé, deux semaines plutôt, que l’assassinat de Rafic Hariri avait été commandité par le vice-président des États-Unis de l’époque, Dick Cheney ; une nouvelle qui avait été ignorée par les agences de presse occidentales et le gouvernement israélien, mais qui avait semé le trouble au Proche-Orient dans son ensemble et au Liban en particulier [1].

Ces deux accusations ne sont pas seulement contradictoires entre elles, elles contredisent aussi les données de l’enquête officielle selon lesquelles treize terroristes islamistes sunnites, actuellement incarcérés au Liban, ont avoué leur participation à l’attentat.

Survenant en pleine campagne électorale, ces imputations n’auront pas le temps d’être sereinement débattues avant le scrutin du 7 juin.

Le positionnement du Spiegel

L’article qui a mis le feu aux poudres en Occident sera publié dans la prochaine livraison du Spiegel. Cependant, il est déjà disponible sur le site internet du magazine, mais en version anglaise [2]. Ce choix éditorial montre que, bien que publié à Hambourg, l’article est moins destiné aux lecteurs allemands qu’à l’opinion publique internationale, voire aux Libanais…

http://www.voltairenet.org/article160282.html


Il a du courage, Paul-Eric Blanrue : trois sujets tabou, rien que dans le titre !

[RADIO VRAIMENT LIBRE - 23/05/2009]

Peut-on critiquer Israël en France sans être qualifié d’antisémite ? D’après l’historien Paul-Eric Blanrue, collaborateur au magazine "Historia", une dictature de la pensée unique a été instaurée sur ce sujet.

Voici un extrait de l’entretien exclusif qu’il a consacré à l’affaire suscitée par son dernier livre : "Sarkozy, Israël et les juifs" (Ed. Oser Dire, mai 2009, à commander directement sur le site : oserdire.com).

Un ouvrage qui a dû être édité en Belgique et que le diffuseur a refusé de distribuer en France ! La suite de l’entretien (1h30) se trouve sur le site : radiovraimentlibre.com.



Rien que du classique, ce n’est pas la première fois que, dans la communauté juive, on utilise la grosse ficelle de "l’agression antisémite" pour ses propres besoins.

Rappelez vous l’agression antisémite imaginaire du RER-D, l’attentat antisémite imaginaire auto-infligé par le rabbin Fari, le faux incendie antisémite de la synagogue de Toulouse, les cocktails molotov lancés par des jeunes du Bétar contre la synagogue de Saint-Denis pour faire croire à un attentat anti-sémite…

Il faut vraiment que les sionistes soient désespérés pour en venir à des manips aussi grossières… ceci dit : dans la presse française, ça marche.

Alexandre Moïse (secrétaire de la fédération sioniste de France) avait déposé plainte pour avoir reçu, disait-il, des messages antisémites. Or, selon ses aveux mêmes devant le Tribunal, il s’est lui-même envoyé ces messages. La 17ème Chambre vient de le condamner à deux mois de prison avec sursis et à une amende de 750 euros.

Alex Moïse avait été l’un des membres les plus actifs de la campagne anti-dieudonné en invitant publiquement à menacer les personnes qui maintenaient Dieudonné à l’affiche dans leur salles. Il se vantait d’être à l’origine de l’annulation des spectacles de Dieudonné à l’Olympia, Roanne ou Deauville…

http://www.dailymotion.com/video/x99k2q_alex-moise-senvois-lui-meme-des-mes_news


Dieudonné peut dire merci à Barack Obama et Rahm Emanuel de lui fournir ainsi, sur un plateau, des arguments en faveur de sa campagne….

[Paul Craig Roberts - CounterPunch - 7 mai 2009 - traduction : JPP  pour info-palestine.net]

Paul Craig Roberts a été secrétaire adjoint au Trésor dans l’administration Reagan. Il est co-auteur du livre la Tyrannie des bonnes intentions. Il peut être contacté à l’adresse : PaulCraigRoberts@yahoo.com

Criminaliser la critique d’Israël tue tout espoir pour l’Amérique d’avoir une politique étrangère indépendante pour le Moyen-Orient, une politique qui serve les intérêts américains plutôt que les intérêts israéliens.
Finie la liberté d’expression ?

Le 16 octobre 2004, le président George W. Bush signait le projet de loi du lobby pro-israélien, Loi pour un examen de l’antisémitisme mondial. Cette législation demande au Département d’Etat US de surveiller l’antisémitisme dans le monde entier.

Pour pouvoir surveiller l’antisémitisme, il faut le définir. Quelle est sa définition ? Fondamentalement, tel qu’il a été défini par le lobby pro-israélien et Abe Foxman, il se réduit à la moindre critique d’Israël ou des juifs.

Rahm Israel Emanuel ne perd pas son temps à la Maison-Blanche. Aussitôt qu’il aura obtenu en 2009 le vote de la loi relative à la prévention des crimes de haine, tout Américain qui dira la vérité sur la façon dont Israël traite les Palestiniens et leur vole leur territoire se verra accusé d’un crime.

Ce sera un crime pour les chrétiens de citer le prétexte des juifs dans le Nouveau Testament pour demander la crucifixion de Jésus.

Ce sera un crime d’évoquer l’extraordinaire influence du lobby pro-israélien sur la Maison-Blanche et le Congrès, notamment que les résolutions de l’AIPAC faisant l’éloge d’Israël pour ses crimes de guerre contre les Palestiniens à Gaza ont été adoptées par 100% du Sénat US et 99% de la Chambre des représentants, pendant que le reste du monde condamnait Israël pour sa barbarie.

Ce sera un crime d’émettre un doute sur l’Holocauste.

Ce sera un crime de constater une représentativité disproportionnée de juifs dans les médias, la finance et la politique étrangère.

Autrement dit, cela signifie la fin de la liberté d’expression, de la liberté d’investigation, et du Premier Amendement de la Constitution. Tout fait ou toute vérité dénigrant Israël seront tout simplement celés.

Etant donné la prétention démesurée du gouvernement US qui conduit Washington à faire appliquer le droit américain à tous les pays et à toutes les organisations, qu’arrivera-t-il à la Croix-Rouge internationale, à la Commission des Droits de l’homme des Nations unies et aux différentes organisations des droits de l’homme qui ont demandé des enquêtes sur l’agression militaire israélienne contre la population civile de la bande de Gaza ? Seront-elles mises en accusation pour crime de haine en raison d’une critique « excessive » d’Israël ?

La question est grave.

Un récent rapport des Nations unies, qui reste encore à être publié dans son intégralité, impute à Israël la responsabilité des morts et des blessés dans les locaux des Nations unies à Gaza. Le gouvernement israélien a réagi en accusant le rapport des Nations unies d’être «  tendancieux, manifestement de parti pris », ce qui fait rentrer le rapport des Nations unies dans la liste du Département d’Etat des critiques excessives et des sentiments forts anti-israéliens.

Israël s’en tire à bon compte en utilisant de façon éhontée le gouvernement américain pour réduire au silence les critiques alors que sa propre presse et ses propres soldats rendent publiques les atrocités dans la bande de Gaza et les meurtres prémédités de femmes et d’enfants par des envahisseurs israéliens exhortés par les rabbins. Ces actes sont manifestement des crimes de guerre.

C’est la presse israélienne qui a publié les photos de T-Shirts de soldats israéliens sur lesquels on indique que le meurtre délibéré de femmes et d’enfants rentre désormais dans la culture de l’armée israélienne. Ces T-shirts sont l’expression horrible de la barbarie. Par exemple, un T-shirt montre une femme palestinienne enceinte dans la ligne de mire d’un fusil pointé sur son ventre avec la légende « Une balle, deux tués ». Ces T-shirts indiquent que la politique d’Israël envers les Palestiniens est une politique d’extermination.

Il est vrai que depuis des années la critique la plus virulente de la maltraitance d’Israël à l’égard des Palestiniens émane de la presse israélienne et du mouvement de la paix israélien. Par exemple, le quotidien israélien Ha’aretz et Jeff Halper de l’ICAHD (Comité israélien contre la démolition des maisons – Jérusalem) ont fait preuve d’une conscience morale qui apparemment n’existe pas dans les démocraties occidentales où les crimes d’Israël sont étouffés si ce n’est loués.

Le projet de loi américain sur les crimes de haine va-t-il s’appliquer pour Ha’aretz et Jeff Halper ? Et les commentateurs qui ne s’expriment pas pour eux-mêmes mais qui rapportent simplement ce qu’Ha’aretz et Halper ont dit vont-ils être arrêtés pour « propagation de la haine d’Israël, acte d’antisémitisme ? ».

De nombreux Américains ont été endoctrinés par la propagande présentant les Palestiniens comme des terrorismes menaçant l’innocent Israël. Ces Américains vont considérer la censure simplement comme un élément indispensable de la guerre contre le terrorisme. Ils accepteront la diabolisation de leurs concitoyens qui signalent des faits indigestes sur Israël et que de telles personnes soient punies pour avoir aidé et encouragé les terroristes.

Une très forte poussée s’opère actuellement pour criminaliser la critique d’Israël.

Des professeurs d’université américains ont été les victimes des tentatives bien menées pour faire taire toute critique d’Israël. Norman Finkelstein s’est vu refuser une titularisation dans une université catholique à cause de la puissance du lobby pro-israélien. Maintenant, ce même lobby s’en prend au professeur Wiliam Robinson de l’université de Californie (Santa Barbara). Quel est le crime de Robinson ? son cours sur les Affaires mondiales incluait certaines phases de lecture critique sur l’invasion israélienne de la bande de Gaza.

Le lobby pro-israélien a réussi apparemment à convaincre le Département de la Justice (sic) d’Obama que l’accusation d’espionnage portée contre deux responsables juifs de l’AIPAC, Steven Rosen et Keith Weissman, était un acte antisémite. Le lobby pro-israélien a réussi à faire reporter leur procès pendant 4 ans et aujourd’hui, le ministre de la Justice, Eric Holder, abandonne l’accusation. Et pourtant, Larry Franklin, le fonctionnaire du Département de la Défense accusé d’avoir remis du matériel secret à Rosen et Weissman, purge une peine de 12 ans et 7 mois de prison.

Une telle absurdité est extraordinaire. Les deux agents israéliens sont déclarés non coupables d’avoir reçu des documents secrets, mais le fonctionnaire américain est coupable de le leur avoir remis ! S’il n’y a pas d’espion dans l’histoire, comment se fait-il que Franklin ait été reconnu coupable de remise de documents secrets à un espion ?

Criminaliser la critique d’Israël tue tout espoir pour l’Amérique d’avoir une politique étrangère indépendante pour le Moyen-Orient, une politique qui serve les intérêts américains plutôt que les intérêts israéliens. Cette criminalisation élimine toute perspective pour les Américains de sortie de leur endoctrinement par la propagande israélienne.

Pour garder l’esprit américain sous sa coupe, le lobby travaille à celer pour antisémitisme toute vérité ou tout fait désagréable se rapportant à Israël. Il est permis de critiquer n’importe quel autre pays au monde, mais c’est être antisémite que de critiquer Israël, et l’antisémitisme sera bientôt un crime de haine universel dans le monde occidental.

La plus grande partie de l’Europe a déjà criminalisé la mise en doute de l’Holocauste. C’est un crime même si on confirme qu’il s’est bien produit mais qu’il y eut moins de 6 millions de juifs à être exterminés.

Pourquoi l’Holocauste est-il un sujet hors du champ de tout examen ? Comment une situation étayée par des faits terribles pourrait-elle être mise en péril par des dingues et des antisémites ? Certainement que cette situation n’a aucun besoin d’être protégée par un contrôle de la pensée.

Emprisonner les gens pour des doutes est l’antithèse de la modernité.

http://www.alterinfo.net/USA-Criminalisation-de-la-critique-d-Israel_a32305.html


Comme vous pouvez le constater, Hervé Morin, ministre de la Défense, ne s’est même pas donné la peine de lire le texte de Chauprade avant de le virer. Sous le règne de Sarkozy le néo-con, il suffit d’un coup de menton de la part d’un des copains US ou du Lobby AIPAC pour que la France s’exécute… et exécute ! On comprend mieux pourquoi Meyssan a préféré se mettre à l’abri, hors de la zone-OTAN…

[Alter info - 28/01/2009]

Du côté de nos élites, un nouvel allié est venu rejoindre la part majoritaire, interloquée et indignée de l’humanité : le professeur de géopolitique au Collège Interarmées de Défense – sis à l’Ecole Militaire – Aymeric Chauprade, souverainiste opposé à tous les impérialismes, et auteur de Chronique du choc des civilisations (imprimé en décembre 2008 et sorti il y a trois jours) un ouvrage abondamment illustré avec 10 pages qui traitent de « la version officielle contestée » du 11 septembre 2001 (pp.14-24).

Il était déjà l’invité d’ Eric Laurent et de Thierry Garcin en 2007 pour un précédent maître ouvrage :
http://forum.reopen911.info/viewtopic.php?id=4277

Je recopie donc quelques passages de ce résumé aux termes soigneusement pesés (l’auteur est en effet chargé d’instruire notre élite militaire, et l’éditeur est réputé pour son sérieux). Parmi les références citées, quelques titres de journaux et de documentaires et quelques noms d’enquêteurs dans le corps du texte, et, à la fin, une courte liste de sites comprenant Complete911timeline (« donne une chronologie critique du 11 septembre et propose des milliers d’articles et de reportages « enterrés» par les grands médias » ), 911Truth.org, Scholarsfor9/11Truth (« rassemble plus de 200 experts et scientifiques »), Reopen911.info (« présente de nombreux articles et répertorie des vidéos, essentiellement américaines » ), et les récents ouvrages de Meyssan (L’effroyable imposture + Le Pentagate, 2007), Griffin (Le nouveau Pearl Harbor, 2006) et Tarpley (La Terreur fabriquée, 2006).

Encarts sur Ben Laden :

« (…) En 1996, Ben Laden déclare ouvertement la guerre aux Etats-Unis. Le Soudan, qui essaie de redorer son blason auprès de l’Occident, après avoir livré le terroriste Carlos aux Français, propose aux Américains de leur livrer Ben Laden. Etrangement, et probablement sous l’influence de la CIA, dont les connexions avec l’islamisme radical restent ambiguës et qui n’entend sans doute pas voir la justice américaine s’y intéresser de trop près, Washington décline deux fois de suite l’offre soudanaise ».

« La puissance financière de Ben Laden, des liens secrets probablement conservés avec quelques membres de sa nombreuse et riche famille et les liens importants de cette dernière avec le complexe pétrolier texan (dont la famille Bush ), ont contribué à alimenter la thèse d’une conjuration islamo-américaine, voire islamo-américano-sioniste après le 11 septembre 2001, thèse fondée sur l’idée de la convergence d’intérêts entre des djihadistes soucieux d’accélérer le réveil du monde islamique, des Américains intéressés par le pétrole irakien, et des Israéliens décidés à bouleverser les frontières du Moyen-Orient »

Sur le 11-9, plus précisément.

« Pourquoi les attaques du 11 septembre 2001 ont-elles constitué une accélération foudroyante du choc des civilisations ? Parce que le monde s’est divisé entre ceux qui pensent qu’un formidable attentat islamiste a déclenché une guerre contre l’Occident libéral et démocratiqe, et ceux qui pensent qu’un machiavélique complot américano-israélien a été le point de départ d’une guerre américaine contre le reste du monde. Une hypothèse qui ne manque pas d’arguments, à défaut de forcément convaincre »

« D’abord, les associations des familles de victime qualifient le texte officiel [rapport final de la commission nationale] de « rapport final de l’omission » ».

« Les théories qui remettent en cause la version officielle s’articulent autour de trois sujets distincts : les attentats contre le World Trade Center, l’attentat contre le Pentagone, l’ambiguïté du renseignement israélien ». (en savoir plus…)


[Vincent Remy - Télérama n° 3081 28/01/2009]
Shlomo Sand, historien renommé, est l’un des rares intellectuels israéliens – y compris à gauche – à condamner le pilonnage de Gaza. Il rêve d’une république israélienne ouverte sur le monde arabe.

Il est une des figures intellectuelles les plus brillantes d’Israël. Historien, ancien étudiant de l’Ecole des hautes études en sciences sociales à Paris, professeur à l’université de Tel-Aviv, Shlomo Sand, 62 ans, a lâché l’an dernier une bombe culturelle, avec un livre au titre provocateur : Comment le peuple juif fut inventé. Plongée à travers l’histoire juive, remise en cause des mythes fondateurs d’Israël, ce livre a suscité des débats passionnés dans le pays… et un relatif silence médiatique en France.

Avec le romancier David Grossman et l’historien Tom Segev, Shlomo Sand est un des rares intellectuels israéliens à crier aujourd’hui sa révolte contre les bombardements de Gaza. Au-delà, il nous livre sa vision d’une « République israélienne », enfin ouverte sur le monde arabe, et qui serait l’Etat de tous ses citoyens…

Quel bilan tirez-vous de l’offensive israélienne sur Gaza ?
Le timing électoral était parfait ! Avant les élections israéliennes et en prenant soin de retirer les chars à la veille de l’investiture d’Obama, Ehud Barak a planifié ce Blitz, un déluge de bombes qui ne mettait pas en danger la vie des soldats israéliens. Nous avons semé la désolation, tué 1 300 Palestiniens, en avons blessé plus de 5 000, les deux tiers sont des femmes et des enfants, presque tous victimes de notre aviation. Le Hamas est-il éliminé ? Avons-nous renforcé le camp de la paix chez les Palestiniens ?

Mais l’opinion israélienne a soutenu cette guerre. Vous êtes une voix dissonante…
Je suis arrivé au sommet de ma carrière universitaire, je n’ai rien à perdre et je n’ai pas peur. Certes, je me sens très seul. Mais n’oubliez pas que près de dix mille jeunes ont manifesté le 3 janvier à Tel-Aviv. Même en 2006, au début de la guerre contre le Hezbollah, il n’y avait pas eu une mobilisation d’une telle ampleur. C’était une manifestation très politisée, l’extrême gauche ainsi que les Arabes israéliens qui habitent Tel-Aviv ou Jaffa.

“Nous avions le devoir de privilégier
la diplomatie, de ne pas commettre
ce massacre de civils.”

La gauche, et même des écrivains comme Amos Oz ou Avraham B. Yehoshua, ont approuvé ces bombardements…
C’est une habitude chez nous. Au début de chaque guerre, depuis 1973, Israël reçoit le plein soutien des intellectuels de la gauche sioniste. Il faut attendre quelques semaines pour qu’ils changent d’avis. Une personne nous manque terriblement aujourd’hui, le professeur Yeshayahou Leibowitz, grand philosophe mort en 1994 qui s’est toujours battu contre les guerres non défensives d’Israël, et qui laisse un grand vide moral.

Parce que cette guerre était pour vous non défensive ? Des roquettes tombaient sur les villes israéliennes…
Bien sûr, il n’est pas normal que des roquettes tombent sur Israël. Mais est-il plus normal qu’Israël n’ait toujours pas décidé quelles étaient ses frontières ? Cet Etat qui ne supporte pas les roquettes est aussi un Etat qui ne veut pas renoncer aux territoires conquis en 1967. Il a refusé l’offre de la Ligue arabe en 2002 d’une pleine reconnaissance d’Israël dans les frontières d’avant 1967.

Mais le Hamas, lui, ne reconnaît pas Israël.
Le Hamas, ce mouvement bête, pas diplomate, avait proposé une « oudna », une trêve de longue durée à Gaza et en Cisjordanie. Israël a refusé parce qu’il veut continuer de tuer les militants du Hamas en Cisjordanie, soit une quinzaine en octobre-novembre après des mois de calme. Israël a donc eu sa part de responsabilité dans la reprise des tirs de roquettes. Au lieu de renforcer le courant modéré du Hamas, Israël pousse les Palestiniens au désespoir. Nous avons ghettoïsé une population entière et refusons de lui accorder sa souveraineté depuis quarante-deux ans. Comme je suis indulgent envers Israël, je dirai seulement depuis vingt ans, 1988, date à laquelle Arafat et l’Autorité palestinienne ont reconnu l’Etat d’Israël, sans rien avoir gagné en échange.

Qu’on comprenne bien : je n’accepte pas les positions du Hamas et surtout pas son idéologie religieuse, parce que je suis un homme laïc, démocrate, et assez modéré. Comme Israélien et comme être humain, je n’aime pas les roquettes. Mais comme Israélien et historien, je n’oublie pas que ceux qui les lancent sont les enfants et petits-enfants de ceux qui ont été chassés de Jaffa et d’Ashkelon en 1948. Ce peuple de réfugiés, moi, Shlomo Sand, je vis sur la terre qui était la sienne. Je ne dis pas que je peux leur rendre cette terre. Mais que chaque offre de paix doit partir de ce constat. Quiconque oublie cela n’arrivera jamais à offrir aux Palestiniens une paix juste. (en savoir plus…)


LE HAMAS : LA LOI, L’ORDRE ET UNE RELATIVE LIBERTE RELIGIEUSE

[Les doigts dans la crise - Luc Delval - 21/04/2009]

Je n’ai pas l’intention de chanter les louanges du Hamas, mais pour le moins il conviendrait de s’interroger sérieusement sur la diabolisation dont il fait unanimement l’objet – à égalité avec le président iranien – en Europe.

A cet égard, je vous invite une fois de plus avec insistance à lire la "Revue Internationale des Livres et des Idées" (RILI – en vente dans toutes les bonnes librairies), dans le dernier numéro de laquelle Henry Siegman, directeur du "U.S. Middle East Project" (New-York) et professeur à la "School of Oriental and African Studies" (Londres) met salutairement les points sur quelques "i" :

[...] On ne peut pas dire qu’Israël a lancé son attaque pour protéger ses citoyens contre les roquettes. Il l’a fait pour protéger son droit de pouirsuivre l’étranglement de la population de Gaza.

Tout le monde semble avoir oublié que le Hamas a déclaré une fin des attentats suicides et des tirs de roquettes lorsqu’il a pris la décision de rejoindre le processus politique palestinien, et qu’il s’y est largement tenu pendant plus d’un an. Bush avait publiquement fait bon accueil à cette décision, la citant comme un exemple de succès de sa campagne en faveur de la démocratie au Proche-Orient (il n’avait aucun autre succès à mettre en avant).

Lorsque le Hamas, d’une façon inattendue a gagné les élections, Israël et les Etats-Unis ont contesté la légitimité des résultats et pris le parti de Mahmoud Abbas, le dirigeant du Fatah. Jusque là, celui-ci n’avait pas été pris au sérieux par les dirigeants israéliens qui le tenaient pour un "poulet plumé". Ils ont armé et entraîné ses forces de sécurité afin de renverser le Hamas; et lorsque le Hamas a – brutalement, certes – prévenu cette tentative violente de renverser les résultats des premières élections démocratiques honnêtes du Proche-Orient moderne, Israël et l’administration Bush ont imposé le blocus.

Israël cherche à justifier ces faits indiscutables par l’affirmation qu’en retirant les colonies israéliennes de Gaza en 2005, Ariel Sharon avait donné au Hamas l’occasion de se mettre en route vers la création d’un Etat, une occasion qu’il a refusée de saisir; au lieu de quoi il aurait transformé Gaza en aire de lancement pour des tirs de missiles visant la population civile d’Israël. (en savoir plus…)


Le tollé autour des propos de Ahmadinejad (qui aurait encore une fois pu éviter de faire de la provoc et nourrir ainsi le troll médiatique des sionistes) est une simple opération massive de manipulation de l’opinion afin de discréditer Durban 2 et désamorcer d’avance toute critique d’Israël. Le bureau de propagande de Un-Watch a encore TRES BIEN travaillé. Bravo les gars, Goebbels serait fièr de vous…

[Les Doigts dans la Crise - 23/04/2009]

"Durban II" : un cas d’école de désinformation massive

Je mijotais un billet sur l’invraisemblable campagne de désinformation à laquelle a donné lieu la conférence de l’ONU dite "Durban II", qui a eu lieu à Genève.

Précédée d’un pilonnage d’artillerie médiatique et suivie d’une invasion par voie écrite et télévisuelle de diffamation massive, cette conférence a été l’occasion une fois de plus pour les pays de l’Union Européenne de manifester leur solidarité inconditionnelle avec Israël. Peu importe que la terre entière ait pu mesurer l’ampleur des crimes de guerre commandés par le gouvernement Olmert, peu importe que depuis lui ait succédé un gouvernement où fascistes patentés et prétendus sociaux-démocrates préparent, bras-dessus bras-dessous, les atrocités de demain (et d’ajourd’hui, d’ailleurs, car ils s’entraînent quotidiennement pour ne pas perdre la main).

Je mijotais, dis-je.

Mais je viens de constater qu’Alain Gresh l’a écrit ce billet. Plus complet et plus documenté que je n’aurais sans doute pu le faire. Il faut absolument le lire ICI.

Que dire de plus, et comment le dire mieux ? Deux choses, malgré tout.

Tout d’abord que le caractère raciste avéré de l’Etat d’Israël, qui se manifeste chaque jour très concrètement et systématiquement, a été de longue date dénoncé par des Israéliens. Ainsi, par exemple, Gideon Levy intitulait un de ses éditoriaux dans Haaretz, en mars 2006 : "One racist nation". Extrait : (en savoir plus…)


Pierre Stamboul, dans :
http://alternatives-international.net/article2712.html?debut_articles_rubrique=75
et ça date du 13 novembre 2008, avant le pas de trop

Le sionisme est bien sûr une forme de colonialisme. L’acquisition des terres dès la fin du XIXe siècle, l’expulsion progressive des Palestiniens, la confiscation du pays et de ses richesses, l’enfermement de la population indigène dans des camps, la séparation (Apartheid) rigoureuse entre les nouveaux arrivants et la population autochtone, tout ceci rappelle fort des phénomènes semblables à ce qu’a connu l’Algérie avec la colonisation française ou plus généralement l’Afrique.

Mais le colonialisme sioniste a une grande spécificité. Sauf peut-être pendant une courte parenthèse entre 1970 et 1990, il ne vise pas à asservir le peuple autochtone en le transformant en peuple de travailleurs bon marché ayant pour seul avenir le statut d’auxiliaire du projet colonial.

Le sionisme vise à expulser le peuple autochtone et à le remplacer. Les sionistes ont rêvé du crime parfait, celui réussi aux Etats-Unis ou en Australie où la population autochtone n’est plus en mesure d’exiger ses droits. Sur ce plan, les sionistes ont échoué.

Le sionisme a triomphé à cause du génocide nazi (en exploitant la mauvaise conscience occidentale) et il a toujours prétendu être LA réponse à la persécution séculaire des Juifs.


Plus le mensonge est gros…" est le titre d’un article de Dominique Vidal paru dans l’édition du mois de février du Monde Diplomatique, qui analyse la politique de communication mise en place par le gouvernement israélien lors de l’agression de Gaza :

Extrait :
« Une nouvelle direction de l’information a été créée pour influencer les médias, avec un certain succès, révèle l’hebdomadaire britannique The Observer. Et, quand l’attaque a commencé (…), une marée de diplomates, de groupes de pression, de blogs et d’autres partisans d’Israël ont commencé à marteler une série de messages soigneusement élaborés . » Cheville ouvrière de cette machinerie, l’ex-ambassadeur aux Nations unies Dan Gillerman témoigne : « Je n’avais jamais vu (…) le ministère des affaires étrangères, le ministère de la défense, le bureau du premier ministre, la police et l’armée travailler avec tant de coordination, d’efficacité. »

http://oumma.com/Gaza-Plus-le-mensonge-est-gros


[Mohamed Bensalah - Oumma.com - jeudi 29 janvier 2009]
Instruments de rapprochement, selon l’étymologie du mot, les médias, sous la férule de dirigeants diaboliques, peuvent se transformer en matrice idéologique redoutable.Les perversions médiatiques de Timisoara, du Panama de Grenade et d’Irak font triste mine face aux outrances médiatiques actuelles américaines et israéliennes. Mensonges, bavures, rétention de l’information, manipulations éhontées, déformations et trucages de la réalité sont devenus choses courantes.

En faisant main basse sur tous les moyens d’information, les forces politiques, économiques et sociales, les groupes de pression, et plus particulièrement les trusts internationaux, ont une grande part de responsabilité dans ces dérives assassines. La couverture partielle et partiale de cette énième agression barbare perpétuée à Gaza (après Kafr Kassem, Deir Yassine, Sabra et Chatila, Cana, Beyrouth … ) suscite exaspération et révolte. Comment demeurer passif, face à cette médiatisation outrancière ? (en savoir plus…)


Imaginez un instant que ce soit un professeur iranien  qui aurait dit des choses pareilles… imaginez le tollé que cela aurait suscité ! Mais là.., rien.

[Nadim Ladki - IAP News - 1/2/2009 - Trad. Gilong]
Ce professeur et historien militaire israélien a laissé comprendre qu’Israël pourrait se venger l’holocauste en exterminant des millions d’Allemands et d’autres Européens.  Lors d’une interview publiée à Jérusalem vendredi, le professeur Martin Van Crevel a déclaré qu’Israël avait « la capacité d’atteindre la plupart des capitales européennes avec ses armes nucléaires ».

« Nous possédons plusieurs centaines d’ogives atomiques et de fusées et pouvons atteindre nos cibles dans toutes les azimuts, et même Rome. La plupart des capitales européennes font partie des cibles potentielles de notre Armée de l’air ».

Creveld, un Professeur d’Histoire militaire à l’Université hébraïque de Jérusalem, a précisé que la « déportation collective » par Israël était la seule stratégie efficace à appliquer aux Palestiniens.  « Les Palestiniens doivent tous être expulsés. Les gens qui luttent dans ce but (Le Gouvernement israélien) attendent simplement la venue de "la bonne personne au bon moment". Il y a seulement deux ans, 7 ou 8 % des Israéliens étaient d’avis que ce serait la meilleure solution, il y a deux mois c’était 33 %, et maintenant, selon un Sondage Gallup, le chiffre est de 44 % pour ».

Creveld a déclaré qu’il était sûr que le Premier ministre israélien Ariel Sharon avait déjà voulu expulser les Palestiniens.  « Je pense qu’il est tout à fait possible qu’il ait voulu le faire. Il voulait intensifier le conflit. Il savait que rien d’autre ne pourrait réussir ».

A la question de savoir « s’il s’inquiétait du fait qu’Israël deviendrait un état voyou s’il mettait en oeuvre une déportation génocidaire à l’encontre des Palestiniens, Creveld a cité les paroles de l’ancien Ministre israélien de la Défense Nationale, Moshe Dayan, qui avait déclaré "Israël doit être comme un chien enragé, trop dangereux pour qu’on le contrôle ». Creveld soutient qu’Israël ne se soucie pas du fait de devenir un « état voyou ».

« Nos forces armées ne sont pas au trentième rang, mais aux deuxième ou troisième rang mondial. Nous avons la capacité de détruire le Monde avec nous. Et je peux vous assurer que cela arrivera avant qu’Israël ne disparaisse ».

Biographie
Martin van Creveld, Ancien professeur de l’Université hébraïque de Jérusalem, est un des auteurs leaders mondiaux sur l’histoire militaire et la stratégie, avec une spécialité sur les guerres du futur.  Il a écrit vingt ouvrages : “Supplying War” (1978), “Command in War” (1985), “The Transformation of War” (1991), “The Changing Face of War : Lessons of Combat from the Marne to Iraq” (2006), and “The Culture of War” (2008).). Il a aussi publié largement sur d’autres sujets, y compris des histoire sur les états, les femme et le Féminisme et l’Histoire américaine. Ses ouvrages ont été traduits en dix-sept langues.

http://iraqwar.mirror-world.ru/article/188125


[Concerned Israeli Citizens 18 Janvier 2009]

En soutien à l’Appel de La Communauté Palestinienne des Droits Humains pour une Action Internationale

Comme si l’occupation, la brutale répression actuelle de la population palestinienne, la construction des colonies et le siège de Gaza n’étaient pas suffisant, maintenant arrive le bombardement de la population civile: hommes, femmes, personnes âgées et enfants. Des centaines de mort, des centaines de blessé, des hôpitaux surchargés et le dépôt principal de médicaments de Gaza bombardé. Le bateau DIGNITY du Free Gaza Movement, qui amenait de l’aide médicale d’urgence et des médecins a aussi été attaqué. Une nouvelle fois, Israël commet ouvertement des crimes de guerre, les pires depuis longtemps.

Les médias israéliens n’exposent pas leurs spectateurs aux horreurs et aux sévères critiques de ces crimes. L’histoire racontée est uniforme. Les dissidents israéliens sont dénoncés comme des traîtres. L’opinion publique, y compris celle de la gauche sioniste soutient la politique israélienne sans critique et sans réserve.

La politique criminelle et destructrice d’Israël ne cessera pas sans une intervention massive de la communauté internationale. De toute manière, à part quelques plutôt faibles condamnations officielles, la communauté internationale est peu disposée à intervenir. Les États-Unis supportent ouvertement la violence israélienne et l’Europe, bien qu’ayant exprimée quelques condamnations, ne veut pas vraiment considérer sérieusement le retrait du "cadeau" offert à Israël, le rehaussement de leurs relations.

Dans le passé, le monde savait comment combattre les politiques criminelles. Le boycott de l’Afrique du Sud a été efficace, mais Israël est traitée avec des gants: ses relations commerciales sont en plein essor, les coopérations académiques et culturelles se poursuivent et s’intensifient avec le soutien diplomatique.

Ce soutien international doit cesser. C’est la seule manière de mettre fin à l’insatiable soif de violence d’Israël. (en savoir plus…)


Les jeunes lecteurs du "Monde des Ados" auront surtout appris une chose : on ne critique pas Israël qui – quoi qu’il fasse – fait partie du camp des "bons", ceux qui sont avec nous, les civilisés… le rempart face à la horde basanée grouillante…

GAZA – MÉDIAS EN GUERRE (6) : LES EXPLICATIONS « PÉDAGOGIQUES » DU MONDE DES ADOS
[Jean Pérès - Acrimed - 5 février 2009 ]
Le journalisme politique à visée pédagogique est un exercice délicat. Expliquer à de jeunes adolescents le conflit de Gaza, dans un langage accessible mais sans excès de simplification, avec suffisamment d’objectivité pour éclairer les positions antagonistes sans y glisser sournoisement la sienne, cela ne va pas de soi. C’est pourtant l’ambition affichée du bimensuel Le Monde des ados publié par le groupe « La Vie – Le Monde » dans son numéro du 21 janvier quand il annonce en première de couverture : « GAZA : 5 questions pour comprendre ».

Le rédac’ chef donne le ton
« Le mot du rédac’ chef » qui fait office d’éditorial amorce cette entreprise pédagogique d’une manière pour le moins abrupte : « Il ne s’agit pas de décréter qui est coupable et victime dans le drame de Gaza. Il ne s’agit pas de savoir si cette guerre était inévitable ou non. De toute façon, elle ravage la région depuis plus de soixante ans. » On peut lire dans ces précautions liminaires une tentative de se refuser à prendre position sur le fond du conflit. Mais telles qu’elles sont formulées, elles justifient une forme de fatalisme (« de toute façon ») qui ignore délibérément les responsabilités et les causes de la guerre, et par là même ce qui aurait, peut-être, permis de l’éviter. Mais surtout ces précautions interdisent toute compréhension un tant soit peu rationnelle qui se trouve d’emblée fermement exclue (« Il ne s’agit pas » ).

S’il ne s’agit pas de comprendre, comme on aurait pu le croire au vu du titre du magazine (« 5 questions …pour comprendre »), de quoi s’agit-il alors ? C’est ce que nous apprend la suite. (en savoir plus…)


[Bougnoulosophe - 17/01/2008]
Il nous a été donné, hier, de lire une tribune dans Le Soir particulièrement ahurissante, intitulée : « Le pouvoir aux « barbus» ? Non merci ! ( http://www.lesoir.be/forum/cartes_blanches/carte-blanche-le-pouvoir-aux-2009-01-14-681417.shtml ) ».

On ne dira jamais assez les dégâts occasionnés par le mauvais livre de feu Samuel Huntington, Clash of civilisation, sur les esprits simples et tout à la fois pervers. Ainsi pendant que les Gazaouis se font bombarder par air, terre et mer. Tandis qu’ils subissent un déluge de feu par F-16, « Apache » ou drones. Tandis qu’on assiste à un massacre en direct d’enfants, femmes et vieillards. Tandis que les Gazaouis, tels des souris de laboratoire, servent à expérimenter de nouveaux armements (DIME)… un tierceron de laïcistes, émargeant tous les trois à la Communauté Française de Belgique, égaré dans une manifestation propalestienne, n’a rien trouvé de mieux à faire que de jouer à se faire peur.

L’objet de celle-ci : l’islam, esprit du temps et surtout esprit du laïcisme oblige. Angoisse déclinée sous toutes ses formes. Le seul point commun entre elles est une certaine dose de mauvaise foi.

On distingue par ordre d’apparition.

  • L’affabulation : « les slogans qui mettent de côté la démocratie » (sic).
  • La conspiration : « des groupes, apparemment bien pris en mains par les mosquées ».
  • Le stéréotype : « Des “barbus ”occupant le pavé fétiche de la gauche française, tandis que les femmes voilées attendent sagement à une rue de là… »
  • La calomnie : « des religieux réactionnaires et rejetant les principes élémentaires de la démocratie, du vivre ensemble ».
  • Le mépris : « des femmes enfoulardées d’un côté, hommes barbus hurlant Allahou Akhbar ! de l’autre ».
  • La diffamation : « la montée en puissance d’un cléricalisme musulman intolérant, impérialiste et antiprogressiste ».
  • La paranoïa : « Nul, parmi vous, ne l’ignore : les radicaux qui ont tenu le haut du pavé, dans les rues de Bruxelles, vous détestent. »

Soit une déclinaison de toutes les « passions tristes » qui génèrent ou sont générées par la peur – un cas d’école. Par laquelle on peut faire le portrait clinique de l’homme qui aime avoir peur.

Car le laïciste est un homme qui aime avoir peur par dessus tout.

Mais, par delà la psychologie, la peur diffuse, on le sait depuis le 11 septembre, est aussi une forme de gouvernance. Une forme d’une grande efficacité.

La rhétorique du « choc des civilisations », lorsqu’elle est intériorisée, permet la division entre un « nous » et « eux », elle permet la lecture du monde suivant le prisme du religieux, elle permet la désignation de l’ennemi… Et l’ennemi, ici, c’est le « barbu » et la « femme enfoulardée ».  Et il se fait que c’est le même ennemi que l’armée glorieuse d’Israël rencontre sur le terrain, à Gaza. Cela n’a rien de fortuit bien sûr.

Le ton était déjà pourtant donné dés la première phrase de la tribune à qui savait la lire attentivement, « la politique de destruction massive du gouvernement israélien contre le territoire palestinien de Gaza » pouvait-on lire.

Dans cette phrase introductive, s’il l’on parle de « destruction massive », il n’est fait nulle mention de Palestiniens, on y évoque un territoire… Un territoire où vivent sans doutes des kangourous ou des ornithorynques palestiniens scandaleusement bombardés ? Cette litote n’a rien d’anecdotique, elle est révélatrice, elle est la traduction inconsciente de « la fameuse terre sans peuple… », elle est, à notre sens, l’expression d’une épuration ethnique symbolique, ce qui en dit long sur le lieu d’où parle très exactement nos laïcistes humanistes autoproclamés.

De ce lieu, à l’évidence, l’on n’aime pas beaucoup voir le peuple, la vile multitude, ethniquement marquée, se manifester à sa manière, avec ses codes, ses signes « exotiques », non laïquement correct, on y trouve à redire, on trouve ça bien louche, on trouve ça du plus mauvais goût. On se voit perdre la main, aussi l’on a peur…

Voilà bien une singulière manière d’appréhender la démocratie, de se l’accaparer, de la confisquer, qui a comme d’étrange résonance avec la situation à Gaza… Peut-être que nos laïcistes, sionistes honteux, sionistes contrariés, pour ce qui est de Gaza comme pour Bruxelles, songent aux mêmes solutions « si le peuple pense mal, disait Brecht, changeons le peuple » !

http://bougnoulosophe.blogspot.com/2009/01/choc-effroi-et-dlire-du-lacisme.html


[Paul Airiau - LE MONDE | 10.04.09 ]
S’il est négationniste, Mgr Williamson n’est pas fou. Aussi peut-on expliquer historiquement pourquoi il tient de tels propos. L’intégrisme catholique contemporain, représenté surtout par la Fraternité Saint-Pie X, est un résidu de l’intransigeance catholique, développée dès le début du XIXe siècle et dominante dans le catholicisme à partir des années 1850-1860.

Ce refus du libéralisme philosophique, religieux, politique et économique prend une connotation apocalyptique entre 1850 et 1930. Il tend à comprendre la modernité comme un instrument de destruction de l’Eglise civilisatrice, animé par une contre-Eglise satanique où complotent et s’activent libres-penseurs, francs-maçons, juifs et autres. Cette intransigeance apocalyptique, qui fut majoritaire, se constitue en branche distincte entre 1920 et 1980, en réaction à la complexe transaction pratique et théorique partiellement réalisée par le catholicisme avec la modernité, dont Vatican II est la capitalisation.

Courant autonomisé voulant ramener le catholicisme à la forme apocalyptique de sa matrice intransigeante, l’intégrisme en conserve les strates judéophobes. Vers 1800, l’antijudaïsme catholique accusait les juifs d’être infidèles à Dieu, d’avoir crucifié Jésus et d’être devenus un groupe ethno-religieux à la morale asociale et antichrétienne. Entre 1850 et 1880, une polémique socioéconomique s’adjoint à la polémique religieuse, le tout s’intégrant à l’intransigeance apocalyptique.

Vers 1900, nombre de catholiques acceptent le mot et l’idée d’antisémitisme, compris comme une lutte sociale, économique, politique et religieuse contre les juifs. Le racisme est souvent frôlé, sans jamais pouvoir être assumé. Car le Dieu bon du Nouveau Testament est celui de l’Ancien Testament. De plus, c’est le péché, acte de la liberté individuelle, qui condamne, et non l’origine raciale.

Ainsi peut se manifester une paradoxale et ambiguë dimension philosémite : la conversion au christianisme des juifs participerait au salut du monde.

Après la première guerre mondiale, les troupes de la judéophobie catholique diffusent les Protocoles des sages de Sion, mais s’éclaircissent. La lente décomposition de l’intransigeance apocalyptique produit ses effets. L’interrogation théologique sur le judaïsme, engagée discrètement dès la fin du XIXe siècle, se fait plus nette dans les années 1920-1960. Le Saint-Office condamne l’antisémitisme racial (1928), Pie XI revendique la filiation juive du christianisme (1938). La judéophobie socio-économique régresse lentement, puis disparaît après la seconde guerre mondiale. Finalement, la déclaration conciliaire Nostra Ætate (1965) rejette l’antijudaïsme et la théologie qui le sous-tendait.

Entretenant l’intransigeance apocalyptique, l’intégrisme catholique ignore nombre de ces évolutions. Une minuscule minorité de ses adeptes y intègre le négationnisme, à partir d’un tropisme complotiste et judéophobe, fruit d’une marginalité intellectuelle s’autoalimentant aux marges disponibles. Pour le Saint-Siège, c’est une marginalité cumulative, une aberration intellectuelle et un point annexe de ses rapports avec l’intégrisme.

Cependant, le négationnisme est aussi autre chose. Niant la signification objective des traces du génocide des juifs, il se fait complice du nazisme qui effaça les traces de ce qu’il commit au nom d’une idéologie selon laquelle certains ne peuvent participer à la Cité du simple fait d’être nés. Ainsi forme de l’antisémitisme, il s’oppose radicalement aux sociétés occidentales qui présupposent que la vie de chaque individu né vaut par elle-même.

Refus absolu des règles non écrites de la Cité, le négationnisme devient la faute morale absolue. Pour une partie des catholiques et les responsables politiques, cette norme implicite doit être celle de l’Eglise, la refuser doit empêcher toute communion avec le pape. Le Saint-Siège et Mgr Fellay l’ont prise en compte sous la pression des réactions. Peuvent-ils le faire aussi sur des bases propres ?

L’historien, même spectateur engagé, ne peut répondre à leur place. Il peut au moins avancer trois voies possibles : le rejet du négationnisme transcrit des affirmations catholiques (la bonté et la dignité intrinsèques de toute vie, l’unité du genre humain, antérieures à toute société politique et s’imposant comme telle) ; le choix du refus de l’antisémitisme et de l’abandon de la judéophobie, qui peuvent s’étendre au négationnisme ; la mise sur le même plan par Mgr Williamson du refus d’un concile par lequel se définit aujourd’hui le catholicisme, et du négationnisme, lequel empêche par ricochet la communion.

Ainsi, quoique microscopique, le négationnisme de certains intégristes peut être un enjeu central, car il noue deux logiques de la recomposition identitaire du catholicisme : la détermination du rapport souhaitable à un passé d’intransigeance apocalyptique, dont le complotisme judéophobe est un élément ; l’acceptation ou non, et dans quelle mesure, de normes métapolitiques extérieures.


Paul Airiau est agrégé et docteur en histoire, maître de conférences à Sciences Po, auteur de "L’Antisémitisme catholique aux XIXe et XXe siècles" (Berg International, 2002).

http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/04/10/lutter-contre-le-negationnisme-par-paul-airiau_1179227_0.html


Comme tant d’ex gauchistes, Caroline Fourest a fini par retrouver, avec l’âge, la certitude de l’homme blanc, apanage de la gauche républicaine de Victor Hugo et Jules Ferry : la civilisation, le progrès, c’est nous, les "occidentaux" (lire : les blancs). Tous les autres ne sont que masses basanées grouillantes et aux moeurs inquiétantes, cinquièmes colonnes d’égorgeurs, grands enfants profiteurs qu’il faut éduquer dans les voies de la "civilisation occidentale".

Elle est en bonne compagnie : tous les propagandistes de la "Guerre des Civilisations" et apôtres des massacres en Irak ou en Palestine sont des anciens de l’extrème gauche : Kristol, Rebman, Podhoretz, Krauthammer… et chez nous, Val, Fourest, Bruckner, Kouchner…

La thèse du "Nazislam" permet de se donner une posture de nouveau résistant à peu de frais et de donner des coups de pied dans la gueule à des gens qui ne risqueront pas de venir riposter… le vigile à la porte des "Deux Magots" ne les laisserait pas entrer de toute façon. C’est l’avantage quand on vit dans son petit microcosme intello, personne ne vient jamais vous demander de rendre des comptes, on ne voit jamais directement le résultat des massacres auquels on a applaudi, l’odeur du sang et des bébés cramés ne vous atteint jamais…

Jeunes de banlieue… au lieu de brûler les voitures de vos voisins aussi pauvres que vous, la prochaine fois, faites plutôt une descente dans les cantines des "essayistes" et "nouveaux philosophes", cela sera nettement plus productif.

[Sébastien Fontenelle - Backchich Blogs - 21/12/2008]

(…) De nouveau, dans sa réponse à la réponse de Cavanna, l’"essayiste" subtile que mon pote Pierre Tevanian appelle, taquin, Soeur Caroline, pose, gravement, qu’"on ne doit jamais juger un dessin comme on juge un texte", mais qu’"on peut sonder l’intention" du caricaturiste, en se posant quelques simples questions : "Le but est-il d’informer ? De faire réfléchir ? De dénoncer une injustice ? Ou de satisfaire son ego, de flatter l’instinct et la parano, quitte à conforter son public dans ses peurs les plus absurdes, les plus confuses ?"

Caroline Fourest précise, modeste : "Je ne prétends pas avoir la réponse".

Or : si.

Dans la vraie vie, Caroline Fourest a plusieurs fois répondu, par son positionnement, à son propre questionnement.

Ainsi, quand Charlie Hebdo a publié (courageusement) le fameux "dessin de Mahomet portant un turban en forme de bombe", Caroline Fourest a longuement battu des mains, jugeant que tant d’impertinence confinait au sublime : elle a dès lors tenu à présenter l’auteur de cette caricature comme un gars hyper-sympa, un mec "plutôt anarchiste", un "libertaire" avec du poil aux bakounines, follement "amoureux des libertés et donc un peu enragé à l’égard des religions".

Bon, les masques finissent toujours par tomber comme étrons de chiens au caniveau , et au mois de septembre dernier, le même délicieux progressiste "a été l’invité vedette du congrès du Parti du peuple danois (extrême droite)" – où l’on avait, naturellement, adoré un dessin qui flattait "l’instinct et la parano" islamophobes du porcelet moyen, et le confortait "dans ses peurs".

Est-ce que l’exquise Caroline Fourest a pris la peine de signaler à son lectorat mondique ou charlique cette (courageuse) prestation de son Danois chéri ?

Neun : trop de transparence tuerait le sondage de l’intention.

De même, en juin dernier : Caroline Fourest, n’écoutant que son amour de "la démocratie", est allée jusqu’"aux Pays-Bas" rencontrer pour Charlie Hebdo "le caricaturiste hollandais Gregorius Nekschot" – injustement harcelé par les tyrans de la bien-pensance.

Que dessine en effet cet iconoclaste humoriste ?

"Un imam habillé en Père Noël en train d’enculer une chèvre avec pour sous-titre qu’il faut savoir partager les traditions".

Ou un Arabe mahométan, solidement "assis" (comme sont le plus souvent les Arabes) sur un très folklorique "pouf", qui déplore : "Le Coran ne dit pas s’il faut faire quelque chose pour avoir trente ans de chômage et d’allocs"".

Ou "un vieux baba cool néerlandais faisant le signe love&peace et ce commentaire, "Ce n’est que la sconde génération", alors qu’il est braqué par un grand Noir".

Ou encore, une"statue bizarre, un gros Néerlandais, chaîne au pied, qui porte sur son dos un Noir aussi corpulent que lui, bras croisé et tétine à la bouche, sous cette légende : "Et maintenant, aussi un monument à l’esclavage pour le contribuable autochtone blanc"".

Gregorius Nekschot justifie par ces mots sa merveilleuse drôlerie : "Quand je dessine un Noir sur le dos d’un Blanc, je me moque surtout du politiquement correct, d’une pensée de gauche très naïve selon laquelle nous serions les amis du monde entier".

On tient là, pour notre collec, un méga-briseur de tabous.

Je montre ses puants crobards à un enfant de trois ans.

Le gamin comprend tout de suite que le gars est un xénophobe de compétition, préoccupé de "flatter l’instinct et la parano" des porcheries, et me demande : c’est pour ce mec-là, que Soeur Caroline est allée jusqu’"aux Pays-Bas" ?

Oui, petit, réponds-je, mais elle a tout de même pris le soin de préciser que son "humour" ne "voyage" pas toujours "bien", et doit surtout être "pensé dans un contexte néerlandais ultratolérant, voire angélique, envers l’intégrisme".

D’accord, me dit l’enfant, mais par exemple quel rapport entre "l’intégrisme" et un Noir à tétine ?

Aucun, petit.

Attends, que je comprenne bien : le mec dessine des Arabes enculeurs de chèvres, et Caroline Fourest lui trouve des circonstances un peu atténuantes ?

Voui-da, petit : elle trouve.

Et nonobstant, elle continue de prodiguer de savantes leçons de caricature démocratique ?

Yes, petit : elle continue.

Mais comment ose-t-elle, et n’est-ce point là gigantesque foutage de gueule ?

Bonne question, petit – bonne question.

http://www.bakchich.info/Une-Lecon-De-Savoir-Dessiner-De,06267.html


Caroline Fourest est spécialiste des excommunications à grand spectacle de personnes qu’elle ne ne connait pas…. Elle s’est creusé sa place dans le petit gotha médiatique à travers une stratégie de comm’ bien pensée. Maintenant qu’elle est "établie", elle n’a plus besoin de se fatiguer et tape servilement sur ceux qu’on lui demande de dégommer. Ce n’est pas étonnant qu’elle soit dans l’équipe du Néo-conservateur Philippe Val…

Ces "intellectuels" montrent à chaque fois leurs vrais couleurs quand on aborde la question palestinienne. Si rapide à s’enflammer pour n’importe quelle injustice, nos preux chevaliers deviennent soudain fort casuistes et louvoyants (voire carrément racistes) quand on aborde Israël. Quoi qu’il arrive, ils ne cessent de nous enfoncer le même clou dans la tête : Israël ne doit pas être critiqué, Israël est le rempart occidental face aux hordes barbues, toute critique d’Israël est un acte antisémite.

C’est bien la preuve qu’ils ne sont que des agents de la propagande néo-con visant à défendre le Grand Israël et la Guerre des civilisations. Les chèques de la NED permettent d’acheter bien des consciences…

[Backchich - 10/04/2009]

Jean Ziegler, le radical suisse, a beaucoup d’amis qui sont très contents d’être les amis de Ziegler Jean, auteur de « l’Empire de la Honte ». Décompte fait, notre révolté du Léman n’a que deux vrais ennemis, Caroline Fourest et Nestlé, ce qui confirme qu’il s’agit d’un type épatant. Dans une récente livraison de Charlie-Hebdo, sœur Caroline-line-line nous flingue Ziegler avec la magnificence d’un Sarkozy straffant un « pov’con ».

Pourquoi pas ! Comme l’a toujours enseigné Elkabbach, la parole est libre, toute vérité mérite de prendre l’air plutôt que garder le moisi. Mais dans le « débat démocratique », qui est à la fois le crédo et le sextant de Caroline, dans son activité d’exécutrice en peloton, dans son ball trap médiatique, il serait préférable qu’elle soit équipée de munitions réelles : tant pis si l’argumentaire est spécieux, ce qui compte c’est que ce que l’on dit, que ce que l’on imprime soit vrai.

Et là, pour mettre à mort le vieux taureau helvète, notre journaliste-essayiste-philosophiste n’a que des pétards mouillés dans son chargeur, ce qui l’expose à être le premier cadavre dans l’un de ces OK Corral où notre jeune fille, toujours à la croisée des chemins, aime à se poster. Comme j’aime Caroline et la liberté des mots pour le dire, je me permets de lui faire très respectueusement remarquer, qu’au sujet de Jean Ziegler, que Dieu lui pardonne, elle a écrit sans savoir. De toute façon sans interroger sa victime comme on le fait pourtant dans n’importe quel commissariat de police.

Caro nous parle d’un Ziegler qui aurait à la fois inventé et reçu un « Prix Khadafi »… Aucune trace de cette douce récompense ni d’un humain l’ayant jamais reçue ! Caro reproche encore à notre Jean qui hurle d’avoir utilisé l’expression « Gaza, camp de concentration… ». Ici on tombe dans le banal, c’est une expression cent fois entendue dans des lieux que Fourest ne fréquente pas (et qui ne sont pas des mosquées), lue aussi sur des bouches et sous des plumes que même notre mère supérieure ne peut traiter « d’antisémites », celle de l’écrivain israélien Michaël Warschawski pour n’en citer qu’un.

Enfin, dans sa tapisserie d’approximations, notre Pénélope passe vraiment par la fenêtre quand elle affirme que Ziegler « vise un nouveau mandat de Rapporteur du Conseil des Droits de l’Homme à l’ONU », alors que, juridiquement, après 7 années passées comme vilain petit rapporteur, le plus turbulent des Suisses n’a pas le droit de se représenter !

En réalité, cette humeur printanière de Fourest n’est qu’un grain de chapelet d’une diffamation concertée subitement adressée à l’encontre de Ziegler. Un rosaire qui ne tombe pas du ciel mais désigne une urgence : la tenue de Durban II. Fin avril s’ouvre à Genève, donc chez Ziegler, le colloque mondial de l’ONU sur les droits de l’homme.

Et, petit secret, Caro et sa bande de formidables amis ont très peur que les salauds de pauvres venus des pays du « Sud », que des types parfois même un peu mahométans, en tout cas des mal élevés qui ne sentent pas « Pour un Homme » de Caron ne viennent au bord du lac, comme lors de Durban I, dire du mal des pays amis de Caro : ceux du « Nord ». C’est-à-dire, par exemple, que Guantanamo, qu’Abou Ghraib ou « Plomb durci » ne sont pas des recettes « au top » en matière de développement harmonieux de l’humanité.

http://www.bakchich.info/Ziegler-Caroline-s-est-Fourest-le,07347.html


[par Nidal Hamade - VOLTAIRE - 07/04/2009]
Un ouvrage à paraître en France livre de nouveaux éléments sur l’assassinat du leader chrétien libanais Tony Frangieh et le massacre de ses proches, en 1978. L’opération, conduite par le chef fasciste Samir Geagea, aurait en réalité été entièrement pilotée par le Mossad israélien. L’auteur de cette enquête, Richard Labévière, est un journaliste proche des milieux français de la Défense. Il avait déjà révélé, il y a deux ans, des informations confidentielles sur le traitement du Liban au Conseil de sécurité des Nations Unies. De fortes pressions sont exercées sur l’éditeur pour qu’il retire du manuscrit les noms des protagonistes ou tout au moins pour qu’il renonce à le diffuser avant les élections législatives libanaises.

L’écrivain et journaliste français Richard Labévière, qui avait déjà consacré un livre très documenté aux secrets des délibérations du Conseil de sécurité de l’ONU relatives au Liban [1], s’apprête à publier un nouvel ouvrage traitant d’un autre épisode tragique de l’histoire du pays du Cèdre : l’assassinat de l’ancien député et ministre chrétien Antoine Frangieh, dit « Tony », le 13 juin 1978. L’ouvrage révèle le rôle décisif du Mossad, le service secret du ministère israélien des Affaires étrangères, dans ce meurtre.

L’auteur, qui est par ailleurs rédacteur en chef de la revue de l’Institut des hautes études de la Défense nationale [2], a recoupé des sources israéliennes de haut niveau, qu’il a rencontré en Suisse, et des sources françaises liées aux services secrets extérieurs.

Selon les informations du Réseau Voltaire, Richard Labévière est arrivé à la conclusion qu’en préparant cette opération, Israël s’était fixé quatre objectifs stratégiques :
- L’élimination d’un de ses adversaires chrétiens les plus déterminés ;
- Se déployer militairement dans le Nord du Liban, qu’il contrôlait déjà indirectement au plan sécuritaire ;
- Semer la zizanie dans le camp chrétien afin d’y trouver plus facilement des alliés ;
- Affaiblir les chrétiens alliés à la Syrie.

Le Mossad aurait confié l’opération au parti fasciste libanais, les « phalanges » de Bachir Gemayel. Des psychologues israéliens auraient fait passer des tests de personnalité à divers hommes de main et auraient choisi parmi eux le profil idéal pour remplir cette mission : Samir Geagea.

http://www.voltairenet.org/article159614.html


[Sahlom A'shav - La Paix Maintenant - Traduction d'un article de Amos Harel dans Ha'aretz - 20/03/2009]

Gaza : de jeunes conscrits parlent

Comme promis, voici la traduction du document qui fait parler. De jeunes conscrits s’expriment en toute liberté sur ce qu’ils ont vu ou vécu à Gaza. Il ne faut pas s’attendre à des récits de boucherie, mais plutôt à des descriptions de « petits meurtres ordinaires ». Ce qui frappe, au premier abord, c’est la franchise, pour ne pas dire la candeur, de ces jeunes soldats. Certains sont révoltés, d’autres ont un langage quasi désincarné et parlent technique militaire.

Ce qui frappe aussi : le décalage entre conscrits et réservistes, et le rôle pour le moins trouble que joue le rabbinat, qui fait passer chez les soldats un message proche du messianisme et de la guerre sainte. La naïveté de ces jeunes soldats, scandalisés qu’une famille palestinienne dont certains membres font partie du Hamas ait pu faire ami-ami avec eux en leur « mentant » (ils sauvaient leur peau, quand même !).

Et bien d’autres choses (chacun est libre de tirer ses propres conclusions à partir d’un texte brut comme celui-ci. L’impression qui se dégage est qu’à Gaza, tout était permis et que les supérieurs hiérarchiques ont laissé faire, au mieux.

Certains médias, juifs en particulier, préféreront parler des erreurs (réelles) de la presse, par exemple au sujet du vrai-faux bombardement de l’école de l’UNRWA. Mais l‘arbre cache la forêt. Peut-être serait-il temps de regarder les choses en face.

La guerre de Gaza a été de la sauvagerie (outre le fait que, sur le plan politique, elle a été inutile, mais c’est une autre histoire). Le discours final, consterné, de l’instructeur en chef de ces jeunes conscrits en dit long

Ha’aretz, 20 mars 2009

http://www.haaretz.com/hasen/spages…

Traduction : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

Moins d’un mois après l’opération militaire dans la bande de Gaza [Vendredi 13 février, Zamir avait invité des soldats et des officiers qui avaient suivi son programme pour un long débat sur leurs expériences à Gaza. Ils se sont exprimés ouvertement, mais avec une frustration considérable.

Ce qui suit est composé de longs extraits de la transcription de cette rencontre, publiée mercredi dans le bulletin du programme, Briza. Les noms des soldats ont été modifiés pour préserver leur anonymat. La rédaction de Briza a aussi choisi de ne pas publier certains des détails qui concernent l’identité d’une unité dont la conduite à Gaza s’est révélée problématique. (en savoir plus…)

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